- il y a 4 ans
L'actualité du jour décryptée avec les journalistes et les invités de #90minutesInfo. Présenté par Nelly Daynac du lundi au vendredi et Lionel Rosso le samedi et le dimanche.
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00:00:00 Bonjour, bienvenue sur CNews, je suis ravie de vous accueillir pour une nouvelle semaine de 90 minutes info.
00:00:05 Le programme, je vous le présente, on se retrouve juste après le rappel des titres avec Adrien Spiteri.
00:00:09 Trois jours après l'accident de Pierre Palmade, le ministère de l'Intérieur appelle les deux passagers à se rendre.
00:00:18 Ils se trouvaient à bord de la voiture de l'humoriste. Lors de sa collision avec un autre véhicule, ils auraient ensuite pris la fuite.
00:00:25 Grievement blessé, Pierre Palmade a été attesté positif à la cocaïne.
00:00:30 Le rapport d'audit sur la Fédération Française de Football est terminé. La version finale est attendue mercredi.
00:00:37 Le rapport provisoire du 30 janvier dernier estimait que Noëlle Legrette n'avait plus la légitimité nécessaire pour administrer la FFF,
00:00:45 en cause notamment en son comportement envers les femmes.
00:00:48 Et puis le groupe de mercenaires russes Wagner est un adversaire redoutable. Ce sont les mots de Pierre Schill, chef d'état-major de l'armée de terre française.
00:00:57 Regardons la démonstration qu'ils sont en train de faire, a-t-il déclaré.
00:01:01 Hier, le chef du groupe Wagner revendiquait la prise d'une localité près de Bakhmout, en Ukraine.
00:01:07 Et au programme aujourd'hui, la semaine 2 dans l'hémicycle autour du projet de réforme des retraites.
00:01:13 Peut-on faire pire d'ailleurs que la première ? Écoutez.
00:01:16 C'est indigne d'une grande démocratie de procéder par l'invective, par l'injure, par la menace.
00:01:21 Quand on est dans l'insulte, quand on est dans le brouhaha, quand on est dans l'invective, quand on est parfois dans la haine,
00:01:27 je pense qu'on ne rend pas service au débat démocratique.
00:01:29 Nous parlons évidemment de ce drame en Seine-et-Marne dont Pierre Palmade est à l'origine.
00:01:33 Nous parlons de ces victimes toujours hospitalisées.
00:01:35 Et puis nous nous interrogerons également sur l'addiction aux drogues qui parfois entraînent ce genre de conduite.
00:01:41 Les gens qui prennent de la cocaïne, ils ont l'impression que non seulement ça les rend normales,
00:01:47 mais en plus que ça leur donne une espèce de pouvoir en plus.
00:01:51 Et ils ne se rendent pas compte parce qu'ils ne ressentent pas la fatigue de la même façon qu'ils sont en fait à côté de leur pompe.
00:01:56 Enfin, un code de bonne conduite à l'adresse des riverains.
00:01:59 Ça se passe dans une cité de Nanterre où malgré les formules polies, vous le verrez les résidents,
00:02:03 donc à bien se tenir, fesse aux dealers.
00:02:06 Et dans une normalisation du trafic de stupéfiants, cette démarche de s'adresser au voisinage d'un immeuble.
00:02:13 Et on est la caractérisation et mes collègues sur le terrain le constatent au quotidien.
00:02:19 Et voilà, pour m'accompagner aujourd'hui, Gabriel Cluzel.
00:02:22 Bonjour, vous dirigez évidemment Boulevard Voltaire.
00:02:24 Merci d'être dans notre compagnie.
00:02:26 Jonathan Sixou est là également.
00:02:28 Bonjour Jonathan.
00:02:29 Bonjour Jonathan.
00:02:30 On accueille également maître Jérémy Calfon, avocat pénaliste.
00:02:33 Merci d'avoir répondu à notre invitation.
00:02:36 Et Florian Tardif du service politique.
00:02:38 Vous l'aurez compris, c'est la reprise des débats aujourd'hui dans l'hémicycle autour de la réforme des retraites
00:02:43 après une première semaine qui oscillait entre ambiance de cours de récré, tribunes de théâtre et autres réjouissances.
00:02:49 Affligeant, diront certains.
00:02:51 On a eu cinq jours en effet d'un spectacle désastreux donné aux Français.
00:02:56 Bonjour Elodie Huchard, vous êtes sur place.
00:02:59 On s'attend dès ce lundi à des débats de la même teneur.
00:03:02 Rassurez-nous quand même.
00:03:03 Alors Nelly, j'aimerais beaucoup vous rassurer.
00:03:08 Mais malheureusement, je dois vous dire que quand on parle aux députés, ils ne sont pas franchement optimistes.
00:03:12 Tous se disent fatigués, lassés.
00:03:14 Et d'ailleurs, tous les partis, y compris l'ANUPS, expliquent que ces débats qui traînent, ces invectifs personnels
00:03:19 et le fait de ne pas parler de fond, ça commence sérieusement à les lasser.
00:03:23 Alors très clairement, il reste 15 856 amendements à étudier cette semaine.
00:03:27 Aucun suspense.
00:03:28 Si les amendements ne sont pas retirés, le texte n'ira pas au bout.
00:03:31 Il y a donc deux options.
00:03:32 La première, c'est que l'ANUPS retire ses amendements par paquet.
00:03:35 Ça permettra d'accélérer l'examen du texte.
00:03:38 Parce que évidemment, les députés de l'ANUPS ont conscience que l'article 7 qui parle de l'âge légal de départ à la retraite
00:03:43 est important pour les Français et que ça serait dommage de se priver de ce débat.
00:03:47 Mais d'un autre côté, certains nous expliquent que vu la mobilisation dans la rue,
00:03:51 c'est aussi de leur devoir de bloquer le texte ici à l'Assemblée.
00:03:54 Donc ils pourraient décider de bloquer le texte jusqu'au bout.
00:03:57 Et puis surtout, les députés savent que c'est véritablement une course contre la montre.
00:04:00 On le sait maintenant, vendredi à minuit, les débats seront terminés ici.
00:04:04 Ils vont reprendre à 16h pour parler de l'index senior en commission.
00:04:08 L'index senior, ça avait pris plus d'une journée de débat,
00:04:11 alors que l'ANUPS nous dit qu'ils veulent aller vite là-dessus, que ce sont des mesurettes.
00:04:14 Oui, mais on le voit bien de toute façon, tant qu'ils ne retirent pas leurs amendements,
00:04:18 les débats vont traîner, même si les députés ont conscience que le spectacle qu'ils ont donné la semaine dernière
00:04:23 n'était pas franchement pour les mettre en valeur.
00:04:25 Merci beaucoup, Élodie.
00:04:26 On vous retrouve tout à l'heure, vous serez avec un député d'Europe Écologie-Les Verts qui répondra à nos questions.
00:04:32 Florian Tardif, je vais commencer avec vous.
00:04:33 C'est vrai que les appels se font de plus en plus pressants, en particulier à l'adresse de l'ANUPS,
00:04:37 pour qu'elle retire, parce que c'est elle qui est à l'origine de la plupart de ces milliers d'amendements qui ont été déposés,
00:04:42 y compris ces appels émanant de l'exécutif.
00:04:45 Ce qui peut surprendre, parce qu'on disait au début, dans ce jeu qui se noue à l'Assemblée,
00:04:50 l'exécutif a intérêt à ce qu'on n'arrive jamais à ce fameux article 7.
00:04:54 Or là, maintenant, en responsabilité, ils disent "retirez vos amendements, qu'on débatte du fond".
00:04:58 L'exécutif et les Républicains, puisque bien évidemment, cela ferait les affaires des Républicains
00:05:03 si on n'allait pas jusqu'à l'article 7 qui, on le rappelle, permet de décaler l'âge légal de 62 à 64 ans.
00:05:09 Oui, je rappelle que sur 20 000 amendements qui ont été déposés, 18 000 proviennent de l'ANUPS
00:05:14 et 13 000 de la France Insoumise, et on est divisés au sein de l'ANUPS,
00:05:18 puisque justement, il y a bon nombre de députés, députés du Parti Socialiste, députés Europe Écologie-Les Ferres
00:05:25 et députés PC du Parti Communiste, qui souhaitent aller jusqu'à cet article 7 pour pouvoir l'amender,
00:05:32 le modifier, sauf que ce n'est pas la stratégie adoptée par les députés de la France Insoumise.
00:05:37 C'est-à-dire que la présidente de groupe, Mathilde Panot, ne souhaite pas aller "plus vite" que la musique
00:05:44 en retirant un certain nombre d'amendements pour pouvoir passer plus rapidement à l'étude de l'article 7,
00:05:49 ce qui n'est pas le cas de l'ensemble des députés de la France Insoumise.
00:05:52 C'est-à-dire que la France Insoumise n'est pas en accord avec les autres membres qui composent l'ANUPS
00:05:57 et ils ne sont pas d'accord également entre eux au sein de la France Insoumise,
00:06:01 puisque François Ruffin, par exemple, souhaite retirer un certain nombre d'amendements pour aller jusqu'à l'article 7.
00:06:06 Donc, vous l'avez compris, on se dirige vers encore des débats après l'Assemblée nationale
00:06:10 où les uns et les autres ne sont pas d'accord.
00:06:12 C'est vrai que ça commence à se compliquer, expliquer comme ça.
00:06:14 On ira le vérifier avec un député écologiste tout à l'heure.
00:06:18 Le gouvernement est inflexible, les syndicats aussi, vous l'avez compris.
00:06:21 La rue peut-elle avoir le dernier mot dans cette affaire ?
00:06:24 Écoutez ce qu'en disait Sandrine Rousseau ce week-end.
00:06:27 La rue a envie de se faire entendre et je pense que quel que soit le vote à l'Assemblée nationale, cela continuera.
00:06:34 La légitimité de la rue, elle existe.
00:06:36 Emmanuel Macron a été élu à un moment donné de l'histoire politique, de l'histoire de la France.
00:06:41 Il a été élu dans des circonstances particulières.
00:06:43 Les circonstances ont changé depuis son élection et la preuve, puisque là, la rue se lève.
00:06:49 Ce n'est pas parce qu'on a été élu pendant cinq ans
00:06:53 qu'on ne peut pas entendre les changements dans la population pendant ces cinq années.
00:06:59 Ça n'est pas possible en fait.
00:07:01 Jonathan Cixous, elle a dit qu'il y a une double légitimité, en quelque sorte.
00:07:04 La représentation directe et puis indirecte.
00:07:08 Mais en in fine, en dernier lieu, qui doit avoir le dernier mot ?
00:07:12 Si c'est la rue qui l'emporte à chaque fois, est-ce que le Parlement est légitime à voter les lois ?
00:07:16 Ce qui est très compliqué, c'est que là, elle tient le même discours que Jean-Luc Mélenchon,
00:07:21 ce qu'on n'a pas gagné dans les urnes, on le gagnera dans la rue.
00:07:24 Ce n'est pas vraiment une leçon de démocratie à la française, selon moi.
00:07:27 Ce qui est inquiétant en plus de ce discours, c'est que, souvenez-vous,
00:07:31 l'élection d'Emmanuel Macron en 2017 a atomisé le paysage politique.
00:07:35 L'arrivée de la NUPES à l'Assemblée nationale dynamite notre vie parlementaire.
00:07:39 Et là où on assiste vraiment à un blocage inédit, c'est qu'il n'y a plus de responsables politiques
00:07:46 qui ont suffisamment d'ancienneté, suffisamment d'expérience, me semble-t-il,
00:07:49 pour incarner un discours et une ligne politique dans laquelle les Français peuvent se retrouver
00:07:55 et surtout avoir confiance. Ça n'est pas rien.
00:07:58 Et le président de la République, avec quelques membres de son gouvernement,
00:08:02 s'ensemble bien seul justement pour décider d'un texte de loi et après le faire voter ce texte de loi.
00:08:09 Et il y a un nœud, on est dedans. Il y a même un sac de nœuds que nous a brillamment développé Florent.
00:08:14 Mais le cheminement, si je puis dire, parlementaire, on le voit bien,
00:08:20 ne va pas être si simple du tout sur ce texte-là comme les suivants à l'avenir.
