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  • il y a 10 ans
Echappées belles : Sophie à bord d'un bateau admire les monuments de Toulouse. Au programme : Toulouse et son histoire, Moissac et son jus de chasselas, ...

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00:00:00C'est parti !
00:00:38Bonjour, bonjour à tous ! Je suis très heureuse de vous retrouver pour ces nouvelles échappées qui promettent d'être
00:00:44très belles, enfin je l'espère.
00:00:47Aujourd'hui nous allons faire un beau voyage en France avec comme fil conducteur un fleuve qui prend sa source
00:00:52en Espagne mais qui coule principalement en France, la Garonne.
00:00:56Point de départ, Toulouse, la ville rose bien sûr. Après quelques essais hésitants pour ma part en wakeboard, nous nous
00:01:04initierons à la pêche au Carlet en très bonne compagnie avec Marie-Pierre et Laurent à Pauillac.
00:01:09Sarah, elle, ne manque pas de compagnie avec ses nombreuses brebis. Partager une journée avec elle va être un vrai
00:01:15plaisir tout en gardant un oeil sur son troupeau.
00:01:17Et si vous ne voulez pas rater un phénomène unique, suivez le mascaret, la grande vague tant attendue dans l
00:01:23'estuaire.
00:01:24A Saint-Pardon, on fait une grande fête pour partager ce moment unique. Allez, on va retrouver Rachel, nous allons
00:01:29naviguer sur la Garonne.
00:01:34Comment ça va ma belle ? Salut Sophie, tu vas bien ?
00:01:37Très bien. Bienvenue à Toulouse. Merci beaucoup.
00:01:40On va commencer par une promenade sur la Garonne. On va s'installer là-bas, j'ai gardé des places.
00:01:44Parfait, je te fie. Parfait.
00:01:49Alors toi Rachel, tu es griteur. Parce qu'on dit griteur, on dit pas griteuse pour les filles. Le terme
00:01:54générique c'est bien griteur.
00:01:55Oui, exactement. Alors avant tout, c'est quelqu'un qui est passionné par sa ville et qui aime aussi les
00:02:00autres.
00:02:00Du coup, c'est quelqu'un qui se porte volontaire pour la faire découvrir de façon un peu alternative, en
00:02:05dehors des sentiers battus, à des voyageurs qui passent partout.
00:02:19Donc tu vois, Sophie, le pont neuf, là, il y a des gros trous dessus.
00:02:22Pour les crues de la Garonne, ça permettait à l'eau de passer et comme ça, ça faisait moins de
00:02:25pression et ça a permis au pont de tenir jusqu'à aujourd'hui.
00:02:29Et comment ça s'appelle ce trou ? Les dégueuloirs. Très élégant comme nom, les dégueuloirs.
00:02:59Alors est-ce que ça t'a plu ? Oui, j'ai trouvé ça très sympa.
00:03:02Donc tu vois, Sophie, ce que j'aime faire découvrir ici à Toulouse, ce sont les lieux secrets, insoupçonnés, dans
00:03:07lesquels on ne serait peut-être pas allés tout seuls.
00:03:10Et parmi ces lieux-là, il y a un endroit que j'affectionne beaucoup, c'est ici l'église de
00:03:13la Dorade.
00:03:14Alors déjà, on ne voit pas qu'il y a une église.
00:03:15Ah oui, c'est une entrée assez discrète, il y a juste la croix au-dessus.
00:03:19Oui, et en fait, elle est très belle et surtout à l'intérieur, elle renferme un mystère.
00:03:23Ah, alors allons-y.
00:03:25Tiens, attention.
00:03:33Le petit secret dans cette église, c'est la linge noire.
00:03:36Ah oui, elle est très belle.
00:03:38Elle lui change sa robe tous les 15 jours.
00:03:40Ah oui, alors quel pouvoir on lui prête, elle, cette linge noire ?
00:03:43Alors on dit qu'elle protège des catastrophes naturelles.
00:03:45Par exemple, l'ordre d'inondation, ici à Toulouse, on l'a sorti en procession et la Garonne s'est
00:03:49calmée.
00:03:50Donc on lui prête des pouvoirs comme ça.
00:03:52Et aussi, elle protège les futurs mamans.
00:03:54On dit qu'elle protège les futurs mamans.
00:03:55D'accord, oui.
00:04:10Donc là, Sophie, c'est parti pour un gris.
00:04:12On gris ?
00:04:13Oui.
00:04:19Alors, c'est qui le stag ? Bonjour.
00:04:21C'est une fréprie qui est bien connue des étudiants.
00:04:23Alors ici, tu peux trouver de quoi être le mieux déguisé pour ta soirée.
00:04:29Ou habillé, branché.
00:04:30Habillé, branché.
00:04:36Il y a vraiment de tout, là.
00:04:41Il est 5 euros, la chemise en jean.
00:04:43Celle-ci, il faut la porter, mais pas cher, en même temps.
00:04:50Qu'est-ce qui fait que cette ville est attachante ?
00:04:51Son ambiance, elle est conviviale, elle est bohème, elle a un côté un peu espagnol.
00:04:58C'est vraiment une ville qui est séduisante, de laquelle tu peux vraiment tomber amoureux.
00:05:02C'est vrai ?
00:05:03C'est ça, c'est le cas ?
00:05:04Oui.
00:05:08Des rives de la Garonne, au toit de la ville, d'où qu'elles se laissent regarder, Toulouse affiche la
00:05:13couleur.
00:05:15Le rose est partout.
00:05:17Et pourtant, cela n'a pas été toujours le cas.
00:05:20Bien que les Romains aient été les premiers à y imposer la brique,
00:05:23il faudra attendre le grand incendie de 1453
00:05:26pour que les constructions de bois et de paille soient remplacées par des briques d'argile.
00:05:32Pourtant, ce n'est qu'en 1950 que la ville sera surnommée la ville rose.
00:05:37Pendant longtemps, à partir du 18e siècle,
00:05:39les capitoules, qui étaient les magistrats de la ville,
00:05:41ont mis un décret en place pour couvrir la brique avec des crépilles, des badigeons à la chaux,
00:05:47de manière à ce qu'on y voit mieux dans les rues la nuit,
00:05:50parce que les becs de gaz n'étaient pas assez puissants.
00:05:53Et dans les années 1950, la mentalité va changer.
00:05:57On veut montrer la brique, on veut la faire voir.
00:06:00Et donc, on va commencer à enlever tous les badigeons d'une ville plutôt blanche qui cachait la brique.
00:06:05Elle est devenue une ville rose avec la brique apparente partout.
00:06:09Au 19e siècle, un vent de parisianisme va souffler sur Toulouse.
00:06:14Des percées haussmaniennes sont pratiquées
00:06:16et les riches propriétaires toulousains veulent embellir leur façade à la mode parisienne.
00:06:20Ainsi, des statues semblant être de marbre vont pousser le long des façades.
00:06:25Alors ici, on est devant la maison aux cariatides,
00:06:28qui est une très élégante maison qui donne l'impression d'être très riche,
00:06:32puisqu'elle semble être construite en briques et en pierres en alternance.
00:06:35Sauf que c'est une maison du 19e siècle qui est entièrement en briques,
00:06:39que ce soit ces lignes rouges et blanches,
00:06:43ou alors encore les statues de cariatides,
00:06:46qui sont en fait des moulages de terre cuite.
00:06:49Ça, c'est une technique que l'on va découvrir au 19e siècle grâce à la famille Virbinde.
00:06:54Aujourd'hui, si la brique traditionnelle est toujours produite,
00:06:57l'art du moulage ne se pratique plus guère.
00:07:00Jean-Loup Ficca est le dernier statuaire toulousain,
00:07:04capable de redonner aux façades toulousaines leur splendeur passée.
00:07:08Dans son jardin, statues, vases ornementées, lions, fontaines,
00:07:12attendent de retrouver leur place au cœur de la ville.
00:07:16Alors là, on a les clés de foot,
00:07:18ce sont les têtes qui étaient au-dessus de la fenêtre,
00:07:20sur une vieille façade à Toulouse, 18e.
00:07:23Alors les originaux étaient abîmés,
00:07:25il a fallu les refaire, les reconstituer, les remouler.
00:07:29Le travail de moulage, appelé estampage,
00:07:32est réalisé dans un moule à pièces.
00:07:34Une fois passées les étapes de séchage, puis de cuisson,
00:07:37vient le moment toujours délicat du démoulage.
00:07:50Voilà, on est toujours content de voir qu'il y a une petite œuvre qui sort de moule.
00:08:02Retour à Toulouse pour découvrir une autre couleur emblématique de la ville.
00:08:06Le bleu, et plus exactement le bleu pastel.
00:08:11Car Toulouse doit sa richesse à ce pigment tiré de la plante du même nom.
00:08:17Au 15e et 16e siècle,
00:08:19de très nombreux négociants se sont enrichis dans le commerce de la cocagne.
00:08:24Cette petite boule de feuilles de pastel séchées dont on extrait le pigment.
00:08:29Ceci, c'est la boule de coque, de coca, de cocagne.
00:08:34Et c'est voilà pourquoi on appelle la région le pays de cocagne.
00:08:37Il y a d'ailleurs une expression italienne
00:08:39qui consiste à dire, par exemple,
00:08:41à un enfant qui demande trop d'argent pour aller acheter une sucrerie,
00:08:44on veut lui faire comprendre la valeur des choses
00:08:46et on lui dit, mais est-ce que tu te crois au pays de cocagne ?
00:08:49C'est une expression qui est restée
00:08:51tant la région s'est enrichie par le commerce de cette boule de cocagne.
00:08:57Le pastel va sombrer dans l'oubli pendant des siècles,
00:09:00supplanté par le bleu indigo venu des Indes.
00:09:03Jusqu'à ce que quelques passionnés retrouvent il y a 20 ans
00:09:05les techniques de transformation.
00:09:07Une sorte d'alchimie mystérieuse
00:09:09qui transforme le pigment jaune en bleu en quelques secondes.
00:09:13Voilà, regardez-vous.
00:09:14Donc là, il est très jaune.
00:09:17Il va passer du vert au bleu
00:09:19parce qu'il va être en contact avec l'air.
00:09:26J'adore faire ce tour de passe-passe.
00:09:31Sur les eaux vertes du canal du Midi,
00:09:33si chère à Nougaro,
00:09:34la palette de couleurs toulousaine
00:09:35prend une autre teinte,
00:09:37le violet.
00:09:39Sur sa péniche,
00:09:41Hélène veille chaque jour sur ses plantes
00:09:42comme sur ses propres enfants.
00:09:46Je les photographie
00:09:48tout au long de leur croissance.
00:09:50Je fais des dossiers mois par mois.
00:09:53C'est mes bébés, c'est mes petits, c'est mes petits.
00:09:56Hélène est la reine incontestée de la violette.
00:09:58Sur sa péniche, où tout est violet,
00:10:01elle tente de redonner à la petite fleur
00:10:03sa place dans le paysage toulousain.
00:10:05Car de la moitié du 19e siècle
00:10:07jusque vers 1970,
00:10:08la violette était produite en quantité
00:10:10pour être vendue en bonbons,
00:10:12en parfums
00:10:13ou en bouquets sur le marché des jacobins.
00:10:15On a même compté jusqu'à 600 producteurs
00:10:18qui complétaient en hiver
00:10:19leurs revenus
00:10:20avec la culture de la petite fleur.
00:10:22Elle avait vraiment une grosse couche de poussière,
00:10:25une image traditionnelle
00:10:28et vieillotte.
00:10:29Or, j'ai la conviction
00:10:30que ça peut être
00:10:32un patrimoine vivant actuel
00:10:35qui peut permettre
00:10:36d'être fière de sa ville,
00:10:38fière de la violette de Toulouse.
00:10:41Et pour qui voudrait découvrir
00:10:43toutes les couleurs de Toulouse,
00:10:44il suffit de se rendre sous les arcades
00:10:46de la place du Capitole.
00:10:47Elles y sont toutes,
00:10:49y compris le rouge et noir,
00:10:51celle du stade toulousain.
00:11:15Elle est très bucolique,
00:11:16cette petite route.
00:11:17C'est joli, hein ?
00:11:18C'est très joli.
00:11:19Alors, regarde bien derrière les platanes.
00:11:21Tu vas apercevoir le pont-canal.
00:11:24Alors, ça veut dire
00:11:25qu'un canal passe sur le pont,
00:11:28c'est ça ?
00:11:28Alors, en effet,
00:11:29c'est le canal latéral à la Garonne
00:11:31qui enjambe le Tarn à ce niveau.
