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La mort peut inspirer les photographes à capturer la beauté et l'éphémérité de la vie, tout en leur rappelant la fragilité de l'existence humaine.

Kmar, une photographe immigrée de Tunisie, relate l'impact considérable que la disparition de son ami le plus cher a eu sur sa pratique photographique.

Retrouver la sur instagram : https://www.instagram.com/kmardouagi/?hl=fr
Transcription
00:00 mort de mon meilleur ami, c'était en 2017. Il est juste mort après avoir fait l'amour avec sa copine,
00:04 c'était inattendu. Première mort de ma vie, et en plus pour quelqu'un d'aussi proche. Je m'étais
00:09 rendu compte que tout ce qui restait de lui, et tout ce qui restait de lui pour les autres aussi,
00:13 c'était les photos que j'avais prises de lui. Je sais pas pourquoi, je prenais tout le temps des
00:17 photos de lui. Je pense que même avant, j'aimais bien prendre en photo les gens dans ma vie. Et à
00:21 partir de ce moment-là, c'est devenu obsessif, à la limite de malsain. Je suis pas de 6, on peut
00:25 dire que c'est malsain, mais je sais que c'était obsessif, que je voulais garder à tout prix les
00:29 gens ou les choses vivantes. Comme une trace de toujours... de vouloir garder une trace de ce que
00:35 j'aime. Mon dernier projet, c'est un projet que j'appelle "Les hommes que j'ai baisés" d'Addy
00:39 Ischius. C'est un projet où j'ai des portraits d'hommes avec qui j'ai couché, pas tous, et après
00:45 chaque portrait, il y a une capture d'écran de comment l'histoire s'est terminée. Et quand j'ai
00:48 fini ce projet, j'avais l'impression d'avoir donné naissance à une oeuvre d'art, et d'avoir guéri de
00:53 toutes ces blessures de rejet et d'abondance qui sont dans ces messages. Je suis immigrée au début
00:59 j'avais un visa, et à un moment le visa s'est arrêté, donc ça fait un an que je suis sans
01:03 papier. J'ai un projet qui s'appelle "Saint but trash" (journal d'une immigrée sans papier) où
01:08 j'essaye... où il y a plusieurs volets. Donc le premier, c'est de dire "ok je suis un être humain,
01:12 et ce que vous voyez c'est ma vie, juste moi j'ai pas le droit d'être ici en fait". J'essaie de
01:17 juste montrer qu'en fait on est tous pareil. C'est ta passion, tu t'en fous de ce que les gens peuvent
01:22 dire, et si les gens croient en toi ou pas, l'important c'est que toi tu crois en toi. Et
01:27 surtout si le but de ce que tu fais aussi, donc la finalité, c'est de la mort, fais-le.
01:31 [Musique]
01:37 [SILENCE]