00:00 hier soir, on est touché le fond.
00:01 Oui, que Nice ait touché le fond.
00:03 Oui, que les joueurs aient touché le fond.
00:04 Oui, je ne vais pas me mettre avec eux, bien sûr.
00:08 Et je ne vais pas mettre l'ensemble du football français sur la
00:11 contre-performance hier des niçois.
00:14 C'est leur histoire.
00:16 Ils n'ont pas voulu l'écrire correctement.
00:18 Au contraire, ça sera une grosse trace noire, indélébile.
00:22 Ça, c'est sûr, elle restera longtemps, longtemps dans les têtes des joueurs.
00:27 Mais même si on a entendu hier l'after, ça a chauffé, comme tu disais,
00:31 même si Daniel Riolo, comme d'habitude, a été virulent.
00:35 Mais n'empêche qu'il n'a pas pas tort sur tout.
00:38 Alors, il faut faire attention aux mots qu'on emploie aussi.
00:40 Ce n'est pas pour autant que ces joueurs là sont devenus nuls du jour au lendemain.
00:45 Par contre, qu'ils n'aient pas conscience de l'importance d'une Coupe d'Europe.
00:50 Ce qu'il faut mettre le supplément d'âme commence à transcender.
00:55 Je parle sous le contrôle, bien sûr, de Juny et de Lionel,
00:59 qui ont connu aussi des grandes soirées européennes.
01:02 Mais pour connaître des grandes soirées européennes et des grands matchs
01:04 et pour rivaliser, ne serait-ce qu'avec Bale et d'autres clubs
01:09 qui ne font pas partie des meilleurs clubs européens,
01:12 il faut avoir ce supplément d'âme là.
01:14 Il faut une remise en question.
01:16 Il faut de l'humilité.
01:17 Il faut aller de l'avant.
01:18 Il faut avoir envie de se faire mal.
01:20 Il faut avoir peur en préparant le match.
01:22 Et tout ça hier, je vais te dire, là, beaucoup de joueurs m'ont surpris.
01:26 C'est qu'ils sont arrivés un peu sur deux.
01:28 Ce qu'ils ont dégagé sur le match, on se dit pas, c'est une carte incroyable à jouer.
01:35 On va laisser une marque, on va marquer l'histoire de l'OGC Nice.
01:39 Non, ils ont joué un match de championnat,
01:42 mais un match de championnat que tu joues Bale, Lesch-Poznan ou La Juve,
01:46 ça ne suffit pas en Coupe d'Europe.
01:48 Et on est passé par là.
01:49 Et c'est pour ça que souvent on prend des tartes.
01:51 Alors moi, je ne mets pas ça sur le niveau technique.
01:54 Bien sûr que les niçois, et c'est pour ça que j'ai les boules.
01:56 Et c'est pour ça que je suis virulent avec eux,
01:58 parce que hier, c'est inadmissible de mettre ça en place, cette approche là.
02:04 Maintenant, je ne vais pas tomber dans les choses en disant
02:09 les joueurs de Bale, individuellement, sont meilleurs que Nice.
02:12 Mais pas du tout. Pas du tout.
02:14 Il y a des meilleurs joueurs du côté de Nice.
02:15 Le problème, c'est que tu as peut être des bons joueurs
02:18 et des bons joueurs au niveau du championnat.
02:21 Après, Jérôme, on se dit ça tous les ans.
02:23 Et finalement, est-ce qu'on se rend pas la face sur le niveau de la Ligue 1 ?
02:25 Non, non, non, je te dis, c'est l'appréhension des rendez-vous.
02:28 Alors après, bien sûr que ça...
02:29 Pourquoi c'est plus l'appréhension plutôt qu'un problème de niveau ?
02:31 Mais non, mais ça reflète, ça rejaillit forcément sur le niveau du championnat.
02:36 Parce que quand tu as des mecs qui s'enflamment pour un oui, pour un non,
02:39 parce qu'ils ont fait deux bons matchs et qu'ils ont fait une ou deux sélections
02:43 avec leur pays et que derrière, ils se prennent pour des cadeaux
02:47 et ils se disent "Ah, peut-être que le match contre Balle,
02:50 je suis au-dessus, je suis un joueur international,
02:53 je suis un joueur ceci, cela..."
