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- il y a 4 ans
Les invités de #HDPros2 débattent des grands thèmes de l'actualité. Présenté par Pascal Praud du lundi au jeudi et Julien Pasquet le vendredi.
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NewsTranscription
00:00 Bonsoir à tous.
00:01 Véronique Jacquet, Philippe Bilger, Jérôme Béglé et M.
00:04 Dartigold qui est avec nous.
00:05 Est-ce que vous voulez que je vous montre une séquence ?
00:10 On dit parfois que les hommes politiques sont déconnectés.
00:13 Est-ce que vous voulez une séquence illustration déconnexion ?
00:16 Ça rime.
00:17 Ça rime.
00:18 Alors ça, c'est recordé, ça n'est pas...
00:19 Je me dis parfois, mais ils ne se rendent pas compte, personne ne leur dit en communication.
00:24 Mme Borne arrive ce matin à l'Assemblée nationale devant les députés.
00:31 Séquence déconnexion.
00:33 (Applaudissements)
00:38 (...)
00:41 (...)
01:08 Avec Mme Borne-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale,
01:11 qui est donc présidente, arbitre, joueuse, etc.
01:15 Ça, c'est la déconnexion.
01:16 C'est raccord avec la journée qu'on vient de vivre, puisqu'ils fêtent la victoire.
01:20 Ils ont gagné.
01:21 Ça, c'est la déconnexion.
01:23 Alors bon, tu peux être modeste, tu sais qu'il y a des gens qui...
01:26 En fait, tu sais que ça va irriter des gens, qu'il y a une forme d'arrogance dans cette séquence,
01:30 de suffisance, etc.
01:31 De la jouer modeste, ça, applaudit.
01:34 C'est insupportable.
01:35 Vous trouvez que c'est lamentable ?
01:37 Je trouve que c'est lamentable, parce que ça manque d'intelligence.
01:41 Oui, tout simplement.
01:43 C'est vrai.
01:44 On en parlait.
01:45 C'est le moment du jour.
01:46 On en parlait avant l'émission.
01:47 Mais vous voyez, exactement, ça manque d'intelligence.
01:50 Ça manque d'intelligence.
01:51 Je suis d'accord avec vous.
01:52 Vous avez raison, Pascal.
01:53 Comment peut-on, au lendemain de ce qui peut apparaître comme une victoire immédiate,
01:58 peut-être, avoir tant d'arrogance le lendemain ?
02:03 Même dans son propre intérêt.
02:07 C'est gênant.
02:08 Oui, c'est gênant.
02:09 Alors, vous le savez, chaque soir, désormais, manifestement, entre 21h et 21h, nous serons
02:13 en direct avec un lieu parisien où ça peut être agité.
02:17 Manifestement, c'est assez calme ce soir.
02:20 Nous avons quelques envoyés spéciaux qui sont en place.
02:22 Je pense que Jeanne Cancard est là, notamment.
02:25 Pour le moment, Jeanne, tout est sous contrôle.
02:30 Mais évidemment, vous pourrez intervenir s'il se passe quelque chose.
02:35 Je crois que c'est Jeanne qui est avec nous.
02:36 Je vous entends.
02:37 Je vous entends.
02:38 Je vous entends bien, Pascal.
02:39 Regardez ces policiers qui sont attaqués.
02:42 Vraiment, ce sont…
02:43 Regardez ces images que je trouve évidemment scandaleuses.
02:47 Et on peut une nouvelle fois…
02:49 Je vous entends si besoin.
02:50 Et on peut une nouvelle fois avoir un peu de compassion pour les forces de l'ordre.
02:55 Voir de l'admiration.
02:56 Oui, exactement.
02:57 Et voir de l'admiration pour ces gens qui, toute la journée, se font matraquer,
03:02 insulter, mépriser et qui sont en danger physique.
03:06 Jeanne, c'est à vous.
03:08 Oui, Pascal, je vous entends bien.
03:11 Encore une fois, place de la République.
03:12 Et au moment où vous avez commencé à parler, c'est à ce moment-là que les premières tensions ont commencé à éclater.
03:18 Il faut savoir qu'on est ici, place de la République.
03:20 Il y a environ plusieurs milliers de personnes qui sont réunies ici ce soir.
03:23 Un appel au rassemblement avait été fait.
03:26 Il est 18h.
03:27 D'autres rassemblements avaient eu lieu un petit peu dans d'autres endroits de la capitale.
03:31 Mais c'est ici que les troupes ont convergé pour se retrouver sur cette place de la République.
03:36 Évidemment, très symbolique de ces manifestations.
03:39 Un dispositif policier très important est évidemment mis en place ici, autour de cette place de la République.
03:44 Il y a donc quelques minutes, des premiers projectiles ont été envoyés en direction des forces de l'ordre.
03:49 Des pétards sont aussi utilisés.
03:51 Alors que pour le moment, il faut le dire, la manifestation se déroulait ici, dans le calme.
03:56 Alors que ce soir, les forces de l'ordre craignent de nouveaux débordements,
03:59 avec de nouveaux possibles rassemblements et manifestations sauvages,
04:02 comme on a pu en voir hier soir dans les rues de la capitale.
04:05 Merci Jeanne.
04:07 Et alors, vous voyez les deux images, ces députés qui applaudissent,
04:11 pendant que les forces de l'ordre emplaignent plein la figure sur le terrain.
04:16 C'est ça aussi la déconnexion.
04:18 - La déconnexion, et je ne veux pas parler d'indignité, je ne veux pas aller jusque là,
04:24 mais la déconnexion des députés, ils sont bien assis.
04:27 Et les forces de l'ordre sur le terrain qu'emprennent plein la figure.
04:31 - Mais n'ayons pas une erreur d'interprétation, ça n'est pas que de la communication.
04:35 Est-ce qu'ils sont convaincus d'avoir une victoire ?
04:38 Est-ce que ça n'est pas que les amuse-bouches de l'intervention,
04:42 demain, du président de la République qui sera sur ce thème ?
04:45 - Justement, justement, justement, Emmanuel Macron parle à 13h demain.
04:50 Alors déjà, parler à 13h, à priori, toutes ces grandes interventions, c'était 20h,
04:54 les grandes interventions Covid. Là, on parle à 13h.
04:57 Qui regarde le 13h ?
04:59 - À part les retraités, il y a des retraités.
05:01 - Rappelez-vous, il avait fait avec Jean-Pierre Pernaut.
05:03 - Non, ne soyons pas caricaturales, il n'y a pas que des retraités qui regardent le 13h.
05:07 - J'ai regardé les... - C'est pas un public pour Macron.
05:10 - Plus de 62 ans, en moyenne. Plus de 62 ans.
05:13 - J'ai regardé aujourd'hui. - Ils travailleront bientôt.
05:16 - Il avait fait une émission avec Jean-Pierre Pernaut dans une école.
05:19 Il y a 3 ans, 4 ans. - C'est pas plus de 62 ans.
05:22 - Si, j'ai regardé les chiffres aujourd'hui. La moyenne.
05:25 - La moyenne ? - Oui. C'est une moyenne très élevée.
05:28 Et la province, parce que les gens en province rentrent chez eux un peu plus.
05:32 - Vous avez quoi contre la province ? - Mais non, mais j'y vis.
05:35 - Les retraités... - Non, mais ce qui est vrai, on rentre un peu plus.
05:37 - Non, mais c'est vrai, on rentre déjeuner. - Un peu plus déjeuner et on regarde.
05:40 - Donc c'est retraités. - On comprend.
05:43 - Est-ce que vous l'interprétez comme "finalement c'est pas très grave, ça ne vaut même pas le 20h,
05:47 est-ce qu'il y a une forme là où il faut..." ? - Non, ce qu'on comprend, c'est que c'est pas
05:50 le grand soir de l'expression présidentielle.
05:53 - D'autant qu'on sait qu'il va rien dire. - Il veut re-consolider son socle.
05:56 - On sait déjà qu'il ne va rien dire. - Et on sait qu'il ne va rien dire.
05:59 - Pas de remaniement. - Je sais pas ce qu'il va dire, mais...
06:02 - Pas de référendum, pas de dissolution. - On sait ce qu'il ne va pas dire.
06:05 - Pas de dissolution, pas de remaniement et bon... - Pas de référendum.
06:08 - Ce que tu disais hier soir. - Il a...
06:11 - Non mais... - Vous n'êtes pas la voix lyséenne.
06:14 - C'est pas parce qu'il ne va pas dire ça qu'il ne va pas dire d'autres choses.
06:17 - Mais c'est ce qu'il va dire. Il va dire "bah c'était utile, mais..."
06:20 - "Moi je serai lui, je serai lui, je me... je montrerai que je connais la France,
06:24 les Français, leurs problèmes, leurs racines, leurs interrogations, leurs peurs,
06:28 leurs envies, leurs craintes". Voilà. - D'accord.
06:31 - Ça a l'air de rien, mais c'est pas ce qu'il a montré depuis un an.
06:34 C'est inaudible à partir du moment où, si vous voulez faire ça,
06:37 vous retirez, vous dites "bah je vous ai écouté,
06:40 et puis on va faire un autre mode pour passer, on va faire un référendum, que sais-je".
