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  • il y a 3 ans
Christine Kelly et ses chroniqueurs débattent de l'actualité dans #Facealinfo

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00:00:00 Bonsoir à tous, 19h c'est l'heure, édition spéciale sur CNews, à 9h45, ce 8 juin, la France s'est arrêtée.
00:00:11 Sous un soleil radieux, à Annecy, appelée la Venise des Alpes,
00:00:16 connue pour être l'une des meilleures villes où il fait bon vivre en France.
00:00:21 Pas loin du lac, au pied du pont dit du Pont des Amours, dans un jardin d'enfants,
00:00:28 au milieu des cris d'insouciance et de joie.
00:00:31 L'horreur a donc choisi son décor pour frapper quatre enfants en urgence absolue,
00:00:37 deux avec un pronostic vital engagé, deux adultes également frappés.
00:00:44 La France en souffrance, qui pouvait imaginer un événement aussi terrible ?
00:00:48 Entre la sidération, l'effroi, la colère, quel cap vient d'être franchi ?
00:00:53 Est-ce cette scène d'horreur qui pourrait tout changer et forcer les autorités
00:00:57 à un grand changement en matière sécuritaire ?
00:01:00 L'horreur, oui, mais jusqu'à quand ? L'édito de Mathieu Boccoté.
00:01:06 La France en souffrance, le pays de la compassion et des marches blanches,
00:01:11 mais sommes-nous également le pays du déni politique ?
00:01:14 Immédiatement, le procès en récupération a été brandi dès ce matin.
00:01:18 Que veulent cacher ces procès en récupération systématique ?
00:01:22 Est-ce une manière d'évacuer la possibilité de réfléchir à ce drame ?
00:01:26 L'analyse de Raphaël Stainville.
00:01:29 La France en souffrance, comment ne pas hurler sa colère
00:01:32 lorsqu'elle est touchée au cœur de son enfance ?
00:01:35 Bataclan, Nice, ville urbaine, Marseille,
00:01:39 ces enfants, ces jeunes âmes, ont-elles payé de leur vie
00:01:42 le dévoiement de l'accueil dans notre pays ?
00:01:46 Le décryptage de Gabriel Cluzel.
00:01:49 La France en souffrance, mais qui est cet homme qui s'est interpellé,
00:01:53 tant bien que mal, qui a poursuivi l'assassin,
00:01:56 qui l'a empêché de faire d'autres victimes face à l'abominable,
00:01:59 celui dont personne ne parle ?
00:02:01 Est-ce la seule responsabilité personnelle, l'audace, le courage,
00:02:05 de risquer sa vie qui peut limiter les actes monstrueux ?
00:02:09 Loin de se faire justice soi-même n'y a-t-il pas là,
00:02:11 un principe de lutte, de résistance, à saluer ?
00:02:15 Le regard de Marc Mement.
00:02:18 La France en souffrance, la France a toujours accueilli les demandeurs d'asile
00:02:21 qui échappaient à la mort dans leur pays pour se réfugier sous ses ailes protectrices.
00:02:26 Aujourd'hui, pourquoi certains réfugiés apportent-ils avec eux la terreur
00:02:31 dans le pays dont ils foulent le sol en toute tranquillité ?
00:02:35 La nation pourra-t-elle surmonter ses divisions
00:02:38 devant cette manifestation d'horreur ?
00:02:40 L'édito de Mathieu Boccoté.
00:02:43 Je vous le dis à édition spéciale ce soir dans Face à l'Info
00:02:46 pour essayer de comprendre ce qui s'est passé.
00:02:48 On commente, on décrypte, on analyse.
00:02:50 C'est parti avec nos journalistes et nos éditorialistes.
00:02:54 Charlotte n'est pas avec nous ce soir, on pense à elle.
00:03:09 Gabriel Cluzel et là, Marc Mement, Raphaël Stainville, merci d'être avec nous.
00:03:12 Mathieu Boccoté et nos J'ai mis Schultz,
00:03:14 nous avons fait venir exceptionnellement ce soir déjà pour planter le décor.
00:03:18 Quels sont les faits ? Que s'est-il passé depuis ce matin ?
00:03:21 On sait que l'attaque s'est produite ce matin,
00:03:24 vous l'avez dit, aux alentours de 9h45.
00:03:26 Un homme s'est présenté dans ce parc,
00:03:30 cette aire de jeu située tout près du lac d'Annecy.
00:03:33 Et il a pris pour cible, et c'est ce qui est frappant sur une vidéo de l'attaque
00:03:37 que nous avons pu consulter, il a pris pour cible les petits enfants
00:03:41 qui se trouvaient ce matin dans ce parc, des enfants très jeunes,
00:03:44 moins de 3 ans, des enfants qui n'étaient pas encore scolarisés.
00:03:47 Et c'est intéressant de voir qu'il n'a absolument pas cherché
00:03:51 à s'en prendre aux adultes,
00:03:52 qui certains ont cherché à le faire fuir ou à s'interposer,
00:03:56 mais il ciblait uniquement les petits enfants.
00:03:58 On a vu cet homme en noir, bermuda, t-shirt, avec des lunettes noires aussi,
00:04:03 une sorte de foulard sur la tête,
00:04:05 qui portait une croix chrétienne autour du cou,
00:04:09 qu'il a semblé embrasser à plusieurs reprises,
00:04:13 et qui déambule dans ce parc et s'en prend à ses jeunes enfants
00:04:18 avant de tenter de prendre la fuite.
00:04:20 Il a été très rapidement interpellé, et on aura l'occasion d'y revenir,
00:04:24 puisque 4 minutes après, les forces de l'ordre étaient présentes sur place.
00:04:27 On ne sait évidemment rien encore des motivations de cet homme.
00:04:31 On parlera justement de l'action de la police dans un instant,
00:04:34 après les deux premiers éditos,
00:04:36 mais que sait-on du profil de l'agresseur ?
00:04:39 On sait que c'est un Syrien de 31 ans,
00:04:42 qui est arrivé en France en 2022,
00:04:46 mais il vivait déjà depuis 2013 en Suède.
00:04:50 Il avait d'ailleurs obtenu le statut de réfugié en Suède,
00:04:53 il était arrivé en France en 2022,
00:04:55 et il avait fait une demande d'asile à ce moment-là,
00:04:57 dans laquelle d'ailleurs, il se présentait comme un chrétien de Syrie.
00:05:02 Une demande d'asile qui lui a été refusée, pourquoi ?
00:05:04 Eh bien parce que justement, il avait déjà ce statut de réfugié en Suède,
00:05:07 et qu'on ne peut pas l'obtenir dans deux pays différents.
00:05:10 Et ce refus lui avait été notifié il y a quelques jours,
00:05:12 au début du mois de juin.
00:05:14 On sait que cet homme en Suède, il avait construit sa vie,
00:05:17 puisqu'il était marié, il avait un enfant.
00:05:20 Cette jeune femme qu'il avait rencontrée en Turquie,
00:05:23 un de nos confrères de l'AFP,
00:05:24 on peut s'entretenir avec cette jeune femme qui a donné des éléments.
00:05:29 Il était donc arrivé, on sait qu'il n'avait pas d'antécédent,
00:05:34 il n'était pas connu ni des services de renseignement, ni de la police.
00:05:36 C'est également ce qu'ont indiqué les enquêteurs suédois,
00:05:38 il n'avait pas d'antécédent judiciaire en Suède.
00:05:41 La question bien sûr de son profil psychiatrique va se poser,
00:05:44 mais nous n'avons pas d'élément à l'heure actuelle.
00:05:46 On sait qu'il est passé à l'acte avec un couteau pliable de type Opinel.
00:05:51 Et il y a effectivement beaucoup de questions
00:05:53 maintenant auxquelles l'enquête va devoir répondre.
00:05:55 Il a été placé en garde à vue.
00:05:58 Cette garde à vue, elle peut durer jusqu'à 48 heures,
00:06:00 car, et là aussi c'est important,
00:06:02 la procureure de la République d'Annecy, qui dirige l'enquête,
00:06:06 indique qu'il n'y a pour le moment pas de mobile terroriste,
00:06:08 en tout cas rien qui peut laisser penser
00:06:10 qu'il y a un mobile terroriste dans cette attaque.
00:06:12 Ce n'est donc pas le parquet antiterroriste qui s'est saisi de l'enquête.
00:06:16 Et cet homme est en train d'être interrogé,
00:06:19 visiblement une garde à vue un petit peu chaotique.
00:06:21 Il tient des propos relativement peu cohérents.
00:06:24 Et c'est pour ça que les jours à venir seront très importants
00:06:26 pour comprendre s'il avait prémédité cette action depuis plusieurs jours,
00:06:30 s'il était venu en repérage.
00:06:32 Il est en tout cas en garde à vue pour tentative d'assassinat.
00:06:36 Avant d'écouter l'édito de Mathieu Bocoté,
00:06:38 je vous propose d'écouter quelques secondes de l'ex-compagne de la Sayon
00:06:43 qui dit qu'elle n'a pas de ces nouvelles.
00:06:45 Je ne sais pas ce qui lui est arrivé.
00:06:50 Ce que vous me dites, c'est terrible.
00:06:52 Mais je n'ai pas eu de contact avec lui,
00:06:53 je ne sais pas où il vit ni comment il va psychologiquement.
00:06:56 Donc je ne peux pas en dire beaucoup.
00:06:58 Je ne sais pas grand chose de lui depuis huit mois.
00:07:00 Il est très fort de ce Turquie.
00:07:04 Nous nous sommes rencontrés en Turquie.
00:07:06 Nous sommes tombés amoureux et nous sommes venus en Suède.
00:07:09 Après deux ans, nous nous sommes mariés,
00:07:10 mais il n'a pas pu obtenir la nationalité suédoise.
00:07:13 Donc il a décidé de quitter le pays.
00:07:15 À ce moment-là, il est parti.
00:07:17 Nous nous sommes séparés parce que je ne voulais pas quitter la Suède.
00:07:20 La journée semblait tranquille,
00:07:24 consacrée au dernier moment du débat sur les retraites ce matin.
00:07:28 Puis l'horreur absolue nous a rattrapés un migrant syrien,
00:07:32 comme il a été présenté, un demandeur d'asile
00:07:35 qui officiellement demandait protection à la France,
00:07:38 est livré à cette attaque à l'arme blanche contre des enfants à Annecy.
00:07:42 Deux d'entre eux, je le disais en titre de pronostic vital engagé.
00:07:46 Cet événement n'est pas sans nous rappeler, Mathieu Boquecote,
00:07:49 qu'Emmanuel Macron nous a parlé il y a quelques jours à peine
00:07:52 de la décivilisation du pays,
00:07:54 alors que d'autres parlent d'ensauvagement.
00:07:57 - Je pense qu'il serait bien malvenu aujourd'hui,
00:07:59 pour quelques commentateurs que ce soit,
00:08:01 de contester la valeur de ces deux concepts,
00:08:05 de ces deux termes, "ensauvagement" ou "décivilisation".
00:08:08 Parce que qu'est-ce qu'on voit là?
00:08:11 Et ça va être le point de départ de ma réflexion.
00:08:13 Chaque fois qu'on a un événement qui frappe des enfants notamment,
00:08:16 mais pas seulement, mais on peut penser à l'histoire de la petite Lola,
00:08:19 on se dit, là un cap vient d'être franchi,
00:08:22 on ne voit pas ce qui pourrait être pire.
