- il y a 4 ans
Les informes du matin du 13 février 2023
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00:07 Les informés du matin, ravis de vous retrouver, on est ensemble jusqu'à 9h30.
00:11 Renaud Dely est là, évidemment, à vos côtés, Renaud Dely, je dis évidemment, oui.
00:15 Vous dites évidemment avec un enthousiasme qui m'en ravit.
00:18 Évidemment, je suis ravi de vous retrouver. Isabelle Raymond, la chef du service économie de France Info, est à vos côtés.
00:22 Bonjour et bienvenue. Isabelle, Neila Latrousse arrive à la dernière minute.
00:27 Bienvenue également, service politique de France Info. Paul Barcelone, service politique de France Info.
00:31 Et là, lui aussi, on parlera dans quelques minutes de la cigarette, ou plus exactement de la cigarette électronique,
00:38 avec cet appel lancé aujourd'hui par une des associations anti-tabac pour faire interdire les arômes et les peufs.
00:45 Les peufs, ce sont ces cigarettes électroniques très prisées des ados au lycée, mais aussi au collège.
00:51 Mais dans un premier temps, Renaud Dely, on va évoquer la réforme des retraites.
00:54 C'est un sprint final qui débute à l'Assemblée nationale, puisque le texte est censé être examiné d'ici à vendredi minuit.
01:01 C'est ça, c'est le délai imparti.
01:02 Absolument, et il reste avant d'aller au Sénat.
01:04 Le texte ira ensuite au Sénat et il reste donc cinq jours pour examiner 16 000 amendements,
01:09 puisque le débat s'est enlisé la semaine dernière avec une foultitude d'incidents qui ont donc enlisé ce débat qui n'a guère avancé,
01:17 alors qu'il est le débat à l'Assemblée nationale dans les cas au deuxième article d'un texte qui en compte 20.
01:23 Il y a d'ailleurs un contraste assez saisissant entre des manifestations massives et pacifiques encore samedi,
01:27 et puis un certain désordre, pour utiliser un euphémisme auquel on a assisté tout au long de la semaine.
01:33 Désordre qui a conduit d'ailleurs le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, à plusieurs reprises,
01:38 à réclamer que les députés se ressaisissent et que le débat aille au fond.
01:42 C'est ce que disait d'ailleurs Laurent Berger sur ce plateau ici même vendredi.
01:46 Je demande que le Parlement fasse son travail d'examiner le texte,
01:50 que le gouvernement ne joue pas seulement la montre, etc.
01:53 Ce n'est pas à la hauteur de la responsabilité qui existe aujourd'hui dans le monde du travail,
01:57 dans la façon dont on se mobilise.
01:59 Ça serait bien aussi que le Parlement devienne autre chose qu'une espèce de champ de foire
02:02 où on s'invective les uns les autres.
02:04 Moi, je dis simplement qu'il faut qu'on aille au débat sur l'article 7.
02:06 L'article 7, c'est cet article qui prévoit le report de l'âge égal de 62 à 64 ans.
02:11 Le ministre du Travail Olivier Dussopt, qui était votre invité il y a quelques minutes,
02:14 a dit peu ou prou la même chose.
02:15 L'USI affirme que le gouvernement souhaite que le débat aille au fond, notamment sur l'article 7.
02:19 Alors, est-ce que l'Assemblée va se ressaisir à l'occasion de cette deuxième semaine de discussion ?
02:24 Ou est-ce que le débat va avoir lieu au fond, notamment sur la question du report de l'âge légal ?
02:29 - Qui veut répondre en premier ? Paul Barcelone.
02:30 - Pour répondre à la question de Renaud, c'est ce que les syndicats souhaitent
02:34 et c'est ce que tous les partis d'opposition comme de la majorité disent vouloir faire aussi.
02:39 Aussi bien la France Insoumise qui dit non,
02:41 on assume la stratégie de résistance mais ne parle pas d'obstruction.
02:45 Et la majorité qui dit, nous on veut absolument aller voter jusqu'à l'article 7,
02:50 cet article un peu pivot sur le report de l'âge légal à 64 ans.
