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Laurent Nuñez, préfet de police de Paris, était en direct dans le Live Toussaint.

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00:00 Laurent Nunez, de précision pour commencer, combien de manifestants avez-vous recensé hier soir dans la capitale ?
00:05 Hier, il y avait dans la capitale plusieurs points.
00:07 Il y a eu une manifestation d'abord qui a commencé Place Vauban,
00:09 il y a eu 1 500 personnes que nous avons invitées à se disperser d'ailleurs de manière perlée.
00:16 Les choses se sont bien passées.
00:17 Et puis on a eu plusieurs points de résurgence, de nombreux points de résurgence dans la capitale,
00:21 de petits groupes très mobiles.
00:23 On estime à peu près à 2000 le nombre de personnes qui se sont réunies hier soir dans la capitale.
00:27 Mais encore une fois, en petits groupes très éclatés qui n'ont jamais excédé de 200 à 300 personnes.
00:31 2000 personnes, donc 2 500 en Place Vauban, 2000 personnes dans la nuit,
00:35 c'est ce que vous voyez depuis le début, depuis jeudi soir ? C'est à peu près ces tiages-là ?
00:39 C'est ce qu'on voit, c'est les tiages qu'on voit depuis jeudi soir.
00:41 Ils étaient 4 000 sur le 13e samedi soir, c'est à peu près ces tiages.
00:44 Mais qui se constituent très vite en petits groupes très mobiles et qui commettent beaucoup d'exactions,
00:49 des barricades avec des poubelles, qui sont incendiés.
00:52 C'est ça surtout le drame, c'est ce qu'on ne voit pas dans votre reportage.
00:55 Mais qu'il les incendie parfois au droit d'immeuble,
00:57 et on a des incendies de véhicules par propagation.
01:01 Donc il faut évidemment intervenir très vite pour les forces de sécurité intérieure,
01:04 que je remercie encore une fois pour le travail réalisé hier soir.
01:06 Travail très réactif où on essaie de très vite disperser ces groupes qui commettent beaucoup d'exactions.
01:11 Et ici, bien sûr, le travail des sapeurs-pompiers de Paris qui ont...
01:14 Il faut bien avoir ce chiffre en tête.
01:17 Hier soir, il y a eu 240 interventions des sapeurs-pompiers de Paris
01:21 pour des feux de poubelle dans la capitale.
01:23 Combien d'interpellations hier soir ?
01:25 234 interpellations hier soir.
01:27 2000 personnes et combien de policiers mobilisés ?
01:29 On avait 2000 policiers qui étaient mobilisés, mais sur d'autres dispositifs,
01:32 et qui, quand se commettent ce genre d'exactions, se regroupent.
01:36 Parce que vous l'avez souligné à juste titre, ce sont des cortèges sauvages.
01:39 Ce ne sont pas des manifestations déclarées, organisées.
01:41 Et en plus, encore une fois, ces résurgences ont lieu dans plusieurs endroits de la capitale.
01:46 Et donc nous appliquons évidemment la doctrine de maintien de l'ordre du ministre.
01:49 Dès qu'il y a des exactions, nous intervenons pour y mettre un terme.
01:52 Sauvage, ça veut dire deux choses. Le mot a un double sens.
01:55 C'est à la fois non autorisé, je le disais, mais aussi, ça implique une forme de violence.
01:59 Vous la confirmez ?
02:00 Écoutez, on a non autorisé, je vous le confirme.
02:02 Et puis pour certains de ces individus, il y a une forme de violence,
02:04 puisqu'il y a des poubelles qui sont incendiées, des barricades qui sont érigées.
02:10 Donc oui, évidemment que c'est une forme de violence.
02:12 Ce sont des dégratations graves.
02:13 Vous savez, on a tous les feux de véhicules que nous avons eu à enregistrer
02:16 dans la capitale depuis jeudi dernier.
02:19 Je vous rassure, il n'y en a pas eu beaucoup.
02:20 Mais enfin, c'est uniquement des feux de véhicules par propagation
02:23 liés à des incendies de poubelles.
02:25 Il y a des critiques sur l'action de la police depuis plusieurs jours.
02:29 Le syndicat des avocats de France, par exemple,
02:31 dénonce une action des forces de l'ordre démesurée et particulièrement violente.
02:36 Que répondez-vous ?
02:37 Je m'inscris évidemment en faux.
02:39 Tous les cortèges qui démarrent dans le calme ne sont pas encadrés.
02:43 Nous les laissons se dérouler.
02:44 C'était le cas samedi soir.
02:45 Il y avait un cortège qui partait d'Italie, qui allait à Tolbiac.
02:49 Il n'y avait pas de policier présent.
02:50 Nous avons laissé la manifestation se dérouler.
02:52 Et puis, à un moment, un certain nombre d'individus, plusieurs centaines,
02:54 se sont mis à érager des barricades, y mettre le feu,
02:57 essayer de mettre le feu à des véhicules.
02:59 Évidemment que nous intervenons.
03:00 Que voulez-vous que nous fassions ?
03:01 Que nous n'intervenions pas ?
03:02 Je ne comprends pas cette réaction.
03:03 Elle me paraît tout à fait injuste et elle est hors sol.
03:06 Elle est totalement dénuée de ce qu'est la réalité.
03:08 Il y a des documents, des vidéos qui posent question néanmoins.
03:13 Vincent Vantinghem, parlez-nous de ces vidéos
03:17 que vous avez pu retrouver sur certains réseaux sociaux.