00:11:33D'accord.
00:11:34Mais il avait été créé
00:11:35pourquoi,
00:11:35ce canal latéral de la Garonne ?
00:11:37Alors, ce canal a été créé
00:11:38essentiellement
00:11:39pour transporter des marchandises
00:11:42et relier l'océan
00:11:43à la Méditerranée.
00:11:45D'accord.
00:11:45Et on imagine
00:11:46toutes les marchandises
00:11:47qui ont pu être transportées
00:11:48sur ce canal.
00:11:48est-ce que tu crois
00:11:49que ton chasse-là
00:11:50a voyagé sur ce canal ?
00:11:52Alors, le chasse-là
00:11:53de mes ancêtres.
00:11:53Oui, sûrement.
00:11:59Est-ce que toi,
00:12:00tu es producteur de chasse-là,
00:12:01mais pas seulement ?
00:12:02Je suis producteur de fruits.
00:12:03Je suis fruiticulteur.
00:12:05La spécialité de la maison,
00:12:06c'est bien le chasse-là
00:12:07de mon sac.
00:12:22La feuille est l'entrecoeur.
00:12:25Voilà, comme son air,
00:12:26le raisin prend en plus le soleil.
00:12:28Il sera plus joli.
00:12:31Bon, Sophie,
00:12:32voilà, je t'amène à Sabine.
00:12:33Bonjour, Sabine.
00:12:34Bonjour, Sophie.
00:12:35On s'embrasse à tous.
00:12:37Enchanté.
00:12:38Enchanté.
00:12:38Salut.
00:12:40Hugo.
00:12:40Et Hugo,
00:12:41le grand Hugo,
00:12:42qui vient donner un coup de main,
00:12:43c'est ça ?
00:12:44Aujourd'hui, il nous aide.
00:12:45C'est bien.
00:12:46Il vient effeuiller,
00:12:48arranger les grappes.
00:12:49D'accord.
00:12:49Décris-moi un petit peu
00:12:50alors ce chasse-là
00:12:51de moissac.
00:12:53Alors, le chasse-là
00:12:53de moissac,
00:12:54c'est d'abord
00:12:55plusieurs critères.
00:12:56Donc, pour qu'une grappe
00:12:57soit belle,
00:12:58il faut qu'elle mesure
00:12:59au minimum 12 cm.
00:13:01Ça, c'est le premier critère.
00:13:02Donc, la grappe est souple,
00:13:04tu vois.
00:13:05En maturité,
00:13:07le raisin sera souple,
00:13:08il sera doré,
00:13:09les graines translucides
00:13:11et surtout un taux de sucre
00:13:12très élevé,
00:13:13plus de 16 % de sucre.
00:13:15Alors, comment elle a commencé
00:13:16cette histoire familiale,
00:13:17c'est quoi ?
00:13:18Alors, ici, en fait,
00:13:19elle a commencé
00:13:20il y a 140 ans.
00:13:21Puis, avec Sabine,
00:13:23nous sommes les sixièmes
00:13:24à reprendre les vignes.
00:13:26Et c'est une belle aventure ?
00:13:27C'est une belle aventure.
00:13:28C'est un produit qui est capricieux,
00:13:31qui est difficile à produire.
00:13:34Voilà.
00:13:34Certaines années,
00:13:35la qualité n'est pas au rendez-vous,
00:13:37car le climat ne nous aide pas.
00:13:39Mais globalement,
00:13:39nous avons un produit exceptionnel.
00:13:41Et la vendange
00:13:42va commencer quand, alors ?
00:13:43Oh, malheureuse.
00:13:44Quoi ?
00:13:44Pas de vendange.
00:13:45Comment ça, pas de vendange ?
00:13:46On cueille le chasseur de Moissac.
00:13:47Ah, pardon, monsieur.
00:13:47C'est complètement différent, Sophie.
00:13:49Allez, on vendange un raisin
00:13:50qui va servir pour du vin
00:13:52et on récolte un raisin
00:13:53de table,
00:13:54comme le chasseur de Moissac.
00:13:54Là, nous allons cueillir
00:13:55le chasseur de Moissac
00:13:56à partir du mois d'août.
00:13:59Ok, on ne vendange pas
00:14:00le chasseur de Moissac.
00:14:02Très bien.
00:14:21Il est magnifique, ce cloître.
00:14:24On est là dans un petit trésor
00:14:25de Moissac.
00:14:26Alors, je t'amène voir
00:14:27notre trésor qui est bien caché.
00:14:29Nous sommes dans un cloître
00:14:30du XIIe siècle.
00:14:31Alors, avec ses chapiteaux,
00:14:34tu vois, nous avons 76 chapiteaux
00:14:36tout autour de nous.
00:14:37Alors, certains représentent
00:14:38des scènes bibliques
00:14:39et il y en a d'autres là
00:14:41qui sont bien fleuries
00:14:42avec des décorations de l'époque.
00:14:44Est-ce qu'on retrouve le chasse-là
00:14:46dans ces scènes de repas ?
00:14:47Alors, on ne retrouve pas
00:14:48de chasse-là
00:14:48parce que le chasse-là,
00:14:50c'est le XIXe.
00:14:51Ah, d'accord.
00:14:51Et là, c'est plutôt le XIIe.
00:14:54Donc, par contre,
00:14:54il y a quand même
00:14:55des scènes de vie.
00:14:56Quelle est celle
00:14:56que tu préfères, toi ?
00:14:57Alors, il y a une scène
00:14:58de repas là
00:14:59qui est très, très belle.
00:15:00Ah oui, ici.
00:15:00Ah oui, donc là,
00:15:01on voit bien les petits détails.
00:15:03Regarde ce magnifique couteau.
00:15:04Tu as du pain.
00:15:05Je vais te montrer derrière.
00:15:07Il y a les récipients
00:15:09qui permettaient
00:15:09de stocker un petit peu
00:15:12les boissons.
00:15:13Voilà, en forme de grenade.
00:15:28Merci.
00:15:30Voilà, Sophie.
00:15:31Du sorbet de chasse-là.
00:15:33Le fameux chasse-là de Moissac.
00:15:35Voilà, écoute,
00:15:36tu vas me dire
00:15:36ce que t'en penses.
00:15:39C'est très bon,
00:15:40c'est très délicat,
00:15:41pas trop sucré.
00:15:43Ce raisin a été ramassé
00:15:45en récolte tardive
00:15:46pour avoir le meilleur.
00:15:48J'aurais aucun mal
00:15:48à finir, c'est super bon.
00:15:50Délicieux.
00:15:51En tout cas,
00:15:52tu as trouvé vraiment
00:15:53un bel endroit
00:15:53pour déguster cette glace.
00:15:58En contrebas du cloître
00:15:59de Moissac,
00:16:00en plein centre-ville,
00:16:02le canal de la Garonne
00:16:03s'étire paresseusement.
00:16:05Une prolongation
00:16:06du canal du Midi
00:16:07qui reste méconnue.
00:16:09C'est pourtant
00:16:10une star internationale.
00:16:1275% des initiés
00:16:14qui y naviguent
00:16:15viennent de l'étranger.
00:16:20Rita est australienne.
00:16:21Elle est tombée amoureuse
00:16:22de Moissac en 2011.
00:16:27C'est joli les fleurs.
00:16:29La ville de Moissac
00:16:31fait beaucoup
00:16:31d'arrangements florals
00:16:33et c'est magnifique.
00:16:36Rita et son mari Tony
00:16:37ont eu un tel coup de cœur
00:16:39qu'ils ont adopté
00:16:40ce nouveau mode de vie
00:16:414 mois par an.
00:16:47L'avantage de la navigation fluviale
00:16:49c'est qu'on peut naviguer
00:16:50de village en village
00:16:51et tu peux voir
00:16:53pratiquement tout le pays
00:16:55en ayant ta maison avec toi.
00:16:59Le couple a même convaincu
00:17:01un groupe d'amis australiens
00:17:02de parcourir la moitié du globe
00:17:03pour découvrir ce canal.
00:17:09C'est comme une carte postale.
00:17:12Ici, nous voyons
00:17:13des images de la France,
00:17:14des images de péniches,
00:17:15des images de vie.
00:17:17C'est comme une carte postale
00:17:18tout le temps,
00:17:19partout où je regarde.
00:17:23Les modes de transport lente,
00:17:25ça nous donne le temps
00:17:26de rencontrer des gens
00:17:27et on n'a pas ça
00:17:29quand on est dans la voiture,
00:17:30on n'a pas ça.
00:17:33Bonne marche !
00:17:35Merci.
00:17:36Du courage !
00:17:38Retour au port de Moissac
00:17:40pour Rita, Tony et leurs amis.
00:17:44Et bien sûr,
00:17:44la langue ultra majoritaire,
00:17:46à quai,
00:17:47c'est l'anglais.
00:17:57Ici, les amis de Rita
00:17:58sont australiens, bien sûr,
00:18:00mais aussi néo-zélandais,
00:18:02américains, canadiens
00:18:03et même zimbabweens.
00:18:05Comme ce couple
00:18:06qui vit ici six mois par an,
00:18:07tombés comme tant d'autres
00:18:08sont sous le charme du canal.
00:18:11Des gens de toutes
00:18:12les nationalités
00:18:13viennent ici
00:18:14parce que je pense,
00:18:16et eux aussi sans doute,
00:18:18que c'est le plus bel endroit
00:18:19de France.
00:18:20Je pense que c'est seulement
00:18:21quand tu vieillis
00:18:22et que ta vie ralentit
00:18:23que tu peux penser
00:18:24à devenir plaisancier
00:18:25en péniche.
00:18:27Ce n'est pas excitant
00:18:27comme la mer
00:18:28où vous avez le vent
00:18:29qui souffle,
00:18:29le bateau qui tangue,
00:18:31mais ici,
00:18:32la vie va doucement.
00:18:34Je pense que c'est seulement
00:18:34à la retraite
00:18:35qu'il faut se mettre
00:18:36à naviguer en péniche.
00:18:40Des touristes
00:18:41plutôt jeunes peut-être,
00:18:42mais encore pleins
00:18:43de vitalité
00:18:44lorsqu'il s'agit
00:18:44de s'intégrer
00:18:45à la vie locale.
00:18:46Ce soir,
00:18:47les Zimbabweens
00:18:48sont de sortie
00:18:49pour écouter un concert
00:18:50près du cloître
00:18:51de Moissac.
00:18:54Bonsoir, Moissac.
00:18:55Ça va bien ?
00:18:57Oui.
00:18:58Nous sommes dans un rêve.
00:19:00Vous avez une ville
00:19:02qui est une perle.
00:19:06Et c'est notre Australienne,
00:19:08Rita,
00:19:08qui anime la soirée
00:19:09avec son style band.
00:19:10Son fameux groupe d'amis
00:19:12venus d'Australie
00:19:12pour découvrir la région.
00:19:27Le lendemain matin,
00:19:29une cinquantaine
00:19:29de kilomètres
00:19:30plus au nord,
00:19:32la péniche Saint-Louis
00:19:33démarre pour une semaine
00:19:34de croisière.
00:19:37À son bord,
00:19:38des passagers canadiens,
00:19:40anglais et américains.
00:19:42Peter et Wendy,
00:19:43leurs hôtes irlandais,
00:19:44ont récemment changé de vie
00:19:46pour investir
00:19:46dans cet hôtel
00:19:47de luxe flottant.
00:19:48Si vous regardez par là,
00:19:51ça vaut chaque centime
00:19:52dépensé.
00:19:53C'est fantastique.
00:19:54C'est un petit paradis sur Terre.
00:19:58Pour passer une semaine au paradis,
00:20:00il faut débourser un minimum
00:20:02de 600 euros par nuit
00:20:03et par personne
00:20:04pour un séjour tout inclus.
00:20:06Des tarifs élevés,
00:20:08justifiés par une disponibilité
00:20:09de l'équipage 24 heures sur 24
00:20:11et une attention toute particulière
00:20:13donnée au détail.
00:20:16Je mets des petites touches
00:20:17comme ce petit cœur.
00:20:19Je dis aux passagers
00:20:20de l'accrocher à la porte
00:20:21s'ils ne veulent pas
00:20:22que je fasse la chambre le matin.
00:20:23C'est plus personnel
00:20:24qu'un simple panneau
00:20:25ne pas déranger.
00:20:28Pour ces passagers aisés,
00:20:30être dorlotés
00:20:31tout en échappant
00:20:32au tourisme de masse
00:20:33vaut bien d'y mettre le prix.
