00:00 Voilà un hiver de la contestation qui se poursuit et qui prend de l'ampleur.
00:03 Les derniers mots de ce reportage de Clovis Casali et Julien Sauvaget que nous avons regardé ensemble.
00:08 Excellent reportage de Clovis Casali et Julien Sauvaget.
00:11 Tout a été dit, on va aller dans ce sens-là.
00:15 C'est un mouvement social et le mot n'est pas galvaudé Bruno, c'est un mouvement social inédit.
00:20 Oui parce que c'est véritablement un mouvement.
00:23 Alors bon, on appelle ça maintenant l'hiver de la contestation,
00:26 en référence notamment au fameux hiver du mécontentement 79-80 qui avait amené finalement l'élection de Margaret Thatcher.
00:35 En fait, ça dure depuis le printemps.
00:37 Ce mécontentement qui s'organise d'abord autour du coût de la vie, de l'inflation et donc des salaires face à un gouvernement conservateur,
00:45 celui de Richie Sounak, qui dit qu'il aimerait bien faire plus.
00:50 Richie Sounak a dit il y a quelques jours à tous ses grévistes dans beaucoup de corps de métier quand même maintenant.
00:56 "Bon j'aimerais bien vous payer plus d'un coup de baguette magique, seulement voilà je n'ai pas la baguette magique."
01:01 Mais bon, ils sont dans une logique typiquement conservatrice, libérale sur le thème "il ne faut pas trop dépenser".
01:08 Sauf que voilà l'inflation est très importante en Grande-Bretagne, autour de 10-11% même si ça a un petit peu baissé.
01:15 Donc c'est supérieur à ce qu'on connaît sur le continent et contrairement à ce qui existe par exemple en France,
01:20 il n'y a pas véritablement de bouclier tarifaire, il y a eu des aides mais qui ne sont pas du même niveau que les boucliers tarifaires.
01:27 Ce qui veut dire, c'est ce que montrait Clovis dans son reportage, que certains prix de l'électricité et du gaz etc. ont littéralement bondi.
01:33 En France là on a une augmentation de 15% de l'électricité, déjà les gens trouvent que c'est beaucoup, mais grâce aux boucliers tarifaires voilà,
01:39 là vous voyez on est sur des augmentations beaucoup plus importantes.
01:42 Donc c'est très dur au quotidien pour tous ces Britanniques qui ont donc décidé de reprendre en main ce qui a été,
01:50 quand même pendant pas mal de temps, au XXe siècle, une tradition aussi britannique,
01:54 il n'y avait pas que la France de manifestations de syndicats forts, les syndicats étaient beaucoup plus forts.
01:59 Margaret Thatcher avait cassé tout ça et là évidemment c'est un nouveau mécontentement social qui se cristallise autour de ce qu'on appelle le TUC,
02:09 le Trade Union Congress, donc qui réunit l'ensemble des syndicats dans les différentes professions.
02:15 Et là aujourd'hui c'est la grève la plus importante depuis 2011, mais il y a les ambulanciers, les infirmières qui vont refaire grève la semaine prochaine,
02:24 il y a les pompiers, il y a même les douaniers, bon bref, dans tous les secteurs du service public on voit que ça coince,
02:32 parce qu'il y a des sous-investissements, donc ça crée de véritables problèmes, notamment dans le secteur de la santé,
02:38 et donc il y a ce problème de salaire. Le problème c'est que les grévistes demandent au moins des salaires pour rattraper l'inflation,
02:45 c'est-à-dire au moins 10% voire plus, et que le gouvernement dit que ça d'un point de vue des dépenses publiques c'est juste pas possible,
02:53 on ne peut pas accéder à ces demandes, donc on est dans ce bras de fer en ce moment outre-manche.
02:58 En tout cas c'est l'impasse pour l'heure, vous évoquiez justement le Premier ministre Ishii Tsuna qui marque les 100 jours de son arrivée au pouvoir
03:05 et qui manifestement va devoir dans tous les cas composer avec ce mouvement social qui est en train de s'installer dans la durée.
03:12 Oui, alors c'est des débuts compliqués pour Ishii Tsuna parce qu'il hérite de cette situation sociale,
03:18 il hérite qui est due en partie, pas seulement, l'inflation c'est un phénomène qui touche d'autres pays,
03:23 mais qui hérite aussi des conséquences d'un Brexit qui a été quand même un peu chaotique, mal géré,
03:30 et d'ailleurs qui n'est toujours pas réglé sur certains points de cet acte de divorce en quelque sorte du Royaume-Uni avec l'Union Européenne.
03:40 Donc il doit gérer tout ça, ça a eu un premier effet, c'est que beaucoup de travailleurs qui venaient du continent de l'Union Européenne
03:48 pour travailler en Grande-Bretagne, vu les complications maintenant que ça représente pour travailler au Royaume-Uni,
03:53 ont décidé de ne pas le faire, donc ça accentue le manque d'effectifs dans certains secteurs.
03:59 Il y a aussi un problème politique, c'est-à-dire que le pays est toujours dirigé par le Parti conservateur,
04:03 mais on se souvient de tous les épisodes tumultueux qu'il y a eu, le départ de Boris Johnson, le départ de Listerus,
04:10 et Ishii Tsuna, là, il a du mal à asseoir son autorité sur ce Parti conservateur.
04:15 Le président du groupe parlementaire conservateur, un ancien ministre des Finances, vient d'être démissionné, débarqué en quelque sorte,
04:24 donc il faut déjà trouver, régler aussi ce problème dans un régime parlementaire.
04:28 C'est extrêmement important d'avoir un chef à la tête du Parti, donc Ishii Tsuna réfléchit à la meilleure personne,
04:34 on parle de l'ancienne ministre de l'Intérieur, Priti Patel, mais il est aussi en proie aux ambitions des anciens,
04:43 c'est-à-dire Listerus, Boris Johnson, qui sont toujours là en embuscade, Boris Johnson notamment a beaucoup de conservateurs avec lui,
04:49 qui sont prêts à sauter un peu sur Ishii Tsuna pour essayer de retrouver le pouvoir.
04:53 Donc vous voyez, situation économique, sociale, politique, difficile, franchement le Royaume-Uni traverse des temps durs,
04:59 et d'ailleurs le FMI a prévu que pour cette année 2023, le Royaume-Uni sera une des seules économies à connaître la récession sur l'ensemble de l'Europe,
05:09 avec une récession estimée à -0,6% de son PIB.