03:20 Alors effectivement, il y a des vidéos depuis le début
03:22 de ce mouvement de contestation qui circule sur les réseaux sociaux.
03:24 Des vidéos que nos équipes ont également tournées sur place.
03:27 Des images, on aimerait vous les montrer,
03:29 vous confronter à ces images pour obtenir votre réaction.
03:32 D'abord, cette première image, vous parliez du mouvement de samedi soir
03:35 dans le 13e arrondissement.
03:36 On est aux alentours de la place d'Italie.
03:38 On voit une trentaine de manifestants qui ont été arrêtés et gardés,
03:42 on pourrait dire, le long d'un mur.
03:44 Le temps d'être envoyé en garde à vue dans un commissariat.
03:47 Est-ce que c'est bien réglementaire ?
03:49 C'est une question qui est beaucoup revenue
03:50 après ce mouvement de samedi soir.
03:52 Est-ce qu'on peut conserver comme ça, le long d'un mur,
03:54 assis une trentaine de personnes qui ont été arrêtées ?
03:57 Évidemment, oui.
03:58 D'abord, ça me permet de répondre à...
04:00 Votre question me permet...
04:01 Pardonnez-moi, mais on les voit assis en effet.
04:04 Je vais y répondre très précisément.
04:06 Ça me permet de répondre d'abord sur la question des NAS.
04:08 On évoque toujours les NAS qui sont illégales.
04:10 Je suis désolé, quand on interpelle des gens
04:12 parce qu'ils ont commis une infraction.
04:13 Oui, on les NAS.
04:14 Et on attend de pouvoir les traiter judiciairement.
04:15 C'est-à-dire concrètement que des moyens de police
04:18 viennent les chercher pour les emmener en commissariat
04:20 où ils vont être traités, placés en garde à vue,
04:21 si l'OPJ le confirme.
04:23 J'y reviendrai, si l'OPJ le confirme.
04:24 En dépit de la décision du Conseil d'État
04:26 qui a interdit les NAS ?
04:27 Mais ça, ce n'est pas le sujet.
04:28 Je vous parle de la NAS judiciaire.
04:29 On a interpellé des individus, on attend pour les emmener.
04:31 Et puis, il y a la NAS en ordre public.
04:33 Celle que je peux décider,
04:35 parce que je considère qu'il y a des troubles
04:36 qui sont tellement graves,
04:37 que nous avons isolé un groupe
04:38 et qu'il vaut mieux le contenir
04:40 que le laisser progresser et commettre de nouvelles exactions.
04:43 Et ça, le Conseil d'État ne l'a pas interdit.
04:44 Ce qu'il me demande simplement,
04:46 c'est de prendre des décisions qui soient proportionnées,
04:48 qui ne soient pas trop liberticides.
04:49 Ça veut dire que la NAS, ça ne doit pas durer très longtemps
04:51 et on doit, au bout d'un moment, laisser sortir les gens.
04:53 C'est ce que nous avons fait samedi soir sur les Halles.
04:56 Pour répondre à cette question très précise,
04:57 c'est-à-dire que c'est une question très technique.
04:58 Ce sont des gens qui ont été interpellés,
05:00 qui sont maintenus ici.
05:01 Donc, effectivement, ils sont dans le cadre du NAS
05:02 que j'appellerais une NAS judiciaire.
05:04 On attend de venir les chercher.
05:05 Donc, le Conseil d'État n'a pas traité ces personnes-là.
05:07 On est dans le temps.
05:08 Ce sont des gens qui ont été interpellés
05:09 qu'on attend de voir traiter.
05:10 Ils sont assis, pourquoi ?
05:11 Parce que c'est une façon de mettre en sécurité nos effectifs.
05:15 Vous interpellez un groupe d'individus,
05:16 on les fait asseoir et on les a vus.
05:19 Et quand, par exemple, les effectifs de police
05:21 sont moins nombreux que les manifestants,
05:23 c'est une mesure de sécurité pour nos effectifs
05:25 et pour les manifestants.
05:26 Il n'y a pas de difficulté dans cette technique mise en œuvre.
05:30 Autres images qu'on aimerait vous montrer,
05:31 elles datent celles-là d'hier soir,
05:33 au moment des échauffourées dont on a parlé,
05:36 avec plusieurs images d'interpellations violentes,
05:39 notamment des effectifs de la BRAV,
05:42 la Brigade de répression de l'action violente,
05:44 qui à Seine, on le voit ici à l'image,
05:45 par exemple, un coup de poing à un manifestant.
05:47 Comment vous réagissez à ces images ?
05:49 Alors d'abord, l'utilisation, là encore,
05:51 ça me permet de répondre à un certain nombre de choses
05:53 que j'entends dire.
05:54 L'utilisation des BRAV,
05:56 MAI, qui sont des...
05:57 D'abord, que vos téléspectateurs comprennent bien
05:59 que ce sont des fonctionnaires
06:00 des compagnies d'intervention de la préfecture de police
06:02 qui utilisent les motos pour se mouvoir, c'est tout.
06:05 Ils interviennent à pied, comme on le voit là, sur ces images.
06:08 Brigade de répression de l'action violente motorisée.
06:11 Absolument.
06:12 Et dans les manifestations comme celles que nous avons actuellement,
06:15 avec des petits groupes mobiles,
06:16 heureusement que mon prédécesseur Didier Lallement
06:18 avait créé les BRAV MAI,
06:19 parce que ça nous permet de nous projeter très vite.
