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Echappées belles : Inde, Pondichery Jérôme prendra la direction de Pondichéry, il aura la chance de cuisiner un véritable plat indien de la région. Il prendra le ...
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00:01:59Oui, la ville blanche où habitaient les Français, où ils sont venus pour faire le commerce entre les soins, le
00:02:07coton, le fameux madras, et puis les épices.
00:02:09Oui, bien sûr.
00:02:10C'était des gens qui avaient de gré.
00:02:11On sent, oui, on sent aussi les habitations de gens qui avaient de l'argent à l'époque.
00:02:16Tout à fait.
00:02:25Là, on change de l'atmosphère complètement.
00:02:26Oui, on est dans la ville tamoul maintenant.
00:02:28Tamoul, c'est-à-dire indienne, c'est ça ?
00:02:29C'est indienne, oui.
00:02:30Les tamouls, c'est le peuple...
00:02:31Ce sont les habitants du sud de l'Inde.
00:02:33Le peuple qu'elle a depuis des millénaires, c'est ça ?
00:02:34Des millénaires, une civilisation très, très ancienne.
00:02:36Il y avait à l'époque la ségrégation spatiale, c'est-à-dire chaque caste habitait une rue.
00:02:41Tu avais la caste des prêtres, tu avais la caste des guerriers, ensuite la caste des ouvriers, la guilde des
00:02:49métiers, et puis les intouchables.
00:02:52Alors tu vois, tu as toujours ces espèces d'entrées, des escaliers, théoriquement dans le nombre impair.
00:02:59Pourquoi ?
00:03:00Parce que, tu vois, ils te disent, porte-chance, porte-pa-chance, porte-pa-chance, porte-pa-chance, porte-chance.
00:03:06Il faut qu'il y ait un nombre impair.
00:03:08C'est quoi ces dessins-là ? Il y en a plusieurs sur la rue, là, par terre, au sol,
00:03:11dessiné à la craie, là.
00:03:12Ce qu'on appelle, non, c'est pas de la craie.
00:03:14C'est pas de la craie ?
00:03:14C'est de la poudre de riz.
00:03:16Ça s'appelle kolm, et on le fait devant une maison, toujours, parce que c'est un signe, oui, c
00:03:21'est une symbolique de bonheur, de bonne chance.
00:03:34Alors là, déjà, c'est un peu plus vivant.
00:03:55Il y a beaucoup d'habitants, ici, en Inde, et en Corée, 1,3 millions d'habitants, 1,3 millions
00:04:00d'habitants, 1,3 millions d'habitants, et à Pondichéry, combien il y a ?
00:04:031 million.
00:04:031 million, déjà ?
00:04:04C'est une petite ville pour l'Inde.
00:04:06Petite ville, mais elle est devenue tentaculaire, ça se construit de plus en plus.
00:04:10Et puis il y a aussi un niveau de vie très bas, ici, en Inde.
00:04:13Très bas, très bas.
00:04:13Il y a un tiers de la population qui vit avec moins d'un dollar par jour.
00:04:19Tu me parlais tout à l'heure des castes et des intouchables, qui est une partie de la population qui
00:04:24est un petit peu mise au rebut, quand même.
00:04:26C'est vrai, un peu marginalisé.
00:04:28Ils font les tâches d'héboueur, de balayeur de rue.
00:04:31Et il fut un temps, les gens les appelaient espèce de sale intouchable, chien intouchable.
00:04:36Et aujourd'hui, si tu traites quelqu'un d'intouchable, enfin, par le nom paria, ils t'arrêtent tout de
00:04:40suite.
00:04:40Quelqu'un porte plainte, disant, voilà, il m'a traité de ce mot.
00:04:43Je ne l'emploie pas parce qu'autour, j'y ai plus peur.
00:04:46Ils peuvent t'arrêter, tu peux avoir 15 ans de prison, plus une amende.
00:04:50Le mot paria, c'est un mot de langue indienne, d'origine indienne ?
00:04:53D'origine indienne, qui est passé même dans le vocabulaire français.
00:04:56Donc ça veut dire aussi que ce mot et son sens sont tellement forts qu'ils ont traversé les frontières
00:05:02et les langues, quoi.
00:05:03Exact.
00:05:04D'accord.
00:05:04Pourquoi ne pas supprimer les castes directement ?
00:05:06On ne peut pas, on ne peut pas.
00:05:08C'est tellement ancré dans les esprits, dans la société, que tu ne peux pas supprimer.
00:05:12C'est facile pour un Européen, tu vois.
00:05:14Je comprends tout à fait ta question.
00:05:16Bah oui, c'est un peu naïf, je sais.
00:05:18Non, non.
00:05:25Lisa, tu entends ?
00:05:26Oui.
00:05:27Tu entends la musique ?
00:05:28Oui, la fanfare.
00:05:29La fanfare ?
00:05:29Oui, parce qu'ils préparent une fête nationale pour la fin du mois.
00:05:36Tu veux qu'on aille faire un tour ?
00:05:37Ah oui, oui.
00:05:38C'est là-bas, ils font à gauche, là ?
00:05:40À gauche.
00:05:41D'accord.
00:06:04Qu'est-ce qu'ils font, ces jeunes gens ?
00:06:05Des filles et des écoles, des écoliers, pour la fête nationale.
00:06:12C'est assez amusant de voir une fanfare, là.
00:06:14Voilà.
00:06:15Ça aussi, ce sont des restes...
00:06:16de la présence française, oui.
00:06:28Pondichéry est l'un des cinq comptoirs commerciaux entretenus par la France en Inde pendant près de trois siècles.
00:06:34En 1673, la Compagnie française des Indes en fait l'acquisition.
00:06:39Ce lopin de terre devient le symbole de la prospérité du commerce français en territoire indien et sur la route
00:06:44de la Chine et de l'Extrême-Orient.
00:06:47Plusieurs fois au cours de cette période, la ville tombe aux mains des Anglais qui convoitent sa position stratégique.
00:06:55Elle sera rétrocédée à l'Inde indépendante en 1954.
00:06:59Mais un parfum désuet flotte toujours dans les rues de la ville.
00:07:13Pondichéry doit être une fenêtre ouverte sur la France.
00:07:16Le souhait est historique.
00:07:18C'est celui évoqué par Nehru, le premier ministre de l'Union indienne, lors de l'indépendance.
00:07:23Aujourd'hui, la ville continue d'entretenir un lien privilégié avec la France.
00:07:27Le trait d'union paraît tous les mois.
00:07:29Et c'est le seul journal francophone en Inde.
00:07:32On a l'impression que la société franco-pondichérienne est complètement dispersée.
00:07:37Mais il y a un élément fédérateur qui les unit.
00:07:40C'est la langue française, la civilisation française et la culture française.
00:07:47Le trait d'union compte de nombreux abonnés en métropole, mais aussi sur place à Pondichéry.
00:07:527000 Français sont installés ici et la communauté s'organise autour de quelques repères incontournables.
00:08:04A la boulangerie, par exemple, ce sont les Indiens qui apprennent à faire des baguettes à la française.
00:08:15Un premier clé.
00:08:18Et un deuxième clé.
00:08:21Et après, on allonge.
00:08:29Baguettes croustillantes et autres pains de campagne, pains au chocolat et croissants chauds font ici le bonheur des fidèles clients
00:08:35de la boulangerie.
00:08:55Le savoir-faire de la France n'est pas seulement représenté par sa baguette ou ses pâtisseries.
00:09:00Le lycée français de Pondichéry accueille chaque année près de 1000 élèves.
00:09:04Et l'obtention du bac est ici un gage d'excellence.
00:09:07C'est un lycée qui a effectivement, dans les séries générales, 100% depuis plusieurs années.
00:09:13Dans les séries S, notamment, depuis une vingtaine d'années.
00:09:16Le bac et la réussite au lycée français, ça va se traduire par l'opportunité d'études supérieures en France.
00:09:24Et d'un retour ensuite avec une formation française, un moyen de négocier des salaires dans le sud de l
00:09:30'Inde qui leur permettront de vivre correctement.
00:09:43L'influence de la France est encore présente à tous les coins de rue.
00:09:47Pas un square, par exemple, sans son terrain de boule.
00:09:50Ici, la bétonque est sacrée.
00:09:51Les anciens militaires, quand ils sont arrivés en 1900 à peu près, c'était qu'ils ont commencé les boules
00:09:57ici.
00:09:57Ils ont emmené de France pour jouer ici.
00:10:00Ils ont appris avec eux, petit à petit.
00:10:02Eh bien, nous, on joue ici.
00:10:03Maintenant, presque dans les quarantaines de clubs ici à Pondichéry.
00:10:13C'est comme à Marseille, mais sans parler de Marseillais.
00:10:31L'endroit le plus surprenant de l'héritage français à Pondichéry est sans doute l'église Notre-Dame des Anges.
00:10:37Depuis plus de 300 ans, on y dit la messe en français.
00:10:43Moi, je suis le premier prêtre indien pour prendre la relève, pour continuer la messe en français.
00:10:51Il est arrivé à Pondichéry, mon frère, Anne, Pondichéry.
00:11:12Tu m'emmets où maintenant, alors ?
00:11:13Bien, Jérôme, avant d'aller dans la ville indienne, je vais t'amener à un endroit où tu vas tout
00:11:18savoir sur ton avenir.
00:11:20C'est-à-dire, qu'est-ce que tu prépares ?
00:11:23C'est super, c'est la perruche qui est tirée là.
00:11:36Elle va chercher mon avion très, très loin dans le paquet.
00:11:38C'est vrai, c'est vrai.
00:11:42Ganesh.
00:11:43Ganesh.
00:11:45Une seule femme.
00:11:47Tu devrais devenir star du cinéma.
00:11:49Plutôt sur Bollywood que Bollywood ?
00:11:52Bollywood, à Bollywood, à Bollywood, à Bollywood, à Bollywood.
00:11:54Ah, carrément, aux Etats-Unis, à Bollywood.
00:11:58C'est quelque chose de sérieux, tu penses, toi ?
00:11:59Folklore, folklore, vous avez passé le temps, rigoler un peu.
00:12:02Ah mince, moi j'y croyais.
00:12:03Tu croyais ?
00:12:04Bon, on a quelques-unes, certaines choses, c'est vrai.
00:12:08Bon, merci, beaucoup.
00:12:10Nanri, nanri, tu es en tamoul.
