- il y a 10 ans
Echappées belles : Prague Sophie est à Prague au pays des Bohèmes. Nous verrons le Parc Letna et nous ferons une balade en bateau sur la Vltava en ...
Catégorie
📺
TVTranscription
00:01:33Quelles sont les fonctions de ces gardes ?
00:01:36La principale mission des gardes, c'est de sécuriser tout le site du château de Prague, qui est la résidence
00:01:42du président de la République tchèque.
00:01:51C'est intéressant de savoir que le 21 novembre 1334, à 5h31 du matin, on a commencé la construction de
00:02:00cette cathédrale.
00:02:02Pourquoi une date si précise ? Parce que les tchèques et les bohémiens étaient très superstitieux et faisaient particulièrement confiance
00:02:12à l'astrologie.
00:02:13Donc ce sont les étoiles qui ont déterminé cette date.
00:02:16C'est un Français qui a été le premier architecte. Il s'appelait Mathias d'Arras et un de ses
00:02:24homologues, Peter Parler, a été l'architecte du fameux pont Charles.
00:02:31Alors là, il y a un passage entre le château et la cathédrale ?
00:02:35Oui, c'est un passage très pratique entre le château, ou plutôt les appartements du roi et la cathédrale.
00:02:43Ainsi, le roi pouvait venir assister à la messe sans passer par l'extérieur.
00:03:10Salut Richard !
00:03:11Bonjour !
00:03:12Bonjour !
00:03:13Bonjour !
00:03:13On s'embrasse.
00:03:15Voilà ta voiture ?
00:03:16Ah oui, c'est un petit travail.
00:03:18Ça symbolise un peu l'époque quand j'ai étudié au lycée ou à l'école primaire, mais ça fait
00:03:22déjà longtemps.
00:03:23Ah oui, attention !
00:03:24Faut pas être trop grand, quoi !
00:03:33Toi, tu es originaire d'ici ?
00:03:35Ah oui.
00:03:36Je suis né ici en 1975.
00:03:39On a l'occasion de profiter la vie beaucoup plus que la génération de nos parents.
00:03:43On peut plus voyager, on peut rencontrer plus de gens.
00:03:47Le système est différent, on a tout maintenant.
00:03:49Un euro, ça équivaut à combien de coûts ?
00:03:53C'est à peu près 25-26 grammes.
00:03:55Oui ?
00:03:55Mais ça va venir bientôt.
00:03:57Je pense que dans trois ans, quatre ans, on va payer un euro.
00:04:03Qu'est-ce que c'est, là-haut Richard ?
00:04:05C'est un métronome.
00:04:06Il était installé là-bas après la révolution en 1991.
00:04:10Ça ne symbolise rien de tout, je pense.
00:04:12Mais avant, il y avait la statue de Staline.
00:04:15C'était d'installer de 1963 à 1964.
00:04:19Il y a presque dix ans à peu près.
00:04:20À peu près dix ans.
00:04:22Exactement.
00:04:32Dépoulonnait la statue de Staline et Lénine qui ne tient plus qu'à un fil.
00:04:38Vingt ans après la chute de l'Union soviétique, il reste bien peu de traces du communisme dans les rues
00:04:43de Prague.
00:04:45Un Américain a donc décidé de rassembler les objets d'époque dans un musée du communisme.
00:04:52Les statuettes de mineurs, il y en a plein.
00:04:54C'est comme celle-là, avec des bureaucrates qui partent au travail pour construire le grand état socialiste.
00:04:59Dès comme ça, j'en ai trouvé des milliers.
00:05:07En 1968, le peuple se met à contester ouvertement l'idéologie soviétique.
00:05:12C'est le printemps de Prague.
00:05:15Immédiatement, l'armée rouge envahit le pays et réprime les manifestants.
00:05:20Commence alors une période sombre pour le peuple tchèque.
00:05:26Un sentiment de peur générale s'est emparé des habitants.
00:05:29On pouvait être interrogé à tout moment, espionné avec des caméras miniatures et des systèmes d'écoute.
00:05:35Même vos voisins pouvaient écrire un dossier sur vous et le transmettre à la police secrète.
00:05:40C'était un vrai cauchemar pour les gens.
00:05:45À l'époque, quelques Praguois osent braver le danger et entrent dans la dissidence.
00:05:50C'est ce qu'a fait Ivan Havel, un intellectuel qui est aussi le frère de l'ancien président, Vaclav
00:05:56Havel.
00:05:57Il a fait toute sa carrière à Prague, sous 40 années de communisme.
00:06:02Vous voyez là, les façades sont repeintes.
00:06:04Avant, tout était gris et triste.
00:06:07Même ça, ça a changé et c'est très visible.
00:06:12Dans son appartement, Ivan Havel imprimait des livres clandestinement.
00:06:18Même les grands classiques de la littérature étaient censurés par le régime.
00:06:22Alors, à la machine, les dissidents recopiaient mot à mot les livres interdits qui circulaient ensuite sous le manteau.
00:06:31On essayait d'organiser des séminaires clandestins, des débats d'idées dans les cafés et dans les appartements.
00:06:38On distribuait des livres interdits, on discutait beaucoup.
00:06:41Il y avait une véritable culture souterraine.
00:06:46Par certains côtés, l'atmosphère culturelle était plus riche à cette époque que maintenant.
00:06:50Aujourd'hui, plus rien n'est interdit.
00:06:52Et pourtant, les gens s'impliquent moins dans la vie culturelle.
00:06:58Richard, tu crois que je peux la conduire, l'attravant ?
00:07:00Tu me donnes un compte conduit ?
00:07:04Montre-moi, c'est difficile ou pas ?
00:07:08Je pense que tu es capable.
00:07:10Ah mais déjà, ça commence bien.
00:07:13Ok, là, c'est la première.
00:07:17T'as pas peur pour ta voiture ?
00:07:27C'est vraiment rigolo à conduire.
00:07:30Combien ça coûte une travaux aujourd'hui ?
00:07:31200 à 300 euros.
00:07:33200 à 300 euros ?
00:07:382ème.
00:07:382ème.
00:07:39Non, ça va.
00:07:39Et la 3ème ?
00:07:40Comme ça ?
00:07:41Comme ça ?
00:07:42Comme ça et comme ça.
00:07:44Il y a des trous.
00:07:45Oh putain !
00:07:49Ouh là ! Regarde ! En moto !
00:08:00C'est bien agréable, hein, ce parc.
00:08:02C'est le fameux parc Lettna, c'est ça ?
00:08:04Exactement.
00:08:04J'aime beaucoup cet endroit et je pense que pour les gens, c'est vraiment tranquille ici.
00:08:19C'est la plus belle vue de Prague.
00:08:21C'est la plus belle vue de Prague.
00:08:24D'ici, on voit tous les ponts de la ville.
00:08:28Et alors ici, ça a toujours été un restaurant ?
00:08:30L'ancien propriétaire a fait cadeau de ce bâtiment à la ville de Prague.
00:08:34Il vient d'une exposition qui s'est déroulée en 1891 à Vista Vecce et il a été déplacé jusqu
00:08:39'ici.
