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00:00 -M. Madouange, chez Karahou Barou, est-ce que vous avez des nouvelles de Mohamed Bazoum ?
00:04 Est-ce que vous avez pu entrer en contact avec lui ? Est-ce qu'il va bien ?
00:08 -Merci d'abord à France 24 de m'avoir permis de m'exprimer sur ce qui se passe dans mon pays.
00:13 Je tiens d'abord à avoir une pensée au président Bazoum, à la Première Dame et à leur fils,
00:18 que j'ai pu avoir ce matin. Il se porte bien. On va dire qu'il se porte bien.
00:24 Espérons tous que cette situation inédite au Niger, l'appel d'un chef de l'État, d'une enquête comme l'EU,
00:31 puisse devenir dans des conditions heureuses pour tout le monde, pour la gente d'abord et pour le peuple nigérien ensuite.
00:37 -On va continuer de parler de ces évacuations. On va rejoindre Omar Hamma, journaliste indépendant.
00:42 Bonjour. Vous vous trouvez à Niamey. Est-ce que vous pouvez nous en dire plus sur ces évacuations ?
00:47 Est-ce que vous avez vu un dispositif mis en place à Niamey ?
00:51 -Bonjour à tous. Pour le moment, l'ambassade de France à Niamey s'organise pour évacuer les ressortissants français et européens
01:03 pour la plupart des missionnaires qui sont bloqués depuis la fermeture des frontières aériennes et terrestres.
01:13 Certainement, ça se fera à mi-journée ou vers la fin de la journée.
01:20 En tout cas, pour le moment, c'est tout ce que je peux vous dire par rapport à cette évacuation des ressortissants français à Niamey.
01:28 -Ahmadou Ange chez Karahou Barou, est-ce qu'une démission aujourd'hui de Mohamed Bazoum est envisageable ?
01:34 -Pourquoi le président Bazoum a-t-il des raisons de démissionner ? Parce que c'est le chef de l'État du Niger.
01:38 Je pense que ce coup d'État, c'est un coup de tonnerre dans un ciel serein, on va dire,
01:43 parce que je ne vois pas de raison qui pousse comme ça quelqu'un qui est chargé d'assurer la sécurité du président,
01:48 qui est l'un des hommes les plus proches du président, en fait, comme ça, à le prendre en otage avec sa famille.
01:53 Je trouve que le potiste a été déraisonnable et j'espère qu'il va vraiment revenir à la raison parce que son œuvre n'a pas d'avenir.
02:02 C'est un coup d'État qui est contre le sens de l'histoire et j'espère pour lui qu'il va se rattraper
02:07 parce que c'était quelqu'un de confiance, de l'ancien président et du président Bazoum,
02:10 parce qu'il est chargé de la sécurité du palais.
02:12 Moi, je l'appelle vraiment à reconsidérer sa position et à revenir à libérer le président Bazoum
02:18 et à le réinstaller dans son fauteuil pour qu'il continue à travailler pour le Niger,
02:22 en tout cas pour que le chiffrage pour lequel les Nigériens ont élu le président Bazoum,
02:25 qu'il puisse continuer à servir le Niger de façon sereine.
02:28 On a vu tous ceux qui ont commencé avec le président Bazoum depuis deux ans,
02:32 toutes les réformes qu'il a mises en place, la lutte contre la corruption, la bonne gouvernance,
02:36 ce sont des choses clés, sécuritaires, économiques.
02:39 Donc nous comptons sur eux pour qu'ils reviennent à la raison,
02:42 pour que ce pays ne soit pas asphyxié, pour que la démocratie vive en Afrique de l'Ouest.
02:45 Le Niger a été un espoir pour tous les citoyens de l'Afrique de l'Ouest,
02:48 pour tous les hommes politiques d'Afrique de l'Ouest, pour la jeunesse d'Afrique de l'Ouest.
02:50 Bazoum, c'était un espoir pour les jeunes et aujourd'hui cet espoir-là est en train d'être déçu.
02:54 Et c'est pour ça que nous nous sommes déterminés, mobilisés
02:56 et nous appelons la communauté internationale à aider le Niger en étant ferme par rapport à ces poutristes.
03:00 Comment interprétez-vous la décision d'évacuer d'abord la France maintenant,
03:05 l'Italie, peut-être d'autres pays ? Quelle est votre explication d'organiser cette évacuation des ressortissants étrangers ?
03:11 Moi je pense que c'est notre politique forte, comme vous l'avez dit.
03:13 Je suis totalement d'accord avec vos propos.
03:15 Je pense que les pays occidentaux veulent montrer à la gente qu'ils ne la reconnaissent pas.
