- il y a 10 ans
Echappées belles : Ardèche Sophie part sur les routes de l'Ardèche. A travers des paysages magnifiques, les habitants nous dévoilent des sites touristiques et ...
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00:00:40Bonjour ! Après un bon petit déjeuner, on va se faire une balade en Ardèche.
00:00:53Bonjour Sophie !
00:00:54Ça va Babette ?
00:00:55Oui, alors, c'est tenue de repas ?
00:00:57Parfait, j'ai super bien dormi.
00:00:59C'était très très agréable, franchement.
00:01:01Puis alors là, le petit déjeuner avec les confitures du pays, tu m'y gâtes, hein ?
00:01:06Oui, parce que c'est un pays qui a énormément de savoir-faire et j'estime que quand les gens
00:01:09viennent me voir,
00:01:10ils ont le courage de monter jusqu'au rocher, je pense qu'effectivement, c'est bien de goûter ce que
00:01:14les gens du pays savent faire.
00:01:15Qu'est-ce que tu me conseilles de faire ? Alors, les gorges de l'Ardèche, je pense que c
00:01:18'est incontournable.
00:01:19C'est incontournable. Le fameux pont d'Arc, ça te passera dessous ou tu le verras.
00:01:23Voilà.
00:01:23Alors, où la Loire prend-elle sa source, Sophie ?
00:01:26Mon gerbier des gens, je l'ai appris à l'école.
00:01:28Tu avais soufflé, hein ?
00:01:29C'est où ? C'est par là, c'est ça ?
00:01:31C'est juste par là.
00:01:32C'est là ?
00:01:33Voilà, on a une vue.
00:01:34Donc, le gerbier des gens ici, le platoir des choix, avec son savoir-faire au niveau de l'élevage, le
00:01:39fin gras du mésin qui a son AOC.
00:01:41Le fin gras du mésin.
00:01:42Voilà, parce qu'en tant que cuisinière, je ne peux pas, en dehors de, avec la beauté du pays, vous
00:01:46expliquer les produits de ce pays.
00:01:48Je ne peux pas faire autrement.
00:01:50Ça va avec.
00:01:50Il faudra donc qu'on parle de gastronomie, alors, dans cette balade.
00:01:53Ensuite, là, c'est le sud, direction Aubenas, Gorge de l'Ardèche.
00:01:58D'accord, donc Aubenas, c'est là-bas.
00:01:59L'Ardèche au beurre, la montagne.
00:02:01L'Ardèche à l'huile, la Provence.
00:02:03D'accord.
00:02:03Là-haut, c'est les Genets, on boit le canon de rouge.
00:02:06En bas, c'est l'olivier et la vigne.
00:02:08Et on boit, effectivement, le pastis, avec plus l'accent que la eau.
00:02:13Il y a des éleveurs, ici, un peu ?
00:02:15Oui, bien sûr, nous avons Norbert, qui fait du fromage de brebis.
00:02:18Ça fait partie de ces gens qui arrivent, d'ailleurs, et qui ont bien su s'accrocher au pays et
00:02:21y vivre, ce qui n'est pas évident.
00:02:23Tu crois que je peux le rencontrer ?
00:02:24Moi, je pense que si tu le contactes, il n'y a aucun souci.
00:02:27T'essaies de m'arranger ça ?
00:02:28Eh bien, moi, je t'arrange ça.
00:02:28Allez, merci, t'as adoré, Babette.
00:02:30Je t'en prie.
00:02:31Allez, à bientôt.
00:02:49Allez, allez, allez, allez, allez, allez, allez.
00:02:53Bonjour, Norbert.
00:02:55Bonjour.
00:02:55C'est Babette qui m'a dit de venir te voir.
00:02:57Oui.
00:02:58Oh, un gros chien.
00:02:59Il est beau, ce troupeau, dis donc.
00:03:02C'est bien.
00:03:02Elles connaissent le chemin, ça va ?
00:03:04C'est bien.
00:03:05Oui.
00:03:07Elles ont l'habitude, le chien.
00:03:10Les chiens savent exactement ce qu'ils doivent faire.
00:03:12Elles ont l'habitude.
00:03:13Oui.
00:03:14Voilà, doucement, derrière.
00:03:19Voilà.
00:03:22Huit, neuf, neuf, dix, cinq.
00:03:25Elles sont bien disciplinées, ces petites brebis.
00:03:29Oh, le petit chat.
00:03:31Oh, que tu es beau.
00:03:34Qu'est-ce que tu fais, là, avec les brebis ?
00:03:38Ce que je te propose, c'est de prendre un petit tabouret.
00:03:42Merci.
00:03:43À l'ancienne.
00:03:43À l'ancienne.
00:03:44Voilà.
00:03:49Tu n'hésites pas.
00:03:50Il faut y aller, il faut y aller, franchement.
00:03:51Voilà, très bien.
00:03:52Voilà, on met.
00:03:55Et voilà, et je me prends un coup de patte.
00:03:57Mais, viens.
00:03:58Et bon, on va finir par y arriver, à deux.
00:03:59Hein ?
00:04:00Tu te mets comme ça.
00:04:03Tu m'en mets partout.
00:04:05Il est chaud.
00:04:08C'est bon ?
00:04:09C'est magique.
00:04:15Alors, tu vois, Sophie, là, je décaille.
00:04:20Et donc, avec ça, tu vas faire quel fromage ?
00:04:22Là, on va faire des grosses tonnes, des grosses tonnes de montagnes, qu'après, je mettrai en cave pour affiner.
00:04:30C'est une façon de faire le fromage, comme ça se pratique en Corse, dans les Pyrénées, avec des brebis
00:04:39rustiques, avec du bon lait naturel.
00:04:42Et maintenant, je me permets de mettre les mains à l'intérieur.
00:04:46Vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, je suis chez toi.
00:04:47Voilà.
00:04:48Toujours en contact avec la matière.
00:04:52Voilà.
00:04:53Tu vois.
00:04:54Voilà, je retire mes mains.
00:04:55Je te laisse faire.
00:04:56Comme ça, j'y vais.
00:04:57À l'instant.
00:04:58Un tout petit peu plus doucement.
00:05:00Voilà.
00:05:01Toujours dans le mouvement.
00:05:02Tu sais que c'est très agréable.
00:05:04C'est vrai, c'est très agréable.
00:05:07C'est tout doux.
00:05:09Moi, j'adore.
00:05:11C'est un moment de présence, là aussi.
00:05:13C'est le premier instant vraiment créatif.
00:05:19C'est un moment de présence, là aussi.
00:05:50Au cœur de ces montagnes, rudes et isolées, pousse une bien curieuse pomme de terre, arrivée
00:05:54là au XVIe siècle, 200 ans avant Parmentier, mais tombée dans l'oubli, jusqu'à ce que
00:06:00Georges, le maire du village, ne tombe dessus.
00:06:03Mon épouse, qui elle, est originaire de ce pays, me dit, va chercher les pommes de terre
00:06:08chez Maurice Talaron, le paysan qui n'est pas bien loin.
00:06:14Et je prends mes 20 kilos de pommes de terre.
00:06:16Et en même temps, il m'a mis un sac avec d'autres pommes de terre.
00:06:20Il sort son couteau, là, son opinel, sa poche, son velours, je dirais même.
00:06:25Il coupe la pomme de terre et stupéfaction.
00:06:29La pomme de terre, elle avait la chair violette.
00:06:33On la croyait juste bonne à nourrir les cochons, cette violine de Boré.
00:06:37Mais aujourd'hui, la patate ardéchoise sort de loge pour séduire les chefs cuisiniers
00:06:42et recolonise peu à peu les champs du village.
00:06:45C'est pas mauvais.
00:06:49Ça, elle a un cachet.
00:06:50Mais non, bon, il faut arriver à la développer.
00:06:53Il faut...
00:06:54Il y a du travail.
00:06:56Satisfait des 350 kilos récoltés pour la première année,
00:06:59Laurent Chanut espère beaucoup de sa violine,
00:07:01même si pour le moment, elle n'a pas encore franchi les limites de la montagne ardéchoise,
00:07:05seulement connue des locaux, des touristes de passage et des restaurateurs.
00:07:16Bonjour, Laurent.
00:07:16Bonjour.
00:07:17En forme ?
00:07:18Ça va, oui.
00:07:19Je t'avais noté.
00:07:20Comme d'être ?
00:07:20Comme d'être ?
00:07:21Comme d'être ?
00:07:21Pour ce soir.
00:07:22C'est bien, merci.
00:07:24C'est bon, un petit coup ?
00:07:25Oui, si tu veux, oui.
00:07:26On avait deux minutes.
00:07:28Deux minutes.
00:07:31L'autre fierté du pays, c'est la viande de fin gras du Maisin.
00:07:35Jean-Marie Marcon est l'un des 250 éleveurs de la région
00:07:37à élever ses vaches selon un procédé ancestral,
00:07:41celle du bœuf de Pâques.
00:07:43Et suivez !
00:07:47Bien, vite, viens.
00:07:49Et mon bourse, viens.
00:07:51C'était des bêtes qui étaient engraissées pendant l'hier
00:07:54et vendues pour les environs de Pâques.
00:07:57Ça a duré à peu près un mois.
00:07:59Il y avait une quinzaine de jours avant Pâques
00:08:01et quinze jours après.
00:08:03Et c'était exactement le même engassement qu'on fait aujourd'hui.