06:44 - Non, il peut dire "je retire la loi, je me suis trompée, nous sommes trompés".
06:49 - Il peut maintenir, il va la maintenir, pas l'ombre d'un doute,
06:53 mais il peut faire preuve de modestie, ce qui serait un miracle démocratique chez lui,
06:58 mais je pense tout de même qu'il va annoncer "je suis d'accord avec Jérôme,
07:03 des choses", il va relancer la réforme des institutions, et dire bien sûr que tout ça...
07:09 - Et puis il a choisi un format d'une grande punacité, disons-le, bien sûr.
07:14 - Le tour est extraordinaire, j'en attends énormément.
07:17 - Non, soyons confraternels.
07:19 - Attendez, vous lancez la mine et puis vous lui penchez, je pense qu'on va être gonflés.
07:23 - Non mais, pour dire les choses... - C'est un teasing de l'émission pour mineurs.
07:26 - Non mais pour dire les choses, ce type... - J'aurais très peur si c'était le président.
07:30 - Pour dire les choses, Marie-Sophie Lacaro et Julien Bambuger, qui sont deux excellents confrères,
07:35 mais c'est vrai que ce format-là ne permet aucun écart.
07:38 - Ah c'est ça, ok.
07:39 - C'est-à-dire que les questions sont déjà demandées par l'Élysée depuis 24 heures,
07:42 tout est aux ordres, on va évidemment pas...
07:45 Ce qu'il faudrait dans une interview comme ça, c'est "Monsieur le Président,
07:48 voilà ce que vous avez dit il y a trois ans, je vous le mets".
07:50 Bon, ça, ça ne se fera pas.
07:52 "Monsieur le Président, voilà ce que vous disent les gens et tout ça", ça ne se fera pas.
07:55 Tout sera, ce sera des échanges convenables entre des journalistes excellents d'ailleurs,
07:59 et le président de la République, mais évidemment, on sait ce qu'il...
08:05 Tout ça est verrouillé, contrôlé, c'est pour ça qu'il y va d'ailleurs.
08:08 - Et en plus, techniquement, il est très bon dans ce genre-là.
08:11 - Bien sûr, il devrait, à mon avis, faire autre chose parfois, et aller sur d'autres plateaux.
08:16 - Par exemple, entre 9h et 10h30, entre 11h et 21h, sur le téléphone.
08:23 - La contradiction toute républicaine lui serait apportée.
08:26 - Parce que là, on arrive en rire, mais c'est assez désespérant.
08:29 - Oui, mais je vous dis, je n'ai pas... Bien sûr.
08:32 - Mais vous vous rendez compte qu'il y a quelques mois, ce président a dit "j'ai appris à aimer les Français".
08:36 Et voilà où l'on en est aujourd'hui.
08:37 - Il a commencé par lui, donc c'est le premier des Français qu'il aime, c'est déjà bien.
08:41 On va écouter M. Corbière, intervention...
08:45 C'est vrai, il en est main, c'est bien.
08:48 On va écouter Alexis Corbière, qui a parlé ce matin chez Laurence Ferrari de cette intervention à 13h,
08:53 et ce qu'il en attendait.
08:55 Là, je lui déconseille de faire ça.
08:57 Si c'est une nouvelle intervention, pour dire "vous n'avez pas bien compris",
09:00 et moi, je vais mieux vous expliquer que les précédents, il va se carboniser pendant l'exposition triviale encore plus.
09:05 Les gens ont compris, ça va, ça fait des semaines et des mois qu'on discute.
09:09 Tous les arguments qu'ils ont utilisés sont avérés comme des arguments mensongers.
09:12 "Il y aura une retraite minimum à 1 200", c'est pas vrai, ça va concerner une minorité.
09:16 "C'est une retraite qui est bonne pour les femmes", ce n'est pas vrai, etc.
09:19 Macron ne fera pas mieux que Mme Borne et M. Dussopt, d'accord ?
09:22 Donc je l'invite à prendre la mesure, lui, de l'état de tension dans lequel il est,
09:26 de comprendre qu'il a fait une erreur sur le 49-3, il fallait être beau joueur, aller au vote,
09:30 il a refusé, il a refusé parce qu'il était minoritaire, s'il est minoritaire, il retire.
09:34 S'il a autre chose à dire, franchement, je répète, ça va participer à la tension générale dans le pays.
09:38 S'il refait une espèce de 49-3 verbal, c'est-à-dire qu'il revient à la télé pour dire la même chose,
09:43 je m'en fiche de votre opinion, j'impose, la manif de jeudi sera encore plus forte.
09:47 Notre ami Gauthier Lebrecht est à l'Elysée. Gauthier, tout le monde dit que le président ne doit rien dire demain,
09:54 c'est ça qui est formidable d'ailleurs, c'est intéressant la parole présidentielle aujourd'hui.
09:59 Peut-être nous trompons nous.
10:02 L'objectif Pascal, c'est de tenir coûte que coûte, et on sait déjà ce que le président a dit ce matin
10:08 au grand chef à plumes de la majorité, ça donne un indice sur ce qu'il va dire demain.
10:12 Il a dit que le vote sur l'émotion de censure, puisqu'elle n'était pas passée,
10:15 était une victoire et non pas une défaite. Et ce mot victoire, Elisabeth Borne l'a elle aussi employé.
10:21 Alors Emmanuel Macron, il est actuellement avec les parlementaires de la majorité
10:24 pour tenter de les ressouder parce que ça a grincé du dent des dents, y compris du côté de la majorité.
10:29 Certains députés auraient préféré aller au vote plutôt que d'utiliser un 49-3.
10:33 Je n'ai pas de conseils à donner au président de la République, je serai lui, j'éviterai de dire que c'est une victoire.
10:39 Le mot victoire me semble dangereux dans la période actuelle.
10:44 Il n'est pas obligé de dire défaite, mais il n'est pas obligé de dire victoire non plus.
10:49 Le champ mexical français est suffisamment riche pour conclure à un moment...
10:52 Mais ça a été arbitré, ils ont eu une réflexion poétique pour aller vers ça.
10:55 On verra ce qu'il dit demain et puis après, il y a le roi Henri...
11:01 - Charles III. - Charles III qui arrive.
11:07 Charles III, ça va être une belle séquence également à Versailles.
11:11 - Les Champs-Elysées. - Ça, Charles III à Versailles, le président tout en frac.
11:15 - Pourquoi voulez-vous qu'il soit en frac ? - Parce que c'est un délire d'appareil.
11:19 - Il sera en costume comme vous et moi. - Ah non, non, non.
11:22 Là, on peut mettre son nœud papillon.
11:24 - Emmanuel Macron sera en visite d'État. - Je pense, visite d'État.
11:28 - Il y aura un certain yelp entre la rue et Versailles. - Quand tu reçois Charles III, tu t'habilles.
11:35 - Il ne va pas être en perruque. - Non plus, non plus.
11:39 - J'attends cette séquence avec intérêt. - Son pourpoint fleur de musée.
11:43 Qu'attendez-vous d'Emmanuel Macron ? Nous avons posé, demain bien sûr, pas en général,
11:49 qu'attendez-vous demain de son intervention ?
11:51 Nous avons posé la question à quelques téléspectateurs de CNews.
11:56 Je ne sais pas trop parce qu'il va dire simplement qu'il maintient sa réforme,
12:02 que c'est pour le bien du pays, etc.
12:05 De toute façon, il ne va pas changer maintenant.
12:07 Il ne peut pas ne pas s'exprimer et il ne peut pas se désavouer.
12:10 Donc, il va faire de l'Emmanuel Macron.
12:15 Il parle également parce qu'il y a un petit peu le feu à la maison.
12:18 Quand même, il y a une réaction des gens qui est vive.
12:21 À mon avis, là, il ne va rien se passer.
12:24 - Vous pensez qu'il ne va rien dire de particulier, en tout cas ? - Je ne crois pas.
12:28 Il doit, aujourd'hui, prendre la parole pour essayer de se défendre comme il peut
12:32 et trouver les arguments justes, bien que dans ce débat, c'est un peu compliqué
12:37 de trouver des arguments qui soient justes.
12:39 Je pense qu'il est droit dans ses votes, comme on disait il y a un peu plus longtemps,
12:44 et qu'il ne bougera pas. Non, non, je ne pense pas.
12:47 Il lui reste quatre ans. Il va essayer de gérer ce qu'il peut, malheureusement.
12:52 Moi, j'aurais bien voulu qu'il…
12:54 Quand il dit qu'il vote des lois, pourquoi il ne fait pas voter le peuple ?
12:58 Vous voyez ce que je veux dire ?
13:00 C'est le peuple qui est concerné. C'est les Français, tous les Français.
13:05 J'ai des policiers qui nous écoutent, et notamment des gens de la BAC,
13:08 qui me donnent des indications sur ce qu'ils doivent faire,
13:12 surtout pas répliquer, mais encaisser, me disent-ils.
13:16 Saturation de l'air en lacrymogène et pas de flash pour faire des dégâts,
13:21 surtout pas de dégâts, s'il y a des consignes qui sont données, ce qui est normal.
13:24 Il y a deux collègues qui sont gravement blessés, me dit-il également,
13:28 et pas beaucoup de médias parlent de ces gendarmes grièvement blessés, c'est vrai,
13:33 suite à ces manifestations.
