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  • il y a 4 ans
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Chaque matin dans son édito, Vincent Trémolet de Villers revient sur l'actualité politique du jour. Ce lundi, il s'intéresse à la réaction de la gauche concernant la réforme des retraites d'Emmanuel Macron.

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Transcription
00:00 - L'édito politique sur Europe 1 avec Le Figaro, bonjour Vincent Trémolet de Villers.
00:04 - Bonjour Dimitri, bonjour à tous.
00:05 - Vincent ce matin encore les retraites, toujours les retraites, ça risque d'être long.
00:09 Mais avant même de connaître le dénouement de cette bataille,
00:11 on décèle déjà quelques conséquences politiques, des effets qui vont orienter la fin du quinquennat.
00:17 - Et le premier de ces effets c'est qu'Emmanuel Macron a perdu sa gauche.
00:21 Les cortèges dans les sous-préfectures qui sont importants, qui sont nombreux, qui se répètent en sont la preuve.
00:26 Alors ces cortèges regroupent des fonctionnaires mais aussi des salariés de la première et de la deuxième ligne,
00:31 comme on disait pendant le Covid, c'est-à-dire la sociologie traditionnelle de ce que fut autrefois la gauche manifestante.
00:38 Alors certes, la coalition du non à la réforme des retraites va très au-delà de la gauche,
00:42 mais c'est sous la bannière des syndicats dans la rue et de la nuppesse à l'Assemblée que l'on voit l'opposition la plus vigoureuse.
00:47 Si la réforme est adoptée et rien n'empêche aujourd'hui dans le parcours législatif qu'elle le soit,
00:52 cette gauche-là conservera une rancune viscérale vis-à-vis d'Emmanuel Macron.
00:56 Il sera totalement inutile d'essayer de la récupérer à coups de gadgets pseudo-sociaux,
01:00 comme les expériences sur la semaine de 36 heures en 4 jours.
01:03 Inutile aussi de renchérir dans les diversions sociétales comme l'IVG dans la Constitution ou l'euthanasie.
01:08 Entre la gauche et Emmanuel Macron, le contentieux est trop profond, le divorce est définitivement consommé.
01:13 - Mais pourtant Vincent, dans le macronisme, il y a une touche sociale démocrate indéniable, une sorte de rocardisme revendiqué.
01:20 - Il y avait une filiation évidemment, mais le fil est rompu.
01:22 Les socialistes Macron-compatibles comme François Rebsamen ou Marie Solthouren critiquent frontalement la réforme,
01:27 mais c'est surtout l'énergie que Laurent Berger déploie contre le gouvernement qui est éloquente.
01:31 Le patron de la CFDT a restauré contre le pouvoir la possibilité d'une opposition, pour le moment relativement paisible.
01:38 La dialectique habituelle du macronisme, vous savez,
01:40 "je suis Laurent Park contre les casseurs de LFI, contre les gilets jaunes, contre le danger du RN",
01:44 ça fonctionne beaucoup moins quand l'opposition ne cède pas à la violence.
01:48 Et pour le moment, c'est Laurent Berger qui donne la couleur de la contestation.
01:52 C'est lui qui empêche le gouvernement de rejouer le parti de l'ordre contre la chienlit.
01:56 Au fond, Berger applique dans la rue la stratégie de Marine Le Pen à l'Assemblée,
01:59 c'est-à-dire l'opposition vigoureuse mais raisonnable.
02:02 Entre nous d'ailleurs, le patron de la CFDT a aujourd'hui plus d'atouts que Bernard Cazeneuve,
02:05 pour faire naître un mouvement de gauche centrale qui serait à la droite de la France insoumise.
02:10 Laurent Berger assure que la politique ne l'intéresse pas, mais la politique s'intéresse de plus en plus à lui.
02:15 - Oui, Bernard Cazeneuve qui s'est exprimé ce matin dans les colonnes du Parisien.
02:18 Donc si Emmanuel Macron, Vincent, vous dites, a perdu sa gauche,
02:22 c'est en fait sur la droite qu'il va devoir compter.
02:24 - Oui, ses points d'appui à l'Assemblée, comme dans l'opinion, sont en effet à droite.
02:28 C'est vrai pour la réforme des retraites et ce sera plus encore quand viendra le texte de loi sur l'immigration.
02:32 Pourtant, il y a de quoi être sceptique sur la droitisation d'Emmanuel Macron.
02:37 Cela fait six ans qu'on nous l'annonce et elle ne vient jamais.
02:40 Ce que l'on voit, c'est une oscillation perpétuelle entre la gauche et la droite.
02:44 Elle est constitutive du macronisme.
02:46 On la retrouve dans un gouvernement qui regroupe Bruno Lemaire et Eric Dupond-Moretti,
02:50 Gérald Darmanin et Pape Ndiaye.
02:52 On la retrouve dans la majorité et on la retrouve dans les discours caméléons du chef de l'État.
02:56 Alors ça fait longtemps que la martingale, lui, en même temps, est devenue un jeu à somme nulle,
03:00 mais la réforme des retraites affaiblit un peu plus encore cette stratégie,
03:04 sauf à considérer que cette réforme est le point final du quinquennat.
03:07 La gauche dans la rue rend l'ambiguïté du chef de l'État de plus en plus intenable.
03:12 Après six ans d'hésitation et de revirement, il s'agirait de choisir.
03:15 L'édito politique sur Europe 1 signé Vincent Trémolet de Villers.
03:18 On vous lira aussi Vincent ce matin en une du Figaro.
03:22 Le Figaro qui met les retraites.
03:24 En première page, l'exécutif ne cède pas malgré la mobilisation.
03:28 Merci à vous Vincent.
03:29 Nous sommes le lundi 13 février, 44e jour de l'année.
03:32 Nous fêtons sainte Béatrice, fondatrice au XIIIe siècle de la chartreuse des Meux.
03:37 C'est dans la Drôme, dans un quart d'heure.
03:39 Clément Beaune, le ministre délégué chargé des Transports,
03:42 l'invité de Sonia Mobrouk dans Europe Matin.

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