06:20 Bon, on ne les voit pas quand il y a les réunions,
06:23 les manifestations, pardon, de l'intersyndicale.
06:25 On ne les voit pas.
06:25 On a des cortèges qu'on encadre très loin,
06:28 le plus loin possible.
06:29 Voilà pour les BRAV MAI.
06:31 Sur les gestes que vous me montrez,
06:33 tout ce que nous voyons, toutes les vidéos,
06:35 on les analyse, évidemment.
06:36 C'est mon devoir de veiller à la déontologie des policiers,
06:38 mais c'est mon devoir aussi de contextualiser.
06:41 Oui, il y a eu des interpellations
06:42 parce qu'on a eu des individus incendiés.
06:44 Il y a un problème quand même dans ce qu'on vient de voir.
06:45 La dernière image, on a un fonctionnaire de police
06:50 qui assène un coup de poing à un individu.
06:52 Moi, j'ai besoin de contextualiser,
06:53 de savoir dans quel cadre ça s'est passé
06:54 pour savoir si ce geste était adapté ou pas.
06:57 Qu'est-ce qui pourrait justifier ?
06:58 Expliquez-nous, de façon très pédagogique.
07:00 De façon très pédagogique.
07:01 Qu'est-ce qui pourrait justifier cela ?
07:02 Le préfet de police a besoin de comprendre
07:03 ce qui s'est passé lors de cette action.
07:06 Donc moi, je vous dirai ce qui s'est passé
07:09 quand on m'a fait un rapport.
07:10 Je l'ai demandé, j'ai déjà les premiers éléments.
07:12 Vous avez un individu,
07:13 vous voyez, il y a un kiosque qui se trouve juste à côté,
07:15 un individu qui dégrade ce kiosque
07:17 et qui est en cours d'interpellation.
07:19 Et plusieurs individus s'opposent à cette interpellation,
07:21 dont l'individu qui reçoit ce coup.
07:23 Et donc, encore une fois, toutes les investigations seront menées
07:26 pour savoir si ce coup était adapté ou pas.
07:28 J'ai demandé un rapport.
07:30 Et sur chaque vidéo, évidemment,
07:32 nous regardons si la déontologie est respectée.
07:34 Et parfois même, il y a évidemment saisine de l'IGPN
07:38 quand il peut y avoir des suites judiciaires.
07:39 On n'arrive pas à comprendre, pardon Laurent Gunez,
07:41 comment un coup aussi violent que moi
07:43 peut être adapté, justifié.
07:45 Honnêtement, expliquez-nous.
07:48 Vous avez des personnes qui se rebellent.
07:49 Vous avez un individu qui est interpellé.
07:51 Vous avez des personnes...
07:52 Vous ne voyez que la fin de la séquence.
07:54 C'est toujours pareil.
07:54 On ne voit que la fin de la séquence.
07:56 Très honnêtement, quand on voit cette séquence,
07:58 oui, le geste paraît inadapté.
07:59 Je vous le concède, Bruce Toussaint.
08:01 Mais moi, j'ai besoin de comprendre
08:02 quelle est la séquence, ce qu'il s'est passé.
08:04 Ce que me disent mes fonctionnaires,
08:05 c'est qu'ils ont interpellé un individu
08:07 qui, avec un pavé, dégradait ce kiosque.
08:09 Tout ça, c'est vérifiable.
08:10 Je le vérifierai.
08:11 Et qui ensuite, évidemment,
08:14 donc l'individu a été interpellé.
08:15 Et plusieurs individus se sont opposés
08:17 à cette interpellation de manière violente.
08:19 Et donc, ils ont été repoussés.
08:21 Et c'est dans le cadre de cette manœuvre
08:22 que ce coup a été donné.
08:23 Encore une fois, je déterminerai évidemment
08:25 s'il était adapté ou pas.
08:26 Et je prendrai toutes les mesures nécessaires.
08:28 Mais nous le faisons à chaque fois.
08:29 Mais pour bien comprendre,
08:31 parce que j'entends ce que vous dites,
08:32 vous dites là, a priori, ça semble inadapté.
08:34 Mais s'il y avait d'autres éléments
08:37 qui rentraient en ligne de compte,
08:39 techniquement, j'allais dire théoriquement,
08:41 un coup de poing à un manifestant
08:43 pourrait être légal ?
08:45 Non, ce n'est pas tout à fait adapté.
08:47 Mais dans l'urgence et quand les fonctionnaires
08:49 sont pris à partie de manière extrêmement violente,
08:52 ça peut arriver.
08:54 En tout cas, toutes les investigations...
08:55 Vous pouvez nous dire si une enquête est ouverte sur ce...
08:58 J'ai demandé une enquête administrative, évidemment.
09:00 Dès que j'ai eu connaissance de ces vidéos,
09:01 comme toutes les autres que nous avons vues.
09:03 Mais il n'y en a pas beaucoup.
09:04 Par rapport à ce que l'on reçoit comme projectiles,
09:07 par rapport aux mises en cause graves des fonctionnaires,
09:09 il n'y a pas beaucoup de gestes inadaptés.
09:11 Combien de policiers blessés depuis le début ?
09:12 Écoutez, vendredi à la Concorde,
09:15 nous avons eu six fonctionnaires de police
09:17 gravement blessés, dont deux qui ont pris
09:18 des pavés en pleine figure.
