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  • il y a 10 ans
Echappées belles : Maroc Départ du voyage à partir de Chaouen, avec ses maisons colorées. Sophie traverse le Nord du Maroc pour nous dévoiler ses trésors ...

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00:00:02C'est parti !
00:00:33Bonjour à tous, salam alaikum, merci de me rejoindre pour ce nouveau voyage au Maroc.
00:00:37J'ai décidé de découvrir le nord du pays.
00:00:40Alors, j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle.
00:00:43La bonne nouvelle, c'est qu'il pleut.
00:00:44Il n'a pas plu comme ça depuis 35 ans et les habitants sont très contents.
00:00:49Et la mauvaise nouvelle, c'est qu'il pleut.
00:00:51Et je crois qu'il va pleuvoir comme ça pendant tout mon voyage.
00:00:54Mon objectif, c'est de rejoindre Tangier.
00:01:00Alors, je disais qu'il pleuvait, mais pas seulement, parce qu'il neige aussi.
00:01:04On est dans le rift occidental du Maroc, souvent dans les montagnes les plus hautes.
00:01:09À partir de 2000, chaque année, il y a du neige.
00:01:14Ici, là, on est quand même dans une zone très boisée.
00:01:17Ici, on se retrouve dans le territoire le plus original du Maroc, au cœur du parc national Tchala-Sontan.
00:01:23La seule sapinière en toute l'Afrique, créée essentiellement pour conserver le sapin endémique du Maroc.
00:01:31Donc, c'est une espèce menacée.
00:01:33Il faut la conserver.
00:01:37Il y a beaucoup de parcs naturels au Maroc.
00:01:40Maintenant, il y en a entre 10 et 12 parcs dans tout le Maroc.
00:01:44Quel type d'activité on peut pratiquer ici ?
00:01:47On pratique les randonnées.
00:01:50Ce sont des itinéraires accessibles à toutes personnes, au niveau de difficultés et moyens.
00:01:57Et le paysage, ça change.
00:01:59Donc, le visiteur, il oublie la fatigue.
00:02:02Il y a une variété de paysages incroyables ici.
00:02:05Oui.
00:02:05Ça fait partie des charmes du coin, franchement.
00:02:16Le nord du Maroc présente une image inattendue, verdoyante, foisonnante.
00:02:22C'est dans la vallée du Rif que le sol est le plus fertile et la végétation la plus généreuse.
00:02:29Ici, les hommes ont sous leurs pieds un véritable trésor naturel,
00:02:32comme dans le petit village d'Agram,
00:02:34où une soixantaine de familles vit essentiellement de la récolte des olives.
00:02:41Ici, toutes les terres sont cultivables,
00:02:43et elles sont réparties en exploitation familiale.
00:02:48On y trouve beaucoup d'arbres fruitiers,
00:02:50mais c'est l'olivier qui est le plus important.
00:02:53Car dans la région, c'est l'arbre qui a le plus de valeur.
00:02:57Nous, sur nos terres, nous avons 300 oliviers.
00:03:04La famille de Jamal a la chance de posséder son propre pressoir à huile.
00:03:09C'est bon, on peut y aller.
00:03:14De façon artisanale, ils en extraient ainsi 500 litres chaque année.
00:03:27Quand les olives sont bien écrasées,
00:03:29on met la pâte dans ses paniers,
00:03:32là, sous la presse.
00:03:34Ensuite, l'huile va s'écouler dans le bassin,
00:03:37et on peut ainsi la récupérer.
00:03:42L'huile d'olive apporte un complément financier aux familles du village.
00:03:46Mais le véritable or vert de la vallée
00:03:49ne provient pas des oliviers,
00:03:51mais du cannabis.
00:03:52Il pousse même à l'état sauvage ici.
00:03:55Le Riff est le premier producteur mondial de hashish.
00:03:58Un commerce lucratif,
00:04:00mais illégal.
00:04:03Les autorités tentent de lutter contre ce trafic
00:04:05en encourageant les autres productions artisanales.
00:04:08C'est le cas, par exemple,
00:04:09pour les plantes médicinales,
00:04:11que les anciens parviennent toujours à dénicher
00:04:13aux abords du village.
00:04:16Comme vous le voyez,
00:04:17on peut vraiment profiter d'une nature généreuse ici.
00:04:22On a tout ce qu'il nous faut.
00:04:25Là, on va sélectionner les plantes,
00:04:26et quand on les cuit,
00:04:28on obtient un médicament.
00:04:30C'est notre pharmacie.
00:04:32Il y a des plantes qui soignent les reins,
00:04:34d'autres pour le ventre,
00:04:35pour la tête,
00:04:36pour les yeux.
00:04:37Regarde, ma fille.
00:04:38On va choisir celle-là,
00:04:39et puis celle-là.
00:04:41Si tu veux,
00:04:42tu peux la faire sécher pour la conserver,
00:04:43ou bien l'utiliser tout de suite.
00:04:45Tu l'écrases,
00:04:46et tu l'appliques sur une plaie.
00:04:47C'est un cicatrisant.
00:04:50Ce sont mes grands-parents
00:04:52qui ont appris tout cela à mes parents.
00:04:54Maintenant, c'est à leur tour
00:04:55de me transmettre ces connaissances.
00:04:57C'est bien parce que les gens
00:04:58viennent nous acheter ces produits.
00:05:00Et moi aussi,
00:05:00je pourrais en faire mon métier.
00:05:04Les plantes médicinales
00:05:05sont ensuite distillées,
00:05:07toujours de façon artisanale.
00:05:12Quand c'est bien sec,
00:05:13il suffit de tout mettre
00:05:14dans la marmite,
00:05:16comme ça.
00:05:18Les huiles essentielles,
00:05:19ainsi obtenues,
00:05:21seront ensuite vendues
00:05:21sur les marchés en ville.
00:05:28Grâce à leur production artisanale,
00:05:30les villageois parviennent
00:05:31à rassembler la somme nécessaire
00:05:32au mariage.
00:05:34Au Maroc,
00:05:34c'est une cérémonie coûteuse.
00:05:36Mais à 33 ans,
00:05:38Mohamed a suffisamment d'économie.
00:05:39Le grand jour est arrivé.
00:05:45« Moi, ça me coûte
00:05:4620 000 dirhams,
00:05:47ce mariage.
00:05:47Presque 2 000 euros.
00:05:49Tout compris.
00:05:50La dot,
00:05:51la nourriture.
00:05:53Mes revenus proviennent
00:05:54uniquement de l'agriculture
00:05:55et du bétail.
00:05:56C'est avec ça
00:05:57que je vais faire vivre
00:05:58ma famille.
00:06:05Félicitations,
00:06:06mon sultan.
00:06:06Ça va être une bonne année.
00:06:07Je demande à Dieu
00:06:08du bonheur pour toi.
00:06:09Je te souhaite avoir
00:06:09beaucoup d'enfants
00:06:10et une longue vie.
00:06:12Allez,
00:06:12cette chèvre,
00:06:13c'est pour ce soir.
00:06:23Ce sont les amis
00:06:24qui ramènent des cadeaux.
00:06:26Les voisins,
00:06:27les proches.
00:06:29C'est de la nourriture
00:06:29qui vient du marché
00:06:30d'à côté.
00:06:34À chaque étape
00:06:35de leur vie,
00:06:36les habitants
00:06:37pourront toujours
00:06:37compter sur la terre
00:06:38fertile du rif.
00:06:46C'est toute une expédition
00:06:48pour rejoindre
00:06:48le mariage
00:06:49de Mohamed.
00:06:50Bon,
00:06:51il pleut toujours,
00:06:52mais je suis sûre
00:06:53que la pluie
00:06:53n'arrivera pas
00:06:53à gâcher la fête.
00:06:55Je vais rejoindre
00:06:56les convives.
00:06:57Alors,
00:06:57il paraît que
00:06:57les hommes et les femmes
00:06:58sont séparées.
