- il y a 3 ans
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00:14 Madame, Monsieur, bonsoir et bienvenue à cette édition des questions économiques, décentralisation et développement local au Cameroun.
00:24 Une analyse de la contribution du PNDP, c'est le titre d'un ouvrage collectif paru aux éditions L'Armatan.
00:32 À l'initiative de la coordonnatrice du Programme National de Développement Participatif, Marie-Marie Lengahat,
00:37 des hommes de science ont donc évalué cette contribution à travers cet ouvrage de 432 pages,
00:47 sous la direction scientifique du professeur Clovis Miyamoto, que nous avons l'honneur de recevoir sur ce plateau.
00:53 Bonsoir professeur.
00:54 Bonsoir Madame Lucrestre et bonsoir aux téléspectateurs de questions économiques.
00:58 Alors, je rappelle que vous êtes professeur, donc vous êtes enseignant, chercheur à la Faculté des sciences économiques à l'Université de Tcham
01:08 et vous êtes parallèlement le chef du département d'analyse et politiques économiques. C'est bien cela ?
01:12 Oui, c'est bien ça.
01:13 Donc vous serez particulièrement regardé par vos étudiants à partir de l'Université de Tcham ?
01:18 Bien évidemment et au-delà de l'Université de Tcham dans toute l'Afrique.
01:23 Alors professeur, revenons donc à cet ouvrage "Décentralisation et développement local au Cameroun, une analyse de la contribution du PNDP".
01:33 Cet ouvrage a été dédicacé il y a quelques jours au cours d'une cérémonie fort courue et il s'avère donc que c'est un ouvrage de 430 pages
01:42 qui a mobilisé des sommités de la science au Cameroun. Dites-nous, qui sont ces sommités ?
01:48 Qui sont les auteurs de cet ouvrage et quels sont leurs profils ?
01:52 Merci Madame Lucrez pour cette question. Il faut dire d'entrée de jeu qu'au-delà des acteurs qui ont participé directement à la rédaction des chapitres,
02:02 nous avons des contributeurs qui s'identifient du sommet à la base de la société camerounaise.
02:10 Nous avons par exemple au niveau de l'Etat et du gouvernement des contributions à de très hauts niveaux,
02:18 notamment en ce qui concerne le préambule, les préfaces. Nous avons comme ça le PNDP aussi,
02:26 qui constitue ici l'institution qui a fait l'objet d'analyses de par ses activités.
02:33 Nous avons aussi dans une certaine mesure les universités, les praticiens, nous avons les administrations publiques et locales et les bénéficiaires,
02:43 et c'est important de le préciser. Alors, les profils que nous avons dans cet ouvrage sont assez particuliers et inédits dans le paysage scientifique camerounais
02:55 parce que nous avons là une œuvre qui s'oriente vers la recherche-action, l'un des piliers de la SND30,
03:03 qui voudrait que les politiques qui soient implémentées sur le terrain fassent l'objet de l'épreuve des sciences
03:09 et de tout ce qu'on peut avoir comme expérimentation pour que ces politiques portent des fruits.
03:14 Alors, nous avons comme ça au niveau des profils d'abord le président de la République,
03:21 le illustre préfacier de cet ouvrage, qui nous fait l'honneur d'accompagner la rédaction de cet ouvrage à partir d'un prélude.
03:30 Après, nous avons le Premier ministre, chef du gouvernement, qui signe le prologue dans cet ouvrage,
03:37 et par la suite, le ministre de l'économie, de la planification et de l'aménagement du territoire,
03:44 qui nous fait l'honneur de signer les remerciements.
03:46 Qui est, pour ainsi dire, la tutelle du PNDP.
03:48 C'est la tutelle administrative du PNDP.
03:51 Et nous avons le ministre de la décentralisation et du développement local,
03:55 qui signe la préface administrative dans cet ouvrage,
03:59 et le ministre des finances, qui signe la postface de l'ouvrage.
04:07 Et après, nous avons comme ça, dans ce que je vais appeler un agencement bien structuré,
04:15 nous avons le recteur de l'université de Tchang,
04:18 qui nous a fait l'honneur de mettre sur pied un conseil scientifique,
04:22 qui a vérifié de bout en bout les orientations qui ont été données dans cet ouvrage,
04:28 et a validé les préceptes et résultats scientifiques qui découlent de toute la mise en œuvre du livre PNDP.
04:40 Ensuite, nous avons un comité technique, présidé par Madame le coordonnateur national du PNDP,
04:47 qui s'est assuré que les faits qui sont bien évidemment analysés dans ce document
04:54 relèvent bien des activités du PNDP.
04:57 Et de ses missions sur le terrain.
04:58 Et de ses missions sur le terrain, bien évidemment.
05:01 Après, nous avons des acteurs directs, que sont les rédacteurs, les praticiens,
05:07 qui se recrutent parmi les universitaires de OVOLT,
05:11 notamment des vice-recteurs, des conseillers techniques, des secrétaires généraux, des doyens.
05:17 Et aussi, au niveau de l'action, vous avez des directeurs d'administration centrale.
