00:00 C'est une situation dramatique.
00:01 On se prépare avec la Société française de médecine d'urgence,
00:04 la Société de médecine de catastrophe.
00:06 On fait des exercices régulièrement,
00:08 mais la situation de multiples victimes pédiatriques est un enjeu.
00:13 Alors prise en charge...
00:14 - Vous voulez dire que le fait qu'on ait quatre enfants aujourd'hui
00:16 qui aient dû être pris en charge avec des choses aussi graves,
00:19 poser une question d'organisation de notre pédiatrie ?
00:22 - Les Samus Mûres sont habitués à prendre en charge des adultes,
00:25 les pédiatres, la pédiatrie.
00:27 La traumatologie pédiatrique, c'est beaucoup moins fréquent, heureusement.
00:30 On a 5% de traumatismes pénétrants pédiatriques
00:33 par rapport à des traumatismes fermés,
00:34 des accidents de la route, des chutes de poussettes,
00:36 d'escaliers hauts, des défenestrations.
00:38 C'est quelque chose d'extrêmement rare.
00:40 - Que craint-on ce soir pour des enfants qui ont reçu des coups de couteau
00:43 faits par un adulte dont on a vu la taille ?
00:44 - Alors immédiatement, les lésions vont être beaucoup plus importantes.
00:48 La taille du couteau par rapport à l'organisme,
00:50 un couteau de 20 cm, ça transperce le corps.
00:55 Donc là, je ne sais pas quelle était la taille de la lame, je crois.
00:56 A priori, sur les premières informations qu'on a, c'est un...
00:59 - Un opinel.
01:00 - Pardonnez-moi.
01:01 - Un opinel.
01:01 - Voilà, d'un opinel, d'un couteau qui n'est pas très important,
01:04 mais qui peut créer des blessures bien entendu terribles.
01:06 - Voilà, l'enfant va saigner beaucoup plus rapidement.
01:08 La morphologie, les structures osseuses ne sont pas consolidées.
01:11 Donc le thorax, par exemple, ne fait pas d'interface osseuse.
01:14 Les côtes ne vont pas pouvoir arrêter la lame, comme pour un adulte.
01:17 Donc les lésions se font beaucoup plus rapidement.
01:19 - Quand on emploie le terme d'urgence absolue, qu'est-ce que ça veut dire ?
01:21 Pour tous ceux qui l'écoutent et pour moi le premier,
01:24 c'est quelque chose de terrible.
01:25 - C'est une catégorisation quand on a de multiples victimes.
01:28 Urgence relative, "attendre",
01:31 évidemment s'il y a une seule urgence, on va la prendre en charge tout de suite,
01:34 on va l'amener tout de suite.
01:35 Urgence absolue, c'est quelqu'un qui doit aller immédiatement à l'hôpital.
01:39 Et parmi les urgences absolues,
01:41 on décline encore plus rapidement les extrêmes urgences,
01:43 c'est-à-dire des patients qui vont aller directement au bloc opératoire.
01:47 - Pardonnez-moi, mais au moment où nous parlons,
01:49 oui, au moment de leur prise en charge, qu'est-ce qu'on fait ?
01:51 On nettoie les plaies, tout de suite on leur donne du sang,
01:55 ils peuvent faire l'objet d'interventions chirurgicales,
01:57 au sens premier du terme, en fonction des organes
02:00 ou des parties du corps qui seraient touchées, vous comprenez ?
02:02 - Oui, mais pas sur place.
02:04 Sur place, le risque essentiel sur place, ça va être l'hémorragie, le choc d'hémorragie.
02:09 On fait ce qu'on appelle le "damage control",
02:10 on empêche le saignement, on limite le saignement.
02:12 - Ça c'est la médecine d'urgence ?
02:13 - Médecine d'urgence, et ensuite on amène rapidement le patient à l'hôpital.
02:15 - Alors une fois à l'hôpital,
02:16 sur ce que l'on croit comprendre pour l'instant de l'état de ces enfants ?
02:19 - On opère, je n'ai pas d'info, de toute façon je ne pourrais pas vous les donner,
02:22 mais sur les infos, sur des lésions viscérales, des lésions, c'est la chirurgie,
02:27 voire de la radio-hombolysation, c'est-à-dire en radiologie,
02:30 on va émettre un petit cathéter qui va obturer un vaisseau qui saigne.
02:32 C'est de la chirurgie de précision, ce que l'on fait couramment chez l'adulte,
02:36 ça se fait aussi chez l'enfant, mais imaginez à la taille d'un enfant,
02:38 des vaisseaux pour monter des cathéters, c'est beaucoup plus difficile.
02:42 Les équipes le font, mais moins fréquemment.
02:44 - C'est de la médecine ultra spécialisée ?
02:47 - Ultra spécialisée.
02:49 Pour vous donner un exemple, sur l'île de France,
02:51 on a six, ce qu'on appelle les trauma centers de niveau 1,
02:54 c'est-à-dire des centres de traumatologie majeurs
02:55 qui prennent en charge de multiples victimes,
02:57 il y en a un seul pédiatrique.
02:58 Sur la région Rhône-Alpes, il y a Grenoble, qui est le trauma center pédiatrique,
03:04 Annecy est un trauma center adulte, ils font de la chirurgie pédiatrique,
03:07 donc ils peuvent faire, mais ils n'ont pas l'habitude de le faire régulièrement.