00:08:25 C'est la fin, Gabriel Cluzel, des poids lourds, des greniards, comme on disait,
00:08:29 le retour des chevallons parce que ce qui vaut pour l'ANUPS qu'on vient de nous expliquer,
00:08:32 ça vaut aussi, on l'a vu, pour les LR. En interne, ça tire à Euh et à Dia
00:08:37 entre ceux qui suivent la ligne Marlec-Ciotty et ceux qui veulent absolument se démarquer.
00:08:42 On pense évidemment au Aurélien Pradié aujourd'hui.
00:08:44 Oui, même si, à mon avis, les raisons ne sont pas les mêmes.
00:08:48 Alors c'est vrai que vous avez raison, ça manque de poids lourds qui s'imposent.
00:08:51 Il y aurait un poids lourd qui s'imposerait de lui-même.
00:08:53 Bon, tout le monde se rallierait sans doute de personnalités charismatiques
00:08:56 ayant fait ses preuves, etc. Ça, vous avez raison sur ce point
00:09:00 et c'est sans doute vrai aujourd'hui dans les deux parties
00:09:02 puisque le seul poids lourd du côté de l'ANUPS, c'est Jean-Luc Mélenchon,
00:09:05 mais il n'est pas à l'Assemblée, donc manque de poids.
00:09:07 Et lui aussi, il n'est pas jamais à l'abri d'un coup d'éclat, on l'a encore vu sur le plateau.
00:09:11 Oui, et actuellement, on peut dire que sa statue est en train un peu de...
00:09:14 C'est la cancel culture partout, y compris pour les statues de Jean-Luc Mélenchon.
00:09:18 Donc ça, c'est vrai que c'est un sujet. Mais ils n'ont pas les mêmes problèmes,
00:09:23 enfin, disons que la source n'est pas la même. C'est plutôt un attelage à UE et à DIA,
00:09:27 comme vous l'avez dit. On a rajouté des wagons les uns aux autres
00:09:31 pour dire une auberge espagnole et on l'a emmené à l'Assemblée.
00:09:34 On a dit, bon, ben voilà, on est ensemble. Mais en réalité, aujourd'hui,
00:09:38 fatalement, ils ne s'entendent plus complètement puisque dès le départ,
00:09:40 ils n'étaient pas pareils. Donc c'était un affichage électoral.
00:09:43 LR, c'est un peu différent puisque là, c'est le radeau de la méduse.
00:09:46 Et chacun a sa technique et se dit, mais comment on va s'en sortir ?
00:09:50 Et les solutions ne sont pas les mêmes. C'est souvent ça, dans les radeaux de la méduse.
00:09:54 On dit, ben non, on devrait faire ci, on ne devrait pas faire ça.
00:09:57 Donc là, je pense que de ce fait, les problématiques ne sont pas les mêmes.
00:10:02 Ce qui est gênant, c'est qu'on a l'impression que l'agit propre a pris le pas
00:10:05 sur la réflexion parlementaire. On se croirait à une Assemblée générale de l'UNEF,
00:10:10 à Tolbiac, et c'est quand même dérangeant parce que c'est l'Assemblée nationale française.
00:10:14 Jérémy Calfon, même si ce n'est pas à priori votre premier domaine de compétences,
00:10:18 justement, quel regard vous portez sur cette actualité ?
00:10:22 Peut-être même, je vais un petit peu provoquer, en tant que spectateur de cette tribune, de ce théâtre.
00:10:30 En fait, depuis le début de la mandature, on a vraiment le sentiment que cette Assemblée nationale part à volo.
00:10:35 Mais en réalité, quand on regarde bien l'histoire de notre République,
00:10:39 il y a une tradition d'agitation au sein du Parlement.
00:10:42 Moi, j'ai le sentiment de voir un petit peu en live mes cours sur la Troisième République,
00:10:47 sur la Quatrième République, où il y avait une agitation parlementaire permanente,
00:10:50 où la vie parlementaire était très vivace, où on utilisait le droit parlementaire de façon très intense,
00:10:57 ce qui finalement a été un peu mis sous les ténors par la Cinquième République,
00:11:00 où il y avait des chefs qui disaient "il faut faire ça", les députés étrangers.
00:11:04 On a le sentiment qu'une vie parlementaire assez ancienne, finalement, a été ressuscitée.
00:11:10 Sauf que dans le verbe et dans la verve, c'était peut-être un peu différent quand même,
00:11:13 sur la hauteur du vol des débats et de l'expression.
00:11:17 Je ne sais pas, moi je dis ça comme ça.
00:11:19 Peut-être. Alors moi, je n'étais pas là pour en juger.
00:11:22 Beaucoup d'entre nous non plus.
00:11:25 Il ne faut pas non plus idéaliser le passé.
00:11:28 Aujourd'hui, on a aussi la chance, à leur chance ou malchance, d'avoir à l'Assemblée nationale
00:11:34 des gens qui viennent aussi de la société civile.
00:11:36 Beaucoup, on n'a pas que des avocats.
00:11:38 A l'époque, beaucoup de mes confrères étaient à l'Assemblée nationale.
00:11:40 Ce n'est plus le cas aujourd'hui.
00:11:41 Il y a beaucoup de gens qui viennent de la société civile,
00:11:43 qui ne sont pas nécessairement rompus à ce genre de joute
00:11:45 et qui font avec leurs armes, finalement.
00:11:48 Est-ce que ça représente la société française ?
00:11:51 Finalement, peut-être.
00:11:53 Ça représente une société française qui se bordélise, pour reprendre le terme.
00:11:56 Aurélien Taché est avec nous en direct de l'Assemblée.
00:11:59 Bonjour, merci de répondre à nos questions.
00:12:00 Je rappelle que vous êtes député européen du gilet vert du Val d'Oise.
00:12:03 Alors, on le sait, la semaine qui s'ouvre est cruciale,
00:12:05 parce que c'est la dernière, en tout cas pour le Parlement.
00:12:08 Faut-il, selon vous, puisqu'on a beaucoup parlé des dissensions
00:12:11 qui règnent au sein de l'ANUPS à ce propos,
00:12:13 faut-il... Vous êtes de l'école de ceux qui veulent le retrait des amendements
00:12:16 pour qu'enfin, enfin, on y arrive à ce fichu article 7
00:12:19 où vous dites non, non, on va maintenir les choses dans l'État.
00:12:23 D'abord, je dis que si le gouvernement ne nous avait pas contraints
00:12:28 avec une procédure extrêmement particulière à débattre en 15 jours,
00:12:31 on n'aurait pas eu à se poser toutes ces questions.
00:12:33 Donc, je vais vous répondre, évidemment.
00:12:35 Mais ne retournons pas complètement les responsabilités.
00:12:38 C'est le gouvernement qui fait le choix d'une procédure
00:12:40 qui ne permet pas un débat avec le temps nécessaire.
00:12:43 Maintenant, moi, je tiens absolument à ce qu'on discute de l'article 7,
00:12:46 effectivement, parce que je ne veux pas qu'on vienne, dans quelques temps,
00:12:49 nous expliquer "Ah, mais si l'article 7 avait été examiné,
00:12:53 évidemment que j'aurais voté contre ou que je me serais abstenu".
00:12:55 Il va falloir que chaque parlementaire prenne ses responsabilités
00:12:58 et dise aux Français, en conscience, si oui ou non,
00:13:00 il veut qu'il travaille jusqu'à minimum 64 ans, 67,
00:13:03 pour partir sans décote. Il faut un vote pour cela.
00:13:06 Moi, j'y tiens. Dans l'ANUP, je pense que c'est une idée
00:13:08 qui est en train de faire son chemin.
00:13:10 Et donc, on verra comment il faut ajuster les choses
00:13:14 pour que ce soit possible.
00:13:15 Mais je crois qu'aujourd'hui, c'est un objectif partagé par tout le monde.
00:13:18 - On reviendra peut-être à la forme à la fin de l'interview,
00:13:22 mais il y a eu maldonne, clairement, sur les fameux 1 200 euros pour tous.
00:13:27 Est-ce que, à votre sens, les LR à qui on avait donné des gages,
00:13:30 de ce point de vue, devraient renoncer ?
00:13:32 Et là, ça ouvre le champ des possibles, a priori.
00:13:35 - Sur les 1 200 euros pour tous, malheureusement,
00:13:40 vous voyez bien que beaucoup de vos confrères eux-mêmes
00:13:43 reconnaissent qu'ils ont été un petit peu baladés,
00:13:47 que finalement, comme les Français les premiers,
00:13:49 on a tous, peut-être sauf l'opposition,
00:13:53 qui se méfient un petit peu plus des promesses du gouvernement,
00:13:56 mais il y a eu un espèce d'effet d'annonce, d'effet "waouh",
00:13:59 comme ça, tout le monde va avoir 1 200 euros,
00:14:02 on va sortir 4 millions de retraités de la pauvreté,
00:14:04 et on s'aperçoit, au fur et à mesure,
00:14:06 que ça ne va concerner que très peu de gens,
00:14:08 qu'il faudra vraiment avoir eu sa carrière complète,
00:14:10 ce qui n'est quasiment jamais le cas pour les femmes,
00:14:12 qui peuvent avoir eu des interruptions plus souvent que les hommes,
00:14:15 soit liées à la grossesse ou à d'autres problèmes de discrimination professionnelle,
00:14:19 parce qu'on sait bien que, malheureusement, c'est encore le cas dans notre pays.
00:14:22 Donc vous voyez bien que même là-dessus, il y a un tourloupe, finalement,
00:14:25 il y a un guissou roche, et c'est pour ça qu'il faut absolument
00:14:27 qu'on puisse avoir un débat le plus clair possible avec les Français
00:14:31 et à l'Assemblée nationale, pour qu'ils voient véritablement ce qu'il y a dans ce projet,
00:14:34 leur demander de travailler plus longtemps pour, finalement,
00:14:37 compenser des engagements de l'État,
00:14:40 sans que les plus précaires d'entre eux ne s'y retrouvent niveau pension.
00:14:43 – Vous avez entendu Sandrine Rousseau hier, forcément, sur notre antenne,
00:14:46 dans le Grand Rendez-Vous, est-ce que vous faites partie de ceux qui pensent
00:14:49 que la rue doit l'emporter, quelle que soit l'issue du vote,
00:14:53 surtout si le vote ne vous est pas favorable ?
00:14:56 – Non, moi je considère qu'il y a un vote,
00:15:00 et qu'il y a une procédure parlementaire et qu'elle doit être respectée.
00:15:03 En revanche, vous savez, la politique ne s'arrête pas à l'enceinte de l'Assemblée nationale,
00:15:07 le mouvement social a son mot à dire,
00:15:09 quand vous avez une intersyndicale qui dit que la France doit être à l'arrêt,
00:15:12 et que M. Laurent Berger, qui est un modéré,
00:15:15 dit que lui aussi souscrit à cela, il faudra entendre.
00:15:18 Et donc, nous au Parlement, il y aura effectivement une procédure
00:15:22 qui s'arrêtera vendredi, mais le mouvement social continue,
00:15:24 et la NUPS sera avec ce mouvement social, évidemment,
00:15:27 et après ce sera au gouvernement de prendre ses responsabilités
00:15:30 et de voir s'il veut vraiment mettre un pays à l'arrêt,
00:15:33 parce qu'il veut faire passer une réforme dont personne ne veut dans l'opinion,
00:15:36 et parmi ses concitoyens.
00:15:38 – Parlons des choses qui fâchent, le spectacle LFI,
00:15:41 je précise bien LFI, dans l'hémicycle, vous trouvez ça potache ou affligeant ?
00:15:47 Vous avez quand même une certaine expérience parlementaire,
00:15:49 vous n'êtes pas né de la dernière pluie, vous étiez d'ailleurs dans la majorité
00:15:52 au début de la dernière législature, est-ce que vous dites
00:15:56 qu'il y a quand même des limites à la gaminerie aujourd'hui ?
00:16:00 – Moi ce que je dis, c'est que vous avez quand même des gens aussi
00:16:03 qui ont voté pour nous en souhaitant qu'on s'oppose,
00:16:05 et qu'on s'oppose fortement à un certain nombre de projets
00:16:08 voulus par ce gouvernement, et notamment la question des retraites.
00:16:11 Maintenant, attention effectivement à ne pas finalement
00:16:14 faire le jeu de ceux qu'on combat.