05:22 Et quand on revient au niveau de l'université, vous avez des vice-doyens,
05:26 vous avez des chefs de département et d'autres experts universitaires de OVOLT
05:30 qui participent à la rédaction des chapitres de cet ouvrage.
05:34 Que des comités scientifiques, comme on l'a dit.
05:36 Il y a quelques instants.
05:38 Alors, pourquoi un ouvrage collectif sur la participation,
05:42 la contribution du PNDP aux causes de la décentralisation ?
05:45 C'est vrai que l'initiative ou l'idée première est celle de Madame le Coordinateur.
05:52 Mais vous, vous, les hommes de science, pourquoi avez-vous pensé qu'il était bon de faire cette analyse-là ?
05:59 Bon, il faut dire, il faut répréciser le contexte de l'émergence du livre PNDP.
06:06 Cette idée j'aime depuis 2019 et c'est véritablement réalisé à partir du milieu de l'année 2020
06:16 parce que l'occasion s'y prêtait à plusieurs titres.
06:20 D'ailleurs, on a l'élaboration de la SND30 qui est en cours et qui vient comme ça se substituer au DSEE
06:29 qui était arrivé à échéance.
06:32 Nous avons aussi l'accord du ministre de tutelle qui donne comme ça le "là" au PNDP
06:41 pour pouvoir évaluer l'activité menée depuis plus de 16 ans au Cameroun.
06:47 Il faut dire qu'on ne peut qu'évaluer ce qui a été fait pour véritablement évoluer vers des recommandations
06:57 qui soient pertinentes.
06:58 C'est ce qui a été fait tout au long de cet ouvrage avec bien sûr l'objectif d'analyser la contribution du PNDP
07:06 à la décentralisation et au développement local au Cameroun.
07:11 Bien sûr, il est question de ressortir au terme d'une telle évaluation les points d'attention,
07:19 les succès que l'on a engrangés sur le terrain en matière de décentralisation et de développement local au Cameroun.
07:26 Alors, dans cet ouvrage, vous présentez les enjeux de ce mode de gestion qu'est la décentralisation
07:34 qui est inscrit dans la constitution du Cameroun, la constitution du 18 janvier 1996
07:38 mais qui a mis du temps à être mise en branle dans notre pays.
07:44 Dites-nous, quel était l'intérêt ou alors quel est l'intérêt pour le Cameroun aujourd'hui
07:50 d'accélérer le processus de décentralisation ?
07:53 Je vais rentrer un peu dans l'histoire, si vous le permettez, Madame Lucrèce.
07:57 La constitution de 1996 se met en place dans un contexte assez particulier.
08:03 Vous avez le Cameroun qui a subi de plein fouet la crise économique des années 80
08:09 et les programmes d'ajustement structurel qui étaient mis en place pour résorber cette crise
08:15 n'ont pas véritablement atteint leur objectif.
08:18 Alors, le Cameroun comme ça se retrouve plongé au tour des années 96-97
08:25 dans une crise sans précédent avec un niveau d'endettement très élevé
08:29 et des niveaux de pauvreté aussi qui étaient d'un niveau assez record pour un pays comme le Cameroun.
08:35 Alors, c'est autour de cette mouvance qu'émerge la nouvelle constitution de 1996.
08:41 Il faut le dire, il faut le préciser, qui est une option du chef de l'État
08:45 pour le développement et la modernisation de l'économie camerounaise.
08:49 Le Cameroun est un État unitaire décentralisé ?
08:52 Bien sûr, de par cette constitution de 1996.
08:55 Alors, cette constitution qui consacre la décentralisation comme mot de gestion publique
09:01 est opérationnalisée par les gouvernements successifs
09:04 qui ont emboîté le pas à cette mouvance de 1996.
09:09 Nous avons comme ça dans la foulée les lois d'orientation de la décentralisation de 2004 qui émergent
09:15 et aussi le PNDP qui voit le jour en 2004.
09:19 Et cette naissance du PNDP se situe dans un contexte où justement les orientations de politique de développement
09:26 vont dans le sens de réduire la pauvreté à travers le document stratégique de réduction de la pauvreté
09:32 qui enrichit plus tard avec une dimension de croissance et d'emploi
09:36 consacrée par le document stratégique de croissance et d'emploi.
09:41 Alors, professeur, dans le chapitre 1 qui porte sur les approches participatives au Cameroun,
09:50 les villes de la décentralisation et du développement local,
09:55 vous soulignez que le PNDP a impulsé ces approches participatives.
10:00 Qu'a fait le PNDP de manière concrète ?
10:03 De manière concrète, le PNDP a contribué à l'implémentation des approches participatives au Cameroun
10:10 par deux canaux.
10:12 Le premier, c'est l'engagement citoyen et le second, c'est la participation citoyenne.
10:19 C'est-à-dire quoi ?
10:21 Concrètement, et on peut le lire dans l'ouvrage,
10:25 concrètement l'engagement citoyen n'est rien d'autre que l'implémentation de l'approche participative de l'État,
10:32 c'est-à-dire selon une approche descendante qui voudrait que l'on mette en place des approches
10:38 de type top-down en termes de participation, d'implémentation, d'approche participative.
