Passer au playerPasser au contenu principal
Réactions unanimes hier soir parmi les oppositions à l’Assemblée : Elisabeth Borne n’a plus la légitimité politique pour rester cheffe du gouvernement. Même si rien ne l’oblige à démissionner, la pression politique sera de plus en plus forte sur la première ministre, d’autant que le mouvement de protestation doit se poursuivre avec une nouvelle grande journée de mobilisation le 23 mars prochain.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00 Mathieu Croissant, le gouvernement a donc échappé de peu à la motion de censure hier, ça s'est joué à 9-9.
00:06 Elisabeth Porn peut-être dans ces conditions rester à Matignon et l'exécutif peut-il continuer à réformer comme il le souhaite ?
00:14 Sur le papier, oui. On ne va quand même pas inverser la logique des institutions.
00:18 C'est quand même si la motion de censure avait été adoptée que le gouvernement aurait été renversé automatiquement.
00:23 La première ministre, selon l'article 50 de la Constitution, aurait été contrainte de remettre sa démission au président de la République.
00:29 Rien ne l'oblige donc à le faire aujourd'hui.
00:31 Puis on peut se dire que ce n'est jamais que la 15e motion de censure à laquelle elle échappe depuis sa nomination à Matignon,
00:36 parce qu'il y a eu beaucoup de 49.3 et beaucoup de motions de censure, donc une de plus.
00:40 Et puis poussons même la logique institutionnelle jusqu'au bout.
00:43 Après tout, au sortir de ce feuilleton des retraites, sa réforme, même contestée, est considérée depuis hier soir comme adoptée.
00:50 La transformation du vote sur la motion de censure en vote pour ou contre la réforme a failli lui coûter très cher, mais c'est passé.
00:58 La première ministre a la satisfaction du devoir accompli, faisait donc savoir hier Matignon.
01:03 Elle reste déterminée à continuer à porter les transformations nécessaires à notre pays avec son gouvernement.
01:08 Bon, pourtant, l'opposition réclame depuis hier soir sa démission. C'est une lubie ?
01:13 On l'a vu avec le Rassemblement national, par exemple, Marine Le Pen qui dit qu'elle doit partir, ou Mathilde Panot que ce gouvernement est mort.
01:19 Pourquoi ? Parce qu'il y a la logique institutionnelle dont je viens de vous parler, et puis il y a aussi autre chose, c'est la logique politique.
01:24 Et là, le tableau n'est pas tout à fait le même, parce qu'Elisabeth Borne ressort complètement essorée de cette bataille sur les retraites.
01:31 Le score très serré d'hier l'affaiblit politiquement. C'est simple, aux yeux de ses opposants, comme d'une partie de la majorité d'ailleurs, c'est une première ministre en sursis.
01:39 Et ça, quand vous êtes fini dans l'esprit de vos interlocuteurs, c'est très compliqué de réasseoir votre autorité.
01:44 C'est très compliqué de retrouver un poids politique qui vous permette en position de force pour négocier, pour porter un projet.
01:51 Et puis surtout, c'est sa méthode, Elisabeth Borne, qui a été prise en défaut. La concertation que prenait la première ministre, ça n'a pas fonctionné.
01:57 Elle s'est fait rouler dans la farine par les républicains qui ne tenaient pas leur troupe. Le texte a été adopté, je le disais, c'est vrai, mais dans des conditions vraiment baroques et brutales.
02:05 - Elisabeth Borne a été reçue hier soir à l'Elysée, elle le sera d'ailleurs de nouveau ce matin à partir de 9h avec les chefs de la majorité.
02:11 Qu'est-ce qui se trame à l'Elysée ? Le président peut lui demander de faire ses valises ?
02:15 - Oui, mais alors il s'est toujours refusé, jusqu'à présent en tout cas, d'agir sous la pression.
02:19 D'abord, il n'a pas intérêt à s'en séparer tout de suite avant la toute fin de l'histoire.
02:22 Vous savez, elle a saisi hier le Conseil constitutionnel, il faut qu'on sache...
02:25 - Un mois, c'est ça ?
02:26 - Voilà, ça peut être plus court. Il faut qu'on sache ce qu'il advient de ce texte sur le fond, au final.
02:31 Ensuite, s'il s'en sépare, il faut quand même trouver quelqu'un pour la remplacer.
02:34 Ça a l'air idiot comme ça, mais souvenez-vous du mal qu'a eu Emmanuel Macron à trouver quelqu'un pour son casting de Premier ministre en mai dernier et même au mois de juillet.
02:44 Enfin et surtout, Elisabeth Borne, c'est peut-être plus le problème d'une certaine façon.
02:48 À quoi bon changer de casting si c'est pour faire face aux mêmes difficultés ?
02:52 Ce n'est peut-être pas changer de Premier ministre, dont Emmanuel Macron a besoin, mais peut-être changer sa façon de présider.
02:57 - Une parenthèse, ça vous a choqué hier après-midi que les bancs de la majorité soient aussi clairsemés pendant la motion de censure, pendant le débat ?
03:02 - Il faut savoir que pendant la motion de censure, on ne prend en compte que les votes pour, donc il n'y a pas de vote contre.
03:07 Il n'était pas obligé d'aller voter.
03:08 - Elle n'aurait pas eu besoin du soutien de la majorité ?
03:10 - C'est vrai qu'autour d'elle, elle aurait eu besoin sans doute un peu de soutien, surtout au moment où elle a pris la parole pour demander le rejet de cette motion de censure.
Commentaires

Recommandations