00:08:24 Qu'est-ce qu'on peut imaginer d'encore pire que la scène que nous venons de vivre?
00:08:28 On s'est dit ça au moment de l'affaire Lola.
00:08:29 Là, je ne veux pas faire de hiérarchie dans l'horreur,
00:08:31 je dis simplement qu'on n'avait pas imaginé non plus,
00:08:34 dans nos scénarios les plus chaotiques,
00:08:36 dans nos scénarios les plus horribles,
00:08:38 qui avait imaginé l'idée d'un migrant qui a demandé protection à la France,
00:08:43 et qui au moment où il demande protection à la France,
00:08:45 qui se vit comme un réfugié en Europe,
00:08:47 on verra son profil psychiatrique, on verra si il est fou, on verra tout ça,
00:08:51 mais qui se présente comme un réfugié,
00:08:54 et par ailleurs, c'est sous ce statut de demandeur d'asile
00:08:57 qu'il se met à poignarder des bébés.
00:08:59 Je pense que personne n'aurait pu imaginer la formule
00:09:02 « poignarder des bébés » dans sa tête.
00:09:03 C'est une phrase que l'esprit humain se refuse de construire
00:09:06 pour d'excellentes raisons, parce que c'est une phrase horrible.
00:09:09 Alors qu'est-ce qu'on voit?
00:09:10 Un cap a été franchi, encore une fois,
00:09:12 un cap assez… c'est un poignardé au hasard,
00:09:14 si je peux me permettre, il faut en rajouter là-dedans.
00:09:16 On est, je vais te dire, on est dans le summum de l'horreur.
00:09:19 Mais je n'ose pas dire ça,
00:09:20 parce que rien ne nous dit que dans trois semaines,
00:09:22 dans six semaines, ou demain, ou dans un an,
00:09:24 on n'aura pas un autre événement qui nous dira
00:09:25 « on était absolument incapable de prévoir ça ».
00:09:28 On est à nouveau dans le summum de l'horreur,
00:09:29 comme si on repoussait sans cesse le pic de l'Everest
00:09:32 dans la conquête de l'horreur dans nos sociétés,
00:09:35 à tout le monde, en Europe et en France en particulier.
00:09:38 Et je crois que c'est le point de départ
00:09:39 que l'imagination est chamboulée,
00:09:41 l'imagination est bouleversée.
00:09:43 Nous ne sommes pas capables d'imaginer le pire sous ce trait,
00:09:45 et pourtant nous y sommes obligés,
00:09:48 d'autant que là, tout est filmé.
00:09:51 On voit un individu erratique, un individu errant,
00:09:53 on voit, je reviendrai, un individu courageux.
00:09:55 Un, pas dix, pas quinze, pas vingt, pas trente,
00:09:58 un courageux qui lui tient tête.
00:09:59 Mais quoi qu'il en soit, c'est le point de départ de cette histoire.
00:10:03 Deux éléments aussi dans cette première...
00:10:05 c'est le moment de poser le problème.
00:10:08 Immédiatement, immédiatement,
00:10:10 avant que quelques récupérations,
00:10:12 on y reviendra dans un instant, ne surviennent,
00:10:15 le système, je dirais, médiatico-politique
00:10:17 se met en place pour dire...
00:10:19 pour interdire toute réflexion sur le statut de la personne qui est là,
00:10:22 c'est-à-dire, objectivement, c'est un migrant syrien.
00:10:26 Là, on découvre qu'il est chrétien,
00:10:28 et on a l'impression d'entendre dans plusieurs salles de rédaction
00:10:31 un immense soulagement.
00:10:33 C'est-à-dire, ouf, il est chrétien, imaginez s'il était autre chose.
00:10:37 Et dès lors, on traitera le problème,
00:10:41 je dirais, l'événement,
00:10:42 avec une forme d'esprit un peu tordu.
00:10:45 C'est-à-dire, s'il avait été...
00:10:47 on se dit, s'il avait été au QTF et globalement musulman
00:10:50 sous le signe du Dalaï-Wachbar,
00:10:52 alors là, il y aurait le dispositif du pas d'amalgame
00:10:54 qui se serait mis en place.
00:10:56 Là, il se déploie, mais autrement, en disant,
00:10:58 il est interdit de réfléchir au fait
00:11:00 que cette personne soit un migrant syrien.
00:11:02 Je note, en passant, sur une autre chaîne,
00:11:05 une autre chaîne d'info, un témoin des événements
00:11:07 racontait ce qu'il a vu.
00:11:08 Il dit, vous savez, c'est un...
00:11:10 il prend la peine de dire c'est un migrant,
00:11:11 puis ça arrive assez souvent,
00:11:13 il prend la peine de noter l'ampleur du phénomène migratoire.
00:11:15 Et tout de suite, la journaliste est là pour le recadrer,
00:11:18 ne lui permet même pas, au témoin des événements,
00:11:20 d'aller jusqu'au bout de ce qu'il raconte,
00:11:22 en disant, non, non, lui, il était rentré légalement.
00:11:25 C'est pas une circonstance atténuante,
00:11:27 si je peux me permettre.
00:11:29 Mais elle prétend, s'anticipant, surtout,
00:11:31 ne tirer pas de conséquences sociales ou politiques
00:11:33 de tout cela.
00:11:34 Je ne peux m'empêcher de citer, par ailleurs,
00:11:36 le maire d'Annecy, François Astorg,
00:11:39 j'espère ne pas mal prononcer son nom,
00:11:40 qui a publié un tweet il y a quelques jours,
00:11:43 en 23 mai, où il disait,
00:11:45 "Annecy est une terre de résistance au fascisme,
00:11:48 une terre de solidarité, une ville-refuge
00:11:50 pour celles et ceux qui fuient la guerre,
00:11:52 la misère et le malheur dans le monde.
00:11:54 Il en va de notre devoir et plus encore de notre honneur
00:11:57 d'affirmer ici nos convictions républicaines."
00:12:00 Je note simplement que ce n'est pas le fascisme
00:12:01 qui a frappé à l'arme blanche dans sa ville aujourd'hui.
00:12:04 - Mathieu Bocoté, on se demande en ce moment,
00:12:09 est-ce qu'il s'agit d'un acte terroriste?
00:12:10 On a vu que pour l'instant, on ne va pas vers cette piste.
00:12:12 On se demande s'il s'agit d'un problème psychologique.
00:12:16 On a une tendance à aller tout de suite aussi vers ce profil.
00:12:21 Cette distection est-elle nécessaire en ce moment?
00:12:24 - Alors, on ne peut pas ne pas se poser la question
00:12:26 du "est-ce que c'est un acte terroriste?"
00:12:28 Apparemment, ce n'est pas le cas pour l'instant.
00:12:31 Et parce qu'on est passé, dans l'espace de quelques années,
00:12:34 en Europe, de l'attentat format,
00:12:38 l'organisation militaire, c'est le Bataclan,
00:12:41 l'attentat au couteau du loup solitaire.
00:12:44 Donc, on voit qu'il y a ces deux...
00:12:45 Et là, le premier réflexe, on pouvait se dire
00:12:47 qu'on est devant ce cas.
00:12:48 Ce n'est peut-être pas le cas.
00:12:49 Donc, il est bien de distinguer les types de violences.
00:12:52 Ce n'est pas un attentat terroriste,
00:12:53 parce qu'on en sait.
00:12:54 Par ailleurs, est-ce que c'est un cas de folie pure?
00:12:57 Ce n'est pas inimaginable, ça arrive.
00:12:59 Par définition, il faut avoir une case un peu mal placée
00:13:04 pour poignarder des enfants, des bébés.
00:13:06 Il faut être, d'une manière ou de l'autre,
00:13:08 qu'il soit fou ou non, il est fou de poignarder.
00:13:10 Il faut quand même le dire.
00:13:11 - Il faut mettre des médicaments ou des stupéfiants.
00:13:12 - Ou il est possédé, ou on aurait dit ça autrement.
00:13:14 De l'une manière ou de l'autre,
00:13:15 il n'est pas parfaitement sur cette terre.
00:13:17 Ce qui est certain, cela dit,
00:13:19 donc oui, il faut distinguer les types de violences.
00:13:22 Ensuite, distinguer les types de violences
00:13:26 n'est pas une manière de les hiérarchiser, encore une fois.
00:13:29 C'est-à-dire que la violence qui frappe la France aujourd'hui
00:13:31 est multiforme.
00:13:32 C'est une violence multiforme qui prend plusieurs visages.
00:13:34 Il y a le cas des violences terroristes, en tant que telle.
00:13:36 Il y a aussi les violences de ce qu'on pourrait appeler
00:13:38 le gangstérisme ou les dealers qui ne brandissent pas
00:13:42 un je ne sais quel drapeau religieux,
00:13:44 qui à tout le moins,
00:13:45 ce n'est pas l'élément central de leur violence,
00:13:47 mais qui font, et Charnotte nous en parle très régulièrement,
00:13:49 qui font subir aux Français une violence régulière,
00:13:52 atroce, abjecte, sans drapeau, sans slogan,
00:13:55 sans à la wakba, mais c'est une violence qui frappe.
00:13:57 Et là, donc, on a la violence aussi,
00:13:58 si c'est le scénario qui se confirme,
00:14:00 du déséquilibré absolu.
00:14:01 Et ça, encore une fois, on le redit souvent ici,
00:14:05 accueillir sous le signe du droit d'asile
00:14:07 des gens qui ont des problèmes psychiatriques graves,
00:14:09 eh bien, en dernière instance,
00:14:10 on accueille non seulement cette personne,
00:14:12 mais ses problèmes et les conséquences de ses problèmes.
00:14:15 Et les conséquences de ses problèmes,
00:14:16 aujourd'hui, ce sont des coups de poignard à répétition.
00:14:20 Donc, quel que soit, je dirais, le type de violence,
00:14:23 ça fait partie de cette vague qui participe
00:14:25 à la décivilisation dont nous parlait Emmanuel Macron.
00:14:28 Plus largement, on peut se dire qu'il n'y a plus
00:14:29 aucun endroit qui est à l'abri.
00:14:31 Il faut juste le dire, l'école n'est plus à l'abri,
00:14:33 on en a parlé cette semaine, la rue n'est plus à l'abri,
00:14:36 non plus que les transports en commun,
00:14:37 les femmes sont les premières à le savoir,
00:14:39 les parcs, désormais, dans une ville qui se croyait
00:14:41 protégée contre tout, surtout contre le fascisme,
00:14:43 bien qu'une autre chose ait frappé aujourd'hui.
00:14:46 On parlait autrefois, vous savez,
00:14:47 on disait il y a des quartiers non recommandables,
00:14:48 on disait va pas dans ce quartier-là
00:14:49 si tu veux pas de soucis.
00:14:51 Là, on a inversé la logique peu à peu.
00:14:52 Désormais, on guette les quartiers recommandables.
00:14:54 Là, tu vas peut-être te tenir tranquille,
00:14:55 mais il n'y a plus de lieu véritablement immunisé,
00:14:59 il n'y a plus de lieu sous-bouclier,
00:15:01 il n'y a plus de lieu véritablement protégé,
00:15:03 et ça, je dirais, de la Seine-Saint-Denis à Annecy,
00:15:07 vous pouvez en toutes circonstances,
00:15:09 en tout lieu, désormais, recevoir un coup de poignard.
00:15:12 - Est-ce que cette scène d'horreur
00:15:14 pourrait tout changer et forcer les autorités
00:15:17 à un grand changement en matière de sécurité?