00:06:59J'espère qu'en tant que femme,
00:07:00je serai acceptée
00:07:02parmi ces messieurs.
00:07:11les hommes et les femmes
00:07:12Moi, Jamal,
00:07:12il y a toujours
00:07:13une ambiance comme ça
00:07:14pendant les mariages ?
00:07:15Oui, c'est vrai.
00:07:16Alors là,
00:07:16c'est un moment
00:07:17où les hommes et les femmes
00:07:18se retrouvent ?
00:07:19Oui, c'est toujours
00:07:20les hommes séparés
00:07:22de la femme.
00:07:23Toujours les hommes
00:07:24qui dansent,
00:07:24mais la femme ne danse pas.
00:07:26Et là,
00:07:27ils vont jouer
00:07:28pendant combien de temps ?
00:07:29Jusqu'à 5h-6h du matin.
00:07:31Sans arrêter ?
00:07:32Sans arrêter.
00:07:34Là,
00:07:35il y a tous les habitants
00:07:35du village
00:07:36qui sont invités ?
00:07:37Oui,
00:07:37tous les habitants
00:07:38du village,
00:07:39sans exception.
00:07:40Sans exception.
00:07:41On allait à la mosquée,
00:07:42on appelle à...
00:07:44On annonce le mariage,
00:07:46c'est ça ?
00:07:46Et tout le monde note ça
00:07:48et tout le monde vient.
00:07:56Alors,
00:07:56c'est vous la maman du marié ?
00:07:58Oui.
00:07:58Comment se passe
00:07:59la soirée pour vous ?
00:08:02Elle se passe très bien.
00:08:04C'est très bon.
00:08:06Vous avez combien d'enfants ?
00:08:088.
00:08:098.
00:08:10Et tous vos enfants
00:08:11sont mariés ?
00:08:15Combien sont mariés ?
00:08:16C'est le premier mariage ?
00:08:19C'est le plus beau jour
00:08:21de ma vie.
00:08:23Je crois.
00:08:23Je crois.
00:08:26Merci.
00:08:54Sous-titrage Société Radio-Canada
00:09:23Sous-titrage Société Radio-Canada
00:09:29Sous-titrage Société Radio-Canada
00:09:31Sous-titrage Société Radio-Canada
00:09:32Sous-titrage Société Radio-Canada
00:09:55et pour toute la Méditerranée.
00:09:57Bien sûr.
00:09:58Les côtes méditerranées,
00:10:00tous sont bleus.
00:10:01Je vois que ce sont les femmes
00:10:02qui peignent les maisons ici ?
00:10:04Aussi, les femmes
00:10:05qui peignent.
00:10:06Chaque vendredi,
00:10:08elles peignent
00:10:09la porte de la maison.
00:10:12D'accord.
00:10:13Dites-moi,
00:10:14ce village,
00:10:14il s'appelle
00:10:15chef Shawan,
00:10:16mais vous,
00:10:16vous l'appelez Shawan.
00:10:17Shawan,
00:10:18ça veut dire quoi ?
00:10:19Chef Shawan,
00:10:20c'est un mot barbare.
00:10:23Chef,
00:10:23c'est-à-dire
00:10:24boire.
00:10:25Boire ?
00:10:26Shawan,
00:10:27c'est les deux cornes.
00:10:30Le premier,
00:10:30il avait les deux montagnes.
00:10:33Il a dit
00:10:34à son ami
00:10:36chouf.
00:10:37Chouf !
00:10:38Shawan,
00:10:38j'ai vu deux cornes.
00:10:39Boire, deux cornes.
00:10:40D'accord,
00:10:41j'ai compris.
00:10:42J'ai acheté
00:10:43un petit maison ici,
00:10:44si vous voulez visiter.
00:10:45Ah bah c'est gentil,
00:10:46je veux bien, oui.
00:10:47On y va.
00:10:50Ah, c'est beau.
00:10:56C'est vous
00:10:57qui avez fait
00:10:57les tapisseries, là ?
00:10:59J'ai
00:10:59toute la maison
00:11:00couverte
00:11:01avec des photos
00:11:02de Shawan.
00:11:04Alors je vois
00:11:04que vous avez
00:11:04des photos
00:11:05du sol au plafond, hein ?
00:11:06Oui.
00:11:07Vous en avez
00:11:07partout, partout, partout.
00:11:08Partout, partout.
00:11:09Et voilà
00:11:10votre atelier.
00:11:11C'est votre petit monde
00:11:12ici.
00:11:13C'est que je travaille
00:11:13et c'est que je passe
00:11:14toute la journée.
00:11:15Vous avez une belle collection
00:11:16d'appareils photos,
00:11:17dis donc.
00:11:17Oui, oui.
00:11:18Voilà, la plus ancienne,
00:11:19c'est celle-là.
00:11:21Oui.
00:11:22Puis je l'ai acheté
00:11:23ici à Shawan
00:11:24à 30 visites
00:11:26en 1956.
00:11:27Eh bah, c'est bon.
00:11:37On voit bien
00:11:38la Shawan en blanc,
00:11:40où les tous les murs
00:11:40étaient blancs ?
00:11:41Oui.
00:11:42Il y a les femmes.
00:11:43Il y a les femmes.
00:11:43Avant, il sort
00:11:44avec le hik.
00:11:45On en voit
00:11:46des femmes toujours ?
00:11:47C'est rare.
00:11:48C'est rare, hein ?
00:11:48On en voit
00:11:49de moins en moins.
00:11:49Oui, c'est pas beaucoup.
00:11:50Ça, c'est le marché
00:11:52de charbon.
00:11:55Mohamed,
00:11:55quand vous me parliez
00:11:56de chef Shawan,
00:11:57les deux cornes,
00:11:59c'est ça ?
00:12:00Oui, c'est ça.
00:12:01D'accord,
00:12:01je comprends mieux
00:12:01maintenant avec la photo.
00:12:04Alors vous avez
00:12:05deux passions,
00:12:05la photographie
00:12:07et la peinture,
00:12:08je vois.
00:12:08La peinture aussi.
00:12:10Avec ce bleu
00:12:11qui est toujours présent, hein ?
00:12:12Oui, le bleu,
00:12:14le ciel.
00:12:16Sur vos maisons,
00:12:17dans le ciel
00:12:18et sur vos peintures.
00:12:19Dans le ciel,
00:12:19sur ma peinture.
00:12:28Chef Shawan
00:12:29est une peinture vivante.
00:12:31Le bleu s'étale
00:12:32sur les façades
00:12:33des maisons
00:12:33comme sur la toile
00:12:34des tableaux.
00:12:38Chef Shawan
00:12:39est une ville d'artistes.
00:12:43La couleur coule
00:12:44dans les veines
00:12:44de ses habitants.
00:12:46Ici,
00:12:47comme Morsin,
00:12:48tout le monde
00:12:48voit la vie en bleu.
00:12:52Moi,
00:12:53je suis né
00:12:53dans cette ville.
00:12:56Je fais de la peinture
00:12:57depuis ma plus tendre enfance.
00:13:01J'aime beaucoup
00:13:02les couleurs de la rue,
00:13:03surtout le bleu
00:13:04et le vert.
00:13:06Ce sont les symboles
00:13:07de Chef Shawan.
00:13:09Pour en prendre
00:13:10plein les yeux,
00:13:11Morsin a l'habitude
00:13:11de prendre de la hauteur.
00:13:14C'est de ce point
00:13:15de vue privilégié
00:13:16qu'il trouve l'inspiration.
00:13:23Chef Shawan,
00:13:24c'est comme une mer
00:13:24pour moi.
00:13:25Alors je dois en être
00:13:26digne et lui rendre hommage.
00:13:29Ce qui est frappant
00:13:30vu d'ici,
00:13:31ce sont les variations
00:13:32de couleurs.
00:13:34Le matin,
00:13:35quand c'est ensoleillé,
00:13:36les maisons
00:13:37prennent un éclat vif.