00:12:12Nanri, nanri.
00:12:13Bon, tu veux le faire ou pas ?
00:12:14Non, non, je suis blindé, voilà.
00:12:16Je t'en as trompé.
00:12:22Là, il y a une vache, la fameuse vache sacrée hindoue.
00:12:25D'ailleurs, pourquoi elle est sacrée ?
00:12:26Alors, la vache est sacrée en Inde, parce que tu vois, elle est considérée comme déesse.
00:12:34Go Mata, on l'appelle Go, la vache.
00:12:36Mata, la mère.
00:12:37La mère nourricière, parce qu'on se sert du lait.
00:12:41Donc, les hindous sont devenus petit à petit végétariens.
00:12:44Donc, toi, tu es végétarienne ?
00:12:45Plus ou moins.
00:12:46Plus ou moins.
00:12:46Plus ou moins.
00:12:47Tu heurtes la vie, quand même.
00:12:49Tu tues un animal, tu es végétarien, voilà.
00:12:53On va au marché, on va acheter plutôt des légumes, je pense.
00:12:55D'accord, viens, tout à fait.
00:12:57Allez.
00:13:10Donc, Gérôme, on passe par le marché de poissons, mais rapidement, on va aller chercher les légumes plutôt.
00:13:15On ne mange pas de vache, mais on mange du poisson.
00:13:17Du poisson, oui, parce que tu vois, dans le nord de l'Inde, les brames aussi mangent du poisson.
00:13:22Ils disent que c'est le fruit du danger.
00:13:23C'est vivant, là.
00:13:42Ça sent fort, ça sent fort.
00:13:44Ça, on sait qu'on est dans un marché de poisson, même les yeux fermés, je pense.
00:13:47Ça, on s'envoie, là.
00:13:56Allez, allez, allez, allez.
00:14:02Allez.
00:14:08Ce qui est formidable, c'est que les gens, leur souris, ils te renvoient un sourire magnifique.
00:14:12Ils sont tout à fait pleins d'avérences, ils sont très contents.
00:14:16Bonjour.
00:14:17C'est génial.
00:14:37C'est quoi, ça ?
00:14:38Ça, c'est des feuilles de bétel, des bétels qui chiquent, tu vois.
00:14:43C'est indigestif aussi quand tu le prends à la fin d'un repas.
00:14:45Tu prends le sucre et puis après, tu craches.
00:14:51Ça, c'est des épilams ?
00:14:52Non, ça, c'est les feuilles de fenugrec.
00:14:54C'est médicinal aussi.
00:14:56Donc, tu vois, c'est le but de la nourriture végétarienne.
00:14:59C'est aussi de nourrir, de se nourrir et...
00:15:01La santé guérir, soigner, soigner, prévenir aussi.
00:15:06Non, il n'est pas bien.
00:15:08Appoyez-vous la main.
00:15:14C'est très, très beau, ça.
00:15:18Très vite, comment je travaille.
00:15:19Vite, vite.
00:15:20Des vrais artistes, hein ?
00:15:21Oui.
00:15:22Qu'est-ce que vous faites, monsieur, alors ?
00:15:24Je prépare une guirlande qui va orner la tresse d'une jeune mariée.
00:15:28Et ça coûte combien, ça, ici ?
00:15:29500, c'est énorme, c'est énorme.
00:15:31Mais comme c'est une fois dans la vie, tu vois,
00:15:33ils font le maximum, la fille.
00:15:35Il faut bien la marier parce que sinon,
00:15:37la belle famille va mal la recevoir.
00:15:39C'est un événement fort dans la vie...
00:15:41Très fort, très fort, dans la vie d'un enfant.
00:15:43Très fort.
00:15:53Vous avez vu la quantité de fleurs qu'il a ?
00:15:56Elles sont fraîches, c'est pour les guirlandes,
00:15:58aux fruits et aux tentes.
00:15:59Et d'ailleurs, tiens, l'hindouisme,
00:16:00c'est pas qu'une religion, c'est un style de vie.
00:16:03C'est une philosophie de vie.
00:16:04Parce que, tu vois, eux, les hindous croient au karma,
00:16:07au poids de tes actes.
00:16:08Le bien que tu fais, le mal que tu fais,
00:16:10même dans ta parole, dans ta pensée.
00:16:12Si tu as tel ou tel problème,
00:16:13c'est que dans tes vies antérieures,
00:16:15tu as commis des péchés.
00:16:16Et toi, tu as adopté le style de vie hindouiste ?
00:16:19Oui, je crois en cette philosophie.
00:16:21Et ça aide énormément à vivre.
00:16:27Des choses ?
00:16:29Oui.
00:16:43Qu'est-ce qu'il fait ?
00:16:44C'est une ouja.
00:16:45C'est-à-dire ?
00:16:46C'est-à-dire une offrande.
00:16:47C'est la sambre sacrée.
00:16:49C'est la sambre sacrée.
00:17:02Les gens amènent des offrandes,
00:17:03genre fruits, des choses comme ça, légumes.
00:17:06Et ils cuisinent, ici ?
00:17:07Oui, ils cuisinent.
00:17:08Mais les gens n'apportent rien.
00:17:10Ils remettent l'argent.
00:17:11Et puis, c'est eux qui achètent les ingrédients.
00:17:14Les pauvres.
00:17:14Les pauvres.
00:17:15Ils nourrissent tous les jours.
00:17:15La charité, c'est ça ?
00:17:16La charité.
00:17:17Par exemple, tu as fait un vœu.
00:17:19Ça se réalise.
00:17:20Donc, ils offrent à manger pour 150 personnes.
00:17:24Parce qu'ils pensent qu'il faut partager.
00:17:26C'est un partage.
00:17:33Je le fasse, moi ?
00:17:34Oui, vas-y, vas-y, sors.
00:17:39C'est ça, la cloche.
00:17:41C'est pour attirer l'attention du Dieu.
00:17:42Ne m'oublie pas.
00:18:01La spiritualité et le sens du sacré sont deux piliers essentiels de la société indienne.
00:18:07Leur influence se retrouve notamment dans certaines pratiques artistiques, comme la danse du Bharatanatyam.
00:18:13Danseur, mais également chorégraphe, Ragunat Manet est l'un des rares hommes à l'interpréter.
00:18:33La charité, c'est ça, c'est ça, c'est ça, c'est ça.
00:18:57Le mime est quelque chose de très, très important.
00:19:01Le danseur va pleurer, va rire, va exprimer des choses à travers ses expressions de visage.
00:19:08Avec l'utilisation des langages, des gestes des mains, nous allons pouvoir parler comme un langage.
00:19:13Les épaules travaillent, les yeux travaillent, le cou travaille.
00:19:17Mais à la fin, ça donne une élégance et qu'ils reproduisent les très belles sculptures des temples de telle
00:19:23manière à vraiment faire vivre une esthétique indienne sur scène.
00:19:32La relation d'amour, nous, chez nous, c'est une femme qui est amoureuse.
00:19:36On va décrire les baisers, l'attente de son amoureux et la souffrance.
00:19:42Vous voyez, donc, tout ça, ça devient très narratif.
00:19:45On va décrire les baisers.
00:19:47On va décrire les baisers.
00:20:24Vous voyez, là, nous rentrons dans le langage commun de l'humanité.
00:20:29Et ça, c'est marqué.
00:20:32Le corps marque le rythme, le corps marque la danse.
00:20:35Et c'est ça qui m'intéresse.
00:20:39Aujourd'hui, Ragounat partage son temps entre la France, l'Inde et les tournées internationales.
00:20:44Mais lorsqu'il enseigne cette pratique exigeante, il revient dans sa ville natale à Pondichéry, dans sa propre école de
00:20:50danse.
00:20:58On respecte le corps.
00:20:59C'est-à-dire, tous ces mouvements sont là pour élever le corps vers quelque chose, vers la célébration du
00:21:04corps.
00:21:05Le corps, le fait d'amener les énergies de la tête au pied ou au bout des doigts.
00:21:11On va canaliser les énergies pour pouvoir sortir les énergies.
00:21:16Donc, on peut appeler ça l'art un petit peu, bien que ça fasse peur à tout le monde, ou
00:21:21peut-être à certains, l'art sacré.
00:21:25En virtuose, Ragounat est aussi un joueur remarquable de Vina, l'un des instruments les plus vénérés du sud de
00:21:31l'Inde.
00:21:32À travers sa musique et sa danse, il est devenu l'un des meilleurs ambassadeurs de la culture indienne.
00:22:19Tu me passes la noix de coco, s'il te plaît.
00:22:29C'est une salade de carottes, bien sûr, basée sur l'Ayurveda.
00:22:36Donc, Ayur, c'est la vie, et Veda, la science.
00:22:40C'est très ancien.
00:22:40Très ancien, très ancien.
00:22:41Ce n'est pas seulement un traitement médical.
00:22:44Ce n'est pas qu'une médecine.
00:22:45Non, ce n'est pas qu'une médecine, c'est aussi dans l'alimentation.
00:22:47Les épices ont des valeurs médicinales.
00:22:49C'est une chimie très fine, et ce sont des médicaments.
00:22:53Tu tombes moins malade, beaucoup moins malade, quand tu fais attention à ce que tu manges.
00:22:57Oui.
00:22:57Voilà.
00:22:57Tu vois, du soja vert, du jus de citron.
00:23:03Pas mal.
00:23:04Tu en fous des ingrédients, disons, dans ta salade, là, c'est l'air d'être...
00:23:06Ah, ne t'inquiète pas, j'ai un super bouquin, tu sais.
00:23:08Ah oui ? C'est quoi ? Tu peux regarder ?
00:23:10Oui.
00:23:11Tu es avec des recettes indiennes ?
00:23:12Oui, tout à fait, de Pondichéri.
00:23:13De Pondichéri.
00:23:15Je comprends pourquoi tu dis qu'il est super.
00:23:17Tu as compris pourquoi il est super.
00:23:17C'est toi qui as fait ça.
00:23:18C'est moi qui ai fait ce bouquin.
00:23:19Ah, c'est marrant.
00:23:20D'une, je voulais partager ces recettes avec les autres Pondichériens, parce que tu sais,
00:23:24quand tu t'expatries, tu as tendance à oublier aussi.
00:23:27Et puis, je me suis dit, pourquoi pas donner l'argent à une oeuvre.
00:23:30Partager, plus donner.