00:08:07Avec le foin qu'on a, nous autres ici,
00:08:09on arrive à engraisser les bêtes sans complément.
00:08:13Car la recette du fin gras,
00:08:14c'est foin à volonté quatre fois par jour
00:08:16et pâture en liberté dans d'immenses prairies
00:08:19où pousse une plante très odorante, la cistre.
00:08:22Voilà ce que c'est que la cistre.
00:08:26Aujourd'hui, elle est bien en fleurs.
00:08:29Ça, c'est la fleur, ça, c'est la feuille.
00:08:31Elle a un goût particulier.
00:08:33D'ailleurs, on arrive à retrouver le goût
00:08:36dans le gras de la viande.
00:08:40C'est pour la décoration ou ça se mange vraiment, ça ?
00:08:42Ça peut se manger, sans problème.
00:08:44Oseille, alchémie, saxifrage,
00:08:46l'Ardèche est un pays pour amateurs de cuisine aux plantes sauvages.
00:08:50Sur le seul pays du Maisin,
00:08:51on recense plus de 300 espèces comestibles.
00:08:54Alors là, en ce moment, on récolte
00:08:56pour avoir une très, très belle salade de fleurs et d'herbes.
00:09:00Alors ici, on n'est pas ennuyé
00:09:02à la fin du mois de mai ou au début du mois de juin.
00:09:05Vous avez que l'embarras du choix.
00:09:06Si bien qu'on fait une cuisine très diversifiée avec tout ça.
00:09:09Non, c'est bon.
00:09:11Petit goût de petit pois.
00:09:13Bien sûr.
00:09:15La gastronomie ardechoise
00:09:16ne se limite pas au fromage de chèvre
00:09:18et à la crème de marron.
00:09:18Ce soir, le menu de Fabrice,
00:09:21ce sera rôti de fin gras
00:09:23accompagné d'une salade de fleurs sauvages
00:09:24et d'une purée de violines de boré.
00:09:32Donc voilà, cuites à l'eau, écrasées,
00:09:35beurrées, salées,
00:09:36avec un petit peu de crème ou un jaune d'œuf,
00:09:37comme une purée classique.
00:09:39Le violet est assez proche quand même de la texture de base.
00:09:42Il faut associer plusieurs couleurs différentes.
00:09:44On prend la carotte ou les courgettes
00:09:45et ça fait une palette de couleurs sur l'assiette.
00:09:52Ok, bah tu ouvres la porte.
00:09:53Là, on va rentrer les fromages dans la cave d'affinage.
00:09:58Ok.
00:09:59Tu peux le garder combien de temps
00:10:01en affinage, en fromage, en moyenne ?
00:10:04Les meilleures, les grosses, comme ça ?
00:10:06Oui.
00:10:07Entre sept et neuf mois.
00:10:09C'est là qu'elles seront magiques.
00:10:12Oui.
00:10:13Voilà.
00:10:14Tous les jours, tous les deux jours,
00:10:15il faut venir les prendre, les tourner.
00:10:19Et là, tu vois,
00:10:20elles vont devenir fortes, douces.
00:10:24Et tout ce qui est ici,
00:10:25ça va avoir une tendance
00:10:26à devenir un petit peu plus sec,
00:10:28plus rapidement.
00:10:29Tout ce qui est au fond,
00:10:31contre le mur,
00:10:33il y a plus d'humidité,
00:10:34le fromage va être plus mou et plus fort.
00:10:37Là, on va prendre
00:10:40les fromages pour le marché,
00:10:41parce qu'il va falloir qu'on y alle.
00:10:43Voilà.
00:10:45Je vérifie rapidement.
00:10:48Allez, il y en a quelques autres, toi ?
00:10:50Toujours au contact.
00:10:53J'en prends quelques autres, là,
00:10:54parce que je les sens bien.
00:11:00C'est bon ?
00:11:01C'est bon.
00:11:04Allez.
00:11:09Voilà.
00:11:10Une glacière, deux glacières.
00:11:13Et tiens, les derniers.
00:11:14Et les petits fromages
00:11:15qu'on a sortis de la cave,
00:11:16tu les poses, simplement.
00:11:18Allez, zoom !
00:11:28Et voilà, tu vois, Vulcan.
00:11:30Oh, Vulcan !
00:11:31Vulcan, le gros chien,
00:11:33gros montagne des Pyrénées,
00:11:34toi qui garde les brebis,
00:11:36là, juste derrière.
00:11:38Il reste avec les brebis.
00:11:40Il dort avec les brebis.
00:11:41et c'est lui qui est en protection
00:11:43du troupeau.
00:11:50Et voilà.
00:11:51On est arrivé.
00:11:57Encore, encore, encore.
00:11:59Voilà.
00:12:00OK.
00:12:06Ça, c'est le frais de frais.
00:12:08Tu vois, on va faire...
00:12:09Hop, hop, hop.
00:12:10On fait des petites pyramides.
00:12:11On s'amuse.
00:12:13Le couteau.
00:12:15Et tu vois,
00:12:16comme ça,
00:12:16on va la découvrir ensemble.
00:12:19Voilà.
00:12:22Alors, petite dégustation.
00:12:26Je te suis.
00:12:27Alors, pour moi,
00:12:28c'est encore un petit peu jeune.
00:12:29Alors, ça, c'est...
00:12:30Mais comme tu viens d'une grande ville,
00:12:33tu viens de...
00:12:34De la ville ?
00:12:35De la ville, quoi.
00:12:36Pour moi, c'est encore
00:12:37un petit peu jeune.
00:12:40Ça, si tu veux aller prendre un café,
00:12:42je peux te garder ton stand.
00:12:43Sans problème.
00:12:52Merci, monsieur.
00:12:55Bonne journée.
00:12:56Vous voyez,
00:12:56j'ai vendu mon premier fromage.
00:13:00J'ai vendu un carré.
00:13:01C'est super.
00:13:04Ouais, bah,
00:13:05écoute,
00:13:06la moitié de ça,
00:13:07c'est possible ?
00:13:07Bien sûr.
00:13:08Voilà.
00:13:10Bien sûr, par contre,
00:13:11excusez-moi.
00:13:11Tac, pour Dominique.
00:13:12Un quart de fromage.
00:13:14Ça manquait, quand même.
00:13:15Ça manquait, oui.
00:13:15Ouais, vas-y.
00:13:16Ils sont beaux, ces fromages, hein ?
00:13:18Ouais, ouais.
00:13:18Ils sont bons, surtout.
00:13:19Ah ouais, c'est bon.
00:13:20Et quand on est accro, après...
00:13:21Merci.
00:13:22C'est vrai.
00:13:23Infecté.
00:13:24Les clients sont très infectés
00:13:26de ces fromages.
00:13:27Superfusion, tes fromages.
00:13:28On va les manger.
00:13:30T'as monté,
00:13:30c'est pas cool.
00:13:31Ah bon.
00:13:32Est-ce qu'il y a beaucoup
00:13:33de personnes qui sont venues
00:13:34s'installer ici
00:13:35dans les années 70 ?
00:13:36Tu sais,
00:13:37un peu le mythe
00:13:38d'élever des chèvres
00:13:39en Ardèche.
00:13:40Il y en a beaucoup qui...
00:13:42Il y en a eu.
00:13:42Ouais, il y en a eu.
00:13:43Il y en a eu.
00:13:44Ils sont toujours là ou pas ?
00:13:44Il y en a qui sont repartis.
00:13:45Moi, j'en connais quelques-uns
00:13:46qui sont restés.
00:13:47Ils ont évolué
00:13:48avec le temps.
00:13:50Et avec leur époque.
00:13:51Voilà, tout à fait.
00:13:52Mais ça existe encore.
00:14:00Donc là, on a de l'amour,
00:14:01des pétales de cognacier,
00:14:04des pétales de fleurs de trèfle.
00:14:07C'est quoi ça ?
00:14:07C'est bourrache.
00:14:10Il n'y a peut-être
00:14:11que sur le marché des Vans
00:14:12que l'on peut manger
00:14:13des crêpes aux fleurs.
00:14:14Car depuis 40 ans,
00:14:15cette petite ville
00:14:16est une destination privilégiée
00:14:17de ce qu'on appelle
00:14:18les 68ards,
00:14:20hippies ou néoruraux.
00:14:26Des marginaux
00:14:27aux idées nouvelles
00:14:28ou farfelus
00:14:29venus dans une Ardèche désertée
00:14:30achetaient des fermes
00:14:31abandonnées
00:14:32pour une bouchée de pain.
00:14:33Ce n'est pas une terre d'avant-garde,
00:14:34c'est une terre de garde.
00:14:36On rencontre énormément
00:14:36de gens qui ont des logs,
00:14:38énormément des gens
00:14:39qui parlent beaucoup de l'Inde.
00:14:41Et c'est vrai qu'ici,
00:14:43on peut trouver
00:14:43plus qu'ailleurs
00:14:44des gens qui veulent rester
00:14:46je veux dire propres
00:14:47dans leur corps
00:14:48et dans leur tête.
00:14:51Ils sont nombreux
00:14:52à être venus élever
00:14:53des moutons en Ardèche,
00:14:54mais peu ont résisté
00:14:55à l'épreuve du temps.