03:18 La CEDAO a commencé, moi j'ai une autre lecture du communiqué de la CEDAO.
03:22 La CEDAO clairement dit qu'elle ne reconnaît que les autorités élues du Niger.
03:25 Donc le président Bazoum est au gouvernement.
03:27 Nous sommes vraiment contents de cela.
03:29 Et je pense que la gent va se ressaisir et que plus tard,
03:33 une fois que la situation se rétablisse, les Français, les Italiens, tout le monde puisse revenir.
03:37 Et qu'on continue à réaliser le programme de l'intervention actoire du président Bazoum
03:41 et préparer les élections à venir en 2026.
03:44 Une intervention militaire, puisque c'est un ultimatum qui a été lancé par la CEDAO,
03:50 le bloc d'Afrique de l'Ouest.
03:52 C'est quelque chose qui est pour vous envisagé maintenant ?
03:55 Je pense que personne ne peut demander une intervention militaire étrangère dans son pays.
04:01 Je suis contre l'intervention militaire extérieure.
04:03 Par contre, là, ce que je vois, c'est que la gent n'a pas l'intention du tout de respecter ce que je lui demande.
04:09 Donc si c'est la seule solution pour que la démocratie revienne au Niger,
04:13 je pense que c'est le prix à payer.
04:15 Maintenant, après, je pense que le général Tchani sera raisonnable, c'est un militaire.
04:18 Il sait très bien qu'il ne pourra pas faire face à ces armées-là qui vont se déferler sur le Niger.
04:22 J'espère pour lui qu'il va se ressaisir.
04:24 Et que dans les deux jours qui suivent, qu'il relâche le président Bazoum
04:28 et qu'il trouve une solution, une sortie heureuse pour lui et pour ses complices.
04:33 De leur côté, le Burkina Faso et le Mali ont prévenu.
04:36 Une intervention militaire au Niger serait une déclaration de guerre à leurs deux pays.
04:40 Une réponse aux menaces de la CEDEAO, vous venez d'en parler.
04:43 On écoute Abdoulaye Maïga, le porte-parole du gouvernement malien.
04:54 Le gouvernement de transition du Burkina Faso et du Mali,
04:58 un, exprime leur solidarité fraternelle et celle des peuples burkinabés et maliens
05:05 au peuple frère du Niger, qui a décidé en toute responsabilité
05:10 de prendre son destin en main et d'assumer devant l'histoire la plénitude de sa souveraineté.
05:17 Toute intervention militaire contre le Niger s'assimilerait à une déclaration de guerre
05:23 contre le Burkina Faso et le Mali.
05:26 Amadou Anjoujekaraou Barou, qu'est-ce que vous pensez de ces menaces ?
05:31 Pour moi, ce n'est pas des menaces, ça fait rire en fait.
05:33 Parce que le Mali et le Burkina, pour moi, on n'a pas de frontières avec ces deux pays-là.
05:36 Nous sommes frontaliers de l'État islamique et des jénimes de Yad Aghali.
05:39 Donc pour moi, ce ne sont pas des pays comme ça qui vont intimider la communauté internationale,
05:43 ni le Niger, ni le président Bazoum.
05:45 Comme je le rappelle dans les discussions qu'on a avec mes amis politiques
05:49 et dans les groupes de pression qu'on anime,
05:52 le Mali et le Burkina Faso doivent d'abord s'occuper à sécuriser leur capital
05:56 avant de penser à intervenir au Niger.
05:58 Donc je pense que c'est un coup d'épée dans l'eau, comme on l'a dit.
06:01 C'est juste des fanfarronnades.
06:03 Ils sont habitués, on est habitué à les entendre fanfaronner.
06:06 C'est normal, ils sont à Bamako dans des salons climatisés.
06:08 Leur pays leur échappe complètement.
06:10 Donc nous, on n'est pas du tout étonnés.
06:12 En fait, l'agent malien et le Burkina Faso nous font plus rire que d'autre chose.
06:18 On va revenir vers Omar Hamma qui se trouve à Niamey.
06:21 Quelle est l'ambiance, quelle est l'atmosphère sur place depuis quelques jours à Niamey ?
06:25 On a beaucoup parlé des manifestations devant l'ambassade de France dimanche.
06:28 Mais au-delà de ces manifestations, quel est le ressenti des habitants de la capitale ?
06:32 Alors écoutez, actuellement, Niamey est calme.
06:37 La ville s'assemble à retrouver le calme.
06:41 Il faut aussi souligner la reprise des activités socio-économiques.