00:23:31Partager, plus donner, d'accord.
00:23:33La méthode pas de toi.
00:23:36Les carottes.
00:23:37Allez, c'est très beau, ça.
00:23:38C'est bien.
00:23:39Les feuilles de banane.
00:23:40Bananier, oui.
00:23:40Je vais te servir un repas traditionnel végétarien.
00:23:44Je n'ai plus un repas, c'est...
00:23:46Tu viens, tu commences par la fameuse salade...
00:23:49Ça, c'est...
00:23:50Concontre ?
00:23:51Non, c'est une salade de menthe verte, avec du coco.
00:23:55Et ensuite, les poivrons.
00:23:59Et ça, c'est sauté dans de la farine de pois chiches.
00:24:03Voilà, c'est assez léger, hein ?
00:24:05Alors, bon appétit, Jérôme.
00:24:06Eh bien, bon appétit à toi.
00:24:08Et puis, tu vas me dire si tu aimes...
00:24:13On sent très bien la coriandre et le citron.
00:24:16C'est très frais.
00:24:17Merci.
00:24:17Oui, je t'en prie, je t'en prie.
00:24:19Franchement.
00:24:19C'est pas trop piquant pour toi ?
00:24:22C'est bien.
00:24:23C'est bien, c'est bien.
00:24:23Tu arrives à manger.
00:24:24Alors, est-ce que les hommes cuisinent ?
00:24:25Parce que moi, je cuisine, j'adore ça, tu vois.
00:24:27Est-ce qu'ici, les hommes cuisinent ou c'est vraiment les femmes qui cuisinent ?
00:24:30Dans la tradition indienne, l'homme le fait rien, pratiquement.
00:24:33Quelle est la condition, d'ailleurs, de la femme, ici en Inde ?
00:24:36Pas très heureuse, hein ?
00:24:37Pas très heureuse.
00:24:38Bien qu'on leur permet de faire des études,
00:24:42quand on les marie, il y a toujours la dot qui revient,
00:24:44quelles que soient les études qu'elles aient faites.
00:24:46Donc, ils réclament des voitures, des maisons.
00:24:48Il n'y a pas d'amour, tellement.
00:24:49Ce sont des mariages arrangés dans la caste.
00:24:52L'épouse épouse aussi la belle famille.
00:24:55Donc, tu rentres dans la famille,
00:24:57et tu dois subir, si tu veux dire,
00:24:59la présence des beaux-parents, des belles-sœurs.
00:25:02Tu vis avec eux ?
00:25:03Tu vis avec eux.
00:25:03D'accord.
00:25:03Donc, c'est ce qu'ils appellent le joint family.
00:25:06Et ça, c'est la culture indienne ?
00:25:08C'est dans la culture, c'est dans la culture.
00:25:09Ça n'a rien à voir avec l'hindouisme ?
00:25:11Non, ça n'a rien à voir.
00:25:12C'est dans la tradition indienne, oui.
00:25:14D'accord.
00:25:14Donc, tu vis avec la famille.
00:25:16À propos de l'hindouisme,
00:25:17qu'est-ce qu'il nous reste comme fruit pour notre éléphant ?
00:25:19Ah, j'ai beaucoup de fruits.
00:25:20T'as des choses ?
00:25:21T'inquiète pas, je t'inquiète pas.
00:25:22On va lui faire des belles offrandes, attention.
00:25:23Ton éléphant Lakshmi, t'inquiète pas.
00:25:32Alors, tu vois, Jérôme,
00:25:33on arrive devant le temple de Ganesh.
00:25:35Oui.
00:25:35D'ailleurs, tu vois un statue là.
00:25:37L'éléphant.
00:25:38L'éléphant.
00:25:39Et puis au fond, tu vois, Lakshmi.
00:25:42Tu vas te faire bénir par Lakshmi,
00:25:44parce que c'est Ganesh, tu vois.
00:25:47Et c'est le dieu qui enlève tous les obstacles
00:25:49quand tu vas continuer ton voyage en Inde.
00:25:52Elle va te protéger.
00:25:53C'est un peu le Saint-Christophe indien.
00:25:54Si tu veux, si tu veux, tout à fait.
00:26:12Alors, dis-moi comment ça se passe.
00:26:13D'abord, tu lui donnes.
00:26:15Viens, donne-lui, donne-lui.
00:26:16Donne-lui.
00:26:17Et puis tu peux lui donner aussi.
00:26:19Merci.
00:26:19On est bénis.
00:26:20Tiens, tu viens.
00:26:21Donne-lui, donne-lui, donne-lui toi-même.
00:26:22Tiens.
00:26:23Tiens, tu vois.
00:26:24Fais en bon usage.
00:26:25Voilà, voilà.
00:26:27C'est incroyable ce qu'il y a de l'hiver dans une journée,
00:26:29cette poupette.
00:26:29Mais c'est de l'herbe, c'est pas grave.
00:26:31Tu vois, c'est une nourriture pour elle.
00:26:34Tiens, remets-lui la pièce.
00:26:35Ah, ah.
00:26:36Elle est directement dans la trompe ?
00:26:38Oui, tiens, remets-lui aussi.
00:26:40C'est incroyable.
00:26:41Ah ouais.
00:26:42On le peut, bébé, on a peur.
00:26:44Ok, donc je suis béni.
00:26:45Bien.
00:26:45La route est tracée.
00:26:47Tracée.
00:26:47Je te remercie.
00:26:48Merci, je t'en prie.
00:26:49Je te prie.
00:26:50J'ai passé un très bon moment
00:26:50qui m'a permis de vraiment bien comprendre.
00:26:53Bien.
00:26:54Alors, beaucoup de bonnes choses pour toi.
00:26:55Je suis ça, pour ton pays.
00:26:56Et puis en plus, toi, la bénédiction du Dieu, Ganesh.
00:26:58Donc tout se passera très bien pour toi.
00:27:00Bon, plein de bonnes choses à toi.
00:27:01Merci, merci, merci.
00:27:01Merci, merci, merci, Gérôme.
00:27:14L'Inde et la spiritualité qu'elle véhicule
00:27:17inspire de nombreuses expériences communautaires.
00:27:20L'une d'entre elles est en cours
00:27:21à quelques kilomètres seulement de Pondichéry.
00:27:25Difficile d'imaginer qu'ici, il y a 40 ans,
00:27:27il n'y avait qu'un vaste terrain,
00:27:29vierge de toute végétation.
00:27:33Trois millions d'arbres plantés plus tard,
00:27:35Auroville ressemble aujourd'hui à un immense campus
00:27:37installé au milieu d'une forêt luxuriante.
00:27:43Fondée à l'origine pour servir d'exemple à l'humanité
00:27:46en matière de paix et d'harmonie,
00:27:48cette cité est devenue un immense laboratoire.
00:27:53On y expérimente chaque jour
00:27:55une nouvelle forme de vie en société.
00:28:03Marc et Anne sont devenus Aurovilliens il y a trois ans.
00:28:14On a vu une vie qui était plutôt agréable à Paris,
00:28:17mais bon, besoin de vivre autre chose, non ?
00:28:20Oui, enfin, Aurovillien, c'est vivre quelque chose ensemble
00:28:25et le sentir vraiment de l'intérieur.
00:28:30Et ça, c'est vrai que tu le ressens ici.
00:28:32Qu'on soit musulman, djaïn, hindou, catholique, protestant ou juif,
00:28:38on est tous recentrés autour de la même démarche
00:28:44et de la même aspiration.
00:28:49Auroville, en France, on mettrait tout de suite un tampon secte dessus,
00:28:53ça me paraît presque évident.
00:28:55Tandis qu'ici, en Inde, c'est évident pour tout le monde
00:28:58qu'à un moment, on doit se poser, réfléchir
00:29:01qu'est-ce qu'on fait là, qui on est, pourquoi.
00:29:03C'est peut-être aussi le propre pro de l'homme
00:29:05de se poser des questions en permanence.
00:29:08Deux mille Aurovilliens font aujourd'hui de cette expérience
00:29:10un projet concret.
00:29:11Ce modèle de vie communautaire est même reconnu par l'UNESCO.
00:29:15La ville dispose d'écoles, d'industries
00:29:17et de fermes agricoles tournées vers les cultures bio.
00:29:20Ici, chacun contribue à la vie de la cité en espèces
00:29:23ou par son travail.
00:29:26Auroville Papers est un parfait exemple
00:29:28des activités économiques gérées par les Aurovilliens.
00:29:31Cette entreprise alimente les caisses de la communauté.
00:29:34Comme les autres entreprises,
00:29:35cette entreprise, elle ne nous appartient pas,
00:29:38elle appartient à Auroville.
00:29:41Et en même temps, ce qui est intéressant,
00:29:43en tout cas pour moi, l'expérience que j'ai
00:29:46en étant à Auroville,
00:29:47on est venu de toute façon pour ça,
00:29:49pour cette aventure,
00:29:50qui rien ne nous appartient.
00:29:52En même temps, j'ai l'impression que tout m'appartient.
00:29:55Je ne sais pas comment exprimer.
00:29:57Rien ne m'appartient, mais tout m'appartient.
00:30:03Les Aurovilliens aspirent à devenir un modèle
00:30:06pour les générations futures.
00:30:07Ils ont réussi à développer un véritable savoir-faire
00:30:10dans de nombreux domaines.
00:30:12Le centre de recherche scientifique
00:30:14s'est tourné très tôt vers l'écologie
00:30:16et le développement durable.
00:30:18Une trentaine d'éoliennes,
00:30:19un immense four solaire,
00:30:21un système révolutionnaire de traitement de l'eau.
00:30:24Les chercheurs d'Auroville
00:30:25sont aujourd'hui régulièrement consultés
00:30:27par certains gouvernements
00:30:28pour leurs innovations.
00:30:32On ne fait aucune publicité,
00:30:33on n'a aucune vocation commerciale directe
00:30:36comme ça, les choses viennent
00:30:37parce que les gens sont intéressés
00:30:38et viennent nous chercher, en fait.
00:30:39C'est ça qui est intéressant.
00:30:40Donc on reste bien complètement
00:30:41dans la dynamique qui est propre à Auroville.
00:30:43C'est comment arriver à développer quelque chose
00:30:46où on amène des vraies réponses
00:30:47tout à fait concrètes.
00:30:48C'est pas du vent
00:30:50qui puisse être utilisé ailleurs.
