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  • il y a 3 ans
L'élimination de Nice ce jeudi face à Bâle est une mauvaise nouvelle pour le football français dans sa lutte pour conserver sa cinquième place à l'indice UEFA, sérieusement menacée par les Pays-Bas. Un football français qui comptait sur Nice pour nourrir la possibilité de voir trois clubs français directement qualifiés en Ligue des champions, et un quatrième en tour préliminaire, pour la saison 2024-2025.

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Transcription
00:00 hier soir, on est touché le fond.
00:01 Oui, que Nice ait touché le fond.
00:03 Oui, que les joueurs aient touché le fond.
00:04 Oui, je ne vais pas me mettre avec eux, bien sûr.
00:08 Et je ne vais pas mettre l'ensemble du football français sur la
00:11 contre-performance hier des niçois.
00:14 C'est leur histoire.
00:16 Ils n'ont pas voulu l'écrire correctement.
00:18 Au contraire, ça sera une grosse trace noire, indélébile.
00:22 Ça, c'est sûr, elle restera longtemps, longtemps dans les têtes des joueurs.
00:27 Mais même si on a entendu hier l'after, ça a chauffé, comme tu disais,
00:31 même si Daniel Riolo, comme d'habitude, a été virulent.
00:35 Mais n'empêche qu'il n'a pas pas tort sur tout.
00:38 Alors, il faut faire attention aux mots qu'on emploie aussi.
00:40 Ce n'est pas pour autant que ces joueurs là sont devenus nuls du jour au lendemain.
00:45 Par contre, qu'ils n'aient pas conscience de l'importance d'une Coupe d'Europe.
00:50 Ce qu'il faut mettre le supplément d'âme commence à transcender.
00:55 Je parle sous le contrôle, bien sûr, de Juny et de Lionel,
00:59 qui ont connu aussi des grandes soirées européennes.
01:02 Mais pour connaître des grandes soirées européennes et des grands matchs
01:04 et pour rivaliser, ne serait-ce qu'avec Bale et d'autres clubs
01:09 qui ne font pas partie des meilleurs clubs européens,
01:12 il faut avoir ce supplément d'âme là.
01:14 Il faut une remise en question.
01:16 Il faut de l'humilité.
01:17 Il faut aller de l'avant.
01:18 Il faut avoir envie de se faire mal.
01:20 Il faut avoir peur en préparant le match.
01:22 Et tout ça hier, je vais te dire, là, beaucoup de joueurs m'ont surpris.
01:26 C'est qu'ils sont arrivés un peu sur deux.
01:28 Ce qu'ils ont dégagé sur le match, on se dit pas, c'est une carte incroyable à jouer.
01:35 On va laisser une marque, on va marquer l'histoire de l'OGC Nice.
01:39 Non, ils ont joué un match de championnat,
01:42 mais un match de championnat que tu joues Bale, Lesch-Poznan ou La Juve,
01:46 ça ne suffit pas en Coupe d'Europe.
01:48 Et on est passé par là.
01:49 Et c'est pour ça que souvent on prend des tartes.
01:51 Alors moi, je ne mets pas ça sur le niveau technique.
01:54 Bien sûr que les niçois, et c'est pour ça que j'ai les boules.
01:56 Et c'est pour ça que je suis virulent avec eux,
01:58 parce que hier, c'est inadmissible de mettre ça en place, cette approche là.
02:04 Maintenant, je ne vais pas tomber dans les choses en disant
02:09 les joueurs de Bale, individuellement, sont meilleurs que Nice.
02:12 Mais pas du tout. Pas du tout.
02:14 Il y a des meilleurs joueurs du côté de Nice.
02:15 Le problème, c'est que tu as peut être des bons joueurs
02:18 et des bons joueurs au niveau du championnat.
02:21 Après, Jérôme, on se dit ça tous les ans.
02:23 Et finalement, est-ce qu'on se rend pas la face sur le niveau de la Ligue 1 ?
02:25 Non, non, non, je te dis, c'est l'appréhension des rendez-vous.
02:28 Alors après, bien sûr que ça...
02:29 Pourquoi c'est plus l'appréhension plutôt qu'un problème de niveau ?
02:31 Mais non, mais ça reflète, ça rejaillit forcément sur le niveau du championnat.
