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- il y a 3 ans
L'actualité vue par les témoins du quotidien, présenté par Clélie Mathias dans #LaParoleAuxFrancais
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00:00:00 spécial, vous l'avez bien compris, dans cette parole au français avec cette
00:00:03 information que nous vous donnons depuis ce matin et cette attaque au couteau à
00:00:07 Annecy. Au moins sept personnes dont six enfants en bas âge ont été blessées ce
00:00:12 matin dans un parc d'Annecy-Paranhom qui a été interpellée par la police.
00:00:15 C'était vers 9h45. On va revenir très largement durant cette parole au
00:00:19 français sur cette dramatique affaire avec Sandra Buisson, journaliste
00:00:23 police-justice CNews, Georges Fenech qui est notre consultant CNews, Yann Bastière,
00:00:28 délégué national UNITÉ SGP, Jean-Michel Fauvergue, ancien chef du RAID et
00:00:34 également Thomas Bonnet, journaliste politique CNews ainsi que Florian
00:00:37 Tardif, journaliste politique CNews également. Mais je vous propose de
00:00:41 retrouver tout de suite sur place l'un de nos envoyés spéciaux, Olivier Madinier.
00:00:47 Olivier, ce drame s'est produit dans un lieu très connu au centre de la ville
00:00:54 d'Annecy. On l'évoquait avec Sonia Mabrouk il y a quelques instants et
00:00:59 l'émotion est immense à Annecy.
00:01:04 Ah oui absolument, vous le disiez, vous voyez sur les images, c'est l'air du
00:01:10 Paquiet. C'est un endroit que tous les habitants d'Annecy et quand on voit la
00:01:15 beauté de ce paysage, cette pelouse, le lac et les montagnes en arrière-plan, on a
00:01:20 du mal à imaginer ce qui s'est passé ce matin, l'horreur qui s'est déroulée ce
00:01:25 matin sur cette petite aire de jeu qui se trouve derrière cette pelouse.
00:01:31 Alors c'est l'effroi, vous l'avez dit, c'est l'effroi qui règne cet après-midi
00:01:36 ici à Annecy, surtout quand on voit l'âge des victimes et on a l'impression
00:01:42 que c'est vraiment toute la population d'Annecy qui est sous le choc cet
00:01:46 après-midi. Il règne un silence pesant ici devant cette pelouse du
00:01:53 Paquiet. Alors le périmètre de sécurité est toujours en place, surveillé par la
00:01:59 gendarmerie et les policiers, aussi les militaires du 27e bataillon de chasseurs
00:02:04 alpins. Et derrière la pelouse que vous voyez sur ces images,
00:02:08 les gendarmes, les enquêteurs sont encore en train de travailler, de
00:02:12 procéder à des relevés et on attend aussi l'arrivée de la Première Ministre.
00:02:17 Merci beaucoup Olivier Maligne, alors que vient de me rejoindre sur ce plateau
00:02:20 Sondre Buisson qui va tout nous dire sur cette affaire et ses
00:02:24 dernières informations. Beaucoup de plaisir aussi d'accueillir Yann Bastière,
00:02:29 on va faire le point évidemment, et Jean-Michel Fauverque, je salue, ancien
00:02:34 chef du RAD, mes priorités également au direct dans cette Parole au français.
00:02:38 On va retrouver tout de suite Julien Estrangin qui est le directeur des
00:02:42 éditions de la Haute-Savoie du Dauphiné à Annecy. Soyez le bienvenu Julien
00:02:47 Estrangin, la particularité c'est que le local, vos bureaux du Dauphiné sont
00:02:53 situés juste en face de ce parc et vous avez quasiment assisté à ce qui s'est
00:02:58 produit ce matin, l'horreur à Annecy. Oui tout à fait, les images qui sont
00:03:04 diffusées derrière nous, c'est quasiment celles que je vois depuis
00:03:07 ma fenêtre. Effectivement nos locaux sont juste à côté, on est en plein
00:03:12 cœur d'Annecy, en réalité ce parc du papier, comme le disait votre envoyé spécial,
00:03:16 c'est véritablement le cœur de la ville, à la fois pour le tourisme, on est en
00:03:20 train d'y préparer, alors ça paraît bien dérisoire par rapport à l'actualité, mais
00:03:23 qui prépare le festival du cinéma d'animation d'Annecy, donc c'est
00:03:27 véritablement le cœur touristique et aussi le cœur de la ville pour les
00:03:31 habitants. Le petit parc où se sont déroulés les fées, c'est un parc qui est
00:03:35 extrêmement connu des anéciens qui viennent y promener leurs enfants, il y a
00:03:40 des balançoires, c'est vraiment un endroit très très connu du
00:03:43 centre-ville. Il y a un endroit qui s'appelle le Paquiet, le pont des amours
00:03:48 qui relie le Paquiet au Jardin de l'Europe qui est juste en face, c'est
00:03:52 vraiment le centre-ville et le centre de la vie d'Annecy si je
00:03:57 puis dire cet endroit. Effectivement c'est juste sous nos fenêtres, pour tout
00:04:01 vous dire on a l'habitude nous ici en mettant les fées diverses à l'action,
00:04:04 malheureusement de voir souvent dans ce secteur-là des noyades l'été et c'est ce qu'on s'est dit ce
00:04:10 matin quand le premier déploiement de secours est apparu sous nos yeux, on s'est
00:04:15 dit la saison des noyades commence assez tôt cette année puis
00:04:19 malheureusement c'était encore autre chose et quelque chose de bien plus
00:04:23 grave. L'émotion, vous connaissez bien cette ville d'Annecy, Julien Estrangin
00:04:27 est pour cause, l'émotion est immense, c'est ce que nous disait Olivier Madinier
00:04:30 qui vient d'arriver sur place. Oui l'émotion est immense, c'est une
00:04:34 ville qui est finalement dans le centre, relativement petite donc la
00:04:38 nouvelle s'est évidemment répandue comme une traînée de poudre ce matin, il a
00:04:44 fallu d'ailleurs confiner les écoles pendant quelques instants,
00:04:46 enfin bref, oui l'émotion est assez forte,
00:04:50 même très forte, les élus ont réagi extrêmement vite sur les réseaux
00:04:56 sociaux et puis se sont rendus sur place, les anéciens évidemment ont parlé entre
00:05:01 eux, la ville est comme endormie, un petit peu anesthésiée là cet
00:05:04 après-midi, bien qu'on soit au fort de la saison estivale, il y a
00:05:09 vraiment une ambiance pesante qui se ressent en ville depuis
00:05:13 quelques heures. Et Annecy est une ville magnifique, il faut le signaler, il faut
00:05:17 le rappeler, une ville tranquille n'est pas habituée à ce genre de faits,
00:05:19 et heureusement d'ailleurs. Comme dans toutes les villes on a nos
00:05:24 difficultés et nos problèmes, mais oui c'est une ville qui n'est
00:05:27 évidemment pas habituée à ce genre de faits, mais qui pourrait l'être,
00:05:30 mais c'est vrai que c'est une ville qui est relativement calme,
00:05:33 relativement tranquille, c'est une ville qui allait, je vous le disais, attaquer sa
00:05:37 saison touristique de manière tout à fait normale,
00:05:40 il fait beau en plus aujourd'hui, donc c'est vraiment une belle journée d'été
00:05:44 qui commençait et qui a basculé dans cette situation
00:05:48 hors de l'ordinaire.
00:05:52 Merci beaucoup pour votre témoignage Julien Estrangin, je rappelle que vous
00:05:55 êtes directeur des éditions de La Haute-Savoie, du Dauphiné à Annecy,
00:05:59 et j'accueille également sur ce plateau Georges Fenech, consultant CNews,
00:06:03 alors que l'on voit Gérald Darmanin qui est arrivé également sur place.
00:06:08 Alors Sandra Buisson, vous suivez cette affaire depuis le départ, je vous propose
00:06:13 de faire un point précis sur les faits et les toutes dernières informations,
00:06:17 avec une vidéo qu'on a pu voir mais qu'on a fait le choix de ne pas
00:06:21 évidemment diffuser, qui est personnellement, je l'ai regardée avant
00:06:25 cette émission, elle est terrible cette vidéo.
00:06:29 On va peut-être commencer par le rappel de ce qui s'est passé ce matin,
00:06:33 c'était vers 9h40, puisqu'on a l'information selon laquelle le premier
00:06:37 appel à police secours au 17 a été passé à 9h41,
00:06:41 et que l'interpellation du suspect s'est faite à 9h45, donc une intervention
00:06:45 extrêmement rapide des policiers pour maîtriser l'individu.
00:06:49 Entre temps, on l'a vu, il s'est présenté dans ce square
00:06:53 qui est en fait vraiment un jardin d'enfants, c'est-à-dire qu'on l'a vu
00:06:57 sur différentes vidéos, il est dans ce parc où il y a du sable, des petites cabanes
00:07:01 en bois, là où on emmène les enfants jouer, ce n'est pas un parc classique.
00:07:05 Et effectivement, il en agresse plusieurs à l'arme blanche,
00:07:09 des enfants extrêmement jeunes, puisque selon nos informations,
00:07:13 les informations d'Abori Buko du service Police Justice, la plus jeune
00:07:17 des victimes est un enfant allemand de 22 mois.
00:07:21 Ensuite, il y a une petite Anglaise de 3 ans, et puis un autre
00:07:25 enfant de 2 ans, au total donc 5 blessés, dont un adulte.
00:07:29 Trois de ces blessés voient leur pronostic vital
00:07:33 engagé. Parmi ces trois pronostics vitaux
00:07:37 engagés, il y a cette personne âgée de 70 ans qui était sur un banc
00:07:41 à proximité, qui a été poignardée par l'assaillant,
00:07:45 et qui a, mais pour l'instant nous attendons confirmation, qui a peut-être été touchée
00:07:49 également par la riposte d'un individu, d'un des policiers
00:07:53 qui est intervenu. Donc voilà pour le déroulé des faits.
00:07:57 Il faut préciser qu'une cellule d'information au public a été
00:08:01 activée à la préfecture de Haute-Savoie, on a rappelé le numéro, 0450
00:08:05 33 61 33, et on attend
00:08:09 d'ici peu une conférence de presse, à laquelle assistera le ministre de l'Intérieur,
00:08:13 la première ministre, mais à laquelle seront également présents le préfet et
00:08:17 la procureure d'Annecy. - On le voit sur ces images, Gérald Darmanin
00:08:21 est déjà sur place, et attend Elisabeth Borne, dont on a vu l'avion qui vient
00:08:25 de se poser. Qu'est-ce qu'on peut dire sur le profil de cet agresseur ?
00:08:29 - Alors déjà peut-être une précision sur l'état de l'enquête. Pour l'instant
00:08:33 c'est le parquet d'Annecy qui est saisi de cette affaire, ça veut dire que pour l'instant
00:08:37 c'est une affaire de droit commun, mais le parquet national antiterroriste est en phase
00:08:41 d'évaluation pour voir si la matière a se saisir de cette affaire,
00:08:45 voir si les critères d'une action terroriste sont
00:08:49 retenus. Pour l'individu qui a pu être arrêté, qui a pu s'exprimer
00:08:53 au moment de son interpellation, il a déclaré qu'il s'appelait Abdelmassi
00:08:57 H, un homme de 32 ans, né en Syrie. Sous cette identité, il était
00:09:01 inconnu des services de police français, inconnu des services de renseignement.
00:09:05 Il est, selon nos informations entrées sur le territoire français, en 2022.
00:09:09 Il a fait une demande d'asile à l'OFPRA en France
00:09:13 le 28 novembre 2022, sauf qu'il avait déjà
00:09:17 le statut de réfugié en Suède à cette date-là. Et donc
00:09:21 il y a quelques jours, le 4 juin dernier, la France a déclaré
00:09:25 sa demande d'asile en France irrecevable. Il était
00:09:29 pour le coup en situation régulière sur le territoire français, puisqu'il
00:09:33 avait ce statut de réfugié en Suède, et que donc dans la zone Schengen
00:09:37 sous un délai de quelques semaines, vous avez la possibilité d'aller
00:09:41 dans un autre état de cette zone. Et ensuite,
00:09:45 à partir du moment où il fait la demande d'asile, ça suspend
00:09:49 sa situation éventuellement irrégulière, puisqu'on attend la
00:09:53 décision de l'OFPRA, qui est tombée le 4 juin dernier.
00:09:57 Cet homme, on a appris également qu'il vivait en Suède précédemment depuis 2013,
00:10:01 donc un très long moment, qu'il a même fondé un foyer là-bas. Il a rencontré
00:10:05 une Suédoise, il s'est marié avec, il a eu un enfant de nationalité suédoise. Selon nos
00:10:09 informations, cette famille n'est pas en France aujourd'hui avec lui.