09:19 Donc voilà, il faut aussi recontextualiser les choses.
09:22 Ce ne sont pas des cortèges pacifiques.
09:25 Enfin, quand nous intervenons,
09:27 nous ne sommes pas confrontés à des cortèges pacifiques.
09:28 C'est faux.
09:29 Et je crois avoir démontré depuis que je suis préfet de police
09:31 que les forces de l'ordre n'interviennent
09:32 que quand il y a des exactions.
09:33 On est toujours au plus loin
09:35 et on intervient quand il y a des exactions.
09:36 Mais on le fait, et ce sont les instructions
09:38 du ministre de l'Intérieur.
09:39 On le fait avec la fermeté,
09:40 qui est celle de l'ordre républicain.
09:43 Vous parliez de rapports d'enquête
09:44 que vous demandez sur les images que vous visionnez,
09:47 qui vous sont remontées comme ça.
09:48 Est-ce que vous pouvez nous dire
09:49 si vous avez, depuis le mouvement de jeudi soir,
09:52 déjà signalé des faits à l'IGPN, à la police des polices ?
09:55 Combien vous avez effectué de signalements,
09:57 si vous comptez le faire ?
09:59 J'ai signalé un fait.
10:01 J'ai demandé un rapport pour le fait d'hier soir
10:03 qui se concloit qu'on a vu.
10:04 Je vous le dis très clairement, oui, je n'en ai signé rien.
10:07 Pour l'instant, c'est tout.
10:08 Mais nous visionnons toutes les vidéos,
10:10 on les recontextualise,
10:11 on essaie de savoir où ça se passe.
10:13 Pour le fait d'hier, on y voit un peu plus clair.
10:15 Et j'attends le rapport qui va mettre pour duit dans la journée.
10:17 Mais il faut aussi prendre un peu de recul
10:19 par rapport aux événements.
10:20 Moi, je veux comprendre.
10:21 Vous savez, vous avez des fonctionnaires
10:23 qui étaient engagés depuis tôt le matin
10:25 et qui, jusqu'au soir, ont travaillé hier soir
10:27 jusqu'à deux heures du matin.
10:28 On a des effectifs qui ont pris à six heures
10:29 et qu'on a libérés qu'à deux heures du matin hier
10:31 et qui ont été, une grande partie de la journée, mobilisés.
10:34 Je veux saluer vraiment leur courage et leur détermination
10:36 parce que, in fine, hier soir, par rapport à ce qui s'est passé,
10:39 on n'a pas eu vraiment d'incident.
10:41 Et moi, j'ai demandé aux forces de l'ordre d'être dans la...
10:43 On avait beaucoup de jeunes hier.
10:45 On avait beaucoup de jeunes.
10:46 Il y a eu aussi beaucoup de mesures dans les interventions.
10:48 On isole un certain nombre de gestes,
10:49 mais il y a eu aussi beaucoup de mesures.
10:51 Tout ça s'est terminé sur la place de la Bastille
10:53 avec 300 ou 400 jeunes.
10:55 Je n'ai pas ordonné une dispersion par la force.
10:57 On a fait ça avec mesure et avec proportion,
10:59 comme nous le faisons toujours.
11:01 Ça a duré jusqu'à quelle heure, d'ailleurs ?
11:03 Ça a fini à deux heures du matin.
11:04 À deux heures du matin, il n'y avait plus personne
11:06 sur la place de la Bastille.
11:08 Tout s'est terminé sur la place de la Bastille.
11:09 Mais encore une fois, on a eu beaucoup de petits groupes
11:12 dans Paris qui ont allumé énormément d'incendies,
11:14 240 feux.
11:15 Vous dites que les policiers sont fatigués.
11:19 Ça veut dire qu'ils ne pourront pas tenir longtemps ?
11:22 À ce rythme-là ?
11:22 Mais écoutez, ils ont démontré depuis ces cinq dernières années,
11:25 et même avant, si on prend les mouvements qui ont eu lieu en 2016
11:29 avec le mouvement d'opposition à la loi El Khomri,
11:32 ils ont démontré qu'ils ont quand même
11:33 une capacité de résilience qui est très forte.
11:35 Et je veux vraiment leur rendre hommage
11:36 parce que le travail qu'ils font, il est formidable.
11:38 Il est remarqué.
11:39 Et comme on peut en discuter aujourd'hui,
11:40 il est très, très, très, très regardé.
11:43 Très, très regardé.
11:44 Donc voilà, vous savez, un policier,
11:45 il a toujours un quart de seconde pour prendre une décision.
11:48 Et ce n'est pas toujours très simple.
11:51 Quand on est autour d'un plateau comme ça,
11:53 c'est toujours facile de commenter.
11:54 Mais sur le terrain, quand vous prenez des projectiles,
11:56 que vous avez votre casque et que vous ne voyez pas grand-chose,
11:58 ce n'est pas toujours évident.
11:59 Jeudi soir, vendredi soir, samedi soir, dimanche soir, lundi soir,
12:03 mardi soir, ça va continuer ce soir ?
12:04 Demain, après-demain ?
12:05 Sans doute.
12:06 Aujourd'hui, il y a des manifestations qui sont déclarées,
12:08 des manifestations de jeunes.
12:09 Il y a une manifestation Place de la République qui est déclarée aussi.
12:13 Nous allons les encadrer, éviter les départs en cortège sauvage.
12:15 Et s'il devait y avoir de nouvelles exactions comme celle que l'on a constaté,
12:19 nous interviendrons évidemment.