00:20:40Ce qui nous plaît
00:20:41dans ce genre de croisière,
00:20:42c'est qu'on touche du doigt
00:20:43la vraie vie des gens d'ici.
00:20:46Nous voulions vraiment
00:20:47goûter la nourriture locale
00:20:48et avoir l'occasion
00:20:49de rencontrer les gens,
00:20:51d'avoir la sensation
00:20:51de la vie normale
00:20:52plutôt que la performance
00:20:54d'un voyage organisé.
00:20:56C'est un moyen
00:20:57de voyager fantastique,
00:20:58beau et calme.
00:21:01Il n'y a pas trop de monde,
00:21:03juste comme j'aime.
00:21:07Pour ces touristes
00:21:08du bout du monde,
00:21:08le voyage atteint son paroxysme
00:21:10quand la péniche arrive
00:21:11au pont canal d'Agin.
00:21:14L'ouvrage d'art
00:21:15impressionne Barbara,
00:21:16la New-Yorkaise
00:21:17est au bord des larmes.
00:21:20C'est un peu un rêve
00:21:21qui se réalise
00:21:22de naviguer sur l'eau,
00:21:24au-dessus de l'eau.
00:21:25C'est une expérience
00:21:26magnifique.
00:21:29Ils sont de plus en plus
00:21:30nombreux à parcourir
00:21:31des milliers de kilomètres
00:21:32pour rejoindre
00:21:33le canal de la Garonne.
00:21:34Ce petit bout de France
00:21:36long de 193 kilomètres
00:21:38où l'on parle
00:21:38couramment l'anglais.
00:21:39C'est une expérience
00:21:41qui se sentait
00:21:41à la Garonne.
00:21:43Allons-y,
00:21:44au-dessus de l'eau.
00:21:48C'est un peu un peu
00:22:14Salut !
00:22:17Salut Sophie !
00:22:18Ne tombe pas à l'eau.
00:22:20En forme ?
00:22:21Avec ce beau soleil ?
00:22:23Impeccable.
00:22:24C'est joli comme tout par ici.
00:22:25Alors c'est toi qui as installé tout ça ici sur le lac ?
00:22:28Ça a commencé comment alors ?
00:22:29Il y a 6 ans, je me suis associé avec mon père pour essayer de monter un téléski quelque part
00:22:34en France.
00:22:35Dans l'idéal, un coin où il n'y avait pas.
00:22:37Et donc on a fouiné pendant 2 ans pour trouver finalement le lac de Damazan qui correspondait complètement à nos
00:22:43attentes.
00:22:43On est dans une région très chaude, très sèche, du coup les gens sont très friands de point d'eau
00:22:50pour la baignade.
00:22:51Et du coup les sports nautiques, c'est parfait.
00:22:57Est-ce que c'est fait pour tout le monde ?
00:22:59Moi je t'avoue que ce n'est pas trop mon truc, les sports de glisse.
00:23:02Est-ce que tu crois que si j'essaye, je tombe à l'eau tout de suite ou je peux
00:23:05quand même me faire plaisir ?
00:23:06Je suis persuadé que même si tu essaies et que tu y arrives, tu t'embauras dans tous les cas
00:23:09à l'eau.
00:23:10Mais tu peux te faire plaisir.
00:23:10Oui, on se fait quand même plaisir.
00:23:11Très rapidement, tu peux te faire plaisir.
00:23:13Bon, écoute, tu sais quoi ? Je vais regarder tes copains.
00:23:15J'ai vu qu'il y avait tes potes à toi qui se préparaient.
00:23:17Je vais les regarder faire avant.
00:23:19Je prends mes marques et après j'essaye.
00:23:21Pas de souci.
00:23:21Ok ?
00:23:22Ok.
00:23:36Ok, donc la position de départ, c'est coudes sur la planche.
00:23:39Bien penché à l'avant, ok ?
00:23:40Ok, tu résistes, ça va tirer très fort.
00:23:42Parfait.
00:23:43Et après tu pourras tendre les bras mais restez bien penché en avant.
00:23:46Allez, le prochain, le prochain c'est le tien.
00:23:48Tu me donnes le top ?
00:23:50Allez, attention, il arrive, résiste, c'est parti.
00:24:04Merci.
00:24:08Merci.
00:24:26C'est génial !
00:24:50Je t'emmène dans un petit marché des producteurs, là, sur le village de Damazan, en place du village.
00:24:55On va se régaler.
00:24:57Très bien, donc là, toujours tout droit vers Damazan.
00:24:59Toujours tout droit.
00:25:14Et donc, tu as trouvé un bel endroit pour casser la croûte.
00:25:16Tu achètes tes frites, tes friteuses, tu vas acheter ton bout de viande chez le boucher du coin, qui va
00:25:20te la faire griller instantanément.
00:25:22Tu t'installes, tout le monde discute.
00:25:24Très convivial.
00:25:25Mais ça fait longtemps que ça existe, ça ?
00:25:26Ça fait apparemment 13 ans.
00:25:28Oui, ça sent bon en tout cas.
00:25:30Et donc, c'est tous les étés, tous les mois de juillet ou tous les mardis.
00:25:33Tu as vu, il y a même des poulets à la ficelle, comme ça.
00:25:36Ça, c'est super bon, ça.
00:25:38Et on va goûter des trucs.
00:25:40Ouh là, il y a un monsieur qui a une bonne bouille, là.
00:25:41On va lui dire bonjour.
00:25:43Bonjour.
00:25:46Bonjour.
00:25:46Je disais, il y a un monsieur qui a une bonne bouille.
00:25:48Ah bon, il n'y a pas que la bouille qui est bonne.
00:25:52Alors, il paraît qu'il y a plein de bonnes choses à goûter ici, sur le marché.
00:25:55Ah, mais écoutez, il y a des produits que je fabrique.
00:25:59Mais il y a également des produits, tous ces produits-là que je consomme.
00:26:02Ça se voit aussi un petit peu.
00:26:03Donc, vous avez tout ce qui est issu au niveau du canard,
00:26:07puisque je suis producteur de foie gras.
00:26:09D'accord.
00:26:09Depuis 1985, j'ai une petite ferme qui n'est pas très laine d'ici.
00:26:13Ok.
00:26:14Et c'est un peu dérivé, des confits, des saucissons, des rillettes au foie gras.
00:26:19D'accord.
00:26:20Donc, ça me ferait plaisir que vous participiez avec nous, tous ensemble ici, sur ce marché de l'Amazon,
00:26:26à la dégustation de ces produits terroirs du Lot-et-Garonne.
00:26:30Avec plaisir.
00:26:31Et un petit peu de notre bonheur.
00:26:32Parce que là-dedans, il y a un peu de notre passion.
00:26:35Il y a de l'amour, de la sincérité et du terroir.
00:26:40Mais je n'ai jamais entendu quelqu'un parler du foie gras comme ça.
00:26:43Ça m'émeut.
00:26:45Et en plus, tu es généreux sur la tartine.
00:26:47Tout à fait.
00:26:47Moi, je suis généreux partout.
00:26:50Il n'y a que du bonheur dans ce foie gras.
00:26:52Il n'y a que du bonheur et que du naturel.
00:26:54On ne pouvait pas trouver mieux pour terminer cette journée que de rencontrer notre ami Jean-Pierre.
00:26:58Juste une chose pour vous dire qu'ici, le bonheur, il n'est pas dans le pré, il est dans
00:27:02l'assiette.
00:27:14Un hamburger, certes, mais de foie gras.
00:27:17Un détournement savoureux signé Michel Trama, l'un des plus grands chefs de France, deux étoiles au guide Michelin.
00:27:23Il transcende les produits locaux avec bonheur.
00:27:28Et moi, je considère qu'un cuisinier, quand il fait une belle assiette, il est heureux.
00:27:36A défaut d'être né ici, ce parfait autodidacte le reconnaît.
00:27:40C'est dans cette région qu'il s'est inventé.
00:27:42Au départ, je copiais mal et j'ai commencé à bien copier.
00:27:46Et puis un jour, c'est venu naturellement en venant ici, dans cette région de la Gascogne.
00:27:54J'ai pris tous les ingrédients, les légumes, les herbes, les produits de la région.
00:27:59J'en ai fait une synthèse et j'ai fait ma cuisine.
00:28:04Pour goûter au bonheur de cette gastronomie étoilée du Lot-et-Garonne, il faut compter 75 euros par personne pour
00:28:10un menu découverte.
00:28:13Merci, merci pour les petites attentions.
00:28:15Ça, c'est le Mactrama.
00:28:20C'est pas le McDonald's, c'est le Mactrama.
00:28:27Si le succès de Michel Trama s'est construit dans le village de Puy-Mirole, c'est en partie grâce
00:28:32au terroir.
00:28:34Alors le chef, en retour, aime valoriser les produits locaux.
00:28:39Direction Agin, à 10 km de chez lui.
00:28:42Un vignoble, le Brulois, y en sert la Garonne.
00:28:47L'histoire de ce vin est étroitement liée au fleuve.
00:28:50Il était acheminé par bateau vers Bordeaux pour être commercialisé.
00:28:54Un vin de couleur sombre qui lui vaut le surnom de sang noir de la Garonne.
00:28:58C'est avec une partie de son équipe et avec sa femme, Maryse, que Michel Trama déguste les vins locaux
00:29:04en quête d'une nouveauté à mettre à sa carte.
00:29:11Alors on commence par la réserve 2010.
00:29:13Oh, la couleur, magnifique.
00:29:15Le millésime à la vente qui est le plus prometteur des, on va dire, des dernières décennies.
00:29:19C'est beau quand c'est grand comme ça.
00:29:21On est vanille là.
00:29:22On est vanille, mais moi je trouve qu'on est drôlement café.
00:29:25Oui, c'est vrai, la raison café aussi.
00:29:27Plus on concentre...
00:29:28Celui-ci, on ne recrache pas.
00:29:30Le vin, c'est convivial, c'est amour, comme la cuisine d'ailleurs.
00:29:34La première qualité d'un cuisinier avant tout, c'est de faire plaisir à ses clients et c'est aussi
00:29:40d'être cohérent avec sa région.
00:29:42Je pense que la Garonne a façonné nos collines, d'après l'ère glaciaire,
00:29:46et que toutes les terrasses, tous les coteaux, tous les sols de gras ou de calcaire qu'on peut avoir
00:29:51dans le coin ont été façonnés par la Garonne.
00:29:53Tous ces sols sont vraiment bien exposés, et pour les vignes, c'est très bien.
00:30:00Celui qu'on goûte là.
00:30:02Le Louis Camille, c'est un vin magnifique.
00:30:04C'est une perle, c'est une perle du sud-ouest.
00:30:06Peu importe, on s'en fiche, nous c'est notre région.
00:30:09Et je pense qu'il n'y a pas à rougir, c'est un vin très joli.
00:30:15S'il n'est pas natif de la région, Michel Trama lui a donné tout son amour.
00:30:20Alors c'est ici qu'il a ancré son histoire de famille.
00:30:25Son fils, Christopher, est un véritable enfant du pays.
00:30:29Il est quasiment né dans cette salle.
00:30:31Super, merci.
00:30:33Donc le vin, il n'est pas marqué sur la carte, mais je me suis occupé de vous.
00:30:37Donc on va partir sur un pionnier.
00:30:39Sous l'égide de son père, Christopher a créé une petite auberge dans les mêmes murs que le restaurant étoilé.
00:30:45Un héritage qu'il gère avec humilité.
00:30:50Le fils de son père, c'est pas facile.
00:30:52Et papa, c'est un paquebot aussi.
00:30:56C'est un homme très grand et très humble.
00:30:59C'est ça qui fait sa force.
00:31:00Et là, donc ?
00:31:10En ouvrant la poule d'or, l'objectif des Tramas est clair, renoué avec la clientèle locale.
00:31:17Les étoiles, ça fait peur aux gens.
00:31:19Ça fait peur.
00:31:20Tandis que là, on est en cohérence avec le portefeuille de la région.
00:31:35Ici, on mange pour moins de 40 euros une cuisine plus simple, mais toujours concoctée par un chef deux étoiles.
00:31:54Le concept fait ça le comble.
00:31:56Un pari de plus gagné par celui qui n'était pas forcément destiné à s'intégrer dans cette région.
00:32:22Le concept fait ça le comble.
00:32:41Alors, nous voilà sur le chantier.
00:32:42Enfin, le chantier, c'est une jolie église.
00:32:44C'est ça, l'église Saint-Martin d'Hensos.
