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  • il y a 3 ans
Jeudi 1 juin 2023, SMART BOURSE reçoit Franklin Pichard (Directeur général, Kiplink Finance) et Nadia Gharbi (Économiste, Pictet Wealth Management)

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00:00 *Musique*
00:07 Bienvenue dans Smart Bourse, votre double dose quotidienne de marché en direct sur Bsmart chaque jour à la mi-journée
00:12 12h30, 13h et en fin d'après-midi la grande édition pendant une heure à partir de 17h
00:17 rediffusée à 20h sur Bsmart TV
00:20 émission que vous retrouvez chaque jour en replay sur bsmart.fr et en podcast sur l'ensemble de vos plateformes.
00:25 Au sommaire de cette édition de la mi-journée
00:27 le démarrage d'un nouveau mois boursier, un mois de juin qui débute plutôt de bonne manière d'ailleurs avec un rebond des indices
00:34 européens entre 0,5 et 1% pour les indices majeurs européens. Le CAC 40
00:40 renoue avec le niveau des 7150 points autour à mi-séance après un mois de mai qui aura été
00:47 globalement pour les actions mondiales un mois de consolidation plutôt à plat avec évidemment
00:55 quelques spécificités locales. La consolidation des actions européennes a été peut-être un peu plus appuyée qu'ailleurs qu'aux Etats-Unis
01:02 ou qu'au Japon où on a vu le Nikkei battre encore des records ces dernières semaines. Les Etats-Unis ont profité avec le Nasdaq
01:09 de l'obsession désormais du marché pour le thème de l'IA générative avec l'envolée de quelques
01:15 méga caps associés à ce thème. Nvidia étant l'emblème du secteur en ce moment et puis
01:22 l'Europe a plutôt souffert de ce qui avait porté les indices européens jusqu'à présent.
01:27 L'exemple du luxe par exemple est marquant. Le secteur du luxe en Europe a connu un coup d'arrêt boursier après des performances
01:34 spectaculaires, rappelons-le, depuis le début de l'année
01:37 notamment et au regard du poids du luxe effectivement on notera que le retracement
01:42 européen au mois de mai a été un peu plus appuyé qu'ailleurs
01:44 notamment pour le CAC 40 qui aura pu céder peut-être entre 5 et 6 % par rapport à son sommet historique
01:52 qui avait été marqué fin avril à 7 580 points pour l'indice parisien. On l'a vu retomber sous les 7 100 points hier
02:00 et donc un indice qui se stabilise aujourd'hui autour de 7 155 points. Nous ferons le bilan de ce mois de mai
02:07 avec Franklin Pichard qui sera avec nous en plateau pendant cette demi-heure, directeur général de Kipling Finance sur le front des statistiques économiques.
02:15 C'est un jour anniversaire pour la Banque Centrale
02:19 européenne qui célèbre aujourd'hui ses 25 ans 1er juin 1998, 1er juin
02:24 2023 et la statistique apporte plutôt de bonnes nouvelles
02:29 voire un joli cadeau d'anniversaire pour la Banque Centrale
02:32 européenne avec une vraie marche à la baisse en termes d'inflation, de désinflation en zone euro
02:39 confirmée pour le mois de mai. Le marché avait déjà pris acte des données domestiques
02:44 nationales publiées ces derniers jours. Le chiffre global pour l'ensemble de la zone euro vient confirmer
02:49 ce palier à la baisse qui est marqué en matière d'inflation en zone euro avec une inflation globale qui passe de 7 à 6,1%
02:56 sur un an au mois de mai et une inflation coeur là aussi qui commence à marquer un début d'infléchissement
03:03 assez visible avec une inflation coeur qui est passée de 5,6%
03:09 au mois d'avril à 5,3% sur un an au mois de mai.
03:14 Le détail de ces chiffres, les explications et la mise en perspective dans un instant avec Nadia Garbi, économiste chez PIT, wealth management qui sera avec nous par
03:21 téléphone et puis dans la série des chiffres importants cette semaine. C'est une semaine marquée par les données d'emploi pour les Etats-Unis.