00:10:13 Et puis les toutes dernières informations, c'est sur l'orientation
00:10:17 religieuse de cet homme, qui reste à confirmer, mais
00:10:21 pour les éléments qu'on a dans le dossier pour l'instant, c'est que cet homme
00:10:25 quand il a fait sa demande d'asile, il s'est déclaré comme étant chrétien de Syrie
00:10:29 et il avait aujourd'hui, au moment de son arrestation, une croix chrétienne
00:10:33 sur lui. Alors, je le disais, Sandra, une vidéo circule
00:10:37 sur les réseaux sociaux qui servira effectivement dans le cadre
00:10:41 de cette enquête et cette vidéo est vraiment,
00:10:45 c'est une horreur, je pèse mes mots, mais c'est une horreur absolue.
00:10:49 Oui, c'est... Et alors, je vous interromps une seconde, Sandra,
00:10:53 puisque priorité au direct, Elisabeth Born est en train de descendre
00:10:57 de l'avion qui l'amène à Annecy et elle va être accueillie dans quelques instants
00:11:01 par le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin. Sandra.
00:11:05 Oui, donc pour la vidéo, effectivement,
00:11:09 c'est très dur à regarder et à écouter, puisqu'on entend effectivement le cri des victimes
00:11:13 et des témoins dans cet espace de jeu où on voit les cabanes,
00:11:17 des poussettes. Donc, il y a cet individu, il a un short, un pull noir, un foulard
00:11:21 sur la tête, des lunettes de soleil et on voit que très
00:11:25 rapidement, un adulte lui court après pour essayer de l'empêcher de s'en prendre
00:11:29 aux enfants. L'assaillant essaie de le frapper, mais il
00:11:33 s'enfuit pas non plus les jambes à son coup. L'assaillant continue
00:11:37 à courir gentiment dans le parc de jeu et à tenter
00:11:41 de s'en prendre à des enfants. Il y a une femme qui tient une poussette, qui essaie de l'empêcher
00:11:45 de s'en prendre à l'enfant qui est dans la poussette, mais il porte un coup.
00:11:49 Et puis cet adulte qui va le courser ensuite, même hors
00:11:53 de l'espace de jeu quand l'individu s'enfuit. Mais ce qui est assez étrange, c'est qu'il s'enfuit
00:11:57 pas en courant à toutes jambes, il s'enfuit en courant gentiment.
00:12:01 Et ça laisse perplexe.
00:12:03 Georges Fenech, c'est l'horreur à Annecy.
00:12:08 On voit bien le déplacement d'Elisabeth Borne et la présence également de Gérald Damanin.
00:12:12 Le gouvernement a vraiment conscience de ce qui s'est produit.
00:12:17 Et on est dans un bilan très provisoire, Sandra nous le disait.
00:12:21 On est dans un bilan provisoire, on attend évidemment des nouvelles
00:12:25 des victimes et notamment des nourrissons.
00:12:29 Et on attend maintenant la parole de la procureure de la République d'Annecy.
00:12:34 Parce que sur le mode opératoire, évidemment, tout le monde pense à un attentat.
00:12:41 Le couteau, l'origine, réfugiés, Syriens.
00:12:46 C'est une signature qu'on a malheureusement eu l'habitude de voir souvent depuis 2012.
00:12:53 Il n'en reste pas moins que pour l'instant, on ne peut pas l'affirmer.
00:12:56 D'ailleurs, le parquet national anti-terroriste a été rappelé,
00:12:59 est en cours d'évaluation.
00:13:01 On peut aussi peut-être émettre l'hypothèse d'un forcené
00:13:05 qui est en rupture familiale, conjugale et qui décide d'en finir
00:13:09 et d'emporter avec lui des victimes innocentes,
00:13:12 comme on l'a vu aussi, on le sait, dans certaines affaires de droit commun.
00:13:15 Donc pour l'instant, et on va avoir plus d'éléments tout à l'heure,
00:13:18 sur le profil et surtout le mobile.
00:13:22 Mais dans le même temps, il est évident que les enquêteurs suédois
00:13:27 et français travaillent en ce moment en coopération.
00:13:31 Il y a les institutions qui font le lien, telles que Repol ou Eurojust.
00:13:35 J'imagine qu'il doit y avoir peut-être même des perquisitions
00:13:38 actuellement au domicile de sa famille, de sa compagne en Suède
00:13:43 et que son entourage doit être fait, le téléphone portable, etc.
00:13:47 Donc il y a le temps précis maintenant et précieux de l'enquête
00:13:51 qui va nous révéler, dans la mesure du possible,
00:13:53 parce que le parquet doit aussi garder confidentiel
00:13:56 des informations utiles à la poursuite de l'enquête,
00:13:59 mais on aura au moins, il me semble utile, en tout cas nous l'attendons,
00:14:03 le mobile. Est-ce qu'il s'agit d'un acte à caractère terroriste
00:14:07 ou est-ce qu'il s'agit plus banalement et cruellement encore, je dirais,
00:14:10 d'une affaire de droit commun ?
00:14:12 Et Jean-Michel Fauveur, Sandra Buisson nous le disait,
00:14:15 il était en situation régulière en France, cet individu de 31 ans.
00:14:19 Oui, il est en situation régulière, il est demandeur d'asile,
00:14:22 il a eu son asile en Suède et bizarrement il a redemandé en France,
00:14:29 elle lui a été refusée bien évidemment, mais à partir du moment
00:14:32 où son droit d'asile a été rappelé par Sandra dans un pays de l'Europe,
00:14:39 à ce moment-là, c'est valable pour les autres pays de l'Europe.
00:14:42 Là, on est en face d'une situation effectivement
00:14:45 dans laquelle on s'interroge encore et la procureure de la République
00:14:48 va nous donner sans doute un peu plus de réponses,
00:14:51 mais c'est vrai qu'on oscille entre une affaire de terrorisme
00:14:54 avec un demandeur d'asile, avec quelqu'un qui vient de Syrie
00:14:59 ou alors une affaire avec un individu qui a perdu toute raison
00:15:05 et ce qu'on appelle aux États-Unis, où il y en a beaucoup,
00:15:08 des masse-meurteurs d'horreur, c'est-à-dire des tueurs de masse.
00:15:10 Donc on oscille entre ces deux hypothèses-là.
00:15:13 Il faut attendre les premiers résultats de l'enquête qui nous diront
00:15:16 si l'individu était connu pour d'autres faits que ça,
00:15:19 si les Suédois vont nous donner peut-être un peu plus de précisions
00:15:23 dans ce domaine-là.
00:15:25 Là, au niveau de l'enquête, effectivement, je rejoins ce que dit Georges.
00:15:29 On ne peut pas trop s'avancer.
00:15:33 Toujours est-il que cette manière de faire, on l'a déjà vue en France,
00:15:39 tuer, faire un massacre de masse, on l'a déjà vu, ne serait-ce qu'au Bataclan,
00:15:45 sans prendre un des enfants, on l'a déjà vu aussi avec l'affaire Mohamed Merah.
00:15:51 Mais là, visiblement, il s'en est pris, en dehors de l'adulte,
00:15:56 il s'en est pris à beaucoup d'enfants.
00:15:58 Et donc, ça dénote quand même une envie, une pulsion de mort extrême.
00:16:05 Et c'est d'autant plus accablant et important.
00:16:12 - Alors qu'on voit Elisabeth Born qui a suivi les forces de l'ordre locales à Annecy.
00:16:17 Ce qui est important d'obtenir également Yann Bastien en tant que délégué national d'unité SGP,
00:16:20 c'est que l'interpellation a été très rapide de cet individu, il y a 4 minutes à peu près.
00:16:25 - C'est ce qui ressort du timing, 9h41 un appel 17, 9h45 une interpellation
00:16:32 qui met un terme à ce périple, qui pouvait être bien plus dramatique
00:16:35 qu'il ne l'est à l'heure où on se parle.
00:16:37 Oui, le professionnalisme de mes collègues, certainement les collègues de première ligne,
00:16:41 police secours, on évoque ça, c'est remarquable.
00:16:46 C'est remarquable de voir qu'on est déjà avec des faits gravissimes qui touchent notre nation.
00:16:51 Des enfants, une personne âgée également, donc l'émotion est très forte, les froids aussi.
00:16:56 Mais ces policiers du quotidien formés, professionnels et qui...
00:17:01 Alors j'ai Jean-Michel Fauvière en face de moi, nous avons des professionnels
00:17:04 comme le RAID, comme les BRI qui sont rodés à ces drames.
00:17:09 Là on a ces flics, ces flics qui ont pris leur service ce matin à la première heure
00:17:14 et qui sont là face à ce drame et qui interviennent, et qui interviennent bien.
00:17:19 Ça c'est remarquable.
00:17:21 - Et sans abusant, ce qui est important de dire, et vous l'avez souligné,
00:17:24 c'est cette personne qui course, cet individu sans quoi on aurait pu penser
00:17:29 évidemment que le bilan aurait pu être encore plus conséquent.
00:17:33 C'est un véritable héros cette personne.
00:17:35 - Il essaie de perturber son passage à l'acte, effectivement.
00:17:38 C'est cette femme qui essaie de protéger l'enfant qui est dans une poussette.
00:17:41 Et ce qui est assez étrange dans la manière dont on connaît le passage à l'acte
00:17:49 des terroristes, même si pour l'instant on ne sait pas si c'est une action terroriste,
00:17:52 mais des assaillants en général, c'est soit vous confrontez les policiers
00:17:56 pour être tués sur place au nom de la cause pour laquelle vous passez à l'acte,
00:18:04 soit vous fuyez pour éventuellement aller faire d'autres victimes ailleurs.
00:18:08 Et là on voit qu'il ne court pas vraiment en fait.
00:18:12 - Non, non, on le voit sur la vidéo.
00:18:14 - Il trottine, il ne s'en fuit pas à grandes enjambées,
00:18:18 même quand il a quitté le jardin d'enfants et qu'il est dans un parc un peu plus loin,
00:18:21 et que l'adulte le suit toujours.
00:18:23 - Oui, on le voit sur la vidéo, il essaie de s'en prendre à une maman
00:18:26 qui est avec son petit garçon, sa petite fille.
00:18:29 En fait, il ne peut pas, il s'en va, il revient tranquillement.
00:18:33 - Il ne poignarde pas tout le monde.
00:18:35 - C'est d'une froideur absolue.
00:18:36 - Par exemple, la femme ne la poignarde pas, il s'en prend à l'enfant.
00:18:39 L'adulte qui commence à essayer de le mettre en échec,
00:18:43 il essaie effectivement de le frapper dès que l'individu essaie de s'interposer.
00:18:47 Et après, on a vraiment l'impression qu'il frappe au hasard.
00:18:52 C'est glaçant.
00:18:53 - Jean-Michel Flauberg.
00:18:55 - Oui, alors sur sa manière de faire et de ne pas s'enfuir,
00:18:59 c'est effectivement une manière de procéder d'individus terroristes.
00:19:04 Mais c'est aussi une manière de procéder de personnes
00:19:07 qui ont des dérèglements particuliers, qui vont donc tuer des gens
00:19:11 et qui ensuite réclament la mort par ce qu'on appelle un suicide by cop.
00:19:17 C'est-à-dire réclament la mort par les policiers qui vont lui donner la mort.
00:19:22 Donc, ça ne dénote pas là non plus, cette attitude-là ne dénote pas non plus
00:19:27 soit une hypothèse, soit l'autre.
00:19:30 Je pense que dans ce domaine-là, il est urgent d'attendre de meilleurs renseignements.
00:19:35 - Georges Fenech.
00:19:36 - Oui, quoi qu'il en soit, des mobiles de ces crimes,
00:19:41 nous sommes à un mois à peu près de la discussion à l'Assemblée nationale
00:19:47 et au Sénat de la loi prochaine immigration.
00:19:51 Et que cette affaire arrive à un moment crucial pour cette réforme.
00:19:58 Et ça aura un impact politique majeur.
00:20:01 Parce que quoi qu'il en soit, c'est un étranger syrien réfugié,
00:20:06 donc on pose la question de l'immigration,
00:20:09 on pose la question de la protection de notre territoire,
00:20:12 on pose la question de la protection au niveau européen,
00:20:16 la question du statut du réfugié, du droit d'asile.
00:20:20 Cette affaire va avoir des répercussions très importantes sur le projet de loi
00:20:24 qui sera examiné en matière de lutte contre l'immigration.
00:20:27 Et on voit bien d'ailleurs les premières réactions politiques qu'on a entendues ce matin.
00:20:31 Et c'est naturel et c'est légitime de se poser la question,
00:20:35 compte tenu effectivement de la gravité de cette situation.
00:20:38 Et ne l'oubliez pas de notre impuissance,
00:20:41 tel que ça a été dit encore récemment à exécuter les obligations de quitter le territoire.
00:20:46 Tout ça, évidemment, va alimenter le débat politique, à juste titre d'ailleurs.
00:20:50 Et Thomas Bonnet, la transition est toute facile.
00:20:53 Thomas Bonnet, vous étiez à l'Assemblée nationale ce matin,
00:20:55 où les députés étaient censés parler de la réforme des retraites.
00:20:58 Il y a eu effectivement une minute de silence demandée par la présidente.
00:21:03 L'émotion était immense évidemment au sein des rangs des députés.
00:21:07 Oui, on a vu les visages se fermer ce matin lorsque les informations sont parvenues.