00:13:40Et puis,
00:13:41quand les nuages
00:13:41viennent adoucir la lumière,
00:13:43c'est tout un dégradé
00:13:43de couleurs.
00:13:47Le bleu révèle
00:13:48de nombreuses nuances.
00:13:49C'est une source
00:13:50d'inspiration sans fin.
00:13:57dans cette ville,
00:13:59chacun possède
00:13:59son propre mode
00:14:00d'expression artistique.
00:14:03Mohamed Ben-Yakoub,
00:14:04lui,
00:14:04a choisi l'écriture.
00:14:13Il travaille actuellement
00:14:15sur son nouveau roman,
00:14:16entièrement consacré
00:14:17à Chef Shawan,
00:14:18un sujet qu'il maîtrise
00:14:20sur le bout des doigts.
00:14:24La ville a été fondée
00:14:25il y a plus de cinq siècles.
00:14:27Et pendant toutes ces années,
00:14:28Chef Shawan a vu naître
00:14:29de nombreuses sommités
00:14:30intellectuelles,
00:14:31que ce soit dans le domaine
00:14:32de la littérature
00:14:33ou de la politique.
00:14:37Je crois que la nature
00:14:38et les paysages
00:14:39ont ici quelque chose
00:14:40d'envoûtant.
00:14:42Cela influence les habitants.
00:14:45D'ailleurs,
00:14:46ici,
00:14:46les gens se tournent
00:14:47beaucoup vers le soufisme.
00:14:50À mon avis,
00:14:51c'est ça qui les inspire autant.
00:14:58Le soufisme est un courant
00:15:00de l'islam
00:15:00qui pousse le croyant
00:15:01à la réflexion.
00:15:03Très présent à Chef Shawan,
00:15:05le soufisme est aussi
00:15:06indissociable de la musique.
00:15:15La Hadra est un groupe
00:15:17de choristes
00:15:17qui célèbre cette musique soufi.
00:15:25Les voix féminines
00:15:26de la Hadra
00:15:26font vibrer Chef Shawan
00:15:28depuis le XVIe siècle.
00:15:34Ce genre musical
00:15:35est très présent
00:15:36à chaque fête religieuse.
00:15:40Il s'agit de litanies
00:15:41dans lesquelles on répète
00:15:42les différents noms de Dieu.
00:15:45Cela peut durer toute la nuit
00:15:47et les gens ici
00:15:48sont très attachés
00:15:49à cette cérémonie.
00:15:50pour les enfants.
00:15:57Le soir après l'école,
00:15:59les enfants viennent suivre
00:16:00des cours de musique soufi
00:16:01au conservatoire.
00:16:05Des choristes en herbe
00:16:06qui perpétuent eux aussi
00:16:08la tradition artistique
00:16:09de Chef Shawan.
00:16:10avec des petits
00:16:40C'est le projet de musée.
00:16:41Le musée de Tétouan, de l'art moderne.
00:16:43Vous connaissez très bien que Tétouan, c'est la capitale marocaine de l'art plastique.
00:16:51Le bâtiment est très beau.
00:16:52Oui, c'est un bâtiment de 1918.
00:16:56C'était une gare ici avant ?
00:16:57Oui, c'était une gare de Tétouan à Ceuta.
00:17:12Cet espace va être réservé pour les expositions temporaires.
00:17:21Il fallait un lieu où on conserve notre mémoire.
00:17:30Alors, comme vous voyez, c'est la plus grande porte de Tétouan.
00:17:34C'est la porte qui donne sur la mer.
00:17:36Et donc là, on arrive dans la Médina ?
00:17:38On entre dans la Médina.
00:17:55Je ne sais pas comment vous faites pour vous repérer dans la Médina.
00:17:58Moi, j'aurais peur de me perdre, franchement.
00:18:00C'est très facile parce que nous avons de la civilisation.
00:18:03Dans les pavés, par exemple ici, vous voyez qu'il y a trois bontes.
00:18:07Ça signifie que le chemin mène à un marché ou à une porte.
00:18:13S'il y a deux, c'est un chemin qui va et vient.
00:18:16Et il y a des ruelles qui ont une seule.
00:18:18Ça signifie qu'il y a une impasse.
00:18:20C'est une impasse.
00:18:21C'est l'impasse.
00:18:22À Tétouan, il y a beaucoup de symboles.
00:18:28Alors, vous voyez la porte qui porte la couleur vert.
00:18:31Ce sont des constructions spirituelles.
00:18:33Par exemple, les aouyas, les marabouts, les mosquées.
00:18:37Les portes portent des symboles en fer
00:18:39qui indiquent ou la famille de l'Andalou, ou la famille de Grenade, ou la famille marocaine.
00:18:46Alors, celle-ci, cette porte, à votre avis, qui habite derrière cette porte ?
00:18:50Parfait, une famille grenadine.
00:18:51Pourquoi ? Comment vous savez ça ?
00:18:53Par la grenade.
00:18:55Ça, c'est une coupe transversale d'une grenade.
00:18:57D'accord.
00:18:58Alors, ça signifie que c'est une famille de l'Andalousie, mais pas de grenade.
00:19:04Peut-être de Séville, de Cordo, de Castilla, d'Aragon.
00:19:08Parce qu'il y a cette forme en fer à cheval.
00:19:10Cette forme en fer à cheval.
00:19:19Quel souvenir vous gardez de votre enfance dans la Médina ?
00:19:22Surtout le côté social, entre les voisins.
00:19:26Les souks, les foules, les marchés, les murmurants, les historiens de la nuit.
00:19:34C'est-à-dire tout un monde, un monde presque de 2001 nuit.
00:19:37Elle m'a enrichi, mon imagination.
00:19:40Des formes, des couleurs et des lignes.
00:19:50Là, on arrive chez des amis à vous.
00:19:52Oui.
00:19:59C'est super, là.
00:20:07On ne s'attend pas, lorsqu'on est devant la porte, à tomber dans un endroit aussi magnifique.
00:20:13C'est le secret de la Médina.
00:20:15Vous voyez des petites maisons, des petites tortes, vous croyez que c'est rien.
00:20:19Mais quand vous entrez, vous trouvez un paradis.
00:20:21On trouve ça, un petit paradis.
00:20:22Ça, c'est le respect des riches aux pauvres.
00:20:25On ne montre pas la recherche à l'extérieur.
00:20:27Il y a là autour de nous des peintures incroyables.
00:20:30Ce sont des peintures, ce sont des motifs végétaux stylisés.
00:20:35Et on retrouve toujours les mêmes types de motifs ?
00:20:38Non, les motifs sont variés.
00:20:40Par exemple ici, on voit que le propriétaire n'a pas voulu utiliser des motifs baroques.
00:20:45Le premier propriétaire de cette maison, c'était un juge.
00:20:50Et le juge ne veut pas montrer beaucoup de ornamentations.
00:20:54Il cherche la simplicité.
00:20:56Enfin, d'autres maisons, on cherche le rococo.
00:21:06Voilà un son qui fait partie de la vie, ici.
00:21:10Oui.
00:21:13C'est-à-dire, il y a la ligne, la forme, la couleur et le son.
00:21:17L'odeur.
00:21:24C'est la magie.
00:21:37La magie de Tétouan doit aussi beaucoup à ses artisans.
00:21:41Ce sont eux qui impriment à leur ville cette ambiance si particulière.
00:21:49C'est ici, à l'école des arts et métiers, que se transmet depuis près d'un siècle le savoir
00:21:54-faire artisanal.
00:21:57On reçoit des élèves, des jeunes apprentis d'entre 10 et 12 ans.
00:22:04Ils passent ici quatre ans de formation dans différents ateliers,
00:22:09des métiers qui ont un passé traditionnel solide.
00:22:21Ce que vous voyez ici, c'est de la menuiserie artistique andalouse.