03:28 Nous aurons les données de création d'emploi dans le secteur privé cet après-midi et puis demain
03:33 évidemment le rapport mensuel sur l'emploi qui sera publié à 14h30 heure française.
03:39 [Musique]
03:49 Mais commençons effectivement avec ce tournant que marque le mois de mai en matière d'inflation en zone euro. Nous en parlons avec Nadia Garbi qui est avec nous par téléphone,
03:57 économiste chez PIT, wealth management à Genève. Bonjour et bienvenue Nadia.
04:02 Merci beaucoup d'être avec nous. Effectivement ce mois de mai, les chiffres du mois de mai sur le front de l'inflation en zone euro semblent marquer
04:08 une étape significative, un tournant avec une désinflation, un rythme de désinflation qui semble s'être
04:16 accéléré au cours du mois de mai. Nadia, quels sont les facteurs à l'oeuvre qui expliquent effectivement cette marche à la baisse en matière d'inflation ?
04:24 Oui alors c'est vrai que c'est plutôt une bonne nouvelle avec une hausse des prix qui se ralentit
04:31 au mois d'avril plus fortement que prévu. On a bien sûr l'effet de la baisse des prix de l'énergie qui se poursuit.
04:37 À cela s'ajoute aussi la forte diminution des goulots d'étranglement dans le secteur industriel qui
04:43 mène aussi à un ralentissement de la hausse des prix dans les produits manufacturés.
04:48 Et enfin on a aussi pour la première fois depuis longtemps je dirais aussi un fléchissement du côté de l'inflation dans le secteur des services.
04:58 Qu'est-ce que ça nous...
05:00 qu'est-ce que ça nous donne comme direction devant nous ?
05:02 Nadia, est-ce qu'on a un peu plus de confiance dans la prévision d'inflation qu'on peut faire désormais sur les prochains mois en zone euro ?
05:11 Et est-ce qu'on peut espérer encore un rythme de désinflation rapide pour les prochains mois ?
05:15 Alors je dirais qu'il y a tout de même des facteurs un peu spécifiques par pays qui brouillent un peu la lecture. On peut citer notamment
05:22 l'exemple en Allemagne avec une grande partie du ralentissement dans l'inflation des services qui est dû à la mise en place d'un forfait
05:30 de transports subventionnés.
05:32 Donc je dirais que globalement on peut s'attendre à ce que l'inflation globale
05:38 poursuive son ralentissement. En revanche sur l'inflation core, je dirais qu'on devrait tout de même rester
05:46 très élevé au-delà
05:49 de 5%
05:51 principalement dû à cette résilience du secteur service. On va entrer dans une période
05:57 où on sait que les activités liées au tourisme vont aussi impacter le prix de certains
06:04 composants. Donc je dirais que l'inflation des services va rester tenace, ce qui va conduire tout de même à une inflation
06:11 sous-jacente qui va rester élevée.
06:12 Si on regarde la dynamique d'inflation en zone euro en la comparant à ce qu'on observe et ce qu'on a pu observer aux Etats-Unis par exemple, Nadia,
06:19 beaucoup, ou certains en tout cas dans le marché, estiment que effectivement la désinflation
06:25 de l'inflation core en zone euro va être beaucoup plus longue, beaucoup plus difficile peut-être que ce qu'on a pu observer
06:32 dans le cycle américain. Est-ce qu'effectivement c'est une idée que vous partagez Nadia ?
06:40 Oui c'est une idée qu'on partage et c'est vrai qu'on voit cette résilience du secteur des services.
06:46 Il faut à cela s'ajouter aussi le soutien fiscal qui a été plus important cette année en Europe qu'aux Etats-Unis.
06:53 Donc on a en fait cette vigueur des services qui devraient
06:57 maintenir l'inflation sous-jacente à un niveau élevé et plus élevé peut-être qu'aux Etats-Unis.
07:03 Qu'est-ce que ça implique pour la Banque Centrale
07:07 Européenne à ce stade ? Quels vont être les éléments d'analyse qui vont retenir l'attention de la BCE lors du prochain Conseil des Gouverneurs
07:14 le 15 juin prochain ?