00:32:46Ça fait plusieurs années, depuis 2008, qu'on travaille ici sur ce chantier avec une association locale,
00:32:52L'Écrin, ça porte bien son nom.
00:32:54Oui, c'est sûr, parce que ça, c'est vraiment un petit écran.
00:32:56C'est ça.
00:33:09Chaque tailleur de pierre laisse un peu sa marque, sa signature sur les pierres.
00:33:13Alors, même les bénévoles aujourd'hui ont tendance à signer leurs pierres, parce qu'ils y contribuent.
00:33:19Il faut savoir qu'à l'époque, au Moyen-Âge, les tâcherons étaient les ouvriers qui taillaient les pierres et
00:33:24qui étaient payés à la tâche.
00:33:26Et donc, il fallait qu'ils les signent pour pouvoir réclamer leur dû.
00:33:46On a été tailleur de pierre depuis longtemps, toi ?
00:33:48Depuis quelques jours.
00:33:50Je suis tailleur de pierre depuis 4 jours, c'est ça ?
00:33:53Oui, voilà.
00:33:53Je suis devenu apprenti en 4 jours.
00:33:56C'est super.
00:33:57Et maintenant, c'est une crise.
00:33:57Je vois ça, dis donc, on parle comme un pro.
00:34:01Et qu'est-ce qui t'a donné envie, toi, de venir ici sur ce chantier ?
00:34:05L'expérience.
00:34:06J'ai envie d'aguerrir de l'expérience, parce que c'est quelque chose que je ne connaissais pas.
00:34:09Je fais quelque chose de totalement différent dans la vie.
00:34:11Qu'est-ce que tu fais ?
00:34:12Je suis policier.
00:34:13D'accord.
00:34:13Donc, j'ai voulu, pendant mes vacances, découvrir autre chose.
00:34:16Et c'était l'occasion rêvée pour connaître d'autres personnes, une autre région, découvrir un autre travail.
00:34:22C'est vrai qu'Aurélie, c'est chouette de voir tous ces jeunes qui se retrouvent.
00:34:26C'est l'ouvrage commun, quoi, qui est important.
00:34:28Ça prend beaucoup de temps.
00:34:30Alors, on essaie de définir des tranches pour que ce soit réalisable d'année en année.
00:34:34Mais les travaux, il faut les entendre sur plusieurs années.
00:34:38Donc là, sur le château de Villandreau, par exemple, l'association, on y est depuis plus de 32 ans.
00:34:43Il est loin d'ici, le château dont tu me parles ?
00:34:44Il est à un peu plus d'une dizaine de kilomètres, mais c'est pas loin.
00:34:47On peut aller le voir.
00:34:48On peut aller le voir.
00:34:49Bon courage, les garçons.
00:34:50Merci pour tout.
00:34:51A bientôt.
00:35:11Voilà, Sophie.
00:35:12Nous voilà dans la cour d'honneur du château, qui est vraiment un prototype de l'architecture médiévale.
00:35:17Donc, château papal du pape Clément V.
00:35:20D'accord.
00:35:21Voilà.
00:35:21Quel type de chantier vous avez eu alors ici ?
00:35:23Là, on travaille actuellement sur les arcades et sur la mise en conformité d'un escalier.
00:35:28Il faut savoir être patient.
00:35:30Je pense.
00:35:30Oui.
00:35:31D'accord.
00:35:50Tiens, Sophie, le propriétaire est là.
00:35:53Bonjour.
00:35:54Bonjour.
00:35:54Sophie.
00:35:55Toujours quelque chose à faire dans un château ?
00:35:56Toujours, toujours.
00:35:57Bonjour.
00:35:57Il y a tellement de vieilles choses.
00:35:59C'est extraordinaire.
00:36:00Qu'est-ce que vous rangez, là ?
00:36:01Alors ça, ce sont des carreaux engobés.
00:36:05Ce sont des carreaux qui représentent une foultitude de scènes, d'animaux, de décors floraux, géométriques, etc.
00:36:21Robert, est-ce que vous pouvez m'expliquer pourquoi les escaliers étaient si petits à l'époque médiévale ?
00:36:26Parce que plus c'est petit, plus c'est difficile d'accès.
00:36:30Et en plus, il tournait à gauche parce que l'épée était tenue de la main droite.
00:36:33Donc c'était plus difficile pour l'agresseur d'être efficace.
00:36:42Ah oui, on a une vue imprenable, hein, d'ici.
00:36:44On comprend mieux même l'architecture du château comme ça.
00:36:47Alors c'est vrai, c'est un château très symétrique.
00:36:51Parfaitement quadrangulaire, avec ses six tours qui font 28-30 mètres de hauteur.
00:36:55C'est fou parce que quand on voit les vestiges de ce château, on se dirait presque qu'il faudrait
00:37:00les mettre sous cloche, plus rien toucher.
00:37:02Et puis en même temps, voilà, il y a des gens motivés, passionnés comme vous deux qui, à des degrés
00:37:07différents, intervenaient sur la restauration de ce château.
00:37:10J'ai envie de vous demander à tous les deux, mais pourquoi vous faites tout ça ?
00:37:13Mon Dieu, pourquoi sommes-nous venus dans cette galère ?
00:37:16C'est un peu ça, c'est un peu ça.
00:37:18Oui, quelquefois on se demande, on se pose la question.
00:37:21Mais d'un autre côté, c'est tellement passionnant, ça véhicule tellement un vrai plaisir et une vraie tension positive,
00:37:28une adrénaline, de s'occuper de lieux comme ça, qui sont inimitables.
00:37:33Que, bon, voilà, on fait fi de tous les inconvénients possibles qu'il peut y avoir.
00:37:38On ne peut qu'inciter tout le monde à venir visiter des lieux comme cela.
00:37:43Et puis d'un autre.
00:37:44Plein d'autres, voilà.
00:37:46Merci beaucoup à tous les deux.
00:37:47Merci à vous.
00:37:48Merci.
00:37:50Avant de se fondre dans l'océan, la Garonne rejoint une autre star du sud-ouest, la Dordogne.
00:37:58Le jour n'est pas encore levé, mais le village de Saint-Pardon est pourtant déjà bien réveillé.
00:38:03C'est parti.
00:38:04Des vagues de surfers convergent vers la rivière, la planche sous le bras.
00:38:07Quand on se lève le matin pour aller assister à ce lever de soleil sur la Dordogne, c'est tout
00:38:12simplement magnifique.
00:38:17Mais tous ces surfers ne sont pas là uniquement pour le lever du soleil.
00:38:21Non.
00:38:23Ils ont un rendez-vous avec un phénomène naturel spectaculaire.
00:38:29Le mascaré.
00:38:34Après quelques minutes d'attente, elle est là, ponctuelle, comme toujours.
00:38:38Une vague puissante déferle sur la Dordogne.
00:38:42Ses prétendants n'ont que quelques secondes pour se mettre à son rythme.
00:38:45Pour enfin se laisser porter pendant 10 minutes à 17 km par heure.
00:38:54Le mascaré ne se produit que dans une soixantaine de sites dans le monde.
00:38:58Ce phénomène de brusque surélévation de l'eau est provoqué par l'onde de la marée montante.
00:39:03Imperceptible la plupart du temps, il se révèle au moment des grandes marées d'Equinox.
00:39:07Et le mascaré de Saint-Pardon est le plus connu des quelques-uns que compte l'Hexagone.
00:39:17C'était superbe.
00:39:18Lumière magnifique.
00:39:20Vague somptueuse.
00:39:21En plus, on n'était pas super nombreux.
00:39:23Donc c'était sympa, on a pu jouer sur la vague.
00:39:26C'est une grande histoire d'amour entre moi et le mascaré.
00:39:28Depuis 18 ans.
00:39:30Donc c'est un truc de fou.
00:39:31Vous avez vu le lever de soleil qu'il y a là ?
00:39:33Le mélange de la rivière avec la mer, cette vague qui arrive de la mer.
00:39:38Et puis la rivière retrouve sa quiétude.
00:39:40Mais pour 12 heures seulement.
00:39:42Car à la prochaine marée, le cirque va recommencer.
00:39:45Et cette fois, ils seront beaucoup plus nombreux à s'y frotter.
00:39:49En attendant, à Saint-Pardon, on se prépare à fêter ce mascaré qui rythme la vie du village depuis toujours.
00:39:59Avant, il y avait beaucoup de pêcheurs professionnels qui n'existent plus maintenant.
00:40:03Et ces pêcheurs professionnels, ils pêchaient en fonction de la marée.
00:40:06Et donc, le mascaré, la marée, etc., ça fait partie de la vie du village.
00:40:15En fin d'après-midi, de nouveaux prétendants aux grands frissons descendent vers la rive.
00:40:19Parmi eux, Pierre Lagarde, champion de surf, accompagné de son frère Laurent, handicapé depuis quelques années.
00:40:26Ensemble, ils ont décidé de tout partager, de vibrer jusqu'au bout.
00:40:30Dans la version du partage, on ne peut pas mieux faire.
00:40:32Je vais être dans la même galère que lui, c'est-à-dire dans la même pirogne.
00:40:39On ne sait jamais si on va l'avoir, quoi.
00:40:41On a toujours un petit stress, un petit trac.
00:40:44Puis des fois, ça marche, des fois, on la rate.
00:40:46Mais de toute façon, on est dans un cadre qui est génial, quoi.
00:40:50Donc c'est le pied.
00:40:54Les conditions sont idéales.
00:40:56Un fort coefficient de marée et une météo splendide.
00:40:59Ce soir, ils sont encore près de 200 à tenter de s'accrocher au mascaré.
00:41:03Mais tous n'y parviendront pas.
00:41:10A bord de leur pirogue polynésienne,
00:41:12Pierre et Laurent n'ont eu aucun mal à prendre le bon train.
00:41:4310 minutes plus tard, les rescapés rentrent à la base,
00:41:46le visage fendu d'un large sourire.
00:42:07Le démarrage de la vague,
00:42:09tu sens que ça pulse et tout,
00:42:11tu as le bruit.
00:42:12Et lui, en plus, il ne peut pas se retourner.
00:42:14Donc tu le sentais, il faisait ça.
00:42:16Tu sentais ses épaules comme ça.
00:42:18Et puis quand ça a démarré...
00:42:22On peut l'applaudir très fort.
00:42:26C'est un surf communautaire.
00:42:28C'est-à-dire qu'on partage la même vague ensemble.
00:42:30C'est énorme, quoi.
00:42:31Il y a toujours cette appréhension de la rater au départ,
00:42:34d'être bien placé,
00:42:36de trouver la bonne trajectoire
00:42:38et puis d'éviter tous ceux qui se moquent.
00:42:41Je suis parti déjà avant travers.
00:42:42Alors à mon genou, je n'ai pas suggéré.
00:42:44J'ai eu peur que quelqu'un me tombe dessus
00:42:45parce qu'il y avait un petit peu de monde derrière moi
00:42:47qui arrivait.
00:42:48Et du coup, j'ai capoté
00:42:51et puis voilà, j'ai bu la tasse.
00:42:57On a veillé très tard ce soir-là,
00:42:59chacun voulant raconter son expérience.
00:43:02De mémoire de mascarée,
00:43:03on n'avait jamais vu une vague si grosse.
00:43:05Et promis, demain, on remet ça.
00:43:07On a veillé très tard.
00:43:40stop !
00:43:41Oui, stop !
00:43:56Salut Sarah !
00:43:58Salut Sophie !
00:43:59Ça va ?
00:43:59Ça va ?
00:44:02Je te remercie, l'île de Raymond, au bord de la Garonne, je me suis dit que j'allais trouver
00:44:11un petit coin de tranquillité, je vais trouver, c'est ici, ce qui me fait rire c'est que je
00:44:19suis arrivée du bout du champ et je t'entendais crier, sur qui tu cries, ton chien ou tes brebis
00:44:24sur le chien ?
00:44:25Sur le chien pour qu'il obéisse, pour rentrer les brebis en fait. C'est le partenaire indispensable, nos chiens.
00:44:30C'est mon collègue de travail au Cossi.
00:44:33Tu bosses toute seule ? Oui. T'as combien de bêtes ? Là avec les agneaux à peu près 500.
00:44:39Tu vois elles sont spéciales, mes brebis elles ont la tête noire, ce sont des blackface, des scotch blackface, c
00:44:44'est une race écossaise.
00:44:46Il a plu pas mal ces derniers jours donc j'en ai quelques-unes qui boitent, je devrais essayer de
00:44:50les trimer, ça c'est l'objectif mais bon. Est-ce que je peux te donner un coup de main
00:44:54?
