00:00 - Sud Radio Bercov dans tous ses états.
00:03 - Le fait du jour.
00:04 - Comparison les parisons, mais voilà, le paysage est là,
00:07 mais pendant que les mortiers, qu'on entend les mortiers pendant les bagarres,
00:11 pendant les cagnottes, pendant les casseroles,
00:15 pendant les invectives de part et d'autre, attention,
00:18 il y a une loi de programmation militaire
00:22 qui va être effectivement votée définitivement le 6 juillet 2023
00:28 et en principe promulguée le 14 juillet ou autour du 14 juillet.
00:32 Et que dit cette loi de promulgation militaire ?
00:37 Voilà, ça on n'en parle pas parce qu'effectivement on est occupé à juste titre.
00:42 Mais vous savez, jamais oublier une dimension de l'histoire,
00:46 c'est à tous les étages que ça se passe.
00:48 Alors je le dis, on va en parler avec l'essayiste Stanislas Berton.
00:52 Bonjour Stanislas Berton.
00:54 - Bonjour André Bercov.
00:55 - Bonjour, on vous reçoit toujours avec plaisir, vous êtes entrepreneur.
00:58 Vous êtes un analyste économique et vous avez des risques systémiques.
01:01 Je rappelle vos "La France retrouvée", "Être français"
01:05 et puis l'homme les a cités 1, 2 et 3.
01:08 Vous suivez, non seulement vous suivez l'actualité, mais vous la décryptez
01:12 et juste je vais dire en quelques mots pour les auditeurs,
01:15 de quoi s'agit-il ?
01:17 Alors voilà, l'article 23 du projet de loi de programmation militaire dit ceci,
01:24 "En cas de menaces pesant sur les activités essentielles à la vie de la nation,
01:29 la protection de la population, l'intégrité du territoire,
01:33 la permanence des institutions de la République ou qu'à nouveau,
01:36 de nature à justifier la mise en œuvre des engagements internationaux de l'État en matière de défense,
01:42 qu'elle soit actuelle ou si elle n'est pas immédiate, mais maintenant prévisible,
01:45 l'article 2212.1 nouveau du code de la défense permettra,
01:51 s'il est adopté, au président de la République."
01:53 Écoutez bien, là, au président de la République,
01:55 "via un décret en Conseil des ministres,
01:58 d'ordonner la réquisition de toute personne physique ou morale
02:03 et de tous les biens et les services nécessaires pour parer à cette menace
02:07 ou d'habiliter l'autorité administrative ou militaire à procéder à ces mesures.
02:12 Le fait de refuser de déférer à la demande de recensement des personnes, biens ou services,
02:17 ou à la convocation à des essais ou à des exercices,
02:19 ou encore de refuser le blocage des biens,
02:22 sera pénalement sanctionné par un an d'emprisonnement
02:25 et 15 000 euros d'amende suite à l'adoption de l'amendement du gouvernement, etc."
02:30 Alors, Stanislas Berton, comme ça, en surface, on peut dire "mais oui, écoutez,
02:33 si la nation est en danger, il faut que tout le monde soit là,
02:37 il faut que chacun assume ses responsabilités
02:39 et qu'il soit prêt, effectivement, à être réquisitionné pour défendre la patrie."
02:45 Mais apparemment, ce n'est pas tout à fait ça que cela implique.
02:50 En fait, si, c'est exactement ça que ça implique,
02:54 mais le problème, c'est que qu'est-ce que ça veut dire ?
02:56 Il faut toujours lire entre les lignes.
02:58 Par exemple, vous avez dans la liste que vous avez citée,
03:00 il y a quelque chose qui est le cas nouveau,
03:02 donc ça veut dire que c'est quelque chose qui a été rajouté.
03:04 C'est "la nette a justifié la mise en œuvre des engagements internationaux
03:09 de l'État en matière de défense."
03:11 Qu'est-ce que ça veut dire, ça, concrètement ?
03:13 Ça veut dire concrètement, si par exemple, la France, qui est membre de l'OTAN,
03:18 se retrouve dans un conflit, par exemple avec la Russie, je dis ça au hasard,
03:22 eh bien, cette loi peut être mise en œuvre,
03:27 et le président, par décret, peut réquisitionner tous les biens ou personnes
03:33 qu'il juge utiles à cet effort de guerre.
03:36 Donc vous voyez, là, ce qui est inquiétant dans ce texte,
03:40 c'est l'effet d'entraînement qui peut susciter.
03:43 C'est-à-dire que je rappelle que là, aujourd'hui,
03:45 on est quand même impliqué dans un conflit qui dure depuis plus d'un an,
03:48 là, on voit qu'il y a la possibilité d'une escalade
03:51 dans laquelle ça ne serait pas un conflit à distance,
03:54 mais dans lequel la France serait partie prenante,
03:57 et qui retrouverait, en fait, les Français seraient complètement mobilisés.
04:01 Déjà, aujourd'hui, on est mobilisés par les sommes qu'on envoie en Ukraine,
04:04 par le matériel militaire qu'on envoie déjà.