07:16 Nadia, alors il y a la dimension inflation bien sûr, il y a les éléments relatifs à
07:22 l'activité, à la distribution de crédit, à la dynamique des salaires. Quel est l'état des lieux qu'on peut dresser à ce stade ?
07:29 Oui alors c'est vrai que la BCE va trouver un certain réconfort dans le ralentissement de l'inflation qui reste toujours élevé au delà de la cible.
07:38 Mais d'un autre côté on a c'est vrai ces conditions de crédit qui se resserrent, on a aussi la demande de crédit
07:45 qui diminue, une dynamique de prêt qui ralentit. Donc on sait que tout ceci va mener à une baisse
07:51 de l'activité et donc de l'inflation. Donc je dirais que la BCE c'est vrai va agir avec prudence.
07:56 On ne sait pas vraiment l'impact que vont avoir ces hausses de taux sur l'activité
08:03 future donc je dirais prudence. Mais je dirais que pour juin elle va tout de même insister sur le fait que
08:09 les salaires ont fortement cru aux 11 euros. On a des accords
08:15 salariaux qui ont été très forts en Allemagne. Cela s'ajoute aussi à un marché du travail qui reste très tendu.
08:21 Donc elle va tout de même à mon avis insister sur le fait que les pressions inflationnistes restent très élevées.
08:28 Donc voilà nous on s'attend pour vous dire à une hausse
08:30 supplémentaire de 25 points de base en juin et avec un risque d'une hausse
08:35 finale au mois de juillet de 25 points de base également.
08:39 Face à la bonne tenue des services, à la tension qu'on observe toujours sur le marché du travail, il y a quand même quelques graphiques qui
08:47 commencent à faire peur. Nadia quand on voit les dépenses de consommation des ménages notamment dans l'alimentaire on voit des baisses de volume qui
08:55 atteignent des baisses à deux chiffres désormais dans certains pays, la France notamment. On a une Allemagne qui est quand même
09:01 engluée dans un ralentissement qu'on peut même caractériser comme une récession technique avec deux trimestres de contraction du PIB.
09:09 Dans quelle mesure est-ce qu'on a là quand même des éléments d'alerte,
09:12 de vigilance à minima pour la banque centrale européenne même si ces éléments je comprends ne
09:17 l'emportent pas encore peut-être sur l'idée d'une ou deux hausses de taux supplémentaires ?
09:23 Non c'est vrai que c'est des éléments que la BCE à mon avis va prendre en compte. Le deuxième semestre pour la zone euro va être
09:30 beaucoup plus compliqué que le premier. On a une demande globale qui s'affaiblit.
09:36 Nous aux Etats-Unis, on pense que les Etats-Unis
09:40 entreront en récession également au deuxième semestre. Donc on a tout de même un contexte qui va être
09:44 nettement moins favorable pour la zone euro. Cet effet aussi dans les services un peu de boom
09:50 dans le secteur du tourisme va aussi s'estomper.
09:53 Donc c'est vrai qu'à mon avis c'est un élément important que la BCE
09:57 va prendre en compte. C'est pour ça qu'au-delà de juillet je dirais que c'est difficile et compliqué de voir la BCE poursuivre son
10:05 cycle de hausses de taux. Donc je dirais voilà plutôt une démarche un peu prudente. En juin c'est vrai qu'on aura
10:11 les nouvelles projections de la BCE qui nous indiqueront un peu comment est-ce que la BCE voit la suite.
10:18 Un des mouvements de marché qui a marqué les dernières semaines sur le front des devises
10:23 Nadia et on peut faire le lien évidemment avec les politiques monétaires, c'est de voir effectivement alors le dollar qui a beaucoup baissé depuis
10:30 l'automne dernier effectivement. Mais sur un mois on a vu le dollar face à un ensemble de devises et en l'occurrence face à l'euro
10:38 regagner un petit peu de traction. On était au début du mois sur la parité euro/dollar entre 1,10 et 1,11.
