00:00 Ce club a toujours été en confrontation avec la résistance et cette résilience aussi en même temps.
00:06 J'ai essayé de remettre un projet en place depuis 2008 qui lui donnait des perspectives de développement sans limites sportives.
00:15 Et pour ça, il fallait un stade et un centre d'entraînement.
00:18 Parce que lorsque je suis rentré dans le stade en 2008, il n'y avait pas.
00:21 Il y avait un stade qui était obsolète et un centre d'entraînement où chaque année, on passait de ville en ville qui voulait bien nous accueillir.
00:29 Ce club qui aujourd'hui retrouve ses valeurs au sein de sa propre vie, de la création.
00:36 Le club a été créé dans le 7ème, il ne faut pas oublier.
00:38 Il est parti dans une banlieue qu'on appelait une banlieue rouge.
00:43 Et récupéré effectivement par à un moment donné la gauche.
00:46 Mais ça a créé des valeurs, il faut le dire, différentes.
00:49 C'est un club de gauche, on peut le dire.
00:52 Mais bon, ça ne veut pas dire que c'est mieux qu'un club de droite.
00:55 C'est des combats de style et c'est ça dont on a besoin aujourd'hui dans le football français.
01:02 C'est des combats de style, de genre.
01:05 - Des derbys, des vrais derbys comme on les aime.
01:08 Patrice Haddad, président du Red Star, ce soir dans Les Décideurs du Sport avec Jacques Vendrouz sur Europe 1, Europe 1 Sport.
01:13 Bien sûr, vous restez avec nous.
01:14 On parle de sport, de foot, de projet aussi.
01:17 Parce qu'on va le rappeler, vous avez été racheté en mai dernier, en mai 2022 par un fonds d'investissement américain.
01:24 Et vous avez un grand projet de rénovation justement de ce stade pour Paris 2024.
01:28 Ça avance ? On en est où ?
01:30 - Oui, oui. Le club va être au cœur du réacteur olympique en 2024.
01:36 Son centre d'entraînement est à Marville, donc c'est au cœur des JO.
01:42 Et son stade va être un stade aussi olympique.
01:45 Au-delà de ça, j'ai vendu parce qu'il fallait.
01:51 Parce que j'ai préparé les 15 prochaines années.
01:53 C'est ça mon rôle. C'est une transmission.
01:55 En même temps, en préservant ce qu'a été le Red Star.
01:58 Mais il y a eu énormément de présidents qui sont passés. Il y a eu énormément de visions.
02:01 Donc aujourd'hui, ce passage vers une entreprise américaine avec son fondateur qui s'appelle George Vandeur
02:08 est loin d'être un fonds, c'est un passionné de football, passionné de sport
02:11 et qui m'accompagne dans mon projet de la même manière que je l'ai traité depuis 15 ans.
02:16 Alors justement, puisqu'on parle de projet, puisqu'on parle de rachat
02:20 ou le fait que vous ayez vendu le Red Star à un fonds américain,
02:23 les ambitions, c'est à un moment ou à un autre, je vous regarde,
02:28 à un moment vous rêvez de Ligue 1. D'abord de Ligue 2 et après de Ligue 1.
02:32 Et c'est normal. Et c'est tout à fait exceptionnel.
02:34 On va rappeler le classement, vous êtes deuxième actuellement, un point seulement en national de Martigues.
02:38 Donc vous allez monter en Ligue 2, enfin encore que c'est...
02:41 Il y a encore beaucoup de travail, il ne faut pas s'enflammer.
02:43 Comme tout le monde le sait, tout le monde le dit et tout le monde le vit,
02:46 le football c'est quelque chose de très particulier.
02:48 Donc on va travailler, on va se calmer.
02:52 Mais vous savez, quand vous récupérez un club qui n'a pas d'infrastructure,
02:56 il est très difficile de parler de projection sportive.
03:00 Je n'ai pas fait de football pendant 15 ans.
03:04 J'ai fait de la politique et de l'immobilier.
03:06 C'est ça qu'il faut comprendre.
03:08 Quand je rachète ce club, c'est pour faire du football.
03:10 Mais je m'aperçois très vite qu'on ne peut pas en faire du football.
03:12 Oui, on peut faire l'illusion du football.
03:14 Mais quand on monte en Ligue 2 en 2015, on va jouer à Beauvais.
03:18 Quand on s'entraînait à Beauvais, on s'entraînait à Saint-Leu.
03:22 Et on s'entraînait à Gennevilliers après.
03:24 Il n'y avait rien qui permettait au club de voir une projection sportive
03:28 qui nous permettait la Ligue 1.
03:29 Quand je fais venir les Américains, c'est parce que j'ai mis tout ça en place,
03:32 qu'on a un stade qui est en construction à Boer, de 10 000 places,
03:35 qu'on a un centre d'entraînement et qu'on peut aujourd'hui prétendre,
03:38 si on travaille bien et si on y met les moyens, à penser à la Ligue 1.
03:42 Avec un entraîneur qui fait des étincelles, l'ancien latéral du PSG et de l'Olympique de Marseille,
03:46 Abib Bey, entraîneur chez vous depuis officiellement, entraîneur en chef en tout cas,
03:50 depuis octobre 2021.
03:52 Ça c'est un vrai bon coup, quoi.
03:54 Vous avez parié sur un garçon qui se révèle particulièrement chambouillant.
03:57 Je vais parler de lui, mais je vais parler aussi de ce que la Red Star a permis.
04:02 Quand je reprends le club, en 2010, j'engage, et en 2011 je la nomme,
04:09 la première femme dans le football en directrice générale.
04:12 Je veux dire, moi je m'aperçois...
04:14 Pauline Gamert.
04:15 Pauline Gamert. Je ne sais pas qu'il n'y a pas de femme dans le football.
04:18 Consultante sur Europa.
04:20 Sur Europa, voilà. Aujourd'hui, oui.
04:22 Mais elle m'a accompagné dans la construction...
04:25 Mais c'est la première femme dans le football.
04:27 Mais vous ne l'avez pas prise parce que c'était une femme,
04:29 vous l'avez prise parce qu'elle était compétente.
04:30 Voilà, c'est toute la différence.
04:32 On s'aperçoit que d'un seul coup, c'est la première femme dans le football.
04:34 Il y a ça.
04:35 Ce qui me plaît aussi avec Abib Bey, c'est que c'est son premier club en tant qu'entraîneur.
04:39 Donc j'aime aller chercher, initier la fraîcheur que certaines personnalités,
04:46 certaines compétences peuvent ramener au club,
04:49 dans une vision toujours créative, contemporaine, et qui voit loin.
04:54 Une dernière question sur les supporters, parce que vous en avez aussi.
04:57 Vous avez des ultras, comment vous gérez ce dossier ? C'est pas simple.
05:00 C'est le cas de tous les clubs, et vous n'êtes pas épargné aussi.
05:02 C'est un sujet qui est plus large que le rapport que j'ai moi avec les supporters.
05:06 C'est un rapport entre le football et ses supporters, de manière générale.
05:09 C'est un problème de société, tout simplement.
05:11 C'est un problème de société.
05:12 On ne peut pas ne pas avoir l'organe, et c'est une fierté pour nous,
05:16 d'avoir un organe supporter aussi fort et aussi visible.
05:21 Et on a toujours favorisé ce genre de choses.