00:44:54Eh bien éventuellement on va voir si elles avancent ou pas, sinon on va falloir les faire avancer.
00:45:00Allez les filles ! Allez c'est parti, on va essayer.
00:45:04C'est par là que ça se passe ? Doucement, doucement.
00:45:08Non vous n'allez pas passer à deux là.
00:45:17Non non non non !
00:45:31C'est la manucure ? C'est la manucure, voilà.
00:45:39Ecoute ça n'a pas l'air de lui déplaire ?
00:45:40Ça dépend, il y en a qui sont plus énervés que d'autres quoi.
00:45:44Ça c'est pour la soigner ?
00:45:45Ouais c'est pour soigner l'intérieur des onglons, voilà.
00:45:49Alors toi c'est bon.
00:45:52Voilà c'est sans pose de vernis madame.
00:45:53Ouais c'est ça.
00:45:56J'étais dans la trappée petite.
00:45:59Ouais.
00:46:01Alors les agneaux pas par les cornes, donc tu la trapes par une patte arrière.
00:46:05Celui-là là devant ?
00:46:06Voilà par exemple.
00:46:06Patte arrière je veux dire ? Ok c'est parti.
00:46:09Tiens ici toi.
00:46:09Ouais super.
00:46:11Et je le tiens et après ?
00:46:12Alors tu le ramènes vers toi.
00:46:13Ouais.
00:46:13Ok.
00:46:14Voilà.
00:46:15Et là en fait pour le coucher tu lui prends la patte avant.
00:46:18Et hop là.
00:46:19Voilà.
00:46:20Ça va mon coutou ?
00:46:21Et après il faut l'asseoir.
00:46:22C'est là où il bouge plus en fait.
00:46:24Ok.
00:46:26Et voilà.
00:46:27Voilà.
00:46:28Ça va ?
00:46:28Et bah c'est nickel.
00:46:29Donc tu vois je vais pouvoir lui rafiler.
00:46:35Voilà.
00:46:35C'est bon ?
00:46:36Vous pouvez relâcher monsieur.
00:46:37Allez.
00:46:38Allez.
00:46:59Comment tu t'es lancée toi dans l'élevage de brevilles ?
00:47:02Par hasard ouais.
00:47:03Voilà par hasard.
00:47:04On voulait en faire un choix de vie différent.
00:47:06J'ai voulu...
00:47:07Voilà.
00:47:08Tu vivais où toi avant d'élever des brebis ?
00:47:10Qu'est-ce que tu vivais dans la ville ?
00:47:11J'ai fait mes études à Paris dans une école de commerce.
00:47:14Voilà.
00:47:14J'ai passé une partie de mes études en Irlande.
00:47:17Où j'ai découvert ces brebis en fait.
00:47:18Voilà.
00:47:19Je les ai vu vivre à l'extérieur.
00:47:21Quand il pleuvait, il neigeait, il faisait un vent.
00:47:23Il ne serait pas sorti de la voiture.
00:47:24Et elles étaient là tranquilles.
00:47:26Voilà.
00:47:26Elles ont du caractère.
00:47:27Elles sont fières.
00:47:28C'est ce que j'aime.
00:47:29Ouais.
00:47:40Alors quand tu ne t'occupes pas de tes brebis, qu'est-ce que tu fais ça ?
00:47:43Depuis l'année dernière, j'ai monté des cabanes sur Piloti, dans la forêt, sous forme de jean.
00:47:49Je vais te montrer tout ça.
00:47:50Après les champs, la forêt.
00:47:52Voilà.
00:47:53Change de métier.
00:48:14Si t'en prie Sophie, vas-y.
00:48:21C'est ouvert, je peux rentrer ?
00:48:22Ouais, ouais, vas-y.
00:48:23Vas-y, vas-y.
00:48:28Ah là là, quelle est mignonne cette cabane.
00:48:32Voilà.
00:48:33Ah, c'est très joli ce que tu as fait.
00:48:34Encore une bonne averse du bois.
00:48:35Ouais, c'est vrai.
00:48:36Oui.
00:48:36Vraiment intégré à la nature.
00:48:38Je fais le petit tour du propriétaire.
00:48:39Voilà, voilà.
00:48:40Donc là, une petite chambrette.
00:48:41Une chambre pour les enfants.
00:48:43La petite salle de bain toute belle.
00:48:45Une salle de bain.
00:48:45Ah !
00:48:46Indique qu'il m'a l'air d'être bien confortable.
00:48:49Oui.
00:48:50Ouais.
00:48:50Super.
00:48:51C'est très, très bon.
00:48:54Ah, mais écoute, tu...
00:48:55Le spectacle, c'est profiter de la nature.
00:48:57Ouais, tu vis dans un bel endroit.
00:48:59Quand tu regardes un petit peu en arrière, qu'est-ce que tu te dis justement sur le chemin parcouru
00:49:04?
00:49:04Oh, ça n'a pas toujours été simple, mais je ne regrette pas, en fait.
00:49:09Des animaux, du calme et la nature.
00:49:12Voilà.
00:49:12C'est...
00:49:13C'est ta recette du bonheur.
00:49:15C'est ça, ta recette du bonheur.
00:49:22C'est ça.
00:49:23La recette du bonheur.
00:49:33Il est 3 heures du matin.
00:49:35Tout en bout de l'estuaire, Pierre-Yves roule vers le port du Verdon.
00:49:39Pierre-Yves est pilote de port.
00:49:41Sa mission, conduire les navires sans encombre jusqu'à Bordeaux.
00:49:45Les bateaux qui arrivent à 7 heures ou 8 heures du matin, on les prend vers 2 ou 3 heures
00:49:51du matin.
00:49:52Donc ça fait...
00:49:54On travaille pendant la nuit.
00:49:55Ça permet aux bateaux d'être toute la journée à quai.
00:50:01À bord de la vedette du port, Pierre-Yves rejoint un paquebot de 180 mètres de long venant faire escale
00:50:06à Bordeaux.
00:50:08L'estuaire, c'est la plus grande Europe.
00:50:10C'est un petit peu comme une petite mer intérieure.
00:50:12On connaît bien notre chenal et toute la rivière, la connaissance du lieu que n'a pas le commandant.
00:50:17Donc c'est pour ça qu'on est à bord de son bateau pour le guider en toute sécurité, savoir
00:50:21où passer et à quel moment.
00:50:24365 jours par an, les pilotes du port du Verdon prennent en charge 3000 navires.
00:50:30En grande majorité des cargos, mais aussi désormais de plus en plus de paquebots.
00:50:50Maintenant, mettez le cap sur 148 degrés.
00:50:55Car depuis qu'elle s'est refaite une beauté, Bordeaux est devenu une escale très prisée des croisiéristes.
00:51:01Port Bordeaux, Port Bordeaux.
00:51:03Monsieur Travers, je vous écoute.
00:51:05Oui, monsieur Martinet, bonjour.
00:51:06On a passé le bec d'Ambès, donc on sera vers 8h40 sous le pont.
00:51:12Bien reçu.
00:51:14Après 5h de navigation, le paquebot arrive en vue de Bordeaux.
00:51:18L'heure pour le Médoc, un puissant remorqueur d'entrée en scène.
00:51:22Pas réveillé, c'est genre...
00:51:24A son bord, Christophe, le capitaine, est les 3 membres d'équipage.
00:51:30Il y a 3 remorqueurs dans le port et on est censé appareiller dans l'heure
00:51:34pour intervenir sur un bateau qui a un problème.
00:51:42On va se stationner sur le côté et on va attendre les consignes du pilote.
00:51:51Asamara Journée, bonjour.
00:51:53Asamara Journée, bonjour du minoc, François.
00:51:56Oui, monsieur François, bonjour. C'est Travers, là.
00:51:59Donc, on va prendre votre remorque par le centre à l'arrière à tribord.
00:52:03Bien reçu.
00:52:05Crochet à l'arrière, légèrement en bas bord.
00:52:07Ok, à tout de suite.
00:52:11Par rapport à d'autres navires, on joue aux autotamponneuses, quoi.
00:52:13Voilà.
00:52:14On est toujours en contact à l'abordage, en fait.
00:52:18Tomber dans la routine, ça serait faire des avaries.
00:52:21Et on doit être absolument réveillé à chaque main devant.
00:52:28Le moment délicat de l'opération approche.
00:52:30Le franchissement du pont mobile Jacques Chaband-Elmas.
00:52:34Ici, la Garonne passe de 300 mètres de large à une centaine seulement.
00:52:39Il faut donc bien viser.
00:52:40On est dans l'axe, Médoc.
00:52:42Tiens bon.
00:52:42Oui, dans l'axe, Médoc.
00:52:44Demine toujours.
00:52:45Ok.
00:52:45Tiens bon, Médoc.
00:52:47Il faut bien se positionner dès le départ pour arriver au milieu.
00:52:52Même si on est un peu aidé par le remorqueur derrière.
00:53:01Alors là, il nous a sollicité pour le ralentir.
00:53:04On tire en marche arrière pour le ralentir sa course.
00:53:08Dernière difficulté avant l'accostage.
00:53:10Faire faire un demi-tour à cette ville flottante au milieu du fleuve.
00:53:13A retenir lente, Médoc.
00:53:16A retenir lente, Médoc.
00:53:24Au revoir, commandant. Merci beaucoup.
00:53:26Merci.
00:53:27Et puis à la prochaine fois.
00:53:28Toute votre coopération et bonne escale à Bordeaux.
00:53:33Pierre-Yves et Christophe ont terminé leur mission.
00:53:35Les passagers peuvent partir à la découverte de Bordeaux.
00:53:39Cette année, environ 40 paquebots y auront jeté l'encre.
00:53:43Un nombre en constante augmentation.
00:53:57Est-ce qu'à la Bordeaux avec toi Vincent ?
00:53:59Moi je suis très heureuse d'être ici.
00:54:00J'adore cette ville.
00:54:02Une ville qui s'est complètement métamorphosée.
00:54:04Et comme tu le sais, le fil conducteur de mon voyage est la Garonne.
00:54:08Et c'est bien la Garonne qui coule à Bordeaux.
00:54:10Exactement.
00:54:11Donc bienvenue.
00:54:12La Garonne est là.
00:54:13Elle coule.
00:54:13Elle arrive des Pyrénées.
00:54:15Et puis elle va jusqu'à l'océan.
00:54:16Elle se transforme en estuaire de la Gironde, quelques kilomètres en aval avec la rencontre
00:54:21avec la Dordogne.
00:54:22Et donc là, on est déjà soumis aux marées ici.
00:54:24On est un peu au bord du fleuve, un peu au bord de la mer déjà.
00:54:26Toi, c'est le vélo ou tes pieds que tu utilises pour te balader.
00:54:30Et tu te laisses souvent guider par le hasard, c'est ça ?
00:54:33Voilà, exactement.
00:54:34En fait, avec un copain qu'on rencontrera tout à l'heure.
00:54:37On a créé un blog qui s'appelle Bordeaux 2066.
00:54:40Et 2066, c'est le nombre de rues qu'il y a dans Bordeaux.
00:54:42Et on fait un tirage au sort pour aller voir.
00:54:44Donc tu as tiré au sort des rues pour moi aujourd'hui.
00:54:46Voilà, on va faire un petit voyage.
00:54:48On part du port ici.
00:54:49On va aller voir derrière comment ça se passe dans les petites ruelles un peu médiévales.
00:54:52On va aller voir un peu des quartiers plus modernes.
00:54:53Je suis ravie de te suivre mon cher Vincent.
00:54:56C'est parti, c'est une ville qui se découvre à vélo.
00:55:21C'est joli comme nom ça.
00:55:23Ah oui.
00:55:25T'as pas trouvé plus étroit comme rue ?
00:55:27Eh non, c'est la plus étroite de Bordeaux, paraît-il.
00:55:32Alors là, on est donc juste derrière le port où on était tout à l'heure.
00:55:36Et là, tu peux voir la porte Caillot ici,
00:55:39donc qui est une porte d'entrée de la ville de l'époque du Moyen Âge.
00:55:42Et là, on est en plein Vieux-Bordeaux, donc quartier Saint-Pierre exactement.
00:55:48On est quand même dans l'hyper-centre et il y a toujours des endroits comme ça
00:55:52où on a un peu l'impression d'être dans un village de 500 habitants,
00:55:55dans une toute petite ville, quoi.
00:55:57Qu'est-ce qui te lie, toi, à cette belle ville de Bordeaux ?
00:55:59Quand j'étais enfant, donc c'était justement avant la rénovation,
00:56:02donc la ville, elle avait vraiment ce côté un peu sale, un peu triste.
