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  • il y a 4 ans

Aujourd'hui dans "Punchline", Laurence Ferrari et ses invités débattent du durcissement du mouvement contre la réforme des retraites.
Retrouvez "Punchline" sur : http://www.europe1.fr/emissions/punchline

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Transcription
00:00 On va écouter Nicolas Mathieu de la CGT après sur l'énergie, parce que c'est intéressant,
00:05 il y a vraiment des grévistes qui sont très déterminés à aller encore plus loin.
00:09 On va l'écouter sur le combat et le durcissement du mouvement.
00:13 Je veux dire très clairement que si le gouvernement venait à passer par le 49-3,
00:18 à ce moment-là, il n'y aura plus de règles pour personne.
00:22 Qu'on soit clair, cela fait quelques jours maintenant qu'on entend
00:27 que le gouvernement m'agouille pour se construire une majorité, quitte à l'acheter.
00:31 Quand les travailleurs ne travaillent pas, il n'y a rien qui se fait.
00:34 Donc ce qu'on va aller chercher, c'est de la grève partout, dans le plus de secteurs possible.
00:38 Et s'il faut qu'on accélère le rythme, on accélérera le rythme pour empêcher ce gouvernement
00:43 de tenter de faire encore un accord. Par quelques subterfuges que ce soit, il peut imposer sa réforme.
00:48 Sa réforme ne le passera pas, personne n'en veut en dehors du temps réactionnaire.
00:52 Et même on voit bien le patronat qui a un temps de difficulté, parce que forcément,
00:55 c'est un cadeau de plus qu'ils veulent lui faire.
00:57 Donc oui, il y aura amplification des actions, il y aura diversification des actions.
01:01 Et ça, on laisse aussi l'imagination des travailleurs et des travailleuses s'exprimer.
01:06 Voilà pour la mise en garde très claire, Loic Lefloy, président de la CGT Energy.
01:09 On est quand même dans un système compliqué. C'est-à-dire qu'il y a un patron de ces gens-là,
01:14 et ce patron n'y peut rien, parce que ce n'est pas contre lui que la grève se fait.
01:18 C'est un système extrêmement complexe. La grève se fait sur un problème général,
01:25 et ceux qui sont attaqués, c'est le gouvernement.
01:27 Et là, vous êtes un patron, vous êtes entre les deux.
01:29 Alors vous avez des patrons, effectivement, vous venez de le souligner,
01:32 dans les poubelles, qui sont des patrons privés qui continuent à travailler,
01:36 parce que les gens n'ont pas grève.
01:37 Et donc il y a un certain nombre de quartiers de Paris qui sont "safe", si je puis dire.
01:41 Et puis là, sur l'énergie, mes anciens collègues qui sont là, qu'est-ce qu'ils peuvent ?
01:48 On leur demande rien d'autre que quelque chose de gouvernemental.
01:52 Donc ils sont les otages complets du système, puisqu'ils ne peuvent pas répondre au sujet.
01:58 Alors, est-ce que, et c'est là la question que je posais un peu tout à l'heure de façon anecdotique,
02:04 est-ce que cette grève est vraiment faite au sujet des retraites,
02:08 et c'est le problème du gouvernement en général ?
02:10 Ou est-ce que la grève est faite d'une manière générale sur d'autres sujets que la retraite,
02:15 parce qu'il y a un monde contentement général ?
02:16 Moi j'ai tendance à considérer qu'il y a plutôt un mécontentement général,
02:20 parce que je ne vois pas quelle est la raison pour laquelle,
02:24 sur ce problème spécifique, dans le domaine de l'énergie des entreprises que je connais,
02:30 les gens seraient absolument épouvantés par l'idée de travailler plus et de recevoir très peu d'argent.
02:39 C'est quand même pas l'endroit où la situation, je parle de l'énergie,
02:46 c'est pas dans l'énergie que les gens sont les plus maltraités, me semble-t-il.
02:51 Je n'ai pas de raison qu'on les traite plus mal aujourd'hui qu'hier.
02:54 Juste, mais c'est là où ça fait mal. Les syndicats savent bien que c'est là où on peut...
02:58 Mais ça suit le gouvernemental, ça suit le gouvernement.
03:00 Oui, et ça met des patrons à le fumer.
03:01 Mais c'est pour ça que je revenais aussi sur ce que tu disais tout à l'heure sur la ville de Paris,
03:04 ou les élus, ou la ville de Nantes.
03:06 À un moment, les élus ont une responsabilité pénale vis-à-vis de la santé de leurs concitoyens.
03:11 Et donc, ils sont obligés de réagir.
03:13 S'ils ne le font pas, ils peuvent être mis en cause.
