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  • il y a 4 ans

Aujourd'hui dans "Punchline", Laurence Ferrari et ses invités débattent de la grève des éboueurs contre la réforme des retraites.
Retrouvez "Punchline" sur : http://www.europe1.fr/emissions/punchline

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Transcription
00:00 [Musique]
00:03 Punchline, Laurence Ferrari sur Europe 1.
00:06 [Musique]
00:11 18h16, on se retrouve en direct en Punchline sur CNews et sur Europe 1.
00:15 On va parler de la grève, la grève des poubelles,
00:18 avec 8e jour de grève des éboueurs à Paris,
00:21 mais également à Nantes et dans certaines grandes villes.
00:24 À Paris, ça représente 5600 tonnes de déchets
00:27 qui sont actuellement dans les rues,
00:29 et tous les risques sanitaires que cela comporte.
00:31 On fait le point avec Maëva Lamy,
00:33 et je passe la parole à Eric Revel.
00:35 Sur les trottoirs, les déchets s'accumulent.
00:40 Un triste spectacle que ce riverain a décidé de partager.
00:43 Je vais envoyer ça à des amis autrichiens, ils vont être ravis.
00:46 Vienne a été nommée première ville du monde à tous les points de vue.
00:49 Paris était à la 20e place.
00:51 La grève des éboueurs dure depuis maintenant plus d'une semaine.
00:54 Si certains habitants sont compréhensifs, d'autres s'agacent.
00:57 Il ne faut pas penser qu'à soi, il faut penser aux gens qui habitent,
01:00 et il y a les questions d'hygiène, de salubrité.
01:02 J'étais en train de réfléchir que ça donnait une bien mauvaise image de la France aux touristes.
01:06 C'est dommage parce que ça ne fait pas propre,
01:08 et puis ça peut être source de problèmes avec les reins, l'image est comme ça.
01:11 Pour les restaurateurs aussi, la situation commence à peser,
01:15 sur le moral, mais aussi sur le chiffre d'affaires.
01:18 C'est le cas pour Didier Miquel,
01:20 gérant d'une brasserie dans le 20e arrondissement.
01:23 J'ai subi depuis quelques jours une perte significative du chiffre d'affaires.
01:28 Hier, particulièrement, 60% sur la moyenne que je peux établir.
01:33 Trois usines d'incinération aux portes de la capitale sont à l'arrêt,
01:37 celles d'Ivry-sur-Seine, d'Issy-les-Moulineaux et de Saint-Ouen.
01:41 Sur place, les syndicalistes sont en colère,
01:43 comme Marc Bontemps, secrétaire général du syndicat de la production d'énergie en région parisienne.
01:49 Quand vous êtes dans un métier difficile, que vous allez mourir plus tôt,
01:52 vous devez partir plus tôt. La retraite, c'est un dû.
01:55 On est dans une société de progrès.
01:56 On ne doit pas être dans une société où on perd systématiquement et où on fait un recul social.
02:00 En attendant un redémarrage, l'Agence métropolitaine des déchets ménagers
02:04 dévie les bennes vers une quinzaine d'autres sites de traitement ou de stockage.
02:08 Voilà pour le point sur les poubelles, notamment dans la capitale.
02:12 Éric Rebelle, vous vous êtes autoproclamé spécialiste de la question.
02:14 On ne promet avec poubelle.
02:16 Peut-être, mais il y a un vrai problème sanitaire quand même,
02:19 qui va finir par se poser dans les quartiers où...
02:22 Et à Nantes, c'est pareil, et dans d'autres villes.
02:24 Oui, il y a un vrai problème sanitaire.
02:26 Il y a une bonne chose, je trouve,
02:29 alors vous allez me trouver très caricatural dans ce qui se passe,
02:32 c'est qu'on prend conscience de ces salariés de première ligne
02:36 qui assurent notre bien-être au quotidien.
02:38 Et quand ils ne font plus leur boulot, on est dans la situation dans laquelle on est,
02:42 c'est-à-dire 5 600 tonnes d'ordures, ménagères notamment, dans Paris.
02:47 Maintenant, il y a deux sujets, il me semble-t-il.
02:50 Il y a le ramassage public, fait par des fonctionnaires, à la mairie de Paris,
02:53 et puis il y a le ramassage qui est assuré par des sociétés privées,
02:56 qui elles, majoritairement, sauf une je crois à Paris, ne font pas grève.
03:00 Et là, évidemment, ce sont des arrondissements ou des villes
03:03 qui continuent à avoir leurs trottoirs propres.
03:06 Sauf que les incinérateurs aussi sont en grève.
03:08 Après, il y a un problème sur le traitement des déchets.
03:11 Mais enfin, elles sont connectées quand même.
03:13 Elles ne se passent pas sur les trottoirs, et les fameux surmulots d'une mère adjointe de la mairie de Paris
03:19 ne viennent pas sur les trottoirs s'il n'y a pas d'ordures.
03:22 Mais c'est vrai que ça pose quand même plusieurs questions.