13:35 Vous voyez ces images, j'allais dire habituelles, et ces images de feu.
13:41 Bon, certains pensent que ça va s'arrêter.
13:44 C'est un peu la thèse de Jérôme Béglé.
13:47 Moi, je ne suis pas sûr que ça s'arrête, parce que la rancœur, le ressentiment,
13:52 la colère est importante dans le pays, et que si tous les soirs, nous avons ces…
13:57 Vous savez que les théâtres à Paris en ce moment sont à difficulté, les restaurants…
14:01 Vous voulez sortir dans Paris ce soir ? Non, moi je ne sors pas.
14:05 Si vous avez envie de sortir, moi je veux bien que le pays soit comme ça.
14:09 Alors, je ne vais pas dire à feu et à sang, c'est des épiphénomènes,
14:12 mais quand même, si vous avez des enfants, vous les faites sortir dans Paris ?
14:16 Moi, j'ai quelqu'un qui m'a dit, j'étais à Place de l'Opéra cette nuit à 20h,
14:20 c'est une honte, j'avais honte.
14:22 Ce que vous dites là, c'est exactement l'argument qui va faire que le gouvernement va s'en sortir.
14:26 Mais je ne crois pas.
14:28 La violence va être récupérée par le gouvernement en disant que ça suffit maintenant.
14:33 Je ne crois pas, je crois que c'est le contraire, les gens vont dire "bon ça suffit qu'il retire sa loi".
14:36 Moi je suis d'accord avec Jérôme, le gouvernement a capitalisé après toutes les séquences des Gilets jaunes,
14:41 justement parce qu'il était le parti de l'ordre, justement parce que les Français en avaient rien de mal,
14:45 et ce coup de boule était sorti gagnant des élections européennes sur ce terrain-là.
14:50 Il n'y a pas un exemple de violence urbaine n'a pas servi le gouvernement.
14:53 Avec un Delta plus ou moins courroulant.
14:56 J'avoue qu'à un certain moment, Jérôme, on peut penser que le pouvoir, dans l'opinion publique,
15:03 va devenir le responsable des désordres qu'il dénonce.
15:08 Comme par hasard, moi j'entends des gens à Marseille qui patientent pour avoir une heure et demie d'essence
15:15 et qui disent "je comprends".
15:16 Depuis le départ, l'opinion publique est avec ce mouvement, c'est très intéressant.
15:20 Les blocages justement, voyez le sujet de Corentin Brilhaud sur la réquisition et les mouvements qu'il y a eu à Fos sur Maillet.
15:28 Après la réforme, maintenant ce sont les réquisitions qui font monter d'un cran la colère.
15:33 Les premières ont eu lieu ce matin.
15:35 Les salariés et syndicats se sont déplacés en nombre pour soutenir le personnel réquisitionné
15:39 et pour montrer leur mécontentement face aux décisions du gouvernement.
15:42 Comme l'explique Olivier Matheux, secrétaire général de la CGT dans les Bouches-du-Rhône.
15:47 A chaque fois qu'ils ont réquisitionné, c'est illégal.
15:50 C'est une façon de s'en prendre au droit de grève.
15:53 Le gouvernement, avec les conneries qu'il fait depuis des semaines maintenant,
15:58 il rajoute par-dessus la casse du droit de grève dans le pays.
16:01 Mais jamais dans la vie ça va passer, ça jamais dans la vie il ne se laissera faire.
16:04 Il va nous rester quoi ? On va devoir travailler des années de plus pour continuer à les gaver.
16:09 On devrait accepter ça et en plus à coup de tricot.
16:12 Mais jamais, ils rêvent.
16:14 Si le site n'est ni bloqué ni occupé, les salariés sont toujours déterminés.
16:18 Une colère qui a entraîné des incidents et un face-à-face tendu,
16:21 notamment avec des échanges de projectiles entre les CRS et les manifestants.
16:25 Un comportement de la part des forces de l'ordre
16:27 et surtout du gouvernement que déplore Fabien Kross et l'UCGT Total.
16:31 Ils sont minoritaires dans ce pays, donc ils sont obligés de faire des coups d'éclat comme ça,
16:35 de passer par la force, de passer par la répression policière,
16:40 alors qu'eux-mêmes avaient dit il y a quelques temps en arrière, pas si longtemps,
16:44 deux trois jours, il n'y aura pas de pénurie, il n'y aura pas de réquisition.
16:47 La grève elle se voit pas.
16:49 Alors qu'hier le syndicat professionnel des entreprises pétrolières évoquait
16:52 entre 5 et 8 dépôts de carburant bloqués, 45 sénateurs ont demandé ce matin
16:56 la limitation du droit de grève dans les raffineries et dépôts de carburant.
17:00 Nous surveillons évidemment ce qui se passe à la place de la République.
17:03 Nous avons trois envoyés spéciaux, je leur demande d'ailleurs de faire évidemment très attention à eux.
17:07 Il y a Régine Delfour que vous connaissez, qui est sur le terrain.
17:10 Il y a Jeanne Cancard que vous connaissez sur le terrain.
17:13 Et il y a Mickaël Dos Santos que vous connaissez également, qui sont sur le terrain.
17:16 C'est évidemment dangereux d'être reporter sur le terrain aujourd'hui,
17:21 parce que ces feux-là sont inquiétants.
17:24 On va être avec Régine Delfour. Vous vous trouvez où, Régine, place de la République ?
17:28 Eh bien je suis au milieu de la place Pascal, entre la statue et le feu que vous voyez à l'image,
17:36 qui est de plus en plus impressionnant.
17:39 Alors il y a beaucoup de monde sur cette place.
17:42 On a eu des premières éménations de gaz, parce qu'il y a eu quelques affrontements,
17:48 c'est-à-dire que des manifestants sont allés provoquer les forces de l'ordre.
17:53 Donc il y a eu quelques répliques.
17:55 Et là il y a un feu qui est, je suppose que vous l'avez à l'image,
17:58 qui est quand même très impressionnant.
18:00 En même temps, vous entendez peut-être aussi ces chants anti-forces de l'ordre
18:06 qui sont très très présents ici sur cette place de la République.
18:10 Il y a énormément de jeunes, beaucoup plus de jeunes.
18:13 Tout à l'heure c'était assez hétéroclite, on voyait beaucoup de personnes retraitées des salariés.
18:17 Mais cette jeunesse, elle reste là, elle a décidé de rester là un bon moment sur la place de la République,
18:24 sachant que la fin du rassemblement était prévue à 20h.
18:29 Et là il y a ce feu qui est entre la rue du Temple et le boulevard Voltaire en fait.
18:37 Et donc il devient de plus en plus impressionnant, les gens sont massés,
18:42 et on a les éménations en ce moment sur la place, Pascal.
18:46 – Mais vous savez, ces images évidemment, alors que je vois qu'on empêche,
18:51 c'est extraordinaire cette image, je vois des…
18:54 qui ? Ce sont des manifestants qui empêchent ?
18:56 – Non, le camion reculait.
18:58 – Ce sont des manifestants qui empêchaient le camion de pompiers d'avancer ?
19:04 – Vous voyez le mode vestimentaire de celui qui empêchait le camion,
19:09 c'est plutôt un mode vestimentaire Black Bloc,
19:11 et très certainement quelqu'un qui veut que les pompiers puissent faire leur travail,
19:16 un syndicaliste lambda peut-être.
19:18 Voilà, il y a aussi tout ça qui cohabite dans le même moment.
19:21 – Alors évidemment ces images, je les renvoie à un imaginaire qu'on a tous, c'est mai 68.
19:25 C'est vraiment, alors ça c'est des images… moi j'avais 4 ans,
19:28 c'est une image que je n'ai jamais vue en France, bien sûr, dans la répétition.
19:32 Mais on aperçoit effectivement, c'est des images de type mai 68,
19:36 c'est-à-dire qu'une jeunesse dans la rue, alors quelle jeunesse ?
19:39 Là encore, ce sont sans doute des militants, des activistes, des militants professionnels,
19:43 des gens qui sont politisés, bien évidemment, tout ça, nous le disons tous les soirs.
19:48 Quoique, Jeanne Cancard, vous êtes sur place également, Jeanne ?
19:52 – Est-ce que Jeanne Cancard… – Oui, Pascal, j'entends bien, bien sûr.
19:55 – Est-ce que vous pouvez, c'est toujours difficile la question que je vais vous poser,
19:58 mais est-ce qu'on peut établir une sorte de profil de ces jeunes
20:02 qui sont en train de défiler actuellement ?
20:05 [Bruits de foule]
20:07 – Pascal, c'est toujours difficile en effet de dire précisément le profil.
20:10 Ce qu'on peut dire, c'est l'âge qui est en commun.
20:12 Les jeunes ont environ ici 25 ans, les jeunes qui protestent,
20:15 et puis surtout les éléments les plus perturbateurs,
20:17 quelques éléments radicaux qui sont présents ici.
20:19 Ce que vous avez vu tout à l'heure à l'image, c'est en effet un camion de pompiers,
20:22 de sapeurs-pompiers qui tentait de se diriger au centre de cette place de la République
20:26 pour donc éteindre le scooter qui est actuellement en feu,
20:28 ainsi que d'autres poubelles qui ont été incendiées.