00:30:53C'est pas non plus quelque chose
00:30:54qui est clos,
00:30:54qui répond qu'aux besoins d'Auroville.
00:30:56C'est quelque chose qu'on puisse exporter.
00:30:57Donc on est vraiment dans cette dynamique
00:30:58à la fois de recherche,
00:30:59de trouver des solutions qui fonctionnent
00:31:01et de pouvoir les communiquer vers l'extérieur.
00:31:07Une cité idéale serait-elle en train
00:31:09de voir le jour ?
00:31:10En tout cas,
00:31:11ils sont nombreux à venir tenter
00:31:12l'expérience d'Auroville.
00:31:14Claire vient juste de faire la démarche
00:31:16pour devenir aurovillienne.
00:31:18Pendant une année,
00:31:19elle devra partager la vie de la communauté
00:31:21avant de pouvoir l'intégrer.
00:31:22Cette année-là,
00:31:23elle te permet,
00:31:25même si c'est à mon avis
00:31:27un balbutiement,
00:31:29de voir si c'est vraiment là ta place
00:31:31parce que tu peux avoir
00:31:32l'intime conviction
00:31:33mais après tu dois l'expérimenter
00:31:34dans le concret.
00:31:35C'est une période d'observation,
00:31:37d'action,
00:31:38d'expérimentation
00:31:42et de prise de conscience
00:31:43de ce que c'est
00:31:43de devenir aurovillien,
00:31:46de vivre auroville,
00:31:47de vivre cette expérience.
00:31:52Dans les bureaux d'avenir,
00:31:53l'agence de programmation urbaine
00:31:55d'Auroville
00:31:55ont réfléchi au développement
00:31:57de la cité.
00:31:58Les premières ébauches
00:32:00prévoyaient une ville construite
00:32:01en forme de galaxie.
00:32:0250 000 personnes
00:32:03devaient pouvoir s'y installer.
00:32:05Aujourd'hui,
00:32:06l'extension de la cité
00:32:06fait débat.
00:32:07La communauté doit d'abord réussir
00:32:09à accueillir
00:32:09tous les nouveaux arrivants.
00:32:11Il y a vraiment
00:32:12un manque de maisons
00:32:15en ce moment
00:32:15et on est en train
00:32:17de parler avec le groupe
00:32:19qui accueillit les gens
00:32:20et le housing groupe
00:32:22qui s'occupe
00:32:22de construire des maisons,
00:32:25réparer les anciennes maisons
00:32:26et on a décidé
00:32:27qu'il faut vraiment
00:32:28qu'on fasse 350 abris
00:32:30pour cette année.
00:32:35Certains qui diront
00:32:36« Mais pourquoi vous n'avez pas
00:32:37concentré sur les maisons
00:32:38et tout ça ? »
00:32:39Il fallait se concentrer
00:32:41d'abord sur la terre,
00:32:43planter beaucoup,
00:32:44beaucoup d'arbres
00:32:45où maintenant on a
00:32:46une forêt
00:32:46qu'on n'avait pas avant.
00:32:48Donc, on est à une naissance
00:32:50d'une cité 40 ans,
00:32:51ce n'est pas long.
00:32:53Il n'y a rien qui urge.
00:32:55On a le temps.
00:32:56Si ce n'est pas nous,
00:32:57ce sera les enfants.
00:32:58Elle est comme une ville,
00:32:59en fait, une ville
00:33:00comme une fleur.
00:33:01La fleur, elle s'ouvre
00:33:03et puis elle prend le temps
00:33:04qu'elle a besoin
00:33:05pour s'ouvrir.
00:33:06En fait, ce qu'il faut
00:33:06bien comprendre,
00:33:07c'est que ce n'est pas
00:33:09le résultat
00:33:10qui nous intéresse.
00:33:12C'est toute la démarche
00:33:13pour y arriver,
00:33:14à ce résultat
00:33:15qui est important.
00:33:16OK, la ville,
00:33:17il y aura une ville,
00:33:18mais comment on y arrive ?
00:33:20Est-ce qu'on se tape dessus
00:33:21ou est-ce qu'on le fait ?
00:33:22Est-ce qu'on réussit
00:33:23à le faire
00:33:24de façon harmonieuse ?
00:33:30Projet spirituel et humaniste.
00:33:32La raison d'être d'Auroville
00:33:34reste intacte.
00:33:36Essayez de montrer
00:33:36qu'un autre monde est possible.
00:33:46Sous-titrage Société Radio-Canada
00:33:49«Vous-titrage Société Radio-Canada »
00:34:19Jérôme, ça va bien ?
00:34:21J'étais sûr de te retrouver là, tu m'as revenu à la porte du site.
00:34:25Oui, et ce sont des monuments très importants pour tout le monde en Inde.
00:34:29C'est le patrimoine mondial de l'UNESCO, c'est ça ?
00:34:31Oui, l'UNESCO a protégé tous les monuments de ce site.
00:34:35C'est un site archéologique qui date de quelle période ?
00:34:376e et 7e siècle après Jésus-Christ.
00:34:40Ce sont tous les monuments sculptés par les rois de Palavas au 6e et 7e siècle.
00:34:44Je veux tout voir, t'inquiète pas, je veux tout regarder.
00:34:47C'est le fameux bas-relief ça.
00:34:48Oui, c'est le plus grand bas-relief du monde, qu'on appelle la pénitence d'Arjunahou, la descente du
00:34:54Gange.
00:34:55Très impressionnant.
00:34:59Il fait 27 mètres de long et 9 mètres de haut.
00:35:05153 statues en un seul bloc.
00:35:07Et ça, c'est un des symboles de l'art Palava.
00:35:10C'est la dynastie des Palavas qui a créé le Mahabharata.
00:35:15D'accord, on est texte fondateur de la religion ?
00:35:18Oui, le Mahabharata, la grande épopée.
00:35:23Et ça, c'est une page de Mahabharata.
00:35:26Oui, c'est une scène extraite de Mahabharata.
00:35:29C'est la représentation de la descente du Gange, du ciel vers la terre.
00:35:51Regarde ces énormes monuments.
00:35:55Rata, c'est ça ?
00:35:56Oui, rata, ça signifie chariot.
00:36:00Regarde, dis-moi, pourquoi avoir fait 5 temples au même endroit, comme ça, si proche ?
00:36:06Parce que c'était un énorme bloc de granit.
00:36:09C'est la raison de ces 5 chariots dans un endroit unique.
00:36:13Tu es en train de me dire que tous les temples sont faits...
00:36:16C'est un sol.
00:36:17De la même pierre, ils ont creusé entre les ondes.
00:36:20Donc ça veut dire que ça, sous le sable...
00:36:21Dans les sables, c'est un seul bloc.
00:36:23Ça fait qu'un seul bloc.
00:36:24Un seul bloc.
00:36:25Un granit, un seul bloc.
00:36:27C'est un animal à imaginer que, surtout avec les outils qu'ils avaient à l'époque,
00:36:31qu'ils aient pu construire des choses pareilles.
00:36:35Normalement, quand on bâtit un temple, on commence par poser les fondations.
00:36:40Mais pour les temples monolithiques comme celui-ci, il s'agit de sculptures,
00:36:44du haut vers le bas, au fur et à mesure.
00:36:46Ça fait des sculptures de sable.
00:36:48C'est vraiment très beau.
00:36:55Ici, c'est le monument le plus important de cette ville,
00:36:59qui est inspiré de l'histoire de Krishna.
00:37:02Les habitants d'un village sont obligés de s'enfuir à cause de pluies diluviennes.
00:37:08Alors Krishna a protégé le village.
00:37:11Il a pris une montagne pour abriter le village.
00:37:16Là, c'est Krishna qui soulève la montagne.
00:37:18C'est une belle image, oui, c'est beau.
00:37:20C'est assez touchant, la façon dont tu me racontes l'histoire de ces fresques, de ces sculptures.
00:37:27Tu es toujours très ému, toi, devant ?
00:37:29Oui, car ce ne sont pas seulement des pierres ou des sculptures,
00:37:34mais ce sont de véritables personnages qui font partie intégrante de nos vies.
00:37:39Si tu vas dans les villages, tu as de grandes chances de voir une femme comme celle-ci,
00:37:44avec un pot de terre contenant de la crème ou du yaourt.
00:37:48C'est la vraie vie, comme si les sculptures étaient vivantes.
00:37:51C'est la vraie vie, c'est la vraie vie, c'est la vraie vie.
00:38:28Qu'est-ce que vous faites là ? Ça représente qui, cette statue ?
00:38:31C'est une divinité ?
00:38:35Ça doit être spécial pour vous de donner vie à des divinités que vous vénérez.
00:38:42Nous, nous ne faisons que des statues.
00:38:45Ce n'est que dans le temple qu'elles deviennent des divinités.
00:38:50Ici, on ne fait que fabriquer leur enveloppe.
00:39:03Tu vois, ce temple est au bord de la mer.
00:39:06Aussi, on le nomme le temple de la plage.
00:39:08C'est un temple structuré, pas un temple monolithique.
00:39:12C'est beau.
00:39:19Toi, tu as eu un jour envie de sculpter ? Tu as essayé ?
00:39:22J'ai étudié la sculpture au collège.
00:39:26Mais un jour, alors que je sculptais, tu vois cet œil ?
00:39:30Un fragment de pierre est rentré dedans.
00:39:32C'était quand même ton envie, gamin.
00:39:34Tu avais déjà envie de sculpter.
00:39:37Ici, c'est un petit peu inévitable, j'ai l'impression.
00:39:40Tout le monde a la passion de la sculpture.
00:39:43Les garçons, à partir de 10 ans, sont influencés par l'art.
00:39:47Car toute la région dans laquelle nous vivons est étroitement liée à l'art.
00:39:53Ce n'est pas comme à Chennai, où il n'y a que des grandes maisons, de grands hôtels.
00:39:57Nous sommes nés dans l'art.
00:39:59On est touchés par ça.
00:40:01Nous sommes nés dans la ville de l'art.
00:40:03Nous allons vers l'art.
00:40:05Nos yeux sont véritablement remplis par ces sculptures.
00:40:35L'une des fêtes les plus importantes du sud de l'Inde est la célébration de Pongal.
00:40:39Chaque année, vers la mi-janvier, cette fête célèbre la moisson des récoltes.