00:21:11 On a assez vite compris que le débat sur les retraites
00:21:13 allait être secondaire avec des députés qui sont venus dans la salle des quatre colonnes
00:21:17 répondre à nos questions pour faire part d'abord de leur émotion,
00:21:20 de leur soutien en force de l'ordre aux familles.
00:21:22 Et puis évidemment aussi quelques réactions politiques.
00:21:25 Je pense notamment à celle d'Eric Ciotti qui disait ce matin
00:21:27 "il faudra tirer toutes les conséquences sans naïveté, avec force et lucidité sur cette affaire".
00:21:32 Donc déjà des réactions, même si évidemment la plupart des élus qui se sont exprimés
00:21:36 ne voulaient pas faire verser dans la récupération politique.
00:21:39 On sent que le débat va vite arriver sur ce plan-là.
00:21:42 Et il y a eu une première réaction évidemment d'Emmanuel Macron.
00:21:45 Je pense qu'on va voir à l'écran le tweet d'Emmanuel Macron
00:21:50 que je vais vous lire à taille d'une lâcheté.
00:21:52 "Absolu, ce matin dans un parc à Annecy, des enfants et un adulte sont entre la vie et la mort.
00:21:58 La nation est sous le choc.
00:22:00 Nos pensées les accompagnent ainsi que leurs familles et les secours mobilisés."
00:22:06 Autre réaction évidemment, celle de Gérald Darmanin
00:22:11 qu'on peut commenter ensemble.
00:22:13 "Plusieurs personnes, dont des enfants, ont été blessées par un individu armé d'un couteau dans un squadre à Annecy.
00:22:19 L'individu a été interpellé grâce à l'intervention très rapide des forces de l'ordre",
00:22:24 on le signalait avec Yann Bastier.
00:22:27 Peut-être une petite réaction politique qui suscite,
00:22:31 et je ne voudrais pas qu'on l'évoquait, mais celle d'Aurore Berger
00:22:35 qui a réagi ce matin et qui est déjà attaqué de récupération par certains.
00:22:42 Est-ce qu'on peut écouter Aurore Berger ?
00:22:45 "L'effroi qui à mon avis submerge notre pays quand des enfants sont pris pour cible,
00:22:52 quand des enfants sont attaqués et qu'apparemment certains d'entre eux, très jeunes enfants, sont en urgence absolue.
00:22:58 Donc ce que nous voulons dire, c'est évidemment notre totale solidarité
00:23:02 et que nos pensées aujourd'hui ne sont tournées que vers les familles,
00:23:07 que vers celles et ceux qui sont à leur côté, et notre soutien évidemment aux forces de l'ordre qui ont..."
00:23:12 Jean Senec, l'heure est à l'union et pas à la polémique face à ce type de fait.
00:23:18 Il est important de souligner.
00:23:21 Bien sûr, toute la nation est derrière les familles, les victimes,
00:23:27 et c'est lors de la très très vive émotion,
00:23:30 mais vous ne pourrez pas empêcher, et ça me paraît légitime,
00:23:34 sans qu'il n'y ait ni de récupération, ni d'instrumentalisation,
00:23:38 et d'ailleurs le projet de loi immigration était déjà dans les tuyaux,
00:23:42 puisqu'il doit arriver, semble-t-il, au courant juillet à l'Assemblée nationale.
00:23:47 Donc cette affaire va évidemment reposer de manière encore plus aiguë
00:23:54 la question de la protection des frontières par rapport à une immigration incontrôlée,
00:23:58 mais également l'immigration par le droit d'asile,
00:24:01 qui on le sait bien est dévoyée aujourd'hui.
00:24:04 D'ailleurs le ministre d'Intérieur, M. Darmanin, a répété qu'il va falloir réduire
00:24:08 le nombre de procédures, on est passé de 10, 12 à 4.
00:24:12 Le recours, le côté aussi suspensif, enfin...
00:24:16 Vous voyez, donc il y a des questions qui se posent
00:24:18 et qui ne pourront plus être évacuées aujourd'hui
00:24:21 sur la maîtrise de nos flux migratoires.
00:24:24 Monsieur Michel Fauvergne.
00:24:26 Oui, j'ajouterai à cette analyse de Georges
00:24:30 qu'effectivement tous les partis, tous les partis du moins républicains,
00:24:35 doivent se poser la question de savoir comment lutter contre une immigration,
00:24:40 comment travailler sur ce droit d'asile aujourd'hui,
00:24:43 cette année comme les années précédentes.
00:24:46 130 000 personnes viennent sur le territoire national,
00:24:48 à peu près la totalité y reste, certains sont régularisés,
00:24:52 ceux qui ne sont pas régularisés y restent.
00:24:54 Donc les demandes d'asile, c'est le premier filon
00:25:00 pour maintenir des étrangers en situation irrégulière chez nous.
00:25:03 Donc à un certain moment, il va falloir se poser cette question-là
00:25:06 et il est logique aujourd'hui, effectivement,
00:25:08 avec ce projet de loi immigration, que les uns et les autres s'en emparent.
00:25:13 Et bien évidemment que passé le temps du recueillement,
00:25:19 et assez rapidement, on va partir sur des polémiques
00:25:22 où chacun développera ses arguments particuliers d'un côté comme de l'autre.
00:25:26 Bien sûr.
00:25:27 Certainement, Gérald Darmanin sera interrogé à ce sujet
00:25:30 par les journalistes qui sont sur place,
00:25:32 parce qu'effectivement, il y a de nombreuses zones d'ombre encore pour l'instant
00:25:36 autour de cette histoire.
00:25:38 L'enquête poursuit son cours, mais sur un plan plus politique,
00:25:42 effectivement, on va se poser assez rapidement cette question
00:25:46 de la limitation des flux migratoires au sein de l'espace européen.
00:25:51 Emmanuel Macron milite depuis tout de même son arrivée à l'Elysée
00:25:55 pour un renforcement aux frontières,
00:25:57 mais c'est vrai qu'on a vu, de part les différentes réunions
00:26:02 qui ont pu se tenir entre les ministres de l'Intérieur
00:26:06 pour tenter de faire évoluer justement le droit
00:26:09 et tenter de mieux réguler ces flux au niveau européen,
00:26:14 qu'il y avait parfois des divergences entre les pays,
00:26:17 tout simplement parce que nous ne sommes pas confrontés
00:26:19 de la même manière à ces flux migratoires,
00:26:22 notamment il y a une différence assez importante
00:26:24 entre la situation des pays du Sud et la situation pour les pays du Nord.
00:26:29 Mais pour revenir à cette histoire et à ce qui s'est passé,
00:26:32 et notamment à la situation de cet individu,
00:26:35 effectivement, il bénéficiait du statut de réfugié accordé par la Suède,
00:26:41 il peut circuler librement au sein de l'espace Schengen,
00:26:44 mais il ne peut pas s'installer dans un autre pays.
00:26:48 Il doit effectuer effectivement une demande auprès des autorités,
00:26:52 dans le cas présent c'était auprès des autorités françaises.
00:26:55 Que s'est-il passé entre le refus d'accorder de nouveau l'asile,
00:27:00 tout simplement parce qu'il l'avait demandé dans un autre pays ?
00:27:02 Est-ce que c'est ça qui a motivé cet individu à réaliser ce qu'il a fait ce matin ?
00:27:08 On espère que le ministre de l'Intérieur, tout à l'heure,
00:27:11 pourra apporter quelques réponses,
00:27:12 même si on n'en est qu'au début de l'enquête pour l'instant.
00:27:15 D'autant qu'il était en France depuis plus de 8 mois, confirmé.
00:27:18 Depuis plus de 8 mois, mais comme le disait tout à l'heure Sandra Buisson,
00:27:22 qui a des informations très précises à ce sujet,
00:27:24 il avait effectué une demande d'asile et durant l'étude de cette demande d'asile,
00:27:29 il était considéré comme quelqu'un qui était sur le sol français de manière régulière.
00:27:35 On peut penser que cette polémique, alors que Sandra le disait,
00:27:39 il était en situation régulière, mais c'est de la petite musique,
00:27:43 que peut-être la France n'a pas su se protéger de cet individu, Georges Fenech.
00:27:49 Permettez-moi d'abord de vous dire que je n'aime pas le mot polémique.
00:27:53 Je l'entends tout le temps, partout.
00:27:54 Mais ça commence déjà.
00:27:55 Il s'agit d'un débat politique.
00:27:57 La polémique, c'est autre chose.
00:27:59 Il est naturel dans notre pays aujourd'hui qu'il y ait ce débat politique
00:28:04 compte tenu de l'importance des vagues migratoires aujourd'hui,
00:28:08 dont rien ne dit qu'elles vont cesser,
00:28:10 et de notre capacité à intégrer toutes ces 500 000, effectivement, sur un an.
00:28:16 Vous vous rendez compte ?
00:28:17 Donc je pense qu'il y a un vrai débat à avoir,
00:28:20 mais un débat certes vif, comme tous les débats politiques,
00:28:24 surtout quand on a des questions sensibles comme celle-ci,
00:28:27 mais un débat raisonnable, raisonné, apaisé,
00:28:31 où chacun, chaque formation politique, la majorité, les oppositions,
00:28:35 vont apporter leur pierre à l'édifice, si je puis dire.
00:28:39 On est maintenant à une vingtaine de lois sur l'immigration
00:28:42 depuis une trentaine d'années.
00:28:43 Il va bien falloir qu'on trouve un vrai rythme de croisière
00:28:47 qui à la fois ne remet pas en cause nos traditions de droit d'asile,
00:28:52 ça, contestablement,
00:28:53 mais qui en même temps protège d'une immigration irrégulière
00:28:57 et d'un droit d'asile dévoyé.
00:28:59 Donc c'est toute la question qui va être posée
00:29:02 lors du prochain débat à l'Assemblée nationale.
00:29:04 Et les Français sont en attente d'une plus grande protection.
00:29:08 Qui a dit qu'il y a une surreprésentation
00:29:12 de la criminalité de droit commun avec l'immigration ?
00:29:17 Qui l'a dit ?
00:29:18 Ce n'est pas l'opposition, toujours, c'est M. Gérald Darmanin,
00:29:22 c'est le président de la République lui-même,
00:29:24 qui a fait ce lien entre l'immigration irrégulière
00:29:28 et la délinquance de rue d'habitude quotidienne
00:29:34 qui se passe notamment dans les grands centres urbains,
00:29:36 dans les transports, etc.
00:29:38 Donc il y a là un sujet qui est celui de la sécurité
00:29:41 et qu'il va falloir aborder avec vraiment le plus de réalisme
00:29:48 et de souci de protection des Français aujourd'hui.
00:29:52 Il y a un sujet également de traitement des demandes.
00:29:54 Lorsque l'on voit que cette demande d'asile a été effectuée il y a huit mois,
00:29:59 que c'est assez simple finalement de demander à la Suède
00:30:02 ou à nos partenaires européens dans l'attente de savoir précisément
00:30:06 quel pays a dû étudier en premier une demande d'asile
00:30:10 concernant cet individu,
00:30:11 il nous a fallu huit mois, tout de même huit mois,
00:30:14 pour nous rendre compte qu'en Suède,
00:30:16 une demande d'asile avait été effectuée,
00:30:18 qu'elle avait été acceptée,
00:30:19 qu'il avait dorénavant le statut de réfugié
00:30:22 et ensuite communiquer à la personne que nous n'accepterions pas
00:30:26 une nouvelle demande d'asile compte tenu justement du droit européen,
00:30:29 notamment du Blin 3.
00:30:30 Encore faut-il que les pays soient connectés entre eux.
00:30:34 Alors il y a ce qu'on appelle les bornes Eurodac
00:30:37 pour les demandeurs d'asile,
00:30:38 mais certaines ne sont pas connectées avec d'autres pays.
00:30:42 Une demande d'asile en France,
00:30:44 elle est traitée entre 14 et 17 mois,
00:30:48 ce qui est largement trop long
00:30:50 et ce qui fait que les individus, au bout de 14 mois,
00:30:54 s'installent dans le pays.
00:30:56 On trouvait des solutions d'ailleurs quelquefois.
00:30:58 Et donc la décision qui arrive au bout de 14 mois,
00:31:03 c'est une décision qui n'est plus en rapport avec la réalité de la chose.
00:31:06 Il faut véritablement travailler à la fois sur l'immigration,
00:31:09 effectivement, mais aussi travailler sur ces demandeurs d'asile
00:31:13 qui ne cessent d'augmenter
00:31:14 et certains ont fait des propositions.
00:31:16 Alors soit d'étudier les demandes d'asile à l'étranger,
00:31:19 pour ne pas faire en sorte que les gens rentrent chez nous
00:31:23 et s'y installent définitivement,
00:31:25 soit l'étudier au niveau européen de manière différente,
00:31:28 mais il va falloir les étudier.
00:31:29 D'ailleurs, je rajoute que dans le débat,
00:31:31 et je suis d'accord avec ce que dit Georges là-dessus,
00:31:33 ce n'est pas des polémiques, c'est un débat.
00:31:35 Dans le débat actuel,
00:31:36 vous avez des anciens premiers ministres qui ont pris position.