10:46 Alors l'engagement citoyen voudrait ici, et de manière concrète par l'action du PNDP,
10:52 que le gouvernement camerounais participe véritablement à des activités liées notamment à la planification
11:01 à travers les cadres de consultation qui sont mis sur pied pour faciliter justement la collaboration
11:08 entre les CTD et les administrations décentralisées.
11:15 Et c'est ainsi qu'on a pu constater par exemple que le COMES qui renvoie au conseil municipal
11:23 et la JO sectorielle émanent véritablement de la mise en place de l'approche d'engagement citoyen
11:30 au niveau des communes.
11:32 Après vous avez des approches de participation citoyenne qui consacrent ici la prise en compte
11:39 véritable des aspirations des populations à la base.
11:43 Alors ces aspirations des populations sont prises en compte dans une première étape
11:48 avec le processus de planification.
11:52 Vous avez comme ça une activité très importante de ce processus qui est le diagnostic participatif
11:58 au niveau village et qui procède par des audiences foraines et qui consiste à rassembler les populations
12:06 autour des acteurs qui prennent comme ça des informations, leurs aspirations en matière de développement
12:15 et qui sont consignées dans des documents de programmation et de planification
12:20 qui feront l'objet par la suite de consolidations au niveau des plans communaux de développement.
12:26 Ensuite vous avez des initiatives de participation endogène qui sont accompagnées par le PNDP sur le terrain
12:39 et ces initiatives mettent en avant véritablement l'appropriation par les populations locales
12:45 de leurs dévénies en matière de développement.
12:48 Vous avez comme ça autour des comités de quartier, des comités de village, des comités de développement,
12:55 vous avez des populations qui se rassemblent et qui prennent en main leur avenir à travers des initiatives endogènes
13:02 liées notamment à la construction des infrastructures, à la construction des ponceaux, à la construction des puits,
13:09 des écoles et de quelques centres de santé.
13:12 A travers ces initiatives on peut bien voir que le PNDP impacte le quotidien des populations
13:19 à travers l'accompagnement, la mise en œuvre de ces approches participatives.
13:23 Alors justement je voudrais qu'on s'arrête sur cet aspect là, vous avez parlé de la prise en compte des aspirations des populations
13:29 et de leur implication dans la construction des ouvrages, sauf que l'ouvrage, cet ouvrage-ci, la construction des infrastructures,
13:38 autant pour moi, sauf que cet ouvrage relève quand même que cette implication des populations dans la réalisation des infrastructures
13:46 est quelque peu le ventre mou de cette politique d'approche participative.
13:53 Bon, le ventre mou, peut-être c'est aller trop vite en besoin, parce que dans l'ouvrage, et en ce qui concerne particulièrement le Cameroun,
14:03 le ventre mou de la décentralisation se situe ailleurs, notamment au niveau des ressources humaines,
14:08 qui représentent véritablement le talon d'Achille qu'on pourrait avoir au niveau de nos collectivités territoriales décentralisées.
14:17 Après, lorsqu'on parle des infrastructures au Cameroun, il faut préciser qu'ici, le PNDP a mis sur pied quand même une démarche assez intéressante, une ingénierie.
14:28 Mais cette ingénierie se heurte à cette faiblesse que j'ai évoquée tantôt, notamment au niveau des ressources humaines,
14:38 parce qu'il est question ici de mettre sur pied un savoir-faire et des technologies qui ne sont pas toujours à la portée des populations au niveau local.
14:47 Mais fort heureusement, les initiatives du PNDP ont bien pris en compte cet aspect.
14:52 Vous avez notamment l'ingénierie sociale mise en œuvre dans le cadre des approches IMO, haute intensité de main-d'œuvre dans la région de l'extrême nord,
15:02 qui participe justement au renforcement des capacités et aussi, dans une certaine mesure, à l'auto-emploi des populations qui participent à la mise en œuvre de ces infrastructures.
15:17 Et aussi, au-delà de l'auto-emploi, participent dans une certaine mesure à la formation.
15:24 Justement parce que la question que je voulais vous poser, c'est celle de savoir ce que votre ouvrage recommande pour améliorer cette politique d'approche participative, pour une plus grande implication des populations.
15:39 Pour une plus grande implication des populations, c'est très simple. Au Cameroun, il faut mettre l'accent sur l'engagement citoyen et sur la participation citoyenne.
15:51 Nous avons évoqué ces deux concepts précédemment. Alors, ces deux éléments constituent la clé de voûte, parce que c'est le lien et le lien du processus de décentralisation et de développement local au Cameroun.
16:05 En parcourant l'ouvrage, vous pouvez le constater, bien évidemment, la participation citoyenne et l'engagement citoyen se retrouvent pratiquement dans tous les chapitres.
16:16 Que l'on fasse allusion à la planification ou la fiscalité locale, l'entreprenariat et éventuellement les aspects liés au renforcement des capacités,
16:27 vous avez les approches participatives qui sont omniprésentes, dont c'est véritablement le cœur du processus de décentralisation et de développement au Cameroun.