00:56:06Et c'est vraiment à l'âge de l'adolescence que j'ai commencé à parcourir cette ville
00:56:10et puis à me dire que finalement, elle était d'une beauté assez frappante, quoi.
00:56:30Alors là, on a changé de quartier et nous sommes au Chartrand.
00:56:32C'est un ancien quartier de négoces viticoles.
00:56:35Et ici, on est vraiment dans un lieu emblématique du quartier, puisqu'on est dans les chefs de Luz.
00:56:40Donc, les Luz, c'était une grande famille de négociants bordelais.
00:56:43Et là, on est dans leurs anciens chais où il y avait leur activité.
00:56:46Et puis, tout ça a été retapé là, ces dernières années.
00:56:50Donc, pour en faire cet endroit où on a des entreprises, une école, des restaurants, etc.
00:56:55On a tiré au sort la place Paul et Jean-Paul à Visso.
00:56:57On va arriver dessus.
00:56:58D'accord.
00:56:59Où on va retrouver Pierre-Marie et puis un artiste local.
00:57:02D'accord. Donc, Pierre-Marie, c'est ton associé.
00:57:03L'artiste que tu veux me faire découvrir, il s'appelle comment ?
00:57:05Il s'appelle Joffo.
00:57:06D'accord. Il est très connu des Bordelais, je crois.
00:57:08Il est connu des Bordelais.
00:57:09Il a fait des fresques qu'on voit beaucoup en ville.
00:57:24Bonjour.
00:57:25Voilà.
00:57:25Bonjour.
00:57:26Bonjour.
00:57:27Salut.
00:57:29Pierre-Marie.
00:57:29Salut Pierre-Marie, l'associé donc.
00:57:31Salut Sophie.
00:57:31Salut Joffo donc.
00:57:33Voilà.
00:57:34Ravi de te rencontrer.
00:57:35Bonjour.
00:57:35Comment il s'appelle ce petit personnage ?
00:57:37Il a un prénom générique qui est tout bête.
00:57:41C'est Toto.
00:57:41Tu vois.
00:57:42C'est un personnage que j'ai dessiné à l'âge de 5 ans et que j'ai retrouvé dans
00:57:45Le Bonin de mes parents il y a 20 ans maintenant.
00:57:4825 ans, 25 ans maintenant.
00:57:50Et depuis, il habite, il hante toutes mes toiles.
00:57:54C'est devenu mon style, ma patte, ma griffe quoi.
00:57:56C'est nature aussi.
00:57:57Et ce personnage là, je lui fais vivre des aventures totalement diverses quoi.
00:58:01La Maison du Vélo aussi, c'est toi non ?
00:58:03La Maison du Vélo.
00:58:04Bah tu vois tous les Bordelais.
00:58:06Les affiches de la Coupe du Monde en 98.
00:58:07Oui, c'est vrai.
00:58:08Exact.
00:58:26C'était un vrai plaisir Vincent de découvrir Bordeaux avec toi.
00:58:302066 c'est le nom de ton blog et le nombre de rues, comme tu me l'as dit, qui
00:58:34existent à Bordeaux.
00:58:34Il t'en reste encore plein à découvrir.
00:58:37Là, on a en face de nous tous les nouveaux quartiers de Bordeaux.
00:58:40Là, il y a des grues un peu partout.
00:58:41Si en effet, on pouvait aller visiter une rue par là, on n'y est pas encore allé.
00:58:45Donc, ça serait intéressant.
00:58:46A ta santé mon cher Vincent.
00:58:47Allez, à la tienne.
00:58:51Une fois de plus, merci beaucoup.
00:58:53C'est à mon tour maintenant de t'amener en voyage.
00:58:55Enfin, je vous emmène aussi en voyage grâce à Sibylle d'Orgeval qui nous ouvre ses carnets de route.
00:59:01Alors, si j'ai pour ma part voyagé au fil de la Garonne, nous allons retrouver Sibylle,
00:59:06le long du fleuve Amour à la frontière russo-chinoise.
00:59:10C'est un plaisir de suivre à nouveau ces traces.
00:59:13Pour ma part, je vous attends ici en France pour ce voyage le long de la Garonne.
00:59:17Je vous l'ai dit, nous allons partir à la pêche au Carlet.
00:59:19Ça, c'est pour tout à l'heure.
00:59:20Allez, bon voyage.
00:59:22L'extrême-Orient russe est le Far East de la Russie, équivalent du Far Ouest américain.
00:59:27Habité par des peuples autochtones, conquis par les Cossacks, puis peuplé par les aventuriers, les chercheurs d'or, les exilés.
00:59:34À 8000 kilomètres de Moscou, la région du fleuve Amour a été le dernier territoire conquis il y a moins
00:59:40de deux siècles.
00:59:41Mais il reste lointain et toujours difficile à apprivoiser.
00:59:45Frontalier de la Chine, il est stratégique et semble vivre une éternelle tentative de conquête pour le peupler.
00:59:50Alors je pars à la découverte de ceux qui ont vécu, et vivent encore aujourd'hui en Russie, l'histoire
00:59:56de la conquête de l'Est.
00:59:58J'arrive à la frontière chinoise entre la Russie et la Chine, matérialisée par le fleuve Amour.
01:00:03La ville de Blagovechensk fait face à sa voisine chinoise Heihei.
01:00:086 millions de Russes d'un côté de la frontière, 60 millions de Chinois de l'autre.
01:00:12La présence chinoise en Extrême-Orient est un sujet de préoccupation pour les habitants qui y voient le danger d
01:00:17'une nouvelle conquête.
01:00:19Je rejoins un groupe qui se presse jusqu'au quai du fleuve.
01:00:22Les femmes de l'association La Sagesse de l'Est se rendent à leur rendez-vous hebdomadaire.
01:00:27Un cours de danse avec vue sur la Chine.
01:00:33Tout le monde est prêt ?
01:00:36Prêt ?
01:00:38C'est parti !
01:00:58Ça fait deux ans qu'on apprend à danser dans la rue.
01:01:00Ça s'appelle la danse pour la santé.
01:01:04Bien sûr, on a vu ça en Chine, de l'autre côté, sur les quais du fleuve.
01:01:09Ça nous a plu, alors on leur a emprunté cette bonne pratique.
01:01:13Regardez comme elles sont toutes belles.
01:01:16Ça renforce les jambes et le corps.
01:01:18On perd du poids et on se sent mieux.
01:01:21C'est bien d'avoir vu ça en Chine et le faire maintenant ici.
01:01:24On voit même des touristes chinois qui nous prennent en photo et nous applaudissent.
01:01:29C'est super !
01:01:30Et si on va à Paris, on dansera aussi.
01:01:42Mais les femmes de la Sagesse de l'Est ne s'arrêtent pas au cours de danse.
01:01:47...
01:02:03Ces retraités russes s'initient à tous les aspects de la culture chinoise.
01:02:08Je découvre une autre façon de considérer ce voisin menaçant.
01:02:12J'ai grandi à Blagovechensk, au bord du fleuve Amour.
01:02:18Pendant mon enfance, on voyait toujours des délégations chinoises venir chez nous.
01:02:22Des militaires, en canot ou en bateau à moteur.
01:02:26Ils venaient pour des rencontres et des pourparlers.
01:02:29Donc c'est pourquoi, en grandissant, on s'est intéressés à la langue chinoise.
01:02:33Chaque fois qu'on traverse la frontière, c'est bien de réussir à leur parler dans leur langue.
01:02:37Beaucoup de chinois apprennent le russe.
01:02:39Et nous, en retour, on essaye aussi d'apprendre le chinois.
01:02:44Et aussi, on donne un exemple aux jeunes générations,
01:02:48pour qu'ils fassent des efforts, comme nous.
01:02:52Après les cours, ce week-end,
01:02:55Ludmilla, Alexandra et Albina ont décidé de passer aux travaux pratiques.
01:02:59Et elles m'emmènent faire une excursion de l'autre côté du fleuve.
01:03:09Heihei, la chinoise, semble avoir l'habitude d'accueillir ses voisins,
01:03:13et fait aussi preuve d'adaptation culturelle.
01:03:16Les matrioshkas russes, made in China, nous accueillent sur les quais de l'amour.
01:03:24Mais le périple outre-amour est surtout l'occasion d'emplettes dans les magasins chinois,
01:03:28et était autrefois pour les Russes un vrai business.
01:03:35Avant, je faisais l'aller-retour souvent, la navette pour le business.
01:03:39Mais plus maintenant. Maintenant, ce n'est plus rentable.
01:03:43Oui, avant, beaucoup faisaient ainsi l'aller-retour plusieurs fois dans la même journée.
01:03:47Ils transportaient les produits par colis de 50 kilos.
01:03:51Mais c'était il y a longtemps.
01:03:53Après, aller en Chine n'a été permis qu'une fois par semaine.
01:03:56Plus tard, ils ont encore réduit le nombre d'allers-retours,
01:03:59parce que tout ce qu'on pouvait importer, on l'importait.
01:04:03Regarde, il y a des gants !
01:04:06Tu les as trouvés où ?
01:04:07Il n'y en a qu'un !
01:04:19Je laisse Lunmila, Alexandra et Albina terminer leur escapade en Chine.
01:04:26Je retraverse en bateau.
01:04:28Aucun pont n'existe encore sur l'amour entre la Russie et la Chine.
01:04:32Malgré les accords économiques, les échanges culturels,
01:04:35sur cette frontière si longtemps disputée, la méfiance reste de mise.
01:04:43J'échange une fois de plus voiture et bateau pour le rail.
01:04:48Je ne passe qu'une nuit dans le train.
01:04:50Mais à une époque, ceux qui l'empruntaient partaient pour la vie.
01:04:58Le Transsibérien embarquait des candidats à l'exil,
01:05:01incités par le pouvoir soviétique à partir peupler ses confins.
01:05:06Chers camarades, que dit le pouvoir soviétique ?
01:05:10Il dit, si tu veux bien vivre, il faut bien travailler.
01:05:14Bien, venez dans notre colcos.
01:05:17Vous y trouverez une vie de vrais travailleurs.
01:05:23Le film de propagande Les chercheurs de bonheur, réalisé en 1936,
01:05:28ciblait une population bien précise pour un projet extravagant.
01:05:31Il exhortait les Juifs de Russie à émigrer vers une terre promise,
01:05:35au cœur de l'Extrême-Orient.
01:05:37Le nom de Birobidjan en yiddish et en cyrillique
01:05:40signale dès l'arrivée la double culture de la région.
01:05:47Staline, en 1934, décide la création de cette région autonome juive.
01:05:51Comme toutes les nationalités minoritaires du RSS,
01:05:54les Juifs doivent posséder leurs terres.
01:05:56Mais c'est aussi une façon de reléguer une population indésirable
01:05:59et d'occuper ses territoires proches de la Chine,
01:06:01dont l'ombre menaçante plane toujours sur la région de l'amour.
01:06:05Des dizaines de milliers de Juifs s'embarquent pour l'aventure,
01:06:08pionniers, décidés à construire un Etat nouveau.
01:06:11Ils seront jusqu'à 30 000, juste après la Deuxième Guerre mondiale.
01:06:19Dès mon arrivée, je me rends à la vieille synagogue de Birobidjan,
01:06:22où je retrouve un groupe de Français.
01:06:25Ils voyagent avec l'association Valisk,
01:06:27qui propose des séjours culturels
01:06:29et sont venus découvrir la réalité du Birobidjan.
01:06:34C'est les 80 ans de la région,
01:06:40donc c'est un bon moment pour tout le monde,
01:06:42pour prendre du recul.
01:06:46Pendant la période communiste,
01:06:48les livres de prières n'avaient pas de titres sur la couverture.
01:06:53Et parfois, c'était même écrit « Parti communiste »,
01:06:56alors que bien sûr, à l'intérieur, c'était les prières.
01:07:04À la sortie, je commence à faire connaissance avec quelques membres du groupe.
01:07:09Mes parents, en 1933,
01:07:12ils étaient très communistes,
01:07:14et ils voulaient, ils croyaient,
01:07:18en l'avenir maintenant,
01:07:20et ils voulaient déménager au Birobidjan.
01:07:23Voilà.
01:07:24J'aurais pu être née là.
01:07:27Et on ne l'a jamais fait,
01:07:28ils sont partis en France, etc.
01:07:30Et alors, c'est une espèce de retour...
01:07:32Je viens dans un pays dans lequel j'aurais pu naître.
01:07:36C'est extrêmement émouvant, quand même.