12:20 Est-ce qu'il est probable qu'il y ait à nouveau,
12:22 dans les prochains jours, des manifestations nocturnes à Paris ?
12:27 En tout cas, elles sont annoncées.
12:29 Si j'en croise qui est déclaré et si je lis les réseaux sociaux,
12:32 elles sont annoncées.
12:33 Donc oui, c'est probable qu'il y ait de nouvelles manifestations
12:36 qui mobilisent...
12:37 Enfin, je vous ai donné le chiffre.
12:39 C'était 1500 personnes sur la place Vauban,
12:41 2000 hier soir dans Paris.
12:44 Donc, qui mobilisent plus ou moins de personnes.
12:47 En tout cas, nous serons là pour encadrer les manifestations déclarées
12:50 et les cortèges sauvages, évidemment, nous les éviterons
12:53 parce qu'ils posent forcément des difficultés.
12:55 On le voit à chaque fois qu'il y a des cortèges sauvages, depuis jeudi.
12:59 Il y a des mises à feu de poubelle, il y a des incidents
13:01 et ça, on ne peut pas le tolérer.
13:02 Il faut des renforts ?
13:04 Non, nous n'avons pas besoin de renforts.
13:06 Nous avons suffisamment d'effectifs à Paris pour gérer ces problèmes.
13:09 On l'a encore démontré hier, avec 2000 policiers mobilisés.
13:12 On a encore démontré que nous avions suffisamment d'effectifs.
13:15 Et nous le faisons avec beaucoup de proportions.
13:17 Il y a une chose qui frappe, ce sont des jeunes, principalement,
13:21 dans ces cortèges.
13:22 Hier soir, il y avait beaucoup de jeunes, oui.
13:23 Beaucoup de jeunes, des jeunes étudiants, des jeunes,
13:27 des militants engagés, voilà.
13:29 Il y avait beaucoup de jeunes, je vous confirme.
13:30 Qu'est-ce que ça change d'ailleurs, dans le maintien de l'ordre ?
13:35 Dans le maintien de l'ordre, ça change...
13:38 Ce sont des jeunes, donc voilà.
13:40 C'est plus compliqué.
13:41 Il y en a un certain nombre qui commettent des exactions,
13:43 qui mettent le feu aux poubelles.
13:44 Et puis, il y en a d'autres qui, et vos commentateurs le relevaient
13:47 d'ailleurs en direct, qui jouent un peu au jeu du chat et la souris
13:51 avec les policiers.
13:51 Il y a aussi ça.
13:52 Et quand c'est ça et qu'il n'y a pas d'exaction,
13:55 il faut qu'on soit évidemment extrêmement prudent
13:57 dans les modes d'intervention.
13:58 La jeunesse n'était pas vraiment impliquée dans ce conflit social jusqu'ici.
14:03 Et là, on voit que ce sont plutôt des personnes, en effet, assez jeunes.
14:10 Ça change quelque chose, peut-être, à la nature de ce mouvement.
14:13 Vous en avez informé le président de la République, par exemple ?
14:17 Bien sûr, je suis en lien direct avec d'abord le ministre de l'Intérieur.
14:19 On informe évidemment les autorités politiques des mouvements,
14:23 de la façon dont on rétablit l'ordre, évidemment,
14:26 et puis de la composition des cortèges.
14:30 Jeudi, vous savez, il y a l'intersyndical qui appelle
14:32 à une nouvelle journée d'action.
14:37 Voilà, donc j'espère que tout se passera bien.
14:39 Nous avons discuté avec les organisations syndicales.
14:41 J'ai rencontré leurs responsables de sécurité hier matin.
14:45 Nous avons arrêté un parcours et j'espère que tout se passera bien
14:49 lors de cette manifestation.
14:50 Pour l'instant, elles sont de bonne tenue parce que nous nous tenons à distance
14:52 et nous intervenons quand il y a des exactions.
14:55 Laurent ?
14:55 Plusieurs responsables politiques, notamment de la France insoumise,
14:59 pointent du doigt les centaines d'interpellations.
15:01 Vous disiez 234 interpellations hier, plusieurs centaines depuis jeudi.
15:07 Mais note que la plupart de ces gens interpellés sont relâchés.
15:10 Du coup, parle d'intimidation, d'atteinte au droit de manifester,
15:14 d'atteinte à la liberté d'opinion.
15:17 Pourquoi autant de gens interpellés et aussi peu déférés ou mis en examen ?
15:22 Alors, il y a une explication qui est très technique, pardon,
15:25 mais il n'y a pas d'interpellation injustifiée.
15:27 Moi, je ne peux pas laisser dire ça.
15:28 Je parle au nom des fonctionnaires de police, des militaires de la gendarmerie,
15:32 des fonctionnaires de la préfecture de police de Paris
15:33 qui travaillent sous le nom d'autorité.
15:34 Il n'y a pas d'interpellation injustifiée.
15:36 On interpelle des groupes de personnes parce qu'il y a des groupements
15:38 constitués en vue de commettre des violences,
15:40 parce qu'il peut y avoir des jets de...
15:42 Il y a des jets de projectiles sur les effectifs.
15:46 C'est pour ça qu'on interpelle des gens, pour des infractions
15:49 qui, à nos yeux, sont constituées.
15:50 Et puis ensuite, qui va décider du placement en garde à vue ?