00:14:58Au milieu des années 70,
00:15:00Gérard et Béatrice Barras
00:15:02et quelques autres
00:15:03s'installent en communauté
00:15:04à Saint-Pierreville
00:15:05et entreprennent
00:15:06de reconstruire
00:15:07pierre par pierre
00:15:08une filature de laine
00:15:09abandonnée
00:15:09sous les yeux incrédules
00:15:11des habitants du pays.
00:15:13On avait des originalités
00:15:15qui pouvaient nous faire
00:15:18paraître
00:15:18comme des gens
00:15:19un peu fous,
00:15:20mais pourquoi pas,
00:15:20une foulie douce.
00:15:2430 ans plus tard,
00:15:25Ardèlène
00:15:26s'est 30 employés,
00:15:2750 000 moutons
00:15:28tondus par an,
00:15:29des ventes de matelas
00:15:30et de couettes de laine
00:15:31partout en France
00:15:32et en Europe,
00:15:33mais toujours dans l'esprit
00:15:34collectif et solidaire
00:15:35des premiers temps.
00:15:37On était dans
00:15:38le phénomène historique
00:15:39de 68,
00:15:40mais nous,
00:15:41on était dans
00:15:41la société
00:15:42et on côtoyait
00:15:43ces gens
00:15:44et on peut dire
00:15:45que c'est le décalage
00:15:46du rêve,
00:15:47c'est-à-dire
00:15:47s'ils rêvaient
00:15:48sur des folies
00:15:49ou sur des choses
00:15:50qui pouvaient être
00:15:50des délires,
00:15:52nous,
00:15:52on pensait
00:15:52qu'en fait,
00:15:53il fallait simplement
00:15:54re-ancrer le rêve
00:15:55à la société.
00:16:00Cet esprit
00:16:00de travail communautaire,
00:16:02les Barras
00:16:02l'avaient d'abord
00:16:03mis en pratique
00:16:03dès 1972
00:16:04au Vieillodon.
00:16:06Un hameau en ruine
00:16:07devenu aujourd'hui
00:16:08par la force
00:16:08des chantiers de jeunes
00:16:09un village vivant
00:16:10dédié à l'écologie
00:16:11et à la pédagogie.
00:16:17Toute la génération
00:16:18dont je fais partie
00:16:19ont été des 68A.
00:16:20Alors peut-être
00:16:21que maintenant
00:16:21les générations actuelles
00:16:23ne peuvent pas
00:16:24la mémoire de ça
00:16:25parce qu'elles n'ont pas
00:16:25la sensibilité
00:16:27de ce problème-là,
00:16:28mais nous,
00:16:28on sait que ça a
00:16:29vraiment changé
00:16:29et que les gens
00:16:31qui,
00:16:31tout ce qui est vécu
00:16:32actuellement
00:16:33est marqué
00:16:34par ce qui est passé
00:16:35à cette époque-là.
00:17:00Bonjour.
00:17:01Bonjour,
00:17:01moi, c'est Sophie.
00:17:02Benoît.
00:17:03Bonjour Benoît, elles sont fréquentées ces rives de l'Ardèche, il y a toujours du monde en fait.
00:17:07Il y a toujours du monde, surtout à cette période.
00:17:11Qu'est-ce qu'il faut comme équipement alors ?
00:17:13Donc comme équipement pour le canoë kayak, il nous faut une pagaie, il nous faut un gilet de sauvetage.
00:17:20Indispensable j'imagine.
00:17:21Indispensable, ouais voilà.
00:17:23Un casque.
00:17:24Pareil, obligatoire ?
00:17:25Il va devenir obligatoire, moi je souhaite qu'il soit obligatoire.
00:17:30Pagaie à gauche, et on est parti.
00:17:48Là c'est notre récompense Benoît.
00:17:50C'est le pont d'Arc, c'est l'endroit mythique des Gorges de l'Ardèche.
00:17:55C'est un peu la porte d'entrée aussi des Gorges.
00:17:57C'est à partir de là où on va vraiment rentrer dans le canyon des Gorges de l'Ardèche.
00:18:01C'est vrai qu'il y a un canyon quasiment comparable au Grand Canyon aux Etats-Unis.
00:18:07Mais d'accord.
00:18:08Il y a une grosse légende, ouais.
00:18:10Ouais, il y a une légende qui raconte qu'un roi est venu chercher sa fiancée au niveau de Val
00:18:17-en-Pont d'Arc.
00:18:17Et ses parents, ne voulant pas laisser partir la jeune fiancée, ont pourchassé le roi et arrivé en face de
00:18:25ce mur, le pont d'Arc s'est ouvert et a laissé passer le jeune roi et sa fiancée.
00:18:31Qu'il aille chercher sa fiancée, mais que c'est joli.
00:18:39Et là, on passe sous le pont d'Arc, mais à côté, il y a plein de petites grottes au
00:18:44niveau de la berge.
00:19:04Ça, ça fait combien de temps que tu pratiques cette activité ?
00:19:07L'activité canoë-kayak, en Bita, en Ardèche, je l'ai toujours pratiquée.
00:19:12Quand on est dans la région, dès qu'on s'est marché, presque, on commence à aller sur l'eau.
00:19:17La plupart des gens qui font du sport nature touchent au canoë-kayak.
00:19:22Qu'est-ce qui te plaît, toi, là-dedans ? C'est ce calme, justement ? C'est ce contact
00:19:25direct avec la nature ?
00:19:27Voilà, tout. Même si on fait de la compétition, on en a plein les yeux.
00:19:31C'est un vrai plaisir, j'ai l'impression.
00:19:33C'est un vrai plaisir, tout à fait.
00:19:46Moi, je fais rien.
00:19:48Ouais, je fais comme si tu ramais.
00:19:51Je bouge plus, hein.
00:19:55Aïe, aïe, aïe. C'est parti.
00:19:58Aïe, on pagaie, on pagaie, pagaie, pagaie, pagaie, pagaie, pagaie.
00:20:01Oh, punaise.
00:20:01Pagaie.
00:20:02Punaise.
00:20:03Oh, punaise.
00:20:04Ah !
00:20:09T'avais dit qu'on serait pas mouillé.
00:20:11Ah, ouais.
00:20:19C'est Ariad, il y a Milou et ses collègues qui pêchent.
00:20:23Donc, on va rapprocher tout doucement, parce que c'est des gens qui partagent l'arrivée avec nous.
00:20:27C'est des amoureux des gorges.
00:20:28Donc, on essaie de partager notre passion ensemble.
00:20:30Ouais, il faut que tout le monde cohabite.
00:20:39Bonjour, messieurs.
00:20:40Bonjour, bonjour.
00:20:41Bonjour, bonjour.
00:20:42On se disait avec Benoît qu'il faut cohabiter, là, au bord de la rivière.
00:20:45Oui, il faut cohabiter.
00:20:46Bon, ça se passe quand même dans l'ensemble pas mal.
00:20:49Ouais.
00:20:50Mais, on rencontre des gens qui font du canoë kayak, qui sont très sympas.
00:20:55Quand ils voient un pêcheur, il s'écarte un petit peu.
00:20:58On apprécie beaucoup.
00:21:00Ouais.
00:21:00Mais, c'est peut-être pas toujours le cas.
00:21:02D'autres, par contre, éprouvent un malin plaisir à venir passer juste à l'endroit où on est.
00:21:06De toute manière, normalement, jusqu'à 9h du matin, on est tranquille, parce qu'il ne circule pas sur la
00:21:12rivière.
00:21:13Donc, jusqu'à 9h du matin, c'est pour les pêcheurs.
00:21:15Jusqu'à 9h du matin, c'est pour les pêcheurs.
00:21:17Après, on fait avec, disons qu'on pêche quand même.
00:21:20Et ça n'empêche pas les poissons de mordre, la preuve.
00:21:24Alors, qu'est-ce que vous avez pris ?
00:21:25Il a attrapé un joli cheven.
00:21:27Un cheven ?
00:21:28Oui, je crois.
00:21:30Voilà.
00:21:31Oh oui, il est magnifique, dis donc.
00:21:33Ah, il est superbe, ce poisson.
00:21:35Et vous les relâchez ou vous les mangez ?
00:21:37C'est le propriétaire du poisson qui va vous le dire.
00:21:40Il les mange, d'habitude.
00:21:41Vous les mangez, Milou ?
00:21:42Oui, oui, je vous l'expliquais.
00:21:43On coupe les filets et je jette tout le reste.
00:21:47Il y a des arêtes, mais la chair est bonne.
00:21:50Il y a des arêtes, oui.
00:21:51Oui, il est violent, celui-là.
00:21:52Ah, il est...
00:21:53Ah, il ne se laisse pas faire.
00:21:54Il n'est pas heureux de...
00:21:55Comment ça se passe l'été ici ?
00:21:57Parce que c'est un tout autre décor et une ambiance complètement différente.
00:22:01Oui, c'est vrai qu'on pêche beaucoup au printemps.
00:22:04Oui.
00:22:04Et l'été, on abandonne plutôt la rivière aux vacanciers.
00:22:07Parce qu'ici, il y a beaucoup de monde.
00:22:08Il y a beaucoup, beaucoup de monde.
00:22:10Oui.
00:22:10C'est...
00:22:11Enfin, la plage, là où on est, en période estivale, on ne peut pas pêcher.
00:22:16Sinon, on accrocherait des gens, on risquerait de faire mal à quelqu'un.