00:15:20 Beaucoup se posent la question.
00:15:21 - Oui, je pense que c'est le premier réflexe.
00:15:23 Quand on voit ça, on se dit bon là,
00:15:24 ça sera plus jamais pareil.
00:15:26 Là, on va se tenir.
00:15:27 Là, devant une violence comme celle-là,
00:15:29 nous n'allons plus capituler.
00:15:31 La vérité, c'est que je n'en crois rien.
00:15:33 Je n'en crois rien.
00:15:34 D'abord, parce que ça n'a pas pris, je le disais,
00:15:36 ça n'a pas pris 2 heures, ça n'a pas pris 1 heure
00:15:38 pour qu'on nous explique immédiatement
00:15:40 qu'il n'y a aucune signification politique
00:15:43 attirée d'un tel événement.
00:15:44 Et ça, vous noterez dans le discours médiatique,
00:15:46 c'est une rhétorique intéressante à analyser.
00:15:48 D'un côté, je dirais, dans le cas de certains commentateurs
00:15:51 et certains politiques,
00:15:52 plus vous vous dites horrifiés par l'événement,
00:15:54 puis on ne doute pas un instant qu'ils soient horrifiés,
00:15:56 soit dit en passant,
00:15:57 plus ils sont horrifiés, moins l'événement a de sens.
00:16:00 Donc, plus vous êtes horrifiés, plus c'est un fait divers,
00:16:03 tellement singulier, tellement inimitable,
00:16:06 qu'il n'y a aucune réflexion sociologique ou politique
00:16:09 ou civilisationnelle à en tirer.
00:16:11 Donc ça, c'est l'élément qui me semble déterminant là-dedans.
00:16:14 Donc, tous conviennent de l'horreur,
00:16:16 mais on parle d'autant plus de l'horreur des événements
00:16:18 que c'est pour expliquer qu'il n'y a aucune réflexion à en tirer.
00:16:21 Dès lors, dès lors, si aucune réflexion à en tirer,
00:16:24 pourquoi y aurait-il un changement de cap politique?
00:16:27 Si ce qui se passe là n'est pas le symptôme d'autre chose,
00:16:31 c'est simplement le symptôme du dérèglement dans l'esprit de ce monsieur,
00:16:34 eh bien pourquoi faire autre chose qu'appeler un bon psychiatre
00:16:36 en disant on va vous soigner désormais cher monsieur
00:16:38 en espérant que vous ne poignardiez plus jamais de bébés dans leur carrosse
00:16:43 et pas non plus de personnes âgées par ailleurs?
00:16:46 Mais je ne peux m'empêcher de dire,
00:16:48 le commun des mortels va se dire ça, donc on fera rien,
00:16:50 ça j'en suis convaincu,
00:16:51 ça radicalise le sentiment d'impuissance.
00:16:53 On est presque aujourd'hui désensibilisés,
00:16:55 et je vais le dire dans le deuxième édito,
00:16:57 mais on est presque désensibilisés aujourd'hui
00:16:59 par ces violences à répétition et on les normalise.
00:17:02 Ça fait désormais partie du paysage.
00:17:04 Mais oui, bien sûr, aujourd'hui, quelqu'un s'est fait poignarder,
00:17:06 bien sûr, il y a eu une fusillade,
00:17:07 bien sûr, les femmes ne peuvent plus se promener librement dans le métro,
00:17:10 bien sûr, il y a eu, pour reprendre une formule que j'ai entendue cette semaine,
00:17:14 c'est le fait atroce de la semaine, c'est le fait atroce du jour.
00:17:17 Il y a une banalisation des faits atroces, donc une désensibilisation.
00:17:20 Et par ailleurs, ce qu'on appelle l'état de droit,
00:17:23 souvent, est une forme de machine à programmer l'impuissance
00:17:25 des sociétés agressées, cette fois-là, sur le mode individuel.
00:17:28 Vous noterez, si on vous attaque et que vous vous placez sous le signe de l'autodéfense,
00:17:32 on va le proscrire, on va dire « Ah, vous allez trop loin dans l'autodéfense ».
00:17:35 Si on s'empare de votre maison et vous cherchez à la reconquérir,
00:17:38 on va dire « Ah, vous cherchez à tasser le squatteur,
00:17:40 mais le squatteur a plus de droits que vous ».
00:17:42 Donc, qu'est-ce qu'il y a derrière ça ?
00:17:44 C'est qu'on programme une société dans l'impuissance
00:17:46 quand on ne la pousse pas à se défendre.
00:17:48 Et là, ça nous ramène à ce personnage qu'on a vu, Marc nous en parlera.
00:17:51 Une personne, il y en a tellement dans le parc aujourd'hui,
00:17:54 une personne décide de tenir tête à l'agresseur.
00:17:57 - Personne n'en parle.
00:17:59 - Mais c'est fascinant, il est seul.
00:18:00 - On n'en parlera plus.
00:18:01 - Il est seul. Il y a des dizaines de personnes, on en comprend que ça,
00:18:03 ou à tout le moins, il fuit, on les comprend, de fuir.
00:18:06 Personne n'a envie de tenir tête à un fou furieux avec un canet,
00:18:09 fois avec un poignard.
00:18:10 Il n'en demeure pas moins que ça nous en dit beaucoup sur une société
00:18:13 qui, finalement, pratique l'esquive plutôt que la contre-attaque,
00:18:16 plutôt que la défense.
00:18:18 Donc, devant cela, dans les prochains jours, je redoute, quant à moi,
00:18:20 une orgie de bougies, de peluches et l'appel à la marche blanche.
00:18:24 Personnellement, l'appel à la marche blanche,
00:18:26 aujourd'hui, me rend très colérique.
00:18:28 Ce n'est pas d'une marche blanche dont on a besoin,
00:18:30 mais c'est de tout autre chose, je crois.
00:18:33 - Aucune signification politique à tirer de cet événement,
00:18:37 mais nous, on va en parler.
00:18:38 On va oser dire les choses et se poser des questions
00:18:41 et on fera un tour de table dans un instant.
00:18:43 J'ai envie de vous entendre.
00:18:45 Le choc, l'effroi, la colère.
00:18:47 Raphaël Stainville, au-delà de l'émotion,
00:18:49 est-il possible de se poser des questions qui fâchent
00:18:53 sans craindre d'être accusé de procès en récupération ?
00:18:58 - Vous avez raison, Christine, cette question,
00:19:00 elle est cruciale et en même temps, elle est impossible.
00:19:03 Quelques minutes après le drame
00:19:06 et alors que le premier responsable politique de droite
00:19:10 réagissait à raison et interrogeait politiquement
00:19:14 la signification de ce fait, de cette tragédie
00:19:17 qui avait lieu à Nice,
00:19:19 déjà apparaissaient les premiers commentaires,
00:19:24 les premiers interdits venus de ceux que l'on pourrait qualifier
00:19:28 le lobby pro-immigrationniste,
00:19:31 les champions de la créolisation,
00:19:35 pour reprendre une expression chère à Jean-Luc Mélenchon.
00:19:38 Je vous cite tout de goût, c'est Pascal Clarke,
00:19:42 la haute conscience de la presse sur France Inter
00:19:46 qui sonne l'alarme, "la vie d'enfant est en jeu,
00:19:48 les extrêmes pourraient avoir la décence de se taire".
00:19:51 C'est Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti Socialiste,
00:19:53 qui met en garde tout de suite,
00:19:55 "évitons d'instrumentaliser ce fait divers et de généraliser"
00:19:58 et Louis Boyard enchaîné, le député de la NUPES,
00:20:01 qui prévenait sur Twitter,
00:20:03 "voir le RN et Aurore Berger faire de la récupération,
00:20:06 c'est écœurant, s'il vous plaît, pensez aux familles,
00:20:09 ce n'est pas le moment".
00:20:11 Louis Boyard nous dit "ce n'est pas le moment".
00:20:14 J'ajouterai, et c'est bien là le problème,
00:20:16 "notre drame, ce n'est jamais le moment d'en parler".
00:20:19 Ce qui est sidérant avec tous ceux qui n'ont aucune pudeur
00:20:23 pour instrumentaliser au-delà de toute décence
00:20:26 le drame ou la tragédie d'un migrant,
00:20:29 qu'on songe, souvenez-vous, à cette figure du petit Elan,
00:20:32 cinq ans, retrouvé mort sur une plage, noyé en Turquie,
00:20:36 c'était en 2015, et qui allait précipiter l'accueil
00:20:40 inconditionné de l'Europe, de ses centaines de milliers
00:20:44 de réfugiés syriens.
00:20:46 Cela même, qui interdise aujourd'hui qu'on puisse réfléchir,
00:20:50 qu'on puisse penser la signification de ce fait,
00:20:54 c'étaient les mêmes, les premiers,
00:20:56 qui ont instrumentalisé à loisir cette figure du petit Elan.
00:21:01 Alors, c'était vrai en 2015, mais c'est vrai de manière récurrente,
00:21:08 permanente. Souvenez-vous, encore plus récemment,
00:21:12 c'était le cas de la tragédie de Lola, victime innocente
00:21:17 d'une femme en situation irrégulière en France,
00:21:20 sous le coup d'une OQTF non exécutée.
00:21:23 Alors que le bon sens aurait voulu qu'on puisse se demander
00:21:26 si cette tragédie aurait pu être évitée.
00:21:29 Et je pense qu'une immense majorité des Français se posait
00:21:32 la question de savoir si la justice n'avait pas failli,
00:21:36 si finalement le gouvernement n'aurait pas pu,
00:21:38 par son énergie à vouloir contrôler les flux migratoires,
00:21:43 remettre de l'ordre et empêcher ce drame.
00:21:45 Cela nous était interdit.
00:21:47 Donc, qu'est-ce qu'ils font pour ce faire ?
00:21:51 Ils invoquent un délai de décence.
00:21:53 L'heure est d'abord à l'émotion, à la compassion pour les familles.
00:21:57 Et c'est bien normal. Mais cette émotion écrase tout.
00:22:01 C'est Bruno Retailleau dans Valeurs Actuelles aujourd'hui
00:22:04 qui réagissait et qui parlait de la chorégraphie des faits.
00:22:09 C'est toujours la même chose.
00:22:10 Il y a d'abord l'émotion, après c'est l'indécence
00:22:12 à vouloir parler de ce drame, et puis après,
00:22:14 il n'espère qu'une chose, l'oubli.
00:22:17 Et quand vous avez l'outrecuidance finalement d'aller contre
00:22:21 justement les dictates, soit de ces politiques de gauche,
00:22:26 soit de la presse bien pensante, alors vous êtes d'extrême droite.
00:22:30 On essaie de vous disqualifier pour interdire,
00:22:32 empêcher toutes sortes de discours critiques.
00:22:35 Émotion et réflexion, est-ce que c'est possible
00:22:39 d'avoir les deux à la fois ?
00:22:40 Mais comment expliquer, Raphaël Stainville,
00:22:43 cette détermination, d'autre dirait,
00:22:45 cet acharnement de certains, parfois même au pouvoir,
00:22:48 à vouloir parfois même interdire tout débat ?
00:22:53 Il y a plusieurs raisons, mais la première et la plus évidente,
00:22:55 c'est que d'abord, être pro-migrant,
00:22:57 pour un certain nombre de ses responsables politiques,
00:22:59 c'est déjà une vertu dont il se part.