02:36 Parce que quand tu as des mecs qui s'enflamment pour un oui, pour un non,
02:39 parce qu'ils ont fait deux bons matchs et qu'ils ont fait une ou deux sélections
02:43 avec leur pays et que derrière, ils se prennent pour des cadeaux
02:47 et ils se disent "Ah, peut-être que le match contre Balle,
02:50 je suis au-dessus, je suis un joueur international,
02:53 je suis un joueur ceci, cela..."
02:54 Mais les gars, il y a aujourd'hui le mode de sélection,
02:57 et je te parle déjà pour la France, il a évolué.
03:00 Avant, tu crois qu'il ne fallait pas faire des matchs européens ?
03:03 Demande à Lionel, à sa génération, des matchs européens,
03:06 avoir marqué les esprits pour essayer d'ouvrir la porte
03:10 ou la fenêtre du niveau international.
03:14 Non, aujourd'hui, il n'y a même plus ça, ce critère-là,
03:16 il n'existe plus.
03:18 Même les mecs qui n'ont pas fait de Ligue des champions,
03:20 ce qui représente le haut du panier en termes de niveau,
03:24 même les joueurs qui n'ont pas brillé sur l'Europa League
03:27 et sur la Conférence League, il y en a certains, ils sont appelés
03:30 parce qu'ils font trois bons matchs en championnat.
03:33 Mais arrêtez, arrêtez tout de suite les joueurs niçois.
03:36 Si hier, vous vous êtes cru avant le match
03:38 que vous étiez déjà des grands joueurs,
03:40 que vous avez une grande valeur marchande et tout ça,
03:42 vous avez pris une claque énorme, déjà individuellement,
03:46 collectivement, parce qu'en effet, il y a un projet à Nice
03:50 qui est important.
03:52 Et je pense qu'hier, même les actionnaires,
03:54 ceux qui vont mettre de l'argent et beaucoup d'argent,
03:56 peut-être au mois de juin, il y en a,
03:58 ils vont avoir chaud aux fesses.
03:59 Je peux te le dire parce que vu le niveau d'hier,
04:02 c'est sûr que tu ne peux pas continuer de la sorte.
04:05 On vous rappelle le débat, il est 18h09,
04:07 vous écoutez RMC, Rotten sans flammes, le foot français,
04:09 touche-t-il le fond avec la Coupe d'Europe ?
04:11 Johnny, quel est le problème des clubs français
04:13 lorsqu'il y a une compétition européenne, à ton avis ?
04:16 D'abord, je suis d'accord avec Jérôme,
04:18 tout ce qu'il a dit.
04:20 Mais pour moi, un peu comme l'étranger
04:23 qui a connu la Ligue 1 après,
04:25 comme joueur, comme dirigeant aussi.
04:27 Moi, je pense que notre environnement
04:31 est fait d'une manière dont on ne croit pas.
04:34 C'est comme si on rêve d'aller en Coupe d'Europe,
04:36 mais ça suffit.
04:38 Ça, c'est le message qui nous entraîne,
04:40 et nous dirigeant, il passe.
04:42 Même à mon époque de jouer à l'OL,
04:45 on sentit un petit peu,
04:46 "Ah bon, c'est la Ligue des champions,
04:49 on ne peut pas y aller très loin."
04:51 On sentit qu'il y avait un peu cet environnement,
04:53 même si tu peux créer la surprise de temps en temps.
04:56 Donc moi, je pense que la réflexion,
04:58 elle doit passer par tout le monde,
04:59 même pour nous aussi, les consultants,
05:01 parce que des fois, quand ça marche un peu bien,
05:05 on diminue aussi notre réussite.
05:08 Mais ça commence, à mon avis, par les entraîneurs,
05:11 par la mentalité.
05:12 Si tu arrives en Coupe d'Europe,
05:14 et si tu perds d'avance,
05:16 tu commences à créer ça tous les jours,
05:18 c'est-à-dire que tu ne vas jamais avancer.
05:20 C'est comme si tu mettais dans ta tête qu'il y a une limite.
05:23 La Ligue 1 n'est pas capable de jouer en Coupe d'Europe,
05:25 c'est bon, c'est qualifié.
05:26 On voit Paris qui a mis beaucoup d'argent.
