- il y a 4 ans
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Clément Beaune, ministre délégué chargé des Transports de France, répond aux questions de Sonia Mabrouk au sujet de la mobilisation contre la réforme des retraites, de l'appel des syndicats au blocage du pays le 7 mars et de la réflexion sur le service minimum dans les transports.
Retrouvez "L'entretien" sur : http://www.europe1.fr/emissions/linterview-politique-de-8h20
LE DIRECT : http://www.europe1.fr/direct-video
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Clément Beaune, ministre délégué chargé des Transports de France, répond aux questions de Sonia Mabrouk au sujet de la mobilisation contre la réforme des retraites, de l'appel des syndicats au blocage du pays le 7 mars et de la réflexion sur le service minimum dans les transports.
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NewsTranscription
00:00 - Notre invité ce matin, Sonia Mabrouk, est le ministre délégué chargé des transports.
00:03 - Bienvenue sur Europe 1 et bonjour Clément Beaune.
00:06 - Bonjour Sonia Mabrouk.
00:07 - Les syndicats ont appelé à une France à l'arrêt le 7 mars pour protester contre la réforme des retraites
00:12 si le gouvernement ne bouge pas.
00:14 Qu'est-ce que ça veut dire une France à l'arrêt pour vous Clément Beaune ?
00:16 C'est un slogan ou est-ce que vous le redoutez ?
00:19 - Il faut demander à ceux qui l'ont indiqué.
00:22 C'est pas un slogan, moi je le prends au sérieux parce que c'est inscrit dans un communiqué
00:26 de plusieurs organisations syndicales, de l'ensemble des organisations syndicales représentatives.
00:31 Donc je prends ça au sérieux, notamment comme ministre des transports
00:34 parce que ça peut vouloir dire en effet qu'il y a des grèves importantes,
00:37 qu'il y a donc des gens qui ont des galères pour aller travailler, pour retrouver leur famille, pour se déplacer
00:43 et dans d'autres secteurs aussi.
00:44 Ça veut dire le 7 mars qu'il y a, puisque c'est l'appel qui a été lancé, ce risque-là.
00:49 Je veux croire qu'on peut encore avoir des discussions.
00:52 Mais il y a évidemment ce risque, on fera tout pour soit l'éviter, soit essayer de minimiser les impacts.
00:57 Et puis je note aussi qu'il y a des différences ou des divergences entre organisations syndicales.
01:02 J'ai écouté Laurent Bergeyère qui disait "moi je parle de la journée du 7 mars"
01:06 et il assumait le mot, les termes d'une France à l'arrêt, mais il disait c'est le 7 mars,
01:11 c'est pas reconductible et pour plusieurs jours, et il y a d'autres organisations syndicales,
01:15 je crois la CGT, qui envisagent d'ores et déjà d'avoir plusieurs jours de suite,
01:19 ce qui est vraiment très différent.
01:21 - Vous voyez déjà des fissures, des divergences, des nuances dans ce mur syndical ?
01:25 - Je ne cherche pas à les exploiter.
01:27 Je note qu'il y a des différences, on le sait, d'histoire, de culture, de positionnement
01:31 entre une CFDT qui est une culture de dialogue et de discussion, une CGT qui est plus radicale.
01:36 Je note aussi, je dois le reconnaître, qu'aujourd'hui ils sont unis dans un certain nombre de mobilisations,
01:40 mais évidemment, c'est pas pareil d'avoir une difficulté une journée, même importante,
01:45 et d'avoir plusieurs jours de galère, ce que je souhaite qu'on évite absolument.
01:48 - Simplement, vous avez employé le mot de discussion, qui dit discussion, dit aussi
01:52 peut-être parfois concession.
01:54 Vous êtes prêt encore à des ouvertures à l'heure actuelle ?
01:56 - Écoutez, il ne faut pas raconter d'histoire.