00:16:16 Nous devons opposer une contestation très ferme, sans ambiguïté, à ce projet,
00:16:21 mais nous devons le faire le plus efficacement possible,
00:16:23 c'est aussi ce qu'attendent nos électeurs, c'est que nous obtenions des victoires,
00:16:26 et pour cela il faut effectivement avoir une stratégie parlementaire
00:16:29 qui soit peut-être un peu revue, un peu affinée,
00:16:32 pour qu'elle donne un vrai débouché au mouvement social.
00:16:34 Encore une fois, j'ai aussi entendu ma collègue Sandrine Rousso
00:16:38 à votre antenne hier, j'ai aussi entendu Laurent Berger sur une autre antenne,
00:16:41 et c'est ce qu'il souhaite, et je le comprends,
00:16:43 et je m'inscris pleinement dans cette logique.
00:16:45 Donc oui, pour une opposition ferme, c'est ce qu'attendent nos électeurs,
00:16:48 mais il faut faire attention en revanche sur l'efficacité,
00:16:50 et là on peut sûrement faire mieux.
00:16:52 Juste une dernière question, un de vos collègues, Benjamin Lucas,
00:16:54 je crois est en train de présenter, peut-être même en ce moment,
00:16:57 un jeu aux journalistes, un jeu qui s'appelle,
00:16:59 il y a une invitation presse tout à fait officielle qui a été lancée,
00:17:02 qui s'appelle "Les 64 bornes", on a bien compris de quoi il retournait.
00:17:07 Très franchement, vous l'auriez fait ou pas ?
00:17:10 Moi je n'ai pas le talent créatif de Benjamin,
00:17:15 donc je ne pense pas que je me serais lancé là-dedans,
00:17:17 c'est une très bonne idée,
00:17:18 Benjamin a trouvé un moyen ludique et pédagogique
00:17:22 de faire passer un message, aucun problème,
00:17:24 et puis chacun son style, moi j'en ai un autre,
00:17:28 mais ça c'est pas grave, l'Assemblée est faite et riche de sa diversité.
00:17:31 Merci, posez-moi l'hyper tirée quand même,
00:17:33 merci beaucoup Aurélien Tachy d'avoir répondu à nos questions,
00:17:35 et merci à Ayla Duchat.
00:17:37 Je vous en prie, une très bonne après-midi.
00:17:39 Merci, pareillement.
00:17:41 Sur le jeu, est-ce que vraiment les Français paient pour ça ?
00:17:44 Parce que c'est l'argent des Français quand même,
00:17:45 c'est les contribuables qui paient, les parlementaires.
00:17:47 Oui, ça ressemble vraiment à un gadget,
00:17:49 bon après je ne mettrais pas ça sur le même plan
00:17:51 que le ballon de foot ou le pendu,
00:17:55 c'est quand même pas violent,
00:17:57 c'est un jeu de mots sur son nom de famille,
00:17:59 bon c'est pas…
00:18:00 De fait, c'est une façon de se faire de la publicité,
00:18:04 ils essaient de se démarquer chacun les uns et les autres,
00:18:07 c'est pas très grave, ça ne fait pas avancer le schmilblick,
00:18:09 mais c'est pas graviss…
00:18:12 Ça ne me paraît pas avoir un caractère gravissime.
00:18:15 Moi, ce que je note, c'est que la NUPES déploie des trésors d'imagination,
00:18:19 mais les syndicats aussi, d'une façon,
00:18:21 même si tout le monde s'accorde à dire que ça se passe très bien dans la rue,
00:18:24 qu'ils font ça très bien, mais enfin,
00:18:25 néanmoins, il y a beaucoup d'agitation,
00:18:27 on en fait des tonnes pour compenser quand même un péché originel,
00:18:30 qui est certain, c'est qu'ils avaient tous appelé à voter Macron.
00:18:33 Donc à un moment, vous savez, c'est la dame patronesse qui a fauté,
00:18:36 qui essaie de se boutonner jusqu'en haut pour montrer toute sa vertu,
00:18:39 c'est tout à fait la même configuration.
00:18:40 Revenons, Florian, sans être trop technique non plus,
00:18:43 à cette question des 1200 euros.
00:18:45 C'est quand même très très important,
00:18:46 parce que c'est quand même aussi révélateur
00:18:48 de la mauvaise communication de ce gouvernement
00:18:50 qui s'empêtre maintenant, on l'a vu,
00:18:52 y compris ce matin sur l'intrantenne,
00:18:54 des mondes de la majorité qui vont au combat
00:18:57 pour tenter d'expliquer un peu ce qui a pu se passer,
00:18:59 mais c'est quand même…
00:19:01 Si c'est une arnaque, il faut le dire telle quelle.
00:19:03 Est-ce que c'est une arnaque ?
00:19:04 Oui, c'est une arnaque, puisque, en fait,
00:19:06 qu'est-ce qui s'est passé ?
00:19:07 Ils ont fait d'un cas particulier un cas général.
00:19:10 Oui, le cas particulier d'une personne travaillant au SMIC
00:19:14 et qui a travaillé toute sa vie,
00:19:16 qui n'a pas une carrière hachée,
00:19:18 qui ne s'est pas arrêtée pendant X années,
00:19:20 aura le droit à une revalorisation de l'ordre de 100 euros.
00:19:23 C'est-à-dire que sa pension passera
00:19:25 d'un peu plus de 1100 euros à un peu moins de 1200 euros par mois.
00:19:29 Et même on dit une fourchette autour de 60.
00:19:31 C'est plutôt…
00:19:32 Non, c'est plutôt aux alentours d'un peu plus de 90,
00:19:34 entre 90 et 100.
00:19:36 Il y a différents mécanismes qui ont en jeu.
00:19:38 Mais ça concerne combien de personnes ?
00:19:39 C'est ça qu'il faut savoir.
00:19:40 Mais ça, le gouvernement n'est pas capable de le dire précisément.
00:19:44 Pourquoi ?
00:19:45 Parce qu'il doit s'appuyer sur le nombre de trimestres
00:19:48 qui ont été cotisés par les dites personnes.
00:19:51 C'est-à-dire que ce soit les personnes qui sont actuellement à la retraite
00:19:54 ou les personnes qui vont partir prochainement à la retraite.
00:19:56 Et avant 2007, on n'avait pas ce système de trimestre,
00:20:00 de cotisation de trimestre cotisé
00:20:03 pour pouvoir calculer justement le montant de la pension qu'on aura à verser.
00:20:09 Donc ça va être effectivement un vrai casse-tête pour l'exécutif
00:20:12 pour déterminer l'ensemble des personnes actuellement à la retraite
00:20:16 et les nouveaux retraités,
00:20:17 peut-être un peu plus d'ailleurs pour les personnes actuellement à la retraite,
00:20:20 combien ils vont toucher dans le futur.
00:20:22 Mais ça, ce sera un casse-tête qui viendra après, bien évidemment,
00:20:25 le vote de la réforme, si la réforme est votée.
00:20:27 Mais quand même, Jonathan Sixou a quelques jours du vote maintenant,
00:20:29 pardon d'insister, mais sur le plan politique,
00:20:32 ça peut rebattre les cartes avec les LR,
00:20:34 parce qu'on rappelle quand même que cette formation politique,
00:20:36 on l'avait fait une sorte de Cassius Belli,
00:20:38 de cette question des 1200 euros minimum.
00:20:41 Oui, mais là, chacun marche sur des oeufs,
00:20:44 sur cette question précise des 1200 euros.
00:20:48 On a vu ce matin les différentes interventions
00:20:50 des membres du gouvernement qui se raccrochent aux branches,
00:20:53 en nous expliquant une nouvelle fois que nous n'avons rien compris
00:20:57 de ce qu'ils nous disaient il y a encore quelques jours.
00:20:59 Le gouvernement pâtit, avec cette réforme en particulier,
00:21:04 d'une très, très mauvaise communication,
00:21:06 alors qu'on nous dit que c'est du tout com',
00:21:08 on ne la voit pas vraiment et surtout, elle n'est pas effective.
00:21:11 Je me demande si, sans rentrer dans un débat,
00:21:14 dans une explication technocratique ou très technique,
00:21:19 je me demande si l'heure n'est pas de simplement mettre les chiffres sur la table
00:21:22 et d'expliquer aux Français le bien fondé de cette réforme.
00:21:27 Quand on a 3000 milliards de dettes, il faut faire quelques concessions
00:21:30 pour continuer d'avoir de l'argent qui nous coûte de plus en plus cher.
00:21:33 Allez, on s'interrompt un petit peu, on va passer à la chronique éco.
00:21:36 C'est Éric de Riedmattel qui va nous rejoindre.
00:21:38 Alors, il n'y a pas de billboard, on a perdu le billboard.
00:21:43 Allez, passez-le à la caméra, ça ne fera pas obstruction,
00:21:46 si vous pouvez me permettre cette expression.
00:21:48 Bonjour Éric.
00:21:49 Alors, on va parler d'une bonne nouvelle selon vous,
00:21:51 puisque la Commission européenne a dévoilé ce matin
00:21:53 les prévisions pour 2023.
00:21:55 On s'attendait au pire, visiblement on n'y va pas tout à fait quand même.
00:21:58 Alors, c'est vrai, disons que c'est meilleur que prévu.
00:22:00 Le point important c'est que l'Europe, si vous voulez, la zone euro
00:22:03 ne sera pas en récession.
00:22:04 Tout le monde s'attendait vraiment à une chute importante.
00:22:06 Eh bien, elle va résister quand même à l'effondrement que l'on redoutait.
00:22:09 Il y a la hausse des prix, il y a l'énergie, bien sûr, vous le savez.
00:22:12 Et là, donc, on sera en croissance l'an prochain.
00:22:14 On va même approcher 1% de croissance d'après l'égypte de la Commission européenne,
00:22:18 0,9% précisément.
00:22:20 Mais quand on regarde la France, ce qui est important,
00:22:22 c'est de comparer à notre pays, eh bien là on s'aperçoit que la France,
00:22:25 elle, va être en mauvaise position parce qu'elle sera 3 fois moins bien logée
00:22:29 avec 0,3% de croissance, si tout va bien j'ose dire.
00:22:32 Alors, ensuite vous regardez l'inflation.
00:22:34 L'inflation, là, elle va durer en 2023.
00:22:36 La Commission européenne dit que dans la zone euro,
00:22:38 je précise bien la zone euro, elle sera autour de 5,6%.
00:22:41 Mais en France, la Banque de France a dit 6%.
00:22:44 Or, souvenez-vous, en 2022, la France était mieux lotie que la zone euro.
00:22:48 Ben là, ce n'est plus le cas, on va donc un peu souffrir.
00:22:51 Ça va continuer autrement dit.
00:22:52 Et puis le chômage, je termine par le dernier point.
00:22:54 En France, on va rester à 7,3%.
00:22:57 Et la zone euro annonce 6% de chômeurs.
00:22:59 Donc vous voyez, on n'arrive pas à résoudre ces chiffres.
00:23:02 Alors, que ce que je veux dire par là ?
00:23:03 C'est que vous avez une France qui va être affaiblie en 2023.
00:23:06 Vous avez une crise sociale, une crise morale,
00:23:08 et puis plein de problèmes à régler en urgence, et on ne le fait pas.
00:23:12 Ça veut dire qu'on est même handicapé à l'exportation.
00:23:15 Souvenez-vous de la semaine dernière, on parlait du chiffre du commerce extérieur,
00:23:17 164 milliards de déficit.
00:23:19 On a perdu un point de part de marché avec les clients européens,
00:23:22 qui sont nos partenaires, au profit de pays comme l'Autriche et l'Irlande.
00:23:26 Voilà donc la France qui est un pays qui aura sûrement
00:23:29 beaucoup plus de chemin à faire que les autres pour remonter la pente cet année en 2023.
00:23:33 Et dire que je pensais que vous étiez venu pour nous annoncer de bonnes nouvelles.
00:23:36 Enfin, pas si mauvaise nouvelle.
00:23:38 Merci beaucoup Eric.
00:23:39 On reste ensemble, on continue évidemment à parler de la reprise des débats
00:23:42 autour de la réforme des retraites, et puis on parlera évidemment
00:23:45 de cette affaire qui nous a tous secoués ce week-end.
00:23:47 Ce terrible accident qui a impliqué plusieurs personnes
00:23:50 et dont Pierre Palmade est à l'origine.