00:22:27Quand les Arabes ont été chassés d'Andalousie,
00:22:29ils ont ramené avec eux leur savoir-faire.
00:22:32Et ils l'ont enseigné aux artisans locaux.
00:22:36Et ces connaissances se sont transmises de génération en génération.
00:22:44Durant cette longue période, cet apprentissage était exclusivement réservé aux garçons.
00:22:49Mais pour la première fois cette année, quelques filles ont pu rejoindre les bancs de l'école.
00:22:54C'est ainsi que Safa et Fatima peuvent aujourd'hui découvrir la fabrication du zélige.
00:22:59Une véritable révolution dans cet établissement aux traditions solides.
00:23:04Eh monsieur, elles y arriveront jamais les filles.
00:23:10On est un peu des pionnières et on vit vraiment une expérience unique.
00:23:13Il y a encore trop de métiers qui sont réservés aux hommes.
00:23:15Et je trouve ça bien que les femmes puissent aussi entrer dans le monde du travail.
00:23:20Leur travail est excellent. Elles ont de bonnes connaissances et elles ont vraiment envie d'apprendre.
00:23:24Elles ont juste besoin d'un peu d'encouragement. Et nous, on est là pour ça.
00:23:29Au début, les élèves n'ont pas vraiment accepté cette mixité.
00:23:34Et puis, il y avait un problème quand on sortait sur les chantiers à l'extérieur.
00:23:38On se prenait toujours des remarques. Dans la rue, les gens faisaient des réflexions.
00:23:43Mais maintenant, ça s'est calmé. On a même eu la chance de recevoir la visite du roi.
00:23:52C'est sur le terrain que les filles ont fait leur preuve et ont réussi à s'imposer face aux
00:23:56garçons.
00:23:59Là, on va sur le chantier de rénovation.
00:24:02On retape une tour sur l'ancienne muraille.
00:24:06On a commencé les travaux il y a trois mois et maintenant, c'est presque fini.
00:24:11Il ne nous reste plus que les finitions sur les créneaux et les meurtrières.
00:24:16Les murailles de Tétouan datent du XVIe siècle et sont classées au patrimoine mondial par l'UNESCO.
00:24:22Les élèves de l'école ont obtenu de pouvoir la rénover.
00:24:25L'occasion pour eux de poser leurs pierres à l'édifice.
00:24:29Moi, ce que je souhaite, c'est que l'année prochaine, il y ait plus de filles qui s'inscrivent
00:24:33à l'école.
00:24:35Parce que cette année, nous sommes seulement trois filles pour une centaine de garçons.
00:24:41Comme nous sommes minoritaires, les autres sont encore intolérants.
00:24:45Il faut être plus nombreuses pour se faire entendre.
00:24:51Saffa a l'intention de créer sa propre entreprise avec ses camarades.
00:24:55L'expérience est encore timide, mais elle augure de profonds changements dans la société marocaine.
00:25:01À Tétouan, c'est de l'artisanat que viendra ce changement.
00:25:05...
00:25:18Merci.
00:25:19Je cherche un riad qui s'appelle le Reducto. C'est là-bas ?
00:25:24Ah oui, j'ai vu la plaque.
00:25:27Comment tu t'appelles ?
00:25:28Bilal ?
00:25:30C'est ici ?
00:25:32Ok. Bonne journée à toi, merci beaucoup.
00:25:38Bonjour Brahim.
00:25:39Bonjour Sophie.
00:25:39Du coup, je ne vous ai pas attendu, je suis tout de suite montée sur la terrasse.
00:25:42Je suis surpris.
00:25:43Parce qu'il y a vraiment une vie sur ces toits.
00:25:45Oui, beaucoup de maisons n'ont pas de fenêtres à l'extérieur.
00:25:49Pour prendre l'air, on monte.
00:25:50C'est bien de prendre l'air et de monter la terrasse.
00:25:53Cette maison appartenait à un ministre marocain de l'époque de protectorat espagnol.
00:26:00Donc c'est une maison très connue ici à Tétouan.
00:26:02Voilà les chambres.
00:26:04Et voilà la propriétaire alors.
00:26:06Bonjour Brahim.
00:26:07Bonjour Brahim.
00:26:08C'est grâce à vous que ce riad a été restauré.
00:26:12Mais comment avez-vous fait pour restaurer tout ça ?
00:26:15C'était la maison du grand vizir.
00:26:19La difficulté de la restauration, c'était d'arriver à ajouter un peu de lumière à cette maison.
00:26:24Un peu d'air, car c'est une maison arabe qui a deux siècles.
00:26:29Et nous avons ajouté une touche européenne.
00:26:31Tout en conservant ce style arabe qui est magnifique, historique et qui a beaucoup de valeur.
00:26:40Il y a pas de bon moment sans un bon thé.
00:26:43Vous êtes originaire des Canaries ?
00:26:45Oui.
00:26:45Qu'est-ce qui vous a donné envie de vous installer ici ?
00:26:48C'était une ville qui me plaisait beaucoup.
00:26:51Mais il n'y avait aucun endroit traditionnel pour manger ou dormir.
00:26:57Et en plus cette ville est assez moderne.
00:27:01Ça paraissait incroyable qu'il n'y ait aucun effort dans ce sens.
00:27:04Vous avez appris à parler arabe un peu ou pas ?
00:27:06Si.
00:27:07Si.
00:27:08Mon vocabulaire est celui du bâtiment et de la cuisine.
00:27:10Et de la cuisine. C'est tout.
00:27:11La femme qui s'accorde à la cuisine.
00:27:23Je ne sais pas.
00:27:28Il n'y a pas de bonnes sorties.
00:27:28Il n'y a pas de bonnes sorties d'un bon pays.
00:27:29Mais il n'y a pas de bonnes sorties.
00:27:29Et bien des dinets pour aller.
00:27:29On va se striquer.
00:27:30Alors, il n'y a pas de bonnes sorties.
00:27:31Il n'y a de bonnes sorties de^^
00:27:31Ça, il n'y a pas de bonnes sorties.
00:27:32Comment ça se passe la vente ici sur le port ?
00:27:34Il y a ici les acheteurs.
00:27:41avec un des autres ports de la région pour se voir comment ça se passe.
00:27:46C'est une activité importante pour Amdic, la pêche ?
00:27:49C'est la deuxième activité, après le tourisme.
00:28:01Salaam alaykoum.
00:28:02Wa alaykoum salaam.
00:28:05Quel type de bateau vous construisez ici ?
00:28:08On construit des bateaux pour sardiniens, des petits canaux.
00:28:11Des petits canaux aussi.
00:28:12Oui, pour le plaisir.
00:28:14Pour le plaisir.
00:28:15Vous en êtes construit un pour vous ou pas ?
00:28:17Oui, vous pouvez voir.
00:28:18Oui.
00:28:19Quel type de bois vous utilisez ?
00:28:21C'est le cèdre.
00:28:22Ah, le fameux cèdre.
00:28:23C'est pour le coq.
00:28:25Ah, le voilà !
00:28:26Ah oui, c'est énorme.
00:28:27Là, c'est un sardinier alors ?
00:28:29C'est un sardinier.
00:28:30Mesures moyennes.
00:28:31Mesures moyennes.
00:28:32On travaille à peu près une année.
00:28:34Pour un bateau, une année de travail.
00:28:37Un seul.
00:28:38Vous avez toujours construit des bateaux ?
00:28:39Toujours.
00:28:40Ah, vous voulez dire c'est un art ?
00:28:42Oui.
00:28:42Vous êtes un artiste.
00:28:44Un vrai artiste.
00:28:44C'est un ingénieur sans des plans, sans rien du tout.
00:28:47Ah oui, sans plans.
00:28:48Vous travaillez de mémoire ?
00:28:49De mémoire, sans plans, sans rien du tout.
00:28:52On pose la clé.
00:28:54Oui.
00:28:54Les trois membres de Mistral, on fait des baguettes comme ça.