00:08:45Ah bah c'est parfait ici.
00:08:49Ah oui, on va être bien là.
00:08:50Qu'est-ce que vous nous conseillez en plat typique ?
00:08:54Le plus typique, c'est le canard à la bohémienne.
00:08:57Ah bah voilà.
00:08:58Je vais prendre ça moi, je vais prendre le petit canard.
00:09:00Et toi, tu prends quoi ?
00:09:02La pièce du boucher.
00:09:08Alors voilà le canard.
00:09:14C'est comme une quenelle en fait.
00:09:16D'accord.
00:09:17Parfait.
00:09:20C'est très bon.
00:09:39Je suis impressionnée par la rapidité avec laquelle ils ont croquis.
00:09:43C'est fou hein ?
00:09:45Je ne sais pas dessiner lentement.
00:09:48Je viens ici presque tous les jours.
00:09:50J'adore ce panorama.
00:09:52Il est vraiment exceptionnel.
00:10:05Oh Richard, tu as même réservé un bateau pour qu'on fasse un petit tour.
00:10:09Tu fais tellement bien les choses.
00:10:23Il est très impressionnant le pont Charles quand on passe en dessous comme ça.
00:10:27Ça c'est sûr que c'est le pont le plus connu à la République tchèque.
00:10:30C'est le pont Charles IV qui a construit ce pont, c'est le 14ème siècle.
00:10:35C'est trop antique.
00:10:36Ah oui, oui, oui.
00:10:40Avec son allure tranquille et son cours nonchalant, la Voltava a fait chavirer le cœur de nombreux
00:10:45Pragois.
00:10:47Les amoureux du fleuve, comme Giri et sa petite famille, forment dans la ville une communauté
00:10:52un peu à part.
00:10:54A l'origine, ce port était fait pour parquer les bateaux pendant l'hiver.
00:10:59Et puis quelques familles ont commencé à s'installer là toute l'année.
00:11:02Ça s'est fait naturellement comme ça.
00:11:04C'est un peu spécial comme endroit.
00:11:10Au creux d'un méandre épargné par le gel, Giri a jeté l'encre il y a une dizaine
00:11:15d'années.
00:11:16La famille s'est installée dans cette ancienne péniche entièrement retapée.
00:11:2180 mètres carrés sur l'eau, de quoi vivre intensément sa passion pour le fleuve.
00:11:26Là, voici la salle de bain.
00:11:32Ici, c'est le salon.
00:11:34Au fond, la chambre à coucher.
00:11:38Allez, viens faire tes devoirs.
00:11:44Quand on n'est pas ici, c'est qu'on est sur notre deuxième bateau en train de naviguer.
00:11:48Les enfants ne dorment quasiment jamais sur la terre ferme.
00:11:50Et ils ont l'air contents de vivre comme ça.
00:11:55Donc, peut-être pourquoi, Adam, je savais en tout limite.
00:11:57Allez, applique-toi.
00:12:04Moi, ce que j'aime bien, c'est qu'on peut pêcher.
00:12:06Il y a toujours des poissons sous le bateau.
00:12:08Parce que c'est là qu'ils se cachent.
00:12:14Mes parents se sont rencontrés sur un bateau.
00:12:17Pour choisir de vivre ici, il faut vraiment avoir une relation spéciale avec ce fleuve.
00:12:26Parmi les amis de la Voltava, on compte bien sûr les pêcheurs qui essaiment jusque dans le centre-ville.
00:12:32Le fleuve y est régulièrement nettoyé.
00:12:35La pollution urbaine n'affecte pas trop la qualité de l'eau.
00:12:41Là, on est vraiment sur mon coin préféré.
00:12:44Ici, ça mord souvent parce qu'on est à côté du barrage.
00:12:47Il y a du remous, alors l'eau est plus oxygénée et ça attire les poissons.
00:12:59La Voltava, c'est l'un des meilleurs fleuves du pays pour la pêche.
00:13:03En plus, c'est magnifique.
00:13:06C'est vu du fleuve qu'on a le meilleur panorama sur Prague.
00:13:15Bonjour, alors, ça mord ?
00:13:19Miroslav reçoit parfois la visite de la brigade fluviale, en patrouille sur le fleuve.
00:13:25Le permis de pêche est en règle, c'est bon.
00:13:32Voilà, alors bonne chance. J'espère qu'on n'a pas fait fuir tous les poissons.
00:13:41Les gens du fleuve ne sont pas très nombreux.
00:13:44C'est une toute petite communauté où tout le monde se connaît et se respecte.
00:13:48On est rarement appelés pour régler des litiges parce que les gens ne se font jamais de Cuba.
00:13:52Quand il y a un problème sur l'eau, on s'arrange à l'amiable.
00:13:58Les policiers du fleuve sont une dizaine d'hommes qui connaissent comme leur poche les moindres recoins de la Voltava.
00:14:05En été, ils font de la prévention et veillent au respect des règles de navigation.
00:14:10Mais il leur arrive parfois d'intervenir sur des opérations plus exceptionnelles.
00:14:21Le musée de Prague nous a signalé l'épave d'un bateau historique du 19e siècle.
00:14:25On doit plonger pour filmer l'épave et voir s'il sera possible de la renflouer.
00:14:35On sait que le bateau servait encore pendant l'entre-deux-guerres pour transporter des marchandises.
00:14:40Mais ce type de navire reste assez mystérieux pour nous.
00:14:44On ne les connaît que par des dessins et des gravures.
00:14:46C'est pourquoi nous espérons pouvoir restaurer cette épave et la présenter au public.
00:14:57Le bateau, trop fragile, devra sans doute rester à sa place.
00:15:05Même à ses plus fins connaisseurs, la Voltava n'est pas prête à livrer tous ses secrets.
00:15:27Parlez-moi un peu de l'histoire de ce quartier.
00:15:30En fait, ce que vous voyez ici, nous le devons à la Révolution française.
00:15:36Égalité, fraternité...
00:15:38C'est quoi après ?
00:15:39Liberté.
00:15:45Nous avions ici une ville dans la ville, jusqu'à il y a 200 ans de cela.
00:15:49Donc au moment de la Révolution française, quand les monarchies se sont ouvertes,
00:15:53les Juifs sont devenus plus libres, plus égaux.
00:15:56Ils ont pu commencer à sortir du ghetto.
00:15:58Mais le ghetto était toujours aussi petit, en plein centre de Prague.
00:16:02Et aujourd'hui, on parle toujours de ce quartier comme étant le quartier juif.
00:16:06C'est la plus grande communauté qui vit ici ?
00:16:08Aujourd'hui, les Juifs vivent un peu partout.
00:16:11Ils viennent ici uniquement pour assister aux cérémonies.
00:16:1560% de notre communauté sont des survivants de l'Holocauste, des enfants cachés.
00:16:20Vous comprenez ? On cachait ces enfants.
00:16:23Aujourd'hui, ils ne savent pas grand-chose sur le judaïsme, à part qu'Hitler a décimé leurs familles.