00:23:52 On parlera de l'addiction à ce que sont ces drogues dures,
00:23:55 telles que la cocaïne, avec vous notamment.
00:23:58 A tout à l'heure.
00:23:59 De retour avec vous dans 90 minutes info.
00:24:04 Avant de reprendre le débat quasiment là où nous l'avons laissé,
00:24:07 je vous propose de retrouver Michael Devese, pardon, Mathieu Devese.
00:24:13 Pour le Michael Dorian, il n'est pas là.
00:24:15 Je vous propose de retrouver Mathieu Devese pour le JT aujourd'hui.
00:24:17 Bonjour Mathieu.
00:24:18 Bonjour Nelly, bonjour à tous.
00:24:19 Les médecins libéraux seront à nouveau en grève demain.
00:24:21 Une manifestation est notamment prévue à Paris.
00:24:23 Ils réclament des hausses de tarifs et s'opposent à une proposition de loi
00:24:26 examinée au Sénat.
00:24:27 Les détails avec Augustin Donadieu.
00:24:29 Journée noire dans les cabinets et journée blanche dans la rue.
00:24:34 Les médecins libéraux sont appelés à cesser le travail
00:24:37 et à manifester dans Paris ce mardi.
00:24:39 Objectif, dénoncer l'acharnement du gouvernement
00:24:42 sur leur profession, selon eux.
00:24:44 On refuse de nous revaloriser pour pouvoir attirer des jeunes confrères.
00:24:49 On veut transférer nos compétences durement acquises
00:24:52 pendant 10 à 15 ans d'études.
00:24:54 On est en train de torpiller la profession.
00:24:58 On ne comprend pas pourquoi.
00:24:59 L'un des éléments déclencheurs de ce mouvement,
00:25:01 la proposition d'une hausse d'à peine 1,50 euro sur la consultation de base,
00:25:06 passant de 25 à 26,50 euro, loin des 50 euros réclamés.
00:25:11 Une proposition vécue comme une provocation par les médecins.
00:25:15 On demande des choses simples,
00:25:17 une revalorisation significative à la hauteur de la moyenne européenne
00:25:20 et la baisse de la charge administrative.
00:25:22 Moi, au lieu de remplir des dossiers, j'ai envie de voir des gens malades.
00:25:24 Et on nous surcharge de certificats, de dossiers à remplir.
00:25:28 On embolise nos consultations avec de l'administratif.
00:25:31 Les négociations avec l'assurance maladie,
00:25:33 entamées en novembre dernier, doivent aboutir d'ici à la fin du mois.
00:25:36 SOS Médecins s'est d'ores et déjà joint à la mobilisation,
00:25:39 appelant ses adhérents à cesser le travailleuse aussi,
00:25:42 pendant 24 heures à partir de demain.
00:25:44 L'indemnité carburant est prolongée d'un mois jusqu'à fin mars.
00:25:49 Il s'agit d'une prime de 100 euros, disponible depuis mi-janvier,
00:25:52 pour les foyers les plus modestes.
00:25:53 Selon Bruno Le Maire, environ la moitié des ménages concernés
00:25:56 n'ont pas encore déposé de demande.
00:25:58 On écoute le ministre de l'Economie, c'était sur RTL ce matin.
00:26:01 Aujourd'hui, vous avez quasiment la moitié de ceux qui auraient droit
00:26:05 à cette indemnité qui ne sont pas allés la chercher.
00:26:07 Il y a 10 millions de personnes qui auraient droit ?
00:26:09 Oui, il y a quasiment la moitié qui ne sont pas allés la chercher.
00:26:11 Pourquoi ? Parce que c'est trop compliqué ?
00:26:13 Non, parce que je pense qu'il y a ceux qui croient qu'ils n'y ont pas droit,
00:26:15 alors qu'ils y ont droit.
00:26:16 Je rappelle qu'un couple avec enfant qui gagne 3 285 euros net par mois,
00:26:21 il peut avoir cette indemnité carburant travailleur de 100 euros.
00:26:24 Donc nous allons prolonger cette indemnité.
00:26:26 Elle devait s'arrêter fin février.
00:26:28 Nous la prolongerons jusqu'à fin mars,
00:26:30 de façon à ce que les millions de nos compatriotes qui y ont droit
00:26:33 puissent aller la chercher.
00:26:35 Le bilan humain s'alourdit de jour en jour.
00:26:37 En Turquie et en Syrie, deux pays touchés par un important séisme
00:26:40 il y a une semaine.
00:26:41 Plus de 35 000 morts désormais.
00:26:43 Selon l'ONU, le bilan pourrait encore doubler.
00:26:45 Vous le voyez à l'antenne, en Turquie, un bébé de 21 jours
00:26:48 a été retrouvé vivant dans les décombres six jours après le drame.
00:26:51 Le récit est signé Célia Barraud.
00:26:53 De jour comme de nuit, les secouristes recherchent toujours
00:26:57 des survivants en Turquie et en Syrie.
00:26:59 Plusieurs jours après la catastrophe,
00:27:01 des cas de sauvetage miraculeux continuent d'arriver.
00:27:04 Parmi les derniers escapés, plusieurs enfants et adolescents.
00:27:07 De quoi redonner un peu d'espoir aux survivants
00:27:10 qui attendent près des bâtiments effondrés,
00:27:13 de voir sortir leurs proches des décombres.
00:27:15 Nous sommes sortis de l'épave par nos propres moyens.
00:27:19 Nous avons survécu, mais notre famille est toujours coincée à l'intérieur.
00:27:23 Ma mère et ma sœur sont toujours dans l'épave.
00:27:26 Nous les attendons.
00:27:28 Installés à même le trottoir ou dans des campements de fortune,
00:27:31 ce sont aujourd'hui des centaines de milliers de personnes
00:27:34 qui se retrouvent sans abri.
00:27:36 Même mes enfants pleurent maintenant.
00:27:38 Ils disent "maman, tout est parti, notre enfance est partie,
00:27:41 nos souvenirs sont tous partis".
00:27:43 Selon l'ONU, ce tremblement de terre qui a frappé le sud de la Turquie
00:27:47 et le nord-ouest de la Syrie
00:27:49 est le pire événement depuis cent ans dans cette région.
00:27:52 Les États-Unis démentent avoir envoyé des ballons espions
00:27:56 dans l'espace aérien chinois.
00:27:58 L'ONU avait pourtant affirmé que des ballons américains
00:28:01 avaient survolé le pays à plus de dix reprises
00:28:03 sans aucune autorisation depuis l'année dernière.
00:28:05 Les États-Unis et la Chine sont en pleine tension
00:28:07 depuis le survol du sol américain par un engin chinois finalement abattu.
00:28:10 On termine ce journal avec du football.
00:28:13 Kylian Mbappé sera dans le groupe du Paris Saint-Germain
00:28:16 face au Bayern Munich.
00:28:18 Victime d'une lésion à la cuisse gauche le 1er février,
00:28:21 l'attaquant est de retour de blessure plutôt que prévu.
00:28:23 Il s'est même entraîné hier et aujourd'hui.
00:28:25 Le PSG affrontera demain le Bayern Munich
00:28:27 dans ce final allé de Ligue des Champions.
00:28:29 C'est la fin de ce journal.
00:28:30 La suite de 90 minutes info, c'est avec vous Nelly et vos invités.
00:28:33 Merci beaucoup cher Mathieu.
00:28:35 On va parler avec nos invités de l'affaire Pierre Palmat
00:28:38 qui a choqué tout le monde bien évidemment dès vendredi soir.
00:28:41 Il a causé, on le rappelle, un accident gravissime de la route
00:28:44 dans lequel un foetus est mort, la mère, un enfant de 6 ans
00:28:47 et un homme sont toujours gravement blessés.
00:28:49 On sait que la drogue fait des ravages sur les routes.
00:28:52 En France, on estime que 21% de la mortalité routière
00:28:55 concerne un conducteur qui a consommé des stupéfiants.
00:28:58 Voyons ce qui est en jeu avec Marine Sabourin.
00:29:01 Altération de la conscience, augmentation du temps de réaction.
00:29:07 Les effets négatifs liés à la consommation de drogue
00:29:09 sont bien souvent sous-estimés voire ignorés.
00:29:11 Le cannabis par exemple entraîne une somnolence
00:29:14 et ralentit la coordination des mouvements.
00:29:16 L'ecstasie masque la sensation de fatigue
00:29:18 et altère les capacités mentales.
00:29:20 La cocaïne, elle, suscite une conduite agressive
00:29:23 et est associée à des erreurs d'attention, de jugement.
00:29:26 Au début, on a l'impression d'être au contraire plus efficace,
00:29:29 socialement plus adaptée avec la cocaïne.
00:29:31 Les gens ne se rendent pas compte.
00:29:34 Ils ont l'impression d'être dans leur état normal
00:29:37 alors qu'en fait, il y a déjà souvent longtemps
00:29:40 que le manque de sommeil, le manque d'hygiène de vie
00:29:43 fait qu'ils se sont éloignés de la norme qu'ils chérissent tant.
00:29:48 En cas de test positif aux stupéfiants,
00:29:50 les peines encourues peuvent aller de 2 ans d'emprisonnement
00:29:53 et 4 500 euros d'amende et jusqu'à 7 ans et 100 000 euros
00:29:56 en cas d'accident mortel.
00:29:58 6 points du permis de conduire sont automatiquement retirés
00:30:01 aux conducteurs sous l'empire de la drogue.
00:30:03 Un permis qui peut être suspendu, voire annulé.
00:30:05 Chaque année, en France, 700 personnes sont tuées sur les routes
00:30:08 dans un accident impliquant un conducteur ayant consommé des stupéfiants.
00:30:12 Jérémy Calfour, vous êtes avocat pénaliste.
00:30:15 Il sera entendu à un moment ou à un autre par les policiers,
00:30:18 Pierre Palmade, et c'est heureux sans doute parce qu'on en saura
00:30:21 un peu plus sur les circonstances aussi de cette soirée.
00:30:24 Il y aura sans doute des poursuites judiciaires à suivre.
00:30:27 On parle déjà d'une enquête pour homicide involontaire.
00:30:30 Ça peut aller chercher loin ce genre d'affaires,
00:30:32 surtout quand il s'agit de quelqu'un qui avait des antécédents,
00:30:35 y compris judiciaire, liés à sa consommation de stupéfiants.
00:30:38 Il faut être très prudent ici parce qu'on ne connaît pas le dossier.
00:30:41 Vous l'avez dit, Pierre Palmade n'a pas été entendu.
00:30:43 J'ai cru comprendre qu'il y avait deux personnes
00:30:45 qui avaient assisté à l'accident qui étaient en fuite.
00:30:48 Donc finalement, on ne sait pas grand-chose de ce drame.
00:30:50 La peine maximale encourue pour un homicide involontaire
00:30:53 sous l'emprise de stupéfiants, c'est non pas sept ans
00:30:56 d'emprisonnement, mais dix ans d'emprisonnement
00:30:59 si vous avez, en plus de la consommation de stupéfiants,
00:31:03 violé une règle de prudence ou de sécurité.
00:31:06 Si par exemple un stop a été brûlé ou une ligne blanche
00:31:09 a été franchie, on a violé une autre règle de prudence.
00:31:12 Là en l'occurrence, c'est un excès de vitesse.
00:31:15 Un excès de vitesse, c'est donc dix ans d'emprisonnement encouru.
00:31:18 Ça peut aller chercher effectivement très loin.
00:31:20 Mais dans les faits, je pense que statistiquement,
00:31:24 on a plus affaire à des ports de bracelet électroniques
00:31:26 dans les affaires qui sont traitées en l'espèce.
00:31:29 Alors, je n'ai pas les statistiques sur les homicides involontaires.
00:31:32 Ce qui est sûr, c'est que ce sont des peines encourues.
00:31:34 C'est un maximum légal. Le maximum légal est rarement atteint.
00:31:37 Mais en réalité, la plupart du temps,
00:31:39 lorsque l'on traite de ce genre d'affaires,
00:31:41 on est face à une culpabilité très forte
00:31:43 de la personne qui a causé l'accident.
00:31:46 Et généralement, cette culpabilité est une peine en soi.
00:31:48 Alors, il y a en plus une peine prononcée par la justice,
00:31:52 une sorte de honte sociale qui est rajoutée en plus.