00:31:39 Je parle de Valls qui disait que sur l'immigration,
00:31:42 il faut appuyer sur le bouton stop.
00:31:44 Et tout à fait récemment, ça date d'hier ou avant-hier,
00:31:48 Edouard Philippe qui a pris des positions aussi importantes
00:31:52 et qui est en train peut-être de dessiner un programme
00:31:54 dans ce domaine-là, je ne sais pas,
00:31:55 mais en tout cas, qui prend des positions intéressantes
00:31:57 sur l'immigration.
00:31:59 Il fait référence notamment à trois non-dits.
00:32:01 Il parle des trois non-dits concernant l'islam,
00:32:03 concernant également justement la manière dont on perçoit
00:32:08 les étrangers, qui est étranger vraiment en France.
00:32:10 Et le troisième non-dit, peut-être pour rebondir
00:32:12 sur ce qui a été dit à l'instant,
00:32:14 qui est qu'il y a une partie, notamment un secteur économique,
00:32:19 qui profite entre guillemets de ces délais de traitement
00:32:24 des demandes d'asile avec des personnes qui sont
00:32:27 en situation totalement irrégulière sur le territoire national
00:32:30 et qui sont pourtant employées dans des conditions
00:32:33 parfois très mauvaises.
00:32:35 Et voilà, il y a quand même des personnes qui profitent
00:32:38 malheureusement de ça et des failles de l'État dans ce domaine.
00:32:42 - Édition spéciale, vous êtes bien sur CNews,
00:32:44 édition spéciale dans le cadre de cette parole aux Français
00:32:47 suite à cette attaque au couteau à Annecy.
00:32:49 Je vous propose de faire un point complet sur les dernières
00:32:52 informations avec vous, Sandra Puissant.
00:32:54 - Oui, alors sur ce qui s'est passé, c'était un petit peu
00:32:56 après 9h30 ce matin, puisque le premier appel fait
00:33:00 à police secours, donc au 17, est passé à 9h41
00:33:04 et que le suspect est interpellé à 9h45,
00:33:07 donc quatre minutes avant qu'il ne soit interpellé.
00:33:10 Des délais très courts dans lesquels sont intervenus
00:33:13 les policiers. Donc à ce moment-là, le suspect est près
00:33:16 du Jardin de l'Europe et il va dans un jardin d'enfants
00:33:22 agresser plusieurs enfants et un adulte au couteau,
00:33:26 donc à l'arme blanche, des enfants extrêmement jeunes,
00:33:29 puisque selon nos informations, sur les cinq blessés,
00:33:31 il y a un adulte et quatre enfants, trois pronostics vitaux engagés,
00:33:36 dont deux enfants, et puis pronostic vital engagé aussi
00:33:40 pour l'adulte de 70 ans, qui est une personne qui était
00:33:42 assise sur un banc à proximité, qui a été touchée au cou
00:33:46 par le suspect. Il a peut-être également été touché
00:33:50 par le tir de riposte d'un des policiers qui est intervenu,
00:33:53 mais c'est une information dont nous attendons confirmation
00:33:56 pour vous donner une idée de l'âge, du très bas âge
00:34:00 des enfants touchés, le plus jeune, un enfant allemand,
00:34:04 âgé de 22 mois, un enfant britannique, âgé de 3 ans,
00:34:08 un autre à 2 ans, et donc on le rappelle, deux d'entre eux
00:34:12 ont vu leur pronostic vital engagé. Sur la motivation
00:34:17 de cet acte, pour l'instant, les choses ne sont pas encore établies.
00:34:21 C'est le parquet d'Annecy qui est en charge de cette enquête,
00:34:24 mais le parquet national antiterroriste reste en évaluation
00:34:27 pour savoir s'il y a une motivation terroriste derrière cet acte.
00:34:31 Il va falloir attendre qu'il y ait d'autres éléments d'enquête
00:34:33 qui permettent de le déterminer. L'audition notamment de cet homme
00:34:37 qui a été interpellé et qui a pu déjà, dans un premier temps,
00:34:40 donner une identité, l'identité d'un Syrien de 32 ans,
00:34:45 donc né en 91, Abd al-Massih Hache.
00:34:49 Sous cette identité, il faut garder à l'esprit qu'il était inconnu
00:34:53 en France des services de police et des services de renseignement.
00:34:56 Il est entré sur le territoire en 2022, il a fait une demande
00:35:00 très rapidement à l'OFPRA, une demande d'asile, le 28 novembre 2022.
00:35:04 Demande qui a été jugée irrecevable il y a juste quelques jours,
00:35:10 puisque c'était les 4 juin. Pourquoi ? Parce qu'avant d'arriver en France,
00:35:15 il avait déjà le statut de réfugié en Suède, donc la demande en France
00:35:19 a été refusée. On a appris que cet homme avait fondé un foyer en Suède,
00:35:24 puisqu'il y habitait depuis 2013. Il s'est marié avec une Suédoise,
00:35:28 il a eu avec elle un enfant, famille qui n'est pas en France en ce moment.
00:35:32 Et puis sur le passage à l'acte, une dernière information sur son profil
00:35:36 religieux qui reste quand même à confirmer, mais il a déclaré
00:35:41 dans sa demande d'asile qu'il était chrétien de Syrie.
00:35:44 Au tout début d'une vidéo que nous avons décidé de ne pas diffuser
00:35:49 sur CNews parce qu'elle est atroce et insoutenable, il pointe le bras
00:35:54 vers le ciel et dit "In the name of Jesus Christ"
00:35:58 au nom de Jésus-Christ. Et il montre la chaîne qu'il a autour du cou,
00:36:02 puisqu'il avait une croix chrétienne sur lui. C'est une piste qu'il va falloir
00:36:06 étayer par les enquêteurs.
00:36:09 Nous sommes dans l'attente, Sandra, de la conférence de presse
00:36:12 du procureur d'Annecy. Je dois préciser et on doit préciser
00:36:16 qu'Elisabeth Borne est arrivée tout à l'heure, vous l'avez vécu,
00:36:19 sur l'antenne de CNews, accueillie par Gérald Darmanin.
00:36:22 Il va être important de savoir, dans le cadre de cette enquête,
00:36:26 si cet homme a toutes ses facultés mentales aussi.
00:36:31 Jean-Michel Fauvergues ?
00:36:33 - Oui, bien évidemment. On sait que le terrorisme rejoint la folie
00:36:37 et la folie rejoint le terrorisme. Ça a été démontré à plusieurs reprises.
00:36:41 Mais s'il a crié au nom de Jésus-Christ, on est dans un individu
00:36:45 qui est radicalisé. Il n'est pas radicalisé du côté de l'islam,
00:36:51 un islamiste radicalisé, si ça s'avérait exact.
00:36:53 - C'est une information importante.
00:36:54 - Si ça s'avérait exact. Mais c'est quelqu'un de radicalisé
00:36:57 qui fait ça au nom de Dieu. Donc, il va falloir étayer tout ça.
00:37:05 Mais la radicalisation, elle peut aussi exister dans d'autres...
00:37:11 Et ce serait la première fois en France, effectivement,
00:37:14 qu'on assisterait à ça. Mais encore une fois,
00:37:17 et vous avez raison Thierry, la folie des meurtriers de masse
00:37:24 de ce type-là rejoint aussi, quelquefois, la radicalisation,
00:37:28 quelquefois un peu, cet esprit sectaire que l'on trouve
00:37:31 sur ces individus qui nous ont fait des attentats en France.
00:37:34 - Mais si je vous pose cette question, c'est effectivement
00:37:36 parce que j'ai visionné cette vidéo à laquelle fait référence Sandra Buisson.
00:37:39 Et c'est vrai qu'il a l'air d'être totalement lunaire.
00:37:42 On a le droit de se poser la question quand on voit cette vidéo.
00:37:46 - Dans l'état actuel des éléments qui sont en possession des enquêteurs,
00:37:51 il n'y a pas d'élément qui atteste d'un trouble psychologique ?
00:37:55 - Je vous coupe 30 secondes, Sandra Buisson.
00:37:58 Mille excuses, mais priorité au direct.
00:38:00 Elisabeth Born est en train d'arriver sur place,
00:38:04 accueillie, je suppose, par les élus locaux.
00:38:10 On voit Laurent Wauquiez qui s'est déplacé également.
00:38:14 Priorité au direct.
00:38:17 - Merci de votre présence.
00:38:22 - Bonjour, merci d'être là.
00:38:25 - Merci pour votre présence.
00:38:28 - Merci beaucoup d'être venu aussi.
00:38:31 - Merci beaucoup de votre présence.
00:38:34 Je suis le président de la France du Nord.
00:38:37 Merci de votre présence.
00:38:39 - Je pense que heureusement, la France du Nord vient de nous faire venir.
00:38:42 - Oui, j'espère absolument.
00:38:48 - J'ai un bar d'enfants au bord du lac.
00:38:51 On n'a pas de vôtre.
00:38:54 - Oui, et on va échanger avec les équipes qui ont pris en charge le traumatisme des enfants.
00:39:00 - Oui, on est en train de faire ça.
00:39:03 - Merci d'être là. En tout cas, merci à vous.
00:39:06 - Merci à la Première ministre.
00:39:09 - Merci d'être là.
00:39:12 - C'est déjà ça.
00:39:15 - La Première ministre, tu l'as récolté.
00:39:18 - Madame la Première ministre, M. Babelon, directeur académique.
00:39:21 - La Première ministre.
00:39:24 - Vous êtes dans les situations à faire une troisième équipe.
00:39:31 - On a compris que les équipes sont en complète choc.
00:39:36 - Oui, ça fait ça.
00:39:39 - On n'est pas habitué de voir les enfants tousse.
00:39:42 - Pourtant, on sait à quel point ils sont habitués à avoir des situations comme ça.
00:39:45 - Je pense que là, ça dépasse l'entendement.
00:39:48 - Après, on lâche la pression.
00:39:52 - Merci.
00:39:55 (...)
00:40:24 (...)
00:40:40 - On coupe.
00:40:43 - Merci d'être là. Merci d'être là tous inanimement.
00:40:46 - Oui, c'était important, bien évidemment, pour les élus locaux,
00:40:50 que la Première ministre bouleverse son agenda,
00:40:53 puisqu'il n'était pas prévu qu'elle se déplace dans cette localité
00:40:57 pour être aux côtés à la fois des autorités,
00:41:01 mais également des personnes qui sont intervenues,
00:41:05 ou des personnes proches de celles qui sont intervenues ce matin,
00:41:09 puisqu'elle a pris le temps également de saluer en interrogeant
00:41:12 notamment le personnel du SAMU, à savoir s'ils avaient dû intervenir
00:41:17 aux côtés de leurs collègues.
00:41:19 Elle a remercié en tout cas, puisque de ce que nous avons pu comprendre,
00:41:23 les personnes qu'elle a croisées ne sont pas directement intervenues,
00:41:27 qu'elle souhaitait remercier l'ensemble des personnes
00:41:32 qui, elles, sont assez rapidement intervenues,
00:41:35 puisqu'on parlait donc de la police qui est intervenue en quelques minutes,
00:41:39 quatre minutes précisément, et ensuite les secours qu'on a pu voir
00:41:43 sur nos images que nous diffusons maintenant,
00:41:45 depuis que nous couvrons ce drame.
00:41:48 C'est un moment d'émotion forcément, au tout début,
00:41:51 lorsque la Première Ministre a salué le maire d'Annecy,
00:41:54 qu'on a vu visiblement très très touché sur les images
00:41:58 que nous avons pu voir à l'instant.
00:42:00 Le maire d'Annecy, c'était la première personne
00:42:02 que la Première Ministre a saluée.
00:42:04 Il s'agit de François Astor, qui est maire d'Annecy depuis peu,
00:42:09 et qui est vice-président également du Grand Annecy,
00:42:12 et qui a été directement confronté au drame ce matin,
00:42:16 qui s'est déroulé dans sa ville,
00:42:18 et nous attendons effectivement d'avoir plus de précisions
00:42:21 sur ce qui s'est précisément passé ce matin.
00:42:25 Peut-être nous aurons également de nouveaux éléments
00:42:28 concernant l'enquête, puisque la Première Ministre,
00:42:31 selon mes informations, doit s'exprimer dans le courant
00:42:35 de l'après-midi, peut-être profitera-t-elle
00:42:37 de cette conférence de presse pour le faire,
00:42:40 et nous devrions également avoir une présence
00:42:44 et une allocution des différentes autorités sur place,
00:42:48 à la fois le préfet et le procureur.
00:42:52 Il va y avoir donc une enquête, en France évidemment,
00:42:55 mais également en Suède, une collaboration,
00:42:58 je me tourne vers vous Yann Bastière,
00:43:01 avec notamment Europol je suppose.
00:43:05 Obligatoirement, cette coopération va se mettre en place.
00:43:07 L'anecdote veut qu'actuellement se tient
00:43:09 un conseil d'administration d'Europol à Stockholm.