20:31 Ce camion de pompiers qui a en effet dû faire demi-tour,
20:34 ça se mélangeait un petit peu si vous voulez,
20:36 il y avait des manifestants qui l'empêchaient de passer,
20:38 d'autres manifestants qui, au contraire, voulaient permettre aux camions
20:41 de s'avancer vers les feux de poubelles et du scooter.
20:44 Et là, en ce moment, ce que vous voyez en direct à l'image,
20:46 ce sont les forces de l'ordre qui sont obligées d'intervenir
20:48 pour justement laisser le camion, un autre camion qui lui a pu se frayer un chemin,
20:52 arriver vers ce feu pour permettre aux sapeurs-pompiers d'éteindre.
20:56 Puisqu'il faut rappeler que le scooter, on ne sait pas ce qu'il y a dedans,
20:58 est-ce que c'est de l'essence, il y a aussi des bouteilles d'alcool qui sont présentes sur la place.
21:02 Donc si jamais des projectiles sont lancés et qu'il y a de l'alcool à l'intérieur,
21:05 vous imaginez évidemment les dégâts que cela peut causer.
21:08 Mais ce qu'on peut dire aujourd'hui à cette heure-ci, ici, place de la République,
21:11 c'est que la situation se tend avec certains éléments perturbateurs
21:15 qui veulent aujourd'hui clairement en découdre avec les forces de l'ordre.
21:17 - Jeanne, le feu que nous voyons, et peut-être a-t-on un autre plan,
21:22 c'est l'unique feu de la place de la République.
21:26 Il n'y a que ce scooter qui pour le moment est en feu.
21:29 Il n'y a pas d'autre foyer d'incendie,
21:33 mis à part ce feu qui, s'il n'y a que celui-là,
21:36 va être très certainement éteint par les pompiers dans quelques minutes.
21:45 - Exactement, c'est une trottinette électrique et un scooter qui sont en feu.
21:48 Seulement un feu, ici, place de la République.
21:50 Ce que vous voyez à l'image, c'est aussi des tirs d'artifice
21:54 qui sont tirés en direction des forces de l'ordre,
21:57 alors que les sapeurs-pompiers sont en train d'intervenir pour éteindre ce feu.
22:00 Des tirs d'artifice qui peuvent être, on le rappelle, dangereux en cas de projection.
22:05 Il y a beaucoup de foules qui se trouvent autour actuellement des forces de l'ordre
22:09 et de ce feu qui est en train d'être éteint par les sapeurs-pompiers.
22:12 Alors qu'au même moment que je vous parle, d'autres projectiles,
22:15 comme des bouteilles en verre ou des morceaux de pavé,
22:17 sont en train d'être lancés en direction des forces de l'ordre.
22:20 - Hier, vous étiez place Vauban.
22:22 J'avais le sentiment qu'il y avait quelques centaines, simplement, de Parisiens.
22:26 Là, j'ai eu le sentiment, par un plan large,
22:29 on va peut-être voir la place de la République,
22:31 qu'il y a un peu plus de monde qu'hier, Jeanne Cancart.
22:35 - Exactement, Pascal. Hier, place Vauban,
22:39 on va dire qu'au maximum, il devait y avoir, à un moment donné,
22:42 dans la manifestation, 1500 personnes.
22:44 Après, ça s'est vite vidé, il n'y avait plus que quelques centaines de personnes.
22:46 Et là, on peut parler de plusieurs milliers de manifestants
22:49 qui sont actuellement présents ici, place de la République.
22:52 Il faut savoir aussi, si on veut parler d'hier soir,
22:54 que les manifestants étaient surtout nombreux au moment, vous savez,
22:56 où il y a eu les rassemblements dits "sauvages",
22:58 les manifestations improvisées dans les différentes rues de la capitale,
23:02 où à chaque fois, il y avait des groupes d'environ 100 personnes
23:05 qui allaient dans différentes rues de la capitale pour mettre des feux aux poubelles.
23:09 Et c'est ce qu'ils nous ont dit, je ne sais pas,
23:11 je vous cite ce que les manifestants nous ont dit hier.
23:13 Ce qu'ils voulaient faire hier soir, c'est faire courir les forces de l'ordre.
23:16 C'était vraiment le jeu du chat et la souris.
23:18 Et c'est ce qu'ils veulent de nouveau faire ce soir, ce mardi soir.
23:21 - Et vous savez, d'abord, ce sont sans doute des tirs de mortier,
23:24 qu'on a vus tout à l'heure. C'est en tout cas,
23:26 ce que me faisait passer comme consigne
23:29 à des policiers spécialistes de la BAC,
23:32 qui regardent ces images en même temps que nous parlons.
23:35 Ce sont des boules de 55 millimètres, me dit-il, même précisément,
23:41 qui sont tirées, ce sont des tirs de mortier.
23:44 Une nouvelle fois, parce que les...
23:46 Pardonnez-moi de le dire comme ça, mais les manifestants,
23:48 ils prennent leurs risques lorsqu'ils vont dans une manifestation.
23:51 Mais les policiers, eux, ils sont obligés de faire face.
23:55 Et une nouvelle fois, on peut quand même avoir une compassion
23:58 et une pensée pour ces hommes qui sont parfois, d'ailleurs,
24:02 malmenés, notamment dans les médias,
24:05 et malmenés également sur le terrain politique.
24:09 On peut avoir une pensée pour ces hommes courageux
24:11 qui se battent pour vous, pour nous.
24:13 - C'est vrai, et qui tiennent.
24:16 C'est vrai, Pascal, mais il faut tenir aussi sur l'idée
24:18 qu'on peut être manifestant et pouvoir aller le faire en toute sécurité,
24:21 ce qui s'est passé sur les journées nationales,
24:23 grâce aux services de l'ordre des organisations syndicales.
24:26 - On n'a pas suffisamment ennuyé, c'est que toutes les grèves
24:28 qui sont passées, toutes les manifestations qui sont passées
24:30 sont passées dans des conditions de sécurité parfaites.
24:32 - Bon, je suis un peu, pour tout vous dire, ennuyé,
24:34 parce qu'on est en direct, bien sûr,
24:36 et je ne sais pas si nous devons rester place de la République.
24:39 Ça a l'air, quand même, et je parle sous le contrôle
24:42 de nos trois envoyés spéciaux.
24:44 J'ai dû citer Antoine Durand également,
24:46 qui est le journaliste-reporteur d'images.
24:48 Et Antoine Durand, vraiment, je le remercie pour ses news,
24:55 de produire ces images, en même temps que nous voyons
25:00 des foyers d'incidents, sans doute, sur un des abords
25:05 de la place de la République, une des rues adjacentes.
25:09 Jeanne Cancard peut-être a une précision à nous dire ?
25:12 - Non, c'est bon, Pascal, je parlais pour tout vous dire.
25:18 - Non, je vous en prie. J'avais cru comprendre
25:20 que Benjamin Nannot me disait que vous souhaitiez intervenir.
25:24 Donc, je pense, puisque ça a l'air sous contrôle,
25:28 que nous pouvons peut-être reprendre, j'allais dire,
25:32 le cours normal de notre émission.
25:35 On a parlé des blocages, on a parlé de ce qui s'est passé
25:39 à l'Assemblée nationale, mais là encore, il y a eu un échange,
25:42 il y a eu quelques échanges assez chauds, aujourd'hui,
25:45 et notamment cet échange entre Mme Panot et Mme Borne,
25:48 que je vous propose peut-être d'écouter,
25:52 même si, pour tout vous dire, je regarde ces images
25:55 et comme elles n'offrent pas une tranquillité totale,
26:01 je vois au fond de l'image à droite un nouveau foyer...
26:08 - Ça ne va pas être tranquille, ce soir.
26:11 C'est la même situation que hier.
26:15 - Ça me paraît... - Ça prend la même direction.
26:18 - Non mais, pardonnez-moi, mais hier, Place Vauban, à cette heure-là,
26:21 c'était dégagé. C'est-à-dire qu'on est dans une...
26:25 On est dans quelque chose, dans une augmentation,
26:31 dans un crescendo, peut-être, de la violence.
26:34 En fait, la peur que nous avons, c'est ça,
26:37 c'est que la France s'embrase.
26:40 C'est ça, la peur du moment, que la France s'embrase.
26:43 Et ces images, je vous assure, elles renvoient à mai 68.
26:47 - C'est imaginaire. - Bien sûr, c'est des images que nous avons vues.
26:51 Un jour, deux jours, trois jours, si tous les jours,
26:54 nous avons ces images-là, évidemment, ça peut quand même interroger.
26:58 Je pense que nous avons des images, pour tout vous dire,
27:02 je pense qu'on va rester sur ces images.
27:04 Alors ça, c'est à Rennes.
27:06 Donc ça, c'est à Rennes.
27:08 - C'est pareil, j'imagine, c'est une jeunesse.
27:11 Rennes est une ville très politisée,
27:14 notamment Rennes 2, avec beaucoup de militants.
27:17 Je le répète, je fais bien la différence,
27:20 les militants, activistes, professionnels,
27:22 qui se saisissent de cette occasion pour, évidemment, tout casser.
27:27 Et eux, ils rêvent du grand soir.