00:22:26En poursuivant sa descente des gorges de l'Ardèche, Sophie découvre le cœur touristique du département.
00:22:32À la belle saison, le défilé dans ce temple du canoë est incessant.
00:22:37Si toutes les nations d'Europe sont représentées, dans le camping de la Roubine, chez Mariska, on rencontre surtout des
00:22:42Hollandais.
00:22:48Moi, je me demande s'il y a encore des Hollandais qui ne connaissent pas l'Ardèche ou qui ne
00:22:51sont pas venus à Vallon-Pond-d'Arc.
00:22:53Mais bon, il y en a beaucoup aussi qui reviennent tous les ans.
00:22:55Donc, ça fausse peut-être un petit peu les statistiques de ce côté-là.
00:23:01Mariska est arrivée d'Amsterdam il y a 34 ans pour donner des cours de français dans ce camping.
00:23:05Elle n'est finalement jamais repartie, malgré les préjugés.
00:23:10À l'époque, on disait que le Hollandais, il arrivait avec sa caisse de pommes de terre, parce qu'il
00:23:15ne voulait pas faire ses courses en France.
00:23:17Mais ça a beaucoup changé, parce qu'ils consomment beaucoup.
00:23:20Quand ils viennent ici, ils vont au restaurant, ils font leurs courses ici, il n'y a pas de problème.
00:23:29Vallon-Pond-d'Arc voit sa population multipliée par 10 en été et devient le camp de base à l
00:23:34'entrée des gorges.
00:23:36À l'automne, Vallon retrouve sa quiétude de village agricole et offre une autre forme de tourisme.
00:23:41Votre séjour se passe bien ?
00:23:43Ici, on peut faire des petites balades, des grandes balades, on peut aller au bord d'une rivière, on peut
00:23:48visiter des marchés, des petits villages.
00:23:52Vraiment, on a tout la proximité.
00:23:55Donc ça, c'est vraiment chouette.
00:23:57C'était aussi une manière de ne pas aller sur la côte ou à la mer, il y a peut
00:24:02-être trop de monde, il fait trop chaud, on voulait un endroit plus calme.
00:24:07Vous allez passer le rapide du Charlemagne un peu plus loin.
00:24:10Et pour passer le rapide du Charlemagne, il faut être bien engagé dans la veine d'eau, avec le nez
00:24:14du bateau bien droit dans la veine d'eau.
00:24:16Et on continue à pagailler dans le rapide pour maintenir le bateau droit dans le rapide.
00:24:21Et comme ça, on passe bien.
00:24:22La location de canoë à Vallon fait vivre environ 250 personnes.
00:24:25Il faut dire que certains jours, près de 2000 embarcations sillonnent la rivière.
00:24:29Il y a d'autres jolies choses à voir dans le département, mais c'est vrai que l'activité canoë
00:24:34-kayak, c'est la première activité qui est pratiquée ici sur les gorges de l'Ardèche,
00:24:38ce qui ramène un flux de monde, plus particulièrement sur Vallon-Pond-Arc.
00:24:44La difficulté modérée de la descente de l'Ardèche est une des raisons de son succès.
00:24:49Mais c'est surtout son paysage grandiose et préservé qui séduit toujours les visiteurs.
00:24:54D'ailleurs, l'un des tout premiers camps naturistes de France s'est installé au fond de ses gorges, voici
00:25:00plus de 30 ans.
00:25:01Et aujourd'hui encore, les campeurs dévêtus de la plage des Templiers font partie du paysage.
00:25:07Notre petite organisation naturiste, si vous voulez, en Ardèche, dans les gorges de l'Ardèche, si isolée qu'elle soit,
00:25:16et si peu importante qu'elle soit,
00:25:17elle représente énormément pour le tourisme dans cette région.
00:25:22Et le tourisme, le vrai, le noble tourisme, celui des gens qui veulent découvrir quelque chose de plus, qui veulent
00:25:28une respiration, vous comprenez ?
00:25:33Autrefois, sur les aires de bivouac aménagées au fond des gorges, on comptait certains soirs jusqu'à 2000 personnes.
00:25:39Pour sauver cet espace devenu menacé, la fréquentation est désormais limitée à 250, sans que l'ambiance festive n'en
00:25:45souffre.
00:25:46Levez la main, ceux qui ont fait des chutes.
00:25:49Qui c'est qui a pris le bein ?
00:25:51L'eau était bonne.
00:25:53C'est froid.
00:25:53Ouais, c'est froid.
00:25:55C'est à découvrir cette affaire, c'est très bien.
00:25:59Ça mérite d'être fait, refait et revenir deux fois par an, trois fois par an.
00:26:06Dans le même temps, avec un flègme tout britannique, James et ses compagnons jouent au naufragé sur une île déserte.
00:26:14On préfère rester seul de notre côté, dans ce décor.
00:26:18C'est la meilleure façon pour être au plus près de la nature.
00:26:27Aujourd'hui classé en réserve naturelle, les 30 kilomètres du canyon de l'Ardèche peuvent encore être un espace d
00:26:33'aventure accessible à tous, dans une nature préservée.
00:26:50Ça marche le stop en calèche ?
00:26:52Oui, oui.
00:26:53Il y a de la place ?
00:26:55Oui, il y a de la place encore.
00:27:00Bonjour, bonjour.
00:27:02Hop, vous me faites une petite place ?
00:27:04Allez, je grimpe.
00:27:11On a le temps d'admirer les paysages à ce rythme-là.
00:27:13C'est le rythme du cheval, oui.
00:27:15Et puis c'est un département idéal pour ce type de balade.
00:27:18Il y a plein de petits villages, plein de petits chemins de campagne.
00:27:21Voilà, on a plein d'itinéraires à faire sans avoir trop de voitures qui nous ennuient.
00:27:26On est au calme.
00:27:40Écoute, j'ai bien fait de tomber sur toi, tu vois, je ne m'attendais pas en faisant du stop
00:27:43à tomber sur une calèche pour me faire un petit bout de chemin.
00:27:47C'est super sympa en tout cas.
00:27:58Les trésors de l'Ardèche sont aussi sous terre.
00:28:00Pour m'en convaincre, c'est Stéphane, un spéléologue passionné qui me fait visiter la veine d'Orniaque.
00:28:10Il commence à faire frais ici.
00:28:11Il fait 11 degrés et demi.
00:28:13C'est une température qui est constante.
00:28:16Donc là, on arrive dans la première salle dont tu me parlais.
00:28:19Première salle.
00:28:19Elle fait quelle superficie ?
00:28:21À peu près 120 mètres de large et 90 mètres de long devant nous.
00:28:25C'est magnifique.
00:28:26Et donc les plafonds les plus hauts, là-haut, sont à 35 mètres de hauteur.
00:28:29Donc voilà l'entrée verticale, qu'on appelle la veine, avec un mannequin à l'intérieur pour donner un peu
00:28:33l'échelle.
00:28:34Donc, de joli, il arrive là en 1935.
00:28:37Il descend dans ce trou sans savoir exactement ce qu'il va trouver.
00:28:41Et il découvre tout ça.
00:28:42Un gros volume.
00:28:44Avant lui, personne n'avait rien remarqué, en fait.
00:28:46Il faut replacer un petit peu la découverte dans un contexte où on ne parlait pas de Spélo comme on
00:28:49en parle maintenant.
00:28:50Robert de Joli, c'est véritablement un pionnier.
00:28:52Les gens du village connaissaient tous l'entrée naturelle, mais pour eux, c'était qu'une simple crevasse.
00:28:57Jamais ils auraient pu imaginer qu'il puisse y avoir un tel paysage souterrain, un tel vide souterrain.
00:29:00Même quand de Joli est arrivé, j'imagine que certains d'entre eux ont dû se dire...
00:29:03Il est fou, c'est là.
00:29:03Qu'est-ce qu'il va faire là ?
00:29:04C'est ça.
00:29:11Les piles d'assiettes, c'est beau.
00:29:13Qu'est-ce que tu appelles les piles d'assiettes ?
00:29:14Ce sont ces stalagmites qui donnent l'impression d'un empilement...
00:29:17Comme des galettes, oui, de piles d'assiettes.
00:29:19Pour les gourmands, c'est des galettes.
00:29:21Sinon, on appelle ça les piles d'assiettes.
00:29:22D'accord.
00:29:27C'est assez spectaculaire, ça, quand même.
00:29:29C'est ce qu'on appelle la pomme de pain.
00:29:31C'est une stalagmite qui fait 10 mètres de haut et qui est devenue au fil du temps l'emblème
00:29:35d'Orgnac.
00:29:35C'est une image qu'on trouve souvent sur les dépliants, prospectus, affiches, etc.
00:29:40Est-ce qu'ici, c'est un des endroits les plus impressionnants ?
00:29:45Ou il y en a d'autres de ce type en Ardèche ?
00:29:47Orgnac est assez exceptionnel de par ses volumes et de par sa richesse cristalline.
00:29:51Maintenant, il ne faut surtout pas limiter le milieu à ce qu'on est en train de voir là.
00:29:53C'est extraordinaire, c'est sûr.
00:29:55Mais il y a d'autres très, très belles qui habitent en Ardèche.
00:29:56On en recense pas loin de 2000 actuellement.
00:30:01Ce que je te propose maintenant, c'est de sortir un petit peu du béton, des marches et des rampes.
00:30:06On va s'échapper un peu pour aller voir ce qui se passe derrière.