16:36 Nous allons marquer un premier arrêt dans cette édition des questions économiques pour revisiter avec vous, un quelque peu, les missions qui ont été assignées au PNDP.
16:48 Et c'est dans ce reportage de Salome Ntsama.
16:52 Né d'un décret de 2004, le programme national de développement participatif PNDP a été mis sur pied par le gouvernement avec la collaboration technique et financière des bailleurs de fonds multilatéraux et bilatéraux.
17:11 Cet organe est placé sous la bannière du coordonnateur national Marie-Madeleine Nga et sous la tutelle du ministère de l'économie, de la planification et de l'aménagement du territoire.
17:20 Sa mission fondamentale est de participer à la réduction de la pauvreté en zone rurale spécifiquement à travers le processus de décentralisation.
17:28 Ainsi, la vie du PNDP s'articule en trois phases principales.
17:32 La première, dite d'initiation, débutée en 2004, achevée en 2009, a été implémentée dans 155 communes de six régions, à savoir Adamawa, Sandre, Escrime-Nord, Nord, Ouest et Sud.
17:44 La deuxième d'extension a concerné l'ensemble des 329 communes en zone rurale à travers le pays.
17:49 Elle a été mise en vigueur en janvier 2010.
17:52 La troisième phase de consolidation, quant à elle, a regroupé l'ensemble des 360 communes.
17:57 Un tableau plutôt reluisant, et pour mener à bien cette tâche, quatre composantes ont rythmé le PNDP sur le terrain.
18:04 Ce sont l'appui du développement local en 2004, les appuis aux communes dans le cadre de la décentralisation en 2004,
18:11 la coordination, gestion, suivi, évaluation et communication en 2004 également,
18:15 et enfin la réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts nommées REDD+ en 2014.
18:23 La mutualisation des efforts dans un contexte où seul le budget de l'État ne peut prendre tout en charge
18:28 permet ainsi aux collectivités territoriales décentralisées d'être les propres acteurs pour le développement durable et de qualité de leurs communes et communautés.
18:37 Merci Salomé pour ce reportage.
18:41 On en sait donc un peu plus sur les missions qui ont été assignées au PNDP.
18:48 Mais je voudrais qu'on continue de feuilleter, pour ainsi dire, cet ouvrage professeur.
18:54 Nous avons parlé il y a quelques instants de l'approche participative.
18:57 Alors il en est de l'approche participative comme de la planification stratégique locale avec à la clé les plans communaux de développement.
19:06 On en a entendu parler. Le PNDP a facilité l'élaboration de ces plans communaux de développement.
19:14 Comment s'est fait cet accompagnement auprès des communes et quelle est l'évaluation que vous en faites aujourd'hui ?
19:20 L'élaboration des plans communaux de développement découle de la loi 2004/017 du 22 juin 2004 portant l'orientation de la décentralisation
19:33 qui confère aux communes et aux régions la compétence en ce qui concerne la planification, bien sûr dans le respect des orientations centrales.
19:44 Cette loi a bien évidemment inspiré un certain nombre d'actions qui ont été menées au niveau national,
19:52 notamment la CQLE présidentielle de 2016 qui recommande pour la mise en œuvre des budgets d'investissement public
20:01 la prise en compte des orientations qui sont dans le plan communal de développement.
20:07 Aussi nous avons le MINEPAD, la tutelle du PNDP qui met en avant le PCD lorsqu'il s'agit de mettre sur pied les programmes d'investissement prioritaire.
20:18 Il faut dire qu'aujourd'hui les 360 communes du Cameroun sont dotées d'un plan communal de développement
20:26 et cela n'a pas été une chose facile parce qu'aujourd'hui quand on a ce résultat on peut penser que cela s'est fait aussi facilement que l'on pourrait le dire sur ce plateau.
20:37 Alors déjà dès le départ le PNDP a contribué sur le plan technique à l'élaboration des PCD dans les différentes communes.
20:48 Dans sa première phase et sa seconde phase c'était un paquage de communes, on n'avait pas toutes les 360 communes.
20:55 Mais progressivement dans la méthodologie qui s'est implémentée, le PNDP a comme ça mis sur pied un certain nombre d'approches
21:04 qui consistaient à faciliter le diagnostic à travers les étapes de planification, le diagnostic, la maturation, la programmation, la mise en œuvre et le suivi et l'évaluation des différents projets.
21:19 Alors comme l'atteste les résultats obtenus dans l'ouvrage parce que c'est de ça qu'il est question ici,
21:25 l'accompagnement du PNDP non seulement à la mise en œuvre, à l'élaboration des PCD et à leur mise à jour est un facteur qui produit des résultats probants.
21:35 On peut se rendre à l'évidence dans le chapitre 2 de l'ouvrage que toutes les communes qui utilisent le PCD comme étant l'outil de planification sont celles qui sont…
21:46 Une sorte de boussole en fait.
21:47 Une sorte de boussole. Elles sont les plus performantes et c'est l'un des résultats phares que l'on a au niveau de la première partie notamment dans le chapitre 2 de l'ouvrage.