02:54 - Parce qu'après le 7, pardon d'enfoncer une porte ouverte, il y a l'8 et le 9.
02:57 - Exactement.
02:58 - Le 8 notamment qui parle d'un point important, c'est la pénibilité.
03:01 Ça concerne pas mal de monde aussi.
03:02 - Pour le moment, en une semaine de débat à l'Assemblée,
03:05 on n'a jamais parlé de fond ou très peu.
03:08 Les débats sont restés très très en surface, ce qui pose évidemment question.
03:11 15 800 amendements, il reste à examiner encore.
03:14 - N'est-il à la trousse ?
03:15 - On découvre à l'occasion de ce débat qu'on n'est pas des Allemands.
03:17 C'est-à-dire qu'en fait on a une Assemblée où il y a une majorité relative
03:20 et où en majorité relative, on a effectivement du mal à aller chercher des coalitions,
03:25 à faire vivre des débats qui sont au-delà par moment d'obstruction.
03:29 Mais qui en réalité, et c'est là qu'il y a une forme de, je vais pas dire d'injustice,
03:34 mais c'est-à-dire qu'il faut qu'on regarde le débat dans sa globalité depuis lundi dernier.
03:38 L'obstruction en réalité ne vient pas que du côté des Insoumis.
03:41 Il y a aussi des prises de parole de personnalités du RN qui disent,
03:45 oui alors, enfin je me souviens par exemple, vendredi je crois,
03:48 une prise de parole de Marine Le Pen en disant,
03:49 oui bon j'aimerais mes chers collègues faire un rappel au règlement pour dire,
03:52 on n'arrête pas de se jeter des sondages à la figure, c'est quand même pas génial.
03:55 Je vous rappelle que le meilleur sondage c'est le référendum,
03:57 si on avait voté ma motion référendaire, on n'en serait pas là.
03:59 Est-ce que ça fait avancer le débat sur le fond ? Non.
04:01 La renaissance, pardon, le groupe de la majorité,
04:05 a aussi provoqué deux incidents de séance jeudi et vendredi.
04:08 L'un sur la prise de parole d'Adrien Quatennens, l'autre sur la prise de parole de Thomas Porte.
04:12 À l'ouverture des débats lundi, les mêmes députés Renaissance disaient aux Insoumis,
04:16 on est en train de perdre 4 heures sur des questions de procédures avec des motions de rejet etc.
04:21 Quand même on pourrait avancer dans le débat.
04:22 On a perdu exactement 4 heures avec le débat sur Adrien Quatennens ou le débat sur Thomas Porte.
04:27 Et les Insoumis et la NUPES évidemment n'est pas en reste.
04:29 Et c'est vrai que dans un très grand nombre de prises de parole et d'amendements qui sont déposées,
04:33 on est sur ce qu'on appelle des amendements rédactionnels,
04:36 c'est-à-dire qui n'apportent pas grand-chose sur le fond.
04:39 Je voudrais changer par exemple le terme "ainsi par en conséquence".
04:42 Ça apporte rien au fond du texte.
04:44 Ça sert juste à multiplier les prises de parole.
04:46 Donc en réalité, l'obstruction et le manque d'avancée des débats provient d'à peu près tous les rangs actuellement.
04:50 Qu'est-ce qui peut se passer encore pendant ces 5 derniers jours d'examen à l'Assemblée nationale ?
04:53 On vous posera la question dans un instant.
04:55 Renaud Dely et Isabelle Raymond, le Fil Info d'abord à 9h10 avec Maureen Suignard.
05:00 Invité de France Info ce matin, le ministre du Travail indique que le gouvernement
05:04 veut garder le contact avec les syndicats.
05:06 La Première ministre les a appelés hier.
05:09 Alors que la mobilisation contre la réforme des retraites se poursuit,
05:12 le patron de la CGT affirme avoir dit à Elisabeth Borne
05:15 que l'exécutif ne prenait pas la mesure de ce qui se passait dans le pays.