00:28:59Chaque membres à sa place.
00:29:01Chaque membres à sa place.
00:29:27Bonjour monsieur.
00:29:28Salam alaykoum.
00:29:29Ah oui.
00:29:30Excusez-moi.
00:29:30Euh, excusez-moi.
00:29:32Ceuta, c'est bien là-bas ?
00:29:34Ceuta.
00:29:35Spagna.
00:29:36Ceuta de Spagna.
00:29:37Ah, c'est l'Espagne, c'est plus le Maroc.
00:29:38Ah non.
00:29:39C'est l'Espagne, c'est plus le Maroc.
00:29:45C'est l'Espagne.
00:29:50Coincée sur cette petite péninsule de 20 kilomètres carrés,
00:29:53Ceuta est un petit bout d'Espagne en plein Maroc depuis plus de 4 siècles.
00:29:58Une enclave où les 75 000 habitants vivent entièrement à l'heure espagnole.
00:30:04Pourtant, ce sont d'abord les Portugais qui annexent Ceuta au 15e siècle
00:30:08et laissent leur empreinte sur le rocher.
00:30:11Derrière moi, on trouve la forteresse du Monte Hacho.
00:30:15Et c'est la première forteresse que les Portugais ont fait ici.
00:30:20C'est à partir de ce moment-là que les Portugais se sont installés.
00:30:24Durant une courte période, Portugal et Espagne sont réunis sous la même couronne.
00:30:29Puis, les deux royaumes se séparent à nouveau.
00:30:32Au 17e siècle, quand le royaume de l'Espagne et de Portugal se sont séparés,
00:30:37la ville de Ceuta, par suffrage universal,
00:30:40les habitants de Ceuta ont décidé d'appartenir à l'Espagne au lieu d'appartenir à Portugal.
00:30:45C'est alors que la ville a eu des statuts d'autonomie et des privilèges par rapport aux autres villes
00:30:52espagnoles.
00:30:55Tout au long de son histoire, Ceuta est sans cesse convoité par ses voisins et doit se défendre en conséquence.
00:31:01En témoignent encore les impressionnantes murailles du centre-ville.
00:31:08Nous nous trouvons en ce moment sur les fortifications extérieures de Ceuta.
00:31:12Ces murailles ont protégé notre ville des assauts ennemis jusqu'au 19e siècle.
00:31:19C'est une place fondamentale à l'entrée de la Méditerranée.
00:31:21C'est pour cette raison que tous les peuples ont voulu en prendre possession.
00:31:28Car qui contrôle Ceuta contrôle le trafic d'une rive à l'autre du Détroit.
00:31:34Actuellement, Ceuta est revendiquée par les Marocains.
00:31:41Aujourd'hui encore, Ceuta se barricade derrière une frontière ultra sécurisée.
00:31:46C'est sans doute le prix à payer pour ce ghetto européen en terre africaine.
00:32:13C'est très bien. Merci beaucoup. C'est gentil. Merci.
00:32:16C'est gentil.
00:32:17C'est gentil.
00:32:17C'est gentil.
00:32:21C'est gentil.
00:32:21C'est gentil.
00:32:22C'est gentil.
00:32:23C'est gentil.
00:32:23C'est gentil.
00:32:24C'est gentil.
00:32:25C'est gentil.
00:32:25C'est gentil.
00:32:26Salut.
00:32:26Comment ça va ?
00:32:27Je te suis retrouvée.
00:32:28Tu vas bien ?
00:32:29Bonjour.
00:32:30Ça va ?
00:32:31Ça va ?
00:32:32Ça va ?
00:32:33Ça va ?
00:32:33Là, on fait un petit micro-trottoir parce que notre chêne, elle fait ses 20 ans,
00:32:38donc on est censé un peu faire demander aux gens qu'est-ce qu'ils pensent de notre chêne,
00:32:42comment ils voient son évolution, est-ce qu'il y a peut-être des choses à changer,
00:32:45à transformer, à améliorer, parce qu'une chaîne, elle ne vit que par son public.
00:32:50Parce que Deux Hommes, c'est une chaîne qui est très importante pour les Marocains.
00:32:53Oui, c'est la deuxième chaîne nationale.
00:32:54C'est une ligne éditoriale qui est différente.
00:32:56Beaucoup de documentaires, beaucoup d'enquêtes sur le terrain.
00:32:59Et c'est ce qui fait un peu sans plus.
00:33:01Vous avez fini, là ?
00:33:02Voilà, ça va.
00:33:02On peut changer ton manoeuvre.
00:33:05Découvrir un peu cette nouvelle corniche.
00:33:05On laisse ton équipe et puis on va se promener toutes les deux, alors.
00:33:08Ok, très bien.
00:33:11C'est vraiment un symbole de changement, cette corniche.
00:33:13C'est de là à commencer le changement de temps que j'ai.
00:33:15Donc, il y a un programme d'aménagement urbain de 730 millions de dirhams.
00:33:21C'est énorme.
00:33:22C'est toute la ville.
00:33:23Mais tout a commencé ici.
00:33:24Tout a été rabaissé.
00:33:25Il fallait que les gens retrouvent cette mer qu'ils avaient un peu perdue.
00:33:27Parce que tout était serre élevé.
00:33:29C'était un peu...
00:33:29Chacun construisait comme il voulait.
00:33:31Mais là, bon, il y a quand même une petite unification, un peu du décor.
00:33:35Le renouveau économique est là.
00:33:37Mais peut-être côté social, ce n'est pas la même cadence de développement que cela supposerait.
00:33:43Pourquoi Tangier, pendant des années, a été une ville un peu, entre guillemets, abandonnée ?
00:33:48Parce que ça reste quand même un point de liaison très important entre le Maroc et le reste du monde.
00:33:52C'est plus une affaire politique.
00:33:54Enfin, je ne dis même pas politique.
00:33:55C'est le roi Hassan II qui était un peu fâché.
00:33:57Parce qu'il avait eu une visite dans le Nord et puis il n'avait pas été reçu comme un
00:34:02roi.
00:34:02Bon, les gens étaient assis au café.
00:34:03Je veux dire, bon, il n'a pas eu le...
00:34:04Comment on dit ?
00:34:05Les égards.
00:34:07Les égards d'un roi.
00:34:08Dûs à un roi.
00:34:09Dûs à un roi, voilà.
00:34:10Et donc, Mohamed VI a changé un petit peu tout ça ?
00:34:12Ah oui, oui.
00:34:13Pendant l'été, il est là dans le Nord.
00:34:15Mais chaque été.
00:34:15Alors, depuis son premier été, toutes les fêtes du trône se passaient ici.
00:34:19Et ça, c'est vraiment un symbole.
00:34:21Que ce soit entre Tangier, ici la fête du trône et à Tétouan, c'est la cérémonie d'allégeance.
00:34:25Donc, vraiment, c'est un très grand symbole.
00:34:27Et c'est...
00:34:28Je veux dire, quelque part, il doit avoir dans son corps une petite place spéciale pour le Nord et peut
00:34:33-être pour Tangier.
00:34:34Pour Tangier, voilà.
00:34:47Voilà un quartier que tu voulais me faire visiter.
00:34:49Oui.
00:34:49Donc, ça s'appelle le quartier de Haumachouk.
00:34:52Si on voulait traduire, c'est le quartier des Épines.
00:34:55Parce que bon, c'est un quartier qui a été complètement développé de manière clandestine.
00:34:59Donc, il n'y a pas une infrastructure qui a accompagné ça.
00:35:02Il n'y a pas d'assainissement.
00:35:04Dans certaines maisons, il n'y a pas d'eau.
00:35:07Mais malgré tout, je vois que les façades sont quand même peintes à la chaude.
00:35:11On a essayé de réhabiliter ce quartier clandestin.
00:35:15Voilà, tout à fait.
00:35:15C'est la société civile en partenariat avec des offices publics.