27:29 Mais attention, c'est aussi au président de la République
27:33 de faire attention que tout ne soit pas emporté.
27:35 La Ve République, le système, etc.
27:39 C'est à lui, il est le garant des institutions.
27:42 Donc il faut savoir, parfois, faire attention
27:45 à ces foyers pré-révolutionnaires.
27:49 - Vous avez raison.
27:51 - Je pensais qu'il allait faire un détour par Baden-Baden
27:54 pour reprendre une image historique.
27:55 Je pense qu'il est sûr de son fait, qu'il ne doute de rien,
27:58 que demain, il va affirmer sa vision des choses
28:01 et que, pour reprendre une formule,
28:03 pour lui, il ne se passe pas grand-chose.
28:05 - Oui, mais tout de même, Olivier, je pense qu'on peut tout dire de lui.
28:08 Il est arrogant, mais il est tout de même...
28:11 - Oui, m'inquiète.
28:12 - Il peut avoir une intelligence tactique.
28:14 Je pense qu'il est conscient du fait que si, demain à 13h,
28:18 il jette de l'huile sur le feu,
28:21 même en niant la réalité de la crise,
28:24 il va multiplier tout ce qui se passe au Nouveau-York.
28:28 - Pour vous répondre directement, Philippe,
28:30 je pense qu'on va vers ça.
28:31 Puisqu'on peut lire les avant-papiers
28:33 sur ce qui se présente demain à 13h, on va vers ça.
28:36 - L'erreur est égale, que l'on dépasse les bornes
28:39 ou que l'on reste en-dessous.
28:41 - C'est Confucius qui disait cela, et on m'envoie cette citation à...
28:44 - Pas mal.
28:45 - ...un auditeur, un téléspectateur attentif à nos émissions.
28:49 - On peut quand même m'élever contre la comparaison avec mai 68.
28:52 Mai 68, c'est une histoire...
28:53 - Ça renvoie, j'ai vu.
28:54 - Il n'y a pas des centaines de milliers de gens dans les rues,
28:57 40 facs bloqués, et la régie Renault...
29:00 qui ne sort plus de voiture.
29:02 - Vous avez parfaitement raison, et c'est pour ça que j'ai dit
29:04 que ça renvoie, ces images.
29:06 J'essaye, dans la plus grande prudence tous les soirs,
29:09 je m'aperçois que ça ne passe pas.
29:11 Je m'aperçois que ceux qui disaient que tout le monde
29:14 rentrerait une fois voté, ce n'est pas vrai.
29:16 - Mais, 68, il y a eu le Grenelle.
29:20 Nicolas Sarkozy, il avait soumis...
29:22 - Il y a eu deux Grenelles.
29:23 - Oui, deux Grenelles.
29:24 Nicolas Sarkozy avait à son côté un conseiller social
29:29 qui était en lien permanent avec les dirigeants syndicaux.
29:34 Là, il y a qui ?
29:36 Dans l'exécutif, dans le dispositif...
29:38 - On a le sentiment d'un conséquent, pardonne-moi.
29:40 - Ce que vous dites est très juste, c'est-à-dire qu'il manque
29:42 une personne qui connaisse parfaitement,
29:44 dans l'entourage du président, jusqu'où on peut aller
29:46 avec les syndicats, jusqu'où il ne faut pas aller.
29:48 Raymond Soubi, depuis Georges Pompidou,
29:50 jusqu'à donc le quinquennat Nicolas Sarkozy,
29:52 était le monsieur social du pouvoir.
29:54 Il connaissait les syndicats par cœur,
29:56 il savait jusqu'où on pouvait les emmener,
29:58 et quel était le pas à ne pas franchir.
29:59 - Mais Nicolas Sarkozy mouillait la chemise,
30:01 si vous me permettez.
30:02 C'est-à-dire qu'il rencontrait 30 fois le leader de la CGT.
30:06 - Bernard Thibault.
30:07 - Il le rencontrait 30 fois pour le convaincre.
30:09 D'ailleurs, il faisait entre guillemets du Sarkozy.
30:11 C'est-à-dire qu'il allait au combat
30:13 et il tentait de... la négociation.
30:15 Vous avez un président qui ne veut voir personne.
30:17 - Non mais, c'est la différence...
30:19 - C'est une notable différence.
30:21 - C'est pas la notable différence.
30:23 - Ces choses-là sont bien dites.
30:25 - Vous avez un président qui parle à Marie-France,
30:28 ou à Marie-Sophie Lacaro et à Julien Bugier, c'est tout ?
30:32 - Oui, mais parce que...
30:33 - Julien Bugier.
30:34 - C'est très étonnant.
30:35 - Non, non, mais c'est pas...
30:36 - Qu'il parle aux interlocuteurs.
30:38 - C'est très étonnant parce que voilà un président
30:40 qui n'a pas peur des contacts en général
30:43 avec les citoyens quand ils discutent...
30:46 - Oui, mais c'est facile, ça.
30:48 - Ça ne l'intéresse pas.
30:49 - C'est facile à faire.
30:50 - Non, mais c'est pas ça.
30:51 - C'est pas ça, c'est pas ça.
30:52 - Véronique Zagui.
30:53 - Je crois que vraiment Nicolas Sarkozy,
30:55 c'était l'ancien monde avec ses qualités, bien entendu,
30:58 et là on voit tous les défauts du nouveau monde,
31:00 tout simplement.
31:01 Je vous rappelle quand même que là
31:02 où on est en plein psychodrame
31:03 sur cette réforme des retraites,
31:04 c'est qu'on a quand même eu Jean-Paul Delevoye
31:06 qui pendant des mois et des mois a négocié
31:08 sur la première réforme sur les retraites
31:10 et ce soir on en est là.
31:12 Mais c'est dire le fiasco de la façon
31:14 de faire de la politique avec ce gouvernement.
31:17 Enfin sincèrement, c'est dramatique.
31:18 - Alors ce que je vous propose,
31:20 c'est d'écouter Gérald Darmanin
31:22 et Madame Born et Gérald Darmanin,
31:24 je le dis pour Benjamin Nau,
31:25 qui se sont exprimés sur les violences.
31:27 Ils se sont exprimés aujourd'hui
31:29 après les manifestations d'hier.
31:30 Écoutons d'abord ce que disait Madame Born.
31:33 - Face à ces violences, je veux à nouveau
31:37 rendre hommage à nos forces de l'ordre
31:39 qui assurent la sécurité des manifestations.
31:42 Et je le redis,
31:43 ils ont un devoir d'exemplarité
31:45 et ils en sont conscients.
31:46 Nos policiers comme nos gendarmes.
31:48 Et tout signalement est examiné.
31:50 - Alors évidemment,
31:52 certains là aussi instrumentalisent des vidéos
31:56 pour pointer du droit,
31:58 la responsabilité d'un policier
32:00 qui peut exister d'ailleurs, bien évidemment.
32:02 Il y a toujours la possibilité de dérapage.
32:05 Mais les policiers sont en réaction.
32:08 - Bien sûr.
32:09 Aux qualités qu'on réclame des policiers,
32:12 je ne connais pas beaucoup de profession
32:14 qui serait capable de l'être.
32:16 - Absolument.
32:17 - Et M. Darmanin également s'est exprimé là-dessus.
32:20 Il a repris son mot qui avait fait Flores
32:23 dans le journal du dimanche.
32:24 - Non, malheureusement c'est dans le parisien.
32:26 La bordélisation.
32:27 - Ah oui, la bordélisation.
32:28 - Je m'en remets pas toujours.
32:29 - Non mais...
32:30 - J'ai un enveu sur 30 générations.
32:31 - Bon, je pensais...
32:32 - Monsieur le ministre, la prochaine fois c'est chez nous.
32:34 - Je pensais qu'il l'avait dit à vous.
32:35 Vous voyez, vous êtes tellement important
32:37 que je pensais que c'était chez vous qu'il l'avait dit.
32:39 La bordélisation, Gérald Darmanin.
32:40 - Bouleur pour moi.
32:41 - Donc oui, la liberté de manifester,
32:44 les policiers et les gendarmes l'ont démontré, sont là
32:46 pour encadrer ceux qui veulent manifester
32:48 contre le gouvernement.
32:49 Et ce sera le cas notamment jeudi.
32:51 Ce sera le cas de toutes les manifestations déclarées
32:53 dans le cadre de notre état droit.
32:54 Quelles que soient ceux qui déclarent cette manifestation.
32:56 Non au désordre, à la bordélisation.
32:59 Et je veux le dire à ceux qui veulent mettre le chaos
33:01 en utilisant les policiers comme victimes
33:04 de leur propre incurie.
33:07 Et moi je crois qu'on devrait tous,
33:09 on pourrait tous avoir, me semble-t-il,
33:11 un mot pour les policiers et les gendarmes blessés.
33:13 Condamner les violences.
33:14 Et pour ceux qui le souhaitent,
33:15 appeler à manifester contre la réforme des retraites.
33:17 Ça me paraît tout à fait conforme au pacte républicain
33:20 que nous menons avec les préfets de la République.
33:22 - Il y a un téléspectateur attentif qui me dit
33:24 les images montrent 600 à 700 jeunes
33:26 sur la place de la République.
33:27 Cela vaut-il d'annoncer la révolution générale ?