01:07:39Birobidjan, c'était un truc mythique.
01:07:41Tu vois, on en parlait...
01:07:43À la maison, on a toujours parlé de Birobidjan.
01:07:45Enfin, c'est quand même très curieux.
01:07:49Effectivement, pour moi, c'est un mot qui résonne,
01:07:53comme ayant été prononcé dans ma famille,
01:07:55à titre de...
01:07:57Bironie dérisoire.
01:07:59Quand tout va mal, tout ce qu'on peut faire...
01:08:02Au pire, on pourrait aller dans les marécages du Birobidjan.
01:08:09C'était la plaisanterie familiale.
01:08:18Un festival de musique juive du monde entier célèbre les 80 ans de la région.
01:08:26En ces jours de fête, la ville semble vivre à l'heure juive.
01:08:38Danse ou chant, un folklore assez diversifié emplit ses rues.
01:09:04La fête continue devant la nouvelle synagogue, où le jeune rabbin reçoit ses invités.
01:09:11A Birobidjan, on ne peut pas dire aujourd'hui concrètement combien de juifs nous sommes.
01:09:15On suppose qu'il y a plus de 4000 juifs.
01:09:19Mais il n'y a pas beaucoup de gens qui viennent à la synagogue pour prier.
01:09:23En tout, il y a environ 30 personnes qui viennent régulièrement.
01:09:28Le problème vient de l'époque soviétique qui a tué la vie juive.
01:09:31Maintenant, tout reconstruire, c'est très difficile.
01:09:36Je suis donc venu ici avec cet espoir.
01:09:40C'est peut-être un espoir naïf de jeunesse.
01:09:45Je voudrais ressusciter la vraie vie juive qui devrait exister ici.
01:09:51Je ne sais pas si j'y arriverai, mais je ferai tout ce que je peux.
01:10:04Les chants se terminent avec la journée, mais l'activité ne cesse pas.
01:10:08C'est en cuisine maintenant que tout se passe.
01:10:11Le rabbin supervise la préparation du dîner de Shabbat.
01:10:18Par exemple, c'est moi qui dois ouvrir et allumer le four.
01:10:22Et ensuite, les autres peuvent cuisiner.
01:10:26Mais c'est moi qui dois allumer pour que la nourriture soit cachère.
01:10:34Donc tu fermeras le four, il faut que j'y aille.
01:10:42L'américain n'est pas avec toi ?
01:10:43Non, il surveille le cache-route en cuisine.
01:10:48Shmuel est arrivé depuis moins d'un an à Biérobidjan.
01:10:52Qu'est-ce que c'est ?
01:10:54Je suis intrigué par ce jeune Américain qui semble seconder le rabbin.
01:10:59J'ai été au lycée dans le Bronx.
01:11:02Pendant ma première année, j'ai découvert la région juive du Biérobidjan sur Wikupédia.
01:11:07Je n'étais pas 100% d'accord avec Israël.
01:11:10Donc, c'était vraiment nouveau pour moi, le fait qu'il y ait une alternative de création d'un état
01:11:14juif.
01:11:15Mais j'avais lu beaucoup de choses sur les juifs pendant l'Union soviétique.
01:11:21La période terrible du goulag, la nature sauvage sibérienne.
01:11:26J'ai appelé l'agent de voyage et je lui ai demandé si je n'avais pas besoin d'un
01:11:30garde du corps en Russie avant de partir.
01:11:33J'avais même peur de porter ma kippa.
01:11:36J'avais encore la guerre froide en tête.
01:11:41Mais malgré tout, Shmuel, comme un pionnier d'antan, croit vraiment au renouveau.
01:11:48Pionnier ? Non, pas vraiment.
01:11:52Je suis juste un gars.
01:11:54Mais d'autres vont venir.
01:11:57Je ne dors pas dans une tente dans la Taïga.
01:12:00Si j'étais venu dans les années 30, je n'aurais pas pu vivre ici.
01:12:05Les vieux ici, dans la communauté, ils plaisantent en disant que je suis le messie du Biérobidjan.
01:12:14Parce que je leur ai dit qu'on allait faire venir plus de juifs ici, que ça allait être une
01:12:17époque excitante.
01:12:19Mais ils sont sceptiques et ils se moquent un peu de moi.
01:12:21Mais ils sont très contents de m'avoir parmi eux.
01:12:23Et ils sont très amicaux.
01:12:37Le lendemain matin, je pars en voiture avec Jacqueline et le groupe de Français.
01:12:41Nous sommes en quête d'un lieu apparemment méconnu, hors de la ville.
01:12:44J'ai vu qu'il existait un cimetière complètement à l'abandon, avec des tombes juives.
01:12:54Je voulais y aller un peu pour avoir un truc de recueillement.
01:12:59Parce que chez les juifs, très souvent, on met des pierres sur les tombes.
01:13:03C'est pour le souvenir, pour dire je pense à vous.
01:13:08Et j'avais envie de leur dire, on ne vous a pas oublié.
01:13:11Enfin bon, c'est un truc de vieille conne.
01:13:16C'est un truc sentimental.
01:13:20Oui, c'est assez sentimental.
01:13:22C'est symbolique.
01:13:25En fait, je suis ici.
01:13:26En fait, c'est ça, voilà.
01:13:27Je suis ici pour le symbole.
01:14:00Elle est belle, cette dame.
01:14:05Elle a quand même un très beau visage de révolutionnaire, non ?
01:14:09Ou c'est moi qui rêve, ou j'ai envie de penser ça.
01:14:12Le Birobidjan laisse la sensation d'une utopie révolue, empreinte de nostalgie,
01:14:16et à la fois suscite encore chez certains l'espoir d'un renouveau.
01:14:21C'est parti.
01:14:22C'est parti.
01:14:26C'est parti.
01:14:35C'est parti.
01:14:51Retour au fil de la Garonne pour mes échappées belles et ma chère Marie-Pierre, on s'est levé tôt
01:14:54ce matin pour partir à la pêche.
01:14:56Bon, pour être précise, on n'est pas tout à fait sur la Garonne, là.
01:15:00Absolument pas.
01:15:01On est déjà sur l'estuaire de la Gironde.
01:15:03On est rentrés dans l'estuaire au moment où on est sortis de Bordeaux, en fait.
01:15:12Elles sont vraiment mignonnes, ces petites cabanes-là.
01:15:15Alors oui, les carrelés que tu vois là, c'est en fait des petites cabanes qui sont disposées sur des
01:15:19petites échasses au-dessus de la rive.
01:15:21Et chaque petit rond en fer, en fait, on y rajoute un filet.
01:15:25Quel type de poisson on peut pêcher, là ?
01:15:27Alors généralement, ici, ce sont des mules au gré de la chance que l'on a.
01:15:32On récupère un ou deux poissons que l'on fait immédiatement cuire ou que l'on mange.
01:15:37D'accord.
01:16:03Et bonjour.
01:16:05Salut Laurent.
01:16:06Salut Sophie.
01:16:06Salut Marie-Pierre.
01:16:07On peut te rejoindre ?
01:16:09Mais venez avec plaisir.
01:16:13Pourquoi t'as pas pour tes chances, hein ?
01:16:14Ah, je crois que non, c'est notre bredouille.
01:16:16Bon, on arrive, on arrive.
01:16:17La prochaine fois.
01:16:18Ouais, ouais, on va essayer. Tu vas voir avec Marie-Pierre, on va en attraper du poisson.
01:16:29C'est joli, là, avec les petits bois flottés.
01:16:32Très, très beau.
01:16:33Très, très beau.
01:16:34Avec le vent dans les roseaux.
01:16:38Et le poisson.
01:16:39Enfin, le poisson, je sais pas.
01:16:41Il y a le pêcheur, mais il n'y a pas le poisson, on dirait.
01:16:43Bonjour.
01:16:44C'est un mauvais pêcheur, peut-être.
01:16:45Oh non, le pauvre.
01:16:46Bonjour.
01:16:47En tout cas, c'est un homme heureux, hein ?
01:16:48Ouais.
01:16:49Comment vas-tu ?
01:16:49Très bien, très, très bien.
01:16:51Bonjour, Marie-Pierre.
01:16:52Bonjour.
01:16:52J'étais émerveillée par ce que je voyais.
01:16:55Je trouve ça très, très beau.
01:16:56C'est fabuleux, hein ?
01:16:57Oh là là.
01:16:58Un bel endroit où on a de la chance.
01:16:59On vient chercher quoi quand on est dans son carlet, là ? Même de bonheur.
01:17:02Oh, la quiétude.
01:17:04Oui.
01:17:04La quiétude, on déconnecte.
01:17:07Voilà, tu te concentres un peu sur toi, sur l'environnement, la nature.
01:17:10Oui.
01:17:11Un peu seul au monde.
01:17:12Seul au monde et quand même en bonne compagnie parce que l'esprit du carlet, si j'ai bien compris,
01:17:17Marie-Pierre, c'est quand même de se retrouver.
01:17:18C'est le partage.
01:17:19Voilà, c'est le partage.
01:17:20C'est le partage.
01:17:21Et Laurent ne pourra pas dire le contraire.
01:17:23Oui.
01:17:23Parce qu'autant on aime les moments de quiétude, autant on partage plein de moments de rire et de convivialité.
01:17:28Alors qu'est-ce qu'on appelle le carlet ? C'est uniquement la cabane ou c'est aussi la
01:17:33technique de pêche ?
01:17:34A l'origine, je pense que c'était plutôt un ponton qui donnait sur la rive avec un axe et
01:17:40un filet qu'on mettait dans l'eau et qu'on relevait, rond ou carré.
01:17:43Et après, bien évidemment, du côté pêche, on passe au côté convivial, il fallait s'abriter, donc la cabane est
01:17:50née et maintenant le carlet est devenu cabane et système de pêche.
01:17:54Tu veux bien montrer Laurent ?
01:17:55Avec plaisir.
01:17:56Tiens, viens.
01:17:57Je t'enlève la cabane.
01:17:58D'accord.
01:17:59Donc c'est tout simple, j'imagine.
01:18:00Voilà.
01:18:01Donc là, on va le relever, voir si on a attrapé quelque chose.
01:18:03D'accord.
01:18:03Donc tu remontes assez rapidement.
01:18:04Ok.
01:18:05Voilà.
01:18:07Oulala.
01:18:09Oui, oui, oui.
01:18:10Oh, mais c'est pas encore ça.
01:18:12Non.
01:18:12Chou blanc.
01:18:13Les poisons grillées, c'est pas pour aujourd'hui.
01:18:15Heureusement que l'entrecôte va pas tarder à arriver.
01:18:17C'est quoi cette histoire d'entrecôte ?
01:18:18Bah écoute, ici, on est dans le Bordelais.
01:18:20En tout cas, sur le serment, on peut pas y échapper.
01:18:22Ah oui ? Non mais il est quoi là ? Il est 8h, 8h30 du matin.
01:18:25Oui, bah on s'est levé quand même de bonheur.
01:18:26C'est pas faux.
01:18:26On a ramé, il a pêché.
01:18:28Oui.
01:18:28Pas le pêcher, mais il a pêché.
01:18:30Il faut une petite récompense.
01:18:31D'accord.
01:18:32Mais je suis pour l'entrecôte à 8h30.
01:18:34Eh bah écoute, avec plaisir.
01:18:38C'est beau.
01:18:39C'est joli, hein ?
01:18:40Ouais.
01:18:40Très joli.
01:18:44Ouh, le vent se lève.
01:18:47La cabane va décoller.
01:18:48Ouais.
01:18:51Bon, ça donne un petit plus quand même.
01:19:00Hop, hop.
01:19:07Pas désagréable ce petit bruit.
01:19:09Non.
01:19:11Alors ?
01:19:12Écoute, ça m'a l'air d'être parfait ça.
01:19:14On va peut-être attendre Laurent avant d'y goûter.
01:19:15T'es sûr ?
01:19:17On lui dit, ou alors on ne le dit pas.
01:19:18Et on rajoute.
01:19:19On le goûte et on ne lui dit pas.
01:19:21Non, on va l'attendre.
01:19:22D'accord.
01:19:22D'accord.
01:19:24Voilà, ça y est, c'est prêt les filles.
01:19:26Oh, que c'est beau ça !
01:19:28Voilà, la bonne entrecoive.
01:19:29Bravo, le cuistot !
01:19:30Wow !
01:19:31Sophie, j'espère que tu aimes l'échalote.
01:19:33Ah, écoute, c'est parfait.
01:19:34Marie-Pierre, je sais quand même ça.
