00:00 - Et nous sommes en direct avec la maire du 5e arrondissement, Florence Berthoud.
00:03 Merci beaucoup Madame Berthoud de prendre la parole ce soir en direct sur BFM TV.
00:07 J'avais envie de vous demander ce que sont les dernières informations à votre disposition
00:12 sur cette catastrophe qu'a connue votre quartier, votre arrondissement aujourd'hui.
00:15 - C'est celles qui ont été diffusées d'ailleurs sur vos antennes.
00:22 Il y a les personnes qui sont en urgence relative,
00:26 on sait maintenant qu'elles sont vraisemblablement plus de 25.
00:30 Et puis il y a toujours ces 4 personnes qui sont en urgence absolue.
00:35 Alors évidemment mes pensées elles vont vers toutes les victimes
00:39 et surtout ces 4 personnes dont j'espère que l'état de santé va s'améliorer.
00:44 Et puis un mot évidemment d'amitié à tous mes administrés,
00:48 tous les riverains qui ont dû quitter la rue Saint-Jacques.
00:50 Alors il y a les immeubles mitoyens, les 2 immeubles mitoyens qui ont été évacués
00:55 et dont je crains que les occupants ne puissent pas les regagner dans les jours qui viennent
01:01 parce qu'il y a potentiellement des éléments de fragilité de ces immeubles.
01:06 Et puis il y a tous les immeubles qui sont en face de la chapelle du Val-de-Grâce.
01:14 Et ces immeubles n'ont a priori absolument pas été touchés
01:18 mais les vitres ont littéralement explosé dans un nombre très important d'appartements.
01:26 Et lorsque nous étions sur place toute la fin d'après-midi
01:30 avec la maire de Paris et le préfet de police,
01:33 on marchait littéralement avec les pompiers sur un sol qui était un sol de bris de verre.
01:41 - A votre connaissance, y a-t-il des personnes portées disparues au moment où nous parlons ?
01:48 - Nous avons toujours cette crainte d'avoir 2 personnes sous les décombres.
01:56 Les pompiers qui sont maîtres chiens me disaient qu'ils n'avaient pas d'assurance totale sur ce point.
02:08 Donc j'espère que nous n'aurons pas de mauvaise surprise.
02:15 La réalité c'est que l'explosion a été énorme, foudroyante
02:20 et que vous avez des blocs de pierres considérables qui sont tombés.
02:26 Mais encore une fois, les pompiers et ce qu'on a moins vu, c'est-à-dire à l'arrière du Val-de-Grâce,
02:32 les militaires qui étaient sur place ont oeuvré avec une rapidité d'intervention incroyable
02:42 et beaucoup de professionnalistes ont contribué à éviter le pire.
02:48 - Au moment où nous parlons, vous évoquiez cette odeur de gaz à laquelle vous avez été confronté.
02:54 Est-ce que l'idée d'une explosion de gaz reste selon vous le plus probable ?
03:02 - Moi je me tiens aux propos prudents de monsieur le préfet de police.
03:08 Là, il y a une enquête et il faut vraiment attendre les résultats de cette enquête.
03:19 Franchement, on ne peut pas faire de conclusion hâtive.
03:25 D'abord parce que l'explosion a priori, il faut être très prudent,
03:30 elle est plutôt partie d'un premier étage ou d'un deuxième étage.
03:35 Donc vraiment, je pense que plusieurs hypothèses sont sur la table et il faut laisser les enquêteurs travailler.
03:43 - Ceux qui ne pourront pas rentrer chez eux, et vous l'évoquiez il y a quelques instants,
03:47 c'est-à-dire peut-être un, deux, trois immeubles, vont-ils bénéficier d'une aide et d'un appui immédiatement ?
03:52 Est-ce qu'ils sauront ce soir où dormir s'ils ne peuvent pas justement rentrer chez eux ? Vous venez de l'évoquer.
03:58 - Alors c'est la cellule de crise qui, avec l'appui de la ville, est organisée dans ma mairie.
04:04 Vous voyez que nous sommes ici dans la salle des fêtes. Il y a devant moi des chaises.
04:08 Il y a une dizaine de personnes qui sont là. Nous allons leur proposer des lits de camp pour celles et ceux qui n'auront pas pu être relogés.
04:18 Vous savez que les assurances proposent parfois des modes de relogement.