33:30 Je ne crois pas que c'est ce que nous ayons fait.
33:33 - Moi je ne suis pas d'accord avec vous
33:34 quand vous dites que c'est mes 68.
33:36 Pour moi c'est un projet de défilé jaune.
33:38 - Ça renvoie, je veux dire,
33:40 ça renvoie à la mythologie.
33:42 - Bah non, pour moi c'est les gilets jaunes
33:44 et tout ce qui n'a pas été traité et réglé
33:46 au moment des gilets jaunes.
33:47 - Sauf que ce ne sont pas du tout les gilets jaunes,
33:49 c'est des militants.
33:50 Activistes, ce ne sont pas du tout les mêmes.
33:51 - Oui mais enfin, au début des gilets jaunes,
33:53 il y avait une certaine croissance qui était dans la rue.
33:55 - Mais à ce moment-là, ce n'est même pas des activistes.
33:56 - Si c'est des militants, activistes, ce n'est pas les retraites.
33:57 - Mais l'Arc de Triomphe, c'est ceux qui sont là.
33:59 - 40 des points de terre.
34:01 - Mais pas très largement.
34:03 - Mais évidemment, mais on le dit tous les soirs que ce ne sont pas les retraites.
34:05 - À ce moment-là...
34:06 - Ah non non, le début des mobilisations
34:08 en place de la République à 18h etc,
34:10 ce sont les retraites.
34:11 Vous voyez les organisateurs.
34:13 - Non non non, c'est une belle non-kiss maman.
34:15 - Laissez-moi vous dire ça réellement.
34:17 Mais écoutez, les images qu'on a en début,
34:19 en fin d'après-midi, début de soirée,
34:21 c'est les organisations syndicales,
34:23 il y a le ballon de CGT, le ballon de Sud etc.
34:25 - C'est vrai, je l'ai vu.
34:26 - Mais laissez-moi vous dire réellement,
34:28 ces gens après s'en vont,
34:30 parce qu'ils ont fait le point fixe,
34:32 comme on a l'habitude de le faire,
34:33 c'est une culture politique et syndicale,
34:34 et après ceux qui restent sont ceux qui veulent en découdre.
34:36 Et là où il y a un risque,
34:38 c'est savoir s'il y aura une porosité
34:40 entre le mouvement social
34:42 tel que vous l'avez vu se développer dans le pays,
34:44 ceux qui veulent en découdre.
34:46 Comment est-ce que ça va se passer ?
34:47 - Vous avez eu par exemple, monsieur,
34:49 aujourd'hui, on n'a pas vu les réquisitions tout à l'heure,
34:51 monsieur Matheux...
34:52 - Mais il a raison.
34:53 - Ah réquisition c'est pas la même chose.
34:55 - Il dit il n'y a plus de règles,
34:57 maintenant monsieur Matheux, eux, il est...
34:59 - Oui mais il reste très calme.
35:01 - Très calme.
35:02 - Oui, monsieur Matheux est très calme.
35:03 - Il veut dire quoi très calme ?
35:04 Il ne va pas prendre une...
35:06 - Ça veut dire que vous avez encore...
35:07 - Il ne va pas appeler aux armes, vous êtes marrant.
35:09 - Vous avez encore des dirigeants syndicaux
35:11 qui peuvent avoir le verbe "o",
35:12 mais qui tiennent encore la situation.
35:13 - L'action Balfe, pas toujours.
35:15 - Comment ?
35:16 - Oui.
35:17 - Bon.
35:18 - C'est normal qu'ils soient contre les réquisitions.
35:20 - Mais c'est pas anormal qu'on réquisitionne aussi
35:22 pour éviter que la France soit en pénurie d'essence.
35:25 - Vous voulez des grèves sans douleur.
35:27 - Bon, en tout cas...
35:28 - Ah non mais Christiane...
35:29 - En tout cas, nous faisons la différence,
35:31 et nous le faisons tous les soirs,
35:32 entre effectivement ces activistes, ces militants,
35:35 mais les colères qui peuvent exister aussi dans le pays
35:39 sur cette réforme et sur la manière dont elle a été passée,
35:42 mais vous avez raison, c'est un ensemble de choses, bien sûr.
35:46 Il faut apporter de la nuance.
35:47 - Notre grande différence, Pascal,
35:48 c'est que moi je pense que les Français
35:50 sont dans une résignation.
35:52 Ils assistent, année après année, trimestre après trimestre,
35:55 à un déclassement, à notre déclassement.
35:57 Je disais l'autre jour qu'on est maintenant
35:59 le 25e pays pour PIB par habitant.
36:02 On était dans les 10 premiers il y a 15 ans.
36:05 Et effectivement, année après année,
36:07 on est dans la situation de l'Angleterre dans les années 80
36:10 où on s'appauvrit, on perd en richesse.
36:12 À qui la faute ? J'en sais rien.
36:14 Comment on fait pour y remédier ? J'en sais rien.
36:16 Et ça, c'est quelque chose qui est traumatisant pour un peuple.
36:19 - Jérôme, tu peux entendre une chose ?
36:21 C'est rapide.
36:22 Est-ce que tu peux entendre une chose ?
36:23 Que des personnes qui se sentent aujourd'hui humiliées
36:27 par l'attitude du président Macron
36:30 puissent ne plus jouer le jeu traditionnel
36:33 de ce qui est un mouvement de résistance
36:34 à une réforme qui est contestée,
36:36 mais pètent un plomb par ce sentiment d'humiliation.
36:38 Est-ce que ce processus-là,
36:40 qui est un processus humain, tu le comprends ?
36:42 - Alors, vous êtes sur l'humiliation,
36:43 moi je suis sur la résignation.
36:44 Ça n'est pas moins grave, ça n'est pas moins douloureux,
36:47 ça n'est pas moins traumatisant.
36:49 - C'est des belgères.
36:50 - Néanmoins, c'est plutôt sur le...
36:51 On se déclasse.
36:53 On sait qu'on vit moins bien que nos parents,
36:55 que peut-être nos enfants vivront moins bien que nous.
36:57 - J'ai compris, Jérôme.
36:58 La résignation, ça ne m'apparaît pas
37:00 comme le sentiment collectif dominant.
37:02 Lorsqu'un Bruno Le Maire,
37:04 après ce qui s'est passé à l'Assemblée,
37:08 découvre avec lucidité que la colère dépasse
37:11 la réforme des retraites,
37:13 je pense qu'il a raison.
37:15 C'est plutôt de la colère que de la résignation,
37:18 me semble-t-il.
37:20 - Vous ne pouvez pas tolérer, tous les soirs,
37:24 que la France, même par une poignée d'individus,
37:27 soit mise à feu réactif.
37:29 - On est d'accord, Pascal.
37:31 - Donc, je vous dis, là on est dans un circuit...
37:35 Non, ce n'est pas toute la France,
37:37 mais vous allez voir...
37:38 Non, mais là, ce soir, on est sur Paris.
37:40 - Oui, mais les images sont désastreuses
37:42 parce qu'elles font le tour du monde entier.
37:44 Donc, franchement, la France se paupérise à vue d'oeil.
37:48 Et je pense qu'on va perdre un certain nombre de touristes.
37:51 Mais même sur le plan économique,
37:53 le centre de Paris est complètement sinistré.
37:55 Il y a des commerçants qui ne vont plus pouvoir
37:57 ouvrir les magasins et on se retrouve dans la même...
37:59 - Pardon, mais le plus grave, ce n'est pas ça.
38:01 C'est les tonnes d'immondices, de déchets, de poubelles
38:03 qui trônent devant les restaurants parisiens.
38:05 - Non, mais c'est un scandale.
38:07 - C'est quelque chose que je n'ai jamais vu.
38:09 - Une horreur.
38:10 - Bon, ça, ça me paraît plus grave,
38:12 sur le plan sociologique et comme mauvaise image,
38:14 renvoyée par la France que ça.
38:16 - Regardez ces images, enfin, regardez ces images.
38:18 Je veux bien que...
38:20 Mais je vous assure, vous pensez, vous,
38:23 que les commerçants, les habitants
38:25 vont se retourner vers les manifestants ?
38:27 Je vous assure, je n'en suis pas sûr.
38:29 - Se retourner vers les manifestants, c'est-à-dire ?
38:31 - C'est-à-dire qu'ils vont retourner leur colère
38:33 contre les manifestants.
38:34 Moi, je pense qu'ils ne vont pas retourner contre le pouvoir.
38:36 Je vous assure.
38:38 - Les deux.
38:39 - Je vous assure parce que les gens,
38:41 même 80% des gens à DER
38:43 ne sont pas d'accord avec cette réforme.
38:45 En fait, le 49-3, les gens...
38:47 Tout ce...
38:49 Vous connaissez quelqu'un qui défend le 49-3 ?
38:51 Vous avez rencontré quelqu'un ?
38:52 - Aucun. - Même pas moi.
38:53 - Pour cette réforme ? - Aucun.
38:54 - Donc, quel...
38:55 - Enfin, il est dans la Constitution.
38:57 On aurait dû, depuis 60 ans, dire...
39:00 - Une gestion politique.
39:01 - Mais enfin, vous connaissez une personne
39:03 qui défend...
39:05 Comment dire ?