00:31:56 Mais généralement, le conducteur porte la culpabilité en lui.
00:32:00 Et c'est souvent des audiences qui sont très émouvantes
00:32:02 parce que vous avez la plupart du temps un conducteur
00:32:05 qui est psychologiquement ravagé par les conséquences de l'accident.
00:32:08 Et d'autant plus là, lorsqu'il s'agit de quelqu'un
00:32:11 qui en plus a une notoriété nationale.
00:32:15 Gabriel Cluzel, qu'est-ce que ça vous inspire cette affaire ?
00:32:18 On a vu quand même un déferlement sur les réseaux sociaux,
00:32:21 y compris de ceux qui disaient au fond,
00:32:24 Pierre Palmade, ce ne sera pas injusticiable comme les autres,
00:32:27 il va s'en sortir.
00:32:28 Les gens sont très, très pris et saisis par cette affaire,
00:32:31 disant qu'on avait trop parlé de lui dans un premier temps
00:32:34 et pas assez donné la parole à la famille des victimes
00:32:37 ou qu'on ne s'était pas assez intéressé au sort des autres victimes.
00:32:40 Ça vous a frappé aussi ?
00:32:42 C'est vrai que ça a pu heurter, on le comprend,
00:32:45 parce qu'on a su très vite qu'il y avait un enfant blessé,
00:32:48 qu'il y avait une jeune femme enceinte qui a perdu son bébé.
00:32:52 D'ailleurs, il n'est pas évident que l'homicide involontaire soit retenu,
00:32:56 par raison du statut du fœtus.
00:33:00 Vous savez que la jurisprudence, pour ne pas mettre à mal le droit à l'avortement,
00:33:03 ne reconnaît pas de personnes juridiques au fœtus,
00:33:07 donc ce n'est pas évident.
00:33:09 L'avocat en parlerait sans doute mieux que moi,
00:33:11 mais c'est vrai que ce sont des sujets importants.
00:33:13 Et tout de suite, on a eu l'impression qu'on s'est beaucoup intéressé à Pierre Palmade.
00:33:17 Ce qui était assez logique dans la mesure où Pierre Palmade était connu,
00:33:21 mais il y a pu avoir, on le comprend, un phénomène d'antipipolisation,
00:33:28 c'est-à-dire de se dire que toutes les vies humaines valent la même chose.
00:33:32 Lui, en l'occurrence, visiblement, pour ce qu'on sait de l'enquête,
00:33:35 portait la responsabilité.
00:33:37 En plus, il était sous drogue, médicament de substitution.
00:33:39 Je ne crois pas me tromper, mais il avait déjà été fait l'objet d'une condamnation.
00:33:44 Et d'injonction thérapeutique.
00:33:46 Exactement.
00:33:47 Donc, évidemment, tout cela a pu choquer, et c'est vraiment légitime.
00:33:52 Moi, la question que je me pose, c'est que je trouve qu'il y a un regard
00:33:54 qui n'est pas le même sur la consommation de drogue et la consommation d'alcool.
00:33:58 On a l'impression que la sécurité routière en fait beaucoup sur la consommation d'alcool,
00:34:02 ce qui est très bien.
00:34:04 Et en revanche, sur la drogue, qui a pourtant des conséquences délétères sur la route,
00:34:09 on a l'impression qu'on l'entend beaucoup moins.
00:34:12 Et on a pu lire dans la presse que certains disaient que,
00:34:15 oui, parce que finalement, la cocaïne, entre guillemets, c'est la drogue des riches,
00:34:19 donc il y a une forme de... et des people, des stars,
00:34:22 enfin, il y a une forme d'indulgence, peut-être.
00:34:25 C'est vrai qu'il y a une forme de banalisation ou d'amoindrissement
00:34:29 de la consommation de ce pétrole, et puis on reviendra à cette petite subtilité technique
00:34:33 de l'homicide involontaire.
00:34:35 Alors, les pouvoirs publics se concentrent sur l'alcool plus que sur la drogue
00:34:39 parce que le coût social de l'alcool est 14 fois plus élevé que celui de la drogue.
00:34:43 Je pense que si vous voulez baisser la délinquance significativement dans ce pays,
00:34:48 je ne parle pas seulement de la délinquance routière, mais toute la délinquance,
00:34:50 vous arrêtez la vente libre d'alcool.
00:34:53 La délinquance liée à la drogue, c'est pas mal non plus.
00:34:56 Qui est en cause dans 50% des affaires.
00:34:58 Maintenant, concernant la drogue, la subtilité de la drogue,
00:35:02 alors évidemment, les peines liées aux homicides involontaires
00:35:06 ou aux accidents de la circulation, ou même à la conduite sous l'empire de stupéfiants
00:35:09 sont sévères, et plus sévères que la conduite sous l'empire d'un état alcoolique,
00:35:14 mais ce qu'il faut bien avoir en tête, et c'est ça la subtilité aussi avec l'alcool,
00:35:20 c'est que l'alcool fait effet beaucoup plus longtemps qu'un certain nombre de drogues.
00:35:27 Par exemple, les effets de la cocaïne, c'est entre 15 et 30 minutes,
00:35:30 en fonction du mode d'administration.
00:35:32 Au-delà de 30 minutes, ça s'estompe.
00:35:34 Or, les effets de l'alcool, vous baissez en général de 0,1 g dans le sang par heure.
00:35:39 Donc ça peut être très très long, et c'est aussi pour ça que les pouvoirs publics
00:35:42 se sont concentrés sur l'alcool.
00:35:43 Jonathan Cixot, une réaction à cette idée que ce serait moins grave,
00:35:49 à priori, de consommer de la drogue que de l'alcool,
00:35:53 et puis peut-être, j'aimerais vraiment qu'on revienne à cette notion
00:35:56 d'homicide involontaire derrière.
00:35:57 C'est tout aussi grave.
00:35:58 Dès lors que vous altérez vos capacités motrices et votre jugement
00:36:02 avec quelques expédiants que ce soit, et que vous prenez le volant,
00:36:06 c'est tout aussi grave.
00:36:08 On assiste de toute façon à une banalisation depuis tant d'années
00:36:12 de la consommation de cannabis, avec même ce forcing politique
00:36:17 pour sa légalisation, et non, la cocaïne connaît une spécificité,
00:36:22 ça n'est plus la drogue des riches, la drogue des stars, etc.
00:36:24 Il y a une démocratisation depuis des années de la cocaïne,
00:36:28 et cette drogue se retrouve chez les ouvriers dans le bâtiment,
00:36:31 chez les marins dans la marine marchande, par exemple.
00:36:33 Ça fait vraiment des ravages.
00:36:36 Concernant ces critiques parfois très violentes qu'on a pu voir
00:36:39 ce week-end, et notamment en disant que Pierre Palman
00:36:43 ne serait pas injusticiable comme un autre, etc.
00:36:45 Je rappelle simplement qu'en 2003, Jean-Jacques Debout,
00:36:48 ce grand chansonnier, avait, lui, ça n'était pas un cas aussi,
00:36:52 il n'était pas aussi chargé, si je puis dire, que Pierre Palman,
00:36:55 mais à force d'avoir été arrêté sur la route avec un taux d'alcoolémie
00:36:59 très important, il avait fini par faire plus de deux mois de prison,
00:37:02 de la prison ferme, parce qu'il avait un antécédent avec des problèmes
00:37:05 liés à l'alcool, donc des personnalités...
00:37:07 C'est vrai qu'en France, on n'a pas la "tradition" anglo-saxonne
00:37:10 de médiatiser des personnalités qui vont derrière des barreaux
00:37:13 pour des peines symboliques, mais ça peut arriver.
00:37:16 Enfin, un dernier point, il est tout à fait normal, si je puis dire,
00:37:20 qu'on médiatise cette affaire, parce que ça met en cause
00:37:23 une personnalité connue du public. Il y a environ, je crois,
00:37:27 12 ou 13 000 morts par an sur les routes de France,
00:37:29 et on n'en parle pas systématiquement, c'est la force des choses
00:37:34 qui veut cela.
00:37:36 - Ça peut être de manière ironique aussi rappelé à la vigilance.
00:37:39 - Évidemment, et si on doit trouver un point positif,
00:37:43 c'est de mettre en avant les ravages de la drogue,
00:37:45 quels qu'elles soient.
00:37:46 - Allez, un petit mot, Gabrielle, en réaction à ce que dit Jonathan.
00:37:48 - Oui, c'est vrai que... Pourquoi ça réagit beaucoup
00:37:52 sur les réseaux sociaux ? C'est parce que les people qui ont
00:37:55 une aisance de vie, enfin, qui connaissent un dérinconfort de vie,
00:37:59 on attend d'eux une exemplarité. Donc là, c'est l'inverse
00:38:03 de l'exemplarité, et c'est vrai que par ailleurs,
00:38:05 on est à une époque où les people ont l'habitude de donner des leçons,
00:38:08 il y a des acteurs qui viennent vous donner des leçons divers,
00:38:11 ça peut être sur l'accueil des migrants, sur n'importe quoi,
00:38:13 et là, il y a une vidéo qui est ressortie où il fait un peu
00:38:15 la maîtresse d'école sur le port du masque, et les gens,
00:38:18 évidemment, lui disent "Porter le masque, c'est bien,
00:38:21 ne pas prendre de la cocaïne pour éviter de tuer des enfants
00:38:24 dans le ventre de leur mère, c'est mieux".
00:38:26 Voilà, donc c'est pour ça que, sans doute, ça a fortement réagi.
00:38:29 - Alors, ce chef de domicile involontaire, il sera contesté
00:38:34 par les partis ?
00:38:36 - Je ne sais pas, parce que je ne sais pas dans quel état
00:38:39 était ce fœtus. Généralement, quand vous êtes étonné
00:38:43 par une qualification, quand vous êtes étonné par une condamnation,
00:38:47 la réponse se trouve dans le dossier. Or, le dossier, je ne l'ai pas.
00:38:49 Simplement, la jurisprudence française dit cela.
00:38:52 Ça a été une saga jurisprudentielle entre la fin des années 90
00:38:57 et le début des années 2000. Est-ce qu'il peut y avoir
00:38:59 un homicide involontaire sur un fœtus ?
00:39:01 Finalement, la Cour de cassation a tranché en 2005.
00:39:03 Pour qu'il y ait homicide involontaire sur un fœtus,
00:39:06 il faut que celui-ci ait été extrait du ventre de sa mère
00:39:10 vivant et viable. Deux critères cumulatifs, vivant et viable.
00:39:15 Ça veut dire qu'il faut que le cœur batte au moment de l'extraction
00:39:19 et que le fœtus soit viable au moment où il est extrait.
00:39:22 Si vous n'avez pas ces deux critères, le fœtus n'est pas juridiquement
00:39:26 une personne et donc il ne pourra pas y avoir d'homicide involontaire
00:39:29 qui est le fait de tuer de façon involontaire.
00:39:31 Du coup, l'enquête pour homicide involontaire,
00:39:34 le fait même qu'on ait évoqué ça, à ce stade de l'enquête,
00:39:38 ça vous a surpris ? Ou vous vous êtes dit peut-être
00:39:41 que l'extrait serait suffisant ?
00:39:43 Je ne sais pas si l'enfant avait, si on était à six mois de gestation
00:39:46 ou sept mois de gestation, mais il est tout à fait possible,
00:39:49 moi je n'en sais rien, que l'enfant ait été extrait vivant et viable
00:39:52 et qu'il soit mort ensuite. Donc, je ne connais pas suffisamment
00:39:56 le dossier pour avoir été surpris, mais ce qui est sûr,
00:39:58 c'est qu'il y a une problématique sur cette qualification-là.
00:40:01 Et sur le sort des deux hommes qui se seraient trouvés
00:40:04 dans le véhicule avec lui et qui seraient partis,
00:40:06 parce que visiblement il y a des images qui ont été captées
00:40:09 d'une caméra embarquée dans le véhicule de témoins
00:40:13 qui se trouvaient non loin de là, donc ça c'est maintenant
00:40:16 à la disposition des enquêteurs et il semble avérer que ces deux hommes
00:40:20 aient été dans le périmètre et soient partis ensuite.
00:40:23 Ils peuvent être poursuivis pour non-assistance en danger
00:40:25 ou pour ne pas avoir donné l'alerte au secours ?
00:40:27 Alors, ce qui est sûr, c'est qu'ils ne conduisaient pas.
