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  • il y a 10 ans
Echappées belles : Montenegro La Mer Adriatique nous dévoile ses secrets et ses beautés; Sophie commence son périple par une plongée au cœur des ...

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00:00C'est parti !
00:47Une fois n'est pas coutume, c'est sous l'eau que je vous accueille pour ces nouvelles échappées belles
00:51dans les eaux de la mer Adriatique pour un nouveau voyage au Monténégro.
00:56Et mon compagnon, c'est Jacques.
01:08Est-ce que tu peux me décrire un petit peu ce qu'on vient de voir là, sous l'eau
01:12?
01:14Aujourd'hui, on a plongé sur le site de la Grotte Bleue.
01:16C'est un des meilleurs sites de plongée ici au Monténégro.
01:20Parce que c'est une grotte et que c'est sans danger.
01:22Et la couleur bleue y est incroyable.
01:25Est-ce que le Monténégro devient une destination très prisée pour la plongée ?
01:30Non, pas vraiment. C'est un pays où il y a encore peu de plongées pour le moment, alors qu
01:34'il y a des sites fabuleux.
01:36Il y a quelques épaves et plein d'autres choses fantastiques à voir ici.
01:40La topographie est idéale.
01:41Sous l'eau, il y a beaucoup de canyons, on peut plonger le long de falaises ou dans des failles.
01:46Ce genre de plongée est vraiment super.
01:47On raconte qu'ici, on peut dans la même journée skier et plonger, c'est vrai ?
01:54Tout le monde dit ça, oui.
01:55C'est possible en mai et au début du mois de juin.
01:58Dans les hautes montagnes, il neige sur les hauteurs et tu peux descendre et nager dans la même journée.
02:20Tu es anglais, mais tu es installé ici depuis plusieurs années.
02:23Pourquoi tu as choisi le Monténégro ?
02:26Le charme du Monténégro vient du fait qu'il ne s'est pas trop développé rapidement.
02:30À cause de leur histoire récente, les Monténégrins n'ont pas vu des masses de touristes débarquer.
02:35Il n'y a aucune grosse chaîne d'hôtels dans le pays.
02:38On décrit le Monténégro comme la beauté sauvage et c'est vrai.
02:41Une grande partie du pays est inhabité, encore sauvage, et il y a encore des ours et des loups qui
02:45vivent ici.
02:48Alors là, on arrive dans la baie de Cotor.
02:50Est-ce que le fjord de Cotor est pour toi le premier endroit qu'il faut visiter lorsqu'on arrive
02:55au Monténégro ?
02:58Oui, c'est le premier endroit que j'ai visité et aussi celui qui m'a le plus impressionné.
03:02Quand tu passes de la baie extérieure à la baie intérieure, c'est à couper le souffle.
03:08C'est comme un fjord, mais en Méditerranée.
03:12On s'attend plutôt à voir ça en Norvège où il fait beaucoup plus froid.
03:14Mais ici, on a des palmiers et des sites de plongée magnifiques.
03:18Je n'ai jamais vu quelque chose de semblable ailleurs.
03:23C'est l'une des plus belles baies de Méditerranée, avec des allures de fjords norvégiens.
03:29La baie de Cotor est aujourd'hui inscrite au patrimoine mondial de l'humanité.
03:34Cette baie profonde s'enfonce de 28 kilomètres dans les terres.
03:37De tout temps, elle a servi de refuge aux marins.
03:44La baie de Cotor est un endroit unique.
03:46Sa position géostratégique a toujours été intéressante pour les peuples,
03:50et cela depuis la préhistoire.
03:55Tout autour des bouches de Cotor, il y a une bande de terre où l'on trouve des villages,
03:59comme ici, avec des églises et des palais.
04:02Ce sont des vestiges du passé.
04:08Les plus beaux trésors de la baie de Cotor sont l'îlot naturel de Saint-Georges
04:12et celui de Notre-Dame-des-Roches.
04:17Mais la ville d'Ersegnovie, à l'entrée des bouches,
04:20garde elle aussi les traces d'une longue histoire maritime.
04:23Au fil des siècles, les navigateurs ont transformé cette cité en jardin d'Éden.
04:30Regarde celui-là, on dirait qu'il va fleurir.
04:32Oui, il faut le tailler un peu pour garder les nouvelles pousses.
04:39À Ersegnovie, il y a de nombreuses espèces de végétation exotiques.
04:43Des plantes qui ont été ramenées des différentes régions du monde par nos ancêtres marins.
04:49De retour au pays, ils ont apporté des trésors pour décorer leur palais,
04:53mais également des plantes et des graines pour leur rappeler les contrées lointaines.
05:04On a des espèces d'un peu partout.
05:09Le camélia qui vient de Chine et du Japon.
05:12Le mimosin d'Australie et de Nouvelle-Zélande.
05:16Ou encore le magnolia aux grandes fleurs, des Amériques.
05:38La confrérie des marins de Kotor est la gardienne de cette longue tradition maritime.
05:42Sur les rivages de la baie, elle continue à se réunir dans la vieille ville fortifiée.
05:48Cette année, nous fêtons les 1200 ans de la confrérie des marins de Kotor.
05:53La confrérie se retrouve devant la maison des marins, qui est aussi le musée maritime de Kotor.
05:59Ensuite, nous allons parader à travers la ville.
06:11Une dernière danse traditionnelle vient saluer l'amiral de la confrérie sur la place de la cathédrale.
06:17C'est le colo dont le palan débarqua sur ces rivages dès le Moyen-Âge.
06:34C'est bien les fêtes comme ça, local. On sent que les gens ici sont vraiment très attachés aux traditions.
06:39Les traditions sont très importantes ici. Tout le monde connaît l'histoire du pays.
06:44Les monténégrins sont très fiers et célèbrent chaque événement du passé.
07:01On voit que l'UNESCO a fait vraiment un grand travail parce que le village aujourd'hui est protégé.
07:08L'UNESCO s'est impliqué dans la reconstruction de la ville suite au tremblement de terre de 1979.
07:13Les dégâts étaient particulièrement importants ainsi que les pertes humaines.
07:17C'est à ce moment que l'UNESCO a décidé de venir en aide au pays.