15:55 C'est l'OPJ. Et dans les 48 heures de la garde à vue,
16:00 sous l'autorité du parquet, on essaie de caractériser,
16:03 de matérialiser l'infraction. 48 heures, c'est court.
16:06 Mais c'est vrai que beaucoup s'étonnent que 90 % d'entre eux soient libérés.
16:09 Mais 48 heures, c'est court.
16:10 Quand vous attrapez un groupe qui se livre à des mises à feu de poubelle,
16:14 vous attrapez un groupe de 30 personnes.
16:16 Bon, nous, on sait dire que c'est un groupe d'incendiaires.
16:19 Ils sont ensuite placés en garde à vue.
16:21 L'OPJ va valider ou pas ce choix, ou pas.
16:24 Et puis ensuite, dans le temps des 48 heures,
16:26 on va mener des investigations, aller voir les vidéos.
16:29 Est-ce qu'on confirme qu'un certain nombre d'entre eux ont bien
16:31 participé directement aux mises à feu ?
16:33 Est-ce qu'ils ont été animateurs du groupe ?
16:35 On va regarder des choses aussi bêtes que de savoir
16:37 s'ils ont du combustible sur les mains.
16:39 Et ça, c'est dans le temps de l'enquête.
16:40 Est-ce que vous êtes juifs ?
16:41 Évidemment. Non, mais quand on arrive au bout des 48 heures,
16:43 parfois, on n'a pas caractérisé l'infraction.
16:45 Et on est dans un état de droit, c'est heureux.
16:47 À ce moment-là, il n'y a pas de poursuite.
16:48 Oui, et il y a un classement.
16:49 Mais attention, les chiffres qui ont été donnés par les élus,
16:54 ce ne sont pas ceux de Mme la procureure de la République.
16:57 Il y a un certain nombre de personnes qui n'ont pas été déférées,
17:00 mais il y a eu des alternatives aux poursuites.
17:02 Donc, pour un certain nombre d'individus, l'infraction a été constituée.
17:06 Ça peut être d'autres types de sanctions,
17:09 carréfèrement une convocation.
17:11 Ça peut être d'autres types de sanctions.
17:12 Mais là, je parle, j'empiète sur les plates-bandes de la procureure.
17:16 Mais ce qu'il faut que vos téléspectateurs comprennent,
17:18 c'est que nous, on interpelle des gens dont on voit commettre des infractions.
17:21 Mais après, heureusement, on est dans un état de droit.
17:23 Dans le temps de la garde à vue, il faut les matérialiser.
17:25 Il faut les caractériser, ces infractions.
17:27 Et malheureusement, ce n'est pas toujours possible.
17:29 Quand on interpelle l'auteur d'un jet de projectiles
17:31 et qu'on a une vidéo, que c'est caractérisé,
17:32 qu'on a des témoignages de fonctionnaires
17:34 qui peuvent faire des PV de mise à disposition,
17:37 évidemment que là, il y a des ferments.
17:38 Comment vous, préfet de police, vous jugez la présence de députés,
17:42 d'élus de la République dans des manifestations
17:44 qui, par définition, vous le disiez, sont sauvages,
17:47 ne sont pas autorisés ?
17:48 Est-ce que ça vous pose un problème ?
17:49 - Quel cas il y a ? Soit place vos mots.
17:51 - D'abord, moi, j'ai un grand respect pour tous les élus de la République.
17:54 D'ailleurs, ces députés-là m'appellent régulièrement pendant les mouvements,
17:59 il faut le savoir. Et je réponds.
18:01 Je réponds parce que c'est normal.
18:02 - Pourquoi est-ce qu'ils vous appellent ?
18:03 - Pour savoir pourquoi un tel a été interpellé.
18:05 Est-ce qu'ils peuvent rentrer dans un commissariat
18:07 pour exercer légitimement leur droit de visite des gardes à vue ?
18:10 Voilà, on a des échanges.
18:11 Ce n'est pas un secret, c'est normal.
18:13 - Et l'opposition, donc, et de la France Insoumise ?
18:15 - Ce sont des députés de la République qui appellent directement le préfet de police.
18:19 Et je trouve ça sain et normal dans une démocratie.
18:22 Donc, il n'y a pas de... Après...
18:25 - Mais là, on parlait de manifestations qui n'étaient pas autorisées.
18:27 - J'y viens, mais attendez.
18:28 Place vos bans, c'est une manifestation qui a été déclarée,
18:30 qui a été autorisée, qui devait se terminer à une certaine heure.
18:33 Il y a eu un certain nombre de parlementaires.
18:35 Ça ne pose aucun souci, évidemment.
18:38 De la même façon que je ne me suis pas opposé à la présence de députés
18:41 et des filles sur la place de la Concorde jeudi dernier.
18:45 Ils ont souhaité aller de l'Assemblée et rejoindre les manifestants.
18:48 On les a laissés passer, on les a laissés revenir à l'Assemblée.
18:50 Et pour ça, on se parle, oui.
18:52 Mais voilà, les choses sont normales dans le cadre d'un fonctionnement républicain.
18:58 Mais je n'ai pas vu, moi, de parlementaire en écharpe,
19:02 allumer des feux de poubelle, pour que la chose soit claire.
19:05 - Non.
19:06 Vincent Wantinghem.
19:06 - Deux questions, monsieur le Préfet.
19:08 La première question, vous avez parlé de ce délai de 48 heures de garde à vue,
19:11 qui est le délai classique pour toutes les gardes à vue.
