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  • il y a 3 ans
Jean-Philippe Tanguy, député RN de la Somme et président délégué du groupe RN à l'Assemblée, était vendredi 21 juillet l’invité du 8h30 franceinfo.

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Transcription
00:00 Le Rassemblement national a critiqué le remaniement avant même qu'il ait lieu par la voix de Marine Le Pen cet émercredi.
00:05 Maintenant qu'il a eu lieu, est-ce qu'il y a quand même une bonne nouvelle dans ces changements au gouvernement ?
00:12 Non, Marine Le Pen a eu la préscience de ce remaniement, c'est-à-dire que c'est vraiment un resserrement sur la Macronie.
00:20 C'est un remaniement de fin de règne, c'est le genre de remaniement qu'on avait dans les mandats précédents,
00:24 quelques mois avant une élection présidentielle et un changement de majorité.
00:28 C'est assez consternant parce que si le président de la République, on verra ce qu'il dit tout à l'heure au Conseil des ministres,
00:34 pense relancer son gouvernement avec ces quelques changements vraiment très superficiels, il ne se passera pas grand-chose.
00:41 Quand je vois ce qui se passe notamment sur l'éducation avec l'arrivée de M. Attal, avec les finances, avec l'arrivée de M. Kasnam...
00:46 La PNDI s'était vraiment tête noire au Rassemblement national, vous l'accusiez d'être wokist, etc.
00:52 C'est pas une bonne nouvelle pour vous ?
00:55 D'ailleurs c'est assez intéressant, c'est que le discours d'arrivée de M. Attal, c'était vraiment un anti-portrait de l'action du gouvernement depuis 6 ans,
01:03 puisqu'il a dit qu'il fallait rétablir l'autorité, il fallait rétablir les savoirs fondamentaux.
01:06 Bref, on avait l'impression que la Macronie arrivait à l'éducation nationale.
01:10 Ça fait 6 ans qu'il y a l'action d'Emmanuel Macron à travers ses ministres à l'éducation nationale, en particulier M. Ndiaye.
01:16 Mais on n'a jamais réduit au Rassemblement national nos critiques sur le programme éducatif à la personne de M. Ndiaye,
01:22 qui était quand même le porte-serviette de M. Macron.
01:25 Vous ne vous félicitez pas de ces mots de Gabriel Attal, qui dit qu'il faut remettre le respect de l'autorité, les savoirs fondamentaux, la laïcité en priorité au cœur de l'école ?
01:34 Mais, c'est comme M. Blanquer, le prédécesseur de M. Attal, quand il était arrivé au milieu de toutes les catastrophes macronistes,
01:41 on s'était dit que peut-être que M. Blanquer sera la seule bonne nouvelle dans les mots qu'il avait, dans le programme qu'il affichait,
01:47 une certaine restauration de l'éducation traditionnelle, comme on la propose, fondée évidemment sur l'autorité, les savoirs fondamentaux.
01:54 L'action de M. Blanquer a été le contraire de ces mots, et je pense que M. Attal fera malheureusement le contraire de ce qu'il annonce,
02:00 pour une raison simple. Un des problèmes fondamentaux à l'éducation nationale, c'est que ce ministère n'est pas tenu par le politique ou la volonté politique,
02:06 mais par une administration, une haute administration, qui menotte l'action politique et qui veut imposer son programme de déconstruction de l'éducation qu'elle mène depuis 40 ans,
02:16 contre vents et marées. Donc en fait, il se passera quelque chose à l'éducation nationale, le jour où, au-delà des mots, il y aura une action politique
02:23 capable de faire obéir l'administration à ce que veut une grande majorité du peuple français, à savoir une école fondée sur l'autorité,
02:29 les savoirs fondamentaux, qui permettent vraiment aux classes populaires et aux classes moyennes de reprendre l'ascenseur social.
02:34 Il y a un autre changement à la santé, et lui il connaît bien l'administration, c'est Aurélien Rousseau, qui était directeur de cabinet d'Elisabeth Borne,
02:40 qui remplace François Bohn. Il a dirigé l'Agence régionale de santé pendant le Covid, donc il connaît bien le sujet, il est légitime, non ?
02:48 Il connaît exactement tous les mots, il incarne tous les mots du système de santé français depuis 20 ans.
02:53 Les mots MAUX.
02:54 Oui, exactement, MAUX, c'est-à-dire toute cette bureaucratisation, cette vraiment technocratie, au contraire, pendant le Covid qui a montré ses limites,
03:03 pendant le Covid, on avait eu une petite période où on avait redonné le pouvoir aux soignants, que ce soit dans les hôpitaux, sur les territoires,
03:09 la nomination de M. Rousseau, je trouve que c'est vraiment une reprise en main, une fois de plus par la bureaucratie, mais ce qu'incarne M. Macron,
03:15 du système de santé et du système de l'État en général. M. Macron c'est quoi ? Cette espèce de champion de la technocratie, de la bureaucratie,
03:22 Mais justement, il y a plus de politique là.