07:32C'est ici que je te laisse, Jacques, parce que moi, ma route continue.
07:35J'ai rendez-vous avec Pétard. Tu le connais, toi, Pétard ?
07:38Ah oui, c'est l'homme qui fait du jambon fumé.
07:41Dans ce cas, tu dois monter jusqu'à Nieguzi. C'est à environ 1000 m d'altitude.
07:45À une heure d'ici, c'est une longue route avec 26 lacets.
07:48Il faut que je parte maintenant. En tout cas, merci beaucoup de m'avoir accompagné. Je t'embrasse.
07:51C'est mon plaisir.
07:52À bientôt.
07:53See you.
07:54Thank you.
08:54Sophie, c'est là que tu prends par ton jambon.
09:06Vous le massez avec du sel, le jambon.
09:09C'est ça.
09:12Tu vas les mettre les uns sur les uns, tu vas faire...
09:15D'accord, une montagne de jambon, c'est ça ?
09:17Du jambon, une planche, du jambon, une planche, du jambon, une planche, du jambon, une planche, du jambon, une planche.
09:23Ah, tu... Voda, c'est de l'eau.
09:24Tu mets de l'eau pour faire du poids.
09:27Et après, tu vas le faire fumer.
09:34Dis-moi, pétard, combien tu as de jambon ici ?
09:37Coli, coppershoot ?
09:38Combien ?
09:41Attends, j'ai pas compris.
09:45Quatre mille prosciutto ?
09:46Je peux le goûter ?
09:49Si ?
09:51Super !
09:53Alors, le voilà, le jambon, c'est le moment de le déguster.
09:58Frommage aussi ?
10:00Ton fromage, il est fumé aussi ou pas ?
10:04Il est fumé ou pas, ce fromage ?
10:06Ah non, pas le fromage, il est séché, d'accord.
10:08Depuis combien de temps, pétard, on fait du jambon dans votre famille ?
10:16Il fait du jambon, 40 années, son père l'a fait 20 années avant, c'est-à-dire c'est
10:23un métier qui passe de père en fils.
10:25Ici, dans le village, vous êtes plusieurs à faire votre propre jambon.
10:30C'est un peu une spécialité, c'est ça ?
10:33C'est ça ?
10:37Moi, je dis santé.
10:38J'y vais, madame.
10:46Comment tu dis, ami ?
10:47Priateli.
10:48Priateli ? Tu es mon priateli ?
10:51Priateli.
10:56Bon, après, ce bon repas, il faut qu'on élimine un peu, quand même.
11:00Je voulais aller me promener au Mont Love Sand, ça vous dirait de venir avec moi ?
11:03Oui, merci, avec plaisir.
11:05Super.
11:22C'est très important pour une vraie Monténagrin de faire ce chemin une fois dans la vie.
11:30Toi, tu l'as fait souvent dans ta vie ?
11:32Oui, avec tous mes amis.
11:34C'est vrai ?
11:34À chaque fois, tu l'as fait aussi.
11:39Et quand on est ici, le nom de ton pays, Monténégro, prend tout son sens.
11:46La montagne noire.
11:47C'était la montagne noire parce que c'était tout couvert d'une grande forêt noire.
11:52Mais avec le temps et avec les chèvres, les montagnes ne sont pas plus noires, elles sont mélangées.
12:00Elles ont tout grignoté.
12:01Donc maintenant, c'est un peu vert et blanc.
12:09J'ai l'impression que le Mont Love Sand est un peu une frontière naturelle entre la mer qui est
12:13juste là, derrière les nuages, et la montagne qui est tout autour de nous.
12:17Oui, c'est vrai.
12:18C'est comme la Provence, la Savoie.
12:32Le Monténégro est un pays de montagne.
12:35Loin des plages du littoral, une autre vie, plus authentique, plus rude, s'écoule dans les massifs.
12:47Avec ses 70 moutons et son fils berger, Vesna a pris ses quartiers d'été dans les hauts pâturages des
12:53Durmitors.
13:03Ça fait 12 ans que je fais ce travail.
13:05On vient de Zabiak.
13:07Ici, on fabrique le Skorup, une sorte de crème et aussi du fromage à pâtes dures.
13:13J'aime la montagne.
13:14La montagne est belle, mais la vie en montagne est difficile.
13:25Après la traite des brebis, il faut faire bouillir le lait.
13:28Et puis ensuite, on ramassera la crème.
13:31Et avec la couche de lait en dessous, on fera le fromage, le Skorup.
14:03Milik est l'un des gardiens du parc national des Durmitors.
14:06Il vient régulièrement rendre visite à Vesna, histoire de rompre un peu avec la solitude.
14:15Milik parcourt quotidiennement à pied le vaste domaine du parc national.
14:20Parmi ses différentes missions de surveillance, il doit aussi localiser les nombreuses espèces d'animaux présentes dans les Durmitors.
14:31Ici, dans ces montagnes, il y a beaucoup de chamois, de nombreux lapins, mais aussi des loups et plusieurs ours,
14:39un peu plus bas vers les canyons.
14:46Cet environnement sauvage attire de plus en plus de visiteurs dans le parc national.
14:51Le tourisme vert se développe rapidement dans la région et de nombreuses agences font découvrir les montagnes et le fond
14:57des canyons.
15:03Ce pays est parfait pour le tourisme actif, en extérieur, comme le rafting, le kayak, le canyoning, l'escalade ou
15:11la randonnée.
15:14En mai, ici, l'eau est plus haute d'un mètre ou deux.
15:17Il y a beaucoup de rapides, les sensations sont meilleures et on peut traverser le canyon en une seule journée.
15:26Le fleuron des canyons du Monténégro est celui de la rivière Tara.
15:30Une faille béante, la deuxième plus profonde au monde, juste derrière le grand canyon américain.
15:37Milik vit depuis toujours au milieu de ces paysages tourmentés.
15:43Je suis né ici. Mon père, mon grand-père, mon arrière-grand-père sont nés ici.
15:48Ils ont toujours vécu ici.
15:51Mon père a travaillé au parc national et j'ai repris le flambeau après sa mort.
15:56J'aime la nature, j'aime les animaux.
15:58J'adore cet endroit. C'est le paradis sur Terre.
16:01J'aime les animaux.
16:06J'aime les animaux.
16:09J'aime les animaux.
16:41C'est parti !
17:01Ça va ? Moi c'est Sophie.
17:03Bonjour, c'est Sapa.
17:13Dis-moi, on représente souvent cette ville comme le Saint-Tropez du Monténégro.
17:18Tu es d'accord avec ça, toi ?
17:19Complètement.
17:20La ville de Boudoua, en journée, c'est des visites, c'est des boutiques,
17:26avec chaussures, bijoux, vêtements.
17:29Boudoua a toujours été la ville de la côte principale et principalement pour la fête.
17:38Le village n'a pas perdu son âme en s'ouvrant au tourisme comme ça ?
17:42On a quand même ce côté un peu authentique, on garde cette authenticité.
17:47C'est vrai que les grands axes, comme on a pu voir tout à l'heure, c'est beaucoup de
17:51boutiques
17:52et ça devient un petit peu comme Dubrovnik.
17:54C'est un petit peu bête.
18:08Là, on a une belle vie d'ensemble.
18:09On sent la ville qui s'agrandit en grimpant un peu sur les montagnes.
18:15Est-ce qu'il existe ici une loi littorale qui interdit de construire à X mètres de la plage ?
18:20Au tout début, en fait, de l'ouverture, de la privatisation des hôtels, l'engouement pour le pays.
18:28Donc, effectivement, on a laissé un petit peu et surtout à Boudva, les constructions.
18:32Mais ça reste vraiment très authentique et c'est ça qui fait le charme du pays.
18:37Toi, tu connais Boudva depuis longtemps ? Tu venais ici en vacances ?
18:40Alors, moi, je suis née en Serbie et dont je venais tous les ans passer mes vacances ici, à Boudva.
18:46Au bout de quelques années d'absence, on s'est dit, voilà, il faut revenir.
18:51Et donc, tu as dit, en travaillant dans le tourisme ici, en accueillant les Français qui viennent en vacances ici.
18:55J'ai envie vraiment de faire découvrir ça au monde entier et surtout les Français, évidemment,
19:00puisque j'ai vécu toute ma vie en France.
19:02Alors, je sais que tu voulais me montrer un très, très bel endroit, une villa, c'est ça ?
19:05Alors, voilà, un endroit resté sauvage, intact.
19:11Et donc, on est juste derrière, après Sphétis Stéphane.
19:14Mais je ne t'en dis pas plus, on n'est pas.
19:17Voilà.
19:31Et voilà, ce petit trésor dont tu me parlais.
19:36Alors, voilà, Montébé Villa.
19:39C'est beau !
19:41Tu as une vue sublime d'ici.
19:44Avec notre fameuse baie dont je te parlais, sauvage.
19:59Tu joues la carte de l'hôtel de charme, l'hôtel familial, vraiment au cœur de la nature, dans un
20:06site exceptionnel.
20:07Un prix moyen pour une nuit ici, c'est combien ?
20:10En saison, sur les suites, on est à 210 euros, la chambre, avec le petit déjeuner.
20:18Et puis, les petits sont à 140 euros.
20:21Est-ce que tu as l'impression, toi, de participer à ta façon au renouveau du Monténégro ?
20:26Même, je n'ai pas l'impression, je suis convaincue.
20:31Je suis vraiment en plein dedans et actrice depuis le début au développement.
20:37Pour mettre en valeur la destination.
20:39Est-ce qu'on pourrait dire que Monténégro, c'est le nouvel Eldorado ?
20:42C'est la nouvelle destination, effectivement, avec sa nature et ses prestations haut de gamme.
20:57C'est l'un des derniers espaces sauvages de la Méditerranée.
21:00Des kilomètres de côtes encore sauvages, des petits ports de pêche préservés, de quoi alimenter tous les fantasmes.
21:09En tant que marin, passionné de mer, j'ai découvert un endroit de rêve.
21:14Pour moi, d'ailleurs, dès que j'ai vu, dès que j'ai découvert ce site, ce petit village, j
21:19'ai dit, moi, je viendrai habiter ici à la retraite.
21:21Et c'est ce que j'ai fait.
21:23Il y a cinq ou six ans, il y a eu une explosion touristique.
21:27Les Russes ont découvert le site et se sont abattus sur les terrains, les maisons.
21:33Ils ont fait exploser les prix.
21:34Et évidemment, ça s'est traduit par une augmentation du nombre de constructions assez importante.
21:43Aujourd'hui, le littoral du Monténégro connaît un véritable boom immobilier.
21:48Le gouvernement mise sur le tourisme et les promoteurs privés s'installent le long de la côte.
21:54Complexe immobilier, lotissement, les investisseurs étrangers sont en train de parier sur cette nouvelle destination en devenir.
22:03Dernier projet en date, l'un des plus importants au Monténégro, la création d'une cité portuaire sur une ancienne
22:09base navale abandonnée.
22:14À part la marina, qui constitue le cœur du projet, nous allons construire tout un quartier, avec des immeubles résidentiels,
22:21des bars, des restaurants, des hôtels.
22:25Nous ne voulons pas construire un quartier fermé ou un hôtel, mais plutôt quelque chose de très ouvert, un véritable
22:31prolongement de la ville de Tivat.
22:34En juin dernier, la marina a accueilli ses premiers bateaux.
22:38Les plus grands yachts du monde peuvent désormais y faire escale.
22:42Grâce à ces équipements, le pays pourrait devenir l'un des principaux ports d'attache de l'Adriatique.
22:46Du coup, les investissements se multiplient.
22:49Le premier hôtel 5 étoiles du Monténégro vient d'ouvrir ses portes.
22:53Les Monténégrins sont très ambitieux, ils aiment beaucoup leur pays et ils veulent tout ce qu'il y a de
22:57mieux.
22:58Donc je pense qu'ils souhaitent effectivement avoir un peu de Dubaï, un peu d'Ibissa, un peu de la
23:04Corse, un peu de Monte Carlo, mais un peu de tout ce qui se fait de mieux et de tout
23:10ce qui est le mieux apprécié en termes de tourisme.
23:16La course au luxe est engagée.
23:18Les joyaux du Monténégro attisent toutes les convoitises.
23:22Une chaîne internationale vient même de décrocher le gros lot, l'île hôtel de Stéby Stéphane.
23:30C'est un icône qui malheureusement a mal vieilli et qui a besoin d'une belle cure de jeunesse et
23:38de beaucoup d'investissements.
23:40Le but est de repositionner l'hôtel de Stéphane dans toute sa noblesse et de le remettre vraiment au niveau
23:48numéro 1 de la petite hôtellerie de luxe.
23:52Après des travaux de rénovation, l'île hôtel ne devrait plus compter qu'une quarantaine de chambres, de 1000 et
23:59jusqu'à 12 000 euros la nuit.
24:03On part du principe qu'il faut vendre de l'exclusivité.
24:07C'est trop beau, c'est trop beau pour être, je dirais, abîmé par le nombre.
24:20Les offres destinées à une clientèle fortunée sont de plus en plus nombreuses au Monténégro.
24:24Souvent, il s'agit d'anciennes demeures prestigieuses, entièrement réhabilitées.
24:34La Milo Serre, c'était l'ancienne résidence de la famille royale de Monténégro.
24:39Après, c'était la résidence d'été de l'ancien président Tito.
24:44Et maintenant, c'est un hôtel de haut de gamme, très exclusif, avec seulement 8 chambres.
24:52Si le littoral monténégrin est en passe de devenir une destination haut de gamme, le vrai luxe pour Alain, c
24:58'est la solitude.
25:00Il a installé sa nouvelle maison tout au fond d'une petite crique, difficile d'accès.
25:06Quand j'ai acheté, j'étais tout seul.
25:08Maintenant, j'ai un voisin, bientôt un deuxième.
25:11Petit à petit, l'urbanisation se fait.
25:13Je le regrette parce que je perds cette belle solitude.
25:18Mais si les voisins sont de bons voisins, ma foi, il y aura d'autres avantages, d'autres compensations.
25:24De toute façon, on ne peut pas acheter le pays entier.
25:54Sous-titrage Société Radio-Canada
26:16Ça va, monsieur ? J'ai qu'à couste.
26:22Faites ça avec votre bébé, vous êtes courageux, dis donc.
26:25Super, super.
26:26Super, super.
26:28C'est la tradition.
26:29Comment elle s'appelle ?
26:31Lana.
26:33Et là, c'est mon fils Nicolas.
26:35Qu'est-ce que vous allez demander à Saint-Basile, pour vous ?
26:38Rien pour moi, mais pour la santé des enfants et de la famille.
26:41Ah, c'est bien.
26:42Ah, bien sûr.
27:05Le monastère orthodoxe d'Ostrogue est l'un des plus vénérés du pays.
27:12Comment expliquer que ces pèlerins aiment autant ce lieu ?
27:18De nombreux pèlerins viennent ici pour se recueillir sur le lieu qui symbolise le miracle de Saint-Basile.
27:25Tout le monde sait qu'il y a ici les reliques de Saint-Basile, c'est-à-dire son corps
27:29sanctifié par Dieu.
27:33Grâce à Saint-Basile, on a constaté de nombreuses guérisons considérées comme miraculeuses.
27:39Des malades atteints du cancer viennent ici.
27:42On parle même de malades mentaux qui auraient retrouvé toutes leurs raisons.
27:46Juste en touchant les reliques de Saint-Basile, ils se sentent mieux.
27:54Au moment de la venue de Saint-Basile, au début du XVIIe siècle, les temps étaient difficiles et la région
27:59assiégée par les Turcs.
28:03Les chrétiens se sont réfugiés dans des grottes, dans les montagnes, pour prier.
28:08Ils se sont réunis autour de Saint-Basile, car il était déjà connu pour ses dons de guérison.
28:14Et surtout, quatre ans après sa mort, quand son corps a été inhumé, il était toujours intact.
28:21Et une odeur magnifique a embaumé l'air.
28:23Ça a prouvé qu'il était vraiment un saint.
28:27Énormément de gens sont venus.
28:29C'est ainsi que le culte de Saint-Basile a commencé.
28:42Et alors parfois, certains pèlerins restent dormir sur place ?
28:48Oui, ils viennent en fin de semaine, pour le week-end.
28:53Tout l'été, et même plus tard, on peut voir les jardins recouverts de matelas.
29:00Tous ces gens attendent la célébration du dimanche matin, et la bénédiction.
29:06Ils veulent participer à la prière,
29:09mais surtout, ils viennent pour toucher et embrasser les reliques de Saint-Basile.
29:24Apparemment, on peut laisser des offrandes.
29:35L'homme qu'on vient de voir, là, est un prêtre orthodoxe.
29:39Il a le droit d'être marié ? Il vient ici en famille ?
29:43Les prêtres orthodoxes ont le droit de se marier.
29:46C'est même comme ça qu'ils obtiennent le droit d'être prêtres.
29:51Il en était ainsi pour les saints apôtres.
29:54Saint-Pierre était marié, d'ailleurs.
29:59Nous, les moines, nous consacrons toute notre existence à la vie monastique.
30:04Toute notre vie est basée sur l'enseignement de Saint-Paul,
30:07qui dit « Ceux qui ne souhaitent pas contenter leurs femmes,
30:10qu'ils contentent au moins Dieu ».
30:26Nous sommes à Houl-Singé, la ville la plus au sud du littoral monténégrin.
30:33Ici, il y a trois confessions, qui cohabitent sans problème, depuis des centaines d'années.
30:38Il y a les musulmans, les catholiques et les orthodoxes.
30:46L'orthodoxie est la religion dominante au Monténégro.
30:49Mais la ville d'Houl-Singé fait figure d'exception.
30:56Ici, la grande majorité de la population est de confessions musulmanes.
31:05Houl-Singé est une ville ancienne.
31:07L'islam est arrivé ici avec les ottomans il y a 500 ans.
31:13Depuis, la majorité de la population a choisi l'islam comme religion.
31:18Les autres habitants ne nous ont jamais rejetés.
31:21Nous vivons ici en harmonie.
31:29Au centre de la ville, trois meules en pierre, accompagnées de trois oliviers, symbolisent cette cohabitation exemplaire.
31:38Dans son église d'obédience orthodoxe, le peuple Bozovitch confirme cette entente cordiale.
31:43Moi, je suis dans cette paroisse d'Houl-Singé depuis 38 ans.
31:48Et j'ai une expérience formidable avec les autres religions.
31:52Les imams et les prêtres.
31:56Et cette fréquentation a toujours été très riche, spirituellement.
32:05Si la population d'Houl-Singé est à forte majorité musulmane,
32:09elle est aussi à plus de 80% albanaise.
32:13C'est sans doute l'une des clés de cette cohésion,
32:15ce qui donne à cette ville le charme si particulier de l'Orient.
32:25Ici, à Houl-Singé, on est baigné dans une atmosphère très orientale
32:29que l'on peut ressentir dans la musique, dans les vêtements, dans la nourriture.
32:35C'est vrai que traditionnellement, on est beaucoup plus tourné vers la Turquie et l'Orient.
32:47Le bourrec est une spécialité orientale.
32:49Un beignet de viande ou de fromage salé, d'origine orientale.
32:53Et s'il est présent partout dans le pays,
32:55c'est vrai qu'on le retrouve beaucoup plus dans le sud du Monténégro,
32:59vers Houl-Singé, Crojé ou Barre.
33:10Les appels à la prière de la grande mosquée
33:12rythment le quotidien de la ville d'Houl-Singé.
33:15Mariage réussi entre les religions,
33:18un exemple trop rare au cœur de l'ex-Yougoslavie.
33:24C'est parti pour l'ex-Yougoslavie.
33:48C'est parti pour l'ex-Yougoslavie, maintenant c'est Podgoritza.
33:51D'accord. C'est par là?
33:52C'est parti.
33:53C'est parti pour l'ex-Yougoslavie, et Podgoritza.
33:57Merci beaucoup, voilà.
34:23C'est parti pour l'ex-Yougoslavie, et Podgoritza.
34:58Milane, je suis très intriguée par la musique que je viens d'entendre,
35:02et surtout par l'instrument qui vous accompagne.
35:05De quoi s'agit-il exactement?
35:08Le gusle est un instrument traditionnel qui est fabriqué en bois d'érable.
35:14De quoi parlait votre chanson?
35:17C'était une chanson sur le Monténégro, sur ses traditions, une chanson sur son histoire, sur ses batailles et sur
35:26ses héros.
35:27Il y avait beaucoup d'émotions aussi dans votre chanson.
35:31C'est important pour vous de véhiculer cette tradition et de la transmettre aux spectateurs, aux gens qui vous écoutent?
35:39Les chansons guerrières sont chantées avec une voix forte et chevaleresque,
35:44alors que les chansons lyriques sont chantées avec plus d'émotion.
35:49Le joueur de gusle doit jouer comme un acteur, de manière théâtrale, pour que le spectateur vive et ressente la
35:56chanson.
35:58Vous avez commencé quand à jouer de cet instrument et pourquoi vous avez choisi celui-là en particulier?
36:04Dès mon plus jeune âge, j'écoutais les anciens jouer au coin du feu.
36:10Je buvais chaque note de cet instrument.
36:14J'écoutais les histoires de ces vieux musiciens qui ne savaient ni lire ni écrire.
36:20Ça m'a toujours intéressé.
36:22Aujourd'hui, je possède toute une collection de gusles
36:25et je pense en faire un petit musée pour laisser un témoignage à ma famille et au Monténégro.
36:56Bonjour, Rayo.
36:56Bonjour, Sophie.
36:58Doverdan.
36:59Doverdan, ça va?
37:00Comment allez-vous?
37:01Ça va bien, vous?
37:01Oui, très bien.
37:03Dis donc, vous habitez une très belle région.
37:04Ah voilà, c'est Virkazar alors.
37:06C'est magnifique.
37:07C'est joli, oui.
37:08Et le lac là est superbe.
37:09J'ai vu ça sur la route en arrivant.
37:11Voilà, le lac commence d'ici.
37:13Voilà, c'est la rivière de Tselmica qui entre dedans.
37:17Et ce lac est immense.
37:18Oui, c'est le plus grand lac sur le balcon.
37:21D'accord.
37:43Depuis que le lac existe, on a toujours pêché ici.
37:46Le niveau de l'eau est actuellement très bas, mais avec les premières pluies qui ne vont pas tarder,
37:51le niveau du lac va remonter de 3 ou 4 mètres.
37:54Et tout ce que vous voyez là, Roseau et Nénuphar, tout ça sera sous l'eau.
38:00Dragan navigue tous les matins sur l'une des merveilles du Monténégro.
38:04Il vit de la pêche dans les eaux du lac Skadar.
38:09Entouré de montagnes, ce lac frontière avec l'Albanie s'étend à perte de vue.
38:17Nous sommes enfin arrivés sur la zone de pêche.
38:26Les filets, je viens les jeter vers 16 heures la veille.
38:30Et ensuite, je viens les relever à 7 ou 8 heures du matin.
38:35Dragan traque le poisson emblématique du lac, la carpe de Skadar.
38:40Une espèce endémique très prisée dans les restaurants alentours.
38:52Ça, c'est une carpe moyenne de 2 kg.
38:55Mais la plus grosse que j'ai pêchée par ici faisait pas loin de 25 kg.
39:04Des fois, le travail est dur, mais j'aime bien mon travail.
39:07J'aime bien pêcher, la nature est belle, il y a des pélicans, toutes sortes d'oiseaux.
39:12Je ne m'ennuie jamais sur ce lac.
39:19Avec ses vastes étendues, son eau peu profonde et poissonneuse, sa végétation, le lac est devenu un véritable sanctuaire pour
39:28des dizaines d'espèces d'oiseaux.
39:32Néla, l'ornithologue du parc national, est chargée de les répertorier.
39:39Le lac de Skadar est une réserve ornithologique unique en Europe et dans le monde.
39:44C'est comme un grand aérodrome pour oiseaux.
39:47La surface totale fait plus de 40 000 hectares.
39:49C'est la totalité du parc national.
39:55Le lac est une étape essentielle sur le chemin des grandes migrations.
40:00280 espèces d'oiseaux, dont certaines en voie d'extinction, viennent s'y reposer avant de reprendre leur voyage.
40:13Plus on a de visiteurs sur le lac, plus on met en danger son écosystème.
40:18Et nous aimerions bien, malgré tout, préserver le parc national du tourisme de masse.
40:26Depuis plusieurs années déjà, le lac est aussi devenu une étape incontournable pour les touristes.
40:33La fréquentation augmente et sur les rives, de nouveaux projets aux allures de petites stations balnéaires apparaissent.
40:42Tout le monde veut venir à Skadar et goûter la fameuse carpe du lac.
40:46Les gens veulent aussi se baigner et s'imprégner de ces beautés naturelles.
40:52Une partie du lac devrait bientôt être interdite aux visiteurs,
40:56histoire de protéger l'habitat naturel des oiseaux
40:59et de conserver le plus longtemps possible la limpidité des eaux du joyau monténégrin.
41:14Voilà !
41:34Je te présente les deux vénérans, c'est les deux frères Klicic.
41:42C'est pas facile les vendanges ici. J'ai l'impression que votre vignoble est vraiment en terrasse.
41:57Ici c'est assez difficile parce que nous sommes dans la montagne. Dans les vignes, en terrasse, on doit travailler
42:03uniquement à la main, les machines ne sont pas adaptées.
42:08Quel type de vin vous faites ici ?
42:12Ah, le vin qu'on fait ici est excellent. Il est appelé Vranac.
42:19Il y a 500 ans qu'on fait du vin dans cette région. C'est à cette époque que la
42:24commercialisation du vin a commencé.
42:38Il y a aussi des kiwis ici. C'est un véritable jardin d'Éden, le Monténégro.
42:43Oui, notre région, c'est ça. Il y a des kiwis, il y a des figues partout, des beaux raisins.
42:50Des canards, raisins, noix, pêche, pommes, prunes, tout.
43:10T'as vécu où, toi, à l'étranger ?
43:12En Suisse.
43:13Suisse ?
43:14Suisse.
43:14Pendant combien d'années, tu m'as dit ?
43:1516.
43:1616 ans ?
43:17Le régime socialisme, je n'étais pas d'accord avec.
43:20Puis je suis rentré en 1998 parce qu'à l'époque, après 16 ans, vous êtes étranger là-bas et
43:26puis vous êtes étranger ici.
43:27T'avais plus de terre, quoi, finalement.
43:29Et comment tu vois l'avenir, alors, du Monténégro ?
43:31Je vois l'avenir du Monténégro, que les gens ne seront pas obligés de partir, comme moi, quitter son pays.
43:39Juste pour voir, d'accord, mais pas pour travailler. Je trouve qu'on va trouver assez de travail ici pour
43:46les gens.
43:47Qu'est-ce que tu fais ?
43:50Toi, tu trompes ton pain dans le vin, toi.
43:52Ah non, non, moi, ça va, non, ça va aller.
43:54Ça va aller, merci.
44:00Bon, j'ai compris. Alors ici, vous trompez son pain dans le vin, vous mangez du jambon et du fromage.
44:06Vous faites comme on a envie.
44:09Je propose qu'on fasse ensemble un autre voyage.
44:11On se retrouvera tout à l'heure ici au Monténégro pour se dire au revoir.
44:14C'est la quatrième et dernière étape de notre route mythique.
44:18C'est signé Anne Poiret.
44:19Alors la dernière fois, on l'a laissée en Allemagne.
44:22Là, elle va prendre le ferry pour rejoindre Helsinki.
44:24Mais en fait, son voyage va se terminer en Russie.
44:35Il y a quelques jours encore, j'étais à Berlin.
44:38J'ai vu le mur, ses peintres et les marchands du temple.
44:43Un mur, c'est concret, facile à comprendre.
44:45Mais le rideau de fer, celui qui coupait l'Europe en deux il y a à peine 20 ans,
44:50à quoi ressemblait-il ?
44:51Pour le savoir, je suis partie de Hongrie,
44:54où les statues de Lénine sont désormais parquées.
44:573500 kilomètres déjà.
44:59L'ancienne ligne de séparation entre l'Est et l'Ouest
45:02est aujourd'hui un chemin de rencontre.
45:04Un lien entre Européens que désormais plus rien ne sépare.
45:08Arrivé au bord de la Baltique,
45:10je veux désormais atteindre une dernière frontière.
45:12Celle où l'on peut toucher du doigt l'ex-URSS.
45:15Je passerai par la Finlande avant de basculer en Russie, à Viborg.
45:39Il y a 20 ans encore,
45:41le rideau de fer coupait les flots d'une invisible frontière.
45:46Sur ce ferry qui m'emmène à Helsinki,
45:49je songe aux navires de combat qui croisaient ici pendant la guerre froide.
45:57Je vais rencontrer le capitaine,
45:59comme tous les marins de la Baltique,
46:01il a vu sa mer changer,
46:02avec l'effondrement de l'URSS,
46:04en 1991.
46:09C'était une époque formidable.
46:12Je me souviens particulièrement des Estoniens
46:15qui ont été tellement heureux quand on est arrivé.
46:18Nous fûmes le premier navire blanc,
46:20comme ils disaient,
46:21à effectuer la ligne Stockholm-Taline
46:23depuis 1942.
46:27C'était une époque très excitante.
46:36Aujourd'hui, les pays limitrophes de la mer Baltique
46:38ont rejoint l'Union Européenne.
46:40A commencer par la Finlande,
46:42ce dernier bout d'Europe
46:44où je débarque ce matin.
46:58Avant de me lancer vers la frontière,
47:00j'ai rendez-vous dans Helsinki,
47:02la capitale,
47:03avec Nina,
47:04une ingrienne,
47:06une représentante d'un peuple
47:08à cheval entre Finlande et Russie
47:10qui fut persécutée pour cette raison
47:12par Staline.
47:16C'est en 1948
47:18quand mon frère est mort.
47:19Ce sont ses obsèques en Sibérie.
47:23Hélas, c'est mon papa.
47:25Qu'est-ce qui lui est arrivé ?
47:27Il a été fusillé en 1938.
47:30Parce qu'ils vivaient à la frontière,
47:35près de la Finlande,
47:37parce qu'ils parlaient le finnois.
47:40Le pouvoir a toujours soupçonné les Ingriens.
47:44Ils pensaient que les membres de ce peuple
47:46étaient au service des groupes terroristes
47:48œuvrant pour la Finlande.
47:52Suspect donc,
47:53ces habitants des régions frontalières
47:55avec la Finlande
47:57furent assassinés
47:58ou déportés dans les goulags de Sibérie.
48:02Le sort de la famille de Nina
48:03est celui de la plupart des Ingriens.
48:07La fin de l'Union soviétique,
48:09la chute du rideau de fer
48:11ont libéré les mouvements de ce peuple.
48:14Coupable de ne pas avoir su les protéger plus tôt,
48:16la Finlande a accueilli à bras ouverts
48:18ses enfants finophones.
48:19Et Nina a saisi sa chance en 1996.
48:26Contrairement à l'Union soviétique,
48:27rien ne manquait ici.
48:29C'était extraordinaire.
48:30On se prenait en photo devant les bananes.
48:32C'est dommage que je sois arrivée si tard.
48:35Je suis déjà âgée,
48:36alors que ma vie n'est ici qu'à son début.
48:46J'aimerais en savoir plus
48:47sur ce peuple maudit par l'histoire.
48:51Je quitte Helsinki
48:52pour me rapprocher de la frontière.
49:05200 kilomètres plus à l'est,
49:07près d'Imatra,
49:08d'autres ingriens se sont installés.
49:23Au fond des bois,
49:24je rencontre Constantin et sa famille.
49:26Constantin qui réalise son rêve d'enfant,
49:29construire sa propre maison,
49:31loin de la Sibérie où il est né,
49:33où sa mère, elle aussi,
49:34a été déportée.
49:37Ici, ce sera le salon.
49:40Ici, il y aura un escalier
49:41menant au premier étage.
49:47En Finlande, il n'y a pas de pauvreté,
49:49de sans-abri.
49:51Les parties communes des grands immeubles
49:53sont très propres et bien entretenues.
49:55C'est incomparable.
50:00En Russie, aujourd'hui,
50:01c'est comme avant.
50:02C'est toujours aussi sale.
50:08Sauf qu'en plus,
50:09on ne peut plus rentrer dans les immeubles.
50:11Il y a des interphones
50:12où il faut avoir une clé.
50:14Le rideau de fer s'est déplacé.
50:16Si les frontières se sont ouvertes,
50:19les maisons se sont fermées.
50:23C'est dans cette Finlande si sûre
50:25qu'aujourd'hui,
50:26son petit-fils grandit.
50:29Tu vas pêcher un gros poisson ?
50:34Aujourd'hui, les Ingriens
50:35et leur famille sont à l'abri.
50:37Mais parce que rien n'est simple,
50:39parfois, tout de même,
50:40la Russie leur manque.
50:43On regarde l'avenir
50:45d'un œil très optimiste.
50:47Bien sûr, nous allons souvent en Russie
50:48pour le théâtre ou le ballet.
50:51Je pense qu'on va vivre ici
50:52et aller chercher la culture en Russie.
50:59Et aller regarder
51:00comment vit le peuple aussi.
51:02Et regarder comment vit le peuple, oui.
51:06Dans la nuit presque blanche
51:07de l'été finlandais,
51:09je me dis que moi aussi, demain,
51:11je tenterai d'aller voir.
51:27Après plus de 5000 kilomètres de route,
51:29pour la première fois
51:30depuis mon départ de Hongrie,
51:32au poste de Valima,
51:35je vais me heurter à une frontière.
51:40Une frontière en dur,
51:42en vrai,
51:43avec ses gardes,
51:44ses barrières,
51:45ses visas.
51:47Et moi, je n'en ai pas.
51:50Je regarde passer les autres.
51:52Entre la Russie et la Finlande
51:54défilent les marchandises
51:55et les voyageurs,
51:56plus prévoyants.
51:58Les temps ont changé.
51:59Avec l'URSS,
52:00on est changé ici
52:01tout juste quelques signaux.
52:05Ça, c'était le drapeau
52:07pour le signal.
52:08Si tu voulais rencontrer
52:09tes homologues soviétiques
52:10ou si tu devais leur faire
52:12parvenir quelque chose,
52:13il n'y avait pas alors
52:14de fax ni de téléphone.
52:16Tu allais là-bas
52:18et tu agitais ce drapeau.
52:21Quand les Russes
52:22avaient sorti le leur,
52:23leur drapeau rouge,
52:25après une heure,
52:26on se rencontrait à la frontière.
52:30Ce matin, pas de drapeau.
52:33C'est par téléphone
52:34que les gardes frontières
52:35ont convenu de se retrouver.
52:37Venez, venez,
52:38mais n'allez pas du côté russe.
52:42Ces quatre hommes
52:43au milieu d'une forêt,
52:45cette limite invisible
52:46que tout le monde
52:47fait semblant de voir.
52:49Et tout ça
52:50pour un simple CD
52:51à transmettre.
52:56le voilà à l'héritier
52:58du rideau de fer.
52:59Je le touche
53:00en fin du doigt
53:01à cette frontière.
53:10Sans visa,
53:11je n'ai donc pas le droit
53:12de quitter la Finlande.
53:13En attendant
53:13d'essayer autre chose,
53:15je longe la Russie
53:16avec Vessa
53:17et ses collègues
53:18qui patrouillent ici
53:19trois fois par jour.
53:25Par rapport
53:26à l'époque soviétique,
53:30tout a l'air pareil ici.
53:33Mais la différence
53:34est énorme.
53:37Là, tu ne vois aucun russe.
53:39À l'époque soviétique,
53:41les soldats,
53:42on les voyait partout
53:43le long de la frontière.
53:46Maintenant,
53:49les russes
53:49sont de leur côté
53:50à un kilomètre
53:52à l'intérieur
53:52du côté russe.
53:54Vous n'avez plus peur
53:55ici ?
53:57Non,
53:58plus maintenant.
54:00Mais oui,
54:01avant,
54:02c'était le cas.
54:05Aujourd'hui,
54:06ce sont
54:07ces gardes-frontières
54:08finlandais
54:08qui font peur,
54:09mais aux migrants
54:10illégaux,
54:11généralement des Afghans,
54:12qui tentent
54:12la traversée
54:13en quête
54:14d'une vie meilleure.
54:20dans l'autre sens,
54:21pour entrer en Russie,
54:22moi qui n'ai toujours
54:23pas de visa,
54:25j'ai fini par trouver
54:25ce bateau.
54:29Il va remonter
54:30le canal Saïma
54:31et d'écluse
54:32en écluse,
54:33on m'a promis
54:34que je pourrais ainsi
54:34franchir l'ancien rideau
54:35de fer.
54:40Je fais la connaissance
54:41d'Anti
54:42et son fils.
54:44Ils sont finlandais,
54:45mais surtout
54:46carréliens.
54:48Avant la Seconde Guerre mondiale,
54:50ces forêts appartenaient
54:50à leur peuple,
54:52mais l'armée soviétique
54:53en a décidé autrement.
54:55Anti est revenu
54:56voir cette écluse
54:57pour laquelle il s'est battu
54:58il y a plus de 65 ans.
55:00Je ne reconnais rien.
55:02Les arbres sont plus grands,
55:03tout a changé.
55:05Les tanks étaient ici,
55:06mais il ne reste plus rien.
55:07C'est dur de dire
55:08où nous étions.
55:15Anti et les siens
55:16ont perdu la guerre.
55:1810% du territoire
55:19phalandais fut annexé.
55:21Comme 400 000 personnes,
55:23sa famille fut évacuée,
55:24sans retour.
55:28Depuis,
55:29comme il me l'explique,
55:31la Kareli est russe.
55:34La première fois
55:35qu'il a pu y retourner,
55:36c'était juste avant
55:36la fin de l'Union soviétique.
55:38Il l'a fait plusieurs fois,
55:40mais c'était encore illégal.
55:43Il fallait trouver des taxis
55:44qui acceptent
55:45de les conduire dans le village.
55:46C'était toute une aventure.
55:50À cette époque,
55:51il y avait des contrôles partout.
55:53Il fallait franchir
55:54les portes des villes,
55:55mais on a fini par atteindre
55:56notre ancien village.
55:58C'était très excitant
55:59et surtout très émouvant.
56:04De sa maison,
56:06il ne restait plus grand-chose.
56:08Cette croisière le console,
56:10mais pour lui,
56:11Viborg,
56:11la ville russe
56:12où nous arrivons
56:13sera toujours vie et pourrie.
56:15Son nom finlandais.
56:19C'était donc vrai,
56:20je n'ai pas besoin de visa.
56:22Mais je n'ai droit
56:22qu'à deux heures en Russie.
56:24C'est la règle.
56:26Alors la seule personne
56:27que j'aurai le temps
56:27de rencontrer,
56:29c'est le chauffeur de taxi.
56:32Comment vous vous appelez ?
56:35Moi ?
56:36Je m'appelle Kolia.
56:39Comme c'est la fin du voyage,
56:40c'est à lui, à Kolia,
56:42que je raconte mon périple.
56:43Les 5000 kilomètres
56:44le long du rideau de fer.
56:47Qu'est-ce que ça vous évoque ?
56:48Ce tissinéraire,
56:49ça vous plairait, vous ?
56:50Oui, d'abord parce que moi,
56:52j'ai toujours aimé l'histoire.
56:55Si tu ne connais pas
56:56ta propre histoire,
56:57ce n'est pas intéressant
56:58de vivre.
57:03Sa propre histoire,
57:04justement,
57:05il en connaît une trace
57:06d'Anviborg.
57:08Il paraît que je ne dois
57:09surtout pas la rater,
57:11que j'ai juste assez
57:12de temps pour la voir.
57:15C'est Vladimir Ilich Lenin.
57:17C'est le chef de tous les temps
57:19et de tous les peuples.
57:20C'est l'histoire.
57:22C'est l'histoire.
57:29Il y a 5000 kilomètres
57:30à Budapest, en Hongrie,
57:32j'ai quitté un Lénine
57:34consigné au musée des horreurs.
57:36Je le retrouve ici,
57:37au cœur d'une place rouge.
57:40Derrière l'ancien rideau de fer,
57:41dans l'expatrie des soviets,
57:43je me dis qu'il y a bien
57:44des mystères
57:45qu'il faudrait explorer.
57:47Mais je n'ai que deux heures,
57:48il faut déjà rentrer.
57:49Sous-titrage Société Radio-Canada
58:29Sous-titrage Société Radio-Canada
58:33Bon, c'est déjà malheureusement
58:35la fin de mon voyage.
58:36Je vais devoir te quitter.
58:38Alors, j'ai compris une chose.
58:39J'ai compris une chose.
58:40J'ai compris que Monténégro
58:41était un petit pays,
58:43un des plus petits
58:43de l'ex-Yougoslavie.
58:45Mais c'est un grand pays.
58:46Grand, plus grand.
58:47Par le cœur.
58:48Voilà, c'est ça.
58:49Ça manque pas de centre d'intérêt.
58:51Et j'ai compris une chose,
58:52c'est que vous avez envie
58:52d'accueillir plein de gens.
58:53Vous avez envie que les gens
58:54viennent vous voir ici,
58:56Monténégro.
58:56Merci pour ton accueil.
58:58En tout cas,
58:58comment on dit au revoir ?
58:59Rappelle-moi.
58:59Au revoir.
59:00Au Monténégro,
59:01on dit au revoir.
59:03Dovizena.
59:04Dovizena.
59:05Merci beaucoup.
59:06Et on fait trois fois.
59:07Je vous embrasse.
59:08A bientôt.
59:09Faites de beaux voyages.
59:10Au revoir.
59:11Au revoir.
59:15Au revoir.
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