01:19:35Moi, ça, j'adore.
01:19:36Entrecoive à l'échalote.
01:19:38Voilà, je vous sors.
01:19:39Allez.
01:19:40T'auras droit à un peu de vin, peut-être.
01:19:41On t'a attendu pour goûter le vin du mari de Marie-Pierre.
01:19:44Ah, super.
01:19:44Moi, j'ai hésité, hein.
01:19:45Attends, moi.
01:19:48On n'est pas bien à Pauillac, Sophie.
01:19:49Arrête, on est très, très bien.
01:19:51Quel bonheur, mais quel bonheur.
01:19:52On est content de t'accueillir, en tout cas.
01:19:54Moi, je suis ravie d'être ici, mais sincèrement.
01:19:56Tiens.
01:19:57Merci, Marie-Pierre.
01:19:58Je vous souhaite un très bel appétit.
01:19:59Merci.
01:20:00A l'estuaire.
01:20:01A l'estuaire.
01:20:02Et au carrelé.
01:20:03Et à vous.
01:20:04Et à Pauillac.
01:20:05Et à Pauillac.
01:20:06Et à la pêche, alors malheureusement.
01:20:07Et aux poissons, même s'ils ne sont pas dans nos filets.
01:20:10La prochaine fois, c'est pour vous.
01:20:11Exactement.
01:20:12Santé.
01:20:14Allez, bon appétit.
01:20:15Bon appétit.
01:20:16Merci.
01:20:16Tu vois, on a besoin de...
01:20:18Pas grand-chose dans la vie pour être vraiment.
01:20:20Vraiment, maintenant, on en est conscients.
01:20:21Oui, à chaque fois.
01:20:22Mais à chaque fois qu'on vient, on dit on a de la chance.
01:20:25Mais ouais.
01:20:25On a un chat.
01:20:26Mais on le dit dix fois dans la soirée, dans la journée.
01:20:28Dix fois.
01:20:39Véritable mer intérieure, l'estuaire de la Gironde offre des paysages
01:20:42parfois très surprenants.
01:20:44Comme à Méché-sur-Gironde, sur la rive nord.
01:20:48Creusés dans les falaises de calcaire, des dizaines de maisons troglodytes
01:20:52s'étalent sur plus d'un kilomètre.
01:20:54Quelques-unes d'entre elles sont habitées.
01:20:57Julien est né et a grandi ici.
01:21:00Après une carrière parisienne, il est revenu il y a quelques années
01:21:03s'enfuir dans la terre de ses ancêtres.
01:21:05Je venais pêcher petit, la crevette.
01:21:08Et puis je descendais sur les rochers également, pêcher les crabes.
01:21:11Donc, et puis notamment avec les petites copines aussi,
01:21:16qu'on ramène dans la Groupe des Amours.
01:21:18Et ça marchait pas mal.
01:21:22Julien s'est aménagé un petit appartement troglodyte
01:21:25avec vue imprenable sur l'estuaire.
01:21:29Un luxe qui a un prix.
01:21:31La vie sous terre possède son lot d'inconvénients.
01:21:38C'est l'enfer et le paradis en fait.
01:21:40Tous les troglodytes le diront.
01:21:43C'est un habitat vivant, c'est pas comme une maison traditionnelle.
01:21:47Il faut sans arrêt s'en occuper, entretenir et l'occuper.
01:21:50Parce que si on ne l'occupe pas pendant un certain temps,
01:21:52si on part en vacances pendant 15 jours ou 3 semaines,
01:21:55on revient tout amoisi.
01:22:00Un autre avantage d'habiter dans des grottes,
01:22:02c'est qu'on peut pousser les murs.
01:22:04Cet hiver j'ai eu l'idée de creuser ses trous
01:22:06pour entreposer le vin, ça prend moins de place.
01:22:08Et puis en plus il est bien conservé.
01:22:14Julien vit et travaille dans les grottes.
01:22:17Son musée raconte comment elles ont été creusées par la mer
01:22:20il y a 65 millions d'années, puis habité au fil du temps.
01:22:25L'homme de Cro-Magnon d'abord, puis à partir du Moyen Âge,
01:22:28toutes sortes de gens plus ou moins recommandables.
01:22:34C'est ce qu'il y a.
01:22:34Alors ici on se retrouve parmi les pirates,
01:22:36puisqu'il y en avait une colonie de brigands, des flibustiers,
01:22:40qui rançonnaient les bateaux qui se dirigeaient vers Bordeaux.
01:22:43Et alors ils s'amusaient à rançonner les bateaux,
01:22:45à piller les épaves en allumant des feux sur la nuit,
01:22:48sur les falaises pour imiter les phares.
01:22:49Et les bateaux venaient s'échouer et ils pillaient les cargaisons.
01:22:52Ensuite, après les pirates, il y a eu d'autres occupants dans les grottes.
01:22:56C'étaient les protestants qui venaient se réfugier,
01:22:59au temps des gardes de religion,
01:23:01la nuit, par petits groupes silencieux,
01:23:02pour venir prier, pratiquer leur culte.
01:23:04Ensuite, il y a eu toutes sortes de pauvres gens
01:23:06qui se sont réfugiés dans les grottes ici,
01:23:08qui a squatté littéralement, c'était un bidonville,
01:23:10où on investissait une grotte.
01:23:12Et puis voilà, avec l'avènement de la photographie,
01:23:14on a enfin des précieux témoignages.
01:23:15On voit bien comment vivaient ces pauvres,
01:23:17avec des meubles bancales, parce que c'est la terre battue,
01:23:20comme ici.
01:23:21On mettait des planches pour les maintenir droits,
01:23:23des planches également qui servaient de portée de fenêtre,
01:23:25pour se protéger des intempéries et des embruns.
01:23:30Avec l'avènement du tourisme,
01:23:32les grottes vont devenir très tendance.
01:23:34Les stars du musical s'y pressent dès 1924.
01:23:37Aujourd'hui, Julien tente de poursuivre cette vocation
01:23:40en ayant repris l'hôtel-restaurant familial.
01:23:57Bon, on arrive des premiers pour prendre les bateaux,
01:23:59on sortira les premiers.
01:23:59Super.
01:24:00C'est un petit air de vacances, vous ne trouvez pas ?
01:24:03Oui, vraiment.
01:24:04Bon, Sophie, c'est la fin de ton voyage,
01:24:07et tu ne pouvais pas quitter cet endroit
01:24:08sans voir vraiment l'embouchure de la Gironde.
01:24:11Donc, on est ici à la confluence, en fait,
01:24:15de la Gironde avec la mère.
01:24:16Oui.
01:24:17Et donc, on va prendre le bac pour aller de l'autre côté
01:24:19et on a amené toute notre famille pour faire un petit déjeuner.
01:24:373 voitures et 5 piétons, après on peut fermer.
01:24:47Les portes sont fermées et verrouillées, merci.
01:24:49Merci.
01:24:50Merci.
01:24:51Merci.
01:25:00Merci.
01:25:08Merci.
01:25:12Merci.
01:25:22Merci.
01:25:31Merci.
01:25:35Merci.
01:25:41Merci.
01:25:42Merci.
01:25:56Merci.
01:25:58Merci.
01:25:58Merci.
01:26:01Merci.
01:26:12Merci.
01:26:14Merci.
01:26:15Bonjour, messieurs, dames.
01:26:16Vous êtes concentrés, hein ?
01:26:17Très concentrés.
01:26:18Oh là là là.
01:26:19Sophie, enchantée.
01:26:20Enchantée.
01:26:22Alors, la voilà, la fameuse éclade.
01:26:23Voilà l'éclade, oui, de la tremblade.
01:26:25Très bien.
01:26:26Une planche de pain.
01:26:29Ok.
01:26:29Voilà, on met 4 clous au centre pour maintenir les premières moules.
01:26:33Je peux essayer ?
01:26:34Oui.
01:26:35Ça me donne un coup de main ?
01:26:36Alors, il faut les positionner comment ?
01:26:38Comme ça.
01:26:39D'accord.
01:26:39Il faut les incliner un petit peu parce que c'est plus facile pour la cuisson.
01:26:42Donc, toujours le bombé de la moule dessus.
01:26:44Le plat dessous.
01:26:45Ok.
01:26:46Alors, c'est toute une technique, dis donc.
01:26:47Une par une.
01:26:48Oui.
01:26:50En étoile.
01:26:51En étoile.
01:26:51Vous voulez m'aider ?
01:26:52Allez.
01:26:53On ira peut-être plus vite, hein ?
01:26:55Alors, après, tu vas les faire cuire comment ?
01:26:57On les fait cuire avec des aiguilles de pain juste en face, là, dans le barbecue.
01:27:00Ok.
01:27:02Et on en remet plusieurs fois jusqu'à temps que les moules soient cuites à point.
01:27:05Et alors, comment on sait qu'elles sont cuites ?
01:27:07Ça, c'est l'œil.
01:27:09L'œil de l'expert.
01:27:10L'œil du chef.
01:27:11Alors, comme elles sont positionnées, quand la charnière de la moule est légèrement brûlée, elles sont cuites.
01:27:15Et c'est venu comment, cette idée de faire cuire les moules comme ça, tu sais ?
01:27:18C'est une très, très, très vieille recette.
01:27:21Le vrai nom, ici, ça s'appelle la terrée.
01:27:24Et nous, avant, ça se faisait par terre.
01:27:26Et on faisait cuire comme ça, c'était un petit peu le repas familial.
01:27:31À même le sol.
01:27:32À même le sol.
01:27:34On te suit.
01:27:34Bon, on les apporte dans le barbecue en face.
01:27:36Oui.
01:27:44Et maintenant, on met les aiguilles de pain dessus.
01:27:47Il faut qu'elles soient bien sèches, de manière que les femmes passent bien dedans.
01:27:51Voilà.
01:28:04Voilà.
01:28:04Ah là là là là.
01:28:05Voilà Gérald.
01:28:06Et voilà les éclats.
01:28:08Voilà, voilà.
01:28:09Parfait.
01:28:09Oh là là.
01:28:11Magnifique.
01:28:12Cuit à point, là, comme je vous l'expliquais.
01:28:13Quand la charnière est brûlée, comme ça, dessus, voilà, elles sont cuites à pointes.
01:28:17Merci beaucoup Gérald.
01:28:18Pour qu'elles soient cuites, mais pas sèches.
01:28:20D'accord.
01:28:20Bah écoute, elles m'ont l'air parfaite.
01:28:21Bon appétit.
01:28:22Merci.
01:28:24À toi l'honneur, ma chère Marie-Pierre.
01:28:25Oh non, regarde, celle-là est pour toi.
01:28:26Elle est pour moi, celle-ci.
01:28:28Allez-y, allez-y hein.
01:28:30Bon.
01:28:31Avec les doigts, c'est pas très bien.
01:28:34Bon appétit.
01:28:35Merci beaucoup Gérald.
01:28:38C'est délicieux.
01:28:39Vraiment.
01:28:42C'est excellent.
01:28:43C'est pas sec.
01:28:43Elles sont très bonnes.
01:28:44Vraiment.
01:28:45C'est un délice.
01:28:47Moi je suis bien ici, j'ai plus envie de partir Marie-Pierre.
01:28:50Eh bien écoute, tu repars avec nous ?
01:28:52Je reste avec vous.
01:28:53Tu restes avec nous ?
01:28:53Allez, je reviendrai, je reviendrai.
01:28:55En tout cas, merci à tous les deux de m'avoir ouvert les portes de votre carrelé.
01:28:59Merci pour les bonnes adresses Marie-Pierre.
01:29:01Je vous remercie de rire et habite très bientôt.
01:29:02Oui, à très bientôt.
01:29:03C'était un très beau voyage au fil de l'eau, en suivant la Garonne, en rejoignant la Gironde,
01:29:07jusqu'à l'embouchure et même jusqu'à l'Océan qui à Voldemouette est juste à côté d'ici.
01:29:12J'espère en tout cas que ce voyage vous aura plu.
01:29:14Je vais garder de très bons souvenirs de Sarah et ses brebis, du Chassela, de Jean-Emmanuel
01:29:18ou encore d'Aurélie et des bénévoles du chantier.
01:29:21Moi, je vous embrasse très très fort.
01:29:23Comme d'habitude, c'est un plaisir de vous prendre avec moi dans mes bagages.
01:29:26Je vous dis donc à très bientôt et faites de beaux voyages.
01:29:28Alors, c'est bon ? C'est toujours aussi bon ?
01:29:30Oui, c'est bon, tant mieux.
01:29:51Sous-titrage Société Radio-Canada
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