00:23:01 Dès lors que c'est un migrant qui est à la manœuvre,
00:23:04 un migrant qui assassine, c'est tout le discours
00:23:08 sur lequel ils construisent leur vertu qui s'effondre.
00:23:12 Et surtout, c'est la deuxième chose,
00:23:14 c'est qu'un migrant, dans le logiciel de la gauche aujourd'hui,
00:23:17 ne peut être qu'une victime.
00:23:19 Victime de la guerre, victime du climat, de la pauvreté,
00:23:23 de la faim, de la misère, victime,
00:23:25 et Mathieu en parle régulièrement,
00:23:27 de l'histoire coloniale dont la France serait
00:23:29 éternellement comptable et redevable.
00:23:31 Bref, victime, toujours et partout et tout le temps.
00:23:35 Il ne supporte pas que le migrant,
00:23:37 et c'est pour ça que je dis le migrant,
00:23:39 parce qu'il ne s'agit pas seulement de parler des clandestins,
00:23:42 de parler de tel ou tel, c'est la figure même du migrant
00:23:45 qui est sacralisée dans le discours de la gauche.
00:23:49 Il ne supporte pas que le migrant puisse apparaître
00:23:51 sous les traits d'un bourreau,
00:23:53 comme ce qu'on a pu vivre aujourd'hui.
00:23:55 Cela heurte leur bonne conscience,
00:23:57 chamboule leur logiciel droit de l'homiste.
00:23:59 Alors, comme le dit Mathilde Palnaud,
00:24:01 autre responsable de la NUPES,
00:24:03 les mots manquent.
00:24:05 Ou c'est Jean-Luc Mélenchon qui, dans un tweet,
00:24:07 disait "mais comment est-ce possible ?".
00:24:09 Comment est-ce possible ? Parce que justement,
00:24:11 ça devient contrarier tout le logiciel,
00:24:13 et donc l'émotion doit suffire à cette absence de réponse.
00:24:17 C'est France Info qui va plus loin dans leur flash de 17h30,
00:24:20 ils précisaient dans son tweet que l'assaillant est chrétien,
00:24:25 mais à aucun moment ils ne précisaient qu'il était syrien,
00:24:28 comme si ça les arrangait.
00:24:30 Restent les faits, la réalité qui vient contrarier
00:24:32 leur récit angélique.
00:24:34 Le récit angélique qui est contrarié, c'est le Bataclan,
00:24:36 la tragédie de Nice, le morte atroce de Lola,
00:24:38 je l'évoquais tout à l'heure,
00:24:40 les faits de société, et Mathieu le disait,
00:24:42 qui se comptent par dizaines, jour après jour,
00:24:45 et que l'on commente régulièrement sur cette antenne.
00:24:48 Et qui devrait faire la une, si on était raisonnable,
00:24:51 qui devrait faire la une de tous les journaux.
00:24:53 Et aujourd'hui on s'est habitués à ces tragédies.
00:24:58 C'est pour cela qu'ils cherchent à interdire tout débat,
00:25:01 et instruisent contre ceux qui viendraient remettre en cause
00:25:04 ce récit, un procès en instrumentalisation.
00:25:07 Mais ce qu'ils ne comprennent pas, je pense,
00:25:09 c'est que la réalité est suffisamment forte
00:25:11 pour ne plus être instrumentalisée.
00:25:13 Elle est là, sous les yeux des Français.
00:25:15 Je ne sais pas si ça vous est arrivé depuis ce matin,
00:25:17 mais qui n'a pas reçu ces vidéos effroyables
00:25:20 de l'attaque de cet assaillant.
00:25:22 Donc c'est vrai, Dancy, ce paradis devenu un enfer
00:25:27 qu'on ensanglante, c'est l'enfance, l'innocence qu'on assassine.
00:25:31 Et il faut pouvoir embrasser cette réalité,
00:25:33 et accepter l'idée que le migrant aujourd'hui,
00:25:36 malheureusement, j'ai envie de dire,
00:25:38 est plus souvent un bourreau qu'une victime,
00:25:41 que notre générosité, malheureusement, se paie en drame.
00:25:45 Dans un instant, j'ai une dernière question pour vous.
00:25:48 On va regarder beaucoup d'attaques au couteau,
00:25:50 on en parlera avec vous.
00:25:52 Et avec vous, on regardera aussi, ma chère Gabrielle,
00:25:55 tous ces enfants qui ont déjà été victimes,
00:25:57 et on fait un petit point avec Noémie Schultz dans un instant.
00:26:00 Mais dernière question pour vous, Raphaël Stainville.
00:26:02 Ces questions interdites, quelles sont-elles ?
00:26:05 Est-ce indien que cette tragédie aurait pu être évitée ?
00:26:09 Alors, ce n'est pas tout à fait ce que je sous-entends, encore que.
00:26:12 Mais, ceci dit, il y a des questions effectivement qui méritent d'être posées.
00:26:17 D'abord, j'aimerais revenir sur le profil de l'accusé.
00:26:19 Abdal Massih, on l'a dit, est un Syrien.
00:26:24 Il vit depuis une petite dizaine d'années en Suède,
00:26:26 où il a fini par obtenir le statut de réfugié.
00:26:29 Mais comme la condition de réfugié est plus généreuse en France,
00:26:32 et ouvre à plus de droits et de prestations, notamment sociales,
00:26:35 il s'est aventuré à faire une nouvelle demande d'asile en France, fin novembre.
00:26:39 Libre de pouvoir circuler dans l'espace Schengen.
00:26:43 Alors, sa demande, ça a été dit, a été retoquée à raison par l'OFRA,
00:26:47 parce qu'il bénéficiait déjà d'une protection internationale de la part de la Suède.
00:26:52 Mais il peut toujours faire un recours, et c'est ça qui est fantastique,
00:26:55 devant la Cour nationale du droit d'asile.
00:26:57 J'avais cet après-midi un ancien juge de la Cour nationale du droit d'asile
00:27:02 qui me disait qu'effectivement, il ne traite quasiment jamais de ces recours de Syriens,
00:27:06 parce que l'OFRA, de manière très généreuse,
00:27:08 mais parce que les Syriens vivent une guerre, une guerre civile,
00:27:13 les Syriens sont accueillis.
00:27:15 Donc on voit...
00:27:16 On fera un tour de table, en ce moment, là-dessus, on demandera des précisions.
00:27:19 Mais en fait, au-delà de la question individuelle et du parcours de cet homme,
00:27:23 c'est la question du dévoiement du droit d'asile, on en reviendra,
00:27:26 de l'immigration incontrôlée, bref, de la responsabilité de l'État
00:27:31 que nous voulions interroger.
00:27:33 Certes, la France a un devoir d'humanité,
00:27:36 mais le premier devoir de l'État n'est-il pas la protection qu'il doit à ses nationaux ?
00:27:41 Et ça, je pense que cette question, encore une fois, elle est cruciale,
00:27:44 elle est passée sous silence.
00:27:46 Je vous disais tout à l'heure, on évoquait le cas de 2015,
00:27:49 les services de renseignement qui avaient alerté que dans les flux de migrants,
00:27:52 de ces réfugiés qui arrivaient en France, se cachaient très probablement des terroristes.
00:27:56 Là, il ne s'agit même pas de cette question,
00:27:58 c'est juste la question du migrant, de ces flux incontrôlés qu'on ne maîtrise plus.
00:28:02 Et il y a quelque chose, alors que Gérald Darmanin doit présenter un projet de loi asile et migration,
00:28:08 il y a cette question centrale, c'est à chaque fois, on est sur deux piliers,
00:28:12 humanité et fermeté.
00:28:13 Mais les Français, aujourd'hui, voudraient que cette fermeté,
00:28:16 que le droit à la protection supplante ce droit incompressible
00:28:22 qui semble être celui de l'accueil des migrants.
00:28:25 Peut-on dénoncer les accords Schengen ?
00:28:30 Peut-on venir illégalement en France et solliciter le droit d'asile ?
00:28:34 C'est assez classique, on parlera de tout cela, on fera un tour de table dans un instant.
00:28:38 Je reviens vers vous, déjà une réaction par rapport à Raphaël Stainville.
00:28:42 Un mot sur les motivations, les raisons pour lesquelles cet homme est arrivé en France.
00:28:46 Alors, vous évoquez la possibilité que ce soit parce qu'il voulait profiter d'aides plus avantageuses pour les réfugiés.
00:28:52 Des éléments que nous avons, encore une fois, ce n'est pas parfaitement établi.
00:28:55 Il y a notamment son ex-femme, avec qui on a pu s'entretenir, et l'AFP également,
00:29:01 qui indique qu'il n'a pas réussi à obtenir la nationalité suédoise.
00:29:04 Et que c'est pour cette raison qu'il a décidé de quitter la Suède.
00:29:08 Et qu'ils se sont séparés parce qu'elle ne voulait pas quitter la Suède.
00:29:11 Donc, ces éléments, on va bientôt en avoir la confirmation.
00:29:14 Puisqu'évidemment, les autorités françaises sont en lien avec les autorités suédoises.
00:29:18 Mais on cherche à comprendre pourquoi, alors qu'il avait une vie en Suède,
00:29:22 il avait donc une femme, un enfant, pour quelle raison il a quitté la Suède pour la France,
00:29:29 dans laquelle il n'a visiblement pas d'attache.
00:29:31 On sait aussi, c'est ce qu'a dit son ex-femme, que la majorité de sa famille vit aujourd'hui aux Etats-Unis, à cet homme.
00:29:37 Donc c'est vrai que c'est une question, on n'a pas encore vraiment les réponses exactes.
00:29:41 Et vous nous disiez tout à l'heure que sa demande de droit d'asile ici a été refusée le 4 juin.
00:29:45 On l'a appris aussi dans la journée.
00:29:48 Question, on va s'arrêter un peu sur les victimes. Que sait-on, Noémie Chos, des victimes ?
00:29:54 Alors, on va parler des victimes physiquement blessées,
00:29:57 mais il faudra aussi évoquer ces personnes qui ont assisté ce matin à cette scène d'horreur dans ce parc,
00:30:02 et qui seront aussi, pour certaines, reconnues comme des victimes de cette attaque.
00:30:07 On pense notamment à cette femme qui semble être une assistante maternelle,
00:30:11 et qui tente à un moment de s'interposer, et qui n'y arrive pas.
00:30:14 Et l'enfant dont elle a la charge est ensuite violemment poignardée.
00:30:18 Donc il y a évidemment les victimes visuelles, comme l'a dit la procureure,
00:30:22 mais sinon nous avons six victimes physiques, six personnes, quatre mineurs, quatre enfants,
00:30:27 des tout petits enfants, puisqu'ils sont âgés de 22 mois à 3 ans,
00:30:30 un petit néerlandais de 22 mois, une anglaise de 3 ans,
00:30:33 et deux enfants de 2 ans, vraisemblablement des frères et sœurs.
00:30:38 Tous les quatre sont en urgence absolue.
00:30:42 Ils sont toujours bien sûr hospitalisés.
00:30:45 Deux adultes blessés, là encore par l'assaillant.
00:30:49 Un des deux a été plus légèrement blessé,
00:30:52 et l'autre a été blessé et par l'arme blanche de cet homme, par un coup de couteau,
00:30:57 mais également par un coup de feu, puisqu'on sait que les policiers,
00:31:01 quand ils ont cherché à neutraliser cet homme,
00:31:04 ont évidemment, accidentellement, blessé cet homme.
00:31:09 Nous avons donc six personnes physiquement blessées.