02:54 Mais les gars, il y a aujourd'hui le mode de sélection,
02:57 et je te parle déjà pour la France, il a évolué.
03:00 Avant, tu crois qu'il ne fallait pas faire des matchs européens ?
03:03 Demande à Lionel, à sa génération, des matchs européens,
03:06 avoir marqué les esprits pour essayer d'ouvrir la porte
03:10 ou la fenêtre du niveau international.
03:14 Non, aujourd'hui, il n'y a même plus ça, ce critère-là,
03:16 il n'existe plus.
03:18 Même les mecs qui n'ont pas fait de Ligue des champions,
03:20 ce qui représente le haut du panier en termes de niveau,
03:24 même les joueurs qui n'ont pas brillé sur l'Europa League
03:27 et sur la Conférence League, il y en a certains, ils sont appelés
03:30 parce qu'ils font trois bons matchs en championnat.
03:33 Mais arrêtez, arrêtez tout de suite les joueurs niçois.
03:36 Si hier, vous vous êtes cru avant le match
03:38 que vous étiez déjà des grands joueurs,
03:40 que vous avez une grande valeur marchande et tout ça,
03:42 vous avez pris une claque énorme, déjà individuellement,
03:46 collectivement, parce qu'en effet, il y a un projet à Nice
03:50 qui est important.
03:52 Et je pense qu'hier, même les actionnaires,
03:54 ceux qui vont mettre de l'argent et beaucoup d'argent,
03:56 peut-être au mois de juin, il y en a,
03:58 ils vont avoir chaud aux fesses.
03:59 Je peux te le dire parce que vu le niveau d'hier,
04:02 c'est sûr que tu ne peux pas continuer de la sorte.
04:05 On vous rappelle le débat, il est 18h09,
04:07 vous écoutez RMC, Rotten sans flammes, le foot français,
04:09 touche-t-il le fond avec la Coupe d'Europe ?
04:11 Johnny, quel est le problème des clubs français
04:13 lorsqu'il y a une compétition européenne, à ton avis ?
04:16 D'abord, je suis d'accord avec Jérôme,
04:18 tout ce qu'il a dit.
04:20 Mais pour moi, un peu comme l'étranger
04:23 qui a connu la Ligue 1 après,
04:25 comme joueur, comme dirigeant aussi.
04:27 Moi, je pense que notre environnement
04:31 est fait d'une manière dont on ne croit pas.
04:34 C'est comme si on rêve d'aller en Coupe d'Europe,
04:36 mais ça suffit.
04:38 Ça, c'est le message qui nous entraîne,
04:40 et nous dirigeant, il passe.
04:42 Même à mon époque de jouer à l'OL,
04:45 on sentit un petit peu,
04:46 "Ah bon, c'est la Ligue des champions,
04:49 on ne peut pas y aller très loin."
04:51 On sentit qu'il y avait un peu cet environnement,
04:53 même si tu peux créer la surprise de temps en temps.
04:56 Donc moi, je pense que la réflexion,
04:58 elle doit passer par tout le monde,
04:59 même pour nous aussi, les consultants,
05:01 parce que des fois, quand ça marche un peu bien,
05:05 on diminue aussi notre réussite.
05:08 Mais ça commence, à mon avis, par les entraîneurs,
05:11 par la mentalité.
05:12 Si tu arrives en Coupe d'Europe,
05:14 et si tu perds d'avance,
05:16 tu commences à créer ça tous les jours,
05:18 c'est-à-dire que tu ne vas jamais avancer.
05:20 C'est comme si tu mettais dans ta tête qu'il y a une limite.
05:23 La Ligue 1 n'est pas capable de jouer en Coupe d'Europe,
05:25 c'est bon, c'est qualifié.
05:26 On voit Paris qui a mis beaucoup d'argent.
05:28 Moi, je pense que l'environnement,
05:30 et le leadership des entraîneurs,
05:33 ça commence par là.
05:34 À partir de là, bien sûr, quand...