00:40:29 Pour non-assistance à personne en péril, c'est tout à fait possible.
00:40:33 Pour également délit de fuite, alors est-ce que c'est possible ou pas ?
00:40:38 Pour être parfaitement honnête, j'en sais rien.
00:40:41 Néanmoins, pour non-assistance à personne en péril,
00:40:44 à partir du moment où vous pouvez porter assistance à quelqu'un
00:40:47 sans mettre en danger votre propre sécurité,
00:40:50 alors vous pouvez être poursuivi pour non-assistance à personne en péril.
00:40:53 Alors, on n'a pas fini de parler de cette affaire,
00:40:55 puisque d'ici quelques minutes, nous serons du côté de l'hôpital Beaujol,
00:40:59 qui se trouve à Clichy, pour s'enquérir de la santé des victimes de cet accident.
00:41:05 Nous serons avec une de nos équipes.
00:41:07 On va aussi faire un petit détour, Florian, vous êtes resté dans notre compagnie,
00:41:10 par l'Assemblée, parce que là, ça y est, à 16h16,
00:41:12 les débats sont bien entamés, quoique, j'ai envie de dire les débats,
00:41:15 il semblerait qu'il y a quelques minutes, on vous l'a dit sans doute sur votre fil WhatsApp,
00:41:21 on parlait déjà du "cathôme à porte" dans l'hémicycle.
00:41:24 Ça veut dire qu'on n'est toujours pas sur le fond, a priori.
00:41:26 Oui, tout à fait. Les débats parlementaires ont repris tout à l'heure,
00:41:31 il y a quelques minutes à peine, débats qui ont débuté par plusieurs rappels aux règlements.
00:41:37 Les rappels aux règlements, cela permet aux députés de s'exprimer
00:41:41 et clairement d'afficher leur point de vue ou leur mécontentement à propos de tel ou tel sujet.
00:41:48 Jérémy Coquerel a par exemple expliqué qu'il souhaitait que les débats se prolongent au-delà du 17 février.
00:41:54 Il y a également Jean-Philippe Tanguy qui s'est exprimé sur cette notion de pension revalorisée à hauteur de 1200 euros.
00:42:01 Et d'ores et déjà, bien évidemment, le cas de Thomas Porte, on le rappelle, ce député LFI
00:42:06 qui avait posté sur les réseaux sociaux une photo de lui posant fièrement le pied sur un ballon
00:42:13 qui représentait la tête d'Olivier Dussopt, le ministre du Travail, qui est lui-même présent dans l'hémicycle,
00:42:18 qui défend ce texte pour le gouvernement puisque c'est lui qui a la charge justement de porter cette réforme des retraites.
00:42:25 Et d'ores et déjà, le cas de ce député qui, je le rappelle, a été exclu pour 15 jours a été évoqué dans l'enceinte de l'hémicycle.
00:42:32 Vous avez compris qu'on risque assez fort peu de débattre, y compris ce soir, du fond du sujet.
00:42:38 Alors on va peut-être écouter justement ce député LFI, Adrien Clouet, je crois, qui est en train de s'exprimer et sentir un peu l'ambiance.
00:42:47 Un allocataire de l'ASPA et de l'APL va perdre de l'argent avec votre réforme.
00:42:51 Il va perdre de l'argent car un euro que vous leur donnez en minimum contributif sera retiré pour 1,50 euro en matière d'allocation.
00:42:58 C'est donc deux ans en ferme pour tout le monde et 30 euros de moins également pour tout le monde.
00:43:03 Bref, si vous aviez voulu améliorer l'emploi des seniors de manière juste, déjà vous seriez venu travailler ce week-end,
00:43:10 on aurait ouvert l'Assemblée plutôt que de vous prélasser à la maison, mais on aurait pu examiner ce qui se fait dans les pays voisins.
00:43:18 La Finlande, où on sanctionne le licenciement durable des seniors au boulot.
00:43:23 On aurait pu regarder le Royaume-Uni, où on a des conseillers en insertion professionnelle dans le secteur médical.
00:43:28 On aurait pu regarder également le Danemark, où on propose des emplois publics aux seniors lorsqu'ils sont licenciés.
00:43:34 Bref, nous voterons non à cette amende.
00:43:37 Le 13 1996, qui le défend ?
00:43:41 C'est M.Legal ? Allez-y M.Legal.
00:43:45 Merci M. le Président.
00:43:48 C'est intéressant parce qu'il évoque l'index des seniors, c'est quelque chose qu'on n'a pas encore évoqué.
00:43:55 On l'a pas encore dit sur ce plateau, mais là aussi, on estime que le gouvernement ne va pas assez loin pour l'index des seniors.
00:44:04 Il n'y a pas d'amende suffisante.
00:44:07 En tout cas, on parle d'index, on aurait dû dire que sans emploi des seniors, on devrait de toute façon mettre les entreprises à l'amende.
00:44:14 Il y a une certaine inflexion qui a été réalisée, puisqu'on passerait d'entreprise de plus de 300 salariés à 50 salariés seulement,
00:44:20 et dans la majorité, on estime que l'employabilité des seniors, qui est un sujet à part, aurait dû être traitée justement à part.
00:44:28 C'est-à-dire qu'il y ait un projet de loi qui soit porté par, par exemple, le ministre du Travail,
00:44:36 et qui arrive à l'Assemblée nationale puis au Sénat, et qu'on puisse discuter longuement de l'employabilité des seniors,
00:44:44 qui est un vrai sujet, qui est un vrai débat, et qui ne soit pas compris...
00:44:48 42% sans activité, je crois.
00:44:50 C'est un peu plus de 42% sans activité. Après, effectivement, il y a moins de 7% qui sont au chômage.
00:44:56 Donc, c'est un vaste sujet, mais c'est un sujet important.
00:45:01 Lorsque l'on compare l'employabilité des seniors par rapport à plusieurs de nos voisins européens,
00:45:05 on voit qu'on a accumulé un retard important sur cette question, et cela aurait mérité,
00:45:09 et y compris au sein de la majorité, on estime cela, un débat à part autre que, justement,
00:45:14 un débat qui cristallise l'opinion de repousser l'âge légal de départ à la retraite.
00:45:18 Est-ce qu'on a mis la charrue avant les bœufs avec ce texte fourre-tout,
00:45:21 où on met tout dans le panier, dans la balance, mais sans trop aller voir...
00:45:25 D'ailleurs, on a vu que ça tâtonnait aussi sur les femmes, parce qu'on a tout dit,
00:45:30 tout et son contraire, à propos des femmes qui, soi-disant, gagneraient,
00:45:33 quand d'autres disaient, même Franck Riester, il y a un angle mort sur les femmes.
00:45:36 On a l'impression que c'est un texte fourre-tout pour se débarrasser de tout ça,
00:45:39 et hop, circulez, il n'y a plus rien à voir.
00:45:41 C'est assez cocasse, parce que oui, on peut dire que c'est un texte,
00:45:44 une réforme fourre-tout, et pourtant, on n'a pas tout mis dedans.
00:45:48 Ce qui aurait pu être le plus important n'y est pas, dans la réforme.
00:45:52 C'est finalement assez macronien, le spectacle auquel on assiste.
00:45:56 Le chef de l'État met la France dans la rue pour une réforme qui n'est même pas bonne
00:46:00 pour le système même des retraites.
00:46:02 On pourrait penser que les Français ne comprennent rien à une bonne réforme,
00:46:06 mais ça n'est même pas le cas.
00:46:08 Dès lors que, par exemple, ce qui n'est pas dans la réforme,
00:46:12 ce serait l'indexation du départ, de l'âge de départ à la retraite,
00:46:15 sur l'espérance de vie.
00:46:17 Et ça, personne ne veut y toucher.
00:46:19 Or, dès lors que vous ne voulez pas en parler, les scènes auxquelles on assiste,
00:46:23 dans la rue, j'espère qu'à l'Assemblée, on se sera vite du passé oublié,
00:46:27 mais les manifs dans la rue, on aura les mêmes dans trois ans, dans cinq ans,
00:46:31 si on ne change pas profondément et de façon systémique...
00:46:35 - Si on est toujours sur du paramétrique.
00:46:37 - Et donc, effectivement, ça peut paraître, dès lors, du bricolage,
00:46:41 d'une réforme fourre-tout, et qui, par définition, ne peut satisfaire personne.
00:46:45 - Maître Galfon.
00:46:46 - Oui, je voudrais rebondir sur ce qu'a dit Florian Tardif.
00:46:49 Il n'y a pas si longtemps, je parle sous votre contrôle,
00:46:53 le gouvernement a diminué la période d'indemnisation du chômage des seniors
00:46:57 de 36 mois à 27 mois.
00:46:59 Déjà, il y a un sujet là-dessus.
00:47:02 Deuxième élément, la réforme, le passage des 60 ans à 62 ans,
00:47:08 avec la réforme Touraine, 43 années de cotisation,
00:47:11 le marché du travail ne l'a pas encore absorbé.
00:47:13 Donc là, non seulement on sait qu'il y a trois personnes sur dix
00:47:16 qui ne passent pas de l'emploi à la retraite, mais qui ont un sas de précarité
00:47:19 avec le RSA, etc., on a une période d'indemnisation qui a une sécurité
00:47:23 qui diminue, et un marché du travail qui n'a pas encore absorbé
00:47:27 les réformes précédentes.
00:47:28 On va au-devant d'une catastrophe sur l'employabilité des seniors
00:47:31 et potentiellement une baisse des pensions de beaucoup de monde.
00:47:34 Vous voyez que vous êtes très technique sur la question.
00:47:35 On aurait dû vous embaucher dans la majorité pour expliquer tout ça.
00:47:38 Gabrielle, un dernier petit mot sur ça, alors que je crois que c'est
00:47:41 Rachel Keke qui s'est exprimé dans l'hémicycle à l'instant.
00:47:43 Oui, de fait, on a cette impression qui est quand même assez pénible
00:47:49 qu'il y a une réforme des retraites pour une raison,
00:47:53 parce qu'Emmanuel Macron voulait une réforme des retraites
00:47:56 qui s'appellerait sans doute la réforme Macron,
00:47:58 mais elle a été mal pensée avec beaucoup d'impensés.
00:48:03 Vous êtes gentil quand vous dites que Franck Rister a dit qu'il y avait
00:48:06 un impensé sur les femmes.
00:48:07 Il a dit que les femmes allaient être pénalisées.
00:48:08 Il n'a pas seulement dit que c'était un angle mort.
00:48:10 Donc, il y a un impensé, par exemple, sur cette question-là.
00:48:13 Ça paraît complètement fou.
00:48:14 Les seniors, vous voyez qu'on veut employer les seniors.
00:48:16 On met des mesures incitatives pour que les seniors puissent être employés.
00:48:19 Là, ça manque de cotisants.
00:48:20 On sanctionne les maires.
00:48:23 Donc, c'est évidemment absurde.
00:48:25 Il y a eu plein d'impensés.
00:48:28 Par ailleurs, on l'a vidé petit à petit de son contenu.
00:48:32 Il n'y a pas de vision non plus dans cette réforme.
00:48:34 C'est tout à fait vrai de dire qu'on met la France dans le chaos
00:48:38 pour finalement accoucher d'une souris.
00:48:41 Ça, c'est proprement incompréhensible.
00:48:43 Une petite interruption de séance.
00:48:45 J'aime bien cette expression maintenant.
00:48:46 Ça devient un petit peu à la mode.
00:48:48 Pas de rappel au règlement.
00:48:49 Ça va, tout le monde est là.
00:48:50 Vous n'avez pas votre petit règlement.
00:48:53 Et puis, on revient pour prendre des nouvelles des victimes
00:48:57 de cet accident avec Pierre Palmade.
00:49:01 Nous serons à l'hôpital Beaujon avec notre équipe sur place.
00:49:04 On reparlera aussi de ce qui se passe dans l'hémicycle.
00:49:06 Ça va être riche d'enseignements tout au long de la semaine.
00:49:09 De retour avec vous, on va rejoindre Adrien Spiteri
00:49:16 pour le rappel des titres puisqu'il est 16h30.
00:49:21 Bruno Le Maire annonce la prolongation de l'indemnité carburant.
00:49:25 Elle pourra être demandée jusqu'à fin mars.