10:45 On est à moins de 1,07 ou autour de 1,07 au moment où on se parle. C'est pas un mouvement
10:51 évidemment d'ampleur historique mais c'est quand même un mouvement qui peut
10:57 interpeller alors que beaucoup voyaient le dollar continuer peut-être de s'affaiblir.
11:01 Oui c'est vrai que c'est aussi une autre vue, ce dollar qui s'affaiblit notamment face à l'euro.
11:09 Aussi expliqué par cette divergence de politique monétaire entre la BCE et la réserve fédérale,
11:13 même si maintenant il semblerait que la réserve fédérale
11:16 potentiellement pourrait poursuivre son cycle de hausse. Et je dirais aussi que les nouvelles ont plutôt été décevantes
11:24 en zone euro avec des chiffres qui ont déçu et qui ont
11:28 potentiellement conduit à une baisse de l'euro.
11:32 L'euro effectivement qui se stabilise aujourd'hui autour de 1,07 avec cette confirmation
11:38 d'une marche à la baisse en matière d'inflation en zone euro au mois de mai dans l'anticipation de la prochaine réunion. Vous l'aurez compris
11:45 la BCE se réunira et rendra sa prochaine décision le 15 juin prochain. Merci beaucoup Nadia. Merci d'avoir été avec nous par téléphone
11:52 pour cet éclairage sur cette dimension inflationniste en zone euro qui aura marqué cette semaine sur le front statistique.
11:58 Nadia Garbi, économiste chez Pictet, Wealth Management avec nous par téléphone.
12:02 Poursuivons la discussion sur le plan des marchés et sur le plan des marchés boursiers
12:16 notamment avec Franklin Pichard à mes côtés en plateau, directeur général de Kipling Finance. Bonjour et bienvenue Franklin.
12:21 Bonjour.
12:22 Nous entamons aujourd'hui le mois de juin,
12:24 l'occasion quand même de dire un mot de ce qui s'est passé au cours du mois de mai pour les marchés boursiers
12:29 en général. Quand on regarde des indices très larges d'actions globales,
12:34 c'est un mois de consolidation, de légère baisse.
12:37 On a vu une baisse peut-être un peu plus appuyée sur des indices actions en Europe
12:42 et peut-être notamment pour le CAC 40 en premier lieu. Oui alors on a eu un mois qui était un mois où la volatilité
12:50 s'est invitée presque à toutes les séances.
12:54 On a été dominé par le plafond de la dette, par l'inflation, par les publications, par les détachements de dividendes,
13:02 paiement de dividendes. Donc tout ça a contribué et puis avec des secteurs qui s'en sont mieux sortis.
13:09 On aura l'occasion de l'évoquer. Si on n'avait pas d'intelligence artificielle au mois de mai, on a raté sa performance c'est clair. Et on a
13:19 rebattu un petit peu les cartes. On a brûlé ses stars et on a été chercher au fond du panier
13:24 les valeurs un peu en retard à qui on a retrouvé de nouvelles vertus.
13:29 Donc c'était un mois où effectivement on se solde, si on parle du CAC 40, par une baisse de 5,2%.
13:37 Or, dividendes, dividendes réinvécis, la baisse n'est plus que de 3,8%.
13:44 Donc on a eu notre premier mois baissier de l'année 2023,
13:49 ce qui arrive assez fréquemment en bourse.
13:53 C'est un bon point de rappeler la différence qu'on peut avoir entre le CAC 40
13:58 tel qu'on le connaît ou en tout cas tel qu'il est affiché quotidiennement sur les écrans, le CAC 40 cash et le CAC 40
14:05 dividendes réinvestis. D'autant que le mois de mai, la période du mois de mai-juin sont
14:11 des périodes de gros détachement de dividendes en Europe et à Paris notamment.
14:15 Oui, on l'a vu à l'image de la séance de mardi où vous aviez le détachement au sein du CAC 40 de
14:21 dividendes de boîtes qui ont des rendements énormes,
14:25 crédit agricole avec plus de 8%, société générale avec plus de 8%,
14:29 il y avait également Sanofi, plus de 3 et quelques pourcents.