05:37 - Alors, moi j'entends ce que vous dites,
05:38 mais quand on regarde un petit peu les chiffres,
05:40 tout simplement, on se dit que le championnat français
05:43 a rapporté seulement deux Coupes d'Europe dans son histoire,
05:45 Marseille en 1993 et le PSG en 1996.
05:48 C'est moins que l'Ajax, par exemple.
05:49 Donc qu'est-ce qu'il peut nous faire dire ?
05:50 - Non mais c'est de pire en pire.
05:51 - On a un championnat qui est meilleur que le championnat néerlandais,
05:54 qui peut nous dépasser d'ici quelques jours au commencement de l'année.
05:57 - Il suffit de regarder ces chiffres-là, c'est tout,
05:59 et d'en prendre conscience.
06:00 - La Coupe d'Europe, c'est la valeur étalon du niveau des clubs, en fait.
06:04 C'est pas le championnat national, c'est ce que tu fais sur la scène européenne.
06:07 - J'irais pas jusqu'au niveau des clubs,
06:08 enfin, au niveau des clubs,
06:09 mais tributaire de tout ce qu'a dit, de tout ce qu'ont dit
06:12 Giouni et Jérôme, entièrement d'accord.
06:14 Aujourd'hui, Jérôme a employé un terme hyper important à mon goût,
06:18 que j'ai noté parce que c'est exactement ça,
06:21 « écrire l'histoire du club ».
06:23 Mais aujourd'hui, ils s'en foutent complètement les joueurs !
06:25 Ils prennent notre championnat de toute façon
06:27 pour une rampe de lancement, pour pouvoir se barrer.
06:29 Après deux résultats...
06:30 - C'est le centre de formation de l'Europe, quoi.
06:32 - Bah attends, parce que même le centre de formation,
06:34 on est en train de se faire passer devant,
06:35 donc il faut faire attention à ça aussi,
06:37 il va falloir qu'on se remette en question
06:39 avant qu'on soit vraiment relégué très loin aussi là-dessus.
06:43 Et donc, écrire son histoire.
06:45 Allez, t'as des joueurs aujourd'hui,
06:48 bah Jérôme l'a dit, tu fais deux bonnes performances,
06:50 t'es en équipe de France,
06:51 ah bah maintenant tu penses qu'un truc l'entourage.
06:53 T'inquiète pas, on va se barrer de là,
06:55 on va aller faire un autre gros contrat derrière.
06:57 Le lendemain, ils s'en foutent complètement
06:59 que l'année prochaine, ces clubs-là soient en Coupe d'Europe et tout.
07:02 Mais ils n'ont aucune identité, ils s'en foutent.
07:04 Ce qu'ils veulent, c'est que du...
07:07 Il n'y a pas l'amour du club, écrire l'histoire du club.
07:10 C'est fini, pour moi c'est fini tout ça.
07:13 Cette question identitaire, elle n'existe plus,
07:16 très rarement, trop rarement, sauf pour Anthony Lopez.
07:19 (rires)
07:21 - Non, juste pour compléter.
07:23 Bon, quand je dis que cet environnement,
07:25 c'est pas pour défendre les joueurs,
07:26 je suis d'accord avec vous aussi, avec cette mentalité
07:28 que j'ai connue comme directeur sportif aussi à l'ORL.
07:31 Mais comme joueur, quand tu sens qu'une compétition,
07:36 elle va démarrer et que le message que tu reçois
07:39 de ton coach, de ton dirigeant, de ton club,
07:42 c'est pas aussi positif.
07:44 Donc, c'est-à-dire que tu vas jouer une compétition aussi
07:47 en sachant que tu as une limite, que tu ne vas pas passer
07:49 et que c'est pas grave.
07:50 Peut-être que ça aussi, il faut qu'on commence à réfléchir.
07:53 Comment tu perds d'avance en match,
07:55 quand tu n'as pas encore joué, n'importe quelle adversaire que tu joues.
07:58 Moi, je pense que ça, c'est dans la tête des joueurs de Ligue 1, surtout.
08:02 Tout à l'heure, on a dit, oui, Iparte, c'est la meilleure formation d'Europe.