00:30:09C'est la fameuse surprise.
00:30:10La surprise.
00:30:11Un petit peu de spélo maintenant.
00:30:12Allez, c'est parti.
00:30:13C'est parti.
00:30:14Donc, tu as l'équipement qu'il faut ?
00:30:15Alors, il faut casque, bottes, combinaison.
00:30:17On va y aller.
00:30:18Ça, c'est le tien, celui-là.
00:30:19Voilà ton casque.
00:30:20Ok.
00:30:25C'est là qu'on rigole.
00:30:26À partir de maintenant que c'est rigolo.
00:30:33Là, c'est très impressionnant.
00:30:35On voit les formations différentes d'ici.
00:30:39Là, c'est un des rares endroits dans la veine où vraiment tu t'approches du plafond.
00:30:42On a la possibilité de voir de près les stalactites.
00:30:44Et ce sont des trucs qu'il vaut mieux éviter de toucher parce que c'est fragile.
00:30:48Au plafond, on a ce qu'on appelle les stalactites.
00:30:50On dit que la tite tombe, que la mythe monte.
00:30:52Mythe monte.
00:30:53Oui.
00:30:54Nickel.
00:30:59Et regarde un peu ces contrastes de couleurs.
00:31:01Calcine blanche, couleur rouge.
00:31:03C'est quand même sympa.
00:31:09Hop.
00:31:10Donc ici, on est à l'extrémité d'Orgnac 1.
00:31:13C'est-à-dire à l'extrémité de ce qu'a découvert Robert Dejoli le 19 août 1935.
00:31:18Et Dejoli, à l'époque, il s'arrête en face, là-bas, tu vois, sur la petite porte étroite qui
00:31:22est là.
00:31:22Ça, à l'origine, évidemment, il n'y a pas la porte.
00:31:24Donc l'espéléo ouvre ce passage-là en 1965.
00:31:28Et bingo.
00:31:29Derrière, Orgnac 2, 3, 4.
00:31:32Et là-bas, il y a presque 4 km de galerie qui partent.
00:31:34Bah dis donc.
00:31:35Donc là, c'est à partir de là que les choses sérieuses commencent, en espéléo.
00:31:38C'est vraiment très beau.
00:31:40Oui.
00:31:40Et ça commence à devenir drôle, oui.
00:31:43Il y a du métier, là.
00:31:45Très bien, c'est ça.
00:31:48Ça se mérite, mais c'est magnifique.
00:31:50C'est super.
00:31:50C'est vrai que c'est beau.
00:31:54L'espéléo, c'est vraiment un sport-aventure.
00:31:57C'est une activité de loisirs sportifs.
00:31:59Et ce qu'il y a d'intéressant dans l'activité spéléo,
00:32:02c'est que c'est une des dernières activités d'exploration,
00:32:05au sens géographique du terme.
00:32:07J'entends par là que c'est un des rares endroits où on puisse aller,
00:32:09où jamais personne n'a encore mis les bottes devant vous.
00:32:12Et donc, on a vraiment cette activité d'exploration.
00:32:14On découvre des grottes, on les cartographie.
00:32:16Et ce qu'il faut savoir, c'est qu'on n'a pas découvert l'Amérique encore.
00:32:20On sait qu'on ne connaît qu'une toute petite pièce du système, ici.
00:32:23Et on sait qu'il reste encore plein, plein de trucs à découvrir.
00:32:30Orgnac n'est pas seulement un site touristique.
00:32:33C'est aussi un laboratoire à ciel ouvert pour tous les préhistoriens.
00:32:40Lydia Gambéry a voyagé de l'Afrique à l'Amérique,
00:32:42au gré de ses fouilles archéologiques.
00:32:44Elle a pourtant posé ses valises à Orgnac,
00:32:46fascinée par la richesse des centaines de citards des choix,
00:32:49comme la baume de ronze,
00:32:51un ancien avene effondré,
00:32:53devenu un lieu d'habitation au Néolithique.
00:32:56Quand on voit la baume de ronze,
00:32:57et qu'on a vue avant la veine d'Orgnac,
00:33:00on imagine tout à fait dans quelques millions d'années
00:33:02ce que pourrait devenir la grande salle,
00:33:04là où il y a la veine, dans la veine d'Orgnac.
00:33:06Les hommes préhistoriques ont choisi cet endroit
00:33:08justement parce que c'était protégé par les falaises,
00:33:11tout autour, on est complètement entouré,
00:33:13et aussi parce que c'était ouvert.
00:33:19Poterie, silex, squelette.
00:33:21En quelques dizaines d'années,
00:33:22l'Ardèche a livré à l'insatiable curiosité des scientifiques
00:33:25des milliers d'objets couvrant une période
00:33:27allant de moins 350 000 ans
00:33:29à 750 avant Jésus-Christ.
00:33:33Et l'étude du moindre de ces objets
00:33:35ouvre parfois sur un champ de connaissances
00:33:37bien plus vaste que la spécialité du chercheur.
00:33:42On a des groupes d'animaux comme par exemple
00:33:44cet animal dont j'ai la dent entre les mains
00:33:49et ce qu'on appelle un âne sauvage
00:33:52qu'on va trouver dans un environnement particulièrement sec.
00:33:55Et donc on voit des changements climatiques
00:33:57au cours du temps et des espèces
00:34:00qui apparaissent et qui disparaissent.
00:34:03Quand elle n'est pas au fond des grottes,
00:34:05Lydia anime le musée d'Orgnac.
00:34:07Une manière de partager
00:34:08avec un large public,
00:34:10des découvertes souvent réservées
00:34:12aux seuls scientifiques.
00:34:16Voilà qui illustre
00:34:17l'occupation de l'homme
00:34:19qui vivait au paléolithique moyen.
00:34:21Nous sommes dans le cadre
00:34:22des pré-néandertaliens
00:34:23il y a 350 000 ans,
00:34:25donc le site le plus ancien.
00:34:27Et puis l'Ardèche,
00:34:28c'est aussi la grotte Chauvet
00:34:29et son art pariétal unique au monde.
00:34:32Ce sont des scènes qui sont racontées,
00:34:35des scènes de poursuite,
00:34:37on va dire, entre guillemets,
00:34:39entre des animaux,
00:34:40des carnivores,
00:34:41des herbivores.
00:34:42Il y a vraiment des effets de perspective,
00:34:44des effets de mouvement
00:34:45qui donnent à ces panneaux
00:34:48toute leur ampleur.
00:34:49C'est une grotte
00:34:50où on éprouve une grande émotion
00:34:52quand on y rentre.
00:34:53C'est magnifique.
00:35:19Bonjour Mercedes !
00:35:21Bonjour Sophie !
00:35:23Ça va ?
00:35:23Ça va, ça va.
00:35:24Vous avez besoin d'espace
00:35:25pour fabriquer une montgolfière ?
00:35:27Ah oui, là,
00:35:27ce n'est pas des maillots de bain.
00:35:28Oui, c'est ça.
00:35:29On est dans la couture,
00:35:30mais là...
00:35:30Voilà, c'est atelier couture,
00:35:32grande taille.
00:35:32Ah oui, là, c'est vraiment...
00:35:34On fait du XXX XL.
00:35:36C'est ça.
00:35:37Quelles sont les grandes étapes
00:35:38de fabrication pour une montgolfière ?
00:35:39C'est vous, vous pouvez.
00:35:40On va aller les voir.
00:35:42Là, j'imagine que la couture
00:35:43doit être bien serrée.
00:35:44Ah oui.
00:35:45Il ne faut pas que ça craque.
00:35:46Ah oui, oui, là...
00:35:46Il faut être précise.
00:35:47On ne s'improvise pas.
00:35:49Couturière, montgolfière,
00:35:50on dit ça ou pas ?
00:35:50Il faut avoir une base de couturière.
00:35:54Donc, on nous demande
00:35:55la gestérité d'une petite main
00:35:57tout en ayant, on va dire,
00:36:00la condition physique
00:36:01d'un déménageur.
00:36:02C'est ça.
00:36:02Entre les deux.
00:36:05Combien de temps il vous faut
00:36:06pour réaliser une montgolfière ?
00:36:08En règle générale, un mois.
00:36:09La durée va varier
00:36:10en fonction de la grandeur du ballon
00:36:12et surtout de la complexité
00:36:15de la décoration.
00:36:16Vous l'allumez toute prête ?
00:36:17De A à Z.
00:36:18Elle rentre chez nous,
00:36:19ce sont des rouleaux de tissu.
00:36:21Elle en sort, elle vole.
00:36:22Ah, c'est ça.
00:36:24Alors, aujourd'hui,
00:36:25nous allons recevoir un ballon
00:36:26qui vient passer
00:36:27sans contrôle technique, on va dire.
00:36:29Je vais suivre
00:36:29le contrôle technique du ballon.
00:36:30Voilà.
00:36:34Voilà notre ballon, Mercedes.
00:36:35Eh bien, voilà.
00:36:37On va voir le bébé.
00:36:40Ah, mais moi,
00:36:40ce sont tous mes bébés.
00:36:41Ah, je vois ça.
00:36:45Est-ce que c'est physique,
00:36:46tout ça, dis donc ?
00:36:48Attention les pieds.
00:36:49Ça touche ?
00:36:49Oui, oui.
00:36:50Allez-y, allez-y, allez-y.