03:24 Le problème sanitaire, vous avez raison.
03:27 Quand ces ordures vont être ramassées, on entendait tout à l'heure un spécialiste
03:30 qui expliquait que les rats, ils viennent manger en surface, ils urinent sur des sacs.
03:34 Ces gens qui vont ensuite ramasser ces poubelles, vous voyez, je suis devenu un expert.
03:39 Ils risquent d'être aussi contaminés eux-mêmes par des maladies.
03:42 Donc ça pose des problèmes sanitaires actuellement,
03:44 mais ça en posera aussi lorsque le travail va reprendre.
03:48 Mais c'est intéressant aussi, Louis de Raguenel, peut-être sur cette question-là.
03:51 Je suis un peu moins spécialiste des poubelles qu'Éric Revelle.
03:54 Pourtant, Raguenel, ça rime aussi avec les poubelles.
03:56 Non, non, il y a un vrai sujet, je trouve, politique s'agissant de Paris.
03:59 Parce que je trouve que c'est un peu facile de la part de la mairie de Paris, l'exécutif parisien,
04:03 de dire "en fait, tout ça, c'est de la faute de la réforme des retraites,
04:06 et pour que les rues de Paris soient à nouveau propres,
04:08 il faudrait simplement que le gouvernement retire son texte".
04:11 Alors que c'est quand même une des compétences les plus importantes
04:14 d'un exécutif local, d'une mairie, c'est la propreté, la salubrité d'une ville.
04:18 Et donc, il y a effectivement des solutions qui existent.
04:20 Il y a le fait de pouvoir recourir à des sociétés privées.
04:23 Je prends par exemple le 15e arrondissement de Paris.
04:26 À partir de ce soir, il y a des canions qui circuleront à nouveau dans les rues de l'arrondissement.
04:30 Il y a aussi un pouvoir de réquisition qui existe.
04:32 Ça va peut-être faire bondir Fabien Vidieu,
04:34 mais le pouvoir de réquisition peut être utilisé pour des raffineries.
04:38 Pourquoi est-ce qu'il ne serait pas utilisé pour nettoyer les restaurants ?
04:41 La mairie de Paris qui peut dire "c'est normal, il faut faire grève"
04:44 ne supportera pas la pression des Parisiens,
04:46 et puis le problème de santé publique.
04:48 Donc elle sera obligée à un moment, soit de demander à une société privée de faire,
04:52 avec la difficulté que ça pose vis-à-vis des grévistes,
04:54 mais même lorsque les grévistes vont reprendre leur travail,
04:57 de payer des heures supplémentaires, parce qu'ils ne pourront pas,
04:59 sans un effort supplémentaire, ramasser toutes ces heures dures.
05:02 Donc ça coûtera et elle sera obligée de le faire.
05:04 Bon, donc effectivement, elle n'a pas d'autre choix,
05:06 parce qu'on ne peut pas, c'est à côté d'écoles,
05:08 c'est à côté d'équipements publics où il y a les enfants,
05:10 il y a des enfants qui sont dans la rue,
05:12 on ne peut pas laisser des rats proliférer à côté de poubelles,
05:15 sans réagir.
05:16 Parce que même si les Parisiens peuvent dire "c'est la faute au gouvernement",
05:20 ils vont dire à la maire "faites votre boulot et enlevez ces poubelles".
05:22 Fabien Vidieu, vous êtes solidaire de ces grévistes ?
05:24 Oui, complètement, surtout qu'en 2020,
05:27 on avait une piqûre de rappel sur ce qu'étaient les salariés de la seconde ligne,
05:32 et leur utilité sociale pour faire fonctionner l'économie,
05:34 et on se rend compte du coup que quand ils sont en grève,
05:37 fatalement ils ne travaillent pas,
05:39 donc on a une petite piqûre de rappel,
05:42 et on parle beaucoup de problèmes sanitaires,
05:46 mais vous savez, si on décale la réforme des retraites de deux ans,
05:51 il y aura des problèmes de santé pour énormément de salariés.
05:56 Et ça, pourquoi ils sont dans ce combat-là ?
06:00 Pourquoi ils sont dans ce combat-là,
06:01 où y compris ils perdent de l'argent tous les jours
06:02 parce qu'ils sont en grève reconductible ?
06:04 Pas pour embêter les Parisiens, voilà.
06:06 Ils font ça parce que justement, leur santé à eux,
06:10 ils veulent la préserver.
06:13 Et aujourd'hui, l'outil qu'ils ont, c'est la grève,
06:17 et c'est la grève reconductible.
06:19 Donc effectivement, il y a des conséquences,
06:21 quand vous êtes éboueur, quand vous êtes cheminot,
06:23 il n'y a pas de train, quand vous bossez dans l'énergie,
06:25 il y a des difficultés au niveau de l'énergie,
06:28 c'est la joie du direct.
06:31 Voilà, quand vous avez une utilité sociale assez importante,
06:34 quand vous faites grève, ça se voit,
06:36 et moi je les soutiens complètement,
06:37 et j'invite tous les autres secteurs à faire la même chose qu'eux.

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