00:00 restez avec nous pour la suite de cette édition spéciale. Vous parliez du sort des enfants, on va en parler justement avec notre invité qui est Bertrand
00:08 Bainvel. Bonjour, directeur régional adjoint de l'UNICEF au Moyen-Orient en Afrique du Nord. L'UNICEF qui
00:14 évidemment oeuvre pour les enfants. On voit ces
00:19 centaines, ces milliers de visages d'enfants
00:23 à gare, évidemment traumatisés par ce qui s'est passé. Ça c'est l'une des priorités pour vous aujourd'hui, leur prise en charge.
00:30 Oui tout à fait.
00:33 Le séisme évidemment
00:35 se passe au pire moment pour les enfants en plein milieu de l'hiver, comme ça nous a été rappelé. Les températures sont
00:41 glaciales en ce moment et notamment c'est particulièrement préoccupant pour les enfants
00:47 réfugiés syriens du côté turc et puis pour les enfants qui vivent en Syrie
00:53 dans le nord et le nord-ouest de la Syrie. Ce sont des enfants qui ont vécu des années de déplacement,
01:00 qui ont vécu des conditions économiques qui se sont
01:04 détériorées sur les dernières années.
01:07 Récemment aussi en septembre
01:09 ils ont fait face à une épidémie de choléra. Donc c'est un
01:12 troublement de terre qui s'ajoute à ces années, à ces 12 ans
01:17 d'années de conflit et qui les rend encore bien évidemment beaucoup plus vulnérables.
01:23 Vous parliez du choléra, je crois savoir que la priorité absolue pour les vivants, ceux qui ont
01:29 survécu à ce double, triple, triple drame,
01:33 c'est l'accès à l'eau potable. Les hommes ont besoin de 6 litres d'eau potable par jour.
01:40 Oui alors c'est une préoccupation vraiment importante, comme j'ai rappelé, déjà les structures
01:48 sanitaires et notamment hydrauliques, notamment aussi dans le nord et nord-ouest de la Syrie, étaient très précaires
01:56 avant le tremblement de terre. Elles ont été touchées par le tremblement de terre, elles vont devoir
02:01 être réparées, ça prend du temps. Donc entre temps il faut acheminer de l'eau potable
02:07 de manière urgente et c'est ce qu'on est en train de faire
02:10 en tant qu'UNICEF, donc notamment dans la région d'Alep au nord de la Syrie,
02:17 pour éviter justement que, pour à la fois hydrater les enfants et éviter que des maladies liées à
02:23 une eau non saine se propage.
02:26 Je crois que vous attendiez le feu vert, d'obtenir le feu vert des autorités pour lancer un appel aux dons, notamment pour
02:35 les enfants syriens. Ça y est, vous avez reçu ce feu vert ?
02:39 Oui alors on mobilise des financements, en plus des financements qu'on avait déjà
02:46 estimés et anticipés au début de l'année, avant le
02:49 tremblement de terre, parce qu'on estimait déjà à cette époque là, au début de l'année, que plus de 15 millions de personnes, dont 7 millions d'enfants
02:56 en Syrie, avaient besoin d'assistance humanitaire.
02:59 C'était avant le tremblement de terre.
03:02 Donc on se retrouve maintenant déjà dans ces appels
03:06 pré-tremblement de terre qui n'étaient pas
03:09 financés. On se retrouve avec des besoins
03:12 additionnels et donc ça va,
03:15 nos appels vont monter en conséquence.
03:18 Restez avec nous Bertrand Benvel, on va on va voir en image comment se passent concrètement les choses côté
03:23 syriens, la Syrie, qui on l'apprend après, la Turquie a enfin sollicité
03:27 l'aide de l'union européenne pour des secours. Vous le savez, cette aide qui peine à s'organiser.
03:33 Le seul point de passage de l'aide vers la zone rebelle du pays depuis la Turquie a été, selon l'ONU, touché par le séisme.
03:40 L'organisation a promis une assistance destinée à tous les Syriens sur tout le territoire.
03:45 Mais elle peine à se concrétiser malgré les premiers renforts envoyés par l'allié russe. C'est ce que nous résume en image tout de suite Laura Cambeau.
03:52 La détresse et la colère de ces Syriens.
03:57 Après le séisme, ils fouillent dans les décombres à mains nues pour tenter de trouver des survivants.
04:03 "21 personnes sont ici sous les décombres, nous avons besoin d'équipement, nous n'avons rien."