00:40:44C'est l'occasion pour la population de remercier la nature, le soleil, la terre et le bétail.
00:40:50Les festivités vont durer 4 jours.
00:40:53Elles commencent toujours par la réalisation de collames, des figures porte-bonheur.
00:41:07Les collames sont une tradition tamoule.
00:41:11On les fait pour décorer la maison.
00:41:15C'est très important pour toutes les filles d'Inde du Sud.
00:41:18C'est quelque chose de naturel.
00:41:21On n'a pas besoin de l'apprendre.
00:41:23On a ça dans le sang.
00:41:25Les collames, c'est notre fierté.
00:41:37Le deuxième jour est le plus important.
00:41:39C'est le souria pongal.
00:41:41Il est consacré au dieu du soleil.
00:41:44Dans les familles, on prépare le pongal.
00:41:46Le pongal, c'est un plat traditionnel à base de riz au lait sucré que l'on laisse déborder hors
00:41:51du pot pour s'attirer la chance et la bienveillance des dieux.
00:41:59Pongal, c'est l'événement le plus important pour nous.
00:42:03On utilise le riz de la nouvelle récolte pour remercier les dieux de nous avoir donné la pluie et le
00:42:09soleil.
00:42:10Et grâce à ça, tout se passe bien.
00:42:13Et c'est pour ça que nous faisons le pongal.
00:42:17On met du riz dans le pot et quand ça déborde, on dit plusieurs fois « Pongal, pongal ! »
00:42:24Et ça, c'est bon pour la maison et pour la famille.
00:42:42Une journée entière de la célébration est consacrée aux vaches et aux bœufs qui ont aidé à la récolte du
00:42:47riz.
00:42:47C'est le matu pongal.
00:43:01Toute l'année, les vaches travaillent dur pour nous.
00:43:04Donc aujourd'hui, pour les remercier, on prend soin d'elles.
00:43:07On les lave, on les décore.
00:43:09On va peindre leurs cornes.
00:43:12On leur met des petites clochettes, les faire belles.
00:43:14Et après, on ira les premiers dans les rues.
00:43:19Moi, je peins toujours les cornes aux couleurs de mon parti politique.
00:43:23Les couleurs noires et rouges.
00:43:26Et lorsqu'on la voit dans la rue, on sait de quelle partie elle est.
00:43:30Chacun va peindre les cornes en fonction de son parti préféré.
00:43:49L'expression de ces opinions transforme parfois les fêtes de Pongal en tribune politique.
00:43:55Elles sont l'occasion pour les différents partis d'une mini-campagne.
00:43:58C'est ainsi qu'on peut voir des vaches changer de couleur de corne d'une année sur l'autre.
00:44:14Les percussions viendront ensuite accompagner les vaches lors de la traditionnelle procession à travers tout le village.
00:44:20Juste avant le coucher du soleil, elles seront finalement conduites jusqu'au champ.
00:44:50Jérôme, merci beaucoup.
00:44:54Nous commençons par nettoyer les enclos.
00:44:56Tu peux participer si tu veux.
00:44:58Oui, bien sûr.
00:45:05Ils travaillent sans protection.
00:45:07Ils travaillent juste au bâton, comme ça.
00:45:26On voit vraiment que ça n'a pas bougé depuis l'après-histoire, cet animal.
00:45:35C'est vraiment une espèce en voie de disparition, le gavial du gange ?
00:45:39S'il n'y a pas de protection, ils vont disparaître, oui.
00:45:43Parce que ce sont des animaux qui subissent de fortes pressions dans la nature.
00:45:47Nous maintenons donc une race pure dans notre centre pour constituer une sorte de réservoir génétique.
00:45:53La population humaine a beaucoup augmenté dans certains endroits, en laissant de moins en moins de place aux animaux.
00:45:59C'est pour cela que nous avons créé ce centre.
00:46:02C'est dans les années 70 que nous avons pris conscience que les trois races de crocodiles indiens étaient en
00:46:07grand danger.
00:46:08Le gavial, le crocodile des marais et le crocodile marin devaient être protégés.
00:46:14Toi, tu es vétérinaire, c'est ça ?
00:46:16Oui, je suis vétérinaire.
00:46:17Pourquoi tu as choisi de travailler avec les crocodiles ?
00:46:19Je ne sais pas, c'est juste un don de Dieu d'aimer travailler avec eux.
00:46:24J'aime chaque minute qui passait avec eux.
00:46:27Toi, tu as peur d'eux ?
00:46:29Absolument pas.
00:46:31Si je ne fais que mon travail sans jouer les intrépides, tout se passe très bien.
00:46:36Si tu veux essayer, tu peux aller à l'intérieur, mais pas longtemps.
00:46:40Reste avec lui, s'il te plaît.
00:46:41Et écoute tout ce qu'il te dit, n'oublie pas que ça peut être dangereux.
00:46:45Oui, ok.
00:46:57C'est incroyable.
00:47:02Il y en a un qui me regarde bizarrement, là.
00:47:04Je vais faire 2-3 mètres en retrait.
00:47:06Je peux essayer, moi, avec le bâton ?
00:47:08Reste à bonne distance.
00:47:11Tiens le bâton avec lui.
00:47:16Fais attention.
00:47:21Oula !
00:47:22Pas les doigts.
00:47:25Hey !
00:47:26Voilà.
00:47:27Bon, je ne suis pas très bon.
00:47:30Merci.
00:47:39Excusez-moi, ce sont des serpents ?
00:47:43Oui.
00:47:46Oh là là !
00:47:47C'est le marché aux serpents, ici.
00:47:50D'accord.
00:47:54C'est votre travail ?
00:47:55Vous chassez des serpents ?
00:47:56Oui, c'est mon métier d'attraper des serpents.
00:47:58C'est un métier très dangereux parce qu'il faut vraiment les chercher en forêt.
00:48:02Et le risque de se faire piquer est bien réel.
00:48:04Si ça arrive, il faut très vite aller à l'hôpital pour se faire soigner.
00:48:07Vous pouvez me montrer ce que vous avez attrapé, s'il vous plaît ?
00:48:11Oula !
00:48:13Oula !
00:48:14Celui-là est très benimeux.
00:48:15D'ailleurs, on le vend pour son venin.
00:48:16Combien ça vous rapporte de ces serpents-là ? Par exemple, un cobra ?
00:48:21Un cobra, par exemple, c'est jusqu'à 2000 roupies. 30 euros.
00:48:27C'est quoi ? Cobra ?
00:48:29Cobra.
00:48:31Ce gonfle, oui.
00:48:32C'est très bon.
00:48:37Il faut faire très attention à l'attrapant.
00:48:43Vous voyez le verre ? On va recueillir son venin.
00:48:48Il y a quoi sert le venin après ? Qu'est-ce que vous en faites ?
00:48:51On s'en sert pour fabriquer de l'antivenin, mais aussi des médicaments pour traiter le cancer.
00:49:21Je vous laisse prier pour qu'il vous arrive rien d'accord.
00:49:25D'accord, hein ?
00:49:26Au revoir, merci.
00:49:42Vous allez à Madras ?
00:49:45Vous pouvez me déposer à Chennai, à Madras ?
00:49:48C'est possible ?
00:50:05La moto est le moyen de transport individuel le plus utilisé en Inde.
00:50:09La grande majorité des deux roues est de marque japonaise.
00:50:13Mais il existe une moto mythique, indissociable du pays, la Royal Enfield.
00:50:23C'est comme en Amérique, où ils ont la Harley Davidson.
00:50:26En Inde, la moto culte, c'est la boulette de chez Royal Enfield.
00:50:30C'est l'une des motos les plus puissantes que nous avons.
00:50:32Il y a la 350 et la 500 cm3.
00:50:35C'est une moto de macho.
00:50:39Piloter une boulette en Inde, c'est ce qui fait la différence entre un homme et un garçon.
00:50:44L'homme conduit l'Enfield et les garçons conduisent les autres motos plus petites.
00:50:49Moi, j'adore ma Royal Enfield.
00:51:04Parcourir les routes indiennes au guidon d'une boulette a fait rêver plus d'un motard ou d'un routard.
00:51:09Il faut dire que cette moto est réputée pour ne jamais vous laisser tomber.
00:51:29Ici, on ne répare que des boulettes.
00:51:31Ces motos sont faciles à réparer et à conduire.
00:51:35C'est une moto qui démarrera toujours, même sous la pluie.
00:51:38Il suffit d'un seul coup de kick et c'est parti.
00:51:43Et même si la route est défoncée, tu peux rouler sans problème avec une boulette.
00:51:46C'est vraiment une moto cool, à toute épreuve.
00:51:50C'est vraiment ma préférée.
00:52:07Originaire du Royaume-Uni, mais fabriquée en Inde à Chennai depuis 1955,
00:52:11la Royal Enfield Boulette n'a quasiment pas changé de look ni de motorisation depuis plus de 60 ans.
00:52:20On nous demande souvent, avec toutes ces motos japonaises, comment faites-vous pour survivre ?
00:52:27Notre choix pour survivre, c'est de bien observer ce que font les fabriques de motos japonaises
00:52:32et de faire exactement l'inverse.
00:52:36Ils produisent en masse, nous fabriquons à la main.
00:52:40Ils veulent de la vitesse, nous choisissons la lenteur.
00:52:43Ils veulent un bruit fluide, nous voulons des...
00:52:52Et si les gens viennent du monde entier pour découvrir notre pays,
00:52:56l'une des choses les plus romantiques qu'ils peuvent faire, c'est de voyager en boulette.
00:53:11Une philosophie qui assure jusqu'à présent le succès de la marque.
00:53:15Nombreux sont encore les clients à aimer les finitions faites à la main.
00:53:23Aujourd'hui, si vous voulez une boulette classique, en Inde, il faut attendre neuf mois.
00:53:29Ce n'est pas bon.
00:53:31Aussi cette année, nous passons la production de 4 500 à 7 500 motos par mois.
00:53:38Et pour répondre à la demande globale en Inde, mais aussi dans le monde,
00:53:43nous sommes en train de construire une magnifique nouvelle usine Royal Enfield.
00:53:51Et nous invitons dès à présent tous nos amis français à venir bientôt découvrir le musée vivant de Royal Enfield.
00:54:13Sous-titrage Société Radio-Canada
00:54:47Sous-titrage Société Radio-Canada
00:55:05C'est génial, c'est génial et vous ?
00:55:06Voilà.