00:49:27 Selon le ministre de l'Économie, la moitié des foyers éligibles
00:49:31 n'en ont pas encore profité.
00:49:33 10 millions de foyers fiscaux sont concernés par cette aide de 100 euros.
00:49:37 Le bilan continue de s'alourdir en Turquie et en Syrie.
00:49:41 Plus de 35 000 personnes ont déjà perdu la vie dans les séismes.
00:49:45 Sur place, les sauveteurs continuent de chercher de potentielles victimes.
00:49:49 L'ONU a reconnu hier des carences dans l'acheminement de l'aide aux régions syriennes
00:49:54 déchirées par la guerre.
00:49:56 Et puis très bonne nouvelle pour le Paris Saint-Germain.
00:49:59 Kylian Mbappé est de retour dans le groupe pour affronter le Bayern Munich.
00:50:03 Le huitième de finale allée de la Ligue des Champions aura lieu demain soir.
00:50:07 Blessé à la cuisse le 1er février dernier, le Français est de retour à l'entraînement.
00:50:12 L'entraîneur Christophe Galtier assure ne vouloir prendre aucun risque.
00:50:17 Merci beaucoup. On va reparler de l'affaire Pierre Palmade avec cet accident de la route.
00:50:23 On va prendre la direction sans plus tarder de l'hôpital Bojon qui se trouve à Clichy.
00:50:27 Bonjour Régine Delfort, vous êtes sur place.
00:50:29 Pourquoi Clichy ? Parce que c'est là que se trouvent les deux adultes qui ont été blessés dans l'accident
00:50:34 qui se trouvait dans l'autre voiture qui est entrée en collision avec celle de Pierre Palmade.
00:50:39 Comment vont-ils ? Quel est leur état de santé ?
00:50:41 Que disent les médecins s'ils communiquent aujourd'hui ?
00:50:45 Bonsoir Nelly. Le conducteur, l'homme âgé d'une quarantaine d'années, est dans un état des plus préoccupants.
00:50:54 Il est poly-traumatisé. Il a subi 5 opérations, notamment au niveau des jambes et des genoux.
00:51:00 Ce matin, nous avons pu parler avec l'un de ses proches, un de ses cousins,
00:51:05 qui nous confiait qu'il devait subir une nouvelle opération, une 6ème opération.
00:51:09 Elle se situerait au niveau de la moelle épinière.
00:51:12 La belle-sœur du conducteur, qui est âgée d'une trentaine d'années,
00:51:16 qui était enceinte de 6 mois et demi et qui a perdu l'enfant,
00:51:20 est elle toujours dans un état très grave.
00:51:23 Quant au petit garçon de 6 ans, qui est le fils cadet du conducteur,
00:51:27 il a subi un traumatisme crânien et il est pour l'instant toujours hospitalisé à l'hôpital Necker.
00:51:34 Vous avez pu rencontrer des membres de cette famille élargie
00:51:38 qui est venue soit prendre des nouvelles, soit, pour certains, pouvoir avoir accès,
00:51:43 je ne suis pas sûre qu'il y ait encore des visites, mais du moins accès au corps médical.
00:51:47 Que vous ont-ils dit ?
00:51:49 Écoutez, on a plutôt eu des membres au téléphone, puisque certains membres sont dans l'hôpital,
00:51:56 mais n'ont pas souhaité nous parler, puisqu'ils ont été extrêmement sollicités.
00:52:01 Ils nous ont confié leur colère, puisque c'est une famille qui est décimée par cet accident.
00:52:08 L'un des cousins me disait qu'en parlant de Pierre Palmad,
00:52:11 qu'il avait le droit de faire la fête s'il avait envie de faire la fête,
00:52:14 mais qu'il fallait qu'il rêche chez lui et qu'il ne mette pas en danger la vie de personne,
00:52:18 comme ça a été le cas de leur cousin, de leur cousine et du petit garçon de 6 ans,
00:52:24 sans oublier ce bébé qui avait 6 mois et demi et qui a été tué lors de l'accident.
00:52:31 Merci beaucoup pour toutes ces précisions.
00:52:34 Il y a un addictologue qui nous disait, Maître Calfon,
00:52:38 effectivement quand on consomme de la cocaïne, on se sent pousser des ailes,
00:52:42 on l'empere, tous ces repères, on a l'impression que rien ne peut nous arriver.
00:52:45 Il y a une forme d'impunité aussi qui est liée à cette consommation-là.
00:52:48 Une forme d'impunité liée à la consommation de cocaïne ?
00:52:51 C'est-à-dire qu'on se dit « bon, il ne va rien m'arriver, je suis tout à fait en maîtrise de tous mes sens »
00:52:56 et pleinement en possession de mes moyens.
00:52:58 La cocaïne peut avoir de multiples effets en fonction notamment de l'intensité de la prise.
00:53:04 Par exemple, chez certaines personnes, elle a un effet relaxant.
00:53:07 Chez d'autres, effectivement, et chez beaucoup d'autres, elle a un effet euphorisant.
00:53:12 On se sent invulnérable et on a le sentiment qu'on maîtrise la situation,
00:53:16 qu'on maîtrise parfaitement la situation.
00:53:17 Et c'est ce qu'a dit l'addictologue ou le psychiatre tout à l'heure,
00:53:20 alors qu'en réalité on peut être totalement à côté de ses pompes,
00:53:22 pour des raisons qui peuvent être totalement étrangères à la cocaïne.
00:53:26 Le fait de se coucher tard, le fait de manquer de sommeil, le fait de mal voir.
00:53:33 Par exemple, on ne met pas ses lunettes parce qu'on a le sentiment de mieux voir,
00:53:36 alors qu'en réalité on est complètement myope.
00:53:38 Voilà, c'est tout ça qui fait que la prise de drogue est particulièrement dangereuse.
00:53:43 On ne se rend plus compte de ses faiblesses.
00:53:46 Après, est-ce que c'est la cocaïne qui a causé l'accident ou d'autres causes sous-jacentes,
00:53:50 comme la fatigue par exemple, ou à un moment donné un problème de visibilité ?
00:53:53 Je ne sais pas, mais ce qui est certain, c'est que la cocaïne va tromper l'essence.
00:53:57 Revenons à l'homicide involontaire, puisque ce n'est pas encore très clair
00:54:01 par rapport à la viabilité du fœtus,
00:54:05 et au fait ou pas d'avoir eu un fœtus qui était en état de vivre,
00:54:10 c'est-à-dire qu'il y avait un cœur battant à ce moment-là.
00:54:12 Là, il y a encore trois personnes qui sont gravement blessées.
00:54:15 Si l'un des adultes venait à décéder, de toute façon, l'homicide involontaire serait retenu.
00:54:20 De toute façon, ça passerait sur homicide involontaire.
00:54:22 Maintenant, si les trois survivent, qu'est-ce qui se passe ?
00:54:24 C'est aussi un autre sujet.
00:54:25 Il y a une infraction de blessure involontaire.
00:54:27 Dès lors que les victimes ont une ITT, c'est-à-dire une interruption totale de travail de plus de trois mois,
00:54:35 et que c'est issu d'un accident de la route,
00:54:39 c'est-à-dire que la personne ayant causé les dommages conduisait un véhicule terrestre à moteur,
00:54:45 et que cette personne était sous l'emprise de stupéfiants,
00:54:49 ça monte jusqu'à cinq ans, voire sept ans d'emprisonnement.
00:54:54 Donc, dans tous les cas, on est sur des infractions graves,
00:54:58 qu'une personne malheureusement décède ou non,
00:55:03 Pierre Palmade devra répondre d'une infraction qui est particulièrement sérieuse.
00:55:07 Et là, il semble qu'on s'oriente quand même vers des blessures très graves, au moins pour l'une des personnes.
00:55:12 Jonathan, réaction peut-être ?
00:55:14 Les détails que nous a donné Régine Delfour sont effrayants concernant l'état physique des victimes.
00:55:19 Sixième opération pour cet homme.
00:55:21 Et on imagine dans quel état elles pourraient en sortir, si elles en sortaient.
00:55:25 Il y a une chose qui me vient à l'esprit.
00:55:27 Souvenez-vous de la nouvelle campagne pour la sécurité routière d'il y a quelques semaines,
00:55:31 où on nous expliquait que finalement c'était un comportement machiste au volant qui était à l'origine.
00:55:36 "Tu seras un homme, mon fils, peintes-toi les ongles, pleure", etc.
00:55:41 était le message donné par la sécurité routière dans ce spot télé.
00:55:45 Quand on voit la réalité d'un accident de voiture,
00:55:49 peut-être qu'il faudrait revenir à une certaine réalité pour sensibiliser davantage les automobilistes
00:55:54 au réel danger de la route.
00:55:56 Ce n'est pas de se mettre du vernis à ongles qui fera que vous ne serez plus...
00:55:58 Appeler un chat un chat, quoi.
00:55:59 Exactement.
00:56:00 La sécurité routière avait dans le passé fait des campagnes publicitaires
00:56:05 particulièrement trash qui avaient marché parce que ça marquait les esprits.
00:56:09 On montrait à quoi ressemblait un accident de voiture.
00:56:11 C'est le réel.
00:56:12 Et on est dans un tel déni du réel et dans une sorte de réalité virtuelle
00:56:16 qu'on en vient à oublier même les conséquences réelles d'un accident de la route
00:56:20 qui sont toujours dramatiques.
00:56:21 Très bonne remarque.
00:56:22 Il faut revoir le tir sur les campagnes de sensibilisation.
00:56:26 Être un peu plus ancré dans le réel.
00:56:29 Vous avez infiniment raison.
00:56:30 D'ailleurs, Pierre Palmade aurait eu du vernis à ongles.
00:56:31 Je pense que ça n'aurait rien changé à la situation, soyons très clairs.
00:56:33 C'est vrai que ce spot de sécurité routière qu'on voit partout dans les cinémas
00:56:37 et plus du militantisme d'un autre ordre que de la sécurité routière.
00:56:44 Mais moi, encore une fois, j'ai bien entendu votre développement.
00:56:48 Pourquoi on s'occupe plus que de l'alcool, que de la drogue ?
00:56:52 Pardon, mais je ne reste pas très coincue parce qu'aujourd'hui,
00:56:56 c'est vrai que le cannabis, ça paraît comme une cigarette plus, si vous voulez.
00:57:01 Et pour beaucoup de jeunes.
00:57:04 Et quand on sait, par exemple, que la schizophrénie,
00:57:06 je ne parle pas de sécurité routière, mais pour certains, pas pour tous,
00:57:09 mais pour certains jeunes, une fois, ça suffit.
00:57:11 Moi, j'en ai parlé à un psychiatre d'un hôpital parisien
00:57:15 qui m'a dit qu'on a beaucoup de jeunes frappés par la schizophrénie.
00:57:19 C'est vrai que la drogue est un vrai sujet.
00:57:21 Je pense qu'il n'est pas assez abordé, c'est évident.
00:57:24 On va remarquer une courte pause et puis on reparlera du trafic de drogue
00:57:27 sur les cités avec ces lettres placardées dans les halls des bâtiments
00:57:32 pour dire "laissez-nous faire notre business tranquille,
00:57:34 nous serons gentils avec vous, mais vraiment, s'il vous plaît,
00:57:37 laissez-nous la voie libre".
00:57:38 C'est assez hallucinant.
00:57:40 Là aussi, on verra que c'est assez lunaire.
00:57:41 A tout à l'heure.
00:57:42 Bienvenue à ceux qui nous rejoignent et de retour pour les autres
00:57:48 pour entamer la dernière partie de notre émission.
00:57:51 On va parler d'un règlement intérieur de bonne conduite à respecter.
00:57:55 Est-ce qu'on retrouvait des habitants d'une tour du quartier Pablo Picasso ?
00:57:58 Ça se trouve à Nanterre, dans les Hauts-de-Seine.
00:58:01 Vous la voyez derrière moi, cette cité.
00:58:03 Des trafiquants de drogue qui leur demandent tout simplement
00:58:06 de bien vouloir respecter leur activité
00:58:08 pour que la cohabitation se passe le mieux possible.
00:58:11 Antoine Durand, l'or para pour le reportage.
00:58:14 Des consignes surréalistes placardées dans un hall d'immeubles
00:58:18 à l'attention des habitants.
00:58:20 Les trafiquants s'engagent à bien se comporter
00:58:22 en échange du respect de leurs règles.