05:28 Moi, je pense que l'environnement,
05:30 et le leadership des entraîneurs,
05:33 ça commence par là.
05:34 À partir de là, bien sûr, quand...
05:37 - Alors, moi j'entends ce que vous dites,
05:38 mais quand on regarde un petit peu les chiffres,
05:40 tout simplement, on se dit que le championnat français
05:43 a rapporté seulement deux Coupes d'Europe dans son histoire,
05:45 Marseille en 1993 et le PSG en 1996.
05:48 C'est moins que l'Ajax, par exemple.
05:49 Donc qu'est-ce qu'il peut nous faire dire ?
05:50 - Non mais c'est de pire en pire.
05:51 - On a un championnat qui est meilleur que le championnat néerlandais,
05:54 qui peut nous dépasser d'ici quelques jours au commencement de l'année.
05:57 - Il suffit de regarder ces chiffres-là, c'est tout,
05:59 et d'en prendre conscience.
06:00 - La Coupe d'Europe, c'est la valeur étalon du niveau des clubs, en fait.
06:04 C'est pas le championnat national, c'est ce que tu fais sur la scène européenne.
06:07 - J'irais pas jusqu'au niveau des clubs,
06:08 enfin, au niveau des clubs,
06:09 mais tributaire de tout ce qu'a dit, de tout ce qu'ont dit
06:12 Giouni et Jérôme, entièrement d'accord.
06:14 Aujourd'hui, Jérôme a employé un terme hyper important à mon goût,
06:18 que j'ai noté parce que c'est exactement ça,
06:21 « écrire l'histoire du club ».
06:23 Mais aujourd'hui, ils s'en foutent complètement les joueurs !
06:25 Ils prennent notre championnat de toute façon
06:27 pour une rampe de lancement, pour pouvoir se barrer.
06:29 Après deux résultats...
06:30 - C'est le centre de formation de l'Europe, quoi.
06:32 - Bah attends, parce que même le centre de formation,
06:34 on est en train de se faire passer devant,
06:35 donc il faut faire attention à ça aussi,
06:37 il va falloir qu'on se remette en question
06:39 avant qu'on soit vraiment relégué très loin aussi là-dessus.
06:43 Et donc, écrire son histoire.
06:45 Allez, t'as des joueurs aujourd'hui,
06:48 bah Jérôme l'a dit, tu fais deux bonnes performances,
06:50 t'es en équipe de France,
06:51 ah bah maintenant tu penses qu'un truc l'entourage.
06:53 T'inquiète pas, on va se barrer de là,
06:55 on va aller faire un autre gros contrat derrière.
06:57 Le lendemain, ils s'en foutent complètement
06:59 que l'année prochaine, ces clubs-là soient en Coupe d'Europe et tout.
07:02 Mais ils n'ont aucune identité, ils s'en foutent.
07:04 Ce qu'ils veulent, c'est que du...
07:07 Il n'y a pas l'amour du club, écrire l'histoire du club.
07:10 C'est fini, pour moi c'est fini tout ça.
07:13 Cette question identitaire, elle n'existe plus,
07:16 très rarement, trop rarement, sauf pour Anthony Lopez.
07:19 (rires)
07:21 - Non, juste pour compléter.
07:23 Bon, quand je dis que cet environnement,
07:25 c'est pas pour défendre les joueurs,
07:26 je suis d'accord avec vous aussi, avec cette mentalité
07:28 que j'ai connue comme directeur sportif aussi à l'ORL.
07:31 Mais comme joueur, quand tu sens qu'une compétition,
07:36 elle va démarrer et que le message que tu reçois
07:39 de ton coach, de ton dirigeant, de ton club,
07:42 c'est pas aussi positif.
07:44 Donc, c'est-à-dire que tu vas jouer une compétition aussi
07:47 en sachant que tu as une limite, que tu ne vas pas passer
07:49 et que c'est pas grave.
07:50 Peut-être que ça aussi, il faut qu'on commence à réfléchir.
07:53 Comment tu perds d'avance en match,
07:55 quand tu n'as pas encore joué, n'importe quelle adversaire que tu joues.
07:58 Moi, je pense que ça, c'est dans la tête des joueurs de Ligue 1, surtout.
08:02 Tout à l'heure, on a dit, oui, Iparte, c'est la meilleure formation d'Europe.