05:19 Un mois de plus pour demander l'indemnité carburant,
05:22 une aide de 100 euros pour les travailleurs modestes qui prennent leur voiture.
05:25 Seule la moitié des 10 millions de Français éligibles
05:28 ont rempli le formulaire nécessaire au versement de cette aide.
05:32 Le Qatar va envoyer 10 000 cabines de chantier en Syrie et en Turquie,
05:36 celles utilisées pour le mondial de football.
05:38 Elles serviront d'abri aux milliers de sinistrés du séisme la semaine dernière.
05:43 Une semaine, il y a eu les premières secousses.
05:45 Le bilan humain atteint les 33 000 morts.
05:49 Les arômes pour les cigarettes électroniques sont la porte d'entrée vers le tabagisme.
05:53 C'est ce que pense le Comité national contre le tabagisme qui demande leur interdiction.
05:58 Sur France Info, la directrice de ce comité affirme que cela banalise le fait de consommer de la nicotine.
06:04 Toujours avec Renaud Delis, Neil Halatrous, Isabelle Raymond, Paul Barcelot,
06:18 on en entend depuis plusieurs jours la totalité des syndicats,
06:22 une bonne partie également du personnel politique dire maintenant
06:25 "ça suffit, il faut accélérer à l'Assemblée nationale, il faut entrer dans le vif du sujet".
06:28 Isabelle Raymond, qu'est-ce qui va se passer cette semaine à l'Assemblée ?
06:31 Est-ce que la réforme peut encore bouger ?
06:33 Écoutez, on a entendu Olivier Dussopt, le ministre du Travail,
06:36 tout à l'heure chez vous sur France Info.
06:39 On a bien compris que rien n'allait bouger dans le texte,
06:42 que les concessions qui ont déjà été apportées par le gouvernement
06:45 sur la pension à 1 200 euros maximum
06:48 pour la revalorisation des petites retraites qui concernera les retraités actuels,
06:52 ça, ça a été un geste.
06:53 Il y a également sur les carrières longues un petit bouger sur qui va être concerné,
06:57 mais on a bien compris que le texte, maintenant,
07:00 n'allait plus du tout bouger à l'Assemblée.
07:04 Dans les débats, le gouvernement ne veut pas lâcher
07:07 et quand il vient sur les plateaux de télé, Olivier Dussopt,
07:09 c'est pour continuer à expliquer sa réforme, à faire de la pédagogie.
07:14 De la pédagogie...
07:15 Le présupposé étant que les Français n'ont pas compris la réforme ?
07:18 Le présupposé étant que depuis le 10 janvier,
07:22 depuis la présentation du texte par Elisabeth Borne le 10 janvier,
07:25 que les Français n'ont pas compris la réforme.
07:27 Et c'est un petit peu ce qui agace les syndicats qui disent
07:30 "les Français ont très bien compris la réforme"
07:32 et journée de mobilisation après journée de mobilisation,
07:36 ils continuent à défiler,
07:37 ils continuent à faire grève pour ceux qui le peuvent
07:39 et ils se projettent au-delà des vacances scolaires
07:43 pour le 7 mars, le 8 mars, avec des nouvelles journées d'action qui sont prévues.
07:46 Les Français ont compris la réforme,
07:48 ils veulent justement qu'on examine maintenant le cœur de la réforme,
07:52 le cœur de la contestation également,
07:55 à savoir donc l'article 7 sur le recul de l'âge légal.
07:58 Renaud Delis.
07:58 C'est pour ça que rien ne bougera dans le texte,
08:00 ce qui est assez logique d'ailleurs,
08:01 puisque les légers bougés qu'il y a pu y avoir,
08:04 ou qu'il peut y avoir encore au gré de quelques amendements,
08:07 notamment sur éventuellement les sanctions liées à l'index des seniors
08:11 si celui-ci n'est pas mis en œuvre par les entreprises,
08:14 bref, ce n'est pas le cœur de la réforme.
08:16 Le cœur de la réforme c'est le report de l'âge égal de 64 ans.