00:16:28Leurs enfants et petits-enfants sont une génération perdue, car il n'y avait pas d'école juive, aucune éducation
00:16:33juive.
00:16:41Donc, qui parle ? Vous parlez à l'horloge ou c'est l'horloge qui vous parle ?
00:16:45C'est l'horloge qui vous parle.
00:16:47Dans toutes les cultures, même la culture française, la droite vient en premier.
00:16:51La droite est le bon côté.
00:16:52Regardez ça.
00:16:53Je vais vers la droite.
00:16:55Aleph, Bet, Gimel, Dalet.
00:16:58Vous comprenez ? Aleph c'est un, Bet c'est deux.
00:17:01Vous comprenez ?
00:17:02C'est à l'envers.
00:17:04Nous tournons dans le bon sens.
00:17:05Vous dans le mauvais.
00:17:06OK, allons-y.
00:17:16Voici notre mémorial des Dialogos.
00:17:21Les noms en jaune sont des lieux.
00:17:26En rouge, ce sont les noms de famille.
00:17:28Bergman.
00:17:32Parfois, vous ne voyez qu'un jaune et un rouge.
00:17:35Ce qui veut dire qu'Hitler pouvait venir prendre et tuer une seule personne dans un village.
00:17:39Un juif perdu en Albanie, il le pourchassait jusqu'à ce qu'il l'ait tué.
00:17:45Ce cimetière est construit ainsi.
00:17:48Donnez-moi votre main, s'il vous plaît.
00:17:50Voici ma tombe et voici ma pierre tombale.
00:17:53Mais dans le ghetto, si l'espace pour vivre est limité, la place pour la mort l'est également.
00:17:58Donc une fois que la tombe est remplie, qu'est-ce qu'on fait ?
00:18:01On retire la pierre, on recouvre ceci avec une couche de 50 cm de sable,
00:18:06et on enterre une autre personne.
00:18:08Donc on a besoin d'une autre pierre.
00:18:11Et ensuite, on monte comme ceci.
00:18:14Et ici, il y a de plus en plus de pierres.
00:18:16Parfois, on peut enterrer jusqu'à 12 personnes les unes au-dessus des autres.
00:18:22Vous voyez ça ? Ce sont des ciseaux.
00:18:27Autrefois, il n'y avait pas de nom de famille.
00:18:30Vous étiez le fils d'eux, ou bien vous considérez le nom de la ville ou le métier du grand
00:18:34-père.
00:18:35Donc cet homme était Rayat, ce qui en hébreu veut dire tailleur.
00:18:40Donc ce nom de métier vous suit et devient un nom de famille.
00:18:44Il y a 300 ans, il n'y avait de nom de famille ni pour les juifs ni pour les
00:18:48autres.
00:18:48Oui, c'était le couturier.
00:18:54Allons directement au centre de la synagogue pour voir le waouh.
00:18:58Non, il est juste là.
00:19:03Regardez ce waouh.
00:19:03C'est waouh.
00:19:04Ah, c'est waouh.
00:19:30D'accordé.
00:19:32120, tout le monde me double.
00:19:35Non, tu roules à 40.
00:19:42Richard, j'ai oublié de te dire une chose.
00:19:43Oui.
00:19:44J'ai prévu un petit cours de danse, enfin un petit cours de valse.
00:19:49Et j'avais besoin d'un cavalier, alors je me suis dit que tu pourrais peut-être m'accompagner.
00:19:54Mais qu'est-ce que je peux faire avec une fille comme toi ?
00:19:58Tu ne peux rien me refuser.
00:20:00Donc tu viens avec moi.
00:20:01Je dois dire, bien sûr.
00:20:03Ok.
00:20:13Jeune homme.
00:20:17Il ne faut pas qu'on se marche sur les pieds.
00:20:19Ça, c'est le truc.
00:20:20On ne peut pas se marcher sur les pieds.
00:20:22Sinon, là, là, c'est ça ?
00:20:25Oui, là, là.
00:20:27C'est bien.
00:20:31Ça, d'accord.
00:20:32Ça, ça, c'en est bon.
00:20:33Ok.
00:20:33Et après ?
00:20:34Maintenant, ça m'a réparé, gauche.
00:20:35Qu'est-ce qu'on fait ?
00:20:36On commence.
00:20:37On commence ?
00:20:37Ah, je n'ai pas prête.
00:20:393, 2, 3, 2, 3, 2, 3, 2, 3, 2, 3, 2, 1.
00:20:46Ça va pas du tout, ça va pas du tout.
00:20:48Ah ouais, c'est moi.
00:20:49C'est ça, c'est ça, c'est ça.
00:20:51C'est ça.
00:20:51Regarde, on est un peu crispé.
00:20:55Il faut vous tenir plus droit et lever un peu plus votre bras gauche.
00:21:00C'est pas trop bien parce qu'il fait des autres choses.
00:21:02C'est ça, c'est ça.
00:21:05À l'image de leur ville, élégante et raffinée, les Praguais aiment dévoiler leurs plus beaux atours.
00:21:12Les grands balles du Lucerna sont l'occasion pour les jeunes d'apprendre à briller en bonne société.
00:21:18Chaque année, les lycéens défilent en grande pompe sous les yeux de leurs parents et professeurs.
00:21:24Il s'agit d'une petite fête destinée à nos élèves de Terminal, les futurs bacheliers.
00:21:29C'est le 54e balle de l'école et tous se sont déroulés dans cette salle.
00:21:35C'est un endroit spécialement dédié aux balles de Prague.
00:21:45Prisé par certains, redouté par d'autres, la balle, c'est le point d'orgue d'une soirée de gala.
00:21:53Mais ici, la chose n'a rien d'aristocratique, car le balle fait partie intégrante du cursus scolaire.
00:22:00Garçons et filles ont donc tous suivi des cours de danse pour préparer cette soirée.
00:22:08C'est sympa cette fête, ça nous change de l'ordinaire.
00:22:12C'est sûr que c'est un peu vieux jeu, mais on s'amuse quand même.
00:22:19Alors comment tu as trouvé la balle ? Ça s'est bien passé pour toi ?
00:22:22Oui, j'en ai dansé deux avec mon père. C'était surtout par devoir.
00:22:27Et puis, avec une robe aussi longue, c'est vraiment pas pratique.
00:22:34Il faudra encore quelques efforts pour être à la hauteur de cette tradition, vieille de plusieurs siècles.
00:22:41Un art de vivre qui prit naissance à la cour des Habsbourg.
00:22:46Au Musée National de la Musique, on chérit toujours la mémoire de ses illustres prédécesseurs
00:22:51qui ont fait de Prague la plus belle scène de musique classique au XVIIIe siècle.
00:22:59La Bohème était le conservatoire de l'Europe.
00:23:02En période classique, beaucoup de compositaires et interprètes étrangères venaient à Prague.
00:23:09Cette tradition se produit par la visite des personnages importants comme Mozart, Beethoven, Franz Liszt.
00:23:21Aujourd'hui encore, la ville est associée à ses grands noms de la musique classique.
00:23:25Et de tout le pays, c'est à Prague que les concertistes viennent pour se former.