00:43:13 Drôle de coïncidence, bien entendu,
00:43:15 les services de police saisis,
00:43:17 alors pour l'instant on a la PG Lyon,
00:43:19 on verra ensuite si le Parti National Antiterroriste se saisit,
00:43:22 si la sous-direction antiterroriste se saisit,
00:43:24 on verra, ça c'est l'évolution dans les prochains jours,
00:43:26 mais cette coopération européenne en matière de police
00:43:30 va se mettre en place, et je ne peux pas croire
00:43:32 qu'elle ne s'est pas déjà mise en place
00:43:34 avec nos officiers de liaison à Stockholm
00:43:36 pour connaître le profil, les antécédents déjà locaux
00:43:39 de cet individu, peut-être le contexte familial,
00:43:42 on l'a évoqué précédemment.
00:43:44 Tout un tas d'éléments doivent,
00:43:47 dans le cadre de ces premières heures d'enquête,
00:43:49 commencer déjà à éclairer l'autorité judiciaire
00:43:51 sur les suites à donner.
00:43:53 Georges Fenêt, petite précision
00:43:55 sur le déroulé de l'enquête,
00:43:57 telle qu'elle va se faire.
00:43:59 Il est évident que d'ores et déjà,
00:44:02 les enquêteurs sont avec l'épouse,
00:44:06 dont apparemment il y aurait une séparation
00:44:08 depuis huit mois,
00:44:10 depuis l'époque où il est en France.
00:44:12 Ça reste à vérifier, bien sûr,
00:44:14 qu'ils ont une enfant de trois ans
00:44:16 et qu'elle n'ait plus de ces nouvelles
00:44:18 depuis quatre mois.
00:44:19 Donc on ne peut pas exclure,
00:44:20 vous voyez ce que vous disiez tout à l'heure,
00:44:22 une affaire de droit commun,
00:44:24 c'est-à-dire l'individu qui,
00:44:27 souffrant terriblement, n'acceptant pas
00:44:29 cette rupture, etc.,
00:44:31 tout à coup pète un plomb,
00:44:33 comme on dit vulgairement,
00:44:34 et décide, dans son délire,
00:44:37 de vouloir s'en prendre à des enfants.
00:44:39 On peut pas l'exclure.
00:44:40 Mais encore une fois,
00:44:41 il faut rester très prudent.
00:44:43 Ce qui m'amène aussi à penser ça,
00:44:45 c'est cette histoire de port
00:44:47 d'une croix chrétienne.
00:44:48 Ça, on ne l'avait jamais vue jusqu'à maintenant.
00:44:51 On n'est pas sur un profil classique,
00:44:54 apparemment, d'un djihadiste
00:44:56 qui veut réaliser un attentat
00:44:57 au nom de Daesh ou d'Al Qaïda, etc.
00:45:00 Donc il est important d'attendre maintenant,
00:45:03 effectivement, d'en savoir plus sur ce profil.
00:45:06 Et ça, il n'y a que la procureure de la République
00:45:08 qui aura le droit de nous le dire
00:45:09 d'ici quelques minutes.
00:45:10 - Précisément, c'est important,
00:45:12 chez notre émigré Marc Mordini,
00:45:13 il y avait un témoin qui disait
00:45:15 que l'individu était près du parc,
00:45:18 rodé autour du parc,
00:45:20 depuis trois, quatre jours.
00:45:21 Donc, c'est-à-dire qu'il a eu le temps...
00:45:23 C'est pour ça que je vous posais la question
00:45:24 tout à l'heure, Jean-Michel Fauverg,
00:45:25 sur ses capacités psychologiques
00:45:27 de réfléchir à la chose, etc.
00:45:29 - Oui, il a eu le temps de repérer les lieux
00:45:31 ou tout simplement, il n'avait pas d'endroit.
00:45:34 Là, encore une fois,
00:45:35 c'est l'enquête qui va nous dire ça,
00:45:36 peut-être pas d'endroit où vivre
00:45:37 et peut-être qu'il squattait ce parc,
00:45:39 mais évidemment aussi qu'il a eu le temps
00:45:43 de repérer les lieux.
00:45:44 Donc, ça, c'est important pour les magistrats,
00:45:46 pour savoir, dans le cadre de l'enquête,
00:45:48 pour savoir si on peut mettre une préméditation
00:45:51 sur cette affaire-là.
00:45:53 L'enquête, bien évidemment,
00:45:56 elle va se dérouler au niveau national,
00:45:59 mais ça a déjà été dit,
00:46:00 au niveau local, avec des officiers de liaison
00:46:04 qui sont un peu partout, dans tous les pays européens.
00:46:06 Ça échange pas mal de renseignements
00:46:09 avec des officiers de liaison.
00:46:10 À Europol, on a des bureaux nationaux,
00:46:14 la France a un bureau national,
00:46:16 donc les informations vont s'échanger très vite.
00:46:20 Peut-être qu'Aurojuste aussi,
00:46:22 puisqu'on a la même chose au niveau de la justice,
00:46:24 Aurojuste va rentrer dans la danse
00:46:26 dans ce domaine-là.
00:46:27 Les choses vont aller assez rapidement
00:46:29 en échange d'informations, je pense.
00:46:31 Maintenant, après, les enquêtes sont toujours un peu longues
00:46:36 pour savoir s'il y a des complicités,
00:46:38 s'il y a justement la préméditation
00:46:41 dont on parlait tout à l'heure.
00:46:42 Alors, pour y aller direct,
00:46:44 on va écouter peut-être les échanges
00:46:46 avec Elisabeth Borne.
00:46:48 Donc là, elle est en train d'échanger
00:46:58 avec les forces de police locales,
00:47:00 je suppose, Yann Bastiat.
00:47:03 Oui, on se retrouve avec ceux dont je parlais tout à l'heure,
00:47:06 ces policiers du quotidien.
00:47:08 On voit, au vu de leur uniforme,
00:47:10 on est sûr, certainement, les équipages de police secours,
00:47:13 sans présager, mais peut-être les primo-intervenants.
00:47:16 On voit certainement des GSP,
00:47:19 groupes de soutien de proximité.
00:47:21 Voilà, on a ces flics du quotidien
00:47:24 qui sont aujourd'hui certainement mis à l'honneur
00:47:27 par leur réaction,
00:47:29 qui a certainement permis
00:47:32 de ne pas connaître un bilan bien plus lourd
00:47:35 qu'on se connaît déjà actuellement.
00:47:37 C'est intéressant, justement, l'expression
00:47:39 que vous avez eue à l'instant sur ces héros du quotidien.
00:47:42 Et c'est d'ailleurs ce qui explique aussi
00:47:44 la décision assez rapide d'Elisabeth Borne
00:47:47 de se rendre sur place, tout simplement,
00:47:49 parce que depuis plusieurs semaines maintenant,
00:47:52 les personnes qui incarnent l'autorité de l'État
00:47:55 sont parfois attaquées.
00:47:57 Et on a vu Emmanuel Macron,
00:48:00 pour ne citer que lui dans un premier temps,
00:48:03 qui a commencé, à chacun de ses déplacements,
00:48:06 à remercier ces personnes
00:48:09 qui, parfois, sauvent des vies au péril de la leur.
00:48:13 Il a notamment eu cet hommage avec ces policiers
00:48:16 qui sont décédés à Roubaix
00:48:18 lors d'un précédent déplacement.
00:48:20 C'était il y a quelques jours, où il s'est rendu à Nîmes
00:48:23 pour voir ce qui avait été fait ces derniers mois
00:48:27 pour pouvoir lutter contre les incendies
00:48:29 de manière plus efficace.
00:48:31 Il a entamé son discours en commençant par remercier
00:48:34 ces soldats du feu qu'il considère, de nouveau,
00:48:37 pour reprendre l'expression qui a été utilisée à l'instant,
00:48:40 comme étant des héros du quotidien.
00:48:42 C'est vrai qu'on est dans un moment important politique,
00:48:44 au-delà de, bien évidemment, ce qui se passe de ce drame
00:48:47 pour l'exécutif et plus globalement
00:48:50 pour l'ensemble de la classe politique,
00:48:52 de tenter d'être en soutien
00:48:54 de ces personnes qui, elles, soutiennent la nation
00:48:58 et qui sont trop souvent attaquées.
00:49:00 Je crois que Noémie Schultz nous a rejoints,
00:49:02 notre autre spécialiste police-justice.
00:49:04 On évoquait, bonjour, soyez bienvenue.
00:49:06 Il y a un élément, on parlait de l'enquête,
00:49:09 il y a un élément important, c'est qu'on dispose
00:49:12 de cette vidéo horrible,
00:49:15 mais qui joue un rôle important
00:49:18 dans le cadre de cette enquête.
00:49:20 Évidemment, c'est rare d'avoir ce type d'élément,
00:49:23 évidemment, dans le cadre d'une enquête.
00:49:25 La vidéo, les témoignages, puisque cette attaque,
00:49:28 elle a eu lieu en plein jour, dans un parc, fréquenté.
00:49:32 Il y a évidemment les témoins très directs de la scène
00:49:35 et puis on voit sur cette vidéo absolument terrible
00:49:38 que nous avons d'ailleurs choisi de ne pas diffuser
00:49:41 sur l'antenne de CNews, mais que nous avons visionnée,
00:49:44 on voit qu'il y a aussi des joggeurs qui passent,
00:49:46 des personnes qui se promènent dans le parc,
00:49:48 une personne à vélo.
00:49:50 Donc toutes ces personnes-là seront bien sûr entendues.
00:49:53 On attend maintenant le point presse de la procureure
00:49:56 de la République d'Annecy, qui aurait dû commencer
00:49:59 il y a quelques minutes, mais voilà, c'est toujours
00:50:02 des moments de grande tension, avec des bilans
00:50:05 qui ne sont pas forcément consolidés.
00:50:07 Vous savez, il y a cette grande inconnue à l'heure actuelle,
00:50:10 c'est le parquet antiterroriste, va-t-il se saisir
00:50:13 de cette affaire, ce qui donnerait une autre dimension
00:50:16 de cette attaque, la dimension terroriste ?
00:50:18 Ce n'est pas le cas pour le moment.
00:50:20 Le parquet antiterroriste ne communique pas et renvoie
00:50:23 à l'heure actuelle vers la procureure de la République d'Annecy.
00:50:26 Elle devrait donc donner plus d'éléments
00:50:29 sur le profil de cet homme, de ce suspect,
00:50:32 qui a donc été interpellé.
00:50:35 On ne sait pas précisément s'il est en train d'être entendu,
00:50:38 s'il est en état en ce moment d'être entendu,
00:50:41 mais en tout cas, il pourra l'être a priori.
00:50:44 Il y a des premiers témoins aussi qui sont en train sans doute
00:50:47 de raconter ce qu'ils ont vu.
00:50:49 Et ce qu'on peut dire, effectivement, c'est que c'est une scène
00:50:52 absolument monstrueuse qui s'est déroulée dans ce petit parc
00:50:56 avec un homme qui, l'air de rien, se promène.
00:51:00 Il est en bermuda noir, t-shirt noir, il a un foulard bleu
00:51:03 sur la tête, des lunettes de soleil, et puis il a dans la main
00:51:06 un couteau et il marche.
00:51:09 Il n'y a pas de geste tellement précipité.
00:51:12 Et il cible précisément les enfants.
00:51:15 C'est-à-dire qu'il y a ce moment où...
00:51:17 D'abord, ce qui est assez terrible dans cette vidéo, ce sont les cris.
00:51:20 Les cris de peur, les appels au secours des personnes
00:51:23 qui sont dans le parc.
00:51:25 Plus que les images, puisque la vidéo est prise d'assez loin
00:51:28 et on ne voit pas précisément ce qui se passe,
00:51:31 mais les cris sont assez terribles.
00:51:34 Et puis cet homme qui a un moment, ce qui semble peut-être être
00:51:37 une nounou qui est en train de pousser, je crois, une poussette double
00:51:40 qui essaye de s'enfuir en courant.
00:51:43 Et il arrive à l'esquiver et on le voit clairement porter
00:51:46 des coups de couteau au-dessus de cette poussette
00:51:49 dont on imagine que c'est un des enfants victimes
00:51:52 qui se trouve dans cette poussette.
00:51:55 Voilà donc pour cette attaque, une première, si l'on peut dire,
00:51:58 sur le sol français.
00:52:01 Ce n'est pas la première fois que des enfants sont pris pour cibles.
00:52:04 On l'avait vu en 2012 avec Mohamed Merah, mais des enfants
00:52:07 si jeunes dans un parc comme ça,
00:52:10 c'est absolument inédit.
00:52:13 Est-ce que vous nous confirmez l'information que je donnais tout à l'heure
00:52:16 à nos amis copcodes, cet individu était autour du parc
00:52:19 depuis 3-4 jours, etc. Vous confirmez cette information ?
00:52:22 Quelqu'un témoignait chez Jean-Marc Morodiniste ?
00:52:25 C'est ce qu'a indiqué un témoin, un homme qui travaille.
00:52:28 On n'a pas confirmation de ça.
00:52:31 Vous savez, on a très peu d'informations officielles.
00:52:34 On a des remontées d'informations par les canaux habituels
00:52:37 de forces de l'ordre notamment.