08:18 Moi je pense que tout le monde a très bien compris l'enjeu de cette réforme,
08:20 que ce soit l'opposition, la majorité et les Français qui défilent dans la rue,
08:24 c'est le cœur de cette réforme.
08:25 C'est bien la raison pour laquelle il faut absolument
08:27 que cet article 7 soit débattu à l'Assemblée nationale,
08:29 quelle que soit l'issue d'ailleurs du vote,
08:31 parce qu'il y aura encore une incertitude sur ce vote.
08:33 Je pense que ça soulèverait un véritable problème démocratique
08:37 que la question du report de l'âge légal de 62 à 64 ans,
08:41 qui est le cœur de cette réforme.
08:42 On comprend que le gouvernement ne veuille pas reculer sur ce sujet-là.
08:45 Si jamais il reculait sur ce sujet-là,
08:47 ça serait une défaite en race campagne qui entraînerait très probablement
08:49 la chute du gouvernement, voire des élections législatives anticipées.
08:52 Ça serait évidemment une capitulation d'Emmanuel Macron
08:55 pour la suite de son quinquennat.
08:56 Et de l'autre côté, on comprend parfaitement que les syndicats
08:59 et le mouvement social soient hostiles à cette mesure
09:02 de report de 62 à 64 ans.
09:03 Et ça, les Français l'ont effectivement parfaitement compris.
09:05 S'il n'y a pas de débat à l'Assemblée nationale au fond,
09:08 et s'il n'y a pas de vote,
09:09 quelle que soit encore une fois l'issue de ce vote,
09:10 parce qu'il peut y aussi y avoir des lézardes, des fissures,
09:13 des défections dans la majorité ou dans les éventuelles renforts de la droite,
09:16 je pense que les conséquences démocratiques seraient calamiteuses
09:20 pour l'ensemble des élus d'ailleurs,
09:21 pour l'ensemble de la démocratie parlementaire.
09:22 Ça démontrerait ce qu'on peut redouter,
09:25 au vu notamment du spectacle qu'on a vu la semaine passée,
09:28 c'est que finalement le Parlement ne sert plus à rien
09:30 si ce n'est à nous infliger une forme de spectacle lamentable,
09:34 comme l'a dit Laurent Berger hier,
09:36 avec une forme d'illustration en quelque sorte de la twitterisation
09:39 d'ailleurs du débat politique.
09:41 C'est-à-dire ce qu'on lit malheureusement assez effondré,
09:43 effaré parfois quand on parcourt les fils twitter,
09:47 on l'a maintenant mis en scène à l'Assemblée nationale.
09:49 C'est extrêmement important que ce débat ait lieu au fond et qu'il y ait un vote.
09:51 Et ça la majorité en a parfaitement conscience.
09:53 Et il peut ne pas y avoir de vote aussi.
09:55 On peut, et c'est probablement le scénario dans lequel on va être,
09:57 il reste tellement d'amendements avant d'arriver aux fameux articles Ossad dont on parlait,
10:01 qu'il peut très bien y avoir jamais d'expression du Parlement.
10:04 C'est-à-dire que si l'examen de tous les amendements,
10:06 de tous les articles n'est pas terminé à minuit pile vendredi...
10:09 Le texte part au Sénat, dans la version choisie par le gouvernement.
10:13 Que l'Assemblée est débattue ou pas.
10:15 Oui c'est ça, mais même s'il y a un vote, le texte part de toute façon dans la version du gouvernement au Sénat aussi.
10:18 Donc dans tous les cas de figure, c'est le gouvernement qui a la main.
10:21 Et vu que c'est un texte budgétaire, si à la fin des fins il n'y a aucun vote, y compris au Sénat,
10:25 que les délais sont non respectés, Olivier Dussopt l'a déjà dit dans des émissions passées,
10:29 le gouvernement est habilité à passer par ordonnance sur un texte financier.
10:32 Donc de toute façon, ce n'est pas la fin des débats si ça n'est pas débattu à l'Assemblée ou au Sénat.