21:57 Donc le PCD, comme vous le dites si bien, devient un outil consacré et c'est de boussole pour l'ensemble des communes, les 360 communes que nous avons au Cameroun.
22:08 Alors il y a une autre question qui… un autre sujet qui a été abordé dans cet ouvrage, c'est celui des infrastructures sociales de base au niveau local.
22:19 Et les auteurs, des auteurs comme le professeur Désiré Avom ont procédé à l'analyse des effets multiplicateurs, la construction de ces différentes infrastructures.
22:30 Quels sont les effets en termes de secteur concerné et des résultats chiffrés ?
22:36 Madame Ducresse, vous faites bien d'évoquer le professeur Avom qui est l'un des contributeurs de cet ouvrage,
22:42 aux côtés des autres illustres maîtres de la science économique camerounaise que sont les professeurs Chamény, les professeurs Kobo, les professeurs Feujao,
22:52 auprès desquels on peut citer d'autres professeurs aussi tels que les professeurs Fouda Biwélé, les professeurs Mbondor, les professeurs Nourou,
23:01 qui nous ont accompagnés dans l'élaboration, dans la rédaction des chapitres qui constituent le statut de cet ouvrage.
23:09 Alors en termes d'infrastructures, le PNDP, dès 2021, date à laquelle nous sommes allés sur le terrain pour la collecte des données,
23:22 le PNDP comme ça avait déjà accompagné la mise en œuvre d'un peu plus de 7 000 microprojets dans les communes.
23:30 Et les 7 000 microprojets dans les communes, sur la base des données collectées sur le terrain, s'orientent principalement dans le secteur de l'hydraulique,
23:40 dans le secteur de l'éducation, dans le secteur de la santé et dans le secteur de l'agriculture.
23:46 Alors il faut dire que ces quatre secteurs, à eux seuls, cristallisent à peu près 80% des microprojets qui ont été réalisés par l'accompagnement du PNDP.
23:57 Et les statistiques qui découlent du troisième chapitre de cet ouvrage nous révèlent bien évidemment des effets multiplicateurs probants
24:09 autour du renforcement des capacités, autour de la promotion de l'emploi et autour de la promotion des activités génératrices de revenus.
24:19 On peut constater comme ça, si vous le permettez, au niveau des statistiques, qu'un peu plus de 50% de la population des ménages qui ont été enquêtés
24:30 nous révèle qu'elles ont bénéficié justement d'une amélioration des conditions liées à l'eau, à la qualité de l'eau.
24:40 Vous savez bien, l'eau c'est la vie. Et elles ont bénéficié aussi comme ça, à près de 50%, des infrastructures d'éducation qui permettent d'améliorer le niveau des populations à la base.
24:54 Aussi, sur le plan des effets multiplicateurs, on peut constater, peut-être un peu moins que les deux premiers que je viens de citer,
25:03 qu'un peu plus de 30% de la population des ménages affirme que la mise en œuvre des infrastructures sociales de base ont contribué à l'amélioration de leurs revenus,
25:16 notamment à travers un emploi décent, et ont contribué aussi à l'amélioration de leurs conditions sanitaires et ont favorisé l'émergence d'activités génératrices de revenus autour principalement de l'agriculture.
25:31 Mais il y a encore des efforts à faire, il y a encore du chemin et les auteurs proposent un certain nombre de solutions pour que cet impact soit davantage ressenti par les populations.
25:44 Quelles sont les recommandations qui ont été faites par vos collègues, entre guillemets, pour pouvoir améliorer l'impact de la construction des infrastructures sociales de base sur les populations ?
25:55 Il faut préciser ici que la mise en œuvre des infrastructures est une activité qui génère des effets multiplicateurs très importants,
26:07 que l'on peut observer au niveau de l'emploi, de la formation et des activités génératrices des revenus.
26:15 Mais au-delà de ces effets multiplicateurs qui s'observent dans la mise en œuvre de l'ensemble des micro-projets sur tout l'étendue du territoire,
26:24 il y a un mécanisme que le PNDP a expérimenté dans la région de l'extrême nord, notamment le mécanisme à haute intensité de main d'œuvre IMO,
26:34 qui a permis de mettre sur pied une ingénierie assez spéciale, qui favorise comme ça l'insertion des catégories vulnérables,
26:46 notamment les jeunes sans expérience professionnelle et aussi les femmes.
26:50 Vous vous imaginez un seul instant, quand vous êtes sur le terrain à l'extrême nord et que vous avez Mme Amina qui vous dit
26:57 « Ma vie a été changée grâce à l'emploi que j'ai reçu dans un chantier IMO.
27:05 Avant d'avoir cet emploi et d'avoir des revenus conséquents, je n'avais pas de considération dans ma famille, dans ma belle famille.