00:23:33C'est ce qu'a fait Stanislava.
00:23:35Cette mezzo-soprano de 34 ans a quitté sa province pour s'installer à la capitale.
00:23:41Prague est importante pour les musiciens car c'est notre centre culturel.
00:23:45On y donne énormément de concerts et de spectacles.
00:23:49Le public est international et il y a de nombreux agents.
00:23:53C'est un montre en plein pour une carrière.
00:24:00Ce soir, Stanislava se produit au Théâtre National.
00:24:03C'est la plus grande institution culturelle du pays.
00:24:09Elle y incarne Mercedes, la meilleure amie de Carmen dans l'Opéra de Bizet.
00:24:19Le Théâtre National, par son histoire, est l'incarnation de la nation tchèque.
00:24:25C'est le peuple qui a choisi de construire son propre théâtre
00:24:28en lançant une grande souscription nationale au XIXe siècle.
00:24:32Pour les tchèques, c'est un peu le saint du saint.
00:24:35Alors évidemment, c'est un grand privilège pour moi de monter sur ces planches.
00:24:48A Prague, la première de Carmen fut un succès dès 1880.
00:24:55Le public français, lui, mettra quelques années de plus
00:24:58à saisir la grandeur de l'Opéra de Bizet.
00:25:09Un dicton l'affirme, derrière chaque tchèque se cache un musicien.
00:25:16Ce soir, Stanislava ne fera pas défaut à la tradition d'excellence de la scène pragoise.
00:25:39C'est sympa.
00:25:42Alors en haut, ce sont les apôtres qui défilent.
00:25:45Oui, exactement.
00:25:46Puis à droite, je vois qu'il y a un squelette.
00:25:48C'est la mort, ça, qui sonne le temps.
00:25:50Oui, oui, oui.
00:25:52À la dernière moment de la deuxième guerre,
00:25:54il y avait un tank militaire de fascistes
00:25:56qui est venu exactement au milieu de la place de la Vieille-Huvel
00:26:00et l'a tiré directement à l'horloge.
00:26:03Voilà un endroit symbolique alors aussi.
00:26:05Mais finalement, on va tout sauver.
00:26:06Et cette horloge fonctionne toujours.
00:26:13Bon, Sophie, il y a quelque chose de même intéressant.
00:26:16Oui ?
00:26:18Tu vas me faire écouter quelque chose.
00:26:20À tout va pas.
00:26:35C'est qui ?
00:26:37C'est qui qui chante ?
00:26:38C'est un chanteur tchèque.
00:26:39Oui ?
00:26:40Qui s'appelle comment ?
00:26:41Pas mal populaire.
00:26:42Oui ?
00:26:43Dis-moi qui c'est.
00:26:44C'est mon père.
00:26:46C'est ton père ?
00:26:47Ah oui.
00:26:47Ah oui.
00:26:48Comment s'appelle ton père ?
00:26:49Il s'appelle Petre Rezek.
00:26:51Et là alors, qu'est-ce qu'il chante ?
00:26:52Qu'est-ce que disent ces paroles ?
00:26:54Il dit merci.
00:26:56Ça, c'est le message pour les spectateurs qui sont devant lui.
00:26:59Parce que grâce à ce spectateur, il préfère la musique.
00:27:03Parce que si il n'y a pas de spectateur,
00:27:04pour lui, il peut jouer.
00:27:06Peut-être un jour, on aura un peu plus de temps
00:27:09et je peux te traduire toutes les chansons.
00:27:10Oui, avec plaisir.
00:27:11Oui, avec toutes les chansons.
00:27:19Ici, c'est le début de la place Venceslau.
00:27:22Si il y a des gens qui font la révolution,
00:27:25ou des choses comme ça,
00:27:26c'est toujours ici.
00:27:31On va traverser le pont
00:27:33qui va directement
00:27:35près de Dancing House.
00:27:38La maison qui danse.
00:27:40C'est joli ça.
00:27:41C'est un peu l'art moderne.
00:27:44Juste à côté des maisons
00:27:45qui ont vraiment une histoire,
00:27:47une grande histoire.
00:27:49Il y a des gens qui disent
00:27:50«OK, on est d'accord avec ça »
00:27:52et il y a des gens qui disent
00:27:53«OK, on est absolument contre ça »
00:27:55parce que si on est dans la quartier historique,
00:27:57il n'y a pas la place pour le bâtiment moderne.
00:28:08J'ai l'impression, Richard,
00:28:09qu'ici,
00:28:10si on veut aller boire un verre,
00:28:12on n'a pas de mal pour trouver
00:28:12un bar ou un café.
00:28:15Ah, oui, c'est vrai.
00:28:16Mais on a le café
00:28:18juste ici,
00:28:20traditionnel pour le tchèque,
00:28:21parce qu'ici,
00:28:22les gens boivent le café
00:28:24et peuvent lire de livres.
00:28:25Une bière dans un bar
00:28:27où il y a des habitués,
00:28:28des Praguais,
00:28:29ça coûte combien à peu près ?
00:28:31Ça coûte à peu près
00:28:3225, entre 25 et 30 kron.
00:28:34Oui, ce qui permet donc
00:28:35aux Praguais d'en boire plusieurs.
00:28:37Ah, c'est vrai,
00:28:38c'est pas trop cher.
00:28:39Comment on dit « bière » d'ailleurs ?
00:28:41On dit « pivot ».
00:28:42« Pivot », comme ça là.
00:28:43P-I-V-O, c'est ça ?
00:28:44Bernard Pivot,
00:28:45c'est un Français
00:28:46qui est amoureux des livres.
00:28:48Ah oui ?
00:28:48Oui, il doit être content
00:28:50de voir qu'il a une bière
00:28:51qui prend son nom.
00:29:01Ah oui, donc d'accord,
00:29:02c'est la grande bière,
00:29:03tout de suite.
00:29:04Ça fait beaucoup quand même.
00:29:06Mais ici,
00:29:06c'est rien.
00:29:08C'est normal.
00:29:10Comment on dit « santé » ?
00:29:11On dit « nazdraví ».
00:29:12Nazdraví.
00:29:16Moi, je vais y aller doucement.
00:29:18Ah oui, toi,
00:29:19tu vas très vite.
00:29:20Je suis tchèque.
00:29:21C'est ça.
00:29:22C'est toute la différence.
00:29:26La bière tchèque
00:29:27est répétée
00:29:28dans le monde entier.
00:29:33Et ce sont
00:29:33les petites brasseries
00:29:34semblables à celles-ci
00:29:36qui lui ont offert
00:29:36une si grande renommée.
00:29:38Le matériel est moderne,
00:29:40mais comme à l'ancienne,
00:29:41on applique toujours
00:29:42la recette
00:29:42des premiers maîtres brasseurs.
00:29:48Dans l'eau,
00:29:49on va mélanger
00:29:50différents types de malt.
00:29:51Il faut chauffer
00:29:52jusqu'à une certaine température.
00:29:53et puis on peut
00:29:54rajouter le houblon.