10:37 En revanche, là où il y a un risque effectivement identifié de crise démocratique
10:40 autour même d'Emmanuel Macron et dans la majorité,
10:43 c'est de dire qu'y compris sur les bancs de la gauche, dans ceux qui aujourd'hui
10:47 assument la stratégie de non-vote à l'Assemblée et de dire
10:51 "Regardez, c'est un gouvernement qui est autoritaire, qui passe par des textes qui obèrent le débat"
10:55 et "Regardez, l'Assemblée nationale en réalité n'est pas représentative de l'état des débats ou de l'état de l'opinion",
11:01 au sein de ces députés qui ont cette stratégie-là,
11:05 il y a aussi une très forte contestation des institutions.
11:08 Et c'est à demander si, notamment du côté des Insoumis qui prônent une 6ème République,
11:11 qui disent "Les institutions sont obsolètes, les institutions ne servent à rien",
11:15 si l'objectif, au fond, de cette situation d'une majorité relative
11:19 dans laquelle il provoque aussi un certain nombre d'incidents n'est pas, au bout du bout,
11:22 de faire la démonstration par l'absurde de la validité de leur raisonnement,
11:25 ce qui derrière évidemment nous plongerait dans une sorte d'inconnu total
11:30 parce que nul ne sait qui profiterait politiquement de ce chaos, de ce désordre.
11:35 Et Laurent Berger, sur ce plateau, vendredi, disait "Faudra pas se plaindre
11:40 si, au bout du bout, c'est l'extrême droite qui en bénéficie".
11:42 On va laisser de côté, si vous voulez bien, le feuilleton des retraites
11:44 pour s'intéresser à toute autre chose.
11:45 À présent, on va parler santé, Renaud Dely, santé, cigarettes électroniques,
11:50 et cette question "La guerre des arômes" est-elle déclarée ?
11:52 Eh oui, la consommation des cigarettes électroniques qui progresse fortement,
11:56 notamment chez les plus jeunes, vous évoquez la guerre des arômes
11:59 parce que justement le Comité National contre le Tabagisme
12:02 demande l'interdiction immédiate de ces arômes qui séduisent de plus en plus
12:06 parmi les plus jeunes et réclame que le seul arôme, en quelque sorte,
12:09 qu'exalte ces cigarettes électroniques ne soit plus que le tabac.
12:14 Voici ce que disait ce matin sur France Info Emmanuel Béguineau,
12:18 qui est la directrice du Comité National contre le Tabagisme.
12:21 On leur reproche le fait qu'ils sont très très attractifs
12:24 et ils font l'objet d'une promotion très importante de la part des fabricants
12:28 avec un ciblage des jeunes, des adolescents, voire des pré-adolescents
12:32 parce qu'on est sur des saveurs très fruitées, très sucrées,
12:36 et donc ils sont particulièrement attractifs et qui, du coup,
12:39 banalisent complètement la consommation de la nicotine.
12:42 On ne se rend pas compte en fait qu'on consomme une drogue
12:45 et à partir du moment où on consomme cette drogue,
12:48 en particulier pour les très jeunes, plus on commence tôt,
12:51 plus on devient dépendant, plus c'est difficile d'arrêter.
12:53 Banalisation donc de la cigarette électronique à travers ces arômes,
12:57 comme l'expliquait à l'instant Emmanuel Béguineau.
12:59 Une cigarette électronique qui entraîne en fait, visiblement,
13:02 qui attire de plus en plus de jeunes vers le tabac lui-même.
13:05 Et rappelons d'ailleurs que depuis deux ans,
13:07 la consommation de tabac est repartie à la hausse en France
13:10 avec, selon la dernière étude de Santé publique France,
13:12 32% des Français qui fument aujourd'hui
13:15 et une consommation qui repart à la hausse,
13:18 plus particulièrement d'ailleurs chez les femmes et chez les plus précaires.
13:20 - Avec notamment chez les adolescents, Renaud Delis, un chiffre,
13:23 un adolescent sur six a déjà goûté à une "peuf",
13:25 c'est-à-dire une cigarette électronique jetable,
13:27 goût vanille, goût acide du lait, etc.