00:36:52Alors, maintenant.
00:36:54Là, vous allez le gonfler
00:36:55dans le hangar ?
00:36:55Oui, oui, oui.
00:36:56On va le gonfler, là.
00:36:57Mais coucher, à l'horizontale.
00:37:00Ça y est, c'est parti.
00:37:01C'est parti.
00:37:05Allez, on y va.
00:37:07On tire.
00:37:13Alors là, ce qui est sympa,
00:37:14si vous voulez rentrer dans le ballon,
00:37:16vous pouvez m'accompagner
00:37:17de l'autre côté, là-bas.
00:37:19Ça fait combien de temps
00:37:20que vous avez votre brevet de pilote ?
00:37:22Ça fait 10 ans que je les fabrique
00:37:23et 5 ans que je les pilote.
00:37:25Et qu'est-ce qui vous a séduit,
00:37:26justement, là-dedans ?
00:37:27Qu'est-ce qui vous plaît ?
00:37:28C'est ce côté vivant.
00:37:29Vous partez d'un morceau de tissu
00:37:30et vous en faites un véhicule.
00:37:32Ça reste un véhicule, quand même.
00:37:33C'est génial.
00:37:34C'est génial.
00:37:35Moi, je suis passionnée.
00:37:37Ça se voit.
00:37:39On y va ?
00:37:40Allez, on y va.
00:37:41C'est impressionnant, là, Mercedes.
00:37:43On a l'impression
00:37:44d'être dans le ventre de la baleine.
00:37:45Tout à fait, tout à fait, ouais.
00:37:47Mais on va pas réussir
00:37:48à le gonfler en entier, là, dans le...
00:37:50Ah, non, non, non, non.
00:37:51Juste une petite partie
00:37:51pour le contrôler.
00:37:52Nos locaux sont grands,
00:37:53mais passe-moi là.
00:37:54Voilà.
00:37:56Alors, avant de faire
00:37:57des montgolfières,
00:37:57vous faisiez quoi, Mercedes ?
00:37:59Eh bien, écoutez,
00:37:59ça va peut-être vous surprendre,
00:38:01mais j'étais costumière de théâtre.
00:38:02Je travaillais en sous-traitance
00:38:04pour l'Opéra de Paris.
00:38:05Ah oui, rien à voir.
00:38:06Ah non, rien à voir du tout.
00:38:07Et puis, arrivée à Anonné,
00:38:09eh bien, j'ai dû m'adapter
00:38:10aux produits locaux.
00:38:10Est-ce qu'on fait quand même
00:38:12un tutu
00:38:12comme on fait
00:38:13un ballon de montgolfière ?
00:38:15Ben disons,
00:38:15toujours avec le même sérieux,
00:38:17avec le même professionnalisme,
00:38:19mais bon,
00:38:21le tout,
00:38:21c'est de faire son travail bien.
00:38:23Exactement.
00:38:24Et avec passion,
00:38:24ce que vous faites.
00:38:25Et avec passion.
00:38:26Toujours avec passion.
00:38:32Je vois dans le journal,
00:38:33Mercedes,
00:38:34que les montgolfières
00:38:35sont à l'honneur.
00:38:36Anonné et les montgolfières,
00:38:37c'est un lien très particulier quand même.
00:38:39Bien sûr,
00:38:39nous sommes quand même
00:38:40au berceau de l'aérostation,
00:38:42la patrie des frères montgolfiers,
00:38:44créateurs des montgolfières.
00:38:46Et alors,
00:38:47pour leur rendre hommage,
00:38:48tous les ans,
00:38:49régulièrement,
00:38:50tous les premiers week-ends de juin,
00:38:52nous organisons une manifestation
00:38:55qui va représenter
00:38:56le premier envol de montgolfière.
00:38:59Alors, les gens sont en costume des peurs.
00:39:00Oui, voilà,
00:39:01on se costume tous les ans.
00:39:03Et donc, bien souvent,
00:39:05il y a énormément de pilotes
00:39:07qui participent à ce défilé,
00:39:09à cette reconstitution.
00:39:11Donc, 225 ans après,
00:39:12la passion du ballon
00:39:14est toujours là.
00:39:14Est toujours là, voilà.
00:39:18On commence à préparer
00:39:20une révolution,
00:39:21nous ne supportons plus
00:39:22tous ces nobles.
00:39:23Nous allons donc réfléchir
00:39:25dans quelques années,
00:39:26ça va saigner en France.
00:39:31Bientôt, la France sera à feu et à sang.
00:39:33Mais ce 4 juin 1783,
00:39:36c'est à une révolution scientifique
00:39:37qu'est convié le peuple danonais.
00:39:39Il paraît que deux frères papetiers
00:39:41vont faire voler une machine.
00:39:45C'est un événement extraordinaire.
00:39:46Imaginez,
00:39:47on n'avait rien vu voler jusque-là.
00:39:49Donc, il y avait à la fois
00:39:50tous les curieux
00:39:51qui avaient entendu parler
00:39:52de la fameuse machine
00:39:53des montgolfiers,
00:39:55de leurs expériences privées.
00:39:56Mais il y avait aussi
00:39:57peut-être quelques jaloux
00:39:58qui se disaient
00:39:59« Bon, ils ont voulu encore
00:40:01faire un petit peu de bruit
00:40:02pour mieux vendre leurs papiers.
00:40:04Cela va être un échec,
00:40:05tant pis pour eux. »
00:40:10J'aime bien prendre autre chose,
00:40:12mais je suis un peu forcé
00:40:13de faire des montgolfiers à Anony.
00:40:14C'est parce que vital
00:40:17et c'est incontournable.
00:40:19Car depuis 25 ans,
00:40:21les Anonéens célèbrent
00:40:22l'anniversaire de cet exploit
00:40:23en reconstituant
00:40:24le premier envol.
00:40:26L'occasion également
00:40:27pour les descendants
00:40:28des deux illustres frères
00:40:29de raconter la petite
00:40:30et la grande histoire
00:40:31de leurs aïeux.
00:40:33Joseph rêvait vraiment
00:40:34de voler
00:40:36comme les oiseaux,
00:40:37comme les nuages.
00:40:38Il était chez une logeuse,
00:40:40il faisait froid,
00:40:40c'était en novembre.
00:40:41Il y avait un feu de cheminée,
00:40:43il avait fait un petit parallépipède,
00:40:44ouvert à la base,
00:40:46il l'a chauffé
00:40:47au feu de la cheminée
00:40:48et il est monté au plafond.
00:40:50Donc il a dit,
00:40:50ça y est,
00:40:51j'ai trouvé.
00:40:53Ça, c'est que tellement de dire
00:40:55arrêtez-vous pour la photo !
00:40:56Non, alors ça ne marche plus.
00:40:59Le chanoine Alexandre Charles,
00:41:01lui-même féru de science,
00:41:03veille à ce que le défilé
00:41:04ne prenne pas de retard.
00:41:05Car dans quelques instants,
00:41:07devant les états généraux
00:41:07du vivaret
00:41:08qui ne se rassemblent
00:41:09que tous les 12 ans,
00:41:10l'homme va faire s'envoler
00:41:11un ballon de papier
00:41:12de 225 kg
00:41:13et de 800 mètres cubes.
00:41:18L'État était là
00:41:20pour témoigner
00:41:21que le 4 juin 1983,
00:41:23les frères Montgolfier
00:41:25avaient envoyé
00:41:25le premier engin
00:41:26pour officialiser l'aventure.
00:41:32Le premier vol de l'histoire
00:41:34a duré 9 minutes 30
00:41:35et parcouru 2 kilomètres.
00:41:37Mais la Montgolfière,
00:41:38très vite concurrencée
00:41:39par le ballon à hydrogène,
00:41:40retombera dans l'oubli
00:41:41pendant près de 200 ans,
00:41:42jusqu'à l'invention
00:41:43des brûleurs à gaz
00:41:44dans les années 60.
00:41:58Pas la peine de tirer
00:41:59sur le côté,
00:42:00c'est juste pour laisser
00:42:01rentrer l'air du ventilo.
00:42:11J'ai besoin d'un petit coup de main
00:42:12pour mettre le ballon en route.
00:42:15Donc si je peux avoir
00:42:16un petit coup de main,
00:42:17là, ça ira un petit peu plus vite.
00:42:19J'arrive.
00:42:20Donc le vent est top.
00:42:22Le soleil est avec nous.
00:42:24Super.
00:42:25Tout est calé.
00:42:26C'est bon.
00:42:27Donc voilà la bête.
00:42:29Ça va ?
00:42:30C'est pas trop dur à tirer ?
00:42:31Ça va ?
00:42:32Tu mets tout le monde
00:42:33à contribution ?
00:42:34Ah oui, oui, toujours.
00:42:35Le ballon, c'est un travail d'équipe.
00:42:37On le fait.
00:42:39Faire du ballon tout seul,
00:42:40c'est presque une aberration.
00:42:41Et ça se partage,
00:42:44parce que c'est toujours
00:42:45que du plaisir.
00:42:46Et en fait,
00:42:46on ne vole que pour le plaisir.
00:42:48Ça fait combien de temps
00:42:49que tu voles, toi ?
00:42:50Moi, depuis 1984.
00:42:51Toujours avec la même passion ?
00:42:53Toujours avec la même passion.
00:42:55Et la passion m'est venue
00:42:56lors du bicentenaire
00:42:58qui a été fêtée à Nonnais
00:43:00en 1983.