00:29:55Ici, on met vraiment
00:29:56un point d'honneur
00:29:56à respecter
00:29:57le savoir-faire artisanal.
00:29:58Et on est très attaché
00:30:00à cette tradition.
00:30:03En une journée,
00:30:04on brasse ici
00:30:051000 litres de bière.
00:30:07Blonde,
00:30:08ambrée
00:30:08et brune.
00:30:10Une production modeste
00:30:11que l'on consomme
00:30:12directement sur place.
00:30:15Le processus
00:30:16est plus lent,
00:30:17plus complexe
00:30:18que dans les brasseries
00:30:18industrielles.
00:30:19Mais ça vaut la peine
00:30:20car la bière
00:30:21a vraiment meilleur goût.
00:30:22C'est un point de vue
00:30:23positif
00:30:23de la nourriture privée.
00:30:28Ici,
00:30:29la bière
00:30:29est la boisson nationale.
00:30:31En moyenne,
00:30:32un habitant
00:30:32en engloutit
00:30:33160 litres par an,
00:30:35ce qui fait
00:30:35des Tchèques
00:30:36les plus gros
00:30:36consommateurs du monde.
00:30:39Alors forcément,
00:30:40le pub est un peu
00:30:41comme une deuxième maison.
00:30:43Voilà une pâte pour vous.
00:30:51Par rapport aux autres pays,
00:30:53la bière Tchèque
00:30:54a beaucoup plus de goût.
00:30:55La saveur
00:30:56est très prononcée.
00:30:57Par contre,
00:30:58elle est moins alcoolisée.
00:31:02On peut donc dire
00:31:03qu'il est possible
00:31:04de boire plein de bière
00:31:05sans être sou.
00:31:07Comme ça,
00:31:08on peut en profiter
00:31:08plus longtemps.
00:31:09On peut rester au pub
00:31:10pendant des heures.
00:31:11C'est un autre mode de vie.
00:31:14C'est une autre façon
00:31:15d'apprécier la bière.
00:31:19À Prague,
00:31:20la question de la bière
00:31:21est prise au sérieux.
00:31:22Dans le très officiel
00:31:24centre de recherche sociologique,
00:31:26un monsieur bière
00:31:27y consacre
00:31:28toutes ses journées.
00:31:29Selon des critères
00:31:30très précis,
00:31:31il a comparé
00:31:32la culture bière
00:31:32de plusieurs pays.
00:31:34Et la République Tchèque
00:31:35est la mieux notée.
00:31:39Le sujet de la bière
00:31:40et des pubs
00:31:41dans la société tchèque.
00:31:41Tchèque est passionnant.
00:31:43Il y a des racines historiques
00:31:45très profondes.
00:31:46Ça touche à la tradition.
00:31:47La bière fait partie
00:31:48de la vie quotidienne
00:31:49des gens.
00:31:50La question mérite donc
00:31:51d'être analysée
00:31:52plus en profondeur.
00:31:58La bière représente
00:32:00aussi un secteur important
00:32:01pour l'économie du pays.
00:32:04Plusieurs grandes marques
00:32:05se partagent le marché.
00:32:07Dans cette usine,
00:32:082500 personnes
00:32:09travaillent nuit et jour
00:32:10à l'embouteillement.
00:32:17Coselle, le bouc,
00:32:18est le symbole
00:32:19de notre brasserie
00:32:20car c'est une bière
00:32:21sombre et puissante.
00:32:23Les gens ont surnommé
00:32:24cette bière comme ça
00:32:25car c'est une boisson
00:32:25très forte
00:32:26pour les gars
00:32:27bien virils.
00:32:30Le secteur de la bière
00:32:31ne connaît pas la crise.
00:32:33Les industriels
00:32:34savent qu'ils pourront
00:32:35toujours compter
00:32:35sur la forte demande
00:32:36des consommateurs.
00:32:40Dans cette partie,
00:32:42on est capable
00:32:42de produire
00:32:4340 000 bouteilles
00:32:44par heure,
00:32:45ce qui fait
00:32:45800 000 bouteilles
00:32:51Une partie de la production
00:32:53est exportée
00:32:53vers 50 pays différents.
00:33:00Le succès commercial
00:33:02confortera sans doute
00:33:03cette croyance populaire
00:33:04qui fait de la bière tchèque
00:33:05la meilleure du monde.
00:33:15T'as trouvé
00:33:16l'entrée des galeries ?
00:33:18Oui, je pense que c'est ici.
00:33:20C'est au numéro 11 apparemment.
00:33:33Allô ?
00:33:34Allô, c'est Sophie !
00:33:35Salut !
00:33:36Salut, je peux rentrer ?
00:33:38Ok !
00:33:39Ok !
00:33:44Salut, Vasslav !
00:33:45Salut, Sophie !
00:33:47Ça va ?
00:33:47Ça va bien et toi ?
00:33:48Ouais, on s'embrasse.
00:33:50Alors, Vasslav,
00:33:50j'ai vu la ville en haut,
00:33:52elle est magnifique, hein ?
00:33:53Je suis très curieuse
00:33:54de savoir comment elle est
00:33:55en dessous.
00:33:56Tu vas me montrer ça ?
00:33:57Oui ?
00:33:57Oui, oui.
00:33:58Nous sommes ici,
00:34:00sur la place
00:34:02Senovajne.
00:34:03Puis on prendra le train
00:34:04jusqu'à la place
00:34:06de la Bible.
00:34:09Ah, il faut s'équiper.
00:34:11Voilà les casques pour vous.
00:34:13Merci.
00:34:14C'est parfait.
00:34:17C'est parfait.
00:34:17C'est parfait.
00:34:19C'est parfait.
00:34:22Alors là, vous allez où exactement ?
00:34:24Qu'est-ce qu'on va voir ?
00:34:25Presque tout que la ville moderne
00:34:29a besoin pour sa fonction.
00:34:31Il y a 90 kilomètres
00:34:33de galerie souterraine.
00:34:35Nous sommes au centre-ville.
00:34:36Au centre,
00:34:37il y a 20 kilomètres.
00:34:39C'est trop difficile.
00:34:41J'ai l'impression d'être dans un jouet.
00:34:57Là, ce gros tuyau, c'est quoi ?
00:34:59C'est le conduit de l'eau à boire.
00:35:02Je veux faire le conduit de la ventilation.
00:35:10Ce sont les portes parfaites.
00:35:13S'il y avait un incendie,
00:35:14les portes se fermeraient ?
00:35:16Automatiquement.
00:35:16D'accord.
00:35:16Ce n'est pas trop angoissant
00:35:18de travailler comme ça,
00:35:19sous terre ?
00:35:20Non, non, non.
00:35:22J'aime cet endroit.
00:35:25C'est intéressant de travailler ici.
00:35:27Ici, le calme.
00:35:30Au-dessus de la tête,
00:35:32il y a un autre monde.
00:35:34Beaucoup de gens,
00:35:35beaucoup de voitures.
00:35:36Tu es plus loin de déplier, toi.
00:35:40Et on va passer par où, alors ?
00:35:43Par cette échelle.