13:30 C'est quasiment devenu un bonbon devant certains collèges ou certains lycées.
13:34 C'est la nouvelle Martin Gall des fabricants de tabac,
13:36 Naila Latrousse, la cigarette électronique.
13:38 - Le prix du paquet étant à la hausse régulièrement
13:41 et le tabac en lui-même, le vieux paquet classique, traditionnel,
13:45 étant aussi concurrencé par tous les produits de contrebande,
13:50 c'est-à-dire que dans les faits, on voit depuis quelque temps,
13:53 effectivement, la consommation de paquets en physique qui baisse.
13:56 En revanche, les saisies de contrebande, y compris aux frontières
14:01 ou dans certains quartiers de Paris, sont en augmentation.
14:03 Donc, de fait, vous êtes cigarettier, vous faites de la "bonne vieille cigarette",
14:07 entre guillemets, je mets plein de guillemets autour en ayant conscience que...
14:10 La vieille cigarette, on va enlever le "bonne vieille".
14:13 Ce n'est plus là-dessus que vous allez recruter de nouveaux publics.
14:17 Donc, effectivement, portez sur d'autres produits plus ludiques,
14:21 ces espèces de "plus fun", où en réalité, on fume une espèce de tabac à la fraise
14:27 ou à la vanille ou autre chose.
14:30 Effectivement, il suffit de passer devant un collège ou un lycée,
14:32 notamment à Paris, pour se rendre compte que ça fait floresce dans les...
14:35 - Je disais à Paris, mais je pense que c'est le cas absolument partout.
14:37 - Je vais un peu moins devant les lycées et les collèges, un peu moins partout,
14:40 mais quand je passe devant des collèges et des lycées pas très loin de là où j'habite,
14:45 effectivement, on voit que c'est des produits qui se répandent à vitesse grand V
14:47 et qu'on voit un peu moins chez des publics plus âgés.
14:50 - Paul Barcelan ? - Il y a clairement un effet de mode
14:51 et je rejoins là-dessus ce que disait Neyla.
14:54 Et la deuxième observation, on en parlait tout à l'heure avec Renaud,
14:57 c'est que la cigarette électronique, au départ, le concept, c'est de dire
15:00 que ça va accompagner les gens vers l'arrêt du tabagisme, en fait.
15:03 Et on se rend bien compte, et je reviens à l'effet de mode,
15:06 que ça a exactement l'effet inverse.
15:07 - C'est-à-dire que pour certains, c'est devenu une porte d'entrée maintenant.
15:09 - C'est presque un facilitant.
15:11 - Le Fil info, 9h21 avec Maureen Thuner et on poursuit dans un instant.
15:15 Selon les informations de France Info, de la drogue a été retrouvée
15:18 au domicile de Pierre Palmade, le comédien impliqué
15:21 dans un grave accident de la route.
15:23 Vendredi avait consommé de la cocaïne.
15:25 Deux personnes ont pris la fuite.
15:27 La porte-parole du ministère de l'Intérieur les appelle
15:29 à se rendre au micro de France Info ce matin.
15:33 Ils ont cinq jours pour examiner 16 000 amendements au total.
15:36 Fin des débats vendredi soir à l'Assemblée nationale.
15:40 Les députés se retrouvent à 16h cet après-midi pour débattre
15:43 autour du texte réformant les retraites.
15:45 Quatre engins abattus au-dessus du Canada et des Etats-Unis
15:48 en seulement dix jours.
15:49 Le dernier la nuit dernière.
15:51 Le Pentagone ne sait pas encore s'il pourrait être utilisé
15:54 pour des activités de renseignement.
15:56 Pékin dément les accusations de Washington qui affirment
15:59 que des ballons espions sont utilisés par la Chine.
16:02 Les supporters espèrent bien que Kylian Mbappé sera sur le terrain
16:05 demain soir pour le huitième de finale allée de la Ligue des champions,
16:09 le Paris Saint-Germain, face au Bayern Munich.