27:13 Mes enfants avaient de la peine d'aller à l'école, mais aujourd'hui, avec l'accompagnement du PNDP dans le cadre du travail,
27:20 de l'emploi dans les chantiers IMO, j'ai pu comme ça avoir un revenu, j'ai pu constituer une épargne qui m'a permis de mettre sur pied
27:28 le petit salon de couture qui aujourd'hui permet à ma famille de vivre décemment. »
27:33 Donc vous voyez, quand vous avez ce type d'expérience au contact du terrain, ça vous marque, ça vous marque particulièrement.
27:40 Mais qu'est-ce qu'il faut améliorer dans ce chantier-là ? Dans ce chantier-là, c'est-à-dire que lorsque vous avez un regard un peu extérieur
27:51 pour que cet impact au niveau des populations soit davantage ressenti, qu'est-ce qu'il faut faire ? Qu'est-ce que vous recommandez dans cet ouvrage ?
27:59 Dans cet ouvrage, nous recommandons particulièrement Détente, l'ingénierie sociale mise en œuvre par le PNDP dans le cadre des chantiers IMO
28:07 à l'ensemble des micro-projets et des infrastructures qui seront développées dans le cadre de la stratégie de développement du Cameroun.
28:17 C'est la principale recommandation en ce qui concerne la mise en œuvre des infrastructures sociales de base autour des effets multiplicateurs
28:24 que nous avons bien identifiés dans l'ouvrage.
28:27 Un autre arrêt dans cette édition des questions économiques avant que nous ne passions à la relecture de la deuxième partie de cet ouvrage.
28:36 C'est un ouvrage collectif. Nous allons nous arrêter pour écouter la coordonnatrice du PNDP, Marie-Madeleine Nunga,
28:44 qui insiste sur la nécessité d'un partage d'expérience avec les décideurs.
28:50 À sa suite, nous allons également écouter George Elanga-Obama, ministre de la décentralisation et du développement local.
29:05 Après 16 ans de mise en œuvre du programme, il était important de faire cette pause, de s'arrêter et de pouvoir mesurer.
29:13 C'est ça le principal objectif qui nous permet aujourd'hui d'avoir une expérience à partager,
29:21 qui nous permet aujourd'hui d'avoir des recommandations, des meilleures pratiques pour aider les décideurs,
29:36 les praticiens professionnels de la décentralisation et du développement local.
29:41 L'adoubement résulte de ce que le PNDP a travaillé à la mise en valeur de la décentralisation.
29:49 Les scientifiques ont évalué son travail et l'ont trouvé pertinent.
29:54 Et le président de la République, dans sa toute sagesse, a estimé que le jugement de la science était conforme au sien.
30:01 Alors, professeur, nous allons lire ou parcourir cette fois la deuxième partie de l'ouvrage,
30:08 comme annoncé, cette deuxième partie qui s'intitule "Contribution du PNDP à la gouvernance juridique, économique et financière".
30:15 Et pour cette partie, nous avons choisi de nous arrêter au chapitre 7,
30:21 qui parle de la rationalisation du choix des investissements dans les communes au Cameroun à port du PNDP.
30:29 Parlez-nous, professeur, de cette rationalisation du choix des investissements dans les communes, tel que traité dans ce chapitre.
30:38 La rationalisation telle que traité dans ce chapitre renvoie à un concept bien connu dans la littérature économique,
30:48 qui consiste à une utilisation efficace des ressources qui sont mises à la disposition des décideurs.
30:55 Alors, il faut dire ici que la préoccupation liée à l'utilisation rationnelle des ressources
31:01 mises à la disposition des collectivités territoriales est tout simplement liée au fait que
31:07 les décisions qui étaient initialement prises au niveau central se déplacent au niveau local
31:13 et les ressources pour la prise de décisions efficaces ne suivent pas toujours.
31:19 Ces collectivités territoriales doivent mettre sur pied des mécanismes qui leur facilitent justement la prise de décisions
31:27 et prise de décisions qui soient efficaces, qui permettent d'atteindre les objectifs qui ont été fixés.
31:33 C'est à l'occasion justement de cette prise de décisions efficace que le PNDP a élaboré le projectiel d'aide à la participation,
31:46 le PRO-ADP, qui permet comme ça de numériser le PCD et de faciliter l'utilisation de cet outil pour la prise de décisions.
31:57 Alors, vous avez comme ça tous les éléments qui sont consignés dans le PCD,
32:03 qui sont numérisés au niveau de ce projectiel d'aide à la décision, au niveau participatif,
32:10 et qui permettent comme ça de géoréférencer tout ce que vous avez comme infrastructures,
32:15 tout ce que vous avez comme dispositifs permettant la gouvernance locale et la prise de décisions.
32:21 Il faut préciser ici que la mise en œuvre de la rationalisation des choix au niveau des communes
32:28 ne se limite pas seulement à ce projectiel qui ne saurait s'implémenter seul.
32:34 Il faut que des actions soient menées sur le plan local pour le renforcement des capacités,
32:39 notamment des cadres qui utilisent ce logiciel, ce qui a été fait par le PNDP.
32:46 Aussi, dans l'ouvrage, on recommande qu'à lui seul, le logiciel ne peut pas suffire pour rationaliser les choix
32:53 des investissements qui sont réalisés dans les communes.