19:14 Est-ce que les procédures transmises par les officiers de police judiciaire au parquet
19:18 sont toutes bien ficelées ?
19:19 Est-ce qu'il n'y a pas aussi, à un moment donné, dans cette action,
19:21 dans le chaos qui peut être exercé au milieu des rues,
19:25 la possibilité pour les officiers de police judiciaire
19:27 de bien ficeler les procédures, de bien remplir les fiches
19:29 avant de les transmettre au parquet ?
19:31 Et deuxième question, vous avez indiqué tout à l'heure
19:33 que six policiers avaient été blessés sur la place de la Concorde.
19:35 Est-ce que vous êtes en mesure de fournir un bilan quant aux manifestants ?
19:39 Combien ont été blessés depuis le début du mouvement ?
19:41 Par exemple, est-ce que vous avez des nouvelles de ce jeune homme
19:43 qu'on a vu sur la vidéo tout à l'heure recevoir le coup de poing par un policier ?
19:47 S'il était violent avant, est-ce qu'il a été interpellé après ?
19:51 Comment ça s'est passé pour lui ?
19:53 - Alors d'abord, sur la qualité des procédures,
19:55 ça c'est des choses évidemment dont je discute avec madame la procureure.
19:58 Il faut qu'on veille évidemment à ce que, notamment,
20:00 nos PV de mise à disposition soient rédigées de manière la plus exhaustive possible.
20:04 Parce que quand ce n'est pas le cas, il n'y a pas de suite.
20:07 Donc ça, évidemment, dans notre intérêt, on a intérêt à être rigoureux là-dessus
20:10 et on va veiller à l'être encore plus.
20:12 - Parce qu'il y a un problème ? Vous avez remarqué qu'il y avait un problème ?
20:15 - Il y a un problème quand il y a un nombre.
20:16 Il y a un problème quand il y a un nombre d'interpellés important.
20:18 C'est beaucoup de travail.
20:21 Mais ça, on va veiller évidemment à être exhaustif, c'est important.
20:24 Sur le nombre de blessés, je ne l'ai pas, pardon.
20:25 Je n'ai pas recensé le nombre de blessés précisément.
20:29 Hier soir, on a eu six blessés légers parmi les manifestants
20:34 et un CRS blessé.
20:35 Et donc la personne qu'on voit prendre un coup
20:40 qui s'est opposée à une interpellation,
20:44 cette personne n'a pas été prise en charge par la brigade des sapeurs-pompiers de Paris.
20:49 Elle a été traitée quand même par les effectifs policiers.
20:52 Donc à ma connaissance, cette blessure,
20:57 mais je parle sous tout contrôle, je suis très prudent,
21:00 à ma connaissance, cette blessure n'était pas grave
21:02 et la personne a pu repartir.
21:04 – Mais elle n'a pas été placée en garde à vue.
21:06 – Elle n'a pas été placée en garde à vue, non.
21:08 À ma connaissance, je suis très prudent sur cette affaire
21:11 qui remonte à hier soir et sur laquelle on est en train de réunir les éléments.
21:14 – Un policier a apporté plainte contre le député de la France insoumise,
21:17 Éric Coquerel, pour violence sur une personne dépositaire de l'autorité publique.
21:22 Ce sont des faits qui se sont déroulés sur le site Veolia de Saint-Denis,
21:25 donc ancienne Saint-Denis.
21:27 Et d'après ce policier, le député lui aurait donné un coup de poing au visage,
21:32 fait démenti formellement par Éric Coquerel.
21:36 Est-ce que vous pouvez nous en dire plus ?
21:37 – Non, honnêtement, je ne peux pas vous en dire plus.
21:41 C'est très honnêtement, il y a une plainte qui a été déposée,
21:44 moi je n'ai pas de mots à dire sur ça.
21:46 Le fonctionnaire considère qu'il a reçu un coup, donc il a…
21:48 – Quand on voit les images, on voit une bousculade, on n'a pas tellement de…
21:53 – C'est vraiment une plainte, je n'ai pas de commentaire à faire.
21:55 Ce que je peux vous dire, c'est que cette action,
21:57 elle se déroule dans le cadre des actions que nous menons
21:59 pour résorber la crise des poubelles à Paris.
22:02 Donc, comme vous le savez, j'ai réquisitionné la ville de Paris,
22:07 j'ai réquisitionné un certain nombre de sociétés privées.
22:09 Et là, l'action de police visait à permettre le dégagement d'un dépôt de camions Ben,
22:15 pour qu'ils puissent se rendre dans Paris et procéder à la collecte.
22:18 Voilà, je connais le cadre de l'action, le geste en lui-même, je ne le connais pas.
22:23 – Vous ne savez pas précisément ce que décrit le policier,
22:26 vous n'avez pas d'informations particulières ?
22:27 – Non, je n'ai pas d'informations, ça relève vraiment du judiciaire.
22:30 – Vous lui avez parlé à ce policier ?
22:32 – Non, je n'ai pas parlé à ce policier, non.
22:35 – Bon, on sera en direct avec Éric Coquerel dans quelques minutes d'ailleurs,
22:38 qui évoquera à la fois la situation politique
22:41 et bien sûr l'affaire qui lui concerne directement.
22:45 Est-ce que vous êtes parfois heurté, frappé par certaines déclarations
22:50 de la France Insoumise qui dénoncent régulièrement les violences policières,
22:56 qui va même parfois plus loin ?