00:43:02Et là, j'ai découvert le ballon.
00:43:06Moi, qu'est-ce que je peux faire
00:43:07pour s'aider, alors ?
00:43:07Donc maintenant,
00:43:08il faut continuer
00:43:09à ouvrir la bouche du ballon.
00:43:11Moi, je vais accélérer
00:43:12le ventilateur.
00:43:13D'accord, moi, je me mets là ?
00:43:14Voilà, et puis
00:43:15on va la mettre à fond.
00:43:32J'ai eu très, très chaud
00:43:33tout d'un coup.
00:43:35Donc, par contre,
00:43:35je vais te demander
00:43:37d'aller voler avec Ludovic.
00:43:38Oui, d'accord.
00:43:39Voilà, faites-vous du poids.
00:43:41Allez, c'est parti.
00:43:43Du coup, c'est ma marie,
00:43:44mais hop, voilà.
00:43:46C'est bon.
00:43:47Vous êtes prêts ?
00:43:48Oui.
00:43:49Tout le monde ?
00:43:49Eh bien, voilà.
00:44:10Des collages parfaits,
00:44:11Linovica.
00:44:13Complètement idéal,
00:44:13tout ce que j'aime.
00:44:14On prend de l'altitude,
00:44:15là, tout doucement.
00:44:16Tout doucement, ouais.
00:44:16Tu sais, jusqu'où on va grimper,
00:44:18comme ça ?
00:44:19Non, j'en ai aucune idée.
00:44:20Quelques centaines de mètres.
00:44:21Là, on est à 500 mètres,
00:44:23grosso modo, je ne sais pas.
00:44:24Encore 300, 400 mètres.
00:44:26On va visiter,
00:44:27voir ce que la météo du jour
00:44:28nous propose.
00:44:28On a le temps d'admirer le paysage.
00:44:31Oui, c'est bon.
00:44:31Est-ce que tu as déjà volé en Alaska ?
00:44:32Doucement.
00:44:33Ah non, pas en Alaska,
00:44:34j'aimerais bien.
00:44:34Je te parle de cette destination.
00:44:36Oui, c'est un peu ça
00:44:37que je vais te proposer, justement.
00:44:38Vincent Leduc
00:44:39est un des grands réalisateurs
00:44:40des routes mythiques d'Echapébel.
00:44:42Alors lui, il a choisi justement l'Alaska.
00:44:43Son point de départ,
00:44:44c'est Vancouver,
00:44:46direction Anchorage.
00:44:47C'est le premier épisode d'aujourd'hui.
00:44:48Nous, on prend un petit peu d'altitude
00:44:50tout doucement
00:44:50et on se retrouve après.
00:44:51Très bien.
00:45:02Dans le jeu de hasard de la civilisation,
00:45:04je franchis la porte de l'aventure à Vancouver.
00:45:07Elle ouvre sur la côte nord du continent américain
00:45:10où tout est possible.
00:45:17Je m'engage dans une redécouverte du nouveau monde
00:45:20sur la seule route qui compte vraiment,
00:45:22la route de la liberté.
00:45:25Je vais rencontrer des pauvres,
00:45:26des voyageurs,
00:45:27des princesses et des rois.
00:45:54Ceci est mon carnet de voyage.
00:45:57Au revoir !
00:46:00Je vais remonter la Colombie-Britannique
00:46:03puis l'Alaska du Sud-Est en ferry.
00:46:05Je poursuivrai par la route
00:46:06à travers le Yukon canadien,
00:46:08puis de nouveau en Alaska
00:46:09vers Fairbanks,
00:46:10Denali
00:46:11et enfin en Corrèges.
00:46:15Je réponds à l'appel de la forêt,
00:46:17aux champs des grands espaces sauvages,
00:46:19les derniers territoires
00:46:20où la nature est encore reine.
00:46:24Je commence en remontant l'île de Vancouver
00:46:26par la route jusqu'à Port Hardy.
00:46:29Puis je vais naviguer en ferry vers Prince Rupert,
00:46:32à la limite du Canada,
00:46:33et Ketchikan, en Alaska.
00:46:38Au-delà de Vancouver,
00:46:40il y a la forêt et les montagnes.
00:46:42Derrière le front des arbres,
00:46:44je vois aussi le vide
00:46:45de zones déforestées.
00:46:49Cela ne semble pas déranger
00:46:50tous les habitants de la forêt.
00:47:01Je m'interroge cependant.
00:47:06Est-ce le cauchemar de l'ours ?
00:47:08Non.
00:47:09Cette cirie,
00:47:10entre la route et l'océan,
00:47:12annonce une bonne surprise.
00:47:14Car ici,
00:47:15ce sont les entreprises du bois
00:47:16qui sont en voie de disparition.
00:47:18Le Canada a réglementé
00:47:20et fortement réduit la coupe.
00:47:22Et ça,
00:47:23c'est une bonne nouvelle
00:47:24pour tous les mammifères.
00:47:40Port Hardy,
00:47:42à l'extrémité de l'île de Vancouver,
00:47:43a un deuxième nom
00:47:45en forme de périphrase
00:47:46et d'invitation au voyage.
00:47:49Cette route finit
00:47:50et l'aventure commence.
00:47:53L'aube est propice
00:47:55à toutes les promesses,
00:47:56le ferry à toutes les rencontres.
00:48:00Je vais à Prince Rupert.
00:48:03Et de là,
00:48:04je vais prendre le ferry
00:48:05de l'Alaska
00:48:05jusqu'à Skagway.
00:48:07Je vais faire un voyage
00:48:08de deux mois
00:48:09à travers le Yukon
00:48:10et l'Alaska.
00:48:13Tu es étudiant ?
00:48:15Oui,
00:48:15je suis étudiant.
00:48:17Qu'est-ce que tu vas chercher
00:48:18là-bas ?
00:48:20Je ne sais pas,
00:48:21juste la liberté
00:48:22et l'aventure.
00:48:23Je rêve de nager
00:48:24dans l'océan Arctique
00:48:26pour la sensation.
00:48:28J'ai nagé
00:48:29dans tous les océans
00:48:30excepté l'océan Indique.
00:48:32Dans l'Arctique,
00:48:33ce devrait être
00:48:34une expérience unique,
00:48:36juste l'état sauvage.
00:48:41Cet état sauvage,
00:48:42je commence
00:48:43à en voir les contours.
00:48:45C'est un continent
00:48:46à lui seul
00:48:47qui réunit le Grand Nord,
00:48:48le Canada
00:48:49et les Etats-Unis
00:48:50avec des mythes communs
00:48:51qui inspirent les voyageurs,
00:48:53tel Jack London
00:48:54qui, pour parler
00:48:55de la liberté
00:48:56et de la nature sauvage,
00:48:58a pris les yeux
00:48:58d'un chien
00:48:59qui regarde les hommes
00:49:00et comprend le monde.
00:49:02La ligne que j'emprunte
00:49:03n'est pas celle des touristes,
00:49:04mais bien celle des voyageurs.
00:49:08J'ai voyagé un an
00:49:09de l'Allemagne à Bangkok.
00:49:11Maintenant,
00:49:12c'est la seconde année.
00:49:13Je vais aller
00:49:14du haut de l'Alaska
00:49:15jusqu'à la pointe
00:49:16de l'Argentine.
00:49:18Chaque voyageur
00:49:19porte avec lui
00:49:20sa propre quête
00:49:21et son propre regard.
00:49:25Joachim von Leben
00:49:26a traversé l'Afrique
00:49:27et l'Asie en moto.
00:49:28Il écrit maintenant
00:49:29son deuxième livre
00:49:30de voyage.
00:49:36J'ai déjà 108 pages.
00:49:38Qu'est-ce que tu as écrit
00:49:39aujourd'hui ?
00:49:42J'écris sur hier
00:49:44et avant-hier
00:49:45ce qui s'est passé
00:49:46à Vancouver.
00:49:49Je voulais faire
00:49:49du camping sauvage,
00:49:50mais j'ai décidé
00:49:51de ne pas le faire
00:49:53parce que j'avais peur
00:49:54des ours.
00:49:58Je suis donc allé
00:49:59dans un camping protégé.
00:50:00à un camping sauvage.
00:50:03As-tu rencontré
00:50:04des ours
00:50:05le long de la route ?
00:50:06Pas encore,
00:50:08mais tout le monde
00:50:09m'en a parlé
00:50:10et j'ai lu des choses
00:50:11là-dessus.
00:50:13Mais comme j'ai seulement
00:50:14une tente
00:50:15et que les griffes
00:50:16des ours
00:50:16sont très asserrées,
00:50:20je trouve plus rassurant
00:50:21d'aller dans un camping
00:50:22équipé.
00:50:25Tu as vraiment peur
00:50:26des ours ?
00:50:28Peut-être que je pourrais
00:50:29faire du camping sauvage,
00:50:31mais pour l'instant,
00:50:33j'en ai encore peur.
00:50:44J'apprends que Sébastien
00:50:46vient du Québec
00:50:46et je me demande
00:50:48ce qu'il fait là-bas.
00:50:50En fait,
00:50:50je suis microbiologiste
00:50:51et biologiste.
00:50:52J'ai terminé
00:50:53mes études de premier
00:50:54siècle universitaire
00:50:55l'année dernière.