00:35:19Ils se sont assis avec les gens pour discuter avec eux.
00:35:22Il fallait les convaincre pour choler.
00:35:23Le but, à la fin, c'est de changer le nom de ce quartier, comme je t'ai dit, qui
00:35:27s'appelait Les Épines.
00:35:29Et de dire Haumachouk, c'est-à-dire le quartier de la Rose.
00:35:33Voilà, c'est ça le but.
00:35:39On va aller prendre un petit thé à la menthe, maintenant.
00:35:41Oui, voilà.
00:35:42Et puis, j'ai choisi pour toi un des cafés mythiques de la ville.
00:35:45Café Haffa.
00:35:46Voilà, un café.
00:35:48Justement, Haffa, ça veut dire falaise parce qu'il est construit sur une falaise.
00:35:50Sur la falaise.
00:35:51Voilà.
00:35:53Café de Tangier.
00:35:54Le café incontournable des écrivains, des artistes aussi.
00:35:59Avec cette vie, finalement, on a un bon résumé de Tangier.
00:36:02On a la mer, l'Espagne-Front.
00:36:05Bien sûr.
00:36:06Les cargos qui sont en train de vivre.
00:36:08Oui, c'est tout Tangier, là.
00:36:10Je crois qu'il y a surtout des hommes au café.
00:36:12Est-ce que ça se fait comme ce qu'on est en train de faire ?
00:36:15Que deux femmes viennent prendre un café ?
00:36:17C'est vrai que c'est un café où il y a beaucoup d'hommes.
00:36:19Les filles, elles ont leur café au centre-ville.
00:36:21Là, c'est la cigarette, c'est le jeu de cartes, le domino.
00:36:25Donc, c'est pas un truc très féminin.
00:36:27T'as une petite ?
00:36:28C'est ça ?
00:36:29Ils vendent des...
00:36:30Je crois que c'est des cacahuètes.
00:36:32Des cacahuètes ?
00:36:33Des cacahuètes ?
00:36:34Des cacahuètes.
00:36:36Des cacahuètes.
00:36:38On me vend vos cacahuètes.
00:36:39Attendez.
00:36:57Le voilà, on a devant nous le détroit de Gibraltar.
00:37:00Une voie maritime mythique pour les marins et les voyageurs.
00:37:04Pour les marins aussi, mais aussi pour les candidats à l'immigration clandestine.
00:37:08Ces jeunes qui ont envie de traverser, qui laissent aussi leur vie dans ce détroit.
00:37:12Mais c'est aussi aujourd'hui le symbole d'un développement économique de la région et de Tangier.
00:37:16Tangier, c'est le nouveau carrefour maritime, nouvelle autoroute maritime.
00:37:19Il faut savoir parce que le Détroit, c'est quand même 100 000 bateaux par an.
00:37:22Là, on est vraiment là, sur un axe stratégique.
00:37:26Tout à fait, l'image de Tangier aussi.
00:37:29Longtemps délaissé, Tangier fait désormais valoir ses droits.
00:37:33Son emplacement stratégique était inexploité.
00:37:36Mais avec l'ouverture de Tangier Med, le nouveau port de commerce,
00:37:40la ville s'est rapidement imposée en Méditerranée.
00:37:43600 000 containers y sont débarqués chaque année.
00:37:46Il s'agit de rattraper le temps perdu.
00:37:49Les constructions ont pris environ 4 ans pour voir ce que vous voyez derrière moi.
00:37:54Je ne vous cache pas que dans même des pays européens très développés,
00:37:58ce genre de projet ont pris une dizaine d'années, quinzaine d'années de construction.
00:38:02Donc le retard a été rattrapé au moment de l'exécution.
00:38:09Conséquence du développement économique, la ville est en pleine métamorphose.
00:38:14Pour loger ses 2,5 millions d'habitants, les immeubles poussent comme des champignons,
00:38:18transformant Tangier en un immense chantier.
00:38:22Il y en a près de 3 000 comme celui-ci, où s'élèveront bientôt des résidences de standing.
00:38:29Les constructions qu'on peut voir et qui se multiplient à Tangier maintenant
00:38:32répondent aux besoins d'une population qui grandit, une population jeune.
00:38:38Et c'est pour rattraper le besoin en logement de qualité qu'il y a autant de chantiers sur Tangier.
00:38:46Pourtant, les Tangierrois ne bénéficient pas tous de ces nouvelles retombées financières, loin de là.
00:38:53Dans le quartier du port, les jeunes désœuvrés scrutent la côte espagnole, si proche et si difficile d'accès.
00:39:01Eh ! Regarde-moi ! Je vais aller à Barcelone et à Madrid !
00:39:06Ces candidats à l'immigration clandestine surveillent en contrebas les camions prêts à embarquer vers l'autre rive.
00:39:13J'ai déjà réussi à me faufiler sous une remorque.
00:39:16C'est bien surveillé, mais il y a toujours un moment d'inattention.
00:39:20Je suis de Tangier et je suis passé plusieurs fois en Espagne,
00:39:24à Saint-Sébastien, Iroun, Andai, Barcelone, Madrid.
00:39:28Mais j'ai eu des problèmes et je me suis fait expulser.
00:39:31Je suis parti pour gagner ma vie et aider mes parents.
00:39:33J'ai beaucoup de frères et je vis très mal au Maroc.
00:39:35J'ai pas de travail et puis de toute façon, c'est très mal payé ici.
00:39:42Le drame des clandestins écorne l'image d'un Tangier en plein boom économique.
00:39:47Dans la zone industrielle, Anna travaille à l'implantation d'une usine américaine.
00:39:51Est-ce qu'on peut retarder un peu le chantier ?
00:39:56Cet architecte a les pieds dans la boue, mais sa tête est ailleurs, avec ses jeunes candidats à l'immigration.
00:40:03Les gens viennent à Tangier pour aller en Espagne.
00:40:07Mais en fait, c'est aussi un lieu où on pourrait essayer de leur expliquer et de leur faire comprendre
00:40:14qu'il y a beaucoup de choses à faire à Tangier, au Maroc, et qu'on attend beaucoup d'eux
00:40:18ici aussi.
00:40:20C'est dans le quartier populaire de la Médina que le chômage des jeunes est le plus criant.
00:40:25C'est donc ici qu'Anna a décidé d'intervenir.
00:40:27Les jeunes, ils sont forts, ils sont curieux, ils sont intelligents et avec peu de choses, on peut les rendre
00:40:35aptes à contribuer au développement du pays.
00:40:40Anna a donc réhabilité une ancienne école abandonnée.
00:40:44Cette maison, baptisée Darna, est devenue un refuge pour les enfants des rues.
00:40:52Ici, 50 élèves peuvent suivre gratuitement des cours de soutien scolaire et d'alphabétisation.
00:40:59Et plus surprenant, dans la cour de l'école, c'est un acrobat de cirque, Mohamed Imich, qui dévoile les
00:41:06ficelles du métier.
00:41:12La famille Imich est une famille exemplaire dans la mesure où ils aident les enfants défavorisés du quartier de la
00:41:19Médina.
00:41:19Ils essaient de leur donner une petite formation en acrobatie.
00:41:23Et donc du coup, ça leur permet aussi de s'extérioriser par rapport à leur quotidien et par rapport à
00:41:28leur environnement.
00:41:34Les anciens élèves sont désormais de véritables professionnels et se produisent dans le monde entier.
00:41:41Un exemple de réussite, porteur d'espoir pour cette nouvelle génération de Tangérois.
00:42:02Quand je t'ai demandé, Ilham, de me montrer un autre visage de Tangier, ça a voulu m'amener ici
00:42:07à Cap Spartel.
00:42:08Parce que c'est vrai qu'on oublie la ville quand on est là.
00:42:10C'est le lieu idéal pour tout oublier et le stress et la fatigue et cette circulation insupportable de Tangier.
00:42:18Donc c'est vraiment le lieu incontournable.