14:32 Résultat, le CAC était en baisse alors que le DAX et les autres places européennes étaient en hausse
14:38 puisqu'on exprime notre CAC hors dividendes. Et quand on regarde depuis la création,
14:43 alors qu'on a un CAC qui flirt autour des 7700 points,
14:48 le CAC avec dividendes réinvestis, on est à 22 400 points.
14:53 Et on a eu le plus haut historique le 19 mai, donc il y a 15 jours, 10 jours.
14:59 Donc effectivement, c'est une dominante qu'il faut avoir en tête et nous en tant qu'opérateurs
15:05 sur le marché,
15:08 on regarde dans ces périodes un petit peu plus
15:10 agitées, on regarde plutôt les futurs que le CAC, puisque là, pour le coup, le futur nous reflète
15:18 véritablement l'évolution du CAC. On voit toujours une vraie différence entre un CAC qui lui
15:24 sera baissier et les futurs sur l'échéance du mois qui eux sont haussiers. Donc c'est un peu technique mais
15:32 il ne faut pas le perdre de vue.
15:35 Et mardi était véritablement une séance avec des sociétés du CAC avec des dividendes d'entre 5 et 8 %
15:41 où là on a vraiment vu l'impact de ce que avaient les dividendes sur la notion de
15:48 statistique du CAC.
15:50 Qu'est ce qu'on peut dire du coup d'arrêt boursier qu'a connu le secteur du luxe au cours du mois de mai ? C'était il y a une
15:56 dizaine de jours, il y a eu
15:57 une séance qui a cristallisé un petit peu des mouvements de sortie assez important sur le secteur du luxe. On a vu des baisses de 5-6%
16:04 pour les stars LVMH, Hermès, Kering etc. Et depuis effectivement on est plutôt sur une
16:10 dégradation boursière de ce secteur. Avec un peu de recul quels sont les éléments
16:15 techniques, fondamentaux qui expliquent ce coup d'arrêt ? On sentait quand même qu'il y avait de l'appétit
16:22 retrouvé pour ce secteur. Il y avait un bull case, un cas haussier qui était assez évident pour de nombreux
16:30 opérateurs et c'est vrai que le marché va toujours là où on l'attend pas et c'est le moment que le marché a choisi pour
16:35 "boum" taper un peu sur ce secteur. Oui alors il y a eu un double effet qui se coule. Le premier ça a été une étude de
16:40 Dodge Bank qui a dit
16:41 le marché et le luxe se payent beaucoup trop cher. Un petit peu ce qu'on avait connu il y a un ou deux ans et où
16:47 on avait vu les Hermès qui étaient passés de 1700 à
16:50 950 et de la même façon ça s'était opéré un peu moins pour LVMH, Kering etc.
16:59 Là cette étude a quand même un peu ébranlé les convictions des investisseurs qui se disaient peut-être qu'il n'y a plus
17:06 grand chose à gagner à très court terme et là dessus arrivaient les
17:10 indicateurs et les indices
17:13 chinois avec le ralentissement de la croissance, le ralentissement de la consommation des ménages parce que vu de chez nous on se rend pas compte
17:22 mais quand on discute avec les analystes qui reviennent de Chine
17:25 ils nous disent on a très peur, il y a eu une nouvelle en chinois avec énormément de morts, qu'aujourd'hui on
17:30 hésite à quand même sortir dans la rue donc le comportement des investisseurs et des ménages, pas des investisseurs mais des ménages
17:38 n'est pas revenu véritablement. La peur du Covid n'a pas quitté la Chine. La peur du Covid n'a absolument pas quitté la Chine et ça se
17:47 ressent sur certains secteurs que ce soit industriel, que ce soit le pétrole, que ce soit également
17:53 le luxe en particulier donc
17:55 on s'est dit finalement
17:58 du LVMH quand on avait vu les cours auxquels on était arrivé, du Hermès au dessus de 2000
18:04 on a eu une petite correction pas méchante, 5-8%
18:10 et ça fait quand même dire à beaucoup que peut-être que ça n'est pas assez
18:15 dans une période un peu incertaine où qu'est ce qu'on peut aller chercher
18:20 vraiment aujourd'hui comme nouveau record on s'est éloigné de notre record qui était à 7 580, on s'en est éloigné
18:26 et aujourd'hui on essaie de sauver le seuil de 7000 points pour éviter d'avoir une correction un peu plus importante.