32:56 Il faut comme ça qu'un certain nombre de dispositions liées notamment à l'utilisation des outils
33:03 mis en œuvre par le PNDP sur le terrain se mettent ensemble pour produire justement
33:10 cette vision automatique, rapide, efficace, qui permette aux élus locaux
33:17 de pouvoir prendre la décision qui soit efficace et rationnelle.
33:22 Et surtout qui correspond aux besoins des populations.
33:24 Bien sûr, parce que là, quand vous avez le plan communal de développement et sa version numérique,
33:30 le PRO-ADP, vous avez là un résumé des aspirations des populations.
33:35 Et utiliser cet outil comme étant celui qui permet de rationaliser les choix n'est rien d'autre que le fait
33:42 d'utiliser l'émanation des aspirations des populations pour conduire l'action publique au niveau local.
33:47 Alors, un autre sujet, et pas le moindre, qui est abordé dans cet ouvrage, notamment au chapitre 9,
33:54 c'est celui qui est relatif à la fiscalité locale, qui demeure un défi.
33:58 Alors, le chapitre 9 est intitulé "La fiscalité locale, un lévier du développement des CTD camerounaises
34:05 sous le prisme de la dynamique du PNDP".
34:08 Quelle évaluation faites-vous de l'action du PNDP dans ce secteur, le secteur de la fiscalité locale,
34:14 qui, comme je l'ai dit il y a quelques instants, demeure quand même un défi dans notre contexte ?
34:20 OK, merci pour cette question. Avant d'entrer dans les faits, dans les faits de l'action du PNDP,
34:27 il faut reléver que ce programme a, comment diter comme ça, une étude qui débouche en 2009,
34:35 sur la loi numéro 29019, du 15 décembre 2009, portant "fiscalité locale".
34:42 Alors, cette loi permet la détermination des niveaux d'impôt, taxes et redévenances prélevées au profit des CTD,
34:50 leur conférant ainsi la capacité d'en fixer les montants conformément, bien sûr, à la réglementation en vigueur.
34:57 Et dans cet élan, le PNDP a facilité le recrutement d'un cadre, le cadre communal des finances,
35:04 qui a été formé aux CIFAM, aujourd'hui on parle plutôt de NASLA,
35:10 donc qui a été formé aux CIFAM, aux pratiques budgétaires, dans le volet recettes et dépenses.
35:17 Donc, une fois de retour dans les communes, vous pouvez bien le constater dans l'ouvrage,
35:21 ce cadre a contribué à impulser et à densifier les recettes des communes.
35:27 Dans cet ouvrage, nous avons des exemples précis qui matérialisent justement l'action de ce cadre dans les communes.
35:35 On peut comme ça prendre l'exemple de trois communes sur l'étendue du territoire national.
35:41 Nous avons comme ça la commune de Moyouka, dans la région du sud-ouest,
35:46 la commune de Monatélé, dans la région du centre, et la commune de Gashiga, dans la région du nord.
35:52 Alors, commençons par la commune de Moyouka.
35:55 Vous vous rendez compte que, dès la prise de fonction du cadre communal des finances dans cette commune,
36:02 de 2013 à 2016, on a observé un doublement des recettes fiscales,
36:08 qui sont passées de 400 millions de francs CFA à un peu plus de 870 millions de francs CFA.
36:15 Du simple double.
36:16 Du simple double. C'est le cas de la commune de Moyouka dans la région du sud-ouest.
36:20 Si vous revenez dans le centre, en ce qui concerne la commune de Monatélé,
36:25 on peut bien constater que la prise de fonction de ce cadre communal des finances a permis comme ça
36:32 une augmentation de près de 120 millions de francs CFA sur les recettes communales.
36:39 Et cette augmentation, justement, fait passer le compte communal de près de 40 millions de francs CFA à 160 millions de francs CFA.
36:49 Si nous remontons dans le nord, avec la commune de Gashiga, qui était dans une situation moins enviable
36:56 que celle de nos deux précédentes communes que nous prenons en exemple,
37:00 vous aviez un compte d'exploitation avant l'entrée en fonction du cadre communal des finances
37:06 qui était évalué à 1,5 million de francs CFA.
37:10 Alors, immédiatement, ce cadre, quand il arrive dans la commune,
37:15 il identifie les niches fiscales et il met à jour le fichier des contribuables.
37:21 Et à partir de cette simple opération, vous avez comme ça le compte de cette commune
37:26 qui est passé de 1,5 million de francs CFA à un peu plus de 70 millions de francs CFA.
37:31 Alors, on n'a pas besoin de faire un autre dessin pour apprécier véritablement l'action du PNDP
37:39 en ce qui concerne la fiscalité locale.
37:42 Ces initiatives se doivent d'être capitalisées et pérennisées
37:47 pour que véritablement nos communes puissent dynamiser leur économie
37:52 autour d'une fiscalité qui se veut endogène.