16:11 L'attaquant parisien s'est entraîné hier.
16:14 Bonne opération pour l'Olympique lyonnais en championnat.
16:16 Victoire deux buts à un contre Lens.
16:19 On parle de la cigarette électronique ce matin dans Les Informés,
16:32 notamment de ses effets sur les jeunes.
16:34 Isabelle Raymond, les jeunes, ça a toujours été la cible numéro un
16:38 des fabricants parce qu'il s'agit de préparer la génération de demain.
16:41 Oui, évidemment. Et donc ils ont bien compris leur intérêt aujourd'hui,
16:44 les fabricants de tabac.
16:46 Avant, ils sponsorisaient comme ils pouvaient les soirées étudiantes.
16:49 Et aujourd'hui, ils vendent des arômes qui font plaisir aux ados.
16:58 Après, voilà, parce qu'ils le savent très bien.
17:01 Une fois que vous avez un jeune qui s'est mis à fumer,
17:04 c'est un potentiel client par la suite.
17:07 Pour des années et des années derrière.
17:08 Il y a d'autres pays qui l'ont déjà compris,
17:11 qui ont interdit justement ces arômes.
17:14 Donc, il y a le Danemark, il y a les Pays-Bas également,
17:17 puisqu'on a vu effectivement qu'il n'y avait pas d'effet
17:20 sur l'arrêt de la cigarette par la cigarette électronique.
17:22 Renaud Dally.
17:23 Oui, il y a des choses très concrètes, d'ailleurs,
17:25 qui peuvent participer en tout cas de la lutte contre cette consommation.
17:31 Et il faudrait encore que la loi actuelle soit appliquée depuis 2016.
17:34 Par exemple, l'affichage normalement qui vende les cigarettes électroniques
17:40 doit se limiter normalement à des affichettes purement informatives,
17:43 je cite, et non visibles de l'extérieur,
17:45 donc dans les magasins qui les vendent.
17:48 Ce n'est pas le cas du tout aujourd'hui.
17:49 C'est-à-dire qu'effectivement, il y a toute une publicité qui est faite
17:54 et la loi qui date de janvier 2016 n'est pas appliquée.
17:56 Il faut reconnaître, sans faire la défense de la pub,
17:59 que la loi n'est pas complète et pas évidente à faire respecter.
18:01 Parce que comment rendre des affichettes qui sont à l'intérieur
18:04 forcément invisibles de l'extérieur ?
18:06 Toutes les configurations des locaux ne permettent pas forcément.
18:10 Ça dépend dans quel sens vous la collez l'affichage.
18:11 Oui, bon, avec aucune idée.
18:14 Je vous montre en rentaine.
18:15 Il y a aussi le rôle des influenceurs, évidemment.
18:17 Vous m'avez compris, je suis sûr, ce n'est pas très clair.
18:19 Si c'était limpide, Marc.
18:20 Il y a aussi le rôle des influenceurs.
18:21 C'est-à-dire que les fabricants de tabac, effectivement,
18:23 font toujours preuve d'une ingéniosité, d'une imagination considérable
18:25 pour aller séduire les jeunes.
18:27 Et on sait aujourd'hui l'impact qu'ont un certain nombre d'influenceurs
18:29 sur des réseaux sociaux.
18:32 Et ça, c'est extrêmement nocif et extrêmement efficace pour eux.
18:35 Après, il y a un facteur qui fonctionne, on l'a vu ces dernières années quand même,
18:40 sur le tabac lui-même.
18:41 En tout cas, c'est évidemment le facteur prix.
18:43 Et c'est vrai que ces derniers mois, la politique d'augmentation des prix
18:48 a peut-être été abandonnée, ralentie, ou en tout cas pas suffisamment.
18:51 Les spécialistes disent qu'il faut l'inscrire dans la durée
18:53 et qu'il faut en faire la pédagogie.
18:55 C'est-à-dire dire aujourd'hui, on est à peu près à 10 euros,
18:57 le paquet de cigarettes classique.
18:59 Et il faut indiquer le fait que dans 3 ans, on sera à 15 euros, puis à 20, etc.
