00:00 vous entendez dire "les femmes sont mortes" alors qu'elles avaient signalé leur compagnon,
00:04 connu pour des faits de violence, pour certains même condamnés par la police ? Comment vous
00:08 réagissez ?
00:09 Je suis très en colère, parce que là, manifestement, quand ces femmes sont allées porter plainte,
00:13 il y a eu une mauvaise évaluation du danger. Très mauvaise évaluation du danger.
00:17 De la part des policiers ?
00:18 De la part des policiers. Et ensuite, le traitement a été beaucoup trop long, quand on voit
00:22 que les…
00:23 De la part du parquet ?
00:24 Voilà. Enfin, elles n'ont même pas été transmises apparemment au parquet.
00:26 Oui, elles n'ont même pas été transmises.
00:27 Donc, ça pose question.
00:28 Vous avez rencontré la ministre ce soir qui était avec nous, il y a quelques minutes,
00:30 vous l'écoutiez d'ailleurs.
00:31 Oui.
00:32 Qu'avez-vous l'intention de lui dire ?
00:33 J'ai l'intention de lui dire qu'il faut s'inspirer de ce qui se passe à côté de
00:37 chez nous.
00:38 L'Espagne ?
00:39 L'Espagne, vous en avez parlé, cet outil informatique qui s'appelle VioGen, qui permet
00:45 vraiment une évaluation du danger en temps réel. C'est-à-dire que la dame, dès qu'elle
00:48 va déposer plainte, elle rentre dans ce dispositif. Les policiers, les magistrats et les services
00:53 sociaux ont accès et peuvent compléter ce dossier et le consulter à tout moment. Et
01:00 chaque fois qu'il y a un nouvel élément, il y a une évaluation du danger qui est faite.
01:04 Cet outil a quand même fait baisser de 63% les violences. Donc, ça marche. Il n'y a
01:09 pas besoin d'inventer quelque chose en France. Il faut juste s'inspirer de nos voisins.
01:12 Ça permet notamment de lutter contre la récidive parce qu'on peut suivre le parcours des
01:17 hommes violents.
01:18 De la récidive et aussi de faire une évaluation du danger en temps réel de l'agresseur.
01:22 Vous avez entendu la ministre qui dit "oui mais nous, quand même, on agit, on prend
01:26 des mesures". Ça va passer loin, c'est ce que vous nous dites ce soir.
01:29 Manifestement, c'était la grande cause du quinquennat, sauf qu'il y a eu autant de
01:32 mortes que le quinquennat précédent. Donc, on voit bien que ça ne fonctionne pas. Il
01:36 faut aller beaucoup plus loin. L'ordonnance de protection à 24 heures, moi je veux bien
01:39 mais il n'y a pas assez de magistrats. Et puis ce n'est qu'un bout de papier en plus.
01:43 Ce n'est pas une ordonnance de protection qui va protéger la dame.
01:45 C'est quoi cette ordonnance expliquée ?
01:46 L'ordonnance de protection, c'est un document qui dit que le monsieur n'a pas le droit
01:51 d'approcher madame, mais s'il a vraiment envie de la tuer, qu'est-ce qui l'en empêche ?
01:54 Ce n'est pas une ordonnance qui va l'empêcher.
01:55 On ne met pas un policier devant sa porte, madame.
01:57 Malgré le bracelet anti-rapprochement et le numéro d'urgence.
02:00 Sauf que le bracelet anti-rapprochement, c'est un très bon outil.
02:05 Il n'est pas suffisamment utilisé.
02:06 Sauf qu'en présententiel, il est soumis à l'approbation de monsieur. Moi, c'est
02:09 ce que je dis aux politiques que je rencontre. Moi, ma soeur, on ne lui a pas demandé son
02:12 avis pour mourir. Donc, il faudrait aussi, aujourd'hui, quand j'entends qu'il y a
02:16 des enquêtes internes qui vont être déclenchées, sauf qu'on agit en réaction de la mort des
02:23 femmes. Il faut agir en prévention.