18:34 Beaucoup de questions
18:36 liées à l'inflation, liées à la, ça vient d'être évoqué, vous venez de l'évoquer, la politique de la Fed.
18:43 Rappelons-nous qu'il y a quelques semaines
18:45 les investisseurs pariaient sur une baisse des taux avant la fin de l'année.
18:49 Aujourd'hui on parle à nouveau de hausses, peut-être le 14 juin, et puis peut-être en juillet.
18:55 Avant les baisses de taux il y aura peut-être d'autres hausses de taux de la Fed.
18:58 Tout le monde est un petit peu ébranlé.
19:00 Le plafond de la dette, le vote s'est bien déroulé hier à la chambre des représentants, ça va maintenant aller au Sénat
19:06 mais on voit que ça a fait pchit, ça n'a eu aucun effet, c'était dans les cours, de toute façon
19:11 il n'y avait pas de réel doute sur le fait qu'on se mette pas d'accord. Est-ce que ce sera le 1er juin qui avait été
19:16 reporté au 5 juin ? Un peu plus tard, ça aurait un impact si c'est un peu plus tard, mais
19:22 enfin la messe est dite quoi, ça se fait. Donc effectivement on joue à se faire peur pendant des semaines, ça pèse
19:28 et ça met une chape de plomb sur l'évolution du marché, et heureusement globalement on a eu des publications qui étaient plutôt bonnes
19:36 et puis énormément de rotation sectorielle. On en parle régulièrement
19:39 mais là effectivement on a eu des bonnes surprises
19:43 sur des secteurs un peu sinistrés depuis deux ans. Exemple exemple, s'il fallait
19:48 quitter un peu le luxe, en tout cas là ces derniers jours, ces dernières semaines, vers quoi est-ce qu'on avait plutôt envie d'aller ?
19:56 Typiquement
19:58 c'est ce par quoi je commençais, si on n'avait pas l'intelligence artificielle. On a eu Nvidia qui a mis
20:05 les projecteurs sur un secteur.
20:08 Nvidia c'est cette semaine, mais le Nasdaq fait +23% depuis le début de l'année et sur
20:15 le mois il fait autour de 6%. Donc dans la foulée vous avez des valeurs
20:23 qui ont connu l'effet Nvidia, et pour ne parler que de Dassault Systèmes,
20:29 STMicroelectronics, et puis hier on a eu une envoilée de quasiment 7% sur Capgemini,
20:35 où là aussi avec des accords sur Google Cloud, où tout le monde a vu les vertus que l'intelligence artificielle
20:41 pouvait
20:43 créer auprès des groupes européens et français pour ce qu'on vient d'évoquer.
20:48 C'est intéressant parce que effectivement ces boîtes de logiciels Capgemini par exemple, ou même
20:52 Téléperformance, et c'est vrai que dans la réflexion qu'on peut avoir sur les modèles d'affaires de ces groupes, on se dit que bah oui l'IA,
20:59 l'IA génératif peut apporter beaucoup.
21:02 Le marché n'a pas encore décidé que ces groupes de software étaient gagnants de l'IA générative. Un groupe de composants
21:09 Artec comme Nvidia, oui.
21:12 Pour le reste c'est encore en débat. C'est encore en débat, c'est en train de
21:17 sensibiliser les acteurs de marché qui ont effectivement salué par la performance une
21:23 anticipation des implications que l'aura l'IA sur ces groupes là. Mais vous évoquiez
21:29 Téléperformance là pour le coup, c'est la plus forte baisse du mois de mai. 22%
21:34 C'est plus bas qu'au moment du choc colombien. Oui, largement. Alors effectivement tous les fonds ESG sont sortis et quand les fonds ESG
21:42 sortent, ils ne sont pas près de revenir. Donc le titre a été plombé.