19:03 Et ça, c'est un effet immédiat, lorsque cette augmentation,
19:08 évidemment, est programmée dans la durée.
19:09 C'est un effet immédiat sur la consommation, on l'a vu tout au long de ces dernières années.
19:12 C'est un peu comme les radars sur les routes.
19:14 C'est un effet immédiat.
19:15 Plus vous multipliez les radars, plus les gens changent de comportement sur les routes.
19:19 Isabelle Rébon ?
19:20 Oui, pardon, sauf que ça impacte toujours les mêmes.
19:22 Ne vous excusez pas quand vous lui coupez la parole, vous pouvez y aller.
19:25 Ça impacte toujours les mêmes, à savoir les plus modestes.
19:27 Et il y a un moment, le gouvernement aussi se demande...
19:30 Mais le but, c'est que tout le monde s'arrête de fumer.
19:31 Oui, sauf que vous voyez dans les statistiques,
19:34 ce sont quand même les plus modestes qui continuent à fumer des cigarettes.
19:37 Et ce sont eux qui sont le plus impactés.
19:38 Donc, effectivement, il y a un moment, la politique de santé publique a des limites pour le gouvernement.
19:43 Paul Barcelone, et néglatatrousse.
19:45 La politique du gouvernement, pour aller vers l'arrêt du tabagisme,
19:49 c'est d'augmenter les taxes sur le paquet de cigarettes.
19:51 D'ailleurs, la France est un des pays qui l'augmente plus et encore plus
19:53 que la moyenne ailleurs en Europe.
19:55 Mais l'effet de bord de tout ça, c'est que ça crée de nouvelles pratiques.
19:58 Ça relance la contrebande et de nouvelles pratiques.
20:01 Et ça ouvre donc à des consommations plus difficiles à contrôler
20:05 et plus attractives avec des produits qui sont parfois hyper addictifs.
20:08 Avec récemment une usine clandestine démantelée dans la région des Hauts-de-France
20:13 qui produisait un certain nombre de millions de paquets de cigarettes
20:16 qui étaient écoulés sur le marché dans des réseaux parallèles.
20:19 Effectivement, influence majeure des influenceurs
20:21 parce qu'on évoque ces produits de cigarettes électroniques
20:25 qui sont autorisés en France.
20:26 Interdits de publicité, à priori interdits d'en faire la promotion auprès de mineurs, etc.
20:32 Mais il y a aussi des produits interdits qui rentrent en France,
20:34 qui sont promus par des influenceurs.
20:36 Je pense par exemple à ce qu'on appelle le snus, le tabac chiquet.
20:40 C'est des petits sachets avec du tabac qui sont glissés sous la gencive,
20:43 qui ont provoqué tout un tas de malaise auprès de collégiens
20:46 en région francilienne récemment, qui sont complètement interdits à la vente,
20:50 mais complètement interdits à la vente en France.
20:52 C'est un produit qui est illégal.
20:53 - Et que du coup on trouve comment ?
20:55 - Sur Internet.
20:56 Je lisais des papiers qui coûtent entre 2 et 10 euros la boîte.
21:00 Donc à 2, 3, 4 euros la boîte,
21:03 ça reste largement plus économique qu'un paquet de cigarettes.
21:07 C'est vendu en 10 ans, c'est inoffensif pour les poumons,
21:09 donc tout un tas de gamins tombent aussi dans ce piège-là.
21:11 Et autre point commun avec la cigarette électronique, évidemment,
21:13 c'est du tabac apprisé qui a des arômes, avec pommes, coca, etc.
21:17 Donc on revient sur ce débat sur est-ce que ces arômes derrière
21:22 n'en font pas une espèce de chewing-gum,
21:23 alors qu'on sait que c'est beaucoup plus inoffensif en réalité.
21:25 - Neil Anatrousse, Isabelle Raymond, Paul Barcelone et Renaud Delis,
21:28 merci à tous les quatre de les informer de retour ce soir 20h.
21:31 Belle journée à tous.