00:00 Dans la maison des papillons du zoo de Londres, d'impressionnants spécimens butinent dans
00:06 l'enclos qui leur est réservé.
00:07 Ici en captivité, ils profitent d'un espace rempli d'une végétation reproduisant leur
00:13 habitat naturel et pullulent sans craindre aucun danger.
00:16 Dans la nature, en revanche, ils sont de plus en plus difficiles à trouver et il est rare
00:21 de tomber sur eux par hasard.
00:23 C'est ce qu'ont remarqué Amy Ogden et Emma Grice, membres bénévoles de l'ONG britannique
00:28 Butterfly Conservation, qui travaillent à leur préservation.
00:31 Après l'école, elles emmènent leurs enfants Robin et Alex ainsi que leur amie Zoe dans
00:49 un parc d'Abbott's Careswell, petite ville du Devon.
00:53 Ensemble, ils tentent de trouver des papillons pour communiquer leurs observations aux équipes
00:57 scientifiques de Butterfly Conservation.
00:59 Ce genre de repérage a lieu toute l'année.
01:02 Mais l'ONG encourage les britanniques à participer à son enquête Big Butterfly Count
01:06 jusqu'au 6 août, en entrant des informations sur le nombre de spécimens aperçus dans
01:11 une application gratuite.
01:12 Le fait de disposer d'un registre annuel de ce qui existe et de ce qui n'existe pas
01:17 constitue à mon avis une très bonne donnée scientifique pour indiquer des changements
01:22 tels que le réchauffement de la planète, la destruction des habitats, les papillons
01:26 étant des indicateurs sensibles de ce qui se passe.
01:28 C'est donc très important.
01:30 Grâce aux volontaires, telles qu'Amy, plus de 20 millions de données ont permis la rédaction
01:36 du dernier rapport publié par l'ONG.
01:38 Et la conclusion est alarmante.
01:40 En un peu moins de 50 ans, près de la moitié des papillons ont en moyenne disparu de leur
01:46 habitat.
01:47 Les principales causes de ce déclin sont ce que nous, les humains, avons fait au paysage
01:53 du Royaume-Uni au cours des 50, 60, 70 dernières années.
01:57 Il s'agit notamment de l'intensification de l'agriculture qui ne se limite pas aux
02:01 produits chimiques, c'est-à-dire aux pesticides et aux engrais, mais qui modifie également
02:05 les paysages en supprimant les haies, en maximisant l'espace pour les cultures et en repoussant
02:10 la nature hors des terres agricoles.
02:12 Chez les Wolden, on élève aussi des chenilles dans le jardin.
02:19 Et Robyn est déjà très au courant de ce que signifierait leur disparition.
02:23 Si nous n'avons pas de papillons et toutes les choses qui bourdonnent, alors les choses
02:29 qui mangent les papillons n'auront pas de nourriture.
02:31 Et les choses qui les mangent, en fait, c'est la chaîne alimentaire.
02:35 Et une partie de la chaîne alimentaire, c'est ce que nous mangeons.
02:38 S'il n'y a pas de papillons, nous mourrons de faim et nous ne pourrons pas vraiment survivre,
02:42 n'est-ce pas ?
02:43 Le déclin des papillons ne se limite pas au Royaume-Uni, mais est aussi constaté à
02:48 des degrés divers à travers l'Europe.
02:50 Sous l'impulsion de Butterfly Conservation, le gouvernement britannique a accepté ces
02:55 insectes comme indicateurs officiels de la biodiversité ainsi qu'indicateurs généraux
02:59 de l'environnement et du changement climatique.
03:01 Les papillons sont donc surveillés et l'optimisme est désormais permis.
03:05 Le suivi de l'ONG montre en effet que grâce à ces projets de préservation des paysages
03:10 et de leurs habitats, quelques-uns des papillons les plus menacés au Royaume-Uni commencent
03:14 à se rétablir.
03:15 Merci à tous !