00:55:07Enchanté, voilà.
00:55:12C'est génial.
00:55:20C'est de la voiture.
00:55:25C'est la foulée ici.
00:55:28On aurait donc un jeu vidéo.
00:55:47Bonjour Giro, enchanté, ça va ? Très bien, donc ça c'est ton équipe et ils ont quel âge ?
00:55:54Ils ont moins de 16 ans.
00:55:56Et futurs champions.
00:56:14Et pour eux, l'entraînement c'est tous les jours ?
00:56:16Oui, le matin ils vont à l'entraînement, ensuite ils filent chez eux, se préparer pour l'école.
00:56:23Et après les cours, ils reviennent s'entraîner.
00:56:26Ce sont de vrais professionnels.
00:56:29C'est vraiment un objectif pour certains jeunes, c'est par le cricket qu'on peut avoir une ascension sociale
00:56:34?
00:56:36Absolument. C'est pour ça que tout le monde aime jouer au cricket ici. Le cricket, c'est comme une
00:56:40religion.
00:56:41Ce sont les anglais qui ont mené ça ici ?
00:56:43Oui, ça a commencé avant l'indépendance, vers 1923.
00:56:48Et l'Inde occupe quel niveau ?
00:56:51Mondialement.
00:56:52Numéro 1.
00:56:53Numéro 1.
00:56:53C'est vrai ?
00:56:54Numéro 1.
00:56:55L'an dernier on était numéro 1.
00:56:57Félicitations.
00:57:00Attention, doucement.
00:57:03J'ai joué au tennis là.
00:57:07Soyez indulgents les gars, soyez indulgents.
00:57:09C'est pas très beau à regarder.
00:57:14Ça y est ? Je suis recruté ou pas coach ?
00:57:26Je voulais savoir pourquoi vous aviez choisi de jouer au cricket.
00:57:29Je veux réaliser quelque chose de grand pour mon pays.
00:57:32En Inde, tout le monde peut étudier.
00:57:34Mais jouer au cricket, c'est vraiment difficile.
00:57:37Il faut beaucoup s'entraîner et chacun doit réussir quelque chose dans sa vie.
00:57:41Pour moi, c'est le cricket.
00:57:43Le cricket, c'est un jeu de gentleman, comme tu le sais.
00:57:45On a tous des règles de conduite.
00:57:47Un code vestimentaire.
00:57:49Ce n'est pas seulement un sport.
00:57:51On apprend plus que ça.
00:57:52Le respect, les bons comportements.
00:57:55Gagner et perdre, ça fait partie du jeu.
00:57:58Il ne peut y avoir qu'un gagnant.
00:58:00Le perdant doit apprendre de son échec.
00:58:02Ne pas abandonner, mais continuer à s'entraîner dur.
00:58:05Pour toujours progresser.
00:58:08Je suis motivé pour jouer au plus haut niveau.
00:58:11J'espère que mes rêves se réaliseront.
00:58:13Je vous souhaite d'arriver au plus haut niveau.
00:58:16Et puis, d'être à nouveau les futurs champions du monde indien.
00:58:20Et puis, on va marquer une pause maintenant dans l'émission.
00:58:22C'est le moment de retrouver notre feuilleton.
00:58:24Et cette semaine, on retrouve le réalisateur Nicolas Millet,
00:58:28qui nous emmène en Corne d'Afrique, la route de tous les trafics.
00:58:31Et dans ce dernier volet, il va traverser la frontière du Somaliland.
00:58:34Vous avez un petit cri de guerre pour l'encourager ?
00:58:38Sapser Guglia !
00:58:39Voilà, très bien.
00:58:42Sur la place de Mescal à Addis Abeba, j'ai assisté à l'entraînement des futurs champions
00:58:46qui préparent leur conquête des podiums internationaux.
00:58:49Dans les faubourgs de la ville, j'ai rencontré une femme qui fait preuve, elle aussi,
00:58:53d'une belle abnégation en recueillant des orphelins.
00:58:57Plus à l'est, j'ai été pris d'hallucinations devant une forêt en marche
00:59:00dont les feuilles servent à faire décoller les esprits.
00:59:03Ensuite, je me suis plongé dans les entrailles de la ville sainte d'Arar.
00:59:15Généralement, je déteste me heurter à une frontière,
00:59:18ligne imaginaire dessinée par des technocrates qui veulent brider votre liberté de mouvement.
00:59:23Mais là, je ressens une certaine fierté à recevoir le tampon officiel du Somaliland.
00:59:30Les autorités m'ont prévu une escorte qui m'accompagnera pendant tout mon séjour.
00:59:38L'autre Somalie, celle des milices shebab et du chaos absolu, est à plusieurs centaines de kilomètres.
00:59:46Le kidnapping est un levier idéal pour déstabiliser un pays.
00:59:49Donc le gouvernement prend toutes les précautions.
00:59:57Sur la route, pas moins de sept barrages militaires.
01:00:00Le pays est effectivement sur ses gardes.
01:00:02Mais avec mon escorte Ismaël, je passe sans difficulté.
01:00:10J'ai rendez-vous avec le ministre de l'information dans la capitale d'Argessa.
01:00:14Ensuite, je poursuis ma route pour rejoindre Berbera,
01:00:16le port du Somaliland, qui donne sur le golfe d'Aden.
01:00:23Argessa.
01:00:24Sous la chaleur de midi, la ville semble encore brûlée de l'attaque qu'elle a vécue en 1988.
01:00:29Cette ville concentre en elle toute la folie et les destructions
01:00:32qui ont secoué la corne d'Afrique ces trente dernières années.
01:00:36À la fin des années 80, le dictateur Siad Barre, qui gouverne l'ensemble de la Somalie,
01:00:40est en position de faiblesse.
01:00:42Il doit faire face à un mouvement indépendantiste, armé et financé par les élites de Argessa.
01:00:47Le Somaliland ne veut plus vivre aux côtés de ses frères du Sud.
01:00:50Il veut son indépendance.
01:00:52Mais un dictateur ne supporte pas la contradiction.
01:00:55Le 18 mai 1988, il ordonne à son aviation de raser la ville.
01:01:0050 000 civils sont massacrés, 500 000 fuient vers l'Ethiopie.
01:01:05Depuis 20 ans, la Somalie du Sud a sombré dans le chaos.
01:01:09Le Somaliland, lui, fortifie patiemment son autonomie et sa démocratie.
01:01:14Mais il reste tout de même un problème majeur.
01:01:16La communauté internationale refuse de reconnaître ce nouvel état.
01:01:25Tout le monde sait que la communauté internationale et que chaque pays suivent leurs intérêts personnels.
01:01:36Il y a aussi ce qu'on appelle la géopolitique.
01:01:40Et donc, on peut dire qu'en Afrique, il y a toujours eu plusieurs situations de conflits dues aux frontières.
01:01:49Et que l'Union des États africains a toujours eu des difficultés à résoudre ce genre de problème.
01:01:56Plutôt que d'essayer de comprendre pourquoi ils refusent de nous reconnaître,
01:02:02Je préfère leur demander de regarder ce que nous avons accompli.
01:02:07Ils doivent analyser la légalité de notre cas.
01:02:11Ils doivent regarder la réalité du terrain et reconnaître notre stabilité et notre indépendance.
01:02:19Et la démocratie que nous avons réussi à construire.
01:02:22Et les élections que nous avons menées, ce qui a été rarement atteint en Afrique.
01:02:27Et même certains pays reconnus ne peuvent pas réaliser ce que nous avons fait.
01:02:31Ils doivent prendre en considération tous ces facteurs.
01:02:34Et nous leur demandons de revoir leur position et de nous reconnaître.
01:02:46Nous devons faire face à de nombreux problèmes d'ordre économique et social.
01:02:54Le chômage des jeunes atteint près de 65%.
01:03:02Et nous ne pouvons leur offrir du travail quand ils sortent diplômés.
01:03:10J'imagine que cela doit être dur d'avoir 20 ans au Somaliland.
01:03:14Je me rends à l'université pour assister à un cours d'économie en anglais.
01:03:21Ils sont plus de 5000 filles et garçons à s'accrocher à leur banc de classe.
01:03:25Le visage concentré, confiant en leur avenir.
01:03:37Ici, il y a plein de bonnes choses pour moi.
01:03:40Et je n'ai pas prévu de quitter mon pays.
01:03:43Je veux obtenir mon diplôme.
01:03:45Et quand j'aurai mon master,
01:03:48je voudrais aller étudier dans un pays voisin,
01:03:51comme l'Ouganda, l'Ethiopie, le Kenya ou même la Malaisie.
01:03:57Mais après, j'aimerais revenir rapidement.
01:04:02Je ne veux pas vivre autre part.
01:04:06Et je veux faire quelque chose de bien pour mon pays.
01:04:09Je n'ai pas envie d'aller en Europe.
01:04:12que l'économie européenne a été gravement frappée,
01:04:15comme le nord de l'Amérique.
01:04:17Et leurs situations économiques ne font qu'empirer.
01:04:22Donc non, vraiment, je préfère rester ici.
01:04:26Inchallah.
01:04:28Je préfère rester ici.
01:04:35Rester pour construire est pour moi un véritable acte de courage.
01:04:40Je me demande combien de temps cette belle volonté peut perdurer.
01:04:43Et si les Somalilanders,
01:04:45à force de voir cette communauté internationale jouer la politique de l'autruche,
01:04:48ne finiront pas par perdre confiance.
01:04:54Mais pour l'instant, l'espoir perdure.
01:04:57Les affaires continuent.
01:05:00Conséquence directe de ce délaissement diplomatique,
01:05:02le shilling du Somaliland ne vaut rien.
01:05:07La banque centrale tente désespérément de stabiliser son cours.
01:05:11Mais face à l'implacable loi du marché,
01:05:13le shilling s'effondre.
01:05:23Si tu veux changer 100 dollars,
01:05:25tu reçois ce paquet de 50 000 shillings.
01:05:29Ouais, ce gros paquet.
01:05:31Comme tu peux te rendre compte,
01:05:32notre monnaie n'est pas très forte sur le cours de la bourse internationale.
01:05:35Mais en tout cas, la paix et la sécurité qui règnent dans le pays
01:05:38nous permettent d'étaler notre argent devant nous en toute confiance,
01:05:41sans craindre une attaque.