21:47 En plus vous avez eu cette nouvelle du PDG qui a vendu des titres pour une raison fiscale.
21:53 Il en a le droit, mais
21:57 l'annonce a re-provoqué une baisse du titre. Et là je pense, nous on en a dans tous les portefeuilles.
22:02 Est-ce qu'il faut les garder ? Est-ce qu'il faut porter ? Comme vous le dites,
22:07 c'est un groupe qui devrait profiter des effets de l'intelligence artificielle et de l'IA en général. Donc on
22:13 sait pas trop quoi faire, mais on a un peu l'impression qu'on a du dette-monnaie pendant un an, un an et demi,
22:20 sur des titres comme ça. On a eu en revanche des titres,
22:24 j'évoquais Dassault Systèmes qui a eu une performance de 13%
22:27 sur le mois de mai. On est repassé au-dessus des 41 euros.
22:33 On était à 35 euros il n'y a pas si longtemps que ça. On voit qu'il y a un réveil et qu'il y a des arbitrages
22:38 électoriels. Et je voyais cette étude de...
22:40 excusez-moi, je vous dis la tue, de Bank of America sur les flux de capitaux à mercredi.
22:45 Il y avait eu plus 18 milliards de dollars sur les actions, 2,3 milliards
22:51 sur les obligations. Et puis ça se fait sur des arbitrages où les opérateurs sortaient, les investisseurs
22:58 sortaient de l'or et du cash. Donc on sent que malgré tout il y a un engouement pour un retour
23:03 sur les marchés actions. Mais compte tenu de ces stats, on sent que l'engouement il profite plutôt au marché américain qu'au marché européen.
23:10 Vous en avez connu des modes de marché, des thèmes qui font le buzz, des thèmes "hype" comme on dit
23:18 - Du métal à l'année dernière - Non mais oui, métal, crypto, etc.
23:21 Mais l'IA là, c'est...
23:25 On est déjà dans un moment un peu bullesque du thème où il y a quelque chose de plus large que simplement
23:33 le buzz Nvidia effectivement aujourd'hui. Est-ce que c'est un vrai thème de marché avec, encore une fois, toute la profondeur,
23:40 tout l'univers d'investissement que ça implique.
23:43 Je me souviens d'il y a quelques années, je raconte l'histoire depuis le début de la semaine, mais Carrefour sort
23:48 un communiqué en pleine séance pour dire "Nous aussi on utilise la blockchain dans la chaîne logistique de transport de Carrefour".
23:56 Bon, don't acte, ça n'a pas changé le modèle d'affaires de Carrefour, ça n'a pas changé le statut boursier de
24:03 Carrefour. Je ne dis pas que la blockchain n'existe pas ou n'est pas intéressante, mais ça n'a pas été une
24:09 révolution, une rupture pour des groupes traditionnels, en tout cas
24:13 majeurs.
24:15 L'IA,
24:17 on se dit que ça peut quand même provoquer des choses peut-être un peu plus brutales.
24:21 Alors moi j'ai
24:23 l'occasion d'aller voir différents stratégistes économistes qui font des présentations.
24:28 Ils prennent au sérieux l'IA, c'est-à-dire que
24:31 on a senti, vous parliez de la blockchain, on a pu parler du metaverse, de tous ces éléments...
24:36 Je n'animise pas ces histoires-là, mais ça a fait un peu pschitt au sens boursier du terme, j'entends.
24:42 Et puis même dans les discussions et les échanges, plus personne ne vous parle en ce moment du metaverse.
24:48 C'est en ce moment du côté.
24:51 C'est plutôt l'épouvantail.
24:51 Alors effectivement c'est chassé par l'IA, que tout le monde est en train de découvrir, mais quand vous voyez que les gros groupes américains
25:00 Amazon, Google,
25:02 Tesla, enfin Elon Musk,
25:05 on est quand même sur des gros barnum qui s'intéressent et qui sont plus qu'en train de s'y intéresser, qui investissent énormément
25:12 de milliards de dollars sur la thématique, c'est plus qu'un effet mode.
25:18 - Ce n'est pas des cavaliers isolés.