01:59 Il y a un projet de loi qui est maintenant bien avancé dans une discussion,
02:02 pas assez malheureusement à cause d'obstruction, on y reviendra peut-être,
02:05 mais dans une discussion parlementaire à l'Assemblée nationale, c'est ce projet de loi
02:09 qui sera discuté jusqu'à vendredi.
02:11 On ne va pas changer l'équilibre de ce projet de loi.
02:14 - Ce n'est pas ce que je vous ai demandé ?
02:16 - Si, je crois.
02:17 - Ma question, c'est est-ce qu'il y aura des ouvertures, des concessions ?
02:20 - Oui, mais attendez, ce que je vous dis, c'est que le cœur du projet,
02:22 parce que je crois que le désaccord, soyons directs, il porte là-dessus,
02:24 les organisations syndicales, un certain nombre de gens, je le respecte et on le voit bien,
02:28 qui se mobilisent fortement.
02:30 Leur sujet n'est pas tellement est-ce qu'il y a un aménagement ou quelques changements,
02:33 c'est la question, cœur, clé de l'âge légal.
02:37 Le projet, je le redis, ne se résume pas à ça.
02:39 On pourra revenir sur les petites pensions, on pourra revenir sur des avancées sociales importantes.
02:43 Mais ce cœur du projet-là, qui vise à financer durablement l'islam de retraite,
02:48 on le maintient, il est en cours de discussion.
02:50 - Mais pour le reste ?
02:52 - Pour le reste, il y a des choses qui ont bougé déjà,
02:54 il y a des choses qui sont, j'espère, discutées au Parlement.
02:57 Encore faut-il qu'on discute d'amendements qui ne soient pas sur un décalage d'une journée,
03:02 une par une, si je puis dire, de l'âge légal,
03:05 parce que c'est la technique d'obstruction de la France insoumise.
03:07 - C'est la nuppesse, la France insoumise que vous visez.
03:09 Mais dites-moi, c'est un feu nourri depuis hier,
03:11 au roi Robert G dans le journal du dimanche,
03:13 qui qualifie la France insoumise de "France indigne".
03:15 Encore ce matin, Bruno Le Maire, et vous aussi,
03:17 vous y voyez-vous l'obstacle aujourd'hui,
03:19 à un débat, je vais dire, digne et démocratique ?
03:23 - D'abord, vous me permettrez, je l'ai toujours fait,
03:25 de distinguer ce qu'on appelle "nuppesse"
03:27 et puis ce qu'on appelle, ou ce qui est, un parti politique,
03:29 la France insoumise, qui domine aujourd'hui,
03:31 c'est ça que je regrette le plus, cette culture
03:33 d'extrême-gauche radicale,
03:35 devenue en fait une forme de chaîne YouTube permanente,
03:37 qui cherche à imposer,
03:39 et réussit pour l'instant à imposer,
03:41 ses idées, sa loi, son style,
03:43 son agressivité,
03:45 en effet, souvent son indignité,
03:47 on l'a vu avec le député Thomas Porte,
03:49 encore la semaine dernière,
03:51 à une gauche qui, pour moi, ne devrait pas se résumer à cela,
03:53 qui peut s'opposer à un projet politique,
03:55 c'est son droit, et c'est même sa légitimité démocratique.
03:57 Mais, en revanche,
03:59 quand on est dans l'insulte,
04:01 quand on est dans le brouhaha,
04:03 quand on est dans l'invective,
04:05 quand on est parfois dans la haine, je pense qu'on ne rend pas service
04:07 au débat démocratique, et quand vous regardez
04:09 les mobilisations dans la rue,
04:11 elles sont en effet souvent plus dignes
04:13 que celles qui se déroulent dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale,
04:15 malheureusement.
04:17 - La rue est plus digne que l'image renvoyée par le Parlement aujourd'hui.