01:05:45Les monnaies internationales sont précieusement gardées,
01:05:47mais les monticules de shilling sont laissées en toute confiance
01:05:50dans de petits coffres sur le marché.
01:05:53Finalement, il n'y a qu'un danger qui menace les courtiers,
01:05:55la tendinite du pouce.
01:06:08Au revoir donc, car j'espère bien revenir un jour
01:06:11et voir si la petite capitale a réussi à convaincre
01:06:14avec les grandes instances internationales de la laisser accéder à la cour des grands.
01:06:24Je franchis l'entrée du seul musée du pays.
01:06:26Il est à ciel ouvert.
01:06:36Ce sont les grottes de Lasguille.
01:06:41Le site a été redécouvert en 2002 par des archéologues français.
01:06:48Lasguille signifie le puits des chameaux.
01:06:51Il était un refuge pour les pasteurs.
01:06:55Plus de 5000 ans me séparent de ces hommes, accropis, le bras tendu pour dessiner leur bien le plus précieux.
01:07:01Des vaches ornementées de parures, le pied gonflé du lait de la prospérité.
01:07:07Les peintures, préservées par des conditions climatiques favorables, ont conservé leur éclat des premiers jours.
01:07:13J'ai même l'impression de sentir l'odeur des pigments néolithiques.
01:07:30Sur le chemin, mon escorte Ismaël tient à me montrer une autre relique de l'histoire.
01:07:42Le sable chaud n'a pas encore englouti le passé douloureux de la lutte fratricide entre Mogadiscio et le Somalilang.
01:07:49Je sais qu'Ismaël a participé à ces combats et qu'il jouit d'ailleurs d'une certaine renommée pour
01:07:54ses faits d'armes.
01:07:58Je me suis fait connaître au cours des combats que j'ai menés au sein de l'unité 99, qui
01:08:02se battaient souvent près des côtes.
01:08:05J'ai aussi participé aux combats qui se déroulaient dans cette région.
01:08:09Mais ma renommée, je l'ai acquise en infiltrant les troupes des forces gouvernementales de Mogadiscio.
01:08:13Je faisais du renseignement.
01:08:18Et que pensent-ils des milices islamiques Shebab qui font régner la terreur dans le reste de la Somalie ?
01:08:24Les Shebab sont une plaie, ils ont tort.
01:08:26Il faut les éliminer, sinon ils risquent de se propager dans toute la corne d'Afrique.
01:08:30Pas de reconnaissance internationale et des fous de Dieu qui souhaitent leur naufrage.
01:08:35Le Somaliland n'est vraiment pas aidé.
01:08:37Et pourtant, sur le visage d'Ismaël, je perçois une certaine quiétude qui me rassure pour leur avenir.
01:08:49L'adage dit qu'au bout d'une route, il y a toujours de l'espoir.
01:08:53Et pour le Somaliland, c'est le port de Berbera, tourné vers le golfe stratégique d'Aden.
01:09:13Je peux rester des heures à contempler l'activité d'un bord.
01:09:16Voyage immobile où l'imagination se laisse embarquer vers des horizons sans fin.
01:09:26Berbera résonne aussi d'une autre histoire, celle de la guerre froide.
01:09:30Le premier tronçon des docks est construit par les soviétiques en 1968.
01:09:35Les américains viennent compléter la jetée en 1984.
01:09:38Mais cette fois, le grand vainqueur est du côté russe.
01:09:42Les responsables du port sont catégoriques.
01:09:44L'ouvrage soviétique résiste bien mieux au temps.
01:09:48On dit que le sous-sol du Somaliland réserve des surprises.
01:09:52Malheureusement, sans aide extérieure, le pétrole et le gaz ne jailliront pas de si tôt.
01:09:57En attendant, le pays ne dispose que d'une seule ressource pour survivre.
01:10:05La principale exportation du Somaliland, c'est le bétail.
01:10:09C'est capital pour l'économie du pays.
01:10:16Dans l'année, nous exportons 2,5 millions de moutons et de chèvres et plus de 100 000 vaches.
01:10:27Nous exportons aussi plus de 80 000 chameaux chaque année.
01:10:33C'est capital pour nous.
01:10:36Les chameaux sont exportés vers l'Egypte et l'Arabie Saoudite.
01:10:42Les chèvres et les moutons, nous les expédions vers l'Arabie Saoudite et le Yémen.
01:10:49Les bovins, c'est vers les Émirats et le Yémen.
01:10:55Mais le port n'exporte pas que des grappes de Robsteak vers la péninsule arabique.
01:11:00Plus loin, je constate que le Somaliland n'est pas revanchard à l'égard de ses frères du Sud.
01:11:05Le gouvernement permet aux grandes institutions d'aide internationale d'utiliser ces docks.
01:11:09Ce soir, on charge du maïs donné par l'Espagne, destination Mogadiscio.
01:11:39Le lendemain, je découvre enfin la ville, déjà écrasée par la chaleur.
01:11:44À 7 heures du matin, il fait plus de 37 degrés.
01:11:51L'avenir du pays dépend de ce port qui donne sur l'un des détroits les plus stratégiques de la
01:11:55planète.
01:11:56L'Ethiopie, avec la guerre contre l'Erythrée, a perdu tout accès à la mer.
01:12:01Pour remédier à cette situation, elle mise sur Berbera.
01:12:05Les deux pays ont signé un accord commun pour faciliter le trafic.
01:12:08Un corridor commercial a été mis en place.
01:12:12Ahmed, le directeur, l'a bien compris. Il faut profiter de cette nécessité.
01:12:16Son rêve est de détrôner le port de Djibouti.
01:12:18Il y a plusieurs pays qui nous ont contactés.
01:12:24Une fois, une compagnie de Malaisie est restée faire une étude.
01:12:29Ainsi qu'une entreprise chinoise.
01:12:31Mais les deux derniers à être venus sont Bolloré, la compagnie française, et le chèque Ahmed, du Koweït.
01:12:41Ils sont les investisseurs potentiels pour développer cet endroit dans le futur.
01:12:48Les dés de la compétition sont jetés.
01:12:50Et Berbera attend avec impatience qu'il révèle le vainqueur.
01:12:59Ici s'achève mon voyage, sur les grèves du golfe d'Aden.
01:13:03L'esprit encore bourdonnant des échos de cette corne d'Afrique marquée par les tourbillons de l'histoire.
01:13:10Mais j'ai pu aussi mesurer à quel point elle fait preuve d'appétit et de vitalité pour pénétrer dans
01:13:14la reine du 21ème siècle.
01:13:19La belle Afrique assoupie sur le flanc de la mer semble à présent décider à se réveiller pour participer au
01:13:24festin des grandes nations.
01:13:54Sous-titrage MFP.
01:14:25Ça va ?
01:14:26Ça va ?
01:14:27Ça va, super bien.
01:14:28Très bien, merci.
01:14:29Donc c'est là qu'on va voir le cinéma indien.
01:14:33Bon, et toi, Pracadish, tu es réalisateur, non ?
01:14:36Oui, j'ai réalisé un film qui s'appelle L'université.
01:14:40Après ça, j'ai réalisé aussi un téléfilm.
01:14:43Et maintenant, je prépare mon troisième long-métrage.
01:15:28C'est étonnant parce qu'on est passé d'un début de film qui est un thriller
01:15:32et maintenant, on dirait que c'est une comédie, quoi.
01:15:34Tous les genres se mélangent.
01:15:37Il y a une toile de fond comique, une romantique.
01:15:40Il y a au moins trois scènes d'action et cinq chansons.
01:15:44Est-ce que vous appelez le masala ?
01:15:46Oui, c'est ça, masala, c'est-à-dire le mélange.
01:16:22On sent que c'est important, le cinéma ici.
01:16:24On sent qu'il prenne du plaisir, les gens, à assister aux projections et tout ça.
01:16:29À Bollywood, à Bombay, les films sont en Indie.
01:16:33Et ici, c'est en Tamoul.
01:16:35En Inde, nous avons plein de cultures et de gens différents.
01:16:40Nous avons de nombreuses langues.
01:16:43Grâce à ce large public, nous sommes les premiers producteurs de films au monde.
01:16:48Chaque année, environ 200 films sont produits ici.
01:16:51Pour la seule ville de Chennai.
01:16:55Pour les taxis, ça ?
01:16:57Ça fait très...
01:16:58Vas-y, chante.
01:17:00Très taxi anglais.
01:17:03Les anglais ont laissé ça avant de partir.
01:17:16Qu'est-ce que tu racontes dans tes films ?
01:17:19On a une vraie responsabilité.
01:17:21On ne peut pas raconter n'importe quoi.
01:17:23Car on parle directement aux gens à travers l'écran.
01:17:27Chaque mot dans le cinéma Tamoul est important.
01:17:31Surtout quand il sort de la bouche d'un héros.
01:17:34Le public les admire tellement qu'ils se laissent influencer.
01:17:38C'est pour ça que j'aime motiver les gens.
01:17:40En leur montrant des choses positives.
01:17:45Ça leur donnera confiance en eux.
01:17:46Pour faire tout ce qu'ils veulent.
01:17:50Ça y est, on arrive dans les studios.
01:17:52Ça c'est une fausse rue, hein ?
01:17:53C'est ça ? C'est une rue reconstituée.
01:17:55Oui, c'est un studio.
01:17:57Un film comme celui qu'on vient de voir, par exemple,
01:17:59il va être vu par combien de personnes ?
01:18:02À peu près 30 millions de personnes vont aller voir ce film.
01:18:0630 millions, t'es sûr ?
01:18:0830 millions, c'est énorme.
01:18:09Oui, c'est une rue, c'est une rue.
01:18:53C'est une star qui vient d'appeler là ?
01:18:57Oui, c'est une star.
01:18:58Il est très populaire ici.
01:19:00Il a commencé sa carrière avec des rôles de méchant.
01:19:04Et puis, il a évolué jusqu'à accéder au statut de héros.
01:19:11Alors ici, on ne dit pas un comédien, on dit un héros.
01:19:14On dit un héros.
01:19:15Héros, héros.
01:19:18Je vous présente un ami français.
01:19:22Thank you.
01:19:22Qu'est-ce que vous pensez, vous, de l'engouement des Indiens pour le cinéma ?
01:19:27Nous sommes dans un pays pauvre.
01:19:30Les gens ici s'identifient avec le héros sur l'écran.
