00:00 je voudrais vraiment reconnaître et saluer le courage du président Bazoum,
00:05 qui n'a toujours pas signé de reddition,
00:07 et ça c'est un élément absolument essentiel dans d'autres coups d'État,
00:10 notamment au Burkina, en moins de 48 heures,
00:13 le président Kaboré avait signé sa reddition.
00:15 Là, il ne signe pas, il est là, à proximité des putschistes,
00:19 et il ne signe pas.
00:20 Un élément important, c'est bien sûr son origine nomade,
00:24 et dans sa culture, la valeur qui est la plus élevée,
00:29 c'est celle justement du courage,
00:31 et donc jamais il ne signera cette reddition,
00:34 ça fait partie de sa culture et de son histoire,
00:36 l'histoire de sa tribu.
00:39 – Et on ne pouvait pas faire autrement, nous, aujourd'hui,
00:41 les Français, que d'évacuer nos ressortissants ?
00:43 – Non, je pense que c'est très prudent,
00:45 d'abord parce qu'il y a la fête nationale,
00:47 la 63ème fête de l'indépendance du Niger, le 3 août, après-demain,
00:53 et donc on risque d'avoir des mouvements de foule ce jour-là,
00:57 et pas forcément pro-français,
00:59 bien évidemment, donc c'est intéressant de le faire,
01:01 on le voit dans le calme, par anticipation,
01:03 et surtout, il y a un élément qui est très important,
01:06 c'est l'ultimatum de la CDAO,
01:08 et si on devait aller dans une opération armée,
01:10 c'est quand même vers ça que l'on va,
01:12 si on n'arrive pas à désarmer les putschistes,
01:14 à les faire douter, à faire un deal avec eux,
01:18 il risque d'y avoir une opération militaire,
01:20 et c'est quand même bien mieux de ne pas avoir des civils
01:22 au milieu du champ,
01:24 et le fait même d'ailleurs de rapatrier les civils français
01:27 est un signal assez fort aux putschistes
01:30 de leur dire "attention, on se prépare",
01:33 comme s'il pouvait y avoir une opération militaire,
01:35 donc c'est un signal assez fort,
01:37 et de mise en tension des putschistes,
01:38 dont on sait qu'ils ne sont pas complètement en phase,
01:41 les uns avec les autres,
01:42 et donc on veut jouer sur ce décalage
01:45 entre certains qui pensent qu'il serait mieux de s'arrêter,
01:48 de se recaser quelque part,
01:50 en préservant leur intégrité, de faire une négociation,
01:53 et les jusqueboutistes,
01:53 donc il y a un peu de tension entre eux,
01:55 et c'est là-dessus qu'on veut jouer,
01:56 par des pressions très très fortes et des gestes très forts,
01:59 qui permettraient peut-être de les amener à une reddition
02:02 avant ou juste après l'ultimatum.