00:00 - On m'a appelé vers 13h00 pour aller sur le site, mon adjoint,
00:02 où ils détérioraient l'entrée du stade et les poteaux
00:07 pour pouvoir rentrer.
00:08 Il y avait 14 caravanes, exactement, 13-14 caravanes.
00:11 Et je leur ai dit non, c'est pas possible de rentrer.
00:14 Donc, ils m'ont dit qu'apparemment, il y aurait
00:16 200 caravanes qui allaient arriver. Je leur ai dit
00:18 justement, vous avez un air de grand passage à 2 km,
00:21 il y a 4 hectares, vous pouvez y aller. Ils ont refusé
00:23 d'y aller parce que c'était une prairie, ils préféraient
00:26 le stade de foot. Donc, je leur ai dit non, c'est pas possible.
00:28 Donc, j'ai commencé à prendre des photos des détériorations
00:31 plus les immatriculations.
00:32 Donc, ils ont discuté.
00:33 Ça monte assez haut, le ton, comme d'habitude, et j'ai pas
00:36 vu la personne passer derrière moi, une grande personne,
00:39 un grand gaillard. Et tout d'un coup, il me saute dessus,
00:41 il m'enserre avec ses bras au niveau de la tête et de la
00:44 bouche où j'avais du mal à respirer. Je me débat,
00:47 après, ça descend au thorax.
00:48 Et là, je continue à me débattre, il me traînait
00:51 sur plusieurs mètres.
00:52 Et j'ai réussi à me débarrasser, j'ai réussi à me débarrasser
00:55 sur le dos, j'ai réussi à me débarrasser sur le dos,
00:58 et j'ai réussi à partir.
00:59 Il m'a poussé contre la voiture une Audi qui était devant,
01:02 et je suis tombé sur l'arrière de l'Audi et sur l'estomac
01:04 et la côte, et ça m'a coupé la respiration. Donc, je suis
01:07 tombé, j'ai essayé de me sortir de cette situation et de faire
01:10 quelques mètres. Je suis retombé parce que je n'arrivais
01:13 pas à respirer derrière l'Audi.
01:14 Et là, c'était extrêmement choquant parce que j'étais à
01:17 terre, j'avais du mal à respirer et j'avais ces personnes
01:20 au-dessus de moi en train de me filmer et de dire le maire
01:23 est à terre, c'est le maire de Louvaux. Et là, j'ai
01:26 du mal à respirer et j'avais ces personnes au-dessus de moi
01:29 en train de me filmer et de dire le maire est à terre, c'est
01:32 le maire de Louvaux. Et là, c'était extrêmement choquant
01:35 parce que j'arrivais plus à respirer. Je me demandais
01:38 honnêtement si c'était la fin ou pas, ce qu'ils allaient faire,
01:41 continuer. Je sortais d'un repas de famille avec mon petit-fils
01:44 et je pensais à mon petit-fils, à ma famille. Il y a beaucoup
01:47 de choses qui passent dans la tête et à force...
01:50 - Vous avez fort fissuré une interruption temporaire de
01:53 l'agression soutenue par les autorités. Il y a eu beaucoup
01:56 de débats après d'autres agressions de maires,
01:59 certains, celui de Saint-Brévin notamment, estimaient que
02:02 l'État n'avait pas été là. Est-ce que vous êtes soutenu
02:05 depuis cette agression?
02:07 - Oui. Là, je peux dire que j'ai été soutenu par la gendarmerie,
02:10 le colonel, le préfet qui a repris des nouvelles pour
02:13 savoir où ça en était, la présidente du département.
02:16 J'ai même des ministres qui m'ont appelé. J'ai Christophe
02:19 Echut qui m'a appelé. J'ai mon président de parti radical
02:22 Laurent Hénard. J'ai...
02:24 Voilà, beaucoup d'élus de la région, beaucoup de témoignages
02:27 et ce qui fait chaud au coeur parce qu'on se demande si on
02:30 doit continuer par moments.