04:19 - Malheureusement, je le constate et je le regrette,
04:21 même si je pense qu'il faut évidemment
04:23 qu'on le dise, c'est au Parlement
04:25 qu'on fait la loi, c'est au Parlement qu'on vote la loi,
04:27 mais il faut que chacun ait conscience de cette responsabilité,
04:29 je crois que c'est le cas dans notre majorité,
04:31 je crois que c'est le cas heureusement de beaucoup de députés,
04:33 tous bords confondus, mais on voit
04:35 ces dérives, à l'inverse,
04:37 les mobilisations, même si je regrette les blocages
04:39 ou les galères qu'elles peuvent entraîner,
04:41 encore ce samedi, se déroulent dans un climat
04:43 de responsabilité et de respect.
04:45 - Vous le soulignez, quand sera-t-il ?
04:47 Le 7 mars ? Quand on dit France à l'arrêt, ça veut dire
04:49 Clément Beaune, transports arrêtés,
04:51 routiers mobilisés, avions cloués au sol,
04:53 est-ce que c'est à cela ?
04:55 Il faut s'attendre à ce...
04:57 - D'abord j'ai trop de temps pour le dire,
04:59 je ne m'y résigne pas ou je ne m'y résous pas,
05:01 on va discuter, d'abord j'espère qu'il y aura
05:03 une mobilisation qui sera le 7 mars et pas
05:05 7, 8, 9, 10, ce qu'on appelle la grève reconductible,
05:07 ça c'est déjà un point
05:09 qu'il faut essayer d'éviter,
05:11 même si j'entends, encore une fois,
05:13 les organisations syndicales qui sont déjà dans cette idée...
05:15 - Juste pardonnez-moi, si c'est le 7, 8, etc,
05:17 vous diriez que les syndicats qui l'auront décidé
05:19 sont dans une irresponsabilité dans ce cas-là ?
05:21 - Je ne qualifie pas par anticipation,
05:23 mais je pense en effet que chacun doit être responsable,
05:25 par exemple, il y avait des week-ends de départ en vacances,
05:27 il y avait ce samedi,
05:29 beaucoup de syndicats, y compris à la SNCF, que je suis de près,
05:31 ont fait un choix, oui je le dis, de responsabilité
05:33 pour ne pas pénaliser les français,
05:35 j'espère qu'il en sera de même le week-end qui vient,
05:37 qui est un week-end de départ et de retour,
05:39 et jusqu'à d'ailleurs début mars,
05:41 c'est week-end de départ et de retour, par exemple...
05:43 - Vous vous appelez à sanctuariser les départs et les vacances
05:45 de français qui peuvent en prendre, précisons-le.
05:47 - Oui, mais ça ne m'abrouque, puisqu'on a eu
05:49 ces caricatures parfois, je le redis comme ministre des Transports,
05:51 partir en vacances, ce n'est pas un privilège de riche,
05:53 il y a des gens qui vont simplement pour un week-end retrouver
05:55 leurs grands-parents ou leur famille, et donc oui,
05:57 ce respect qui a été donné,
05:59 si je puis dire, au départ et au retour
06:01 de vacances le week-end dernier, je souhaite qu'il se prolonge
06:03 jusqu'à début mars. - Donc vous les appelez à sauver,
06:05 à sanctuariser les vacances des français.
06:07 - Oui, à préserver des moments qui sont importants pour les français,
06:09 non pas que les autres jours le soient moins,
06:11 mais on sait bien que ce sont des moments où il y a
06:13 beaucoup de gens qui prennent les transports publics,
06:15 et il faut y faire attention. - Vous dites que pour le moment,
06:17 ça l'est, mais toutefois, Clément Beaune,
06:19 est-ce qu'il faut craindre des actions ponctuelles ?
06:21 Vous étiez à Paris-Orly, ou bien à l'aéroport de Toulouse,
06:23 où des contrôleurs aériens ont cessé le travail
06:25 pour protester contre cette réforme des retraites,
06:27 il n'y a eu aucun service minimum,
06:29 contrairement aux trois précédentes journées
06:31 de mobilisation. Comment expliquer cela ?