25:19 - Ce n'est pas des cavaliers isolés et puis on voit immédiatement,
25:21 les analyses voient immédiatement les implications que ça peut avoir sur les groupes et c'est vrai que c'est
25:27 une révélation quand même quelque part.
25:30 Une bulle, à ce stade, on ne pense pas. On pense que derrière
25:36 il y a du hard, il y a vraiment des choses sérieuses et que ça mérite de pouvoir
25:41 regarder et faire plus que regarder et ça contribue au rebond du Nasdaq qui était en déshérence depuis 18 mois
25:48 et de tout le secteur, le compartiment un peu tech des indices qui nous donne envie de revoir un petit peu
25:57 nos pondérations par rapport à des valeurs un peu plus classiques et plus exposées à la remontée des taux,
26:02 au ralentissement de la croissance, etc.
26:05 - Comme on aborde le mois de juin et la période estivale sur le plan de l'organisation des portefeuilles, est-ce que le mois de mai a amené à
26:12 des réaménagements particuliers ou pas forcément ?
26:14 D'ailleurs les tendances de fonds n'ont pas
26:17 totalement changé non plus avec la consolidation qu'on connaît au mois de mai.
26:22 - Non et on a eu l'occasion de l'évoquer, les vendeurs sont toujours droit dans leur botte et considèrent qu'ils vont avoir raison et
26:29 les acheteurs considèrent que les plus hauts historiques sont devant eux, forcément dans l'absolu, mais surtout
26:37 ne justifient pas aujourd'hui de vendre.
26:39 - Alors chacun trouve des arguments d'ailleurs qui permettent de conforter ces deux convictions un peu
26:45 antagonistes.
26:46 - Exactement et quand vous voyez les volumes, or la séance hier où il s'échangeait plus de 8 milliards
26:51 mais ce sont des ajustements de fin de mois,
26:53 tout au long des 15 séances
26:56 ou 10 séances qui nous ont précédées,
26:58 on était plutôt sur des volumes entre 2 et 3 milliards, même en dessous de 2 milliards et qui plus est,
27:05 et je le répète peut-être à chaque fois, mais
27:07 vous voyez que pendant le fitting de clôture il s'échange quasiment 1 milliard,
27:12 entre 800, 700, 1 million et 1 milliard.
27:15 - Un tiers ou la moitié du volume du jour quoi.
27:17 - Exactement et pour peu que vous ayez une fête un jour férié à Londres et aux Etats-Unis,
27:23 comme ça a été le cas, là c'est même pas la peine d'y venir.
27:26 - Bon mais ça veut dire on reste avec quel type de ligne de conduite là aujourd'hui,
27:31 Franklin ?
27:33 - Bah écoutez, moi j'ai eu l'occasion de dire que j'étais très mal à l'aise avec les niveaux qu'on avait atteints sur le
27:39 marché il y a un mois.
27:41 Il se trouve que pour le moment la correction
27:45 elle n'est pas sévère, on a évoqué 3,8% c'est rien. Est-ce qu'on va avoir
27:50 dans la foulée peut-être si on casse les 7000 points sur le CAC,
27:56 on peut l'étendre aux autres places,
28:00 une correction un peu plus soutenue avant l'été. On va pas avoir grand chose à se mettre
28:07 sous la dent pour investir.
28:10 On voit que les publications, on a vu aujourd'hui Rémi Cointreau c'est un record, le titre baisse, on voit qu'en revanche quand il y a des
28:17 sanctions elles sont un peu vertigineuses.
28:20 Donc on voit qu'il y a beaucoup de tension, beaucoup de volatilité, de nervosité sur le marché, donc il faut rester équilibré
28:27 mais ne pas être investi à 100% de ses portefeuilles en ce moment c'est clair.
28:32 - Merci beaucoup Franklin, merci pour votre
28:35 contribution. Tous les 15 jours le jeudi à 12h30 dans Smart Bourse, Franklin Pichard, directeur général de Kipling Finance qui était avec nous en plateau pendant
28:41 cette demi-heure. On se retrouve bien sûr à 17h en direct sur Bsmart.
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