08:05 Pourquoi on arrive à jouer partout,
08:08 mais quand on est ensemble en Ligue 1, on a un peu peur ?
08:11 Pourquoi ça existe aussi ?
08:12 Donc, je pense que cette réflexion, c'est important aussi de la faire.
08:16 Et je vous la pose à tous les trois.
08:17 Autre question, est-ce que la Ligue 1 fait vraiment partie
08:19 des cinq meilleurs championnats européens ?
08:21 Oui, oui, oui, oui.
08:22 Et comment on peut l'affirmer, en fait ?
08:24 Comment tu peux l'affirmer ?
08:27 Il faut juste regarder les matchs du week-end
08:29 sur les autres championnats.
08:30 Mais exactement, en fait...
08:31 Et puis tu en fais le nombre de Français,
08:33 pas de Français, le nombre de joueurs du championnat de France
08:37 qui vont faire les beaux jours des autres équipes à l'étranger.
08:39 C'est le centre de formation de l'Europe.
08:40 Non, non, il y a des joueurs qui arrivent dans notre championnat,
08:42 qui se relancent, enfin, qui viennent se montrer dans notre championnat
08:45 et qui vont en Allemagne, qui vont en Italie.
08:49 Et c'est ça le souci, Jouni, j'allais y venir.
08:51 Jouni, quand tu...
08:53 Jérôme, quand vous jouiez, je ne sais pas, vous, par exemple,
08:55 alors c'est quelque chose qui est un petit peu ambigu.
08:58 Mais moi, je me souviens, alors à Auxerre,
09:00 on était les smicards du football français.
09:04 On avait des tout petits salaires.
09:05 Par contre, on avait des primes de match,
09:07 c'était les meilleurs de tout le championnat,
09:10 même du PSG et tout ça.
09:11 Et quand on arrivait en Coupe d'Europe,
09:13 on triplait, on quadruplait le salaire.
09:16 Aujourd'hui, ils s'en foutent des primes.
09:17 Il y a trop de confort aujourd'hui, c'est ça ?
09:18 Mais beaucoup trop de confort,
09:20 mais beaucoup trop de confort.
09:22 Alors, même si à la fin, t'apprends à gagner,
09:25 tu rentres pas pour l'argent.
09:28 Tu vois, c'est un petit peu contradictoire ce que je te dis,
09:30 mais t'es tellement habitué à gagner,
09:32 tu veux tellement gagner.
09:33 C'est une question de mentalité, toi,
09:34 t'es de l'avis de Jérôme et de Jouni, bien évidemment.
09:37 C'est la mentalité.
09:38 Lionel, t'as raison, sans parler de primes ou quoi que ce soit,
09:41 parce qu'on va pas arriver sur ce truc-là.
09:43 Et en disant, voilà, la prestation des Niçois hier,
09:46 c'est parce qu'il manquait une grosse prime et la carotte au bout.
09:49 Non, non, c'est pas ça.
09:51 C'est pas ce que je veux dire.
09:52 Mais je peux comprendre si tu veux,
09:54 ça rejoint un peu ce que Jouni et moi, on disait,
09:57 c'est qu'il y a l'appréhension,
09:58 comment tu appréhendes ces rendez-vous-là ?
10:00 Moi, je pars du principe, et j'en veux aujourd'hui aux Niçois.
10:04 C'est un privilège, jouer en Coupe d'Europe.
10:06 Mais c'est ça, sauf qu'on l'a vécu.
10:08 Non, mais Lionel, on l'a vécu.
10:10 Moi, j'ai passé quasiment toute ma carrière,
10:12 je suis allé un peu à l'étranger,
10:13 mais j'ai quasiment passé toute ma carrière
10:15 dans des clubs français qui, en plus,
10:17 j'ai eu la chance de jouer à la Coupe d'Europe.
10:19 Et j'ai vu le changement déjà quand tu joues à Monaco,
10:23 que tu joues au Paris Saint-Germain,
10:24 que tu joues à Marseille ou à Lyon, c'est pareil.
10:27 Quand tu joues à la Ligue des champions,
10:29 il n'y a pas de souci.
10:29 Quand tu joues l'Europa League déjà,
10:31 il y a les premiers discours à dire,

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