04:06 Et le personnel d'encadrement qui est en Ukraine, Stanislas Berton.
04:10 On a un personnel d'encadrement qui est en Ukraine, non ?
04:13 Alors ça, je ne peux pas l'affirmer, mais on sait qu'on envoie du matériel.
04:19 On envoie les canons César, on envoie du matériel,
04:23 en tout cas pour soutenir l'effort de guerre.
04:25 Mais là, avec ce texte-là, on passerait à l'étape supérieure.
04:29 Et comme vous l'avez très bien souligné,
04:31 c'est important quand on sait qu'il y a quand même une tendance
04:34 à profiter des moments de crise et à profiter du fait que,
04:37 je dirais, l'opinion publique est concentrée sur d'autres sujets
04:40 pour faire passer des choses de genre.
04:43 Souvenez-vous du Patriot Act après le 11 septembre.
04:46 Souvenez-vous de la loi sur la sécurité intérieure en 2017,
04:50 après le Bataclan qui permettait de faire passer certaines choses
04:54 sans que ça soit soumis au contrôle d'un juge.
04:57 Donc là, il faut quand même être vigilant.
04:58 Quand on est soucieux des libertés publiques,
05:00 il faut se dire attention, attention, danger.
05:04 Attention, danger.
05:04 Et comme vous allez en parler tout à l'heure,
05:06 ce n'est pas juste sur le plan militaire ou saisie des biens et des personnes.
05:11 On est aussi sur la question de la liberté d'expression.
05:13 Il y a aussi des lois qui sont en train de se préparer,
05:16 qui visent le contrôle de ce qu'on appelle la désinformation
05:19 par des acteurs extérieurs.
05:21 Vous voyez, en fait, il y a quand même un paquet du législatif
05:23 qui est en train de se mettre en place pour dire,
05:26 on va, si l'engrenage de la guerre se met en place,
05:29 on va pouvoir réquisitionner, on va pouvoir censurer
05:33 parce que ça sera jugé comme des agents étrangers.
05:35 Vous savez ce qui s'est passé déjà cette année avec RT France.
05:38 La chaîne a disparu parce qu'elle était accusée
05:40 de faire le jeu de la propagande russe.
05:42 Donc là, on voit qu'il y a quand même un ensemble de choses
05:44 qui sont en train de se mettre en place.
05:45 - Oui, mais alors justement, Stanislas Berton,
05:48 de ce point de vue-là, il y a quelque chose qui est aussi étonnant.
05:52 C'est toujours comme par hasard.
05:54 Ça se passe là, j'ai vu, le 6 juillet.
05:57 Les débutés sénateurs se réunissent en commission mixte paritaire.
06:00 Le cas de le 6 juillet, c'est après-demain.
06:03 Autour du 14 juillet, on voit.
06:05 Mais dites-moi, alors, quand c'est décrit dans tout ça,
06:07 le Parlement n'est absolument pas consulté,
06:10 la nation, rien.
06:12 Ça se passera par décret, quoi.
06:14 Et où est le contre-pouvoir ?
06:17 Où est le législatif ?
06:19 Où est le pouvoir législatif ?
06:21 - C'est exactement ce que j'allais vous dire.
06:22 C'est qu'on est théoriquement dans une démocratie
06:25 avec un équilibre des pouvoirs, avec des contre-pouvoirs.
06:28 Où sont-ils ?
06:29 Où est le contrôle des libertés ?
06:31 Où est le rôle du Parlement ?
06:34 Le rôle du Sénat ?
06:35 Là, c'est quand même très important ce qui est en train de se passer.
06:39 Et je vais même aller plus loin par rapport à ça.
06:41 C'est que ça fait, là, ça fait depuis la crise du Covid.
06:44 On a le gouvernement qui a géré la crise du Covid
06:46 avec la façon dont on le sait.
06:48 Là, on a cette guerre en Ukraine qui dure depuis déjà un an
06:51 avec un endettement qui vient déjà s'ajouter à un endettement.
06:54 On a la France qui brûle.
06:56 On a l'effondrement de nos services publics,
06:58 l'effondrement de l'école, la propagande à l'école,
07:00 à tous les niveaux, qui est rejetée par les parents.
07:03 La question qui commence à se poser aujourd'hui, c'est
07:06 quelle est la légitimité du gouvernement
07:08 pour nous emmener dans des engrenages aussi graves ?
07:11 Parce que là, on parle quand même de réquisition de biens et de personnes.
07:13 Est-ce que la confiance du gouvernement est encore...
07:17 Est-ce que le gouvernement a la confiance du peuple français
07:20 pour nous amener aussi loin ?
07:21 Et est-ce que l'opposition joue son rôle et fait son travail ?
07:25 Vaste question.
07:27 On verra ça en 2027 ou en 2024,
07:30 ou avant d'ailleurs, ou avant.
07:32 Merci Stanislas Berton à suivre,
07:33 en tout cas suivre vraiment avec beaucoup d'attention.