00:42:20Il y a la mer, il y a la verdure, c'est l'une des plus belles plages.
00:42:23Donc les gens n'hésitent pas à venir en famille.
00:42:25Quand on veut aller à la plage, on vient à Cap Spartel.
00:42:28Regarde-moi cette vue, c'est magnifique.
00:42:30C'est vraiment le symbole de Tangier.
00:42:35On voit bien les côtes espagnoles en face de nous, toutes proches.
00:42:38On a l'impression qu'on pourrait les toucher.
00:42:40Il y a ici une côte assez sauvage.
00:42:43Est-ce que le développement touristique qui est en train de connaître le Maroc ne risque pas de changer un
00:42:48peu le visage de cette côte ?
00:42:49Je dirais que depuis quelques années, on voit beaucoup de grands projets touristiques.
00:42:53On a une stratégie, on veut atteindre les 10 millions de touristes.
00:42:56Donc il faut leur construire, ces lieux d'hébergement.
00:42:5810 millions en 2010.
00:42:59On en est où actuellement ?
00:43:01On était à 7 et quelques cette année.
00:43:05C'est vraiment un endroit où il faut venir hors saison.
00:43:08Le phare, c'est un patrimoine.
00:43:10Je veux dire, moi je m'intéresse beaucoup à ces sujets-là.
00:43:13Est-ce que tu es déjà en train de parler ?
00:43:14Je n'ai pas le souvenir de l'avoir visité de l'intérieur.
00:43:16Déjà parce que c'est un lieu qui n'est pas ouvert au public.
00:43:18On a de la chance.
00:43:20Je suis sûre que dans ce phare, il y a un gardien.
00:43:22Certainement.
00:43:23On va peut-être aller lui rendre visite.
00:43:24Si ça se trouve, il sera très content d'avoir un petit peu de visite.
00:43:26De raconter l'histoire de ses murs.
00:43:32On est presque arrivés.
00:43:35Oui, regarde.
00:43:36Je vois le jour même.
00:43:38Voilà.
00:43:39Oula !
00:43:39Tu n'as pas le vertige, j'espère, Ilham.
00:43:41Non, non, non.
00:43:42Ça va ?
00:43:42T'inquiète.
00:43:45On a essayé tout à l'heure de compter les marches.
00:43:47Il y en a un peu plus de sang, j'ai l'impression.
00:43:49J'ai oublié.
00:43:50Vous avez oublié.
00:43:50Pourtant, vous avez dû le faire, l'aller-retour.
00:43:52Eh oui.
00:43:55Le phare va s'allumer maintenant.
00:43:57Ça va être d'Archal.
00:43:59Voilà.
00:44:00Magnifique.
00:44:01Comment ça se passe ici, dans le phare ?
00:44:03Ce phare-là, c'est la pointe la plus nord-ouest de l'Afrique.
00:44:06Ce phare-là, il s'appelait dans le temps, au XVIIIe siècle et au XIXe siècle,
00:44:10la cimetière des bateaux.
00:44:11Donc, c'est un coin qui est très dangereux.
00:44:14Il y a des enfants, d'où l'impression de le phare dans ce coin-là.
00:44:17Et est-ce que vous, quand vous le voyez au loin, est-ce que vous êtes particulièrement touché, ému ?
00:44:22Absolument, absolument.
00:44:22Lorsqu'on vient, c'est comme si on vient voir quelqu'un.
00:44:31Nous allons maintenant quitter le Maroc, puisque nous partons pour le chemin des Incas,
00:44:35notre route mythique.
00:44:36C'est le deuxième épisode.
00:44:37Cette semaine, un très beau voyage que nous suivons grâce à Laurent Bouy, notre réalisateur voyageur.
00:44:42Il est actuellement à Uenkayo.
00:44:44Il va rejoindre Cusco, l'ancienne capitale des Incas, à 3400 mètres d'altitude.
00:44:49Moi, je vous attends ici au Maroc pour vous dire au revoir à tout à l'heure.
00:44:56A Lima, où j'ai débuté mon voyage, je suis allé à la rencontre de ceux qui s'installent
00:45:01en l'espace d'une nuit, avec l'espoir de commencer une nouvelle vie.
00:45:05Puis j'ai quitté la mégapole avec le train des Cimes, qui m'a déposé à près de 5000 mètres
00:45:09d'altitude, avant de plonger vers Wankayo et Laoroya, où j'ai reçu la bénédiction
00:45:14d'une procession pour la suite de ma route.
00:45:17Elle me conduira jusqu'à Cusco, à travers des paysages dantesques.
00:45:49Sous-titrage Société Radio-Canada
00:45:56C'est la fin du goudron, la fin du chemin de fer, la fin d'une certaine idée du monde.
00:46:02Ici commence la piste et ses 20 km heure de moyenne.
00:46:06A partir de maintenant, la notion de temps n'est plus la même.
00:46:12Sur cette terre rouge sang, l'humain se fait rare, et il faut parfois rouler plusieurs heures
00:46:17avant de retrouver un village.
00:46:19Celui-ci s'appelle la Esmeralda.
00:46:21Un joli nom pour un endroit loin de tout.
00:46:24J'y retrouve le camionneur qui m'a accompagné sur une partie du chemin.
00:46:29A cette époque, la route est plus ou moins bonne.
00:46:33Elle est encore en bon état, mais après, quand les plus arriveront, ça deviendra plus difficile.
00:46:38Ça deviendra même dangereux, et il faudra alors prendre beaucoup de risques pour faire la route.
00:46:44Il y a des avalanches de terre, des chutes de pierres, et des fois, on reste bloqué un ou deux
00:46:50jours.
00:46:51Et puis, il y a la boue aussi.
00:46:55Il arrive qu'on se retrouve coincé à 15 ou 20 camions.
00:46:58Et les bus sont souvent bloqués avec nous.
00:47:01Et tout ça, ça va bientôt commencer avec les plus.
00:47:32Je traverse un paysage de Western.
00:47:35Sur le bord de la piste, des maisons d'Adobe, souvent vides de toute présence.
00:47:40De temps en temps, je croise un pick-up qui file dans la poussière.
00:47:47Je me rapproche d'Ayacucho.
00:47:50La ville qui fut pendant 15 ans l'épicentre de la guérilla du Sentier Lumineux.
00:47:54Un mouvement d'aspiration maoïste qui prit les armes contre le pouvoir péruvien au début des années 80.
00:48:00Dans ces montagnes, les paysans ont été massacrés tour à tour par les guerriers roses du Sentier Lumineux et par
00:48:05l'armée nationale.
00:48:07Ceux qui ne sont pas morts ont fui leur terre.
00:48:20Pourtant, quand j'arrive à Ayacucho, je suis immédiatement séduit par l'atmosphère qui se dégage de ces rues animées.
00:48:26J'ai du mal à croire que la ville a été quasiment coupée du monde pendant une décennie.
00:48:31On estime que près de 70 000 personnes ont été victimes de la guerre entre le Sentier Lumineux et l
00:48:36'armée péruvienne.
00:48:37La plupart dans la région d'Ayacucho.
00:48:42Candidat aux prochaines élections locales, Mario Bair était étudiant pendant les années de guerre.
00:48:48J'étais étudiant à l'école secondaire et j'ai pu voir les militants du Sentier Lumineux qui venaient dans
00:48:55l'école pour nous inculquer leur idéologie.
00:49:01Il restait deux ou trois minutes pour nous expliquer que le Sentier Lumineux était le chemin du futur et il
00:49:06repartait aussi vite.
00:49:15Cette place a été le témoin de beaucoup de meurtres de paysans ou de diverses autorités qui ont été exécutées
00:49:20ici même, sur cette place.
00:49:24Le Sentier Lumineux les pendait aux différents poteaux de la place pour défier le gouvernement central.
00:49:33C'était terrible de voir tous ces morts partout dans la ville, les autorités mais aussi des copains ou des
00:49:38voisins qui se faisaient mitrailler.