00:31:13 Que peut-on dire alors qu'il est de la réaction de la police ?
00:31:17 Est-elle intervenue suffisamment tôt, trop tard ? Comment analyser ?
00:31:22 Ce qu'on peut regarder, c'est le délai qui s'est écoulé entre les premiers appels,
00:31:27 les premiers signalements, il y en a eu beaucoup, puisqu'encore une fois,
00:31:29 il y avait, alors on ne peut pas dire qu'il y avait énormément de monde dans ce parc,
00:31:33 on est dans un parc, il est 9h30 du matin,
00:31:36 mais vous avez effectivement des joggeurs, des gens qui font du vélo,
00:31:38 et puis vous avez ces parents ou ces assistantes maternelles
00:31:41 qui sont présents et qui font prendre l'air à leurs enfants.
00:31:45 Donc un premier appel qui a été passé, et moins de quatre minutes après,
00:31:48 l'intervention de la police et des agents municipaux,
00:31:51 puisqu'on est tout près de la mairie d'Annecy,
00:31:53 mais également des policiers nationaux.
00:31:56 L'intervention a donc été extrêmement rapide,
00:31:59 elle n'a pas empêché qu'il y ait des blessés,
00:32:02 mais on peut imaginer que si elle avait été plus longue,
00:32:04 il aurait pu y avoir des dégâts plus importants.
00:32:06 Et effectivement, cette deuxième enquête qui a été ouverte
00:32:09 pour se pencher sur ce coup de feu qui a été tiré
00:32:12 et qui a blessé cet homme, cette sixième victime,
00:32:16 mais ça c'est la procédure normale, quand des coups de feu sont tirés,
00:32:20 il y a toujours une enquête qui est ouverte.
00:32:22 Je voulais revenir aussi sur ce que vous disiez,
00:32:25 sur le fait qu'une seule personne ait intervenu.
00:32:27 On l'a vu sur les images, avec deux sacs à dos,
00:32:30 intervenir, ralentir l'action justement de l'agresseur.
00:32:34 Absolument, il fait tout ce qu'il peut.
00:32:36 On en parlera avec Marc Monon.
00:32:37 Vous allez en parler.
00:32:38 Il faut là encore imaginer qu'il n'y avait pas forcément
00:32:43 énormément de monde dans cette ère de jeu,
00:32:45 et peut-être beaucoup de femmes, encore une fois,
00:32:47 puisque souvent ce sont des femmes qui s'occupent des tout petits enfants.
00:32:50 Il faut imaginer la panique et c'est moi une des choses
00:32:52 que j'ai trouvées les plus terribles dans cette vidéo
00:32:54 qu'on a évidemment décidé de ne pas diffuser sur CNews.
00:32:57 Ce sont les hurlements de peur des personnes qui se trouvaient sur place.
00:33:02 Il faut imaginer l'état de sidération dans lequel on peut se trouver
00:33:06 face à une attaque comme celle-ci.
00:33:08 Il a fallu effectivement un courage immense à cet homme
00:33:12 et c'est toujours délicat de juger aussi ceux qui ne l'ont pas eu.
00:33:16 Merci beaucoup pour vos précisions, cher Noémie Schultz.
00:33:20 Merci infiniment et merci à ces policiers qui sont intervenus
00:33:25 très rapidement, comme vous l'avez souligné, en quatre minutes seulement.
00:33:29 Gabrielle Cluzel, quel niveau d'immunisation,
00:33:33 quel accoutumance au poison avons-nous collectivement subi
00:33:37 depuis des années pour accepter, comme une fatalité presque,
00:33:41 le meurtre de jeunes enfants ici sur notre territoire ?
00:33:45 Ce n'est pas la première fois.
00:33:46 Non, vous avez raison, ce n'est pas la première fois.
00:33:48 Ce n'est pas la première fois que des enfants sont sacrifiés
00:33:52 finalement sur l'autel de notre impéritie migratoire,
00:33:55 pardon de le dire un peu brutalement, mais c'est ainsi.
00:33:58 Je vais donner quelques noms, il me semble important d'en parler,
00:34:02 pas forcément de façon chronologique, mais en fonction de leur âge,
00:34:06 du plus petit, du plus jeune au plus grand.
00:34:10 Il y a la petite Léana, vous vous souvenez, deux ans et demi,
00:34:12 qui était... Alors là, je ne parle que des morts, Dieu merci,
00:34:15 pour le moment à Annecy, nous avons des blessés.
00:34:18 Je n'ai pas retenu les blessés, car cela ferait beaucoup de monde,
00:34:21 mais il y a simplement les morts et cela fait, hélas, déjà beaucoup.
00:34:26 La petite Léana, deux ans et demi, avait été fauchée sur la promenade des Anglais,
00:34:29 vous vous souvenez, à Nice, le 14 juillet 2016.
00:34:33 Elle est la plus jeune, mais elle n'est pas la seule.
00:34:36 Il y avait au total 15 enfants et adolescents parmi les 86 victimes.
00:34:41 Je n'ai pas retrouvé tous les prénoms, hélas, mais citons Yanis et Kylian,
00:34:45 quatre ans, Keïla, six ans, Yanis encore, huit ans, c'était le cousin de Léana,
00:34:49 Émy, douze ans, Médhi, treize ans, Laura, treize ans, Ludovic, quinze ans,
00:34:53 une autre Laura, seize ans, André, dix-sept ans.
00:34:55 Alors, le terroriste est un Tunisien qui était connu dès son enfance
00:35:01 pour des troubles psychologiques, qui était arrivé en 2005 en France,
00:35:06 qui avait régularisé sa situation, visiblement de façon illégale,
00:35:10 puisque j'ai vu qu'il avait régularisé sa situation par un mariage en 2007
00:35:13 et obtenu ainsi un titre de séjour.
00:35:15 Et bien avant l'attentat de Nice, il s'était fait connaître de la police
00:35:18 pour des faits de délinquance.
00:35:20 Entre 2010 et 2016, il a été condamné cinq fois pour violences volontaires,
00:35:24 viols, etc.
00:35:26 Il avait été mis sous contrôle judiciaire et puis comme il harcelait sa femme
00:35:29 et qu'il l'a frappée, il avait fait l'objet d'une mesure d'éloignement du foyer.
00:35:32 Tout ça, visiblement, ça n'a pas suffi à lui faire suspendre son titre de séjour
00:35:38 et le renvoyer en Tunisie.
00:35:40 Alors évidemment, il y a la jeune Lola, en 2022, alors vous savez que là,
00:35:43 il est devenu interdit d'en parler, sous peine d'avoir consacré
00:35:47 une émission accusatoire par le service public, mais qui n'avait que douze ans
00:35:52 et dont la meurtrière était sous le coup du NOKI-TF.
00:35:57 Alors au Bataclan, en 2015, la jeune victime avait 17 ans,
00:36:02 elle s'appelait également Lola.
00:36:04 Et vous vous souvenez que la cellule terroriste avait profité de la crise migratoire
00:36:10 en Syrie, encore une fois, pour prendre la route des réfugiés syriens
00:36:15 dans l'espace Schengen.
00:36:17 Et puis même s'il était majeur, on m'autorisera à citer Timothy,
00:36:21 qui a 19 ans, originaire de Savoie.
00:36:23 J'ai eu un contact avec sa grand-mère, Terassé, après une émission de CNews,
00:36:27 elle m'avait appelée.
00:36:29 Il a été égorgé le 31 août 2019 à un arrêt de bus de Villeurbanne.
00:36:33 Il était venu écouter un concert, c'était un pâtissier de grand talent,
00:36:37 il avait même fait un stage à l'Élysée pour ça.
00:36:40 Il avait même remporté un concours de poésie, donc vous voyez,
00:36:42 il avait beaucoup de talent.
00:36:43 Et son meurtrier est un demandeur d'asile afghan, schizophrène et paranoïaque.
00:36:48 Il a été déclaré pénalement irresponsable.
00:36:51 Alors quelques jours après le drame, le journal Le Progrès avait titré
00:36:55 "Y a-t-il eu une faille dans l'agression sanglante de Villeurbanne ?"
00:36:59 Et en fait, on savait que finalement l'auteur de ces coups de couteau
00:37:04 avait une véritable dangerosité, mais que sans dite,
00:37:07 la prise en charge n'avait pas été à la hauteur du risque.
00:37:10 Et puis dans le journal, on rajoutait qu'un expert disait
00:37:15 "Vous savez, certains réfugiés afghans présentent un danger particulier
00:37:19 en raison de leur traumatisme et de leur toxicomanie."
00:37:21 C'est intéressant de le savoir au passage.
00:37:24 Et puis terminons cette triste galerie de portraits par Morane et Laura.
00:37:29 Là aussi, elles n'ont pas deux ans, mais à 20 et 21 ans,
00:37:33 je vous assure que pour leurs parents, c'était des enfants.
00:37:36 Assassinés Garcin-Charles à Marseille en octobre 2017
00:37:39 par un ressortissant tunisien en situation irrégulière, escroc et toxicomane,
00:37:45 connu des services de police italiens et français pour des faits de délinquance.
00:37:49 Alors je n'ai pas évoqué à dessein, pourtant Dieu sait si leur souvenir m'a marqué,
00:37:53 les enfants de l'école de Toulouse aux Zahra Tora, Arié, Gabriel et Myriam.
00:37:58 Car même admiral étant né en France, il avait la double nationalité.
00:38:02 Mais néanmoins, quand on voit l'histoire de cette famille,
00:38:04 si lorsque son père a commis ses premiers méfaits, on l'avait renvoyé directement en Algérie,
00:38:11 il est probable que Mohamed Mera n'aurait pas été là en France en mars 2012.
00:38:17 Merci pour cette longue liste, Gabriel, qui fait froid dans le dos.
00:38:21 Mais est-ce qu'il y a aussi des assassins d'enfants français ?
00:38:25 On pose les questions qui fâchent.
00:38:27 Évidemment, évidemment. Il y a même des "serial killers",
00:38:31 je peux vous donner des noms terrifiants.
00:38:33 Mais c'est bien parce que nous avons déjà fort à faire avec nos cinglés,
00:38:36 nos pervers, nos tordus, qu'il faudrait avoir l'humilité, le réalisme
00:38:43 de dire que nous ne pouvons pas prétendre accueillir les autres.
00:38:47 Et même la charité, la charité à l'endroit de mes enfants.
00:38:51 Je parle à dessein de charité parce que souvent on utilise la fibre charitable
00:38:54 pour dire aux Français "mais comment vous refuseriez d'accueillir tous ces migrants,
00:38:59 vous seriez des gens sans cœur".
00:39:01 Vous savez, la charité sans la prudence, c'est de la folie pure.
00:39:04 C'est ces fameuses vertus chrétiennes devenues folles de Sesterton.
00:39:08 Le berger qui fait entendre entrer le loup dans la bergerie,
00:39:12 ce n'est pas quelqu'un de charitable, c'est un fou furieux. Point barre.
00:39:15 Et nous en sommes là, évidemment.
00:39:18 Je voulais citer un rapport très intéressant de l'OMS en 2021,
00:39:23 un rapport intitulé "Santé mentale et déplacement forcé".
00:39:26 Il écrit "les migrants et les réfugiés peuvent être exposés à divers facteurs de stress
00:39:31 qui nuisent à leur santé mentale et leur bien-être durant leur parcours
00:39:35 et pendant leur installation.