22:57 Certains disent que l'LFI pourrait être dans une forme d'encouragement
23:04 contre les policiers, de violences contre les policiers.
23:07 – Non, moi je ne suis préfet de la République,
23:10 je ne vais pas m'immiscer dans un débat, je n'ai pas de commentaire à faire.
23:12 Ce que je peux dire évidemment, c'est qu'il y a toujours des actions de police
23:18 qui sont extrêmement proportionnées,
23:19 on vise à résorber des troubles graves à l'ordre public,
23:22 on le fait avec beaucoup de professionnalisme,
23:24 je veux saluer encore une fois le travail des effectifs de police,
23:28 de gendarmerie qui le font de manière remarquable,
23:31 et quand il y a des actes disproportionnés,
23:33 des actes qui sortent du cadre,
23:35 il y a toujours des sanctions, il y a toujours des enquêtes.
23:37 Les organisations syndicales le disent, on travaille avec elles,
23:44 elles savent très bien qu'on intervient uniquement quand c'est nécessaire,
23:48 quand il y a des exactions.
23:49 Vous savez, moi je suis personnellement en salle pour toutes les manifestations,
23:52 je ne fais donner la force que lorsqu'on commence à voir des vitrines se casser,
23:56 des black blocks casser des vitrines,
23:58 s'en prendre éventuellement en force de l'ordre,
24:00 mais jamais dans d'autres cas.
24:03 Évidemment, je peux être blessé quand je lis ensuite dans la presse
24:07 qu'on m'accuse d'avoir cassé un cortège, cassé une manifestation,
24:09 jamais, jamais.
24:11 Et tout ça, je le vis profondément, c'est blessant pour moi-même,
24:17 mais surtout pour les fonctionnaires de police et les militaires de la gendarmerie
24:20 qui n'interviennent que pour mettre un terme à des exactions.
24:22 Et ça, c'est quelque chose que les organisations syndicales voient,
24:26 que tout le monde voit dans les manifestations.
24:28 Et donc, je crois qu'il faut beaucoup d'honnêteté et le reconnaître.
24:31 Deux questions encore.
24:33 D'abord, la grève des poubelles, la grève des séboueurs plus précisément,
24:37 qui occasionne, on le voit dans Paris, des milliers de tonnes de déchets dans les rues.
24:43 Est-ce qu'il faut procéder à nouveau à des réquisitions ?
24:45 Oui, oui, je renouvelle les réquisitions.
24:47 C'est-à-dire que nous réquisitionnons la ville de Paris,
24:51 c'est-à-dire la régie de la ville de Paris, et puis les sociétés privées,
24:53 puisque à Paris, vous savez, le marché est partagé en deux,
24:55 50 % privé, 50 % public.
24:57 Et donc, le service minimum est assuré.
24:59 Il faut qu'on s'assure que...
25:00 On va permettre aux camions de sortir tous les matins.
25:02 Donc, j'ai des policiers qui vont dégager les centres au dépôt de Benne.
25:05 Et puis aussi dégager les lieux où ces ordures sont ensuite traitées et incinérées,
25:10 notamment, ou traitées.
25:11 Et donc, évidemment, c'est beaucoup de mobilisation, beaucoup de moyens.
25:15 Alors, il y a bien sûr plusieurs centaines de tonnes qui sont traitées tous les jours,
25:20 mais la résorption sera évidemment très lente, mais on met vraiment le paquet.
25:24 Dernière question, elle concerne la visite en France du roi Charles III.
25:30 Visite très importante, prestigieuse.
25:32 C'est la première visite de ce nouveau souverain à l'étranger.
25:35 Il vient en France à partir de dimanche,
25:37 dans un climat social extrêmement tendu, bien sûr.
25:41 Comment abordez-vous cette visite ?
25:42 Est-ce que des moyens supplémentaires sont déployés ?
25:45 Des mesures nouvelles sont décidées compte tenu de ce qui se passe actuellement ?
25:50 Ce type d'événement est toujours ultra sécurisé, c'est normal.
25:56 C'est vrai dans tous les pays du monde.
25:58 Quand le roi d'Angleterre se déplace quelque part,
26:02 il y a un dispositif de sécurité.
26:03 Quand nous avons une visite d'État, il y a un dispositif de sécurité
26:06 qui permet de traiter toutes les situations.
26:08 Et évidemment, toutes les situations seront traitées pour assurer la sécurité.
26:11 Mais il y aura des manifestations dimanche soir, lundi soir à Paris ?
26:14 Je ne suis pas connaissant ce qui est de manifestation.
26:15 En tout cas, il y aura un dispositif de sécurité autour de cette visite,
26:18 comme c'est toujours le cas, comme c'était le cas d'ailleurs en 2014
26:22 pour la visite de l'Union européenne.
26:23 Vous n'êtes pas plus inquiet que ça ?
26:25 Moi, je suis toujours très serein.
26:26 On y travaille et je présenterai d'ailleurs aux ministres,
26:31 dans les heures qui viennent, le dispositif de protection de cette visite
26:35 que nous avons organisée à la préfecture de police.
26:38 Et pas que, puisque la visite ne se déroule pas
26:41 que dans mon périmètre de compétence.
26:43 Merci beaucoup d'avoir répondu à toutes nos questions.
26:46 Elles étaient nombreuses, en effet, parce que le climat, je le disais,
26:49 est particulièrement tendu actuellement.
26:50 Merci beaucoup Laurent Nunez.
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