39:06 La façon dont le gouvernement s'y est pris,
39:07 sur cette réforme ?
39:08 - Non, la méthode était désastreuse.
39:10 - Et dont il a tordu le bras...
39:12 Non mais, ce qui est grave, Pascal,
39:14 c'est la façon dont il a tordu le bras aux institutions.
39:17 - Les institutions, les syndicats, les gens...
39:19 Ça fait beaucoup.
39:20 Donc, si vous pensez que, à la fin,
39:22 les gens vont dire "Ah, le parti de l'ordre,
39:25 on est derrière Emmanuel Macron", etc.
39:27 - C'est possible.
39:28 - Jusqu'ici, dans l'histoire de la Sacré-Cœur,
39:30 ça s'est toujours passé comme ça.
39:31 Les fauteurs de trouble
39:33 n'ont jamais réussi à agglomérer...
39:36 - Sauf que la dernière crise,
39:38 c'est les gilets jaunes,
39:40 et qu'on a balancé de l'argent.
39:42 - Mais là, on n'a plus 17 milliards à balancer.
39:44 - C'est dit. Là, on ne veut rien balancer.
39:46 - Donc, vous allez faire comment ?
39:47 - On n'a plus 17 milliards à balancer.
39:48 - Vous allez faire comment pour faire rentrer les gens ?
39:50 Vous savez, quand les gens sortent,
39:52 c'est le tube de dentifrice.
39:53 Pour les faire rentrer après, ça va être chaud.
39:55 - Et déjà, Jérôme, on ne peut pas dire
39:57 que ce pouvoir a été exemplaire
39:59 sur le plan de l'ordre et de l'autorité de l'État.
40:02 Donc, à la limite, on peut exiger beaucoup
40:04 d'un pouvoir qui a été remarquable
40:06 en dehors des griffes,
40:08 mais pas lui.
40:10 - Quand Gérard Collomb,
40:12 ou quand M. Castaner
40:14 était ministre de l'Intérieur,
40:16 c'est sûr que ça laissait un peu à désirer
40:18 sur le maintien de l'ordre.
40:20 Il me semble que depuis que nous avons...
40:22 - C'est le moins mode.
40:24 - ...Darmanin, il a quand même compris
40:26 que c'était le noyau dans lequel
40:28 il ne fallait pas transiger.
40:30 - Je crois que les Français sont d'autant plus en colère
40:32 que depuis les gilets jaunes, il y a eu le Covid.
40:34 - C'est un ensemble de sacrés mensonges
40:36 de la part du gouvernement.
40:38 C'est ça qui ressort.
40:40 C'est aussi cette question du mensonge.
40:42 - Un ensemble de choses.
40:44 - Les Français adhèrent encore moins
40:46 qu'avant à la parole politique.
40:48 Demain, pour Emmanuel Macron,
40:50 ça va être difficile de le suivre.
40:52 - C'est pour ça que nous avons tous le sentiment
40:54 que nous vivons une séquence d'événements.
40:56 Ce n'est pas ce qui va arriver.
40:58 Personne ne voit jamais arriver le pire.
41:00 Personne, dans l'histoire.
41:02 - Une personne m'a dit aujourd'hui,
41:04 concernant Emmanuel Macron, président Macron,
41:06 au final, c'est un joueur de poker.
41:08 Et il fait tapis sur ce qu'il va proposer demain,
41:10 pensant que ça va passer.
41:12 Comme un coup de bluff.
41:14 Mais avec un pays autant cocotte-minute,
41:16 avec une telle situation.
41:18 Moi, je trouve que c'est préoccupant.
41:20 - Je pense que les défis ne lui font pas peur.
41:22 - Alors, bon...
41:24 Je vais essayer de citer,
41:26 parce que ça permet de donner des avis de différence.
41:28 Ce n'est pas mal,
41:30 mais ça permet de donner des avis de différence.
41:32 Ce n'est pas mai 68, le pays n'est pas paralysé.
41:34 Nous avons de l'essence,
41:36 les entreprises continuent à tourner,
41:38 les transports circulent, l'hôpital soigne,
41:40 la majorité des universités n'est pas fermée.
41:42 J'ai vécu cette période, tout était arrêté.
41:44 Aujourd'hui, nous vivons une crise politique,
41:46 et non une crise de régime. Je me réjouis.
41:48 Bon, ça c'est autre chose.
41:50 Oui, bien sûr,
41:52 il a raison, mais c'est aujourd'hui.
41:54 - Non.
41:56 - C'est aujourd'hui. Je veux dire, c'est le deuxième jour.
41:58 Parce que la réforme, elle a été votée,
42:00 la motion de censure, elle est lundi.
42:02 On est mardi.
42:04 Donc, d'abord, ce monsieur, il a peut-être raison.
42:06 - Je suis navré. Là, je dois confirmer
42:08 votre point de vue tout à l'heure.
42:10 Vous avez bien dit
42:12 "ça renvoie à mai 68",
42:14 ce qui me paraît juste.
42:16 - Oui, ça renvoie. Je ne dis pas que c'est mai 68,
42:18 ça renvoie. - C'est un moment névralgique
42:20 quand même, avec l'arrivée de la visite d'État
42:22 de Charles III.
42:24 Parce que ça va mobiliser beaucoup de
42:26 unités de police.
42:28 Et donc, ça désengage certaines
42:30 unités de police sur des théâtres.
42:32 - Je vais vous dire, Charles III,
42:34 moi, je veux bien qu'on reçoive Charles III,
42:36 mais c'est évidemment pas le moment.
42:38 - Vous voulez pas la faire annuler ?
42:40 - Oui, il faut l'annuler, bien sûr.
42:42 Aujourd'hui, vous annulez Charles III.
42:44 Vous n'avez pas à faire Charles III balader
42:46 dans son carrosse dans Paris.
42:48 - Il ne va pas venir en carrosse,
42:50 parce qu'il a arrêté vos caricatures.
42:52 - C'est pas le moment.
42:54 - Il reste à l'ombre.
42:56 Non, mais sérieusement.
42:58 - Vous allez donner l'image
43:00 de la France au monarque ?
43:02 - En carrosse.
43:04 - Mais non, il est connu.
43:06 - Je suis atterré, là.
43:08 Au mieux, il aura une roxe.
43:10 Mais ça ne dira pas au-delà.
43:12 - Non, mais il y a peut-être...
43:14 - Le carrosse, il est connu.
43:16 - J'essaye d'apporter un peu de légèreté
43:18 à ces temps sombres.
43:20 Mais effectivement, il ne me paraît pas
43:22 opportun, là encore.
43:24 - Je parlais des politiques de sécurité publique.
43:26 - Il a raison, Olivier Dartigaud.
43:28 - Ça va mobiliser beaucoup d'unités.
43:30 - Il a raison.
43:32 - Il faut sécuriser les Champs-Elysées.
43:34 - C'est un signe très fort que d'annuler
43:36 la visite d'un soldat.
43:38 - Nous en sommes peut-être là.
43:40 - Imaginons le pire.
43:42 - Sur cette multitude, le hiatus entre Versailles,
43:44 Paris, le roi qui se promène
43:46 avec Emmanuel Macron
43:48 et la réalité de la vie des gens.
43:50 - Je pense qu'il y aura
43:52 quelques petits fouchés.
43:54 - Je cite tous les messages.
43:56 "Vous vous laissez impressionner par la violence
43:58 de la petite minorité parce que c'est un spectacle.
44:00 Les chaînes d'information se nourrissent
44:02 de ce spectacle qui, par définition,
44:04 exerce constamment un gros effet de loupe."
44:06 J'essaye de lire tout ce que j'en sais.
44:08 - Il faut savoir combien il y a de départs de feu.
44:10 - Bien sûr que ce n'est pas faux.
44:12 Tout rien n'est bon.
44:14 "Le vice-répétitif face à la colère de la rue
44:16 et à des situations insurrectionnelles
44:18 n'est peut-être pas jouable
44:20 mais Emmanuel Macron le tente la tête haute
44:22 car il va incarner le tournant progressiste
44:24 de la France dans la mondialisation."
44:26 C'est Nathalie Cricorian
44:28 que je cite régulièrement
44:30 qui nous fait part de cela.
44:32 "Des fois au poker,
44:34 tu perds ta chemise."
44:36 Me dit-on également.
44:38 Que m'a dit Benjamin Nau ?
44:40 Vous me disiez quelque chose,
44:42 Benjamin ?
44:44 Voilà.
44:46 Je comprends.
44:48 Effectivement.
44:50 On est en direct.
44:52 Il me parle pour me donner des éléments très précis.
44:54 Détention place de la République.
44:56 Il est 20h50.
44:58 Nous ne sommes pas allés voir
45:00 Régine Delfour,
45:02 Jeanne Cancard précisément
45:04 et Mickaël Dos Santos depuis quelques instants.
45:06 Peut-être qu'on peut vous demander
45:08 si vous avez le sentiment
45:10 que les manifestants
45:12 quittent la place ?
45:14 Régine Delfour.
45:16 Pascal ?
45:18 Oui je vous en prie.
45:20 Écoutez, nous on était rue
45:22 du Faubourg du Temple
45:24 où les manifestants essayaient
45:26 de passer pour aller vers le canal Saint-Martin.