00:52:40 Mais tant que la procureure de la République, qui est la seule
00:52:43 pour communiquer sur cette enquête, n'a pas pris la parole,
00:52:46 nous n'avons pas la confirmation de cet élément-là.
00:52:49 Effectivement, vous avez un témoin qui indique qu'il avait repéré
00:52:52 cet homme depuis 2-3 jours, qu'il marchait dans le parc
00:52:55 avec parfois la jambe qui tremblait, peut-être un signe de nervosité.
00:52:58 Ce qu'on a comme indication sur cet homme, c'est ce que vous pouvez voir
00:53:01 c'est que c'est un homme qui serait un réfugié syrien de 31 ans.
00:53:04 Alors on emploie toujours le conditionnel parce que c'est sans doute
00:53:07 sur la foi des papiers qu'il a sur lui, mais tout cela doit bien sûr
00:53:10 être confirmé.
00:53:13 Qui était arrivé en France en 2022, il était entré régulièrement
00:53:16 en France, il a obtenu en Suède le statut de réfugié,
00:53:19 il est marié à une Suédoise, il aurait un enfant avec elle.
00:53:22 Il aurait fait une demande d'asile en France
00:53:25 il y a quelques mois, qui aurait été refusée
00:53:28 parce qu'on ne peut pas avoir le statut de réfugié
00:53:31 dans deux pays différents, donc c'est la raison pour laquelle
00:53:34 on ne lui a pas accordé ce statut de réfugié.
00:53:37 Un autre élément qui nous a été confirmé, c'est le fait qu'il portait
00:53:40 une croix chrétienne sur lui, on le voit d'ailleurs porter
00:53:43 cette croix à sa bouche à plusieurs reprises, peut-être comme s'il l'embrassait.
00:53:46 Sur cette vidéo aussi, on l'entend dire à un moment
00:53:49 "In the name of Jesus Christ"
00:53:52 et il s'était présenté dans sa demande d'asile
00:53:55 comme un chrétien de Syrie.
00:53:58 Et il était, donc on l'a dit, en Suède depuis une dizaine d'années.
00:54:01 - Georges Fenin, qu'est-ce que la France peut se permettre
00:54:04 de demander des comptes également à la Suède ou pas
00:54:07 dans le cadre de cette enquête ?
00:54:10 - Vous savez, je le disais, la Suède c'est un État souverain,
00:54:13 même si la Suède est évidemment membre de l'Union Européenne.
00:54:16 La France ne demande pas des comptes
00:54:19 à un pays de l'Union Européenne.
00:54:22 Mais il est évident qu'il va falloir comprendre
00:54:25 pourquoi cet individu a quitté la Suède,
00:54:28 pourquoi, qu'est-ce qu'il comptait faire en France.
00:54:31 Est-ce qu'entre-temps il n'y avait pas une menace peut-être ?
00:54:34 Je ne le sais pas du tout, mais est-ce qu'il n'y avait pas une menace
00:54:37 de lui retirer son statut de réfugié ?
00:54:40 Je ne sais pas.
00:54:43 Mais il y aura sans doute des demandes, non pas des comptes,
00:54:46 mais d'explications, de compréhension de ce statut.
00:54:49 Mais vous n'empêcherez pas, évidemment,
00:54:52 et c'est la raison pour laquelle interviennent aussi rapidement
00:54:55 le président de la République, le Premier ministre qui se déplace,
00:54:58 le Premier ministre, c'est qu'il s'agit d'un Syrien
00:55:01 avec un statut de réfugié.
00:55:04 C'est ça qui donne cette dimension au-delà de l'horreur.
00:55:07 - Peut-être aussi les victimes, Georges.
00:55:10 - Mais au-delà de l'horreur, mais c'est à chaque fois
00:55:13 qu'il y avait un crime, vous imaginez, le Premier ministre...
00:55:16 - Ça touche des enfants aussi, Georges.
00:55:19 C'est vrai que l'émotion est immense.
00:55:22 On voit bien, il y a eu 7 minutes à l'incendie aussi.
00:55:25 - J'entends bien, mais ne sous-estimez pas l'impact sur l'opinion publique
00:55:28 du fait que ce soit le fait d'un réfugié étranger syrien
00:55:31 demandeur d'asile, etc.
00:55:34 Ce qui prend aussi une dimension politique au moment
00:55:37 où le gouvernement s'apprête à déposer un projet de loi
00:55:40 sur l'immigration. Bien sûr que le crime est inédit et horrible
00:55:43 et que ça justifie parfaitement la réaction
00:55:46 au plus haut niveau de l'État
00:55:49 en tant que chef de la nation, si vous voulez.
00:55:52 Maintenant, je crois que l'important, on l'a dit,
00:55:55 c'est de comprendre ce mobile, d'où ça vient,
00:55:58 cette pulsion criminelle à l'égard de nourrisson
00:56:01 et la procureure a d'ores et déjà, sans aucun doute,
00:56:04 les premiers éléments de réponse.
00:56:07 - Et ce qui est terrible, c'est qu'il était en Suède,
00:56:10 comme Moïse nous le précisait, et on l'accueille en France
00:56:13 en toute légalité et c'est chez nous qu'il agit.
00:56:16 C'est chez nous qu'il commet cet acte.
00:56:19 - Ce n'est pas la première fois qu'on a des étrangers
00:56:22 que l'on accueille sur notre territoire national
00:56:25 et qui portent le fer et le feu sur notre territoire.
00:56:28 Dans la notion de droit d'asile,
00:56:31 on a des pays dangereux
00:56:34 pour les individus. C'est pour ça qu'on travaille
00:56:37 sur le droit d'asile. On peut peut-être se poser la question
00:56:40 maintenant si certains pays ne sont pas dangereux pour la France.
00:56:43 Et savoir si à un certain moment,
00:56:46 on ne peut pas être beaucoup plus sévère
00:56:49 compte tenu de la provenance de ces individus-là.
00:56:52 Mais c'est vrai ce que vous dites Thierry,
00:56:55 ce n'est pas la première fois que des individus
00:56:58 qui sont sous le statut de réfugiés,
00:57:01 qui sont accueillis en France, se retournent
00:57:04 contre la France et commettent
00:57:07 ce type d'attentats-là.
00:57:10 Nous ne sommes pas le seul pays d'ailleurs dans ce domaine.
00:57:13 L'Allemagne a subi ça, la Belgique aussi,
00:57:16 l'Espagne en son temps, le Royaume-Uni.
00:57:19 Ce sont des choses qui malheureusement
00:57:22 sont difficilement mesurables. On est dans un pays démocratique
00:57:25 donc il y a un certain nombre de choses
00:57:28 qui sont autorisées dans le cadre
00:57:31 des allées et venues de la circulation.
00:57:34 On est dans un pays schengen en plus.
00:57:37 Cet individu était en Suède,
00:57:40 donc dans le cadre des accords schengen,
00:57:43 l'individu est venu sur notre territoire.
00:57:46 De toute façon, il pouvait circuler sur le territoire européen
00:57:49 sans aucun problème. Les choses se sont faites
00:57:52 de cette manière-là. Maintenant, pour en revenir
00:57:55 à ce qu'on disait tout à l'heure,
00:57:58 que le parquet antiterroriste ne soit pas saisi,
00:58:01 ça ne veut pas dire que l'enquête ne sera pas faite
00:58:04 avec les meilleures diligences
00:58:07 et avec tous les moyens nécessaires.
00:58:10 - Et surtout, ça peut évoluer. On a déjà vu des affaires
00:58:13 où vous avez les 24 premières heures le parquet local
00:58:16 qui est en charge de l'enquête. Et puis les éléments
00:58:19 qui arrivent et qui viennent à crédit,
00:58:22 il peut saisir quand il veut. Là, c'est très tôt.
00:58:25 La taxe s'est produite il y a 4-5 heures.
00:58:28 Donc le PNAT, bien sûr, est en train de surveiller.
00:58:31 D'après mes informations, il y avait d'ailleurs dans l'avion
00:58:34 d'Elisabeth Borne un magistrat du PNAT qui s'est rendu sur place
00:58:37 pour pouvoir évaluer au mieux la situation.
00:58:40 Mais tout cela, on va le savoir avec plus de précision
00:58:43 dans quelques minutes.
00:58:46 - C'est le temps de l'hommage, mais on n'échappera pas,
00:58:49 vous l'avez dit tout à l'heure, cher Georges Fenech,
00:58:52 à la politique. Il sera urgent d'agir.
00:58:55 Et cette affaire aura évidemment des conséquences.
00:58:58 - Le débat politique existait avant même.
00:59:01 - Il existait, évidemment.
00:59:04 - Il y a encore plus.
00:59:07 - Encore plus, parce que se posent la question
00:59:10 des accords de Dublin, de l'espace Schengen, de l'Europe.
00:59:13 Ce sont des questions extrêmement importantes.
00:59:16 La souveraineté, faut-il revoir les traités internationaux ?
00:59:19 C'est une question qui se pose.
00:59:22 - Jean-Michel Fouer.
00:59:25 - Oui, les faits et les attentats de ce type-là
00:59:28 ne font que renforcer, effectivement,
00:59:31 cette nécessité de parler d'immigration,
00:59:34 de parler de droit d'asile
00:59:37 et de faire en sorte de faire évoluer
00:59:40 ces migrations et ce droit d'asile
00:59:43 en essayant à la fois de garder
00:59:46 le canal du droit d'asile,
00:59:49 qui est un canal reconnu internationalement,
00:59:52 mais aussi de protéger de plus en plus notre pays
00:59:55 de ce type d'agissement.
00:59:58 C'est un peu la quadrature du cercle
01:00:01 que de dire et de faire ça,
01:00:04 mais c'est quelque chose de nécessaire.
01:00:07 Et le débat qui va arriver à l'Assemblée nationale,
01:00:10 qui va arriver dans tout le pays,
01:00:13 c'est que l'ensemble du personnel politique
01:00:16 évolue sur ces situations-là.
01:00:19 Et en particulier,
01:00:22 je le disais tout à l'heure,
01:00:25 les deux anciens premiers ministres,
01:00:28 dont Edouard Philippe,
01:00:31 qui se positionne très nettement dans ce domaine.
01:00:34 - Il est quasiment 15h, émission spéciale
01:00:37 La Parole aux Français, suite à cette attaque au couteau à Annecy.
01:00:40 Je suis ravi de vous accueillir, Michael.
01:00:43 - Bonjour à tous.
01:00:46 Et évidemment, dans l'actualité, plusieurs enfants et un adulte
01:00:49 ont été blessés dans une attaque au couteau à Annecy ce matin.
01:00:52 Deux enfants sont actuellement entre la vie et la mort.
01:00:55 C'est aux alentours de 9h45 qu'un homme d'origine syrienne
01:00:58 et inconnu des services de police s'est attaqué à des enfants en bas âge.
01:01:01 Vous le voyez poursuivi par une personne
01:01:04 qui tente de l'arrêter.
01:01:07 On a rapidement été interpellé.
01:01:10 Écoutez le témoignage de Yoann, il a assisté à cette attaque.
01:01:13 Il était interrogé tout à l'heure par Jean-Marc Morandini.
01:01:16 - J'ai déjà repéré ce mec, ça faisait 2-3 jours qu'il était là.
01:01:19 Il attendait de mon parc à jouer des gamins.
01:01:22 Depuis 2-3 jours, il ne bougeait pas.
01:01:25 Il était assis à côté du parc pour les gamins.
01:01:28 Il était assis juste à côté et il regardait les gamins jouer.
01:01:31 Il avait un grand sac noir et il regardait les gamins.
01:01:34 Il avait les jambes qui tremblaient.
01:01:37 C'est un parc qui est juste à côté du lac.
01:01:40 Toutes les enfants maternelles sont là avec les gamins le matin.
01:01:43 C'est juste à côté du pont des Amours.
01:01:46 Il y a des pédalos à côté.
01:01:49 C'est super calme, super familial.
01:01:52 Il est compliqué, il prend en charge les gens qui sont là.
01:01:55 Les gamins.
01:01:58 On n'a pas trop accès, c'est bien marécalé.
01:02:01 Je suis clairement sous choc.
01:02:04 Pour ne plus faire prendre les gamins comme ça, c'est un malaise.
01:02:07 C'est typique de ce qui se passe en ce moment.
01:02:10 L'émotion est forte depuis ce matin.
01:02:13 On imagine le choc des habitants, des parents qui fréquentent ce parc.
01:02:16 Je propose d'écouter quelques réactions.
01:02:19 On réagit, moi je réagis en tant que papy
01:02:22 qui garde mes petits-enfants de 7, 8 et 7 ans sur Annecy.
01:02:25 On se met à la place des parents et des grands-parents
01:02:28 qui vivent cette dramatique événement.
01:02:31 Dès que j'ai vu ça, je suis venue.
01:02:34 Déjà pour soutenir les parents d'enfants qui ont été agressés.
01:02:37 Je trouve inadmissible qu'il n'y ait pas autant de sécurité à Annecy
01:02:40 sachant tout ce qui se passe en ce moment.
01:02:43 La 1ère chose que j'ai fait, j'ai appelé mon ex-belle-fille
01:02:46 pour savoir où était mon petit-fils.