01:19:34Alors, ils se sentent très proches des héros,
01:19:36à tel point que dans le pays tamoul,
01:19:39la politique et le cinéma se mélangent.
01:19:43La majorité des leaders et responsables politiques
01:19:45viennent du cinéma.
01:19:47Est-ce que justement, les hommes politiques
01:19:49utilisent le cinéma pour faire passer leurs idées ici ?
01:19:52Oui, ils s'en servent pour faire passer leurs messages.
01:19:56Thank you very much.
01:19:57Bon tournage.
01:19:58Tu ne pourrais pas aborder nos comédiens,
01:20:01nos stars à nous comme ça ?
01:20:02Il faudrait passer par les agents, les trucs.
01:20:04Là, les gens sont simples, sont abordables.
01:20:06Ces types de héros sont très positifs.
01:20:11Et ils se comportent dans la vraie vie
01:20:13comme leurs personnages de héros à l'écran.
01:20:17Ils sont disponibles pour leur public
01:20:19et pour leur pays.
01:20:35Merci à toi, Prakadish.
01:20:36Il fait de beaux films.
01:20:38Salut.
01:20:42Bonjour, Mala.
01:20:43How are you ?
01:20:46Let's go.
01:21:00Le trafic est hallucinant ici.
01:21:02Il faut vraiment faire attention.
01:21:05Il faut bien regarder dans les rétroviseurs.
01:21:08Moi, je ne fais jamais la cour.
01:21:1250 000 autoriques chauds sillonnent chaque jour
01:21:14les rues de Chennai.
01:21:16Comme partout en Inde,
01:21:17on ne trouve que des hommes
01:21:18au volant de ces petits véhicules jaunes.
01:21:20Mais depuis peu,
01:21:21quelques femmes ont réussi à s'immiscer
01:21:23dans ce monopole masculin
01:21:24et à revêtir la traditionnelle chemise marron
01:21:26des chauffeurs.
01:21:28Fatima est l'une d'entre elles.
01:21:37Il y a beaucoup de chauffeurs
01:21:38qui pensent que l'on vient
01:21:39leur prendre leur travail.
01:21:42Déjà qu'il n'y a pas beaucoup de courses.
01:21:45Mais bon,
01:21:46il y en a quand même certains
01:21:47qui nous aident.
01:21:52J'aime beaucoup faire ce métier
01:21:53et je suis très fière
01:21:54de pouvoir y arriver.
01:22:10C'est vrai que de voir
01:22:11les femmes qui conduisent des rickshows,
01:22:13c'est quelque chose d'étonnant.
01:22:15Mais pour moi,
01:22:16je suis très contente
01:22:16de voir des choses comme ça
01:22:18parce que ça indique
01:22:20que les femmes indiennes
01:22:22deviennent plus indépendantes,
01:22:24plus autonomes
01:22:25et plus sûres d'elles, surtout.
01:22:33Comme les autres conductrices
01:22:35d'Otorick Show,
01:22:36Fatima a été formée
01:22:37par l'association Speed Trust.
01:22:40Installée dans le plus grand bidonville
01:22:41de Chennai,
01:22:42l'association s'est donnée pour mission
01:22:44de briser la barrière de la pauvreté.
01:22:48Dans cet endroit,
01:22:49il y a beaucoup de femmes
01:22:50et d'enfants abandonnés.
01:22:51Aussi, c'est important
01:22:52pour Speed Trust
01:22:53d'aider ces femmes
01:22:54à accéder à une nouvelle vie.
01:22:56Nous aidons ces gens
01:22:57par la formation
01:22:57mais aussi financièrement.
01:22:59L'objectif principal
01:23:00de notre organisation
01:23:01reste que ces personnes
01:23:02arrivent ensuite
01:23:03à subvenir elles-mêmes
01:23:04à leurs besoins,
01:23:05à devenir autonomes.
01:23:17Destinées à être des mères
01:23:18et des épouses,
01:23:20les femmes indiennes
01:23:20perdent tout statut social
01:23:22lorsqu'elles deviennent veuves.
01:23:26Pour aider ces femmes
01:23:27à suivre les programmes
01:23:28de formation,
01:23:30l'association Speed Trust
01:23:31a mis en place
01:23:32une crèche-école
01:23:32pour s'occuper
01:23:33de leurs enfants.
01:23:47Ça, c'est l'accélérateur, là.
01:23:48Le frein au pied.
01:23:50D'abord, tu vérifies
01:23:51que la vitesse est au point mort
01:23:52avant de démarrer.
01:23:55Au tout début de la formation,
01:23:56on consacre une journée entière
01:23:58au démarrage.
01:23:59Et puis, je les emmène
01:24:01pas loin d'ici
01:24:01pour s'entraîner
01:24:02et faire quelques tours
01:24:04en première ou en seconde vitesse.
01:24:18Ralentis un peu, là.
01:24:19Tu vas trop vite.
01:24:20Passe la deuxième.
01:24:37Passe la deuxième,
01:24:38passe la deuxième.
01:24:41Eh, mais regarde, là,
01:24:42l'autre, il fait n'importe quoi.
01:24:44Oui, mais là,
01:24:45tu es en apprentissage,
01:24:46alors tu apprends
01:24:46et tu ne fais pas comme lui.
01:24:56Depuis que mon mari est mort,
01:24:58j'ai retrouvé une famille
01:24:59avec cette association.
01:25:00Elle représente tout pour moi.
01:25:18speedtrust va les aider ensuite
01:25:20à obtenir leur permis de conduire
01:25:21pour les rickchots en ville.
01:25:24une fois qu'elles ont ce permis,
01:25:26on va aussi leur financer
01:25:28un autorickchot tout neuf
01:25:29qui ne sera pas au nom
01:25:30de notre organisation,
01:25:32mais à leur nom propre.
01:25:34Cela pour rendre ces femmes responsables
01:25:36comme de vraies auto-entrepreneuses.
01:25:46En tout, j'ai 150 000 roupies
01:25:48à rembourser,
01:25:492500 euros.
01:25:51Cela va prendre à peu près 4 ans
01:25:52et je rembourse 3000 roupies par mois,
01:25:5450 euros.
01:25:55Et après,
01:25:56l'autorickchot sera à moi.
01:26:05Quand je vois ces conductrices
01:26:07d'autorickchot rire comme ça
01:26:08lorsqu'elles deviennent propriétaires,
01:26:10je suis vraiment fier.
01:26:12Je suis réellement très heureux.
01:26:14Troubles.
01:26:35Troubles.
01:26:35Vous êtes des acrobates ici.
01:26:38C'est incroyable.
01:26:58Merci, Mala.
01:26:59A bientôt.
01:26:59Bonsoir de toi.
01:27:00Salut.
01:27:01Ça va, Malini ?
01:27:02Ça va, et toi ?
01:27:03Super bien.
01:27:04Oui ?
01:27:04Super bien.
01:27:04Je suis très content d'être là.
01:27:05Moi aussi.
01:27:06J'avais hâte de la voir, cette plage.
01:27:08On m'a dit que c'était
01:27:08la deuxième plus grande plage du monde.
01:27:10Oui, c'est vrai.
01:27:11Ça fait 13 kilomètres.
01:27:1213 kilomètres.
01:27:15C'est surtout un endroit
01:27:17pour se retrouver en famille.
01:27:19Surtout quand il y a
01:27:21des jours fériés qui sont ensemble.
01:27:23Alors, c'est un jour férié aujourd'hui ?
01:27:24C'est férié pourquoi ?
01:27:26C'est le jour où le pays
01:27:27est devenu un public en 1950.
01:27:30D'accord.
01:27:40Les gens ne viennent pas en maillot de bain ici.
01:27:42Les gens viennent se poser,
01:27:44s'asseoir.
01:27:45C'est un peu le parc de Chennai.
01:27:46Voilà.
01:27:46Ce serait de la pousse,
01:27:47ce serait pareil.
01:27:48Oui.
01:27:48Pourquoi les gens ne se baignent pas ?
01:27:50Ce n'est pas dans la culture
01:27:51qu'on se baigne dans le public,
01:27:53on peut dire.
01:27:55Sois-moi.
01:27:56Allez, hop.
01:28:03Waouh !
01:28:04Ah non, elle est bonne !
01:28:05Elle est bonne !
01:28:06C'est la peau froide !
01:28:07Un petit peu, vraiment.
01:28:08Un petit peu, ouais.
01:28:15Emalini, toi, tu vis à Chennai, alors ?
01:28:17Oui, moi, tu vis à Chennai.
01:28:19Et tu vis ici depuis combien de temps ?
01:28:21Ça fait à peu près 7 mois.
01:28:237 mois ?
01:28:23Et tu étais où avant, alors ?
01:28:25Moi, j'étais en France avant.
01:28:26J'ai fait un master en raffinage du pétrole.
01:28:28Et tu es revenue pour travailler ?
01:28:30Je suis revenue surtout
01:28:31parce que je me suis mariée
01:28:33l'année dernière.
01:28:33Ah, d'accord.
01:28:35Ouais.
01:28:35Et donc, mon mari, il travaille ici.
01:28:37Travaille ici, sur Chennai, d'accord.
01:28:46Sinon, qu'est-ce que tu as pensé
01:28:47de ton voyage ?
01:28:48Là, je crois que je vais partir d'Inde
01:28:49avec une envie de revenir vite, tu vois ?
01:28:53Presque triste,
01:28:54parce que j'ai été vraiment touché.
01:28:56Vraiment, sincèrement, par le pays,
01:28:57par les gens.
01:28:58Un pays où il y a beaucoup de pauvreté.
01:29:00Et pour autant,
01:29:01les gens sont extrêmement dignes
01:29:02et extrêmement souriants,
01:29:04où qu'ils soient.
01:29:05Et puis, j'espère que la condition
01:29:07de la femme change et évolue.
01:29:09J'espère ça aussi.
01:29:10Je te le souhaite.
01:29:11Vraiment.
01:29:12Donc, à nous, on va se retrouver très vite
01:29:14pour de nouvelles échappées belles.
01:29:16Et je vais garder,
01:29:17je l'ai dans ma valise,
01:29:19mon petit ganesh porte-bonheur
01:29:20pour que mes voyages
01:29:21soient toujours aussi beaux
01:29:23et aussi réussis.
01:29:24À très vite.
01:29:29Sous-titrage Société Radio-Canada
01:29:42Sous-titrage Société Radio-Canada
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