00:50:56Ton but,
00:50:57c'est quoi ?
00:51:00Très bonne question.
00:51:09Je n'en sais rien.
00:51:10C'est l'accomplissement
00:51:11d'un rêve d'enfance
00:51:15vers le but ultime.
00:51:17J'ai toujours été attiré
00:51:18par le Yukon
00:51:18depuis que j'ai
00:51:207 ou 8 ans.
00:51:21C'est l'appel
00:51:22de la nature,
00:51:23de la grandeur,
00:51:25un peu la liberté,
00:51:27de ne pas savoir où.
00:51:28En fait,
00:51:29ce qui stimule,
00:51:30c'est un peu
00:51:31ce qui effraie
00:51:31bien du monde,
00:51:32c'est de ne pas savoir
00:51:33où je m'en vais.
00:51:35la liberté,
00:51:36d'avoir un seul.
00:51:44Il y a 100 ans,
00:51:46ce continent était vierge,
00:51:48habité seulement
00:51:48par les peuples natifs,
00:51:50libres.
00:51:52Trois accès de fièvre
00:51:53ont conduit sa conquête.
00:51:54La ruée vers l'or,
00:51:56la pêche
00:51:56et la conserverie
00:51:57du saumon,
00:51:58l'exploitation du bois.
00:52:01A chaque fièvre
00:52:01a succédé une chute
00:52:02parfois proche
00:52:03de la désolation.
00:52:04A chaque chute
00:52:05a succédé
00:52:06un nouveau projet,
00:52:07une nouvelle fièvre,
00:52:09un nouvel enthousiasme.
00:52:23Prince Rappert,
00:52:24dernière ville
00:52:25avant la frontière
00:52:26avec l'Alaska,
00:52:27terminus du ferry canadien.
00:52:29tout le monde descend.
00:52:31Sébastien part
00:52:32camper dans les montagnes.
00:52:35Au revoir.
00:52:50Créée il y a un siècle,
00:52:52la ville a vécu
00:52:52d'une conserverie de poissons
00:52:54qui employait 2000 personnes.
00:52:56200 conserveries
00:52:57s'échelonnaient
00:52:58le long de la côte pacifique.
00:53:00Seule celle-ci
00:53:00a été conservée.
00:53:22des villes se sont reconverties
00:53:23dans le bois,
00:53:24d'autres sont devenus
00:53:25des fantômes.
00:53:27Lorsque les usines
00:53:28de pâte à papier
00:53:28ont fermé à leur tour,
00:53:30la dernière il y a un an,
00:53:31un tiers de la population
00:53:32est partie chercher fortune ailleurs.
00:53:35Prince Rappert
00:53:36renaît dans la mondialisation
00:53:37avec un nouveau port
00:53:38de transit de marchandises
00:53:39et l'escale touristique
00:53:41des bateaux de croisière
00:53:42en route pour l'Alaska.
00:53:45Je profite de l'escale
00:53:47et d'un vol régulier
00:53:48d'hydravion
00:53:48pour survoler la côte
00:53:50et l'intérieur
00:53:50avec François,
00:53:52le meilleur guide qui soit.
00:53:57Quand je parle français,
00:54:00on parle plus rapidement
00:54:01en français
00:54:02qu'en anglais.
00:54:03On s'habitue à parler français
00:54:04et après,
00:54:04quand je switch à l'anglais,
00:54:06ça sort plus rapidement.
00:54:09Il faut que je me remette
00:54:10dans le bain,
00:54:10là,
00:54:10c'est ce qu'on va dire.
00:54:13Oui, bien,
00:54:15tu regardes ça,
00:54:16c'est la plus grande ville,
00:54:17c'est 15 000 habitants,
00:54:18c'est gros comme Chamonix,
00:54:19peut-être un peu plus gros
00:54:20que Chamonix, disons.
00:54:22C'est la plus grosse ville
00:54:24et d'ici à Vancouver,
00:54:26entre ici et Vancouver,
00:54:27il n'y a pas de plus grosse ville
00:54:28que ça
00:54:29et on parle de 900 km de long.
00:54:31C'est l'économie.
00:54:35Avant, l'économie locale
00:54:36était beaucoup plus
00:54:37sur le coupage de bois,
00:54:39mais maintenant,
00:54:40à cause que le prix du bois
00:54:42a descendu,
00:54:43il y a beaucoup d'usines
00:54:44qui ont fermé,
00:54:45il y avait beaucoup de chômage
00:54:46à Prince-Rupin
00:54:46et ils ont juste construit
00:54:47le nouveau port l'année passée.
00:54:49Ça vient de commencer,
00:54:49vous pouvez voir,
00:54:50il y a un bateau
00:54:50qui est prêt à se faire
00:54:52dès l'eau d'air.
00:54:53Ça, c'est tout nouveau
00:54:54l'année passée.
00:54:55C'est le port le plus proche
00:54:57de l'Asie,
00:54:58donc ça prend une journée
00:54:59et demie de moins
00:55:00pour les bateaux de plaire ici
00:55:01que de la Vancouver, disons.
00:55:10Je pense que je vais être ici
00:55:11pour un bon bout de temps.
00:55:13Je planifie de rester ici
00:55:14pour peut-être rester en des jours.
00:55:16J'aime vraiment ça ici,
00:55:17j'aime vraiment ça,
00:55:17parce que c'est la côte,
00:55:18on a tout ici,
00:55:19on a l'océan,
00:55:21on a les montagnes
00:55:22de l'hiver,
00:55:23on a de la belle neige,
00:55:24on est à côté de l'Alaska
00:55:25pour le ski,
00:55:26je fais beaucoup de rando,
00:55:27donc moi, je pense que j'ai trouvé
00:55:29l'endroit où je vais vivre.
00:55:30J'aime bien celle-ci.
00:55:33Je ne suis peut-être pas
00:55:34pour cette compagnie tout le temps,
00:55:35mais je vais sûrement peut-être vivre
00:55:36dans le nord-ouest de la Grande-Ouphénique
00:55:38pour un bon bout de temps, je crois.
00:55:41Je mesure les immensités
00:55:43qui désormais vont peupler ma route,
00:55:46balayées par les vents glacés l'hiver,
00:55:48humides l'été,
00:55:49la roche brute,
00:55:51la forêt pluviale
00:55:52qui s'étend sur 2000 kilomètres
00:55:53du Canada à l'Alaska,
00:55:55en pleine renaissance.
00:55:57L'appel est irrésistible,
00:55:59je veux entrer dedans,
00:56:00rencontrer ce pays,
00:56:02cette terre,
00:56:02d'égal à égal,
00:56:03me mesurer à elle,
00:56:05y trouver ma place,
00:56:07l'écouter.
00:56:30C'est au pied de la forêt
00:56:32que je me pose.
00:56:42L'écho de la nature,
00:56:44entendu partout sur mes routes,
00:56:47en Europe ou en Asie,
00:56:48est ici puissant et clair.
00:56:53Je ressens un intense sentiment de liberté
00:56:55qui émane de ce peuple végétal.
00:56:59Il me souffle que nous pouvons vivre ensemble,
00:57:02communiquer,
00:57:03ensemble.
00:57:28La forêt est habitée,
00:57:29par ses gardiens naturels,
00:57:32comme par l'esprit des peuples natifs.
00:57:46Je reprends le bon vieux ferry pour l'Alaska.
00:57:48D'ailleurs, lui aussi a un gardien.
00:57:51J'aime les ferries,
00:57:54je suis l'homme des ferries.
00:57:56C'est ce que je raconte aux femmes.
00:57:59Je n'aime pas les bateaux de croisière.
00:58:02J'aime les ferries.
00:58:04Tu sais, c'est sympa.
00:58:12Je vais faire mon lit.
00:58:36Je vais faire mon lit.
00:58:36Là, les mouvements sont très lents.
00:58:38Là, on doit être à 30-35 km heure.
00:58:40On ne s'en rend pas du tout compte.
00:58:42Ça a l'air tout simple comme ça
00:58:43quand tu pilotes ta montgolfière.
00:58:48Mais j'imagine que c'est un apprentissage
00:58:49qui reste quand même assez long et compliqué.
00:58:52Je ne sais pas.
00:58:52Je ne l'ai jamais appris.
00:58:54Non, mais non, c'est assez simple.
00:58:56Dans le geste, c'est facile.
00:58:58Ce qu'il faut, c'est ressentir
00:58:59ce qui se passe autour
00:59:00et bien observer l'environnement,
00:59:02savoir lire après un petit peu
00:59:03les courants d'air.
00:59:15Pour qui c'est un cadeau d'anniversaire ?
00:59:17Il y en a un, deux, trois.
00:59:19Alors pour vous trois,
00:59:20on va vous chanter bon anniversaire.
00:59:24Joyeux anniversaire !
00:59:27Joyeux anniversaire !
00:59:28Voilà, merci à vous.
00:59:29C'était vraiment un beau voyage.
00:59:30Les images parlent d'elles-mêmes.
00:59:32Voilà un très bel endroit.
00:59:33L'Ardache est un endroit absolument magnifique
00:59:35avec des gens charmants.
00:59:37C'est beau, la France.
00:59:38Je vous dis à bientôt.
00:59:39Faites de beaux voyages.
00:59:41Regardez comme c'est beau.
00:59:59Sous-titrage Société Radio-Canada
01:00:03Sous-titrage Société Radio-Canada
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