00:00 *-Saturday night is the loneliest night of the week.
00:03 -C'est une voix un peu de velours, un peu charmeuse,
00:06 de voix d'ange né.
00:08 *-For the memories I usually see.
00:11 -C'était "The Voice of America", la voix de l'Amérique.
00:14 *-Fly me to the moon.
00:17 -Chanteur iconique du XXe siècle, surnommé "The Voice",
00:21 Frank Sinatra était le crooneur à la voix de velours,
00:24 mais pas seulement.
00:26 -Un crooneur, on pourrait dire qu'en français,
00:29 c'est un chanteur de charme.
00:30 En ce qui concerne Sinatra, c'est un peu restrictif,
00:34 un peu limitatif. Il était plus qu'un crooneur.
00:36 Sinatra était un vrai musicien.
00:38 C'est quelqu'un qui s'inspirait beaucoup des musiciens qui l'entouraient.
00:42 *-A foggy day.
00:44 -La voix de Sinatra, c'est une voix qui parle,
00:46 qui touche et qui émeut,
00:49 et c'est une voix qui swing.
00:50 C'est une voix qui parle parce qu'il ne se contente pas
00:54 de chanter de belles mélodies.
00:55 Il a en lui la volonté de rendre les paroles intelligibles.
01:00 C'est une voix qui touche et qui émeut
01:02 parce que dans sa voix, il y a des choses de velours
01:05 et des choses plus rauques.
01:07 Il a toute la palette de l'émotion.
01:09 C'est une voix qui swing
01:10 parce que, en rythmique, il est tout le temps en place.
01:13 Parfois, il anticipe.
01:15 Parfois, il va être un peu en arrière.
01:17 Il a vraiment l'art de rebondir systématiquement sur le temps,
01:21 après le temps ou légèrement avant le temps.
01:23 C'est une voix qui swing.
01:25 Il est né en 1915 à Obokon.
01:29 Comme beaucoup de musiciens et de chanteurs de l'époque,
01:32 il a formé un quatuor vocal.
01:34 Ensuite, il est rentré dans les orchestres.
01:37 Pendant la Seconde Guerre mondiale,
01:39 les grands orchestres étaient importants
01:41 pour la radio, pour les dancing.
01:43 Les gens avaient besoin de se changer les idées aux Etats-Unis.
01:46 -D'abord chanteur au sein de l'orchestre de Harry James,
01:49 Sinatra rejoint ensuite celui de Tommy Dorsey, le roi du swing.
01:53 Très vite, sa voix le propulse sur le devant de la scène.
01:57 -Quand il travaillait dans le big band de Tommy Dorsey,
02:00 un tromboniste, il s'est beaucoup inspiré de son phrasé,
02:03 de sa manière de respirer.
02:04 Le grand modèle dans la génération qui a précédé Sinatra,
02:08 c'était Bing Crosby.
02:09 Il est vraiment fou amoureux de la voix de Bing Crosby
02:12 et trop amoureux.
02:14 Il essaie de l'imiter et ça se voit, ça s'entend.
02:16 Ensuite, il va évoluer
02:18 et aller vers quelque chose de plus personnel.
02:21 *-I want to kiss you.
02:26 -A partir des années 40, le jeune chanteur à la voix de velours
02:29 devient une star incontournable,
02:31 tant dans le chant qu'au cinéma.
02:33 Sur scène, il fait chavirer le coeur de ses fans,
02:36 comme s'il parvenait, derrière le micro,
02:39 à s'adresser à chacune d'elles.
02:41 -Il a beaucoup travaillé la respiration.
02:43 C'est quelqu'un qui travaillait beaucoup le phrasé,
02:46 qui voulait vraiment avoir une voix
02:48 qui corresponde à des intentions musicales,
02:51 par rapport aux paroles, à la mélodie.
02:53 Par la suite, on sent qu'il y a des petits accidents dans la voix,
02:56 des choses un peu rauc, la voix va gagner en profondeur.
03:00 *-When you're smiling, don't let it die.
03:03 -Quand on écoute "When you're smiling",
03:06 on entend déjà quelque chose de très important chez lui,
03:09 c'est la manière dont il traite le phrasé.
03:11 C'est quelqu'un qui va enjamber les barres de mesure,
03:14 qui ne va pas se contenter de chanter une mélodie
03:17 qui va être écrite sur la partition,
03:19 afin de faire sentir dans les mots du texte,
03:21 dans les phrases du texte, ce qu'il veut dire très précisément.
03:25 *-The sun, biyaaaw,
03:27 raaaw, comes shining through.
03:30 -Et puis, ça va le conduire à travailler aussi
03:34 tous les effets de voix.
03:35 Dans cette version, on l'entend tenir presque une note filée,
03:38 et puis il va enchaîner tout de suite sur la modulation
03:41 au demi-ton supérieur.
03:42 *-The whole world smiles with you.
03:47 *-Aww, aww, aww...
03:51 -Au début des années 50, la carrière du Crooner connaît un creux,
03:54 tant au cinéma que dans la musique.
03:57 Il doit attendre l'année 1953 pour retrouver le succès,
04:01 mais sa voix a changé.
04:04 -Quand on arrive dans les années 50,
04:06 autour de 1953, quand il signe chez Capitol,
04:09 ça va être le début de sa très grande période.
04:11 Il a un répertoire qui s'élargit.
04:13 *-That old black magic...
04:16 -Par exemple, dans "That old black magic",
04:18 qu'on entend en 1953, on entend une espèce de rossité
04:22 dans la voix, des effets vocaux qu'on ne connaissait pas avant.
04:25 *-Round and round I go...
04:27 -Et puis, probablement aussi,
04:29 de plus déchiré par la vie, marqué par la vie.
04:31 *-Oh...
04:33 *...
04:35 *They say some people long ago...
04:37 *...
04:40 -Frank Sinatra, c'est aussi, et peut-être pour certains amateurs,
04:44 mais surtout un chanteur de jazz.
04:46 En improvisant son phrasé, en jouant avec les musiciens,
04:50 en rebondissant avec eux sur des choses qu'il va entendre.
04:54 *-I got the world on a string...
04:56 -Par la suite, comme tout musicien de la grande variété internationale,
05:01 il va toucher à la pop,
05:02 il va enregistrer plusieurs disques dans la veine brésilienne,
05:06 avec Antonio Cardoche, d'autres grands musiciens brésiliens,
05:09 mais son coeur de cible, si l'on peut dire,
05:11 ça reste ce qui est autour de la chanson et du jazz,
05:15 même s'il pouvait tout chanter avec la banquette.
05:17 *...
05:20 *...
05:27 *...