06:33 - Pour expliquer, je veux le dire très clairement,
06:35 je regrette, j'en profite pour le dire à votre micro,
06:37 profondément, ce qui s'est passé samedi,
06:39 notamment à Paris-Orly, où plusieurs milliers de personnes,
06:41 par une grève surprise, ont été lourdement
06:43 pénalisées avec des retards et des émulations
06:45 de plusieurs dizaines de vols.
06:47 Ça, c'est une grève surprise, pour ne pas dire
06:49 une grève sauvage, qui est irrespectueuse
06:51 et irresponsable. Et je ne mets pas dans le même sac,
06:53 si vous me passez l'expression,
06:55 les organisations syndicales dans cette profession
06:57 de contrôle aérien, qui est une profession difficile,
06:59 contrairement aux clichés qu'on véhicule parfois,
07:01 les organisations syndicales ont été responsables,
07:03 elles n'ont pas appelé la grève, c'est pour ça,
07:05 pour répondre à votre question,
07:07 que le service minimum n'avait pas été enclenché,
07:09 parce qu'encore faut-il savoir qu'il y a grève,
07:11 et qu'il y a un préavis annoncé,
07:13 préparé, et puis quelques individus
07:15 qui ont eu ce comportement,
07:17 profondément irrespectueux
07:19 et irresponsable. - Et qui ont donc débordé
07:21 les organisations syndicales, on en est là aujourd'hui.
07:23 C'est-à-dire que le prochain jour,
07:25 il peut y avoir encore ce nouveau type d'action.
07:27 - Mais encore une fois, ce n'est pas de fiction délétère,
07:29 si je puis dire. - Vous avez dit, vous avez vu sur les réseaux
07:31 sociaux, ce sont de très nombreux passagers
07:33 qui se sont plaint, exigeant des réponses
07:35 du groupe ADP ou des compagnies aériennes.
07:37 - Oui, je le dis, j'ai été toute la journée
07:39 en lien avec la direction de l'aviation civile,
07:41 avec le groupe ADP, pour que les personnes qui avaient besoin
07:43 d'un hébergement hôtelier, de l'accompagnement,
07:45 puissent en bénéficier le mieux possible.
07:47 Mais une grève surprise de cette nature,
07:49 je le redis, c'est scandaleux, et ça crée
07:51 toujours des pénalisations qui ne sont pas attendues
07:53 et donc qui sont lourdes, c'est clair.
07:55 On va tout faire pour que le dialogue social
07:57 permette, y compris aux organisations
07:59 syndicales, de ne pas être débordé
08:01 et qu'on ne vive pas ce qui, là,
08:03 je crois, n'est pas une mobilisation normale
08:05 et irrespectueuse, mais
08:07 un comportement, heureusement isolé,
08:09 mais extrêmement pénalisant et que je ne peux pas laisser passer.
08:11 Nous aurons, dès ce matin, une réunion
08:13 avec la direction de l'aviation civile pour éviter ce genre
08:15 de choses
08:17 qui ne rendent service, je crois, à personne.
08:19 - Clément Braune, vous avez dit vouloir
08:21 encadrer, en tout cas réfléchir sur
08:23 le droit de grève, le service
08:25 minimum. Est-ce que vous souhaitez, d'ailleurs, que les
08:27 grévistes se déclarent plus tôt en amont
08:29 d'un mouvement ? Et avec quel délai ? Est-ce qu'il y a un délai
08:31 qui vous semble raisonnable pour une
08:33 telle déclaration ? - Alors, Sonia Mabrouk,
08:35 sur un sujet aussi important, je vais être précis, moi, je n'ai pas utilisé le terme
08:37 d'encadrer. C'est important parce que je sais
08:39 qu'il est dans le débat. Moi, je ne l'utilise pas parce que le droit
08:41 de grève, je sais ce que c'est. - Faites très attention à vos mots.
08:43 - Oui, moi, je pense... - Vous avez peur que l'opposition
08:45 vous dise que vous... - Non, j'ai peur de rien.