01:02:49 J'ai vite mis sur les réseaux pour savoir si des gens que je connaissais
01:02:52 étaient dedans.
01:02:55 C'est malheureux que ça arrive à Annecy.
01:02:58 - Noémie Schultz est toujours avec nous du service police-justice de CNews.
01:03:01 Retour sur ce qui s'est passé ce matin au Paquiet,
01:03:04 ce lieu central situé sur les bords du lac d'Annecy.
01:03:07 Un endroit très connu et très fréquenté par les familles.
01:03:10 - Ce matin, il y avait dans ce parc des petits-enfants
01:03:13 sans doute pas encore scolarisés avec leurs nounous ou leurs parents.
01:03:16 Ils ont été pris pour cibles par cet homme,
01:03:19 un réfugié syrien de 31 ans qui vivait en Suède depuis 2013
01:03:22 et qui est arrivé en France il y a quelques mois, en 2022.
01:03:25 Il avait fait une demande d'asile qu'il n'avait pas obtenue
01:03:28 parce qu'il avait déjà le statut de réfugié en France.
01:03:31 Un homme marié à une Suédoise avec qui il aurait un enfant
01:03:34 et un homme qui s'en est pris, qui a ciblé précisément les enfants.
01:03:37 On le voit sur les images terribles de l'attaque
01:03:40 qui ont été filmées par un témoin de la scène.
01:03:43 Quelqu'un qui se trouvait dans ce parc.
01:03:46 On le voit, cet homme habillé tout en noir avec un foulard bleu sur la tête
01:03:49 ne cherche absolument pas à attaquer les adultes
01:03:52 même s'il a fait un blessé, un homme de 70 ans environ.
01:03:55 Il s'en prend précisément à des enfants et parmi eux,
01:03:58 ses victimes, un frère et une sœur de 2 et 3 ans à peine
01:04:01 et un petit Allemand de 22 mois, une Anglaise de 3 ans également.
01:04:04 Ces enfants qui, ce matin, étaient dans ce parc
01:04:07 sans doute pour profiter du beau temps.
01:04:10 L'homme a ensuite tenté de prendre la fuite.
01:04:13 Il a été interpellé par la police qui est intervenu extrêmement rapidement.
01:04:16 4 minutes seulement après les premiers appels passés,
01:04:19 les premiers signalements.
01:04:22 Cet homme a été placé en prison.
01:04:25 Il sera entendu quand il sera en état de l'être.
01:04:28 On attend maintenant et de manière imminente
01:04:31 la conférence de presse de la procureure de la République d'Annecy.
01:04:34 Merci beaucoup Noémie.
01:04:37 Réaction à présent de la classe politique, Thierry, après ce drame.
01:04:40 Emmanuel Macron a dénoncé une attaque d'une lâcheté absolue.
01:04:43 La nation est sous le choc.
01:04:46 Nos pensées les accompagnent ainsi que leurs familles.
01:04:49 Les secours mobilisés, a-t-il écrit dans son livre ?
01:04:52 On va maintenant partir en direction de l'Assemblée nationale à Paris.
01:04:55 Une minute de silence a été observée à la demande de la présidente de l'Assemblée,
01:04:58 Yael Brown-Pivet, qui a parlé d'une attaque gravissime.
01:05:01 Gauthier Lebret, bonjour.
01:05:04 Vous êtes à l'Assemblée nationale.
01:05:07 Les députés et les membres du gouvernement ont donc rendu hommage
01:05:10 tout à l'heure aux victimes d'Annecy.
01:05:13 Oui, on était en plein débat sur la réforme des retraites.
01:05:16 Vous le savez, effectivement, il y a eu des réformes.
01:05:19 Mathilde Panot, chef de file de la France Insoumise,
01:05:22 a été la première à en parler dans l'hémicycle.
01:05:25 Après, effectivement, Yael Brown-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale,
01:05:28 a demandé une minute de silence.
01:05:31 Puis, vous savez que les députés Lyaut essayaient d'abroger la réforme des retraites.
01:05:34 Au moment de retirer son texte, le président du groupe Lyot
01:05:37 a lui aussi eu des mots de compassion pour les enfants victimes à Annecy.
01:05:40 Et là, l'ensemble de l'hémicycle a applaudi le président du groupe Lyot.
01:05:43 Je vous propose d'écouter la tradition de la réforme des retraites.
01:05:46 Le président du groupe Lyot, je vous propose d'écouter la très vive émotion
01:05:49 du député Renaissance, qui est donc sur place,
01:05:52 qui a quitté l'Assemblée nationale ce matin, député de Haute-Savoie,
01:05:55 dans sa circonscription, il y a Annecy.
01:05:58 Il est donc parti sur place avec Elisabeth Borne.
01:06:01 Je vous propose d'écouter son émotion ce matin.
01:06:04 C'est une attaque contre l'humanité qui a eu lieu ce matin.
01:06:07 Une attaque contre notre âme, tout simplement,
01:06:10 où de jeunes enfants qui jouaient en dehors du temps scolaire
01:06:13 ont été victimes de violences.
01:06:16 Et nous voulons dire aujourd'hui, c'est notre solidarité d'êtres humains,
01:06:19 d'Anneciens, de Français à leur égard.
01:06:22 Et nous voulons aussi avoir une pensée infiniment reconnaissante
01:06:25 pour les forces de secours, pour les forces de l'ordre,
01:06:28 qui sans hésiter un instant, avec la rapidité qu'exigent les circonstances,
01:06:31 se sont rendues sur place, sont intervenues, sont en train d'intervenir.
01:06:34 Et j'appelle aussi les Français, les Anneciens, les personnes sur place
01:06:37 à laisser les forces de secours, les forces de l'ordre intervenir.
01:06:40 (Propos inaudibles)
01:06:43 (...)
01:06:46 (...)
01:06:49 (Propos inaudibles)
01:06:52 (...)
01:06:55 -Oui, effectivement. Alors, les propos d'Aurore Berger
01:06:58 ont déclenché la polémique, vous le savez,
01:07:01 puisqu'elle s'est servie, selon les députés de la NUPES
01:07:04 et du Rassemblement national, de ce qui se passait à Annecy
01:07:07 pour mettre fin au débat sur la réforme des retraites.
01:07:10 Donc elle a été accusée de récupération politique.
01:07:13 Ça a déclenché la polémique. Je vous propose d'écouter ce qu'a dit
01:07:16 la chef de file des députés Renaissance.
01:07:19 -On a envie de vous dire qu'être en ce moment dans l'hémicycle
01:07:22 avec une espèce de bataille de chiffonniers sur une recevabilité
01:07:25 au nom d'amendements nous paraît en total décalage
01:07:28 par rapport à l'effroi qui, à mon avis, submerge notre pays
01:07:31 quand des enfants sont coups de cible, quand des enfants sont attaqués
01:07:34 et qu'apparemment certains d'entre eux, très jeunes enfants
01:07:37 sont en urgence absolue. Donc ce que nous voulons dire
01:07:40 c'est évidemment notre totale solidarité et que nos pensées
01:07:43 aujourd'hui ne sont tournées que vers les familles,
01:07:46 que vers celles et ceux qui sont à leur côté
01:07:49 et notre soutien évidemment aux forces de l'ordre
01:07:52 qui ont réagi de manière extrêmement rapide,
01:07:55 vraisemblablement, extrêmement efficace.
01:07:58 -Voilà, et je vous rappelle qu'Elisabeth Borne,
01:08:01 la Première Ministre, est sur place en compagnie
01:08:04 du ministre de l'Intérieur et vous avez rappelé Thierry Plutôt
01:08:07 dans l'émission qu'Emmanuel Macron avait lui aussi réagi
01:08:10 dénonçant une attaque d'une grande lâcheté.
01:08:13 -Merci beaucoup cher Gauthier Levoët, merci Miquel Dorian
01:08:16 pour ce journal spécial et cette émission spéciale
01:08:19 "La parole aux Français" consacrée à cette attaque
01:08:22 au couteau à Annecy. Toujours avec moi,
01:08:25 Naomi Schulz, notre spécialiste policeuse-justice,
01:08:28 Georges Fenech et Jean-Michel Fauvergue.
01:08:31 Ce qui est important de signaler, chère Naomi,
01:08:34 c'est que le parquet antiterroriste n'a pas encore été saisi.
01:08:37 C'est un élément important.
01:08:40 -C'est pas qu'il n'a pas été saisi, c'est qu'il ne s'est pas saisi.
01:08:43 C'est le parquet antiterroriste qui va lui-même décider
01:08:46 s'il se saisit ou pas de l'affaire. Quelquefois, ça se fait très rapidement,
01:08:49 parfois il y a un peu plus de temps et il arrive aussi,
01:08:52 et ça peut faire débat, que le parquet antiterroriste estime
01:08:55 qu'il a été saisi par une nature terroriste.
01:08:58 C'était le cas, par exemple, pour l'attaque contre la mosquée de Bayonne
01:09:01 en 2019, ce qui avait fait polémique.
01:09:04 Mais il y a des critères très précis pour que le parquet antiterroriste
01:09:07 saisisse une affaire. Il faut notamment que les infractions
01:09:10 soient commises intentionnellement en relation avec une entreprise
01:09:13 individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement
01:09:16 à l'ordre public par l'intimidation ou la terreur.
01:09:19 Des critères qui sont relativement évolutifs.
01:09:22 On va regarder la personnalité de l'auteur, ses motivations,
01:09:25 la nature de l'acte. Alors là, c'est sûr que quand on regarde le mode opératoire,
01:09:28 une attaque au couteau, on est sur, bien sûr, un mode opératoire
01:09:31 qu'on a beaucoup vu en France ces dernières années,
01:09:34 avec les attaques revendiquées par le groupe Etat islamique.
01:09:37 On va regarder aussi l'idéologie, s'il est rattaché à une éventuelle
01:09:40 entreprise terroriste, l'éventuelle revendication.
01:09:43 Là encore, nous n'avons pas d'élément.
01:09:46 Ce qu'on semble entendre sur cette vidéo, c'est qu'il dit
01:09:49 à un moment "in the name of Jesus Christ". On sait qu'il s'est présenté
01:09:53 sur sa demande d'asile en France comme un chrétien de Syrie,
01:09:56 qu'il porte, d'après les enquêteurs, une croix chrétienne autour du cou,
01:10:01 ce qui en fait effectivement un suspect atypique.
01:10:06 On a rarement vu une attaque en France, voire jamais,
01:10:10 perpétrée par un homme qui se revendique comme ça de la religion chrétienne.
01:10:17 Tout ça est très tôt dans l'affaire.
01:10:21 On est dans l'attente de la conférence de presse aussi.
01:10:23 On en saura plus forcément dans quelques minutes, puisque si le PNAT
01:10:27 décide de se saisir, la procureure d'Annecy n'aura plus la main,
01:10:30 ne pourra pas communiquer. Or, pour le moment, c'est encore elle
01:10:33 qui doit communiquer. Ça veut dire que pour le moment, ça reste
01:10:35 une affaire de droit commun. Ça va avoir notamment comme conséquence
01:10:39 la durée de la garde à vue. Si cette affaire reste une affaire
01:10:43 de droit commun, la garde à vue va durer 48 heures.
01:10:46 Si on passe sur du terrorisme, ça pourra durer le double,
01:10:49 donc 96 heures.
01:10:51 Et puis, il y a déjà une véritable collaboration entre la police française
01:10:56 et la police en Suède, dans le cadre d'Europol aussi.
01:10:59 Oui, bien sûr, au regard du profil de ce suspect qui a passé
01:11:03 une dizaine d'années en Suède. Il était entré en France récemment,
01:11:07 régulièrement. Vous avez évoqué la question du droit d'asile.
01:11:10 Mais encore une fois, cet homme avait un statut de réfugié en Suède.
01:11:13 C'est ce qui lui a permis d'arriver en France. D'ailleurs, la France
01:11:16 lui a refusé le droit d'asile parce qu'il était déjà réfugié
01:11:19 dans un autre pays. Et on imagine bien sûr des enquêteurs suédois
01:11:23 qui vont aller interroger son entourage. Sans doute ensuite,
01:11:27 des enquêteurs français qui se rendront sur place pour faire la lumière
01:11:30 sur les raisons de ce passage à l'acte. On va aussi s'assurer,
01:11:33 vérifier s'il a préparé cette attaque tout seul, s'il a pu bénéficier
01:11:38 d'une aide, s'il y a un commanditaire. Ce sont toujours ces questions
01:11:41 qui se posent à chaque fois qu'une attaque se produit sur le sol français.
01:11:45 Florian Tardif, je disais tout à l'heure juste avant le grand journal
01:11:49 de la mi-journée sur CNews, le temps est à l'hommage évidemment
01:11:53 et on le comprend aisément. Et pas qu'à le temps du débat politique.
01:11:58 Mais il y a également la polémique avec les propos d'Aurore Berger
01:12:02 qui a été accusée déjà de récupération suite à son intervention
01:12:06 qu'on a écoutée tout à l'heure.