03:23 qui est totalement à l'inverse d'ailleurs de ces mots, puisque beaucoup de Français ont voté à M. Macron en pensant qu'on allait mettre un peu d'air dans la technocratie française,
03:30 qu'on allait un peu libérer les énergies, et en fait depuis 6 ans on se rend compte qu'avec le record de taxes, record de normes,
03:36 et cette présence des hauts fonctionnaires français qui sont la caricature de la nouvelle administration, tout est corsété.
03:44 Je ne comprends pas, ils font un gouvernement avec des personnalités civiles en fait ?
03:47 Parfois, ce n'est pas forcément une opposition entre le civil et la haute administration, c'est qui vous choisissez pour incarner cela ?
03:54 Vous avez tout un tas de contre-exemples dans les deux catégories, mais M. Rousseau ne connaît pas grand chose au monde du soin et à la base.
04:02 Il a dirigé l'ARS de France en covid.
04:05 Oui, mais au contraire, les ARS ont symbolisé les autorités régionales de santé avant et pendant le covid, symbolisent tout ce qu'il ne faut pas faire pour le système de santé français.
04:15 Les soignants sont écrasés, étouffés, leur bonne volonté est étouffée par l'administration et la sur-bureaucratisation.
04:22 Donc c'est vraiment le symbole au contraire de tout ce qu'il ne faut pas faire.
04:25 Il y avait énormément de défauts, notamment le fait qu'il n'avait pas de dimension politique, de poids politique pour mener son administration.
04:32 Mais là, il faut savoir, il faut être politique.
04:34 Mais je n'ai jamais dit que M. Braun ne connaissait pas le système de santé.
04:37 Vous n'avez jamais entendu une critique du Rassemblement national critiquant M. Braun pour son absence de connaissance du système de santé.
04:41 J'ai du mal à définir le profil type d'un bon ministre d'après vous, puisqu'il ne faut pas qu'il soit au fonctionnaire, mais en même temps il faut qu'il soit politique.
04:48 Il faut que ce soit à une personnalité qui a à la fois des compétences et une vision politique.
04:53 Et Aurore Berger, par exemple ?
04:55 C'est assez simple.
04:56 Vous qui critiquez les experts déconnectés, Aurore Berger, c'est une élue, c'est une politique, elle remplace Jean-Christophe Combes au Solidarité.
05:01 Ça, ça va dans le bon sens pour vous ?
05:03 On va voir. Moi, je ne vais pas faire de procès d'emblée à Mme Berger.
05:06 Sur les questions sociales et solidarité, elle a défendu souvent plusieurs dossiers, notamment pour les droits des personnes en situation de handicap.
05:12 Donc moi, je ne souhaite pas la politique du pire. On va voir quel enjada elle va mener.
05:17 Mais moi, je suis à la Commission des finances. Compte tenu du fait que le gouvernement a annoncé 15 milliards d'économies,
05:23 ça a été centré visiblement sur le système de soins, sur des économies à faire sur le système de soins.
05:28 Je crains que par contamination, ça concerne aussi le secteur parallèle à la santé, comme l'accompagnement des personnes en situation de handicap.
05:37 Donc j'espère que Mme Berger ne va pas faire vers la censure des politiques qui se sont un peu développées en faveur des droits et de la dignité des personnes en situation de handicap.
05:45 Emmanuel Macron doit s'exprimer en ouverture du Conseil des ministres à 11h, justement pour mettre des mots aussi sur ce remaniement.
05:50 Vous en attendez quelque chose ?
05:52 On va voir. Je ne vais pas faire le procès du président, mais je trouve déjà la forme est étrange.
05:57 Ce refus de s'adresser directement à la nation au 14 juillet, cette volonté de faire des bruits de couloir mis en scène à la télévision ou à la radio, je trouve ça très étrange.
06:08 Moi, ce qui me semble, c'est que M. Macron, avec Mme Borne, veut vraiment acter le fait que ne se passe finalement rien en France, que tout va bien Mme Lamarckise et qu'on avance.
06:17 Les émeutes, on l'a vu hier à la discussion qu'on a eu au Parlement sur cette loi de reconstruction, ne sont pas caractérisées comme des émeutes, mais comme d'événements subalternes.
06:26 L'ordre serait revenu, tout irait bien. C'est pareil sur le pouvoir d'achat, sur l'économie, sur l'endettement.
06:31 Bref, il y a une minimisation, si vous voulez, depuis un an des difficultés que rencontre la France avec un gouvernement qui a l'air complètement à côté de la plaque.

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