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Transcription
00:00 Et à nos côtés ce matin, Arnaud Frauger, responsable du bureau d'investigation de Reporters sans frontières.
00:04 Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation.
00:07 Comment est-ce que vous avez appris la nouvelle de la libération d'Olivier Dubois ?
00:11 On l'a appris hier dans la matinée. C'était un énorme soulagement.
00:16 On savait que depuis quelques jours, quelques semaines, ça se réchauffait.
00:19 On avait des raisons d'être optimistes, mais il faut toujours être prudent dans ce genre de situation.
00:23 On avait eu quelques frémissements aussi par le passé au cours de ces deux dernières années
00:28 et ça n'avait pas abouti, donc on restait prudent.
00:31 Et puis on a eu la confirmation en fin de matinée hier qu'il avait été libéré,
00:36 qu'il se trouvait à Niamey et qu'il allait réapparaître officiellement à l'aéroport,
00:41 comme on l'a vu, souriant et plutôt en bonne santé visiblement.
00:44 C'est l'image qui frappe pour parler de lui, dont on a beaucoup parlé ces deux dernières années.
00:49 Il est apparu extraordinairement souriant, bien sûr soulagé, mais plutôt en forme.
00:55 On le voit à l'antenne.
00:57 On le voit à l'antenne plutôt souriant.
00:58 C'est un peu à l'image du personnel tel qu'on a appris à le connaître au cours de sa captivité,
01:04 puisqu'on n'était pas en lien avant, mais il nous avait été décrit comme ça.
01:07 Il est réapparu finalement comme il est parti.
01:11 C'est un grand professionnel, Olivier Dubois.
01:13 Il n'est pas parti comme ça, faire n'importe quoi, à la fleur au fusil, au milieu du sel.
01:19 Il l'avait préparé.
01:20 Il était prêt aussi à cette éventualité, au fait que c'était risqué.
01:24 Il a été enlevé alors qu'il était parti interviewer un des responsables d'Ackmy.
01:28 Le rendez-vous avait été pris.
01:30 Il était monté de son plein gré dans une voiture et c'est là qu'il a disparu.
01:33 Exactement.
01:34 Et d'ailleurs, dans les premières heures, quand nous on a été mis au courant,
01:38 je dirais même dans les premiers jours, on ne savait pas encore s'il allait réapparaître ou pas.
01:43 Parce qu'évidemment, le dispositif qui avait été mis en place pouvait laisser entendre
01:46 qu'il disparaisse pendant deux, trois jours, le temps de réaliser cette interview.
01:49 Et puis de réapparaître après une fois l'interview réalisée.
01:52 C'est le samedi finalement où il n'a pas pris son vol retour, Gao Bamako,
01:57 qu'on a su qu'effectivement, on était dans un cas de figure d'enlèvement
02:01 et on a eu la confirmation officielle.
02:03 Un mois plus tard, le 5 mai, dans cette fameuse vidéo, il apparaît.
02:06 Il dit être aux mains du GENIM.
02:08 Est-ce qu'on sait ce qu'il est advenu de lui ?
02:11 C'est presque pendant deux ans.
02:13 Donc il a été enlevé à Gao et après ?
02:16 Après, il a très vraisemblablement été transporté dans le nord du Mali,
02:20 sans doute dans la zone qu'on appelle des trois frontières,
02:24 proche sans doute aussi de l'Algérie.
02:27 Ce qu'on sait, c'est qu'il y a eu un peu deux phases dans sa captivité,
02:31 telle que nous, on l'a vécu en suivant ce qui se passait.
02:35 Il y a eu une première phase purement franco-malienne de prise d'informations,
02:41 de négociation, qui n'a pas été une phase, selon notre estimation,
02:45 à nous en tout cas extrêmement active dans les tentatives de le faire libérer.
02:51 Et puis, ça s'est passé dans un contexte de forte dégradation
02:54 des relations aussi entre Paris et Bamako,
02:56 avec le retrait aussi des troupes françaises.
02:58 Et puis, il y a eu une deuxième phase qui a été entamée
03:00 à partir de l'été dernier, où le Niger a été officiellement
03:03 mandaté par la France et a accepté cette proposition
03:06 de participer aux efforts de libération.
03:10 Et cette phase a été beaucoup plus active, beaucoup plus riche,
03:13 et elle a débouché assez finalement au bout de quelques mois,
03:15 à la libération d'Olivier Dubois.
03:17 D'où les remerciements hier appuyés au Niger d'Olivier Dubois
03:20 lors de ses premiers mots.
03:22 S'il n'y a plus de journalistes français otages,
03:25 est-ce qu'il y a des journalistes africains,
03:27 toujours otages en zone sahélienne aujourd'hui ?
03:29 Alors, il n'y a pas de journalistes africains otages en zone sahélienne.
03:32 Il y a deux journalistes maliens qui sont tout de même otages.
03:36 On n'a pas, nous, la certitude que c'est dans le cadre
03:38 de l'exercice de leurs fonctions.
03:40 Ils peuvent être otages, comme le sont de nombreux civils
03:42 des gendarmes et policiers maliens aussi.
03:45 Mais il reste plus d'une soixantaine de journalistes otages dans le monde.
03:50 La plupart d'entre eux se trouvent en Syrie.
03:53 Et ça pose la question de ce qu'on peut faire,
03:56 comment on peut pratiquer ce métier dans cette zone sahélienne ?
04:00 Oui, et c'est de plus en plus compliqué.
04:02 Je crois qu'il y a eu un vrai marqueur au moment de l'enlèvement d'Olivier Dubois,
04:08 comme l'avait été aussi l'assassinat des deux journalistes espagnols
04:13 dans la même zone de temps, au Burkina Faso.
04:16 Et c'est vrai que depuis, la situation s'est considérablement dégradée.
04:19 Aujourd'hui, si vous voulez aller faire du reportage,
04:22 si vous voulez aller réaliser des interviews,
04:23 si vous voulez donner de l'information dans cette zone-là,
04:25 vous avez quasiment accès qu'au capital.
04:27 Et encore, c'est vraiment devenu presque un immense trou noir de l'information.
04:34 Merci beaucoup Arnaud Franger d'être venu ce matin sur ce plateau,
04:38 nous donner ses éléments à propos de la libération d'Olivier Dubois.
04:42 J'imagine que RSF, qui s'est mobilisé pour sa libération,
04:44 vous serez tous nombreux pour l'accueillir,
04:47 comme il se doit à son arrivée à Villacoublé tout à l'heure, vers midi.
04:51 Nous dit-on à suivre en direct sur France 24, bien sûr.
04:54 Merci encore et bonne journée à vous.
04:57 Et quelle belle nouvelle, c'est pas si souvent, ça fait du bien.
04:59 9h11, Damien, avec vous la suite du journal.
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