00:35:44Par l'échelle ?
00:35:46Sois prudent, s'il vous plaît.
00:35:48Oui, oui.
00:35:48Pas de problème, monsieur.
00:35:56Nous sommes sous la place
00:35:58de Vieille Ville.
00:35:59Oui.
00:36:00Là, l'horloge.
00:36:01Il faut beaucoup d'imagination.
00:36:04Devant nous,
00:36:05l'église de Saint-Nicolas.
00:36:10Et voilà, Sophie,
00:36:11c'est la galerie
00:36:12qui est la plus ancienne
00:36:14à Prague.
00:36:16Nous sommes
00:36:18de 7 mètres de profondeur.
00:36:22C'est le niveau
00:36:24du 15e siècle.
00:36:26Parisi allait le roi tchèque
00:36:28pour sa couronnement
00:36:29au château de Prague.
00:36:31Ah, d'accord.
00:36:31Et maintenant,
00:36:31il y a des tuyaux partout.
00:36:32Oui, seulement.
00:36:35Il y a combien d'échelles
00:36:36comme ça ?
00:36:39Trois.
00:36:40Trois encore.
00:36:41OK.
00:36:42Là, c'était combien de mètres
00:36:43à peu près ?
00:36:4517 mètres.
00:36:4617 mètres ?
00:36:4617 mètres.
00:36:47C'est pas mal.
00:36:50Il ne faut pas trop
00:36:50regarder en bas.
00:36:53Parce qu'on peut vite
00:36:54avoir le vertige quand même.
00:37:04ouah, c'est génial.
00:37:07Ah ouais,
00:37:08ça fait une super impression.
00:37:10Ah ouais,
00:37:10c'est chouette comme tout.
00:37:12Et voilà,
00:37:13la porte est fermée.
00:37:14Merci beaucoup,
00:37:15Václav.
00:37:16Alors ça,
00:37:16c'était vraiment
00:37:17une visite insolite.
00:37:18Je ne m'attendais pas à ça.
00:37:19C'est bon.
00:37:41le berger.
00:37:42Bonsoir.
00:37:44Ce soir,
00:37:45on joue au Don Giovanni
00:37:46avec des marionnettes.
00:37:48La première mondiale
00:37:48a eu lieu en 1787
00:37:50et c'est Mozart lui-même
00:37:51qui l'a dirigé.
00:37:53Très bien.
00:37:54Bon, ben, merci.
00:37:55Bonsoir.
00:37:56Merci.
00:37:59Le placement est libre.
00:38:00C'était une semaine.
00:38:26Chaque soir,
00:38:27depuis près de 20 ans,
00:38:28les marionnettes
00:38:29de Don Juan
00:38:30entrent en scène.
00:38:31Et en coulisses,
00:38:32inlassablement,
00:38:34les petites mains
00:38:34reproduisent
00:38:35cette mécanique
00:38:36millimétrée
00:38:40comme l'exige
00:38:41la longue tradition
00:38:41des marionnettistes
00:38:42praguais.
00:38:47Ce qui est pratique,
00:38:48c'est que les marionnettes
00:38:49ne disent jamais non.
00:38:51Elles obéissent
00:38:52au doigt et à l'œil.
00:38:53Il suffit d'être
00:38:53un peu habile
00:38:54et vous pouvez leur faire
00:38:55faire ce que vous voulez.
00:38:56Elles peuvent marcher,
00:38:58tendre des objets,
00:38:59parler et même voler.
00:39:07A Prague,
00:39:08les marionnettes
00:39:09sont en terrain conquis.
00:39:15A chaque coin de rue,
00:39:16on croise
00:39:17ces petites créatures
00:39:18de bois
00:39:18qui semblent parfois
00:39:20plus nombreuses
00:39:20que les vivants
00:39:21de chair et de sang.
00:39:24Ces drôles d'habitants
00:39:25font partie
00:39:26du paysage tchèque
00:39:27depuis plus de 300 ans.
00:39:32A l'époque,
00:39:33les théâtres
00:39:33étaient sans sous.
00:39:34Ils n'avaient pas
00:39:35les moyens
00:39:35d'engager des acteurs.
00:39:37Alors,
00:39:38pour jouer
00:39:38les grands classiques
00:39:39du théâtre,
00:39:39ils ont remplacé
00:39:40les comédiens
00:39:41par des marionnettes.
00:39:42C'était moins cher.
00:39:43Les spectacles
00:39:44parcouraient tout le pays.
00:39:45C'est devenu très populaire.
00:39:54Dans l'arrière-boutique,
00:39:56l'étrange docteur Pavel
00:39:57donne vie
00:39:58à ses dernières créations
00:40:00et donne aussi
00:40:01du fil à retordre
00:40:02à ses employés.
00:40:05C'est pas évident
00:40:07parce que le fil
00:40:08est vraiment très fin
00:40:09et moi,
00:40:10j'ai les doigts
00:40:11un peu lourds d'eau.
00:40:12Alors,
00:40:13j'y arrive pas bien.
00:40:15Ça demande
00:40:15beaucoup de concentration.
00:40:24comme on peut le voir
00:40:25sur cette marionnette,
00:40:26chaque visage
00:40:27est peint à la main
00:40:28et toujours
00:40:29de façon différente.
00:40:31Certains sourient,
00:40:32d'autres sont tristes,
00:40:33méchants ou joyeux.
00:40:35C'est ce qui en fait
00:40:36des modèles originaux.
00:40:38Cela insuffle
00:40:38à chaque marionnette
00:40:39un caractère particulier.
00:40:49Entre des mains expertes,
00:40:51les objets de bois
00:40:52s'animent
00:40:52et peuvent enfin
00:40:53prendre vie.
00:40:57De nombreuses compagnies
00:40:59théâtrales
00:40:59ont choisi
00:41:00d'utiliser les marionnettes
00:41:01pour l'immense liberté
00:41:02qu'elles leur offrent.
00:41:03Avec les marionnettes,
00:41:05on peut tout se permettre.
00:41:06On peut les tuer,
00:41:08on peut les brûler
00:41:08quand elles sont en papier.
00:41:11Et le lendemain,
00:41:12on peut encore recommencer.
00:41:13On a beaucoup plus
00:41:14de possibilités
00:41:15qu'avec des vrais acteurs.
00:41:17Aujourd'hui,
00:41:18c'est un conte pour enfants.
00:41:19C'est l'histoire
00:41:20du petit ange Antoine
00:41:21qui descend sur terre
00:41:23mais il s'égare
00:41:24sur la planète.
00:41:25Il rencontre
00:41:26ce petit diable
00:41:27et tous les deux
00:41:28deviennent copains.
00:41:29Et du coup,
00:41:30le petit diable
00:41:30arrête de faire des bêtises.
00:41:38Les marionnettes
00:41:39laissent le champ libre
00:41:40à l'imagination
00:41:41des artistes.
00:41:45Elles créent
00:41:46un univers féerique
00:41:47qui transportent
00:41:48sans peine
00:41:49toutes les générations
00:41:50de praguois.
