00:00 On va maintenant revenir sur ces évacuations au Niger avec Jean-Paul Palomero,
00:04 ancien chef d'état-major de l'armée de l'air,
00:06 ancien commandant suprême allié de la transformation de l'OTAN.
00:09 Bonjour. Est-ce que vous pourriez nous en dire un peu plus sur les moyens
00:12 qui vont être déployés par la France au Niger et comment elle va évacuer
00:15 également les ressortissants étrangers ?
00:18 On l'a vu récemment pendant la crise au Soudan, qui était encore d'une autre nature.
00:24 L'efficacité des forces armées françaises et en particulier de l'armée de l'air
00:28 a mené ce genre d'opération avec évidemment les forces spéciales
00:32 et toutes les forces qui sont nécessaires pour sécuriser ce genre d'évacuation
00:37 qui n'est pas sans risque.
00:39 Donc ça va être le même processus qui est mené.
00:42 Je pense que des avions sont déjà en l'air pour se poser à Niamey.
00:48 Il y a un élément important à ce stade, c'est qu'il est bien clair que
00:55 ce sont les Français ou sans doute d'autres étrangers qui souhaiteraient
01:00 être évacués qui le seront.
01:02 Pour l'instant, il ne s'agit pas d'une évacuation globale et générale.
01:06 Maintenant, ça peut venir évidemment.
01:08 Le contexte est compliqué parce qu'on ne sait jamais.
01:11 Il peut y avoir, au travers de campagnes de désinformation,
01:15 la montée en puissance de ce qu'on a vu, des manifestations qui peuvent
01:20 prendre une tournure qui ne serait pas maîtrisée par la sécurité nigérienne
01:25 qui est certainement, elle aussi, un petit peu malmenée en ce moment.
01:28 Donc évidemment, même si à l'instant, ça paraît calme et se doit rouler
01:35 dans de bonnes conditions, il faut évidemment être extrêmement prudent.
01:39 Je suis certain que les hommes et les troupes qui seront déployés
01:42 sur le terrain, qui sont déjà d'ailleurs sur le terrain,
01:45 vont prendre soin de sécuriser toute cette opération pour qu'il n'y ait pas de blessés.
01:50 Comment est-ce qu'on met en place des évacuations aussi rapides ?
01:53 Est-ce que c'est le fruit de longues négociations ?
01:56 Là, on est dans un pays où nous sommes présents,
01:59 donc ça change quand même beaucoup la donne.
02:01 On sait ce qui s'y passe à peu près.
02:03 On connaît évidemment l'environnement.
02:06 On peut sécuriser l'aéroport.
02:08 Donc par rapport au Soudan, par exemple, c'est une opération qui,
02:12 dès le départ, par exemple, il faut toujours être méfiant malgré tout.
02:16 Il est clair que les forces armées françaises et typiquement les forces aériennes,
02:21 l'armée de l'air et de l'espace, sont prêtes en permanence à envoyer des avions,
02:25 d'autant plus que maintenant, elles ont des moyens conséquents
02:28 avec la 400M, qui est un avion extraordinairement polyvalent
02:32 et qui peut évacuer et se poser sur des terrains parfois pas très aménagés,
02:37 avec la 330, avec d'autres avions.
02:40 Donc on a les moyens de mener ces opérations.
02:43 Et qui plus est, dans un pays où nous avons déjà des forces en place.
02:48 – Vous parliez tout à l'heure des évacuations au Soudan.
02:51 Est-ce que vous pourriez nous dire précisément pourquoi ça a été une réussite ?
02:55 – Ça a été une réussite parce qu'il y a eu une dose de courage et d'audace quand même.
03:01 Il fallait oser le faire.
03:03 Les équipages sont formés pour ça,
03:06 il faut quand même saluer leur comportement et leurs compétences.
03:11 Et puis ça a été fait, il faut le faire très vite.
03:14 Et donc une coordination extrêmement étroite entre les autorités militaires
03:18 et le ministère des Affaires étrangères européenne,
03:22 pour que tout ça se passe pour le mieux.
03:24 Et il faut souligner qu'au Soudan,
03:26 les Français ont évacué bien plus que leurs nationaux,
03:30 des Allemands, des Anglais, toute nationalité pratiquement,
03:33 tous les gens qui voulaient partir, ça s'est passé extrêmement bien.
03:36 C'est le fruit de l'expérience, c'est le fruit du savoir-faire,
03:38 c'est le fruit de l'entraînement, donc voilà, qui paye.
03:41 C'est aussi à ce titre-là que la France est présente un peu partout dans le monde
03:45 et est capable de gérer ses ressortissants.
03:48 Je crois que c'est extrêmement précieux.
03:50 – Merci beaucoup Jean-Paul Palomero.