08:47 Simplement, moi, je considère que faire de la politique, c'est
08:49 faire attention, y compris aux mots, et que les
08:51 images, les tweets, les buzz, ça fait
08:53 peut-être plaisir à ceux qui vous
08:55 écoutent, à un moment. Mais il faut aussi
08:57 lever le nez du guidon et avoir le sens
08:59 d'une politique respectueuse. Donc, je fais
09:01 attention, oui, surtout dans les moments où il y a... - Respectueuse
09:03 de ceux qui veulent faire grève ? - De tous. - Et que pensez-vous,
09:05 alors, de ceux qui, parfois, se disent... - Bien sûr.
09:07 Je l'ai dit, moi, je l'assume.
09:09 Je ne dis pas encadré, parce que je sais ce que c'est le droit de grève
09:11 et son histoire dans notre pays. Je dis que
09:13 on peut sans doute concilier beaucoup mieux
09:15 le droit de grève qui est constitutionnel, et puis
09:17 la vie des usagers. Par exemple, quand il y a
09:19 une grève sauvage ou une grève surprise, ça, ça n'est pas
09:21 acceptable, et on doit regarder les sanctions
09:23 ou les mesures pour qu'on l'évite.
09:25 Par exemple, quand on a eu des grèves, comme on l'a vécu
09:27 à Noël, à la SNCF, ça, c'est
09:29 extrêmement pénalisant, et il y a plusieurs
09:31 pistes concrètes. J'ai demandé déjà
09:33 aux grandes entreprises publiques, SNCF,
09:35 RATP, de prévoir mieux ce qu'on appelle leur
09:37 plan de transport. Concrètement, de mobiliser
09:39 des gens pour que, quand il y a une grève,
09:41 et c'est respectable, encore une fois, on puisse avoir des agents
09:43 volontaires, évidemment, dans le cadre du
09:45 service, qui remplacent, qui sont là
09:47 pour qu'on ait le plus de trains possibles,
09:49 le plus de bus possibles, le plus de métro possible.
09:51 - C'est faisable, M. le ministre, qu'on peut remplacer facilement
09:53 les grévistes par des volontaires dans les transports.
09:55 - Encore une fois, il y a remplacer à 100% non,
09:57 parce que sinon, ça serait une atteinte au droit de grève.
09:59 Mais organiser mieux les choses dans nos entreprises, oui, je crois
10:01 que c'est possible. Vous avez posé la question des délais.
10:03 Ça, c'est fixé dans la loi, les délais.
10:05 Donc là aussi, c'est un débat qui sera plus lourd.
10:07 Mais c'est une question où il n'y a pas de tabou.
10:09 - Mais qui est ouverte. - Qui est ouverte, parce que
10:11 quand il y a eu un débat sur ce qu'on a appelé le service
10:13 minimum dans la loi sous Nicolas Sarkozy,
10:15 en 2007, derrière les mots
10:17 "service minimum" qu'on brandit un peu parfois
10:19 comme des facilités ou des slogans, ce qui a été fait
10:21 concrètement, c'est les délais.
10:23 C'est une obligation des logues sociales, préalable,
10:25 ça c'est très bien, et ce sont des délais de prévenance.
10:27 C'est exactement ce qui n'est pas arrivé
10:29 samedi à Orly, et je le regrette.
10:31 - Donc ce n'est pas tabou, vous pourriez y toucher. - Ce n'est pas tabou, mais
10:33 moi je veux toujours la même méthode, laissons passer la réforme
10:35 d'aire traite. On a un moment qui est difficile,
10:37 on a un moment qui est compliqué, avec
10:39 parfois des tensions avec certaines organisations syndicales,
10:41 après on reprendra ce travail calmement
10:43 par le dialogue social. Il faut demander
10:45 son avis à chacun, mais c'est pas un tabou.
10:47 Je préfère ce type de réflexion
10:49 concrète, et qu'on aura de manière
10:51 apaisée après la réforme d'aire traite, plutôt que
10:53 des choses sur le service minimum qu'on brandit,
10:55 mais qui ne sont pas concrètes, et qui, je crois,
10:57 ne changent pas les choses, pour les usagers.