04:11 Ce tremblement de terre a frappé une population déjà affaiblie par 12 années de guerre.
04:16 "J'appelle à l'aide car nous n'avons rien du tout, rien.
04:22 Nous sommes passés d'un déplacement à un autre déplacement, à une catastrophe."
04:27 Bachar al-Assad a appelé à l'aide la communauté internationale.
04:31 Mais le président syrien est considéré comme un pari à part de nombreux pays. Le croissant rouge qui opère dans les zones gouvernementales
04:40 demande à l'union européenne d'agir.
04:42 "Le moment est venu après ce tremblement de terre, cette catastrophe naturelle,
04:47 que les sanctions soient levées pour que nous puissions avoir des équipements et du matériel."
04:52 L'union européenne affirme être en contact avec ses partenaires humanitaires sur place.
04:58 Pour l'heure, la Syrie peut compter sur ses alliés. L'Iran a livré de l'aide humanitaire à l'aéroport d'Alep.
05:06 Mais c'est surtout Moscou qui est mobilisé. Des centaines de militaires russes sont déjà sur place.
05:12 "Nous continuons à enlever les décombres au cas où nous trouverions encore des survivants. Il y a encore de l'espoir, étant donné que la météo est favorable.
05:20 Il n'y a pas eu encore de gelée."
05:23 Une situation encore plus complexe dans les zones contrôlées par les rebelles, comme ici à Idleb.
05:28 L'aide humanitaire arrive habituellement par un point de passage à la frontière turque. Un passage
05:34 qui a aussi été frappé par le séisme.
05:36 "Voilà, on va évoquer dans un instant avec Cyril Payens cette difficulté supplémentaire. Ces corridors humanitaires, en tout cas celui-là qui est bloqué, les autres
05:48 étaient fermés. Plusieurs appels sont lancés justement pour les réouvrir, pour venir en aide aux Syriens.
05:54 Bartrand Barvel, je rappelle que vous êtes directeur régional adjoint de l'UNICEF au Moyen-Orient en Afrique du Nord. Une question,
05:59 votre appel au don qui est lancé donc
06:02 par l'UNICEF sur votre site internet. Vous dites en Syrie "Nos équipes sur le terrain apportent aux populations une aide
06:07 d'urgence, mais ces séismes ont eu telle ampleur que nous avons aujourd'hui besoin de votre soutien."
06:12 Déjà, comment travaillent vos équipes aujourd'hui ? On vient de voir en images que c'était extrêmement compliqué, qu'il y avait
06:18 essentiellement des casques blancs et des militaires russes pour le moment qui
06:22 apportaient leur aide aux civils, aux sinistrés.
06:28 Alors, il y a les deux cas de figure. Il y a la poche d'Idlib, donc au nord-ouest de la Syrie, qui est
06:35 théoriquement
06:37 rejointe par nos équipes à partir de Gaziantep, mais comme vous l'avez souligné,
06:41 l'accès aux points frontaliers
06:43 a été touché par le tremblement de terre, donc ce qui rend encore les choses plus difficiles,
06:49 notamment pour amener de l'aide supplémentaire. Nous avions quand même
06:56 solutionné
06:58 certaines assistances humanitaires dans la poche de l'équipe, donc qui peut être mobilisée d'une certaine façon par nos partenaires
07:05 dans la mesure où eux-mêmes puissent encore
07:09 opérer, parce que beaucoup ont été touchés. Et autrement, pour le reste de la Syrie, nos équipes à partir du
07:16 bureau de Damas, mais aussi notre bureau d'alerte de Tartus, sont mobilisées.
07:23 On redéploie l'aide humanitaire qui était planifiée pour répondre à d'autres besoins, mais pour pouvoir justement répondre immédiatement
07:31 aux besoins des communautés qui ont été particulièrement touchées par le
07:36 par le tremblement de terre, et ce, en attendant de déployer encore une aide supplémentaire,
07:40 et bien évidemment qui va dépendre des dons dont nous allons pouvoir bénéficier,
07:46 à la fois des gouvernements, mais aussi de manière très importante des individus.
07:52 Donc ça va être une mobilisation supplémentaire qui est absolument nécessaire
07:56 pour faire face à cette catastrophe, et encore une fois, c'est une catastrophe qui se passe dans un contexte déjà très très difficile
08:04 pour les enfants en Syrie.
08:06 Merci beaucoup Bertrand Benvel. Je crois que l'OMS a estimé à 23 millions de personnes qui
08:11 seraient touchées à terme par ce drame.