01:12:08 Oui, effectivement, puisqu'il faut rappeler que c'était une déclaration
01:12:13 qui s'est déroulée dans l'enceinte de l'Assemblée nationale,
01:12:16 tout simplement parce que depuis 9h ce matin, il y avait l'étude
01:12:20 des différentes propositions de loi des députés Lyot dans le cadre
01:12:24 de leur niche parlementaire et notamment était étudiée l'abrogation
01:12:27 de la réforme des retraites. Et Aurore Berger, la présidente
01:12:31 du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale, a fait un parallèle
01:12:34 entre les débats qui n'étaient pas forcément tout le temps
01:12:40 à la hauteur dans l'hémicycle par rapport à ce qui se passait à Annecy
01:12:46 et le décalage qu'il pouvait y avoir forcément entre ce qui était vécu
01:12:50 malheureusement par une partie des habitants qui ont été confrontés
01:12:54 à ce drame à Annecy et les débats au sein de l'Assemblée nationale
01:12:58 où on voit malheureusement depuis de nombreuses semaines
01:13:00 une classe politique se déchirer et tenter de contrer les manœuvres
01:13:06 des autres à coup d'articles de la Constitution.
01:13:09 Donc voici le parallèle qui a été fait et ça lui est reproché
01:13:12 maintenant par une partie de l'opposition.
01:13:14 Voilà, c'est le jeu politique malheureusement.
01:13:16 Mais globalement dans la sphère politique depuis ce matin,
01:13:21 il n'y a pas de polémique. On peut notamment le souligner
01:13:25 de la part des différents acteurs de la classe politique.
01:13:29 Il y a eu ce terme néanmoins qui a été utilisé par Éric Zemmour
01:13:35 dans l'un de ses tweets qui reprend le terme qu'il avait déjà utilisé
01:13:39 lors de précédentes affaires de Francocide, lors du drame
01:13:43 qui a touché malheureusement Samuel Paty, du drame qui a touché
01:13:47 la petite Lola où il avait pointé du doigt notamment le fait que
01:13:51 la meurtrière était sous le coup du NoQTF.
01:13:54 Donc effectivement même si globalement la classe politique
01:13:57 respecte pour l'instant un moment d'émotion, on va dire, très rapidement.
01:14:02 On l'a vu d'ailleurs quand Elisabeth Borne a débarqué à Annecy
01:14:06 en saluant les élus locaux, etc.
01:14:08 Oui, elle a pris le temps et d'ailleurs on annonçait tout à l'heure
01:14:12 une conférence de presse qui devait se tenir normalement à 14h45.
01:14:16 Vraisemblablement elle est retardée du fait qu'Elisabeth Borne
01:14:20 qui doit s'exprimer elle aussi, prend le temps d'échanger
01:14:23 à la fois avec les autorités locales.
01:14:25 On l'a vu échanger longuement avec le maire d'Annecy
01:14:28 qui était très ému. On l'a vu très clairement sur les images.
01:14:31 Ensuite les différents acteurs qui sont assez rapidement intervenus
01:14:37 sur les lieux du drame. On parlait notamment des policiers
01:14:40 qui sont intervenus en moins de 4 minutes.
01:14:42 Il y a eu également les personnels du SAMU que la Première ministre a salués.
01:14:48 Donc voilà, elle prend le temps de saluer l'ensemble des personnes
01:14:52 qui sont intervenues de près ou de loin dans ce drame
01:14:55 qui s'est déroulé ce matin à Annecy.
01:14:57 Georges Fénac, effectivement ce drame intervient en plein débat
01:15:01 sur la loi de l'immigration et on l'évoquait juste avant
01:15:04 ce jour de la mi-journée. Il est urgent vraiment de changer de braquet là ?
01:15:10 Oui, je crois que c'est très attendu par le pays.
01:15:14 C'est d'ailleurs la raison pour laquelle le gouvernement dépose
01:15:18 ce projet de loi qui est, je le rappelle, le 20ème à peu près
01:15:23 depuis une trentaine d'années et qu'aucun gouvernement de droite
01:15:27 comme de gauche n'a pu maîtriser ces flux migratoires.
01:15:31 Donc aujourd'hui, on est je dirais au pied du mur.
01:15:36 Il va falloir trouver les bonnes dispositions pour protéger
01:15:41 le pays des entrées irrégulières, redéfinir aussi ce qu'est
01:15:46 la politique d'immigration, c'est important, faire en sorte
01:15:50 que toutes les décisions de justice soient rendues dans des délais
01:15:54 irraisonnables et qu'elles soient exécutées quand elles sont
01:15:58 prononcées, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
01:16:00 Il y a un aveu d'impuissance d'ailleurs récemment sur ces questions
01:16:04 de l'exécution de QTF. Donc voilà, nous sommes face à un véritable défi
01:16:10 qui plus est qui a une dimension européenne, on ne peut pas négliger.
01:16:14 Certains, vous le savez, réclament aujourd'hui, notamment les LR,
01:16:18 réclament une réforme constitutionnelle pour faire prévaloir
01:16:23 les décisions internes sur le droit international et les traités.
01:16:27 Certains ont réussi à le faire, d'ailleurs au Danemark déjà,
01:16:30 sans qu'il y ait eu forcément de modifications constitutionnelles.
01:16:33 Donc on voit que c'est quand même possible.
01:16:36 Et la question de la protection de nos frontières européennes,
01:16:39 également qui se pose. Et puis là, en l'espèce, apparaît au grand jour
01:16:43 la question de ce qu'on appelle un peu les Dublinais, c'est-à-dire ceux
01:16:47 qui relèvent des accords de Dublin, qui consistent à rendre responsable
01:16:54 le pays où la demande d'asile a été acceptée.
01:16:58 Et on voit bien qu'ici, il y a un problème, puisqu'il vient en France,
01:17:03 il veut obtenir un nouveau statut, mais on ne peut pas,
01:17:08 puisqu'il a déjà été obtenu en Suède et que manifestement,
01:17:12 on n'a pas le contrôle de cette situation. Et qui plus est,
01:17:16 il est relâché dans la nature pendant huit mois avant que la décision
01:17:19 ne soit rendue. Donc toutes ces questions européennes, internationales
01:17:25 et internes doivent être contenues dans un projet de loi d'une grande envergure,
01:17:30 parce que je crois qu'aujourd'hui, les Français n'accepteraient plus
01:17:34 que nous ayons un pays qui soit fracturé sur les questions de sécurité
01:17:40 en lien avec une immigration incontrôlée.
01:17:43 Effectivement, puisque pour revenir sur ce dossier, les réfugiés,
01:17:48 c'est-à-dire les personnes qui se sont vues accorder le statut de réfugiés,
01:17:52 peuvent séjourner dans n'importe quel pays de l'espace Schengen
01:17:57 du moment que ce séjour est inférieur à trois mois.
01:18:00 Ils ne peuvent s'installer durablement dans un autre pays.
01:18:04 S'ils souhaitent s'installer dans un autre pays, comme potentiellement
01:18:07 cela pouvait être le cas avec cet individu qui a donc fait cette demande en Suède,
01:18:12 la demande a été acceptée en Suède, il a depuis le statut de réfugié,
01:18:16 pouvait venir en France, mais dans ce cas-là, il fallait demander
01:18:19 une autorisation à l'Office français de protection pour les réfugiés
01:18:22 et les apatrides. Et cette demande était ensuite étudiée,
01:18:26 ce qui a vraisemblablement été le cas avec cette nouvelle demande d'asile
01:18:30 qui a été déposée en France il y a huit mois, et cette demande a été refusée
01:18:36 par l'intéressé, tout simplement parce que, effectivement,
01:18:40 lorsque l'on souhaite s'installer dans un autre pays, il faut justifier
01:18:44 cette demande d'installation, soit parce qu'on a trouvé un emploi,
01:18:49 soit parce qu'on souhaite se rapprocher d'un membre de sa famille,
01:18:52 et visiblement ce n'était pas justifié dans le cas présent,
01:18:55 puisqu'il a vu sa demande d'asile en France refusée,
01:18:58 c'était il y a quelques jours à peine.
01:19:00 Jean-Michel Faubergne.
01:19:01 - Un individu dans un parc.
01:19:02 - Plié au télédirect, Elisabeth Van Renski, Sixth Wave.
01:19:04 - Nous sommes bouleversés par cet acte odieux, inqualifiable.
01:19:09 Quand ça touche des enfants, je pense qu'on est chacun touchés
01:19:12 au plus profond de nous-mêmes, et aujourd'hui, c'est tout notre pays
01:19:16 qui est sous le choc. Mes premières pensées vont aux parents
01:19:21 et aux enfants qui sont encore dans un état grave,
01:19:27 et aux adultes qui ont également été blessés.
01:19:31 Je voudrais vraiment saluer l'intervention des forces de l'ordre
01:19:36 qui ont pu intervenir très rapidement et interpeller cet auteur.
01:19:42 Je voudrais aussi remercier les secours, les soignants
01:19:47 qui ont immédiatement pris en charge les blessés
01:19:51 et qui sont encore actuellement en train de les prendre en charge.
01:19:56 L'enquête permettra de préciser à la fois le parcours,
01:20:01 le profil de cet assaillant, et naturellement,
01:20:04 toute la lumière devrait être faite.
01:20:07 Mais aujourd'hui, c'est le temps de l'émotion,
01:20:10 et nous sommes ici avec le ministre de l'Intérieur,
01:20:13 au côté des habitants d'Annecy, pour exprimer tout le soutien
01:20:18 et toute la solidarité de la nation.
01:20:21 Madame la procureure conduit cette enquête
01:20:24 avec l'appui de la police judiciaire,
01:20:26 et je vous propose de prendre la parole, madame la procureure.
01:20:29 Oui, donc effectivement, une enquête est actuellement en cours
01:20:33 des chefs de tentative d'assassinat,
01:20:35 qui a été confiée à la direction centrale de la police judiciaire.
01:20:38 Le mis en cause est actuellement en garde à vue
01:20:40 au coût du commissariat de police d'Annecy.
01:20:43 Le mobile reste à déterminer.
01:20:45 Des premiers éléments de l'enquête, et je vous dis vraiment
01:20:47 sous toute réserve, puisqu'on est sur des faits
01:20:49 qui se sont commis à à peine 4 heures,
01:20:51 il n'y a aucun mobile terroriste apparent.
01:20:53 Il y a une évaluation qui est en cours,
01:20:55 comme c'est l'usage en ce type de procédure
01:20:57 par le Parquet national antiterroriste,
01:20:59 mais en l'état, on n'a pas d'élément
01:21:01 qui pourrait nous laisser entendre
01:21:03 qu'il y ait une motivation terroriste.
01:21:06 L'enquête, elle, porte donc sur une tentative d'assassinat.
01:21:09 Il y a eu 6 victimes, 4 mineurs et 2 adultes.
01:21:12 Les 4 mineurs sont tous les 4 en état d'urgence absolu.
01:21:15 Ils ont été transférés dans divers établissements hospitaliers
01:21:19 du ressort et en Suisse.
01:21:21 Ils ont tous été victimes de blessures à l'arme blanche.
01:21:24 Un des adultes a été également victime d'armes blanches
01:21:28 plus légèrement.
01:21:30 Et une 6e personne a été victime, dans un premier temps,
01:21:34 de coups de couteau de l'auteur,
01:21:36 qui a été, au moment de l'intervention des services de police,
01:21:40 blessé par une arme à feu utilisée par les services de police.
01:21:44 Je précise bien que l'auteur qui était interpellé,
01:21:46 qui était en garde à vue, n'a été trouvé porteur
01:21:48 que d'une seule arme qui est dans notre possession
01:21:50 et qui est un couteau dont nous disposons.
01:21:52 Donc l'enquête se poursuit.
01:21:54 A été ouverte en parallèle une enquête
01:21:57 pour déterminer les circonstances dans lesquelles
01:21:59 les policiers ont fait usage de leur arme à feu.
01:22:02 L'auteur est actuellement en garde à vue.
01:22:04 Il n'a pas blessé ou très légèrement.
01:22:06 Il va être entendu sur ces motivations
01:22:08 qui restent aujourd'hui à déterminer.
01:22:10 Madame le procureur,
01:22:12 quel est le parcours et le profil du suspect ?
01:22:16 Ça fait 4 heures que l'affaire a eu lieu.
01:22:19 C'est beaucoup trop tôt aujourd'hui pour vous dire.
01:22:21 Nous, ce qu'on sait aujourd'hui, vraiment,
01:22:23 des premiers éléments, c'est qu'on est face à quelqu'un
01:22:25 qui a pris son domicile fixe
01:22:27 et qui a un parcours migratoire en Europe
01:22:29 avec une demande d'asile qui lui a été accordée,
01:22:31 pas par la France.
01:22:33 Ce qui est intéressant sur ce point,
01:22:35 c'est donc en effet, a priori, à ce stade,
01:22:37 il s'agit d'un Syrien
01:22:39 qui a le statut de réfugié en Suède depuis 10 ans,
01:22:44 qui a demandé l'asile en France,
01:22:47 mais c'était sans objet,
01:22:49 puisqu'il a déjà le statut de réfugié.