10:59 - Clément Beaune, est-ce que vous confirmez ce matin
11:01 que la pension minimale à 1200 euros
11:03 ne concerne que les Français
11:05 ayant cotisé tout leur trimestre,
11:07 les Français au SMIC au plus ?
11:09 - Je dis ce qui est écrit, noir sur blanc,
11:11 dans l'étude d'impact, dans le projet de loi, ce qu'a dit
11:13 le ministre Olivier Dussopt quand il a présenté le texte
11:15 - On s'y perd, hein, entre les propos des ministres.
11:17 - J'essaie d'être le plus clair possible. - Alors, on vous écoute ce matin.
11:19 - Je crois que ce qui est important, c'est le ministre qui porte la réforme, c'est Olivier Dussopt,
11:21 il a expliqué les choses devant le Parlement,
11:23 dans plusieurs médias, à plusieurs reprises,
11:25 clairement.
11:27 Oui, il y a une revalorisation très importante,
11:29 qui est d'environ 100 euros,
11:31 qui amènera cette retraite minimale
11:33 à 1200 euros, pour les personnes
11:35 au niveau du SMIC, qui ont cotisé
11:37 une carrière complète. C'est ça qui a été
11:39 indiqué. - Donc ceux qui ont une carrière hachée
11:41 n'atteindront pas les 100 euros. - Il y aura une revalorisation
11:43 néanmoins. - Mais pas jusqu'à 100 euros.
11:45 - Mais le 1200 euros qui a été annoncé, c'est bien
11:47 pour les personnes au niveau du SMIC, qui ont fait
11:49 une carrière complète. Je le dis parce que...
11:51 - Parce qu'Olivier Véran a dit l'inverse il y a quelques semaines.
11:53 - Pardon, je n'ai pas tout repris, je vous avoue. - Mais les porte-parole
11:55 du gouvernement, ça pose un souci quand même pour la compréhension
11:57 du projet. - Je crois qu'Olivier Véran est parfaitement
11:59 au fait des choses, et qu'il les a expliquées
12:01 le plus clairement possible. On essaye, dans un moment
12:03 où tout est un peu compliqué, de le dire sincèrement et clairement.
12:05 Mais ce que je veux dire, c'est quand même
12:07 qu'on perd un peu de vue les choses.
12:09 C'est une revalorisation qui n'a jamais été faite.
12:11 - Oui, mais monsieur le ministre, ça n'a pas été
12:13 présenté ainsi. Et beaucoup de Français
12:15 ne l'ont pas compris ainsi. Donc soit vous vous êtes
12:17 fait mal comprendre, soit vous ne
12:19 maîtrisez pas un sujet,
12:21 soit il y a une contre-vérité qui est plus rare.
12:23 - J'essaye d'être honnête, j'essaye d'être le plus clair possible.
12:25 Je vous dis les choses, vous me posez la question.
12:27 Et je le dis aussi, parce que c'est une garantie
12:29 qui est donnée, qu'on soit au niveau de
12:31 85% du SMIC, pour des gens qui ont bossé toute
12:33 leur vie au SMIC, et qu'aujourd'hui
12:35 verraient une revalorisation d'environ
12:37 10%. C'est pas une petite chose.
12:39 Et c'est, je crois, quelque chose de légitime et de juste.
12:41 Et par ailleurs, ce qui n'a jamais été
12:43 fait et promis plusieurs fois, c'est que les choses
12:45 évolueront dans le temps, pour pas qu'ils perdent
12:47 de pouvoir d'achat au niveau du SMIC, pour les retraités
12:49 qui ont des petites pensées. - Cette réforme des retraites,
12:51 elle se passe, en tout cas elle est en débat au moment
12:53 où il y a évidemment une inflation, une crise
12:55 du pouvoir d'achat. L'indemnité carburant
12:57 va être prolongée jusqu'à fin mars, a annoncé
12:59 le ministre Bruno Le Maire.
