00:00 Il y a des critiques sur l'action de la police depuis plusieurs jours.
00:04 Le syndicat des avocats de France, par exemple,
00:06 dénonce une action des forces de l'ordre démesurée et particulièrement violente.
00:11 Que répondez-vous ?
00:12 Je m'inscris évidemment en faux.
00:14 Tous les cortèges qui démarrent dans le calme ne sont pas encadrés
00:17 et nous les laissons se dérouler.
00:19 C'était le cas samedi soir.
00:20 Il y avait un cortège qui partait d'Italie, qui allait à Tolbiac.
00:24 Il n'y avait pas de policiers présents.
00:25 Nous avons laissé la manifestation se dérouler.
00:27 Et puis à un moment, un certain nombre d'individus, plusieurs centaines,
00:29 se sont mis à érager des barricades, y mettre le feu,
00:32 essayer de mettre le feu à des véhicules.
00:34 Évidemment que nous intervenons.
00:35 Que voulez-vous que nous fassions ?
00:36 Que nous n'intervenions pas ?
00:37 Je ne comprends pas cette réaction.
00:38 Elle me paraît tout à fait injuste et elle est hors sol.
00:41 Elle est totalement dénuée de ce qu'est la réalité.
00:43 Il y a des documents, des vidéos qui posent question néanmoins.
00:48 Vincent Vantinghem, parlez-nous de ces vidéos
00:52 que vous avez pu retrouver sur certains réseaux sociaux.
00:54 Alors effectivement, il y a des vidéos depuis le début de ce mouvement de contestation
00:58 qui circulent sur les réseaux sociaux,
00:59 des vidéos que nos équipes ont également tournées sur place.
01:02 Des images, on aimerait vous les montrer,
01:04 vous confronter à ces images pour obtenir votre réaction.
01:07 D'abord, cette première image, vous parliez du mouvement de samedi soir
01:10 dans le 13e arrondissement.
01:11 On est aux alentours de la place d'Italie.
01:13 On voit une trentaine de manifestants qui ont été arrêtés
01:16 et gardés, on pourrait dire, le long d'un mur,
01:19 le temps d'être envoyés en garde à vue dans un commissariat.
01:22 Est-ce que c'est bien réglementaire ?
01:24 C'est une question qui est beaucoup revenue après ce mouvement de samedi soir.
01:27 Est-ce qu'on peut conserver comme ça, le long d'un mur,
01:29 assis une trentaine de personnes qui ont été arrêtées ?
01:32 Évidemment, oui.
01:33 D'abord, ça me permet de répondre à...
01:35 Votre question me permet...
01:36 Pardonnez-moi, mais on les voit assis en effet.
01:38 Je vais y répondre très précisément.
01:41 Ça me permet de répondre d'abord sur la question des NAS.
01:43 On évoque toujours les NAS qui sont illégales.
01:45 Je suis désolé, quand on interpelle des gens parce qu'ils ont commis une infraction,
01:48 oui, on les NAS et on attend de pouvoir les traiter judiciairement,
01:50 c'est-à-dire concrètement que des moyens de police viennent les chercher
01:53 pour les emmener en commissariat,
01:55 où ils vont être traités, placés en garde à vue.
01:56 Si l'OPJ le confirme, j'y reviendrai.
01:58 Si l'OPJ le confirme.
01:59 En dépit de la décision du Conseil d'État qui a interdit les NAS ?
02:02 Ah, mais ça, c'est pas le sujet.
02:03 Je vous parle de la NAS judiciaire.
02:04 On a interpellé des individus, on attend pour les emmener.
02:06 Et puis, il y a la NAS en ordre public,
02:08 celle que je peux décider,
02:10 parce que je considère qu'il y a des troubles qui sont tellement graves
02:12 que nous avons isolé un groupe et qu'il vaut mieux le contenir
02:15 que le laisser progresser et commettre de nouvelles exactions.
02:17 Et ça, le Conseil d'État ne l'a pas interdit.
02:19 Ce qu'il me demande simplement,
02:21 c'est de prendre des décisions qui soient proportionnées,
02:22 qui ne soient pas trop liberticides.
02:24 Ça veut dire que la NAS, elle ne doit pas durer très longtemps
02:26 et on doit, au bout d'un moment, laisser sortir les gens.
02:28 C'est ce que nous avons fait samedi soir sur Les Halles.
02:31 Pour répondre à cette question très précise,
02:32 c'est une question très technique.
02:33 Ce sont des gens qui ont été interpellés,
02:35 qui sont maintenus ici.
02:36 Donc, effectivement, ils sont dans le cadre du NAS
02:37 que j'appellerais une NAS judiciaire.
02:39 On attend de venir les chercher.
02:40 Donc, le Conseil d'État n'a pas traité.
02:41 C'est pas ça. Là, on est dans deux temps.
02:42 Ce sont des gens qui ont été interpellés,
02:44 qu'on attend de voir traiter.
02:45 Ils sont assis. Pourquoi ?
02:46 Parce que c'est une façon de mettre en sécurité nos effectifs.
02:49 Vous interpellez un groupe d'individus,
02:51 on les fait asseoir et on les a à vue.
02:54 Et quand, par exemple, les effectifs de police
02:56 sont moins nombreux que les manifestants,
02:58 c'est une mesure de sécurité pour nos effectifs
03:00 et pour les manifestants.
03:01 Il n'y a pas de difficulté dans cette technique mise en œuvre.