00:39:37 Donc la prévalence des troubles mentaux courants,
00:39:39 tels que la dépression, l'anxiété, le trouble de stress traumatique, etc.,
00:39:43 est généralement plus élevée chez les migrants que parmi la population d'accueil".
00:39:47 C'est un constat.
00:39:48 L'OMS fait ce constat pour demander que les migrants aient accès aux structures de santé.
00:39:54 Mais nous savons que nos structures de santé sont embolisées.
00:39:57 Et ce constat devrait être au contraire un gyrophare pour nos gouvernants.
00:40:00 On parle de principes de précaution pour tout, le bisphénol, le glyphosate, le gaz de schiste,
00:40:05 vous en vous en citez 45.
00:40:06 Mais en revanche, pour l'accueil de migrants, on ne se demande pas
00:40:09 si leur santé mentale est susceptible de mettre en danger nos enfants.
00:40:15 Et lorsque d'aventure, alors ça aussi c'est quand même absolument incroyable,
00:40:19 la Cour nationale du droit d'asile, comme le 14 février dernier,
00:40:23 rejette la demande d'asile d'un requérant afghan en raison de troubles psychotiques,
00:40:28 abolissant son discernement et entravant le contrôle de ses actes,
00:40:32 bref constituant une menace grave pour l'ordre et la sécurité,
00:40:35 cette Cour se voit accusée, je cite, "de psychophobie institutionnelle"
00:40:40 par une tribune publiée dans le club de Mediapart et signée par des représentants d'organismes
00:40:45 tels que la Ligue des droits de l'homme, Médecins du monde, etc.
00:40:48 Mais que diront de nous les générations à venir
00:40:51 où nous avons laissé poignarder nos enfants sans moufeter ?
00:40:55 Franchement, est-ce que nous arrivons à intérioriser ça ?
00:40:58 Gabriel Cluzel, il faut aussi noter que parmi ces auteurs de meurtre
00:41:02 ou de tentative de meurtre, certains étaient en situation régulière.
00:41:07 Mais tout est à revoir, l'immigration légale comme l'immigration illégale,
00:41:11 et du reste, il y a une forme d'hypocrisie à ne pas vouloir constater
00:41:16 le continuum poreux entre ces deux immigrations.
00:41:21 En réalité, quand on pose la question aux Français, c'est de ces deux questions-là dont il s'agit.
00:41:26 Il faut faire un plan Marshall de l'immigration.
00:41:28 Et c'est quand même très étonnant que ce gouvernement,
00:41:31 qui est très offensif sur les retraites dont la réforme des retraites, les Français ne voulaient pas,
00:41:35 en revanche, sur les questions migratoires, tout le monde est d'accord,
00:41:39 il reste très pujianime.
00:41:43 Alors, notons quelques points purement factuels, et j'en terminerai là.
00:41:46 Si les demandes d'asile étaient étudiées à l'étranger,
00:41:49 si la procession de la dangerosité était érigée en principe de précaution,
00:41:54 si le simple fait d'être entré illégalement sur les territoires français
00:41:57 vous interdisait de prétendre à obtenir un titre de séjour,
00:42:02 si la première incartade vous renvoyait dans votre pays d'origine,
00:42:05 si toutes les OQTF étaient respectées,
00:42:07 et puis évidemment si les accords de Schengen étaient revus,
00:42:09 parce que, pardon, pourquoi paierait-on à Annecy les conséquences des décisions
00:42:14 ou les inconséquences de la Suède, je vous le demande,
00:42:17 eh bien toute cette liste d'enfants ne serait pas aigrénée comme je l'ai fait,
00:42:22 puisque ces migrants n'auraient pas été là.
00:42:24 On va faire un tour de table sur la question.
00:42:27 Je commence avec vous, Marc Meunand, dans un instant on va s'arrêter avec vous.
00:42:30 Sur celui dont personne ne parle ce soir, celui, l'homme, on ne connaît pas son nom,
00:42:35 on ne connaît pas son prénom, avec deux sacs à dos, qui a tenté de ralentir,
00:42:40 qui a réussi à ralentir l'action de l'agresseur.
00:42:43 Faut-il revoir, par exemple, justement, les accords Schengen ?
00:42:48 Faut-il se poser ce genre de questions ?
00:42:50 Sommes-nous sur un plateau, ce soir, de récupération politique ?
00:42:53 Quelles questions a-t-on le droit de se poser ?
00:42:56 Quelles questions n'a-t-on pas le droit de se poser ?
00:42:58 Pardon, l'émotion doit-elle empêcher la réflexion ?
00:43:02 Moi, je suis peut-être à ce moment-là moi-même, parce que j'ai des interrogations.
00:43:06 C'est-à-dire que face à l'horreur, je ne suis pas là, BA, je ne suis pas dans la condamnation,
00:43:11 je tournicote, je me dis est-ce que c'est possible d'éviter ça, etc.
00:43:16 Donc, il n'est plus que légitime que nous ayons un échange,
00:43:20 mais un échange malheureusement intellectuel.
00:43:24 C'est-à-dire qu'il nous faut laisser de côté l'émotion, être dans le raisonnement.
00:43:30 Pour moi, ce que disait Gabriel il y a quelques secondes est essentiel,
00:43:36 à savoir que les gens venant de ces terres, souvent, ont un traumatisme.
00:43:42 Souvent, ce sont des gens qui ont une souffrance.
00:43:45 Et, bah oui, mais que fait-on des gens qui sont en souffrance ?
00:43:49 Et c'est là où, quoi qu'il arrive, on accueille, on dit, on est généreux.
00:43:54 J'ai été longtemps dans, je dirais, ce "mea culpa",
00:44:00 soyons dans la générosité la plus absolue.
00:44:03 Reste qu'on ne fait rien pour que ces gens puissent éventuellement venir se poser,
00:44:10 s'interroger sur la terre où ils viennent,
00:44:12 essayer de les mettre dans une situation d'assimilation
00:44:16 et déjà d'apprivoisement de cette nouvelle terre.
00:44:20 Là, on les laisse, et immanquablement,
00:44:23 on les laisse en germination de ces éclatements invraisemblables.
00:44:28 Je crois que ce sont ça les vraies questions.
00:44:31 Je pense que nous n'avons pas attendu aujourd'hui,
00:44:34 avec la scène d'horreur de ce matin à Annecy,
00:44:36 pour critiquer, pour condamner, non seulement l'immigration illégale,
00:44:40 mais l'immigration massive.
00:44:42 Là, aujourd'hui, ce qu'on voit, c'est une scène extrême.
00:44:44 Et ça serait absolument fou de réduire, de voir dans cette scène,
00:44:48 le point culminant du droit d'asile, le point culminant de l'immigration massive.
00:44:51 C'est une de ces dimensions parmi d'autres.
00:44:53 Mais le fait est qu'on doit rompre avec l'immigration massive,
00:44:55 donc illégale, illégale à bien des égards,
00:44:58 réduire la part légale à une part tout à fait moindre,
00:45:01 parce que ça vient déstructurer fondamentalement nos sociétés,
00:45:04 nos pays, qui ne peuvent plus,
00:45:06 et qui sont saturés démographiquement,
00:45:08 qui sont saturés culturellement,
00:45:10 qui sont saturés sociologiquement,
00:45:12 et qui aujourd'hui ne savent plus comment réagir à cela,
00:45:14 d'autant qu'elles sont dans cette camisole,
00:45:16 digne de force, qui se présente comme l'État de droit,
00:45:19 mais qui est dans les faits un dispositif culpabilisateur
00:45:21 pour la société d'accueil, lorsqu'elle veut se défendre,
00:45:24 soit individuellement, soit collectivement.
00:45:26 Je pense qu'à l'échelle de l'histoire,
00:45:28 l'immigration massive telle qu'on la connaît en Occident aujourd'hui
00:45:30 aurait été une catastrophe pour l'Europe,
00:45:32 pour le monde occidental plus largement.
00:45:34 Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de très belles histoires individuelles à travers ça.
00:45:37 C'est-à-dire que sur le plan politique, c'est intenable.
00:45:39 - Raphaël, c'est un ville pour en venir illégalement en France.
00:45:42 Beaucoup vont solliciter le droit d'asile, on le sait.
00:45:45 C'est très classique.
00:45:47 Est-ce que se poser la question ce soir du dévoiement du droit d'asile, c'est déraper ?
00:45:52 - Non, je pense que c'est indispensable.
00:45:55 Le droit d'asile dans sa version originelle était très restrictif.
00:46:00 On l'a ouvert à de multiples cas qui aujourd'hui font que tout un chacun,
00:46:07 presque dès lors qu'il peut se réclamer d'une persécution familiale ou autre,
00:46:13 peut invoquer le droit d'asile pour rentrer en Europe et plus particulièrement en France.
00:46:18 C'est très documenté.
00:46:20 J'invite tous ceux qui s'y intéresseraient.
00:46:22 C'est justement le dossier qu'on consacre cette semaine dans notre dernier numéro de Verl'Asie actuelle.
00:46:27 Cette histoire du dévoiement du droit d'asile est absolument confondante.
00:46:32 Aujourd'hui, on gère en grande partie les conséquences de ce dévoiement.
00:46:39 - « In the name of Jesus Christ ».
00:46:44 Voilà ce que l'homme a créé tenant a priori une croix au temps du coup.
00:46:51 Vous qui êtes croyante, Gabrielle Cluzel, qu'est-ce que ça vous évoque ?
00:46:56 Puisque ça a été beaucoup mis en avant aujourd'hui.
00:46:59 - Ça a été beaucoup mis en avant et évidemment ça me choque profondément
00:47:02 puisque comment un chrétien peut-il observer un crime de ce genre commis au nom du Christ ?
00:47:10 C'est absolument confondant.
00:47:12 Mais j'ai envie de dire que cet homme soit chrétien, pas chrétien, fou, pas fou,
00:47:18 le problème encore une fois est celui du droit d'asile.
00:47:22 Et il y a des fous chrétiens, on ne va pas le nier.
00:47:25 Je vous rappelle que celui qui a incendié la cathédrale de Nantes
00:47:29 et qui a assassiné un prêtre en Vendée s'appelait Emmanuel.
00:47:34 Il n'y a pas plus chrétien comme prénom.
00:47:36 Après certains, il faut le dire et il faut rester prudent,
00:47:40 certains se sont dit chrétiens, notamment en Syrie,
00:47:44 parce que c'était l'occasion de recevoir un droit d'asile plus facilement.
00:47:48 - Une dernière question pour vous avant de faire réagir Marc.
00:47:51 Jusqu'où doit aller la générosité française ?
00:47:55 Que la France veut garder une certaine générosité ?
00:47:59 - Il peut y avoir une pathologie de la générosité.
00:48:02 C'est une générosité qui est retournée contre son propre peuple.
00:48:05 Le peuple français n'est pas invité à...
00:48:08 On ne lui a jamais demandé s'il était d'accord avec l'immigration massive.
00:48:11 De l'autre côté, on ouvre les frontières fondamentalement et on dit "acceptez".
00:48:14 Et si vous n'acceptez pas, et par ailleurs on ne vous a pas demandé,
00:48:17 vous n'êtes pas généreux, vous êtes probablement des monstres.
00:48:19 Et ça, je pense que de un moment donné,
00:48:21 cette pathologie de la générosité devrait être critiquée.
00:48:23 - Mais ce n'est pas de la générosité, c'est de la fausse générosité.
00:48:26 On dit "venez, venez" et "démerdez-vous".