13:01 Beaucoup de Français, Clément Beaune,
13:03 ne l'ont pas demandé, ce chèque
13:05 carburant. Vous prolongez le délai pour ça.
13:07 Et combien de Français ne l'ont pas encore demandé ?
13:09 - On est environ à 5 millions de personnes
13:11 qui l'ont demandé,
13:13 c'est beaucoup, en quelques semaines.
13:15 Mais c'est à peu près la moitié des gens qui ont droit,
13:17 des Français qui nous écoutent ce matin, qui ont droit
13:19 à cette aide de 100 euros s'ils ont une voiture et s'ils l'utilisent
13:21 pour aller travailler. Et je rappelle que si
13:23 dans un ménage, il y a deux voitures pour
13:25 aller au travail, on a le droit
13:27 à deux fois cette aide de 100 euros. Donc c'est important,
13:29 c'est un coup de pouce nécessaire
13:31 et il faut que chacun puisse en bénéficier. Le but, c'est pas
13:33 de garder l'aide dans notre poche, c'est qu'elle bénéficie
13:35 aux Français. Donc Bruno Le Maire l'a dit,
13:37 il a bien fait, on donne un peu plus de temps
13:39 aux Français qui aujourd'hui n'auraient pas entendu parler
13:41 de ce dispositif, pensent qu'il est compliqué,
13:43 il faut juste aller sur le site du gouvernement,
13:45 taper cela sur Internet. Vous avez
13:47 accès à cette indemnité carburante de 100 euros
13:49 si vous utilisez la voiture pour aller travailler.
13:51 5 millions de personnes dont certains nous
13:53 écoutent n'ont pas encore fait ce geste
13:55 et peuvent en bénéficier. Faites-le
13:57 et il y a encore quelques semaines pour donner un peu
13:59 de souplesse et de facilité. - Vous parlez d'un geste,
14:01 est-ce que vous le demandez concrètement ce geste ?
14:03 Parce qu'il a été annoncé par
14:05 le patron de Total, Patrick Poyanet,
14:07 cette ristourne à la pompe,
14:09 il faut la faire maintenant ?
14:11 - Patrick Poyanet l'a dit publiquement, donc j'imagine
14:13 qu'il a une idée concrète. - Ça tarde un peu ou
14:15 ce n'est pas à vous de fixer les délais
14:17 pour la mise en place de telle ristourne ?
14:19 - Donnons-nous quelques jours. Patrick Poyanet,
14:21 je crois que c'était jeudi ou vendredi qu'il a fait cette
14:23 annonce dans les journaux. Il a dit qu'il
14:25 le ferait, je crois qu'il a dit si le
14:27 prix du carburant dépasse les 2 euros.
14:29 Maintenant, à Total, de mettre
14:31 les actes en cohérence avec les propos,
14:33 je pense que c'est important et c'est bien aussi
14:35 qu'une entreprise ait conscience de ses
14:37 responsabilités. Il y a beaucoup de polémiques,
14:39 donc tant mieux s'il y a un geste, même si je pense
14:41 aussi qu'il faut qu'on réfléchisse plus profondément,
14:43 je l'ai dit publiquement, au financement de la transition
14:45 écologique, pas seulement au soutien de court terme
14:47 aux énergies fossiles. - Ça c'est le temps long,
14:49 mais en attendant, la ristourne... - Bien sûr, j'assume qu'il y a une urgence,
14:51 mais ce qu'on va faire, on va y réfléchir
14:53 d'ailleurs dans les prochaines semaines, financer notre système
14:55 ferroviaire, financer nos transports publics, c'est ça
14:57 la vraie réponse à la transition écologique, mais ça
14:59 met plus de temps bien sûr. - Merci Clément Beaune
15:01 d'avoir répondu à nos questions ce matin, bonne journée
15:03 à vous, ainsi qu'à nos auditeurs. - Merci.