06:46 Les marchés sont ouverts, les pivots sont ouverts,
06:50 les banques sont ouvertes aussi.
06:53 Et donc, je pense qu'après les manifestations du dimanche passé,
07:02 le calme semble revenir à Niamey.
07:07 Cyril, j'aimerais revenir sur cette déclaration conjointe du Mali et du Burkina Faso.
07:12 Est-ce que vous pensez qu'il y a un vrai risque que la situation s'envenime dans la région ?
07:15 Ou est-ce que c'est simplement une posture adoptée, comme vous l'avez dit, par Bamako et Ouagadougou ?
07:20 Dans le contexte nigérien, tout a été très très vite.
07:24 Et beaucoup d'observateurs ont été pris par surprise.
07:27 Au premier chef, le chef de l'État, puisque évidemment, tout a été extrêmement vite.
07:31 On parlait de mutinerie, de mécontentement, qui se transforme en coup d'État aujourd'hui.
07:36 La vraie question après la manifestation et les débordements de dimanche dernier,
07:41 avec ce sentiment anti-français, c'est que, est-ce que ces unités militaires se cherchent un ennemi extérieur
07:46 pour essayer de pallier peut-être une forme de manque de programme ?
07:50 Ce n'est pas une appréciation. Il n'y a pas de programme.
07:52 Il n'y a pas de vrais mobiles pour ce coup d'État.
07:55 Pas de gouvernement non plus. Donc, c'est un temps un peu long.
07:58 D'autant que le président est toujours retenu en otage.
08:00 Ça va faire presque une semaine.
08:04 Est-ce qu'il pourrait y avoir cette tentation d'épouser les thèses bourgkinabées, maliennes, centrafricaines,
08:12 des thèses souverainistes qui se répandent un peu avec l'aide de nouveaux partenaires, je pense à la Russie,
08:19 qui se répandent dans cette partie d'Afrique de l'Ouest ?
08:22 C'est une vraie question.
08:24 Est-ce que vous pensez que vous-même, que le général Tiani, que vous devez connaître,
08:29 que son entourage serait tenté par une suite en avant et le fait que le pays se referme sur lui-même,
08:36 sans aide extérieure, enfin en tout cas pas avec les partenaires traditionnels,
08:40 sur le mode de ce qui s'est passé à Bamako, à Bangui ou à Ouagadougou ?
08:44 Moi, je n'inscris rien par rapport à des gens pareils qui font irruption dans le pouvoir.
08:49 Parce que c'est quand même l'un des coups d'État les plus inédits du monde, je pense.
08:52 Parce que c'est le seul coup d'État qui n'est soutenu par aucun mobile.
08:57 Il n'y a pas de manifestations, il n'y a pas de crise politique au Niger.
09:00 Le président Basoum a essayé de dialoguer avec la société civile, avec les syndicats.
09:03 Tout se passait très bien. Personne n'avait venu sur le coup d'État.
09:06 Donc je pense qu'il y a des risques qu'il s'accroche à des branches,
09:09 et je pense que les mauvaises branches, et qu'il pense que lui et son entourage,
09:13 ils peuvent s'accrocher au pouvoir comme ça.
09:14 Mais je pense qu'aujourd'hui, avec les sanctions de la CEDEAO, ce n'est pas évident.
09:17 S'ils sont raisonnables, et je pense que les gens qui sont avec eux, les techniciens qui sont avec eux,
09:21 peuvent leur faire comprendre que techniquement, ce n'est pas possible de gérer le Niger tel qu'ils veulent le faire,
09:26 en se prévenant du port de Kotonou, du Nigeria,
09:29 parce que les voies par lesquelles ils pourraient avoir l'alternative, comme ils l'ont fait au Mali,
09:33 le port de Lome ou le port d'Abidjan ou d'Akra, c'est totalement bloqué.
09:38 La route est occupée par les djihadistes.
09:40 Donc on revient en urgence à Mali, il y a des broukinafis qui font farone.
09:42 Alors l'axe Bamako-Niamey est fermé, l'axe broukinafaso-Togo ou broukinafaso-Niger est fermé.
09:49 Je ne vois pas comment est-ce que le général Tiani peut s'en sortir avec toutes ces sanctions-là.
09:54 Donc je pense qu'il peut s'accrocher à toutes les branches, c'est un risque.
09:57 Mais techniquement, je ne vois pas comment est-ce que ça peut se réaliser.
10:00 Merci, merci beaucoup, Amadou Njekaraou Barou d'avoir accepté notre invitation.
10:04 Et merci à vous, Cyril Payen, pour votre analyse sur la situation au Niger.

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