03:15 Si on laisse les poubelles comme ça sans réagir, il peut y avoir des plaintes déposées contre eux.
03:19 Donc c'est extrêmement compliqué, parce qu'effectivement, comme tu viens de le dire,
03:23 c'est qu'aujourd'hui, les patrons sont dans une difficulté où ils ne peuvent pas négocier la fin de la grève.
03:27 Ils n'ont aucun moyen de pression pour dire aux salariés...
03:30 Enfin, d'habitude, on peut négocier une fin de grève en payant, mais là, on ne peut rien faire.
03:34 Alors, Fabien Vélieux, sur ce que vous venez d'entendre...
03:37 Je ne suis pas un salarié de l'énergie, mais je pense que quand vous bossez en 3-8,
03:41 ce qui est le cas de beaucoup de salariés de l'énergie,
03:43 quand vous bossez sur des poteaux à haute tension,
03:46 quand vous avez une pénibilité au travail, sauf à croire et à expliquer qu'il n'y a pas de pénibilité
03:50 pour les salariés de l'énergie, mais j'ai quand même du mal à le croire,
03:53 voilà, vous ne vivez pas de façon super sympa le fait de décaler de deux ans.
03:58 Moi qui, effectivement, dans un certain nombre d'endroits où les gens arrivent à se projeter
04:02 jusqu'à, même au-delà de 64 ans, j'arrive à l'entendre,
04:05 mais aujourd'hui, qui est le plus mobilisé aussi ?
04:08 C'est les éboueurs, je comprends que les éboueurs n'aient pas envie
04:11 de mettre les poubelles dans le camion poubelle à 64 ans,
04:15 comme un collègue de l'électricité allait à 50 mètres sur un...
04:20 Et comme des collègues qui bossent au matériel, qui conduisent des trains,
04:24 qui se lèvent à 3 ou 4 heures du matin, non, ils ne se projettent pas en se disant
04:27 "Super, vivement, que je travaille jusqu'à 64 ans".
04:30 Non, c'est pas vrai, c'est pas vrai.
04:32 Voilà, donc aujourd'hui, il y a une pénibilité qui existe dans le monde du travail,
04:37 et il y a même une pénibilité, c'est un sujet à chaque fois que j'aborde,
04:41 et il y a trois jours, il y a un jeune de 18 ans qui est mort électrocuté.
04:49 Il bossait sur une entreprise sous-traitante de la SNCF,
04:52 il bossait sur un poste, ça faisait deux semaines qu'il bossait, il avait 18 ans,
04:57 il est mort électrocuté il y a deux jours.
05:00 Oui, il y a une pénibilité, oui, il y a une souffrance, oui, dans certains métiers,
05:04 quand vous faites une bêtise, c'est pas le café qui tombe.
05:07 Ça peut être très grave.
05:09 Dans certains métiers, dans le ferroviaire, vous bossez, il y a des masses d'acier en permanence.
05:13 Un train, c'est une masse d'acier énorme.
05:15 La moindre erreur, vous ne faites pas attention, vous perdez une jambe.
05:18 Quand vous bossez sur... Là, il bossait sur du 380 volts,
05:22 à priori, il a touché quelque chose qu'il ne devait pas toucher,
05:25 il est mort directement, 18 ans, ça faisait deux semaines qu'il bossait, voilà.
05:29 Il y a plein de gens qui bossent dans ces métiers-là,
05:31 qui ne se projettent pas comme ça, en se disant "oui, super, je vais bosser jusqu'à 64 ans".
05:37 Il y a souvent un rapport d'ailleurs, entre ceux qui se mobilisent là,
05:40 et la pénibilité au travail.
05:43 Allez, un dernier mot, Loïc Lefraud.
05:44 Ce que je veux dire, c'est que dans ces métiers,
05:47 depuis très longtemps, on a tenu compte de la pénibilité,
05:51 aussi bien dans les transports que dans l'énergie.
05:54 On a tenu compte aussi bien de la capacité à faire des retraites avant la date limite,
05:59 et dans des conditions satisfaisantes, de mon point de vue,
06:03 pas forcément du leur, mais de mon point de vue,
06:05 c'est-à-dire, moi, il y a énormément de gens qui avaient,
06:07 au moment de la retard, 62 ans, qui l'ont pris à 60 ans,
06:10 ou à 58 ans, en étant d'accord pour la prendre.
06:13 Donc, il faut faire attention à ce qu'on raconte.
06:15 Et ne pas confondre quand même, les éboueurs,
06:18 dont je reconnais qu'ils ont un travail pénible,
06:21 des gens, en général, dans l'industrie.
06:25 Il se trouve que les gens qui font grève
06:29 et qui sont susceptibles d'arrêter une partie des capacités à en faire le plein,
06:38 ces gens-là sont dans des raffineries.
06:40 Si jamais, dans les raffineries, ils étaient maltraités, ça se saurait.
06:43 Je ne suis pas d'accord avec l'idée que dans les raffineries, les gens sont maltraités.

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