00:49:39C'était comme ça dans Ayacucho.
00:49:47Le Sentier Lumineux a perdu la guerre, mais la région d'Ayacucho reste un endroit où le voyageur peut faire
00:49:53une mauvaise rencontre.
00:49:57Aujourd'hui, toute la population est d'accord pour demander au gouvernement central la construction de la route qui part
00:50:03d'Ayacucho vers la vallée de l'Apurimac,
00:50:05qui est aujourd'hui une zone où il y a beaucoup de problèmes.
00:50:10On a besoin qu'il y ait un traitement spécial pour le développement de cette région.
00:50:13Il le faut pour pouvoir combattre les narco-trafiquants et les derniers groupes du Sentier Lumineux, qui opèrent encore là
00:50:20-bas.
00:50:33Une immense croix lumineuse domine désormais la ville.
00:50:37Elle a été érigée avec des morceaux de pylônes électriques,
00:50:40les pylônes que la guérilla avait pour habitude de faire sauter pour plonger la ville dans le noir.
00:50:44Le symbole est fort, mais je pense que cette croix surveille la ville, plus qu'elle ne la protège.
00:51:06Sur les hauteurs d'Ayacucho, la paix est revenue et les paysans s'activent dans les champs.
00:51:11A chaque altitude correspond une culture.
00:51:13Ici, à 3000 mètres, c'est la pomme de terre.
00:51:22Chaque fois qu'on a du travail comme ça, on cherche des péonnes à embaucher.
00:51:27Les hommes préparent la terre et les femmes s'occupent de planter.
00:51:30Elles mettent les pommes de terre dans les trous et ensuite les hommes les rebouchent.
00:51:34C'est comme ça qu'on a l'habitude de faire.
00:51:37Des fois ils travaillent pour nous et d'autres fois chez eux.
00:51:43Tous les bras sont réquisitionnés.
00:51:45Et bien vite, je suis interpellée par le groupe des femmes.
00:51:51Allez, viens travailler avec nous.
00:51:56Nous on travaille au moins.
00:52:05Tu ne veux pas travailler avec les femmes ?
00:52:07C'est ça, tu ne veux pas faire le travail des femmes.
00:52:16Nous c'est pour l'argent qu'on travaille ici.
00:52:18Toutes ici, on travaille pour la paix.
00:52:26Tous ici parlent le quechua et un peu d'espagnol aussi.
00:52:30Mais après, ça dépend de l'éducation.
00:52:32Certains sont allés un peu à l'école et d'autres y sont restés un peu plus longtemps.
00:52:36Mais la plupart s'expriment avant tout en quechua.
00:52:44C'est pour ça qu'elles ne vous comprennent pas bien et qu'elles rigolent tout le temps.
00:52:52Au-delà de 4000 mètres, la mosaïque des champs sur le flanc des montagnes s'estompe.
00:52:57Et quand la piste tutoie les nuages, il n'y a plus de paysans sur le bord de la route.
00:53:09C'est parti.
00:53:40Là-haut, la montagne prend souvent des airs de steppe.
00:53:43Qui viendrait ici si ce n'était la route ?
00:53:47Je m'arrête et je m'enivre du vide.
00:53:50Face au vent et seul au monde.
00:53:53L'impression est trompeuse.
00:53:56Une centaine de mètres plus bas, le camion qui m'a accompagné dans la montée est rangé sur le côté.
00:54:01Pour moi, cette piste est un enchantement.
00:54:03Pour les camionneurs, c'est leur quotidien.
00:54:08C'est la roue qui est crevée.
00:54:11Ça arrive toujours sur cette route.
00:54:15J'étais avec l'autre camion, mais il est parti devant et il m'a laissé ici.
00:54:19On voyage à deux et il doit m'attendre en bas.
00:54:23Pour nous, ce voyage, c'est notre routine.
00:54:42Le cauchemar des camionneurs, c'est la descente.
00:54:45Dans la cordillère des Andes, gare aux freins qui lâchent.
00:54:50Deux mille mètres plus bas, et si tout se passe bien, il y a souvent une vallée verdoyante au climat
00:54:55tropical.
00:55:01Jour après jour, les camions et les bus relient ces vallées distantes de quelques dizaines de kilomètres,
00:55:07et pourtant si loin les unes des autres.
00:55:10Dans cette région où le goudron n'a pas encore réduit les distances,
00:55:13l'arrivée des camions est synonyme de promesse.
00:55:22C'est des oranges de Chanchamayo, dans le Rounin.
00:55:26Je les vends 13 solets les 100.
00:55:30Pour venir de là-bas, je mets trois jours.
00:55:33Après, je charge ici et je retourne à Wankayo.
00:55:37Puis je reprends des oranges et je reviens.
00:55:41Ça fait six jours aller-retour.
00:55:45C'est sûr, on n'est pas souvent à la maison.
00:56:00Avant de repartir, mieux vaut faire un stop chez un garagiste.
00:56:04Les seuls pour qui la piste est une aubaine, même si l'arrivée de goudron menace les affaires.
00:56:13Quand Fujimori a été élu président, c'est lui qui a fait beaucoup de routes.
00:56:18En tout cas, au niveau national, il y a eu beaucoup de routes asphaltées.
00:56:23Les voitures tombent moins en panne avec l'asphalte, beaucoup moins.
00:56:28Mais quand il n'y a pas d'asphalte, c'est terrible.
00:56:32La poussière rentre partout.
00:56:35Elle arrive même à rentrer dans les moteurs.
00:56:37Mais ça les fait casser.
00:56:42Cette route que vous avez prise, celle d'Andauelas, c'est une des pires.
00:56:46Les mécaniques souffrent vraiment beaucoup sur cette piste.
00:56:57Ici, sur les routes, il vaut mieux avoir une Toyota.
00:57:00Les Nissan, c'est bon pour la côte.
00:57:02Seulement pour la côte.
00:57:04Ici, ça tourne tout le temps en panne.
00:57:07Ici, ça n'arrête pas de monter et de descendre.
00:57:10Mais là-bas, c'est tout plat.
00:57:13C'est pour ça que les Nissan tournent mieux là-bas.
00:57:39Dans la cordillère, les hommes passent, mais les chemins restent.
00:57:45Les pistes d'aujourd'hui sont les sentiers d'hier et seront les routes de demain.
00:57:50Moi, je préfère la piste parce qu'elle rend les hommes plus égaux.
00:57:54Aujourd'hui, mieux vaut avoir un vélo dans la descente ou une bonne voiture.
00:57:59Mais dans quelques jours, avec les pluies qui s'abattront sur les Andes,
00:58:04celui qui ira à pied arrivera peut-être avant tous les autres.
00:58:09Je retrouve le goudron en franchissant la rivière Apurimac
00:58:12et je file sur la route de Cusco, la ville vers laquelle tous les chemins convergent.
00:58:17Demain, je me réveillerai dans l'ancienne capitale des Incas.
00:58:27La Piste de la Piste de la Piste de la Piste de la Piste.
00:58:40Fais-le, abdun, abdun, abdun, b'dan b'mutayya
00:58:51Fais-le, abdun.
00:58:55Fais-le, abdun.
00:58:57Fais-le, abdun, abdun, abdun, abdun.
00:59:19C'est déjà malheureusement la fin de ces échappées belles marocaines.
00:59:23En tout cas, je vais garder un très bon souvenir des rues de Shawen.
00:59:27La pluie n'aura pas réussi à gâcher la magie des lieux.
00:59:31Alors souvent, lorsqu'on pense au Maroc, on pense à Marrakech ou encore à Gaza.
00:59:35Moi, je vous conseille vivement de venir dans le nord du pays,
00:59:38découvrez la vallée du Rif et venez ici jusqu'à Tanger, vous ne serez pas déçus.
00:59:43Allez, j'y retourne, je vous dis à très bientôt et faites de beaux voyages.

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