00:48:29 Ce n'est pas possible.
00:48:31 C'est là où ce principe, depuis des dizaines d'années,
00:48:36 est un affront, je dirais, à tout ce qui est le cœur de l'homme et la réflexion.
00:48:43 On ne peut pas avoir autant de gens, et même simplement un couple, un individu,
00:48:48 qui viennent et on lui dit "débrouille-toi, démerde-toi,
00:48:51 tu fais ce que tu veux" sans savoir.
00:48:53 Alors qu'il a une mentalité, tout est différent, il est coupé de ses racines.
00:48:58 C'est impossible, ce n'est pas ça la générosité.
00:49:00 - On peut constater que les attaques au couteau se multiplient.
00:49:03 Regardons, le 22 mai, une infirmière, on en a beaucoup parlé,
00:49:07 tuée, et une secrétaire médicale blessée à l'hôpital de Reims,
00:49:12 ou encore le 12 mai, un jeune homme de 16 ans agressé au couteau à Nice,
00:49:17 ou encore le 5 mai, un homme qui a été blessé à l'arme blanche
00:49:20 par deux individus à proximité à Paris, à proximité de la station métro Lafourche,
00:49:26 le 26 avril, un jeune homme du vingtaine d'années, victime de plusieurs coups de couteau,
00:49:30 parce qu'il s'est interposé face à un homme alcoolisé sur une terrasse de café en Vendée.
00:49:36 Et puis là, il y a deux, trois jours, dans l'Essonne,
00:49:39 un chauffeur de bus poignardé par un individu sous au QTF, c'était un Libien.
00:49:44 Alors Marc Menon, on a vu dans cette liste, justement, un homme,
00:49:49 il y en a plusieurs, qui s'interpose, pour empêcher le crime, pour empêcher le pire,
00:49:55 et finalement, ils sont victimes.
00:49:57 Et ce soir, vous allez nous parler justement de celui qui,
00:50:00 dont personne ne parle encore aujourd'hui, qui a certainement sauvé des vies.
00:50:04 Est-ce que c'est notre dernière poche de résistance ?
00:50:07 Alors, c'est ça qu'il faudrait envisager.
00:50:09 Mais déjà, pour parler de cet homme, c'est simplement une image.
00:50:15 C'est-à-dire qu'il se résume à son courage.
00:50:19 C'est ça qui apparaît furtivement dans des images,
00:50:23 avec une hargne, une audace invraisemblable,
00:50:28 alors que l'homme se retourne pour tenter de lui planter son couteau.
00:50:35 Il repart, il le poursuit.
00:50:37 Et d'ailleurs, l'autre est tellement désorienté qu'il saute un muret.
00:50:41 Et ce temps gagné, c'est ce qui va permettre aux policiers d'intervenir.
00:50:46 C'est-à-dire que cet homme oublie son propre individu,
00:50:52 oublie ce qu'il est, et il va plus loin que ça.
00:50:56 On parle de lui.
00:50:57 Que peut-on aujourd'hui formuler sur ce personnage ?
00:51:04 Rien.
00:51:05 Il n'est pas apparu dans ce monde où les gens sont là
00:51:08 à prendre des photos de ce qu'il y a dans leur assiette,
00:51:11 à prendre la photo du petit serein, du petit machin, etc.,
00:51:15 où chacun est dans le "moi, je vais regarder comme je suis beau".
00:51:18 Cet homme a tenté l'impossible.
00:51:21 Grâce à lui, ce soir, il y a des enfants dont la vie est en danger,
00:51:27 mais sans doute, eh bien, ils seraient morts et d'autres seraient tombés.
00:51:32 Comment ne pas le louer ?
00:51:34 Eh bien, il a la dignité de sa générosité.
00:51:39 Il s'est soustrait à l'action.
00:51:42 Alors que les uns et les autres bavent devant les micros,
00:51:45 "Oh, on devrait faire ci, on devrait faire ça, ne parlez pas comme ci",
00:51:49 lui, lui a risqué sa vie.
00:51:52 Il a disparu.
00:51:53 C'est ça qui est extraordinaire.
00:51:55 C'est ça la grande leçon à tirer.
00:51:58 Comment tout un chacun devrait aujourd'hui se saisir de cet exemple
00:52:05 pour dire, est-ce qu'en général, nous n'avons pas trop tendance au laxisme,
00:52:11 à une sorte de renonciation ?
00:52:14 C'est dans le papier de mon ami Mathieu Boccoté tout à l'heure.
00:52:18 Il disait, il y a une esquive, une sorte de renonciation à la contre-attaque.
00:52:25 Et puis, ben voilà, on va aller planter des petites lanternes.
00:52:30 On va essayer, on va pleurer tous ensemble, une grande marche blanche.
00:52:35 Des nounours et des fleurs.
00:52:38 Mais au moment où il s'agit d'agir, alors oui, il y a la sidération légitime.
00:52:44 Oui, il est compréhensible que des femmes qui se retrouvent avec l'enfant
00:52:49 soient dans la terreur, qu'elles hurlent et qu'elles n'osent pas.
00:52:52 Mais tous les autres, ceux qui se précipitaient dans les micros pour dire,
00:52:56 ah, j'ai vu cela, on s'est dit, tiens, c'est bizarre ce qui se passe.
00:53:00 Mais ont-ils cherché à avoir le geste sauveur ? Non.
00:53:07 Alors ça nous interroge sur ce que nous sommes et sur ce que nous vivons au quotidien.
00:53:12 Ces petites incivilités. Il y a deux jours, on parlait de quoi ici ?
00:53:17 Des jeunes femmes qui sont obligées, enfin, qui finissent par admettre
00:53:22 de devoir se déshabiller, changer de vêtements le temps d'un transport,
00:53:27 de devoir, pour traverser tel quartier, s'en mitoufler.
00:53:32 Mais si quelqu'un leur fait la moindre réflexion, si un personnage se dresse
00:53:38 pour dire, mais vous allez laisser cette jeune fille ?
00:53:41 Tous les autres, eh bien, regardent si leurs chaussures sont bien cirées,
00:53:45 si le lacet tient bien, mais personne ne bouge.
00:53:50 Mais en revanche, après, quel courage on ira éventuellement,
00:53:54 si on aboutit à un drame, planter sa petite chandelle, sortir son petit nounours
00:54:00 et pleurnicher. Donc il nous faudrait aujourd'hui essayer de nous forger
00:54:06 un moral de résistant. Oui, on ne peut pas jaillir héros,
00:54:11 c'est formidable cet homme, mais apparemment, en plus,
00:54:14 ce n'est pas un lutteur. Il n'est pas intervenu en ayant
00:54:18 la capacité du karatéka, non, avec son sac.
00:54:23 Et il repart, et en plus, il était encombré d'un deuxième sac.
00:54:26 Rien ne l'arrête, mais ça prouve qu'il avait le moral,
00:54:30 qu'il avait le sens de la dignité, la dignité des autres
00:54:34 et la dignité de soi. Parce que c'est gentil d'aller devant un micro
00:54:37 et dire "Oh, j'ai vu, j'étais témoin, oui, c'était étonnant".
00:54:42 Et on peut se regarder dans la glace en ayant été passif comme ça ?
00:54:46 Si vous permettez, on a même entendu des témoins dire "J'ai vu l'assaillant,
00:54:50 je me suis écartée" et critiquer l'action de la police
00:54:54 qui n'a pas été assez rapide.
00:54:55 Et vous vous rendez compte d'avoir le courage d'apparaître pour dire
00:54:58 "Je suis un dégonflé, je suis un lâche". On peut comprendre que l'on ait peur.
00:55:01 On n'a pas à avoir honte d'avoir peur, mais d'apparaître simplement
00:55:06 pour revendiquer cela. Non, à la limite, vous dites "J'ai honte,
00:55:09 je n'ai pas été capable d'agir". Mais on devrait donc se former
00:55:13 moralement pour cela. Vous savez, on prend des cours de secouriste.
00:55:16 Et bien pourquoi n'y aurait-il pas des cours de courage
00:55:21 que nous nous habilitions tous à être capables de jaillir,
00:55:25 parce que ces manifestations de l'horreur, Gabriel nous les a décrites,
00:55:29 vous nous les avez rappelées aussi, elles sont tellement constantes.
00:55:32 Il nous faut avoir cette capacité à nous dresser et non pas à regarder
00:55:37 si les chaussures sont bien cirées. Voilà, je crois, ce qu'il nous faut tirer
00:55:42 après l'avoir salué comme conclusion du courage de cet homme.
00:55:49 Je ne sais pas si on le retrouvera, mais quoi qu'il arrive, je suis certain,
00:55:52 en revanche, qu'il ne voudra même pas une médaille.
00:55:55 Car les gens qui sont capables de cela agissent simplement en conscience.
00:56:00 Réveillons nos consciences, essayons chaque jour de nous dire
00:56:04 si moi aussi je dois être témoin de ça, et surtout si ce sont des enfants,
00:56:09 des personnes, là vous vous rendez compte, deux mois, c'est incroyable,
00:56:14 et les personnes ne bougent. Vous vous rendez compte ?
00:56:18 Là vous risquez votre pont, tant pis.
00:56:20 Marc Menand, c'est tout ce qu'il nous reste, cette forme de résistance ?
00:56:24 Malheureusement, les policiers peuvent être partout,
00:56:27 on ne va pas avoir chacun un policier, et puis quoi qu'il arrive,
00:56:30 c'est le premier. Si les délinquants, ceux qui vous empêchent
00:56:34 de prendre le métro avec la tenue que vous souhaitez,
00:56:37 s'ils sont capables de terroriser comme cela, c'est parce qu'ils savent
00:56:41 qu'il y a une sorte de lâcheté ambiante. Il nous faut donc aller
00:56:44 contre cette lâcheté ambiance. Pascua disait "terrorisons les terroristes".
00:56:48 Eh bien, terrorisons tous ceux qui nous mettent en menace de sécurité.
00:56:54 Merci beaucoup pour votre regard. Quelqu'un veut réagir, peut-être ?
00:56:58 En une seconde, cette école de formation Courage dont parle Marc,
00:57:02 on appelait ça autrefois le service militaire, et rappelez-vous,
00:57:05 dans le Thalys, ceux qui s'étaient mobilisés, c'était de mémoire
00:57:08 des marines américains qui étaient en permission, en congé, tout ça.
00:57:11 Donc, d'une main, le service militaire sert.
00:57:14 Question, Mathieu Bocoté, nous avons parlé tout au long
00:57:17 de cette émission, de cette scène d'horreur aujourd'hui,
00:57:20 qui a révélé encore une fois les failles profondes de notre société.
00:57:24 Devant cela, est-ce qu'on peut croire que bien des Français
00:57:28 espèrent un geste de redressement, espèrent un geste d'unité,
00:57:32 espèrent que de leurs dirigeants, qu'ils puissent peut-être
00:57:35 enfin se réveiller au niveau de la sécurité,
00:57:38 est-ce qu'ils ont le droit, ce soir, d'espérer cela ?
00:57:42 Ils sont tout à fait en droit de l'espérer.
00:57:44 Et c'est une espérance naturelle, une espérance spontanée,
00:57:47 une espérance légitime. Notre pays va suffisamment mal,
00:57:50 peuvent-ils se dire que, quelles que soient vos préférences,
00:57:53 que vous soyez RN ou que vous soyez communiste,
00:57:56 que vous soyez républicain, que vous soyez renaissance,
00:57:59 socialiste, faites la liste des gens qui existent,
00:58:02 au-delà de tout, la nation est une patrie, c'est une famille,
00:58:05 à certains égards, ce que nous avons en commun est bien plus
00:58:08 important que ce qui nous divise.