45:28 Et en fait,
45:30 ils ont été repoussés.
45:32 Il y a eu plusieurs charges,
45:34 plusieurs tirs de gaz lacrymogènes.
45:36 Il y a eu aussi des tirs de mortier.
45:38 Vous vous voyez sûrement à l'image d'Antoine Durand.
45:40 Il y a un nouveau feu de poubelle qui est là.
45:42 Pour l'instant, ce côté de la place
45:44 est plutôt calme.
45:46 Les manifestants vont essayer
45:48 d'aller dans les autres rues
45:50 pour essayer de se faufiler
45:52 et peut-être partir en cortège sauvage.
45:54 Mais on a toujours en face à nous
45:56 ces forces de l'ordre
45:58 qui sont massivement placées
46:00 pour empêcher évidemment toute personne
46:02 de passer. On était dans les gaz lacrymogènes.
46:04 On commence à respirer
46:06 un petit peu mieux Pascal.
46:08 En tout cas, c'est évidemment un signe
46:10 que vous voyez une nouvelle fois ce soir
46:12 de ce qui peut se passer dans le pays.
46:14 Quelques éléments que je peux vous rappeler
46:16 parce que c'est toujours intéressant
46:18 de voir la France, l'état dans lequel
46:20 elle est. 58,1%
46:22 de dépenses publiques
46:24 PIB. 58%.
46:26 Plus haut taux de GDV.
46:28 3100 milliards de dettes.
46:30 3100 milliards de dettes.
46:32 Le poids des prélèvements obligatoires
46:34 s'établit à 47,5%
46:36 du produit intérieur brut en France
46:38 contre 41%
46:40 dans l'ensemble des unions européennes
46:42 des 27 pays. Et malgré ça,
46:44 l'école est défaillante. La justice
46:46 est défaillante. L'administration
46:48 est défaillante.
46:50 Il faut travailler plus.
46:52 Plus longtemps.
46:54 Pascal, depuis la fin du Covid,
46:56 et le quoi que ce soit.
46:58 Vous voulez faire tous les économies.
47:00 Vous êtes en train d'expliquer que
47:02 l'industrie ne marche pas,
47:04 c'est vrai. Que l'éducation nationale
47:06 ne marche pas, c'est vrai. Que les transports
47:08 publics ne marchent pas, c'est vrai.
47:10 Que les transports publics marchent mal.
47:12 Que les hôpitaux sont dans un état lamentable,
47:14 c'est parfaitement vrai.
47:16 Il faut une réorganisation, mais peut-être remettre
47:18 de l'argent. J'en sais rien.
47:20 Et si vous n'en savez rien ?
47:22 Depuis la fin du Covid ?
47:24 Que tout marche mal ?
47:26 Depuis la fin du Covid ?
47:28 Si vous n'en savez rien, ne venez même pas !
47:30 Les 3 derniers mots tuent un peu.
47:32 Ne jamais faire ça.
47:34 Je suis désolé,
47:36 la vraie réforme, c'est la réforme de l'Etat.
47:38 Vous le savez bien.
47:40 La réforme de l'Etat, on fait n'importe quoi en France
47:42 depuis 40 ans.
47:44 La réforme des régions est une catastrophe.
47:46 Ça a coûté 2 fois plus cher.
47:48 Tout le monde le sait.
47:50 La double administration locale.
47:52 La fraude sociale, il y a de quoi faire.
47:54 Il y a beaucoup de choses.
47:56 On arrête de dépenser l'argent public
47:58 à travers.
48:00 Depuis la fin du Covid,
48:02 et le quoi qu'il en coûte,
48:04 la France est le seul pays qui n'a pas fait un effort
48:06 pour faire des économies.
48:08 Le seul qui a continué à ouvrir les vannes.
48:10 - Et bien là on en fait avec la retraite.
48:12 - Oui, mais c'est pour ça que c'est...
48:14 C'est ça qui est drôle de ce que vous dites.
48:16 Ça a été l'argent magique pendant 3 ans
48:18 et puis tout d'un coup on t'excuse que...
48:20 - Ça fera économiser...
48:22 Avec les contreparties données,
48:24 ça fera économiser au final que 1 milliard par an.
48:26 - Oui, bah c'est...
48:28 C'est un petit début, un minuscule début.
48:30 - Alors, la semaine dernière,
48:32 je rappelais qu'on va dépenser 1 milliard 4
48:34 pour se baigner dans la Seine.
48:36 - Et c'est une carnerie sans nom.
48:38 - 1 milliard 4 !
48:40 Et vous aviez Emmanuel Macron qui disait
48:42 "ça va changer la vie des parisiens".
48:44 Vous connaissez des gens qui ont envie de se baigner
48:46 dans la Seine ou dans la Marne,
48:48 et ça va coûter 1 milliard 4.
48:50 - Quel intérêt de se baigner dans la Seine ?
48:52 - Et quel intérêt de...
48:54 Même pas des Jeux Olympiques.
48:56 On va accueillir et les Jeux Olympiques
48:58 et Charles III.
49:00 Donc ça va être intéressant et leur donner
49:02 ce spectacle.
49:04 - Le carrosse, c'est quoi cette affaire ?
49:06 Vous avez une information sur ce carrosse ?
49:08 - Bon, sérieusement,
49:10 il y a des tensions place de la République.
49:12 Benjamin Naud, nous allons jusqu'à
49:14 je crois 21h,
49:16 précisément,
49:18 pour... Alors, bon, heureusement,
49:20 il n'y a pas de... C'est dommage parce qu'on avait
49:22 des séquences que je voulais vous montrer,
49:24 notamment cette affaire au Palais de Tokyo
49:26 qui m'intéresse beaucoup,
49:28 avec Caroline Parmentier. Je pense qu'on en parlera
49:30 sans doute demain matin.
49:32 Mais effectivement, on a été rattrapé par
49:34 cette actualité et par...
49:36 - C'est un sujet intéressant. - Que se passe-t-il ?
49:38 - Elisabeth Lévy me dit que je suis héroïque.
49:40 - Mais Elisabeth Lévy, elle est sur votre modèle.
49:42 Quoi, votre modèle ?
49:44 Elle est sur votre ligne.
49:46 - Elle est pas totalement sur le registre de Géraud,
49:52 mais elle ne dit pas qu'elle ne sait pas.
49:54 - Bien sûr, bien sûr.
49:56 - Pendant toute l'émission, il a des messages de people.
49:58 - Mon erreur massive de la soirée.
50:00 Je vous remercie, M. le Procureur, de l'avoir souligné.
50:02 - Non mais c'est vrai, pendant toute l'émission,
50:04 Jérôme Béglé reçoit des messages d'artistes,
50:06 de gens très connus,
50:08 et qui lui disent plutôt qu'ils sont d'accord
50:10 avec lui. - Avec lui ?
50:12 - Oui, il y a un groupe qui se forme, là.
50:14 - Patrick Bruel, uniquement ?
50:16 ...
50:18 ...
50:20 - On va remercier
50:22 Antoine Durand,
50:24 qui était sur place.
50:26 On va remercier Jeanne Cancart,
50:28 Régine Delfour, et vous allez pouvoir
50:30 les retrouver
50:32 avec
50:34 M. Dos Santos,
50:36 également Charles Bajet,
50:38 qui est sur place, Fabrice Elsner.
50:40 C'est vrai, ce sont les équipes
50:42 de CNews, et croyez-moi, lorsqu'elles reviennent
50:44 à la rédaction,
50:46 on débriefe ensemble,
50:48 on leur demande
50:50 comment c'était,
50:52 comment vous avez vécu cela,
50:54 plus exactement,
50:56 et il y a toujours un peu d'inquiétude
50:58 pour toute la direction de CNews,
51:00 et je pense à Serge Médjar,
51:02 bien sûr, qui dirige cette chaîne,
51:04 et qui est très vigilant à ne pas
51:06 mettre les reporters en très grande
51:08 difficulté, bien sûr,
51:10 et en même temps, nous devons témoigner
51:12 de cette réalité
51:14 sur le terrain.
51:16 Je disais que
51:18 j'avais le sentiment tout à l'heure que
51:20 les choses, peu à peu,
51:22 arrivaient à la fin de la
51:24 manifestation. Est-ce que c'est
51:26 ce qui se passe sur le terrain ?
51:28 Je ne sais pas si c'est Régine ou
51:30 Jeanne qui nous entendent.
51:32 Jeanne Cancard, j'ai l'impression
51:34 qu'on est là sur une évacuation
51:36 de la Place de la République ?
51:38 - Oui, exactement,
51:40 Pascal, on est ici, rue René-Boulanger,
51:42 c'est une des rues adjacentes
51:44 à cette Place de la République, et vous avez donc les
51:46 manifestants qui sont autorisés, peu à peu,
51:48 au compte-goutte, à quitter cette Place de la République.
51:50 Les forces de l'ordre les laissent passer
51:52 par groupe de dix environ, pour évacuer.
51:54 Alors ce que craignent évidemment aussi
51:56 ici, ce soir, les forces de l'ordre,
51:58 c'est de voir ce qui s'est passé également
52:00 hier soir dans les rues de Paris, avec différentes
52:02 manifestations, des manifestations
52:04 dites sauvages, qui donc ont