00:58:24 On s'engage à ne pas laisser de déchets,
00:58:26 pas de tapage et personne ne va fumer dans la tour.
00:58:28 Merci de bien vouloir respecter les consignes et les employés.
00:58:31 Nous ne sommes pas là pour perturber votre quotidien,
00:58:34 uniquement pour travailler.
00:58:35 Les résidents, eux, sont désemparés
00:58:38 et témoignent sous couvert d'anonymat
00:58:40 par peur de représailles.
00:58:42 Ils ont bloqué certains accès.
00:58:43 Il ne faut pas les regarder dans les yeux.
00:58:45 On a peur aujourd'hui qu'on nous mette le feu pour se venger.
00:58:48 On vit comme dans un squat.
00:58:50 La porte est toujours ouverte pour laisser passer les clients.
00:58:52 Un président d'association du quartier
00:58:54 dénonce les provocations des trafiquants
00:58:57 qui vantent leurs gages de bonne volonté
00:58:59 et invite les locataires à une meilleure communication.
00:59:02 Les forces de police, alertées par l'apparition de ces affiches,
00:59:05 admettent que ce n'est pas la première fois
00:59:07 qu'ils font face à ce type de règlement.
00:59:09 On est dans une normalisation du trafic de stupéfiants.
00:59:13 Cette démarche de s'adresser au voisinage d'un immeuble,
00:59:16 on est la caractérisation.
00:59:19 Mes collègues sur le terrain le constatent de quotidien.
00:59:23 Selon un premier bilan du ministère de l'Intérieur,
00:59:25 les délits pour usage ou trafic de stupéfiants
00:59:28 ont connu une hausse en 2022, 13% par rapport à l'année précédente.
00:59:33 Ce n'est pas du tout le monde des bisounours.
00:59:36 C'est circulé, il n'y a rien à voir,
00:59:38 faites comme si nous n'étions pas là.
00:59:40 Mais dans quel monde vit-on ?
00:59:41 Je suis assez stupéfait de la réaction du syndicaliste politique qu'on vient de voir.
00:59:46 Il y a un ton de résignation derrière tout cela.
00:59:50 Je sais que sur le terrain, les flics font vraiment bien leur boulot.
00:59:54 Ce qui est incroyable, c'est qu'on atteint là
00:59:57 exactement ce qu'on appelle un système mafieux.
01:00:00 C'est comme ça que sont réussis des quartiers entiers de Palerme, de Naples.
01:00:06 Vous vous mettez sous la protection, vous êtes vassalisé.
01:00:10 Vous vous mettez sous la protection de voisins particulièrement dangereux et encombrants.
01:00:16 Je ne peux pas ne pas penser non plus à ce quartier,
01:00:20 ce département qu'Emmanuel Macron nous a vendu,
01:00:25 si je puis dire, comme étant la Californie de la France.
01:00:28 Et je me demande comment ce commerce...
01:00:30 C'était la Seine-Saint-Denis.
01:00:32 C'est la Seine-Saint-Denis.
01:00:33 Oui, là on est à Nanterre.
01:00:34 On est dans les Hauts-de-Seine.
01:00:35 Ce sont les Hauts-de-Seine, exactement.
01:00:37 Mais je me demande dans quelle mesure tous ces trafics qui gangrènent les grandes villes et les banlieues en particulier
01:00:48 vont être gérés à l'arrivée des Jeux Olympiques dans un an et demi,
01:00:53 où rien ne peut être fait.
01:00:56 Parce que là je ne vois pas comment vous démantenez un système absolument ancré dans des quartiers tentaculaires
01:01:02 et quand vous achetez en plus la "paix civile".
01:01:06 Parce qu'il n'y a pas de paix derrière ça.
01:01:08 La paix sociale.
01:01:09 Et puis vous avez vu la réaction des voisins, enfin des riverains.
01:01:12 Ils disent "on a peur qu'ils mettent le feu à l'immeuble".
01:01:15 Ça rappelle évidemment ce qui s'est passé il n'y a pas si longtemps en banlieue lyonnaise,
01:01:18 avec cet immeuble qui a pris feu, dont on pense qu'à l'origine il y avait un trafic de drogue dans la cage d'escalier.
01:01:24 C'est dire qu'on a même peur des menaces en fait.
01:01:27 C'est un peu du chantage qu'on leur fait subir aujourd'hui.
01:01:31 Oui, les dealers sont très polis, dans les apparences.
01:01:35 Mais visiblement ils ne sont pas très gentils parce que tous ceux qui habitent dans ces immeubles ont peur d'eux.
01:01:44 Mais cette lettre est terrible parce qu'elle montre qu'ils ont pris la main sur le magistère moral dans le quartier.
01:01:52 C'est eux qui décident de ce qu'on peut faire et ne pas faire.
01:01:55 C'est reconnu, c'est très serein comme façon de l'expliquer.
01:02:01 Donc c'est assez terrifiant.
01:02:04 On peut qualifier ça vraiment de zone de non-droit, ou en tout cas c'est le droit des dealers, c'est un autre droit.
01:02:11 Ils considèrent leur travail, il y a aussi le regard qu'ils portent sur eux-mêmes.
01:02:16 Leur travail est un travail comme un autre.
01:02:18 On dirait les employés municipaux qui viendraient chercher les poubelles et qui diraient "mettez votre poubelle là mais pas là".
01:02:23 Donc c'est assez terrible le relativisme porté sur cette activité.
01:02:28 Jonathan avait raison, c'est pas la Seine-Saint-Denis mais c'est les Hauts-de-Seine.
01:02:32 Et précisément les Hauts-de-Seine, c'est Saint-Cloud, ça regroupe un certain nombre de villes tout à fait huppées, proches de Paris.
01:02:39 C'est la défense aussi les Hauts-de-Seine.
01:02:42 Ces tours-là sont juste en face de la ville.
01:02:44 Exactement, c'est des quartiers d'affaires et pourtant ils sont gangrénés par les dealers.
01:02:51 C'est les dealers qui font la loi.
01:02:53 Il y a réellement de quoi s'inquiéter dans ce pays avec aussi cette expression un peu de fatalité.
01:02:58 Tout le monde dit "ah bah oui, ça m'étonne pas".
01:03:00 Ah bon, ça m'étonne pas, c'est quand même très inquiétant.
01:03:02 Et puis Nanterre, soit un peu ironique mais pas si loin, il y a le TGI aussi.
01:03:06 Oui absolument.
01:03:07 Après la cité Pablo Picasso est une cité problématique depuis longtemps.
01:03:11 On le sait.
01:03:12 Ce qui est frappant dans cet écriteau, c'est la professionnalisation des dealers.
01:03:16 Regardez le champ lexical.
01:03:18 La direction, les employés, cordialement.
01:03:22 Il y a une tentative de respectabilisation.
01:03:25 Moi j'ai vu des trafiquants de drogue qui donnaient à leurs clients des cartes de fidélité.
01:03:30 J'ai vu sur Instagram des publicités pour des trafiquants de drogue.
01:03:35 Aujourd'hui, les trafiquants de stupéfiants se sont professionnalisés.
01:03:39 Il y a une division des tâches.
01:03:41 Vous avez les logisticiens, vous avez les revendeurs, vous avez les personnes qui vont s'occuper de l'approvisionnement.
01:03:48 Les trafiquants eux-mêmes se pensent comme les membres d'une entreprise.
01:03:53 C'est ça qui est extraordinaire aujourd'hui.
01:03:56 C'est cette espèce de banalisation.
01:04:00 Mais maintenant, vous avez tous les deux parfaitement raison.
01:04:02 On est quand même sur des mécanismes d'appropriation de l'espace public qui sont pour le coup vieux comme le trafic lui-même.
01:04:09 Malheureusement, même si la police et la justice sont particulièrement alertes sur le terrain,
01:04:14 parce que c'est une priorité la lutte contre le trafic de stupéfiants,
01:04:17 quand on démantèle un réseau, il y en a un autre qui revient et c'est absolument sans fin.
01:04:21 Moi qui suis dans une petite commune comme Rouen, il y a eu beaucoup de réseaux qui ont été démantelés il y a quelques années,
01:04:26 on voit qu'ils sont en train de revenir progressivement.
01:04:28 Ce ne sont pas les mêmes individus, mais finalement ce sont les mêmes circuits.
01:04:31 Écoutez ce que ça inspire comme commentaire à ce responsable policier des Hauts-de-Seine précisément.
01:04:37 On insiste beaucoup sur les tours en question dans ce quartier-là,
01:04:40 puisque traditionnellement on sait que ce sont des tours qui sont sujets au trafic local.
01:04:45 Sur les trois derniers mois, le commissariat de Nanterre a fait plus de 26 kilos de résine saisie,
01:04:50 plusieurs interpellations, plusieurs milliers d'euros.
01:04:53 Parce que c'est quand même la mer des batailles pour Gérald Darmanin.
01:04:56 Il communique à grand renfort de prise de parole, démanteler le trafic de stupéfiants,
01:05:02 c'est quand même les fameux 10 000 points de deal qu'on veut absolument décapiter,
01:05:09 c'est la grande affaire de Gérald Darmanin.
01:05:11 Ça ne marche pas parce que c'est l'hydratant tête comme il le décrit si bien.
01:05:14 C'est exactement l'exemple que j'allais vous donner Nelly.
01:05:17 Mais il y a des résultats notamment dans les saisies record de cocaïne,
01:05:23 justement des saisies de résine de cannabis, il y en a régulièrement.
01:05:29 C'est vrai que ça s'apparente à vider l'océan avec une petite cuillère.
01:05:33 D'autant que d'autres continuent de re-remplir l'océan de l'autre côté
01:05:37 alors que vous vous acharnez à le faire, le vider.
01:05:40 Il n'y aurait pas d'autre solution a priori que des sortes,
01:05:46 comme on le voit dans certains pays d'Amérique latine
01:05:48 qui vivent dans des sociétés hyper violentes ou paramilitaires
01:05:51 où quand on veut démanteler un trafic, on y va avec l'armée.
01:05:55 Et là, on ne peut pas, je pense, raisonnablement, malheureusement,
01:06:00 mais on ne peut pas raisonnablement s'attaquer à ce trafic
01:06:03 avec l'armée sur le territoire français parce que ça serait une poudrière
01:06:07 dont on n'a, je pense, pas beaucoup conscience.
01:06:11 Un dernier mot, Maître. C'est une économie parallèle
01:06:14 qui est en train de se normaliser complètement
01:06:16 et dans dix ans, on dira "ben voilà, ça se passe comme ça,
01:06:19 si vous n'êtes pas content, vivez ailleurs".
01:06:20 Je ne pense pas qu'elle soit en train de se normaliser.
01:06:22 Une chose est sûre, il ne faut pas légaliser le cannabis.
01:06:26 On voit ce que ça donne avec des États comme les Pays-Bas
01:06:29 qui est devenu un narco-État, qui est la plaque tournante
01:06:31 du trafic de drogue dans toute l'Europe.
01:06:33 La difficulté, c'est que même s'il y a des peines très lourdes
01:06:36 qui sont mises en place. La semaine dernière,
01:06:38 vous avez des dockers au Havre qui ont été condamnés à 20, 22 ans
01:06:41 de réclusion criminelle pour trafic de drogue.
01:06:43 Même si vous avez une présence positive énorme sur place,
01:06:46 en réalité, il y a tellement de facteurs,
01:06:48 tellement aussi d'intervenants extérieurs,
01:06:50 parce que vous avez des réseaux étrangers,
01:06:51 que ça devient impossible à régulier.
01:06:53 Il y a pas très longtemps, une interview de la procureure de Paris
01:06:56 qui expliquait à quel point nous n'avions pas idée
01:07:00 de la criminalité organisée dans notre pays
01:07:04 et à quel point elle était entremêlée avec la criminalité organisée
01:07:07 venant d'autres pays, du Maghreb et de l'Est notamment.
01:07:09 C'est la fin de notre émission, déjà.
01:07:11 Merci beaucoup à tous les trois de m'avoir rejoint
01:07:13 cet après-midi, dans un instant.
01:07:15 Vous retrouverez Laurence Ferrari pour le début de Punchline.
01:07:18 Et moi, je vous dis à demain pour une nouvelle édition
01:07:20 de 90 Minutes Info. Excellente soirée.
01:07:22 ...