00:41:57les tickets
00:41:58peuvent être
00:42:00un homme
00:42:13qui transportent
00:42:14dans le temps
00:42:14à l'isle.
00:42:15Je vois que tout se passe
00:42:16avec le sourire.
00:42:17Ah oui, pas toujours, on se regarde toutes les années.
00:42:20Parce que ça fait partie du jeu et puis une fois qu'on rentre dans les vestiaires, c'est bon.
00:42:23D'accord.
00:42:24On se défoule bien et puis c'est un sport.
00:42:27Wow, c'est extraordinaire.
00:42:28Les techniques et la physique à la fois.
00:42:34Mais j'ai essayé de comprendre pourquoi les Tchèques et les Pragois en particulier
00:42:39aimaient autant ce sport.
00:42:40A mon avis, ça vient d'un héritage.
00:42:42Les Tchèques sont de très bons hockeyeurs depuis des décennies.
00:42:47Et c'est les Tchèques qui ont traîné les Russes.
00:42:49Ah oui.
00:43:06Alors là, on est passé à un niveau et une catégorie supérieure.
00:43:14C'est l'équipe du Spartan qui s'entraîne.
00:43:16Ah oui, c'est le Spartan.
00:43:17Qui s'entraîne.
00:43:18Le Spartan de Prague.
00:43:18Ah oui, c'est le Spartan.
00:43:23Tu sais quoi, j'aimerais pas être à la place du gardien.
00:43:33Comment ça se passe un peu tes entraînements là ?
00:43:35Je vois que c'est du sérieux.
00:43:37Vous faites ça tous les jours ?
00:43:39Oui, on s'entraîne tous les jours et on a 3 matchs par semaine.
00:43:43Qu'est-ce que tu en veux faire dans les mois à venir ?
00:43:47Mon rêve, c'est de jouer pour la NHL, la Ligue Nationale aux Etats-Unis.
00:43:54Si je continue de travailler dur, je pense que j'aurai bientôt le niveau.
00:43:58Est-ce qu'il y a des équipes françaises qui peuvent jouer contre vous, qui sont à votre niveau ?
00:44:04À vrai dire, l'équipe de France n'a pas vraiment notre niveau.
00:44:09Moi, la dernière fois que j'ai joué contre des français, j'étais à l'école primaire.
00:44:15Est-ce que je peux venir sur la glace avec toi pour essayer ?
00:44:19Ouais, je peux ?
00:44:20Bon, je vais mettre des patins, j'arrive.
00:44:32Allez, avec toi !
00:44:34Oui, viens !
00:44:37Yes !
00:44:39Oh, bien joué !
00:44:44Je suis sûre que Jean Afanasieff n'a pas fait de hoquet sur glace
00:44:49lors de son voyage sur la route des Sherpas.
00:44:51On va retrouver une nouvelle étape de cette route mythique.
00:44:54Il est entre Le Terail et Katmandou.
00:44:57T'as vu ? Je m'en suis bien sorti !
00:44:59J'ai vu, ça t'a très très bien !
00:45:01Impressionnant, hein ?
00:45:02Super !
00:45:03Je crois que je vais jouer dans l'équipe du Sparta, faut que je leur propose !
00:45:07Je suis sûr !
00:45:13Toujours attiré par la magie de l'Himalaya, je suis parti à la rencontre des Sherpas qui ont écrit la
00:45:18légende de l'Everest.
00:45:20Comme eux, j'ai emprunté le train à vapeur qui les conduisait à Darjeling alors qu'ils allaient rejoindre les
00:45:25premières expéditions britanniques.
00:45:30Dans cette ville tout en hauteur, j'ai trouvé la maison de Tenzing Norké, mais personne pour m'accueillir.
00:45:37J'ai rencontré, par hasard, Nawangambu Sherpa, le premier homme à être monté deux fois au sommet de l'Everest.
00:45:43Avec émotion, nous avons évoqué les souvenirs de nos ascensions.
00:45:49De Darjeling, je redescends dans la moiteur du Bengale occidental pour franchir la frontière entre l'Inde et le Népal.
00:45:56En contournant la barrière de l'Himalaya, je traverse les plaines chaudes du Terrail, parfois engloutis par les puits de
00:46:02la Mousson.
00:46:03Puis j'arrive à Janakpur pour la fête des Lumières.
00:46:15Avant de quitter Darjeling, Kishan, mon guide, m'entraîne vers le temple du Darjeling, le dieu de la foudre.
00:46:24C'est sur cette colline de l'observatoire que l'on a construit le premier édifice sacré de Darjeling.
00:46:33Nous sommes au temple de Mahakala.
00:46:37Ce dieu est le père protecteur.
00:46:40A l'intérieur du temple, il y a un hôtel dédié d'un côté aux hindouistes et de l'autre
00:46:46aux bouddhistes.
00:46:51C'est le seul qui existe en Inde.
00:47:01Après la célébration du nouvel an bouddhiste, la fête de Lhosa, le Sherpa Tenzing avait l'habitude de venir dans
00:47:10ce temple pour prier avec toute sa famille.
00:47:13A ce temple pour prier.
00:47:20Une fois encore, l'ombre de Tenzing a ressurgi.
00:47:24Pour lui, comme pour tous les bouddhistes, la mort n'est pas une fin, mais un passage vers une autre
00:47:29vie.
00:47:34Après ces instants de militation avec le dieu de la foudre, j'abandonne le fantôme de Tenzing pour me replonger
00:47:42une dernière fois dans le désordre organisé de la ville.
00:47:51J'ai maintenant envie d'aller plus loin pour en savoir plus.
00:47:54J'ai repris la route pour continuer à suivre la trace des Sherpas jusqu'aux plantations du T2 d'Argeline.
00:48:13Quelques kilomètres plus bas, les collines sont recouvertes à perte de vue par des jardins de thé.
00:48:23Au milieu du 19e siècle, les Britanniques implantent le thé dans cette région pour ne plus dépendre de la production
00:48:29chinoise.
00:48:31Les Sherpas procurent alors une main-d'oeuvre parfaitement adaptée à ces pentes qui s'échelonnent jusqu'à plus de
00:48:382000 mètres d'altitude.
00:48:52Fasciné par les gestes de ces femmes, j'apprends qu'elles doivent récolter chaque jour 35 kg de feuilles qui
00:48:59permettront de produire 8 kg de thé.
00:49:12Chacune des 4 récoltes annuelles assure au thé de Darjeeling une qualité particulière.
00:49:20Je dérange le directeur de l'usine. Combien de temps faut-il pour fabriquer le thé ?
00:49:27Il faut deux jours.
00:49:30Aujourd'hui, on a récolté les feuilles. Après, tout va au séchage, à toute la chaîne de fabrication, la fermentation,
00:49:38au triage, tout le processus.
00:49:41En tout, il faut deux jours pour avoir un thé de bonne qualité, prêt à être consommé.
00:49:51Les feuilles sont séchées et ensuite roulées pour libérer leurs huiles essentielles.
00:49:58Puis, c'est le criblage et à nouveau le séchage.