08:05 Pourquoi on arrive à jouer partout,
08:08 mais quand on est ensemble en Ligue 1, on a un peu peur ?
08:11 Pourquoi ça existe aussi ?
08:12 Donc, je pense que cette réflexion, c'est important aussi de la faire.
08:16 Et je vous la pose à tous les trois.
08:17 Autre question, est-ce que la Ligue 1 fait vraiment partie
08:19 des cinq meilleurs championnats européens ?
08:21 Oui, oui, oui, oui.
08:22 Et comment on peut l'affirmer, en fait ?
08:24 Comment tu peux l'affirmer ?
08:27 Il faut juste regarder les matchs du week-end
08:29 sur les autres championnats.
08:30 Mais exactement, en fait...
08:31 Et puis tu en fais le nombre de Français,
08:33 pas de Français, le nombre de joueurs du championnat de France
08:37 qui vont faire les beaux jours des autres équipes à l'étranger.
08:39 C'est le centre de formation de l'Europe.
08:40 Non, non, il y a des joueurs qui arrivent dans notre championnat,
08:42 qui se relancent, enfin, qui viennent se montrer dans notre championnat
08:45 et qui vont en Allemagne, qui vont en Italie.
08:49 Et c'est ça le souci, Jouni, j'allais y venir.
08:51 Jouni, quand tu...
08:53 Jérôme, quand vous jouiez, je ne sais pas, vous, par exemple,
08:55 alors c'est quelque chose qui est un petit peu ambigu.
08:58 Mais moi, je me souviens, alors à Auxerre,
09:00 on était les smicards du football français.
09:04 On avait des tout petits salaires.
09:05 Par contre, on avait des primes de match,
09:07 c'était les meilleurs de tout le championnat,
09:10 même du PSG et tout ça.
09:11 Et quand on arrivait en Coupe d'Europe,
09:13 on triplait, on quadruplait le salaire.
09:16 Aujourd'hui, ils s'en foutent des primes.
09:17 Il y a trop de confort aujourd'hui, c'est ça ?
09:18 Mais beaucoup trop de confort,
09:20 mais beaucoup trop de confort.
09:22 Alors, même si à la fin, t'apprends à gagner,
09:25 tu rentres pas pour l'argent.
09:28 Tu vois, c'est un petit peu contradictoire ce que je te dis,
09:30 mais t'es tellement habitué à gagner,
09:32 tu veux tellement gagner.
09:33 C'est une question de mentalité, toi,
09:34 t'es de l'avis de Jérôme et de Jouni, bien évidemment.
09:37 C'est la mentalité.
09:38 Lionel, t'as raison, sans parler de primes ou quoi que ce soit,
09:41 parce qu'on va pas arriver sur ce truc-là.
09:43 Et en disant, voilà, la prestation des Niçois hier,
09:46 c'est parce qu'il manquait une grosse prime et la carotte au bout.
09:49 Non, non, c'est pas ça.
09:51 C'est pas ce que je veux dire.
09:52 Mais je peux comprendre si tu veux,
09:54 ça rejoint un peu ce que Jouni et moi, on disait,
09:57 c'est qu'il y a l'appréhension,
09:58 comment tu appréhendes ces rendez-vous-là ?
10:00 Moi, je pars du principe, et j'en veux aujourd'hui aux Niçois.
10:04 C'est un privilège, jouer en Coupe d'Europe.
10:06 Mais c'est ça, sauf qu'on l'a vécu.
10:08 Non, mais Lionel, on l'a vécu.
10:10 Moi, j'ai passé quasiment toute ma carrière,
10:12 je suis allé un peu à l'étranger,
10:13 mais j'ai quasiment passé toute ma carrière
10:15 dans des clubs français qui, en plus,
10:17 j'ai eu la chance de jouer à la Coupe d'Europe.
10:19 Et j'ai vu le changement déjà quand tu joues à Monaco,
10:23 que tu joues au Paris Saint-Germain,
10:24 que tu joues à Marseille ou à Lyon, c'est pareil.
10:27 Quand tu joues à la Ligue des champions,
10:29 il n'y a pas de souci.
10:29 Quand tu joues l'Europa League déjà,
10:31 il y a les premiers discours à dire,