04:22 Les deux bailleurs sociaux qui gèrent deux petits immeubles mitoyens qui ont été évacués sont en train de s'occuper des locataires.
04:33 Deux personnes très âgées ont d'ailleurs déjà été orientées vers un EHPAD.
04:38 Et puis là, nous allons installer dans quelques instants des lits de camp, proposer des douches.
04:44 Nous avons la chance d'avoir des douches aussi dans cette mairie. Et puis surtout, il fait très chaud.
04:50 Donc de l'eau, des rafraîchissements et une écoute. C'est très important aussi.
04:57 Vous avez dû cet après-midi, puisque vous étiez très tôt sur place, être déplacée parce qu'on craignait d'autres explosions ?
05:07 Ou c'était la crainte des vitres qui continuaient de casser ?
05:11 Parlez-moi, qu'est-ce que vous avez vécu physiquement à ce moment-là ? Que se passait-il ?
05:15 Alors, d'abord il y a les deux. Évidemment, quand je suis arrivée immédiatement, y compris sur le site du Val-de-Grâce,
05:25 donc la chapelle et puis l'ancien hôpital d'instruction des armées, alors moins du côté de l'hôpital, mais du côté de la chapelle,
05:30 il y avait des vitres qui continuaient à tomber. L'explosion a fragilisé les vitres.
05:34 Vous avez des vitres qui sont tombées. Et puis après, petit à petit, les vitres se délitent et elles tombent.
05:39 Donc il ne faut pas rajouter, si vous voulez, des incidents aux accidents. Donc il fallait être très vigilant.
05:48 Et sur la place Lavran, qui fait face au Val-de-Grâce, à la chapelle du Val-de-Grâce,
05:56 vous avez un nombre incalculable de vitres qui ont littéralement sauté.
06:01 Madame Hidalgo était très prête à...
06:03 Nous, on craignait effectivement qu'à un moment donné, qu'il puisse y avoir d'autres explosions.
06:09 Vous savez, c'est toujours un risque inhérent aux explosions qui se produisent, surtout en ville,
06:18 quand on n'en connaît pas la cause. Donc il faut être prudent.
06:23 Le gaz a été coupé, d'ailleurs, dans tout le quartier. Et à l'heure où je vous parle,
06:27 je ne sais pas quand est-ce que le gaz va être remis. J'ai vu ce soir, de la fête de la musique,
06:35 hélas, des gérants de restaurants, de bars, qui étaient en train de ranger leur table et leur chaise
06:41 parce qu'ils n'avaient plus de gaz pour pouvoir cuisiner et accueillir leurs clients.
06:46 Mais c'est un mal nécessaire pour que tout le périmètre soit mis en sécurité,
06:52 et surtout pour ne faire courir absolument aucun risque aux riverains et aux habitants de ce quartier.
06:59 – Ces précisions que vous nous donnez, notamment sur la distribution du gaz dans votre quartier,
07:03 sont très importantes. Madame Hidalgo était présente très tôt aujourd'hui à vos côtés.
07:08 Quel a été votre échange ? Que vous a-t-elle dit ?
07:13 – Je pense que nous étions évidemment effarés par ce qui arrivait.
07:21 Et je pense que notre échange portait avec M. le Préfet sur les conditions possibles de cette explosion.
07:32 Il faut d'abord, de manière très très prudente, essayer d'évaluer les causes possibles,
07:41 et puis surtout laisser les secours s'organiser, parce que l'urgence absolue,
07:48 c'est vraiment d'éviter que le nombre de victimes n'augmente.
07:52 Donc je pense que c'était notre préoccupation première et partagée.
07:55 Et puis la Ville est venue très vite aux côtés de la mairie du 5ème
08:00 pour que nous puissions organiser ici un accueil personnalisé pour, encore une fois,
08:05 celles et ceux qui ne peuvent pas être hébergés cette nuit.
08:09 Et puis on va voir, vous savez, au fil de l'eau ce qui va se passer.
08:12 J'espère que demain, mais j'espère ça pour les personnes qui ne sont pas logées,
08:17 j'espère que nous n'aurons pas à les accueillir, mais s'il le faut, nous le ferons bien évidemment.
08:22 Et nous avons vidé toute cette salle des fêtes pour pouvoir accueillir les personnes
08:29 qui n'avaient pas d'abri cette nuit, qui sont, je dois dire, pour le moment, très peu nombreuses.
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