00:50:05Enivré par l'odeur du thé, je suis dans le local où il est finalement trié selon sa qualité.
00:50:13Thé noir, thé vert, les Darjeeling partent à l'exportation pour la fortune des planteurs.
00:50:18Vendus en Europe, les plus cotés atteignent jusqu'à plus de 1000 euros le kilo.
00:50:23Je tente de soutirer d'autres informations.
00:50:28Surface de la plantation, nous avons 436 hectares.
00:50:34Et la production annuelle ?
00:50:37Notre production est de 300 tonnes.
00:50:39300 tonnes.
00:50:43Il y a environ 1400 employés.
00:50:50Visiblement, mes questions dérangent.
00:50:52Ce panneau n'indique pas que les cueilleuses touchent 2 euros pour 8 heures de travail
00:50:57et que tous les employés sont payés moitié en espèces et moitié sous forme d'avantages.
00:51:03Logés et soignés gratuitement, leurs enfants étudient dans l'école financée par la plantation.
00:51:171500 mètres plus bas, je longe encore d'interminables étendues recouvertes de champs de thé.
00:51:23Cultivés dans ces basses plaines, j'apprends avec surprise qu'ils portent à tort l'appellation Darjeeling.
00:51:31La production annuelle de ce thé est estimée à seulement 11 000 tonnes.
00:51:37Mais par quel miracle le volume vendu sous ce nom dans le monde est-il 4 fois supérieur ?
00:51:57J'ai rejoint l'Inde profonde.
00:51:59Encore remplie de la douceur de vivre à Darjeeling, le changement est brutal.
00:52:06Je dois chasser de mon esprit l'idée que j'ai de la misère pour m'adapter à la réalité
00:52:11de la vie quotidienne de ces gens.
00:52:30En poursuivant ma route, je m'imprègne de toutes ces couleurs, de tous les parfums et de ces visages qui
00:52:36me préparent à passer d'un pays à un autre sans en avoir la sensation.
00:52:45Je suis encore en Inde mais déjà au Népal.
00:52:48La frontière se résume à une ligne tracée sur une carte qui court le long d'une étroite bande de
00:52:53terre.
00:53:03Je roule dans le terrain et cette région contredit la vision verticale que l'on a du Népal.
00:53:20Comme les Sherpas en leur temps, la chaleur étouffante me pousse à presser le pas.
00:53:25Mais je veux profiter calmement des paysages et partager le mode de vie des habitants.
00:53:35Je guette le moindre mouvement sur l'étendue d'eau formée par le barrage sur le fleuve Cochy.
00:53:56Alors que le dauphin du Gange rôde dans les eaux, ma curiosité est attirée par un étrange ballet.
00:54:24Construit en 1964, ce barrage était censé retenir les inondations de la Mousson.
00:54:33Mais l'année dernière, des pluies diluviennes se sont abattues sur la région.
00:54:40Les digues canalisant le fleuve se sont rompues et ont libéré une énorme masse d'eau.
00:54:48Il y a eu des morts. La digue a cédé à 13h15 précise.
00:54:55Cela s'est passé pendant la journée.
00:55:00En fait, entre une heure et deux heures.
00:55:03Il y a eu beaucoup d'eau ?
00:55:05Beaucoup, beaucoup d'eau. Elle est montée très haut, jusque là.
00:55:14Viens par ici, je vais te montrer.
00:55:24Les eaux ont tout emporté ?
00:55:26Oui, les eaux ont tout balayé.
00:55:32Ici, ce n'était que des rizières. Rien n'a été épargné.
00:55:38Votre maison a été emportée ?
00:55:39Oui, de là jusque là-bas. C'était des rizières et tout est parti. Il n'y a plus rien.
00:55:44J'ai tout perdu. Pour se nourrir, c'est devenu très difficile.
00:55:55Ces maisons, vous les avez construites ensuite ?
00:55:58Oui, bien sûr. Tout était noyé. Tout a été englouti.
00:56:12Avant, il y avait un vrai village. Et à cause de l'inondation, tout est parti. Il ne reste plus
00:56:17rien.
00:56:20Là, maintenant, plus rien à manger. Plus de riz. Rien.
00:56:36Ils n'ont pas de médicaments. Ils n'ont vraiment rien. C'est le vide.
00:56:46Maintenant, ils attendent une aide financière. Elle arrive de l'extérieur, mais elle disparaît on ne sait pas où.
00:56:52Sans doute dans la poche de quelqu'un.
00:56:58Yannou, mon guide, m'a rapidement convaincu de faire une donation à ces villageois.
00:57:02Et je les quitte émus par le récit de leur tragédie.
00:57:09Après de longues heures de trajet, je me réveille toujours au Népal, à Janakpur,
00:57:14dans l'atmosphère irréelle de cette ville du terrail qui transpire l'Inde éternelle.
00:57:23Aujourd'hui, des pèlerins hindouistes ont envahi la ville pour la fête de Diwavi, la fête des Lumières, le nouvel
00:57:28an hindou.
00:57:43Intrigué, je pénètre dans les mystères du temple dédié à Sita.
00:57:50D'après la légende de Ram et de Sita, parmi les femmes du Népal, Sita était celle qui avait l
00:57:55'âme la plus pure.
00:57:57Sita est célèbre au Népal et elle est passée à la postérité.
00:58:01Ce temple, lui, est dédié pour l'éternité.
00:58:04Dans ce temple, il n'y a qu'une statue de Sita, elle représente la divinité.
00:58:08Mais si vous venez avec une âme pure, elle peut exaucer tous vos souhaits.
00:58:20Au cours de ce voyage dans le terrail, j'ai purifié mon âme.
00:58:24Je suis maintenant prêt à reprendre ma route pour rejoindre Katmandou et retrouver la trace de mes amis Sherpas.
00:58:53On aurait dû amener du pain pour nourrir les petits canards.
00:58:56Voilà, Richard, on se quitte ici sur les rives de l'Aftava et avec le pont Charles juste derrière nous.
00:59:02C'est la dernière image que je vais garder de Prague.
00:59:04Merci beaucoup de m'avoir accompagné.
00:59:05Il faut que tu m'aides pour dire au revoir et à bientôt.
00:59:08Comment on dit en tchèque ?
00:59:08On dit en tchèque...
00:59:10Naschledanou.
00:59:13Naschledanou ?
00:59:14Presque.
00:59:15Merci beaucoup, en tout cas.
00:59:16Tu me raccompagnes en France avec le trabant ?
00:59:19Ça, c'est sûr.
00:59:19Tu peux choisir l'avion ou le trabant.
00:59:22Tout est possible.
00:59:23Je choisis le trabant.
00:59:24Et en plus, on est à la République tchèque et on dit tout est possible dans ce pays.
00:59:28Tout est possible dans ce pays.
00:59:29Alors, je prends la trabante.
00:59:30Merci beaucoup.
00:59:31Je vous embrasse.
00:59:32Au revoir et à bientôt et faites de bons voyages.
01:00:03Sous-titrage Société Radio-Canada
01:00:06Sous-titrage Société Radio-Canada
01:00:10Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires