- il y a 10 ans
Echappées belles : Egypte Sophie commence son voyage en Egypte du haut de la Tour du Caire. Nous verrons la lutte des agriculteurs qui résistent face à la ...
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00:18Bonjour à tous, bienvenue pour ces nouvelles Échappées Belles.
00:21Cette semaine, nous sommes au Caire, la victorieuse, la capitale de l'Egypte.
00:26Et avant d'aller affronter cette ville incroyable, je voulais vous offrir ce panorama.
00:30Derrière moi, vous les apercevez.
00:32Ce sont les pyramides de Giza.
00:33Ici, on dit Giza.
00:34Nous irons bien sûr les visiter.
00:36Et juste à mes pieds, un fleuve mythique, le Nil, l'un des plus longs fleuves du monde.
00:44Le Caire, la mer du monde, comme la surnomment les Arabes, est une gigantesque mégalopole.
00:49Une ville incroyable au passé, flamboyant, qui a perdu un peu de sa superbe,
00:53étouffée par les immeubles modernes et la pollution.
00:56Mais quoi qu'il en soit, elle reste une étape que chaque voyageur veut inscrire sur ses carnets.
01:01Dans certains écrits, on raconte que celui qui n'a pas vu le Caire n'a pas vu le monde.
01:05Ville la plus peuplée d'Afrique et du monde arabe, le Caire se situe sur la rive est du Nil.
01:10Cette capitale reste le site le plus fréquenté d'Egypte en raison de son patrimoine
01:14et de sa proximité avec les grandes pyramides de Giza.
01:17Un haut lieu touristique donc, parfois victime de son succès,
01:20mais que je suis très heureuse de visiter avec vous.
01:30Prenons le temps de regarder ensemble le sommaire de nos échappées belles.
01:34Nous irons à la rencontre des gens du Nil,
01:36ceux qui ont décidé de s'installer au bord de ce fleuve mythique.
01:40Nous irons également au cœur du Ran El Halili, l'un des plus grands soucs du Caire.
01:44Nous retournerons en France pour une nouvelle idée week-end,
01:47direction les Hautes-Terres de Provence.
01:49Et nous retrouverons également un autre fleuve mythique.
01:53Il s'agit du fleuve Amazon grâce à la deuxième étape du voyage de Patrick Profit.
01:59Bon, c'est là qu'on rigole parce que je dois prendre un taxi pour rejoindre le centre-ville
02:03et je ne parle pas un mot d'arabe.
02:05Enfin, si, j'en connais trois.
02:06Salam alaikum pour dire bonjour, shoukran pour dire merci et inshallah, si Dieu le veut.
02:13Ça, ça va me servir, inshallah.
02:19Alors, à l'Egyptienne, je me mets au milieu de la route
02:22et dès que je vois un taxi, je crie la destination où je veux aller.
02:26Il ne faut pas hésiter à fixer le prix de la course dès le début.
02:30Tahrir ?
02:30Non, raté.
02:32Hop, hop, hop.
02:34Alors, je me suis notée sur un petit bout de papier.
02:37Tahrir ?
02:37Tahrir ?
02:38Si ?
02:39Oui.
02:51Et voilà, ça y est, c'est mon premier bouchon.
02:53Bon, cela dit, c'est très habituel.
02:55Le Caire est une ville qui déborde, qui est complètement saturée.
02:59C'est une immersion dans les rues du Caire que nous vous proposons.
03:01Partons à la rencontre des Caire.
03:18Le Caire, 18 millions d'habitants.
03:21Plus grande ville d'Afrique, la capitale égyptienne ne cesse de s'agrandir
03:25et sa population d'augmenter.
03:27À l'image du trafic routier, saturé, c'est toute la ville qui est menacée d'engorgement.
03:33C'est complètement bouché.
03:36Et c'est comme ça tous les jours.
03:38Et ce qui est grave, c'est que ça empire d'année en année.
03:42Tout ça, c'est arrivé parce que les gens qui sont partis travailler dans les pays du Golfe
03:47sont tous revenus, avec leur propre voiture.
03:54Les Égyptiens ont longtemps fourni une main-d'oeuvre abondante aux pays voisins.
03:57Mais depuis la guerre du Golfe, les travailleurs émigrés sont rentrés en masse à la capitale.
04:02Un problème sur lequel s'est penchée Heptéal, une urbaniste.
04:08Quand les gens sont rentrés des pays arabes, ils n'ont pas trouvé véritablement de travail ici.
04:14Et ils ont commencé à s'installer de façon très précaire autour de la ville.
04:19Comme ils n'avaient pas assez d'argent, ils sont restés et ont construit des quartiers informels.
04:29Certains ont trouvé une autre solution à la pénurie de places, en construisant des cabanes sur le toit des immeubles.
04:36Les habitants des toits font désormais partie du décor.
04:39Un hôtel bon marché s'est même emparé de l'idée.
04:45À la base, les gens qui habitent sur les toits sont très pauvres.
04:49C'est moins cher parce que c'est sale.
04:52Mais si on nettoie et qu'on aménage un peu, c'est possible de rendre la chose agréable en installant
04:57des plantes, par exemple.
05:03Mais c'est une autre image que l'Egypte souhaite donner à sa capitale.
05:07Le centre-ville est présenté comme la vitrine du Caire, un quartier calqué sur les grandes villes européennes.
05:14Là, nous sommes au cœur du Caire, un quartier haussmanien.
05:18Ça datait de la fin du 19e siècle, là où les architectes étaient la plupart des cas des étrangers.
05:25C'était beaucoup inspiré de l'architecture européenne qui était très à la mode à cette époque-là.
05:30Et donc l'Egypte a suivi la mode.
05:32Quelquefois, on ne sait pas trop que nous sommes en Egypte.
05:35Par contre, là, vraiment, c'est le noyau du Caire, si vous voulez.
05:39D'entre tous les immeubles du centre-ville, celui-ci, l'immeuble Yakoubian, a beaucoup fait parler de lui.
05:46Héros d'un roman à succès du même nom, l'immeuble Yakoubian a été traduit en 19 langues.
05:52C'est un dentiste, le docteur Aswani, qui en est l'auteur.
05:56Inspiré par les histoires de ses patients et de son quartier, il dresse un portrait fidèle de la société kérote.
06:02Le centre-ville du Caire, pour moi, est beaucoup plus qu'un quartier.
06:07Le centre-ville du Caire présente une époque.
06:10Et une époque de tolérance égyptienne, une époque cosmopolite,
06:16qui a continué pendant des siècles jusqu'à les années 80.
06:25Aujourd'hui, le centre est une zone de commerce.
06:28On s'y croise dans la journée, mais peu d'habitants y résident.
06:32Beaucoup d'entre eux vivent en périphérie dans les quartiers informels.
06:37De véritables villes dans la ville, construites sur d'anciennes terres agricoles et où s'entassent 5 millions d'habitants.
06:45Nous sommes ici dans un endroit où les gens recyclent des ordures.
06:49Rien que dans ce quartier, il y a 30 000 habitants.
06:52Nous avons construit une école pour éduquer les filles, surtout.
06:57Ici, personne ne se préoccupe de leur formation, puisque très jeunes, vers l'âge de 12 ou 13 ans, on
07:03les prépare déjà au mariage.
07:10Grâce à l'association, les femmes du quartier ont pu apprendre le métier de couturière.
07:14Dans ce local, elles confectionnent des sacs et perçoivent ainsi un revenu régulier.
07:23Ce qui serait bien maintenant, c'est qu'on est quelqu'un pour nous aider.
07:26Tu veux dire pour écouler le stock ?
07:29Ces broderies représentent la vie quotidienne à la campagne.
07:32Toutes ces scènes sont inspirées de leur propre vie, puisque ces femmes viennent toutes de la campagne de Haute-Égypte.
07:41Au début, on était seulement 7.
07:44On nous a donné du fil et des machines.
07:46Ensuite, nous avons nous-mêmes formé d'autres personnes.
07:49Et maintenant, on est 150.
07:52Même mes enfants ont pu apprendre ce métier.
08:00Au cœur de cette jungle de béton, le parc Al-Hazar est comme une oasis de tranquillité.
08:05Une bouffée d'oxygène précieuse dans cette ville asphyxiée.
08:14En bas, ça grouille.
08:15C'est brouillant.
08:17Au moins ici, on peut respirer.
08:19Moi, je viens ici pour écrire des poèmes.
08:25Le Caire offre ainsi quelques refuges, où l'on oublie l'espace d'un instant la pauvreté et la promiscuité.
08:37À la nuit tombée, c'est sur le Nil que les jeunes partent se défouler, embarquant sur des bateaux discothèques.
08:50La fièvre urbaine qui s'est emparée de la capitale n'épargne pas même le fleuve sacré des Égyptiens.
09:01Quand je vous disais que le Caire était une ville incroyable, vous allez voir, ça n'est pas fini.
09:06Je voulais vous faire visiter un hôtel, le Mena House au Boroy.
09:10Alors, vous allez me dire, pourquoi celui-là plus qu'un autre ?
09:13Vous allez comprendre pourquoi.
09:17Il a une vue imprenable sur l'une des sept merveilles du monde.
09:21Regardez.
09:22Vous avez beaucoup de chance de travailler ici, Tarek.
09:24Bien sûr, je n'aurais pas pu vivre ailleurs.
09:27Alors vous, ça fait une vingtaine d'années que vous travaillez ici.
09:30Vous les voyez toujours, les pyramides ?
09:32Lui et jour, je médite devant elles et elles me donnent beaucoup d'énergie positive.
09:36Lorsque vous étiez enfant, cet endroit vous faisait rêver.
09:40Vous êtes Kérot, vous-même.
09:41Oui, ça a toujours été mon lieu favori.
09:44J'aimais venir à la piscine ici dans mon enfance.
09:46Et maintenant, j'ai envie d'acheter cet hôtel.
09:52Et c'est ici que j'ai rendez-vous avec Paul, qui est égyptologue.
09:55Nous allons visiter ensemble le complexe de Gizeh, qui réunit les trois grandes pyramides d'Egypte.
10:01Kéops, Képhren et Mykérinos, protégés par le célèbre Sphinx, représentation de Képhren veillant sur la nécropine.
10:09Paul, il faut que je vous avoue quelque chose.
10:11C'est une grande première pour moi.
10:13C'est la première fois que je vois des pyramides.
10:16Alors, Kéops est à gauche, c'est la plus haute pyramide.
10:19Elle fait 137 mètres aujourd'hui, elle en faisait 146 avant.
10:22Vous voyez, le haut de la pyramide, les pierres ont été prises.
10:26De même que tout le revêtement, il faut s'imaginer ces pyramides qui brillaient au soleil.
10:30Alors là, la deuxième, Képhren, un peu mieux conservée en haut.
10:33Il y a des pierres de parements qui sont conservées partiellement.
10:35Et puis ensuite, la plus petite, Mykérinos.
10:38Alors, il faut imaginer que jadis, il y avait des couleurs, elles étaient très colorées.
10:43Oui, oui, tout à fait.
10:44Essayons de les décrire.
10:45Il y avait une base de granit rouge.
10:47En haut, on avait un bandeau vert de pierre verte.
10:50Et au-dessus, ce qu'on appelle le pyramidion.
10:52C'est-à-dire comme une petite pyramide qui marquait la pointe de la pyramide en électrum et qui brillaient
10:58au soleil.
10:58C'est-à-dire un mélange d'argent et d'or.
11:09Alors, voilà le fameux sphinx.
11:11Eh oui, le sphinx, il représente le roi Képhren.
11:14Et il a perdu son nez.
11:15Le fameux nez, il est où, ce nez ?
11:17Il a perdu son nez et sa barbe.
11:17Et sa barbe.
11:42Je comprends pourquoi maintenant ce site exerce autant de fascination sur les voyageurs, sur tous les visiteurs, sur les archéologues.
11:50Audran Labrousse, par exemple, que vous connaissez très très bien.
11:53Oui, c'est mon patron sur le site de Saqqara.
11:55Alors, justement, grâce à lui, nous allons pouvoir découvrir qu'il existe peut-être d'autres pyramides.
12:02Nous l'avons retrouvé.
12:03Et Paul, nous, on reste ensemble parce qu'on a encore plein de choses à découvrir.
12:05On se retrouvera tout à l'heure.
12:06Très bien.
12:19La nécropole royale de Saqqara s'étend sur 50 kilomètres.
12:23C'est ici que furent enterrés les rois de l'ancien empire.
12:275000 ans d'une histoire fascinante, dans laquelle se plonge chaque jour Audran Labrousse.
12:34L'âge d'or de construction des pyramides a commencé ici même, à Saqqara.
12:39Fouille a commencé en 1850.
12:41Tout reste encore à trouver sur le site.
12:43Le site est à peine égratigné.
12:45Il y a beaucoup de pyramides perdues qui sont encore enfouies sous les sables.
12:53C'est Imhotep, le génial architecte qui construisit la toute première pyramide, en l'honneur de son roi Djoser.
13:00Elle s'élève à 65 mètres.
13:04On assiste ici à l'invention de la forme pyramidale, qui est d'abord sous la forme de ce gigantesque
13:10escalier dressé vers le ciel,
13:12et qui plus tard sera revêtu d'un parement qui en fera une pyramide lisse.
13:19En accueillant la dépouille du roi, la pyramide devait permettre son ascension vers les étoiles éternelles.
13:25C'est à la fois un lieu de mémoire et de résurrection.
13:31Après l'enterrement du roi, la momie va bien sûr rester dans le sarcophage,
13:36mais ce qu'on appelle le bas, c'est-à-dire son âme, va utiliser les textes des sarcophages
13:41pour arriver à traverser les obstacles de l'au-delà et renaître dans l'éternité.
13:46Ces textes des pyramides, en fait, sont le plus vieux texte religieux conservé de l'humanité.
13:54Ce rite funéraire ne fut pas réservé à la seule personne du roi.
13:59Leurs épouses aussi purent en bénéficier.
14:03Même les hauts dignitaires pouvaient espérer atteindre l'immortalité.
14:07Nous sommes ici dans la tombe d'un notable de l'Ancien Empire qui s'appelle Ptahotep.
14:14Le style est absolument magnifique.
14:16C'est l'âge d'or des pyramides.
14:18Tout ça ne va pas sans une certaine idéalisation.
14:21Il faut penser qu'ils se présentent pour l'éternité,
14:25donc ils se présentent au mieux de leurs possibilités physiques.
14:30Le style des pyramides s'est amélioré pendant des siècles,
14:33jusqu'à atteindre leur perfection avec celle de Gizé.
14:38Les anciens égyptiens ont ainsi pu toucher du doigt l'éternité.
14:45Je vous retrouve dans les rues du Vieux Caire
14:47et je voulais vous faire visiter la maison du Lutharabe.
14:49On y joue du Oud, un instrument traditionnel, emblématique du monde arabe.
14:58Bonjour Chérine !
14:59Bonjour Sophie !
15:00Ça va ?
15:00Oui, ça va, bonjour !
15:01C'est vraiment un endroit magnifique, on croit un décor de film ici !
15:05Oui, oui, bien sûr, c'est une maison du XVIIIe siècle.
15:09Elles sont superbes ces portes, hein ?
15:11Oui, c'est les anciennes portes.
15:15Restaurée par des Français, il y a une dizaine d'années,
15:17cette maison de style Mamluk fut construite en 1731.
15:21Elle porte le nom de son dernier propriétaire connu,
15:24un docteur ottoman, Ahmed El Araoui.
15:26Aujourd'hui, c'est au son du Oud que je me laisse guider par Chérine.
15:31On va profiter d'une de tes leçons, Chérine,
15:34pour entendre quand même le son du Oud.
15:36Et je sais que tu as un lien très particulier avec cet instrument,
15:40parce que tu le tiens très près du corps.
15:41Oui, c'est près du corps.
15:42Parce que le son sort d'ici.
15:44Oui.
15:44Et je le sens dans mon corps.
15:46D'accord.
15:46Et dans mon cœur aussi.
15:48Montre-le-moi, parce qu'il est très arrondi.
15:50Parce qu'il y a aussi un tornage comme ça.
15:51Oui, c'est ça.
15:53Allez, on a envie de vous écouter.
15:55D'accord.
15:56Yalla.
16:10Alors, à quelles occasions on joue du Oud ?
16:12Ici, il y a des cancers, seul ou pour l'Oud, seul,
16:16et dans l'opéra.
16:19Et on joue ici en Égypte.
16:22C'est dans les traditions.
16:23On joue le Oud dans les matchs.
16:25C'est vrai ?
16:26Oui, de football, oui.
16:28Ah bon ?
16:28Et on joue dans les mariages.
16:31Et qu'est-ce qui te plaît, toi, dans cet instrument ?
16:34Pourquoi l'avoir choisi ?
16:35Il n'y a pas beaucoup de filles qui jouent cet instrument.
16:37C'est pour cela, peut-être, que j'ai choisi.
16:40Oui.
16:40C'est les hommes ici seulement qui jouent l'instrument.
16:43Mais dans les anciennes années, dans les pharaons,
16:46je crois que c'était les femmes qui jouent le Oud.
16:48Seulement, pas les hommes.
16:50Et du coup, est-ce que ça change un peu le comportement des gens
16:54de te voir sur scène aujourd'hui ?
16:55Bien sûr.
16:56Maintenant, c'est très différent dans les cancers.
16:58Quand je vais, je suis maintenant soliste.
17:01Quand je joue une composition très dure et très technique,
17:06et les hommes applaudis, applaudis,
17:08et les publics, je sens très fière, oui.
17:12Est-ce que tu as un peu l'impression d'être une image du changement,
17:16peut-être, de l'évolution de l'Égypte d'aujourd'hui ?
17:19Oui.
17:20Oui, je sens comme ça, moi.
17:30C'est au son du Oud que nous allons rejoindre le Nil.
17:33Il est depuis toujours la colonne vertébrale de l'Égypte.
17:36Les populations égyptiennes se sont rassemblées sur ces rives.
17:40Alors, comment vit-on au bord d'un fleuve mythique ?
17:42C'est la question que nous avons posée à ceux que l'on pourrait appeler les gens du Nil.
18:03Le Nil est l'un des plus longs fleuves du monde.
18:06Il s'étale sur 6700 kilomètres et rencontre neuf pays avant d'entrer en Égypte à Asouan.
18:14Partout où il passe, il apporte la vie au milieu du désert
18:17et impose aux hommes son rythme tranquille et une certaine poésie.
18:26Le Nil est une vaste étendue où domine de belles couleurs.
18:32Il y a le jaune avec le sable du désert et puis le bleu de l'eau.
18:37Le véritable artiste, ce n'est pas moi, c'est la nature et ce cadre splendide.
18:44Je sais que j'ai de la chance d'être un enfant d'Asouan.
18:47J'ai devant moi un vaste panorama qui me stimule pour créer des œuvres.
18:57Sources d'inspiration pour les artistes,
19:00le fleuve est aussi source de revenus pour les petits pêcheurs,
19:03comme Mohamed qui vient chaque jour y jeter ses filets.
19:07Quelques kilomètres en amont,
19:09le grand barrage d'Asouan fournit en électricité une grande partie de l'Égypte.
19:13Mais il retient les gros poissons.
19:14Seuls, reste possible des prises plus modestes comme le tilapia ou le poisson chat.
19:19Moi, ça fait 12 ans que je viens pêcher ici,
19:22alors je sais où se trouvent les bons coins.
19:24Pour les poissons chat, par exemple, c'est au bord qu'il faut les pêcher.
19:33Armés de longs bâtons,
19:35les pêcheurs doivent effrayer les poissons chat pour les faire entrer dans leur filet.
19:38Une technique ancestrale, mais qui fait toujours ses preuves.
19:48Le poisson, pour moi, c'est comme une aubaine.
19:50C'est un don du ciel.
19:51C'est comme un cadeau que me fait le fleuve.
19:54J'ai juste à jeter mon filet,
19:55et c'est ma chance qui fait le reste.
19:58Le fleuve me permet de gagner ma vie honnêtement
20:00et de réussir dans l'existence.
20:02Le Nil, pour moi, c'est toute ma vie.
20:10Dans cette région de l'Égypte,
20:12frontalière avec le Soudan,
20:14il est un peuple qui a tout particulièrement lié son destin au fleuve.
20:20Ce sont les Nubiens,
20:21les descendants de l'ancien royaume de Nubie.
20:25Portes d'entrée sur l'Afrique,
20:26les traditions sont solidement ancrées dans cette terre,
20:29entre culture arabe et africaine.
20:31Avec le fleuve comme trait d'union.
20:39La Nubie, c'est le Nil,
20:41et le Nil, c'est la vie.
20:44Tout d'abord,
20:46il nous donne le travail,
20:48puisque c'est grâce au Nil
20:49qu'on peut pratiquer la pêche.
20:52Et puis,
20:53il nous donne aussi l'agriculture,
20:55grâce à la crue.
20:57Tout ce qu'on a, c'est grâce au Nil.
21:00Même nos maisons sont fabriquées
21:01avec la terre,
21:02que l'on ramasse au bord des rives.
21:04Les champs sont concentrés dans la vallée du Nil,
21:09qui est la véritable colonne vertébrale du pays.
21:12L'agriculture dépend entièrement du fleuve,
21:14comme la culture de la canne à sucre.
21:18Autrefois, le Nil en cru déposait un limon fertile sur les champs.
21:21Mais depuis la construction du barrage,
21:23on utilise des engrais chimiques.
21:25L'irrigation est aussi devenue indispensable.
21:31On est un peu éloigné du fleuve.
21:33Donc, il faut qu'on se débrouille
21:35pour acheminer l'eau jusqu'ici.
21:39On a imaginé tout un système de canaux pour cela.
21:43Et on s'arrange avec les voisins
21:44pour se répartir l'eau de façon équitable
21:47et pour irriguer nos champs.
21:54Mais le Nil ne fait pas travailler les seuls agriculteurs.
21:58Il propose aussi un emploi aux ouvriers
22:01des chantiers de construction.
22:04Dans celui-ci,
22:06une demi-douzaine de personnes s'activent
22:07à réparer les félouques.
22:09C'est bateau typique de cette partie du Nil.
22:17Il y a beaucoup de chantiers ici dans la région.
22:20Il y en a au moins 5 ou 6.
22:23Les bateaux sont amenés ici sur des barges
22:25et ensuite on les répare.
22:29Ici, pour une félouque de 18 mètres,
22:31ça nous donne 15 jours de travail.
22:39C'est bon ?
22:40Tu es sûr que ça va ?
22:42C'est bon, ça y est, c'est prêt.
22:43Tu peux y aller.
22:49À partir d'Asouan,
22:51le fleuve est navigable
22:52sur près de 900 kilomètres,
22:54jusqu'au Caire.
22:55Beaucoup choisissent de s'embarquer
22:57sur les félouques,
22:58dont le balai incessant
22:59dure depuis le 19e siècle.
23:04Autrefois, la félouque
23:05était le seul moyen de transport.
23:07On s'en servait pour acheminer
23:08les marchandises
23:09et pour transporter les gens.
23:11Maintenant, on s'en sert
23:12uniquement pour promener
23:13les touristes.
23:27Le Nil est notre seule richesse.
23:29Sans lui,
23:30il n'y aurait pas d'Egypte.
23:31C'est pour ça qu'ici,
23:32tout le monde aime le fleuve.
23:33Pour moi, c'est comme un deuxième cœur.
23:40Les anciens vénéraient le fleuve
23:41comme un dieu à part entière.
23:43Ce n'est plus le cas aujourd'hui,
23:45mais il inspire encore
23:46un profond respect
23:47à tous les Égyptiens.
24:01Voilà, après les rives du Nil,
24:03nous nous retrouvons
24:04dans les rues du Caire,
24:05une ville qui a inspiré
24:06le photographe que tu es, Arnaud.
24:07Le Caire, c'est la ville
24:08des mille mosquées.
24:09Mais c'est sûrement aussi
24:10la ville du million de photos,
24:12peut-être plus.
24:14Sûrement pas moi.
24:15Sûrement pas moi.
24:22Qu'est-ce qui t'a motivé, toi,
24:23Arnaud, à t'installer ici ?
24:25Avec Anne, on avait envie de...
24:28Anne, c'est ta compagne ?
24:29C'est ma femme.
24:29Oui.
24:30On avait envie de quitter la France
24:33dans laquelle on se sentait
24:34un peu à l'étroit.
24:35Le pays qui nous avait vraiment plu,
24:38mais vraiment en coup de foudre,
24:39c'était l'Egypte.
24:41Il s'agit vraiment d'un coup de foudre.
24:42Il s'agit d'un coup de foudre.
24:43Mais parce qu'ici,
24:44il y a la vie.
24:45Il y a la vie.
24:46C'est incroyable.
24:47Ça grouille de partout.
24:49Et puis ça se finit toujours
24:50avec une tasse de thé,
24:51ça se finit toujours
24:53autour de ça.
24:54Et je ne parle pas l'arabe.
24:56En plus.
24:56En plus.
25:00Quand tu disais
25:01qu'il y a de la vie
25:01du monde partout,
25:02c'est vrai.
25:08Voilà, alors là,
25:10on arrive vraiment
25:10au cœur de Hanel Khalili.
25:12C'est l'un des plus grands
25:13souks du Caire.
25:15L'Indé.
25:16L'Indé, tout à fait.
25:17C'est le souk des bijiquiers.
25:18On sent vraiment ici
25:19qu'on a changé
25:21un petit peu d'ambiance.
25:22On commence à entendre
25:23des touristes,
25:24des visiteurs.
25:24Et c'est le mélange
25:25entre la population égyptienne
25:26et les touristes.
25:27C'est un lieu d'échange.
25:29C'est le principe du marché.
25:30C'est un lieu où les gens
25:32voient que le monde
25:32est différent,
25:33aussi bien les étrangers
25:34qui viennent
25:35que les égyptiens.
25:45Regardez à quelle vitesse
25:46ils arrivent à coudre
25:48ces tissus.
25:51Qu'est-ce que vous utilisez
25:53comme matériau
25:54pour ces objets-là ?
25:57Tout d'abord,
25:57on travaille le bois.
26:01Et enfin,
26:02on passe une peinture
26:03vernie sur la nage.
26:05J'aime bien cette boutique ici
26:07parce que je sais justement
26:09qu'ils travaillent
26:10dans la tradition.
26:11C'est-à-dire que c'est pas
26:12des choses faites
26:13avec des bouts de plastique.
26:14C'est pas fait n'importe comment.
26:16Et c'est quelque chose
26:17qui me plaît bien.
26:18C'était une de tes
26:19bonnes adresses, Arnaud.
26:20Là, la nuit,
26:21t'es en train de tomber.
26:22On va prendre un petit café ?
26:23Ça, c'est une petite idée.
26:24On va lui faire
26:25un petit tour au fichet, oui.
26:28Allez, on a bien mérité
26:29une petite pause, Arnaud,
26:30dans ce café,
26:30Alphi Chahoui,
26:31qui est un des cafés
26:32les plus réputés du Caire.
26:33C'est un vieux petit café
26:34traditionnel.
26:35C'est l'équivalent du Flore
26:36et des Domago à Paris.
26:38C'est un café
26:39où se réunissaient
26:40tous les intellectuels,
26:42les écrivains, etc.
26:43à fumer des chichas
26:44toutes les nuits,
26:45à boire du café
26:46et à refaire le monde.
26:47Voilà notre thé.
26:48Voilà le thé.
26:49Choukrat !
26:51Santé !
26:52Santé !
26:52En tout cas,
26:53merci pour cette belle balade.
26:54Merci à vous
26:55de m'avoir suivi.
26:56On va rester dans le souk.
26:58On va essayer de comprendre
27:00comment ça se passe
27:01côté coulisses.
27:02Nous avons passé
27:03en effet
27:0424 heures
27:05dans le souk
27:05Ran el Khalili.
27:06A tout à l'heure au Caire.
27:07Je vous attends.
27:12Ce sont les grincements
27:13des rideaux de fer
27:14qui donnent le signal
27:15de départ
27:15d'une journée
27:16au Ran el Khalili,
27:18le plus grand souk du Caire.
27:20Moi, je m'installe
27:20vers 10 heures.
27:21C'est suffisant.
27:22Les touristes matinaux
27:24ne sont pas
27:24de très bons clients.
27:26Par contre,
27:26vers midi,
27:27il y a les Américains
27:28qui arrivent
27:28et eux,
27:29ils achètent.
27:36La première qualité
27:38d'un vendeur,
27:38c'est d'abord
27:39la patience.
27:40Dans la matinée,
27:42la tente s'installe,
27:43lourde,
27:45pesante.
27:46Tout est prêt,
27:47ne manquent
27:48que les clients.
27:50Le regard en alerte,
27:51tous guettent
27:51l'arrivée du touriste.
27:58Dans sa boutique,
27:59Mohamed,
28:00le vendeur de babioles
28:01en tout genre,
28:02règle les derniers détails.
28:06Le plus important,
28:07c'est le premier client.
28:08Avec lui,
28:09tu ne négocies
28:09même pas le prix.
28:10Il faut vendre,
28:11c'est tout.
28:15Voici le moment
28:16tant attendu.
28:17La visite du souk,
28:18c'est l'incontournable
28:19pour les voyages organisés.
28:21Alors, à midi,
28:22les touristes
28:23des quatre coins du monde
28:24s'engouffrent
28:25dans les petites ruelles.
28:31On est de Madrid,
28:32on est venus
28:32avec le collège.
28:33On voudrait rapporter
28:34des souvenirs au pays
28:35et on les offrira
28:36à la famille
28:37et aux copains.
28:41Les curiosités
28:42s'étalent sur les stands
28:43et pour appâter
28:44le chaland,
28:45chaque vendeur
28:45a son petit truc.
28:55C'est important
28:57de connaître
28:57la langue du client
28:58parce que tous
28:59ne parlent pas anglais.
29:01Moi,
29:01je sais parler
29:02huit langues
29:03et j'ai plus de chances
29:03de faire des affaires.
29:08C'est l'heure de pointe
29:09dans les ruelles du marché.
29:11On y pratique maintenant
29:12en sport national,
29:13le marchandage.
29:17Mohamed est passé
29:18à l'attaque,
29:19bien décidé
29:19à vendre
29:20une galabia,
29:21une tunique exotique.
29:25Combien ?
29:26120.
29:27Non, non, non, non.
29:2835 dollars,
29:29c'est un prix spécial.
29:31C'est trop cher.
29:32C'est des dollars.
29:33C'est des dollars
29:34australiens.
29:39Regardez,
29:40c'est mon premier billet
29:41de la journée.
29:41Ça va me porter chance.
29:43Au moins,
29:44j'espère que ça va bien m'aller.
29:46Merci, au revoir.
29:47Merci beaucoup,
29:48au revoir.
29:50Moi,
29:50mon petit truc,
29:51c'est de les faire rire.
29:52Je leur dis,
29:53tiens,
29:53tu ressembles à Shakira.
29:54Ça les fait marrer
29:55et après,
29:56ils achètent.
30:01À l'écart
30:02de l'agitation touristique,
30:03on débouche
30:04sur le quartier
30:04des artisans.
30:07Dans les ateliers,
30:08se transmettent
30:09des savoir-faire ancestraux
30:11comme celui
30:11des souffleurs de verre.
30:19Tiens,
30:20il faut faire fondre
30:21tout ça.
30:22C'est la commande
30:23des Italiens.
30:24Mets-le au four
30:25et ensuite,
30:26tu les passes à Kamel.
30:31Ici,
30:31on récupère
30:32les débris des bouteilles
30:33pour leur insuffler
30:34une seconde vie
30:35sous forme de vase
30:36ou de chandelier.
30:45Ce que je suis en train
30:46de faire en ce moment,
30:48c'est donner
30:49une forme particulière
30:50au verre.
30:51Pour ça,
30:52il faut avoir en tête
30:53la forme précise
30:54qu'on veut lui donner.
31:00Ce métier a commencé
31:01dans le pays
31:02il y a 400 ans.
31:05C'est un de mes ancêtres
31:06il y a très longtemps
31:07qui s'est implanté
31:08ici au Khan el Khalili.
31:10Et depuis,
31:11on s'apprend
31:12le métier
31:12de père en fils.
31:20A l'époque
31:20de sa création,
31:22sous les Fatimides,
31:23c'est le commerce
31:23des épices
31:24qui faisait la fortune
31:25de l'Empire.
31:27Cette activité,
31:28elle non plus,
31:29n'a pas disparu.
31:35On vend au Kérot
31:36et aussi aux étrangers.
31:38L'épice
31:39qui est la plus recherchée,
31:40c'est le safran.
31:41Tout le monde
31:42veut du safran.
31:43le safran.
31:54Dissimulé
31:54à l'arrière
31:55des boutiques,
31:55c'est ici
31:56que l'on moue
31:57et tamise
31:57le safran
31:58et autres piments.
32:02Ici,
32:02c'est l'un des moulins
32:03les plus importants
32:04de la ville.
32:06Il y a même
32:07les laboratoires
32:08pharmaceutiques
32:09qui viennent faire moudre
32:10leurs plantes médicinales.
32:16Le souk est aussi
32:17un lieu de passage
32:18important
32:19dans la vie
32:19des kérotes.
32:23En procession,
32:25les mariages
32:25bifurquent
32:26dans la rue
32:26des bijoutiers
32:27où les familles populaires
32:28viennent acheter
32:28leurs alliances.
32:33C'est une journée
32:34comme les autres
32:35qui s'achève
32:35au Han El Halili.
32:36Une journée de plus
32:37après 600 ans
32:39d'existence.
32:52Nos échappées
32:52belles égyptiennes
32:54continuent.
32:54Je suis toujours
32:55dans les rues du Caire.
32:57En fait,
32:57pas vraiment,
32:58car si je vous dis
32:59que ces rues sont fausses,
33:00est-ce que vous me croyez ?
33:01Non ?
33:02Écoutez,
33:03en fait,
33:04c'est un décor
33:05car nous sommes
33:05dans les studios
33:06de cinéma Massre.
33:09C'est l'occasion
33:09de faire un clin d'œil
33:10au cinéma égyptien
33:11dans ces studios
33:12inaugurés en 1937.
33:14C'est ici
33:15qu'ont été enregistrés
33:16les plus grands films égyptiens
33:17qui ont fait
33:17le tour du monde arabe.
33:19Karim est président
33:20de ces studios
33:21depuis 2000.
33:21Il en parle avec passion.
33:24C'est ici
33:24que toute l'industrie
33:25du cinéma
33:26a commencé
33:26pour l'Egypte
33:27et pour les pays arabes.
33:29Donc en 1935,
33:30il y avait les labos,
33:31il y avait une école,
33:32ils avaient le droit
33:33d'écrire une scène,
33:34de faire le décor,
33:35de la tourner,
33:36d'en parler,
33:36de la jeter.
33:38Alors on connaît bien aussi
33:39Shaheen
33:40en France.
33:41Il a tourné ici aussi,
33:43Youssef Shaheen ?
33:43Presque tous les films.
33:44Shaheen,
33:45c'est un de nos associés
33:46et un des grands maîtres
33:48du cinéma égyptien.
33:49Aujourd'hui,
33:50toutes les productions
33:51de cinéma égyptiennes
33:53passent par chez vous.
33:53À peu près,
33:54disons 95%
33:55qui passent
33:56pour faire quelque chose
33:57de petit
33:58ou pour faire entièrement
33:59le film ici.
34:00Dans le monde arabe,
34:01c'est le cinéma
34:01le plus important
34:03de cinéma égyptien ?
34:04L'appellation
34:05film égyptien
34:06ou film arabe
34:07est interchangeable.
34:08Quand on dit film arabe,
34:09on veut dire film égyptien.
34:11Et depuis 1935,
34:13ces studios
34:13ne se sont jamais
34:14arrêtés de fonctionner ?
34:15Non, jamais.
34:16Ça bouge,
34:17ça s'agrandit,
34:18ça change de couleur
34:18et c'est toujours nouveau.
34:31Il y a de la vie ici,
34:33dites-moi.
34:34Oui,
34:35on est en pleine construction
34:36pour le décor
34:37du film,
34:38du dernier film égyptien
34:40d'Omar Sharif
34:41avec Adel Imam.
34:43Une super production.
34:44Jusqu'à dans les années 70,
34:46c'était l'un des trois
34:48grands producteurs
34:49de cinéma au monde
34:50avec les Etats-Unis
34:51et l'Inde.
34:52Aujourd'hui,
34:52comment va-t-il ce cinéma ?
34:53Il n'y a pas assez
34:54de salles de cinéma
34:55dans le monde arabe.
34:56On a 450 écrans
34:59pour 300 millions de personnes,
35:01ce qui est absolument ridicule,
35:03mais c'est quand même
35:04une opportunité
35:05qui commence à être développée
35:06par pas plus de gens
35:07en même temps.
35:14Là, on est en phase
35:15de post-production,
35:16comme on dit.
35:18Une phase très, très importante,
35:19c'est le mixage.
35:20C'est ce qui est en train
35:20de se passer derrière nous.
35:22Voilà, oui.
35:22C'est une petite salle,
35:23mais c'est fait pour le son ici
35:26comme une salle
35:26de 400 personnes.
35:28Je vous propose maintenant
35:29une petite escapade en France,
35:31dans une région
35:32qui est la région
35:33des Hautes-Terres de Provence.
35:35Nous allons pouvoir participer
35:36à une drôle de chasse
35:37au trésor
35:38et prendre un peu d'altitude.
35:40C'est une nouvelle proposition
35:41week-end.
35:51Il l'a défrichée
35:52et il l'a déchiffrée.
35:55Daniel a été l'un des premiers
35:57à comprendre
35:57les atouts touristiques
35:58de cette vallée
35:59nichée entre Gap et Cisteron.
36:01Un pionnier
36:02qui a permis
36:03de désenclaver
36:04la vingtaine de villages
36:05perchés dans ce décor de pierre.
36:08Il faut sans doute
36:09avoir l'opportunité
36:11de venir écouter
36:12cette roche ici
36:13pour découvrir
36:15les Hautes-Terres de Provence
36:17qui est un jardin secret
36:19qu'on ne peut découvrir
36:21qu'à travers ces rochers.
36:22On la surnomme
36:23la Grande Fistoire.
36:24Située à 1000 mètres d'altitude,
36:26cette paroi calcaire
36:27est devenue
36:27le point de rendez-vous
36:28des adeptes
36:29de la Via Ferrata.
36:30Les mousquetons
36:31toujours sur le câble
36:31puisque c'est votre ligne de vie.
36:34Pour moins de 10 euros,
36:36les amateurs
36:36peuvent se frotter
36:37à cet itinéraire sportif
36:38équipé de câbles
36:39et d'échelles.
36:40Et au bout du compte,
36:41vous verrez,
36:42vous sortez
36:42à la fin du parcours
36:44en ayant la sensation
36:45terrible
36:45d'avoir pratiquement
36:46franchi
36:47un apurna.
36:49Entre randonnée
36:50et escalade,
36:51les sportifs
36:52mettront trois heures
36:52à gravir cette paroi
36:54haute de 250 mètres
36:55classée dans le
36:56Hit Parade
36:57des Via Ferrata.
36:58Il faut se concentrer,
36:59dirons-nous.
37:01Il n'y a pas de risque,
37:02mais ce jour,
37:05c'est la question quand même.
37:07Je ne regarde pas trop en bas.
37:09Je fais bien attention
37:10à mes mousquetons.
37:12La Via Ferrata
37:13attire plus de 6 000 visiteurs
37:15par an.
37:16Une séquence
37:17grand frisson
37:17qui remet astucieusement
37:19à jour
37:19une pratique traditionnelle
37:21dans ces hautes terres
37:22de Provence.
37:23Pour les gens
37:24de la montagne,
37:25ça permettait
37:25de franchir
37:26des passages
37:27qui étaient
37:28très difficiles.
37:29Par le passé,
37:30ce n'étaient pas
37:30les vallées
37:31qu'on utilisait,
37:32c'étaient essentiellement
37:32les cimes.
37:33Les cimes, parfois,
37:35pouvaient avoir
37:35des caractères
37:36de dangerosité
37:37que l'on pouvait franchir
37:38grâce à ces artifices.
37:40Et parmi ces artifices,
37:42le plus spectaculaire
37:43reste la passerelle.
37:4560 mètres suspendus
37:46au-dessus du vide,
37:47la passerelle
37:48la plus haute d'Europe.
37:54Nos ferratistes
37:55en herbe
37:55en ont encore
37:56l'estomac
37:56tout retourné.
37:58À un moment,
37:59je me suis dit
37:59bon, dans 3 minutes,
38:00c'est fini,
38:01donc reprends-toi
38:02et c'est bon.
38:03Et ça, c'est bien passé.
38:08Sur ces hautes terres
38:10de Provence,
38:10les roches
38:11ne tombent pas seulement
38:12à pic,
38:12elles peuvent aussi parler.
38:14Vous vous êtes égarés.
38:17Le sentier
38:18des roches qui parlent
38:19est un moyen original
38:20de découvrir la région.
38:21Munis d'un livret magique,
38:23les visiteurs
38:24doivent résoudre
38:25une énigme
38:25pour progresser
38:26dans leur périple.
38:27Il faut trouver
38:28l'endroit
38:29où se trouve
38:29le prochain rocher,
38:31en fait.
38:33Un signe
38:34de van de Mélis.
38:35Le peigne du miel,
38:36c'est Mélis.
38:39La famille Godin
38:41s'embarque ainsi
38:41dans une escapade
38:42géographique et temporelle.
38:45Chaque roche
38:46est un prétexte
38:47pour redécouvrir
38:48cette région
38:48qui était surpeuplée
38:49au Moyen-Âge.
38:51De cette période,
38:52il ne reste plus
38:52que quelques pierres,
38:53mais d'innombrables légendes
38:55subsistent.
38:57Ça permet de regarder
38:58le paysage,
38:58ça permet de dire
38:59bon, on stoppe
39:00et on regarde le paysage.
39:02Et puis on le décrit
39:02un petit peu
39:02parce que c'est vrai
39:03qu'on a un point de vue
39:04sur le Val de Durance
39:04qui est très ouvert.
39:08Ces bornes interactives
39:09en forme de roche
39:10se sont aujourd'hui
39:11fondues dans le paysage
39:12jusqu'à tromper
39:13les autochtones eux-mêmes.
39:14La première fois
39:14que j'ai vu un rocher,
39:15je l'ai trouvé magnifique.
39:17Je dis à mon mari
39:18viens avec le tracteur
39:19et tu me mènes ce rocher
39:20devant la maison.
39:22Je croyais
39:22que c'était un rocher,
39:24un rocher,
39:25un vrai rocher.
39:34On va prendre une assiette
39:35environ de 45 degrés.
39:3645 degrés,
39:37c'est ça.
39:39Maurice est lui aussi
39:40un amoureux
39:40de ces roches
39:41des hautes terres de Provence.
39:42ils préfèrent juste
39:43les écouter en altitude.
39:45La vallée est devenue
39:46le site privilégié
39:47des baptêmes en vol à voile
39:49pour 40 euros la demi-heure
39:51avec un décollage express
39:52par câble tendu.
40:00C'est vrai que ça doit être impressionnant
40:02quand même.
40:06Là-haut,
40:06Maurice est comme un oiseau libre.
40:08Il prend des thermiques,
40:10des courants ascendants
40:11comme un surfeur
40:12prendrait une vague.
40:17J'ai tellement l'habitude,
40:18c'est toujours un plaisir
40:19parce que c'est ma vie.
40:21D'être en l'air,
40:23je ne sais pas.
40:25Je vis
40:26à 100%
40:27quand je suis en banque.
40:29Je suis plus tranquille là
40:30qu'en voiture.
40:35au sol ou à l'air libre,
40:37les hautes terres de Provence
40:39vous confieront leurs secrets.
40:41Sachez les écouter
40:42en vous faufilant
40:43parmi ces roches.
40:57Nous sommes de retour en Égypte
40:59pour nos échappées belles
41:00après cette proposition
41:01au week-end en France.
41:02Alors,
41:02j'ai quitté
41:03le centre-ville du Caire
41:04pour rejoindre
41:05le site de Saqqara
41:06et je vais retrouver Paul,
41:08vous savez,
41:09qui était avec moi
41:09tout à l'heure
41:10sur le site de Gizé.
41:18Comme on se retrouve.
41:19N'est-ce pas ?
41:20Alors,
41:21lorsqu'on vient ici
41:21sur le site de Saqqara,
41:23on vient entre autres
41:24pour admirer
41:25la pyramide
41:25qui est derrière nous.
41:26Exactement.
41:27C'est la première pyramide
41:28construite.
41:35Alors,
41:36pour comprendre
41:37ces complexes funéraires,
41:38le mieux,
41:39c'est d'aller à l'intérieur
41:40des pyramides
41:40dans ces tombeaux.
41:42Là,
41:42on est où ici ?
41:43Ici,
41:43on est devant la pyramide
41:44de Téti
41:45qui est le souverain fondateur
41:46de la VIe dynastie
41:47et qui va faire graver
41:49dans sa pyramide,
41:50dans les appartements funéraires,
41:51les fameux textes des pyramides
41:53qui vont lui permettre
41:54d'atteindre,
41:55pour de bon,
41:56l'immortalité.
41:57Allons voir ça
41:57de plus près.
42:09Alors,
42:10on les voit bien,
42:10les hiéroglyphes,
42:11là,
42:11ici.
42:12Ah oui.
42:12Alors là,
42:12on est dans l'antichambre.
42:13Oui.
42:14Et là,
42:14le tombeau.
42:15Alors là,
42:15on arrive dans la chambre funéraire
42:16proprement dite,
42:18avec le sarcophage du roi.
42:20Qu'est-ce qu'on retrouve décrit
42:21sur ces hiéroglyphes ?
42:22Ces hiéroglyphes sont des textes funéraires
42:24qui vont permettre au roi
42:25de franchir les différentes étapes,
42:27d'atteindre les étoiles impériales,
42:29et donc l'immortalité.
42:30Et il y a une formule
42:32qui revient
42:32d'une façon lancinante.
42:34C'est,
42:34ô Téti,
42:35ce n'est pas mort
42:35que tu t'en es allé,
42:36c'est vivant
42:37que tu t'en es allé.
42:38Donc,
42:39religion et magie
42:39sont tellement mélangés
42:41dans l'idéologie de l'Égypte ancienne
42:42qu'il suffit souvent
42:43de dire les choses
42:44pour qu'elles se produisent.
42:45C'est pour ça
42:45que le nom est omniprésent.
42:47On voit Téti,
42:47Téti,
42:48Téti tout le long,
42:48ça revient comme une litanie.
42:50Une des grandes questions
42:51de l'Égypte ancienne,
42:52c'est qu'est-ce qui se passe ?
42:54Après la mort,
42:55y a-t-il une vie dans le delà ?
42:56Absolument.
42:57Et c'est pour ça
42:57que les Égyptiens
42:58ont fait sûrement
42:59dans toute l'histoire de l'humanité
43:00les plus grands efforts,
43:01je crois qu'il n'y a pas d'exemple
43:02dans d'autres civilisations
43:03pour assurer l'immortalité
43:05et la conservation de leur corps.
43:13Voilà,
43:14on retrouve la lumière du jour.
43:16Nous étions tout à l'heure
43:17au bord du Nil.
43:18Eh bien,
43:18nous allons rejoindre
43:19les rives d'un autre fleuve mythique.
43:21Il s'agit du fleuve Amazon.
43:23En effet,
43:23depuis la semaine dernière,
43:24nous avons la chance
43:25de suivre le voyage
43:26de Patrick Profit.
43:28Il a enfin pu quitter Beleim.
43:30Cela dit,
43:30il lui reste quand même
43:313500 kilomètres à parcourir.
43:32Autant dire que le chemin est long.
43:34Merci beaucoup, Paul.
43:35Je vous en prie, Sophie.
43:36C'était un plaisir.
43:37Nous, on se retrouve juste après
43:38en Égypte, bien sûr.
43:47Je t'écris à nouveau
43:48pour te dire qu'enfin
43:49je glisse sur l'Amazone
43:51en remontant le fleuve.
43:52Nous avons appareillé
43:54en fin d'après-midi de Belem
43:55et les rives
43:56semblent maintenant lointaines,
43:58s'enfonçant dans le mystère
43:59de la nuit équatoriale
44:00qui tombe lentement.
44:02Tout est lent,
44:03tout est long.
44:04Tout pourrait être aussi silencieux
44:06s'il n'y avait pas le bruit
44:07incessant des machines.
44:13Il nous faudra
44:14cinq jours et cinq nuits
44:15pour parcourir
44:16les quelques 1500 kilomètres
44:18qui séparent
44:19les deux plus grandes villes
44:20bordant le fleuve.
44:26Sur le Cisne Branco,
44:27nom du bateau
44:28qui veut dire
44:29signe blanc,
44:30une centaine de personnes
44:31ont pris place à bord.
44:32Chacun timidement
44:33s'observe,
44:34chacun timidement observe
44:36et les curiosités
44:38ne manquent pas.
44:53difficile de se reposer
44:55en cette première nuit.
44:56Elle sera ponctuée d'arrêt
44:57ou à chaque fois
44:58on embarque
44:59et débarque
45:00ou à chaque fois
45:01on décharge
45:02pour recharger.
45:03Même le capitaine
45:04semble exténué
45:05et très peu
45:06équipage ou passager
45:08pourront dormir
45:08ce premier soir.
45:23Au petit matin,
45:24nouvel arrêt,
45:25on observe toujours.
45:27Quelques dauphins
45:28d'eau douce
45:28viennent gentiment
45:29taquiner nos pupilles
45:30et entre deux passages
45:31de bateau
45:32nous avons même
45:33la chance rare
45:34d'en apercevoir
45:35un rose.
45:47Après s'être allégé
45:48de quelques marchandises,
45:49nous repartons
45:50et je commence
45:51à comprendre
45:51ce que j'avais cru percevoir.
45:53L'Amazonia se déplace
45:55plus sur l'eau
45:56que sur la terre.
45:57Cette forêt
45:58n'aime pas les routes.
45:59Elle préfère
45:59ses pénétrantes naturelles
46:01que sont les inguas lapés,
46:02les rivières
46:03et les fleuves.
46:05Difficile ici
46:05de la contredire
46:06car le réseau aquatique
46:07est tel
46:07que sur les 17 affluents
46:09principaux
46:09qui grossissent l'Amazon,
46:11certains font partie
46:12des dix plus grands
46:13fleuves du monde.
46:19Sur le pont intermédiaire,
46:21celui des passagers,
46:22chacun s'est approprié
46:23un espace
46:24restreint, certes,
46:25mais suffisamment conséquent
46:26pour appréhender
46:27les cinq jours
46:28et quatre nuits
46:28qu'il nous reste.
46:34Le hamac
46:34deviendra propice
46:35à la paresse.
46:36Quoi de plus normal,
46:37il sera le seul endroit
46:39personnel de chaque passager
46:40car c'est dans ce simple
46:41bout de tissu
46:42que l'on essaiera
46:43pendant ce voyage
46:44d'enfermer son intimité.
47:05Si certains paraissent,
47:07ce n'est pas le cas
47:08du personnel de bord.
47:09En cuisine,
47:10on s'active depuis l'aube.
47:12Outre une quinzaine
47:13de membres
47:13composant l'équipage,
47:14il faudra aussi fournir
47:15les deux repas quotidiens
47:16des passagers.
47:18Un travail parfois pénible
47:19car la cuisine
47:20juxtapose la salle
47:21des machines
47:22et le bruit incessant
47:23et assourdissant
47:24en a découragé plus d'un.
47:37Sur le pont supérieur,
47:39celui de la passerelle
47:40de commandement,
47:41c'est plus calme.
47:42Tellement calme
47:43que le capitaine
47:44y lit tranquillement
47:45son journal.
47:46Il faut dire que
47:46ces marins,
47:47même d'eau douce,
47:48sont obligés
47:49de se ménager
47:49quelques instants
47:50pour eux.
47:51Ce bateau n'a pas
47:52d'équipage tournant
47:53et il effectue
47:544 à 5 allers-retours
47:55par mois.
47:56Une vie particulière
47:57où l'on passe son temps
47:58sur le fleuve.
48:00Un métier
48:00où l'on délaisse
48:01de fait sa famille.
48:03On est même obligé
48:03parfois,
48:04pour voir ses propres enfants,
48:05de prolonger les arrêts
48:07dans les ports
48:07où ils vivent.
48:11Je suis le capitaine
48:12de ce bateau.
48:14Cela fait 24 ans
48:16que je le commande.
48:19Comme tu as pu le constater,
48:21nos métiers
48:21et notre mission
48:22sur ce fleuve,
48:23sur l'Amazone,
48:25c'est de transporter
48:26des marchandises
48:27et des passagers.
48:33Je suis originaire
48:35de Santarém,
48:36le grand port
48:37intermédiaire
48:38entre Belém
48:38et Manaos.
48:40Toute ma famille
48:41vit aussi là-bas.
48:45En ce qui concerne
48:46la navigation,
48:47nous avons peu
48:48de problèmes.
48:50Quelques tempêtes
48:51parfois,
48:52mais certaines
48:53peuvent être violentes.
48:55Les passagers
48:56paniquent,
48:57alors nous sommes
48:58obligés de nous arrêter
48:59et de mouiller
49:00dans une crique.
49:03Mais en règle générale,
49:05c'est assez rare.
49:06On a peu de difficultés
49:07et c'est même un bonheur
49:09de naviguer
49:10sur ce fleuve.
49:12Aujourd'hui,
49:13le temps est très clément.
49:14Alors,
49:15on s'organise
49:15pour le faire passer
49:16et une partie
49:17de dominos
49:18avec enjeu
49:18ne peut que s'y prêter.
49:20Les dominos
49:21dans toute l'Amazonie
49:22sont faits en bois,
49:23une matière
49:23prédominante ici.
49:27Sur le fleuve,
49:28il n'est pas rare
49:28de croiser des barges
49:29chargées de rondes.
49:31En Amazonie,
49:32rien n'arrête la nature,
49:33sauf peut-être
49:34les tronçonneuses
49:35des forestiers.
49:42Certains pourraient penser
49:43que l'on s'ennuie
49:44sur ce bateau.
49:45Pour parodier
49:46la célèbre publicité
49:47d'une grande enseigne,
49:48je peux vous assurer
49:49qu'il y a ici
49:50peu de répit,
49:51il s'y passe
49:52toujours quelque chose.
49:54J'en veux pour preuve
49:55ces petits piroguiers
49:56de l'Amazone.
49:57Ils s'amarrent
49:58comme des pirates
49:58à l'aide de crochets
49:59sur les bateaux
50:00lancés à pleine vitesse.
50:03Ces téméraires
50:04ont parfois
50:04à peine 5 ans
50:05et le but
50:06de leur prouesse
50:06est de grappiller
50:07quelques deniers
50:08en vendant
50:08toutes sortes
50:09de marchandises
50:09aux passagers,
50:10souvent émerveillés
50:11par leur incroyable audace.
50:52Débarquer à Santarém
50:53vers 4 heures du matin
50:54est un véritable enchantement.
50:56C'est ainsi
50:57qu'il faudrait
50:57toujours pouvoir voyager.
50:59Les grecs anciens
51:00avaient créé
51:01une divinité
51:01pour cet instant idéal.
51:03Elles répondaient
51:04au nom de Kairos
51:05et stipulaient
51:06que l'on devait arriver
51:07à l'aube
51:08dans tous les ports du monde.
51:10Pour moi,
51:11je souhaite
51:11savourer quelques instants
51:13de terre ferme,
51:14le bateau faisant escale
51:15une douzaine d'heures.
51:16J'en profite pour débarquer
51:17et observer
51:18l'effervescence
51:19d'un marché
51:19qui,
51:20sans précipitation aucune,
51:22alimente ses états.
51:30L'heure matinale
51:31m'impose
51:32pour me tenir éveillé
51:33une surconsommation
51:34de café.
51:35C'est comme cela
51:36que je fais
51:36la connaissance
51:37de Tita,
51:38la tenancière
51:39de la seule buvette
51:40du lieu.
51:42Cela fait trois ans
51:43que j'exerce ce métier,
51:45celui de tenir
51:46cette buvette
51:47sur ce marché.
51:49Avant,
51:49je travaillais
51:50pour l'administration
51:51du port.
51:54C'est très dur
51:55car ce marché
51:56est quotidien
51:57et je suis présente
51:58tous les jours
51:59de trois heures du matin
52:00à vingt heures le soir.
52:02j'ai peu de temps
52:04pour moi
52:04car dès que je rentre
52:06je me couche
52:06et j'essaie
52:07de dormir un peu.
52:09Heureusement,
52:10mes enfants sont grands
52:10et mon mari
52:11qui est pêcheur
52:12se débrouille seul.
52:15Je laisse Tita
52:16à son éprouvant labeur.
52:18Il me reste un peu de temps
52:19à Santarém
52:19avant le départ
52:20du Cisne Branco.
52:21On m'a parlé
52:22d'un endroit idyllique
52:23à quelques 35 kilomètres
52:24de la ville.
52:25Je négocie
52:26sans trop discuter
52:27avec le premier taxi présent.
52:30Pour t'emmener
52:31à Alterdo Chao
52:31je te prends
52:3355 euros.
52:36Le déplacement
52:37sera une nouvelle
52:38prise de conscience
52:39dans cette Amazonie.
52:40A peine sortons-nous
52:42de la ville
52:42que la forêt
52:43s'étale
52:44de toute sa densité.
52:55Et au bout de la route
52:56un endroit magique
52:58Alterdo Chao
52:59on se sent loin
53:00de l'univers
53:01et l'on se demande
53:02à cet instant précis
53:03si ce lieu
53:03ne serait pas idéal
53:04pour se retirer
53:06du reste du monde.
53:07Jean-Jacques Rousseau
53:08aurait certainement prétendu
53:10que l'endroit
53:10était fait pour se cacher
53:11pour fuir
53:12la sottise humaine.
53:13Il aurait certainement
53:14apprécié ce point
53:15de non-retour
53:16cette sorte d'île
53:17pour naufragés
53:18heureux de l'être.
53:33Je suis fasciné
53:34par l'endroit.
53:35J'observe
53:36sans dire mot
53:37et j'apprécie
53:38la curieuse façon
53:39qu'ont de faire
53:39les gens du cru.
53:50J'ai à peine
53:51le temps d'embarquer
53:51avant l'appareillage.
53:53Chacun reprend
53:54ses marques à bord
53:55et avec moins de timidité
53:56que pour le premier départ.
53:58Il faut dire
53:58que ces voyages
53:59créent des liens
53:59d'amitié.
54:01C'est le cas
54:02de Marlène
54:02et de Sergio.
54:04Ils sont tous deux
54:05mariés
54:05et ont des enfants.
54:06Lui part faire
54:07le disque jockey
54:08à la frontière
54:09du Venezuela.
54:10Elle remonte
54:11à Manaus
54:11voir sa famille.
54:27Dès que le fleuve
54:28se rétrécit,
54:29les mêmes scènes
54:30d'accroche
54:30se succèdent.
54:32Sergio, lui,
54:33n'en a cure.
54:34Trop passionné
54:34qu'il est de raconter
54:35à Marlène
54:36la nouvelle vie
54:36qu'il espère avoir.
54:38Un déchirement pourtant
54:39car pendant plusieurs mois
54:41il sera séparé
54:42de son épouse
54:42et de sa petite fille
54:43de 4 ans.
54:54Je subis tout à coup
54:56mon premier orage.
54:57Il arrive sans prévenir
54:58mais j'ai quand même
54:59la chance d'être abrité
55:00et les scènes du fleuve
55:02me montrent
55:02que tout le monde
55:03ne peut en dire autant.
55:10Il pleut encore
55:11lorsque je découvre
55:12la ligne de partage
55:13des eaux
55:14entre le rio Solimois
55:15et le rio Negro.
55:17C'est la première chose
55:18qui me fait comprendre
55:19que la fin de ce voyage
55:20sur ce bateau
55:21est proche.
55:22La deuxième,
55:23c'est l'effervescence
55:24des passagers
55:25qui ont toute hâte
55:25sans presque ranger
55:27leurs affaires.
55:28Moi,
55:29je ne suis pas pressé.
55:30Je ne veux rien rater
55:31des diverses surprises
55:32qui pourraient encore
55:33s'offrir à moi.
55:34comme ces bateaux de guerre
55:36de la marine
55:36qui sont amarrés
55:37à près de 1500 kilomètres
55:38de toute mer,
55:39de tout océan.
55:48plus que quelques mètres
55:49avant de lancer
55:50les amarres.
55:51Après,
55:51tout se passe rapidement.
55:53Les passagers,
55:53dans une vitesse folle,
55:54s'extraient du bateau
55:55comme pour le fuir.
55:57J'ai à peine le temps
55:58d'entreapercevoir
55:59les au revoirs
56:00de Marlène et Sergio.
56:01Je n'ai plus qu'à trouver
56:02un hôtel.
56:11Un peu plus tard,
56:12j'observe d'un promontoire
56:13la ville
56:14qui s'étale
56:14sur la rive gauche
56:15du Rio Negro.
56:17Manaus
56:17semble flotter
56:18sur les souvenirs
56:19nostalgiques
56:19de sa splendeur passée,
56:20lorsqu'elle était considérée
56:22comme le Paris des tropiques,
56:24la cité dorée
56:25des milliardaires
56:25du caoutchouc.
56:26Aujourd'hui,
56:27avec son 1 500 000 habitants,
56:30elle tente en vain
56:30de faire revivre
56:31les fastes
56:32de sa belle époque.
56:36« Rester ici
56:37ne m'intéresse guère.
56:39J'ai vu les gens
56:40du bord de l'eau
56:41de mon bateau.
56:42Maintenant,
56:42le fleuve m'appelle
56:43et je veux voir
56:44les bateaux
56:45des lieux de vie
56:46de ces gens-là. »
57:01C'est joli, hein,
57:02ce foulard
57:03de danse orientale.
57:04Nous sommes de retour
57:04en Égypte
57:05pour nous échapper belle.
57:06Alors, la semaine prochaine,
57:07nous retrouverons
57:08un nouvel épisode
57:09du voyage de Patrick Profi.
57:10Alors, si je vous parle
57:11de danse orientale,
57:12c'est parce que je voulais
57:13vous emmener
57:13chez Eman.
57:14Elle est costumière
57:15et la danse orientale,
57:17c'est toute sa vie.
57:22Alors, Eman,
57:23c'est ici que vous
57:24cachez tous vos trésors.
57:26Est-ce que vous pouvez
57:26me montrer différents styles
57:28de costumes
57:28que vous utilisez aujourd'hui ?
57:31Les costumes que portent
57:32les danseuses
57:33dépendent du type
57:34de spectacle.
57:36Ceux de la danse du ventre
57:37sont différents
57:38de ceux
57:38des autres chorégraphies.
57:41Celui-là, par exemple ?
57:43Celui-ci est inspiré
57:44des films américains
57:45des années 40,
57:46comme ceux que portait,
57:47par exemple,
57:48l'actrice Ginger Rogers.
57:50Oh, c'est beau, ça,
57:51dis donc !
57:52On est là
57:53pour un essayage.
57:57Oh, qu'il est beau,
57:58ce costume !
58:12Et elle a vraiment
58:13le physique idéal
58:14pour porter ce genre
58:15de costume.
58:16Les rondeurs,
58:17là où il faut.
58:20Musique ?
58:41Ce costume est aussi
58:42très joli.
58:43Il y a un petit peu plus
58:44de tissu,
58:44si j'ose dire.
58:45On voit que le costume
58:46a été vraiment taillé
58:47pour elle.
58:48Je ne vais pas essayer
58:49car je pense qu'après,
58:50mademoiselle,
58:51je serai absolument ridicule.
58:53Tu veux voir quelque chose
58:54de plus folklorique ?
59:06Ils étaient jolies,
59:08ces danseuses.
59:09J'ai rejoint les rues
59:10du Ranel Halili
59:11pour vous dire au revoir
59:11car c'est déjà malheureusement
59:13la fin de ces échappées belles.
59:15Alors, le moins qu'on puisse dire
59:15c'est que le Caire est vraiment
59:16une ville surprenante,
59:18déroutante.
59:18Il n'y a pas de demi-mesure ici.
59:20On aime ou on déteste.
59:21Moi, j'ai pris le temps
59:22d'apprécier.
59:23Je vous conseille de faire de même
59:24lorsque vous viendrez ici.
59:25En tout cas,
59:26je voulais voir
59:26les pyramides et le Nil.
59:28Je les ai vues,
59:28alors je suis comblée.
59:29Je vous dis à bientôt.
59:30Faites de beaux voyages.
59:31Sous-titrage Société Radio-Canada
59:36Sous-titrage Société Radio-Canada
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