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  • il y a 3 ans

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Transcription
00:00 On décrypte cette prise de parole avec vous, Karim Yahyaoui, grand reporter ici à France 24.
00:05 Bonjour à vous.
00:06 Bonjour.
00:07 On le voit, donc, il y a une solidarité des poutchistes qui s'organise.
00:10 Il y a une solidarité qui s'organise et il y a un contexte assez explosif puisqu'il
00:15 y a un certain nombre de rumeurs, relayées notamment du côté du Niger, faisant état
00:20 de la possibilité d'une intervention militaire imminente pour restaurer le pouvoir du président
00:26 Basoum.
00:27 Alors on se doute que du côté de ces deux pays où les pouvoirs en place sont arrivés
00:33 au pouvoir par la force, puisque ce sont deux régimes militaires, on voit d'un mauvais
00:38 œil la possibilité que le régime civil puisse être remis en place et finalement
00:43 ce sont les fondements, entre guillemets, de ces régimes qui seraient fragilisés puisque
00:49 cette possibilité d'une intervention militaire pourrait peut-être s'appliquer demain à
00:54 ces deux pays.
00:55 En tout cas du côté des proches du président Basoum, qui n'a toujours pas lâché le pouvoir
01:01 en quelque sorte, puisque symboliquement il s'accroche à sa place, on balaie du revers
01:07 de la main cette hypothèse de voir ces deux pays entrer dans un conflit.
01:11 Ils ont déjà assez à faire pour gérer leur propre pays.
01:15 En tout cas, ça crée une tension supplémentaire, ça attise les braises dans ce pays et c'est
01:23 sans doute pour cela que l'évacuation des français se fait aussi rapidement.
01:27 Elle a même surpris un certain nombre de ressortissants français et c'est aussi pour
01:31 ça qu'on profite, c'est ce qu'on a souligné du côté de Catherine Colonna, qu'il était
01:39 nécessaire d'agir rapidement puisqu'il y a un calme, précaire peut-être, mais il
01:43 y a un calme en ce moment qui peut permettre une évacuation sereine des ressortissants
01:47 français, mais pas seulement, puisque un certain nombre de pays ont dit à leurs ressortissants
01:52 qu'ils pourraient profiter de cette opération d'évacuation menée par la France.
01:56 Dimanche, la CDAO n'a pas exclu le recours à la force pour rétablir l'ordre au Niger.
02:02 Concrètement, comment s'organiserait une telle intervention militaire ?
02:06 Ce n'est pas forcément très facile d'imaginer quelle forme elle pourrait prendre.
02:10 Ce qu'il faut d'abord souligner, c'est que la CDAO a voulu frapper du poing sur la table
02:15 et mettre en avant cette possibilité-là, tout en soulignant que ce n'était pas forcément
02:20 la priorité, il y a un certain nombre de sanctions économiques qui ont été évoquées,
02:25 plus importantes que celles qui avaient été mises en place pour le Mali, et on espère
02:29 bien que ce sera suffisant.
02:30 On espère aussi qu'étant donné la nature de ce putsch qui semble être une affaire
02:35 de politique intérieure liée au destin du chef de la garde présidentielle, qui semble-t-il
02:41 n'était sur le point d'être limogé, on se dit qu'on peut peut-être appuyer sur
02:45 ce levier-là pour ramener à la raison les hommes qui sont partis sur le chemin du putsch
02:51 militaire.
02:52 Alors des forces armées qui interviendraient au Niger, ce n'est pas totalement à exclure.
02:57 Ce qui est intéressant, c'est que du côté de la CDAO, ces dernières semaines, on était
03:00 justement en train de réfléchir à la mise en place d'une force anti-putsch.
03:04 Il y a déjà eu des forces militaires emmenées par la CDAO, notamment au début des années
03:11 90, il y a eu une force qui s'appelait l'Eco-Mog, qui avait été mise en place pour faire face
03:16 à la situation qui prévalait au Liberia.
03:18 Au début, il y avait quelques 500 soldats, jusqu'à 20 000 en 1994.
03:23 Le problème, c'est que cette force, où il y avait pas mal de soldats du Nigeria, a
03:28 commis un certain nombre d'exactions, de meurtres, de viols, ce qui a décrédibilisé
03:33 cette force, qui a tout de même continué à exister jusqu'au début des années 2000.
03:38 Et puis, au début des années 2000, en 2004, il y a eu la création de ce qu'on appelait
03:42 la force d'attente de la CDAO, qui a agi dans un certain nombre de pays.
03:47 Mais cette force opérationnelle était plutôt en sommeil, et l'idée, ce serait peut-être
03:52 de la réactiver si besoin.
03:54 Mais en tout cas, du côté de la CDAO, si on a parlé avec force, on espère qu'on n'arrivera
03:59 pas à cette finalité-là d'une intervention militaire.
04:02 Karim Yahyaoui, merci beaucoup à vous pour ces éléments de contexte et de compréhension.

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