00:58:10 À tout le moins, c'est ce qu'on dit spontanément, normalement,
00:58:12 dans une nation. Dans un pays qui se définirait d'abord
00:58:15 par une idéologie, ce serait plus compliqué.
00:58:17 Mais dans une nation, c'est comme ça que ça fonctionne.
00:58:20 Donc, on pourrait croire l'union sacrée, pour faire un clin d'oeil
00:58:23 à l'histoire. Or, je n'y crois pas un seul instant,
00:58:26 je vais expliquer pourquoi. Je l'espère, mais je n'y crois pas.
00:58:30 Et c'est presque le bilan de la journée.
00:58:33 Premièrement, le système médiatique, on l'a vu,
00:58:36 Raphaël nous l'a très bien dit, traite cet événement sur le mode
00:58:39 interdit de réfléchir politiquement à ce qui arrive,
00:58:42 ce qu'il appelle récupération. Donc, l'appel à ne pas récupérer
00:58:46 précède la possibilité même de la récupération.
00:58:49 Donc, c'est pas mal. Le système médiatique avertit tout le monde
00:58:53 à l'avance, si vous tirez la moindre conclusion politique
00:58:56 ou sociale ou sociologique, vous serez un récupérateur.
00:58:59 Dès lors, vous serez un infréquentable. Dès lors, vous ne serez pas
00:59:02 le bienvenu dans le débat public. Donc, c'est le premier élément
00:59:04 qui se passe comme d'habitude.
00:59:06 Le deuxième, on va nous dire, pas d'amalgame.
00:59:08 Je le disais plus tôt, apparemment, on nous dit,
00:59:10 il est chrétien, il reste à voir si c'est vrai.
00:59:12 Ce qui est certain, c'est que c'est un migrant syrien.
00:59:14 On va dire pas d'amalgame. Le fait qu'il soit un migrant syrien
00:59:17 soit ne pas être mentionné, soit être mentionné comme un élément
00:59:21 secondaire qui ne compte pas dans sa biographie et qui ne nous
00:59:24 autorise donc d'aucune manière de penser la question, le lien
00:59:27 entre insécurité et immigration dans ce cas particulier.
00:59:30 Donc, c'est interdit. Là, la troisième étape est la plus importante.
00:59:34 On va nous expliquer que le vrai danger, ce n'est pas cet agresseur
00:59:38 au couteau, ce sont les récupérateurs potentiels
00:59:41 dans l'espace public. On se souvient du documentaire
00:59:44 sur la petite Lola. Le véritable scandale pour France 5,
00:59:47 c'était... - La fabrique du mensonge.
00:59:49 - Ah, la fabrique du mensonge. Tout le monde s'était bien nommé
00:59:51 pour parler d'eux-mêmes sur le titre d'autobiographie involontaire.
00:59:54 Alors, quoi qu'il en soit, on s'en souvient, le véritable scandale
00:59:58 pour eux, ce n'était pas le meurtre atroce de Lola.
01:00:02 Le véritable scandale, c'était que certains y aient vu,
01:00:05 dans ce cas-là, c'est un cas de QTF, y avait une dimension politique
01:00:08 liée à la politique migratoire. Et ils en profitaient, eux,
01:00:11 les récupérateurs, parce que dans ce cas-là, c'était vrai,
01:00:14 pour expliquer, si on dit en passant, qu'il n'y a pas de problème
01:00:16 avec l'immigration, aucune souci, aucun problème.
01:00:18 Si vous en avez un, vous êtes d'extrême droite, évidemment.
01:00:20 Donc, la troisième étape, c'est celle-là, dans tout cela,
01:00:22 où on nous explique que le vrai danger, globalement, politiquement,
01:00:25 on va nous dire Marine Le Pen et Éric Zemmour.
01:00:28 Là, on a ajouté Aurore Berger aussi. Je note qu'on a ajouté
01:00:30 Aurore Berger parmi les récupérateurs potentiels.
01:00:32 Il fallait y penser. Et les chroniqueurs et les editorialistes
01:00:36 qui vont vouloir penser sous cette catégorie.
01:00:38 Et, plus largement, les électeurs qui les suivent,
01:00:40 les électeurs idiots, les électeurs imbéciles,
01:00:43 les électeurs pas intelligents, qui ne comprennent pas
01:00:46 qu'il n'y a aucun lien entre insécurité et immigration,
01:00:49 et qui, dès lors, sont le jouet, finalement, sont manipulés
01:00:52 par les récupérateurs, qui seraient les vrais dangers
01:00:55 de l'espace public. Autrement dit, d'ici 48 heures,
01:00:58 je pense qu'on peut le dire, la vraie menace,
01:01:00 c'est l'extrême droite. Et dernier élément,
01:01:03 d'autres crimes vont arriver dans une semaine, dans deux semaines,
01:01:06 dans trois semaines, dans un mois. On ne les souhaite pas,
01:01:08 on les redoute, on est terrifiés, mais il va y avoir d'autres crimes.
01:01:11 Ce qu'on vit en ce moment comme un drame va être oublié,
01:01:14 comme un fait divers, un fait divers sordide,
01:01:16 un fait divers atroce, mais qui aura été déclassé
01:01:19 par tant d'autres faits divers de cette nature
01:01:21 qu'il n'aura pas structuré d'aucune manière
01:01:23 notre compréhension de la vie politique.
01:01:25 Donc, devant tout cela, bien franchement,
01:01:27 je ne crois pas vraiment à l'unité de la classe politique
01:01:29 ou à l'unité des élites. On pourrait la souhaiter,
01:01:31 mais pour l'instant, on va très rapidement retourner
01:01:33 l'indignation, retourner l'énergie contre ceux
01:01:35 qui, justement, veulent penser politiquement ce qui arrive.
01:01:38 - Vous n'y croyez pas, vous n'y croyez pas, vous n'y croyez pas.
01:01:41 Vous allez nous laisser sur un autre dossier pessimiste.
01:01:43 - Ce que vous nommez pessimisme, je le nommerais peut-être réalisme.
01:01:46 Et je m'en désole. Je n'ai pas l'habitude d'être un désespéré.
01:01:49 C'est une sottise, le désespoir.
01:01:51 Mais cela dit, je pense qu'il faut être réaliste.
01:01:54 Qu'est-ce qu'on voit depuis, je vais dire, 30 ou 40 ans?
01:01:56 Parce que la décomposition de la France ne date pas d'avant-hier.
01:01:59 C'est une histoire longue qui se déploie.
01:02:02 Chacun aura son point de référence dans l'histoire.
01:02:04 Mais sur une quarantaine d'années, il y a le sentiment d'un pays
01:02:06 qui s'échappe, un pays qui perd la maîtrise de lui-même,
01:02:09 qui n'est plus capable, qui voit la sécurité disparaître.
01:02:11 Et chaque fois, on a des élites, il faut bien le dire,
01:02:13 qui expliquent que vous avez tort de penser que votre pays vous échappe.
01:02:16 Vous avez tort de croire que vous êtes en insécurité.
01:02:18 Vous êtes en sentiment d'insécurité.
01:02:20 Vous avez tort de croire que vous n'avez plus votre souveraineté.
01:02:22 Ça doit être un sentiment de perte de souveraineté, probablement,
01:02:24 et un sentiment de perte d'identité.
01:02:26 Vous avez tort de penser tout cela.
01:02:28 Une bonne partie du discours médiatique et politique dominant
01:02:30 avait pour fonction de criminaliser la réaction, le désir de survie,
01:02:34 la réaction vitale de tant de Français,
01:02:36 qu'ils soient politiquement, intellectuellement, culturellement,
01:02:39 nommaient leur désespoir, leur protestation,
01:02:42 devant ce sentiment de dépossession.
01:02:44 Alors ça, c'est la trame de fond des quarantaines de dernières années.
01:02:47 Réaction vitale, diabolisation inévitable.
01:02:51 Alors, il ne faut jamais désespérer.
01:02:53 Mais en ce moment, entre vous et moi, le désespoir,
01:02:56 le premier réflexe, c'est un réflexe qu'on doit surmonter
01:03:00 par un effort de la volonté, un effort de l'intelligence.
01:03:03 Mais ce qui est certain, c'est que la première réaction aujourd'hui,
01:03:06 c'est le sentiment d'impuissance devant un dramatrosse.
01:03:09 À 9 h 45, ce jeudi 8 juin, la France s'est arrêtée.
01:03:15 Y a-t-il un lien avec la politique migratoire?
01:03:18 Il n'est pas autorisé de poser la question ce soir.
01:03:23 Dans un instant, Pascal Praud, pour faire le lien avec Pascal Praud
01:03:27 et le RDC Pro 2, nous allons sur le terrain rencontrer
01:03:30 notre envoyée spéciale Célia Barotte.
01:03:32 Le soleil se couche.
01:03:34 À l'instant, dans un instant, sur ce parc d'enfants
01:03:37 qui a rouvert aujourd'hui, quelle est l'ambiance sur place?
01:03:40 - Eh bien, l'émotion est palpable ici au paquet.
01:03:46 Nombreux habitants, les larmes aux yeux et dans le silence,
01:03:49 sont venus se recueillir comme pour réaliser que le drame
01:03:52 et cette attaque s'est bel et bien déroulée,
01:03:55 là où chacun a des souvenirs d'enfance.
01:03:57 Vous pouvez le voir, c'est un parc habituellement fréquenté
01:04:00 par de nombreuses familles dans un cadre idyllique près du lac d'Annecy.
01:04:04 Il y a plusieurs familles qui s'arrêtent et se disent avoir évité le pire.
01:04:08 Les anéciens que nous avons pu rencontrer ont du mal
01:04:11 à réaliser ce qui s'est passé ce matin.
01:04:14 - C'est un contexte d'habitude de loisirs qui anime ce quartier,
01:04:17 cette promenade très verte et naturelle.
01:04:21 Aujourd'hui, le site est marqué par la douleur
01:04:24 et même si aucun élément permet d'évoquer le motif terroriste,
01:04:27 tout le monde a l'impression de se replonger dans les mauvais souvenirs de 2015.
01:04:31 Ils ont l'impression que c'est un climat de terreur qui a envahi la ville.
01:04:36 La ville est comme sur pose.
01:04:38 Les commerçants aux alentours, les locations de pédalo ont par exemple
01:04:41 fermé plus tôt aujourd'hui.
01:04:44 Des fleurs blanches ont été déposées au bord des pieds de jeux pour enfants.
01:04:48 Bien évidemment, toutes les personnes présentes ici ont une pensée particulière
01:04:52 pour la famille des six victimes.
01:04:54 Certains connaissaient les parents des enfants qui ont été touchés.
01:04:59 Concernant d'ailleurs les deux enfants, celui âgé de 2 ans et demi
01:05:02 et la petite de 3 ans, leur grand-père nous a fait parvenir
01:05:06 des éléments très rassurants.
01:05:09 Les enfants sont stabilisés sauf complications.
01:05:12 La fillette a été poignardée par quatre fois, son cousin lui trois fois.
01:05:16 Il n'y aura pas de séquelles, ils ont été néanmoins touchés à l'estomac,
01:05:20 au rein et au poumon.
01:05:22 Pour l'instant tout le monde est ici.

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