37:55 Alors, lorsqu'on a dit fiscalité locale, on parle forcément de l'économie locale
38:00 et c'est un sujet qui est traité dans le chapitre 10,
38:03 "Apport du PNDP à la promotion de l'économie locale à travers l'appui à l'entreprenariat",
38:08 un sujet pour lequel l'ouvrage recommande qu'une politique d'amélioration de l'oeuf potentiel
38:13 d'entreprenariat dans les CTD soit faite. C'est bien cela ?
38:16 C'est bien cela, Madame Lucrèce.
38:18 Et il faut dire ici que le PNDP, dans sa démarche, a été assez méthodique.
38:23 Et c'est ce qu'a pu révéler l'analyse menée dans le chapitre portant sur l'entrepreneuriat local.
38:30 On peut se rendre à l'évidence ici que deux types d'entrepreneuriat
38:35 ont fait l'objet d'accompagnement au niveau local par les initiatives du PNDP.
38:40 Vous avez dans un premier temps l'entrepreneuriat de nécessité, orienté vers les pauvres
38:46 et qui vise justement à réduire la pauvreté en facilitant et en améliorant les conditions de vie des populations.
38:54 Et vous avez l'accompagnement du PNDP à l'entrepreneuriat d'opportunité
38:58 qui ici s'oriente vers des champions du processus d'entrepreneuriat.
39:03 Alors quand on regarde sur le terrain les initiatives qui ont été mises sur pied
39:09 pour faciliter ce type de développement basé sur l'entrepreneuriat,
39:15 on peut se rendre à l'évidence que les initiatives liées notamment aux effets multiplicateurs des infrastructures
39:23 et la mise sur pied des activités génératrices de revenus font émerger cette classe d'entrepreneurs de nécessité
39:31 dont l'objectif principal n'est pas forcément d'aller vers la recherche d'une rente opportuniste
39:37 mais dont l'objectif principal est orienté vers l'amélioration d'abord des conditions de vie.
39:43 Et après, vous avez à partir de l'accompagnement à la commande publique,
39:50 vous avez un certain nombre d'initiatives qui ont favorisé comme ça l'émergence de l'entrepreneuriat d'opportunité
39:59 à travers justement la commande publique et les marchés qui ont été accompagnés et délivrés par les entrepreneurs
40:08 qui ont souscrit à cette commande publique.
40:11 Et là, on peut à travers ces doubles mécanismes bien apprécier la contribution du PNDP
40:17 à la dynamique locale autour de l'entrepreneuriat.
40:21 Et il faut préciser, Madame Ducrez, que là nous avons des acquis qui nécessitent véritablement d'être capitalisés
40:28 et que les phénomènes économiques, qu'ils soient fiscaux, qu'ils soient liés à l'entrepreneuriat, sont extrêmement volatiles.
40:34 Si vous avez des acquis que vous avez à une certaine période réussi à capitaliser
40:41 et que vous ne parvenez pas à les maintenir, à les stabiliser, quelques temps après, ces acquis s'envolent
40:48 et il faudra recommencer à zéro au point de départ.
40:51 Alors, nous allons quelque peu sortir de cet ouvrage, si vous permettez, professeur.
40:56 On l'a dit, des hommes de science sont donc assis pour faire une évaluation de la contribution du PNDP
41:03 à la décentralisation et au développement local.
41:06 Mais il y a d'autres regards sur le fonctionnement du PNDP
41:11 et parmi ces regards, il y a celui d'un expert en décentralisation et développement local
41:16 qui, lui, également, a fait une sorte d'évaluation de la contribution du PNDP
41:21 à la décentralisation et au développement local.
41:25 Nous vous proposons de l'écouter et on se retrouve juste après.
41:29 Considérant les résultats d'une étude commanditée par le MINEPAT en 2016
41:40 et que nous avons eu l'honneur de réaliser avec d'autres consultants,
41:45 on peut relever trois principaux acquis ou alors plus-values du PNDP.
41:52 Le premier acquis, c'est que le PNDP a été un excellent cliché
41:57 pour mobiliser les financements extérieurs à destination ou orientés vers le développement local.
42:03 Le deuxième acquis principal, c'est que le PNDP a initié quand même les collectivités
42:10 dans les questions de planification, qui est, de mon point de vue, une compétence prioritaire
42:15 pour transformer le territoire à travers ce qu'on appelle les plans communaux,
42:20 les élaborations des plans communs de développement.
42:22 Le troisième élément acquis du PNDP, c'est également l'idée d'avoir introduit au niveau
42:29 des collectivités territoriales, les questions de participation au niveau du développement.
42:35 Il n'y a pas eu quand même de bonnes choses en ce qui concerne la dimension ontologique du PNDP,
42:41 qui était en attendant la promotion de la décentralisation depuis 2004,
42:46 de promouvoir la participation au niveau local.
42:50 A ce niveau, nous ne pensons pas que pour un programme qui était basé sur la participation,
42:56 le PNDP ait réussi ce challenge.
42:58 L'autre mauvais côté du PNDP, c'est que ça a été également l'idée de vouloir se substituer aux collectivités territoriales.
43:07 Nous ne pensons pas que les élus locaux aient été à chaque fois les véritables concepteurs,
43:14 d'où également la disposition de l'article 13 du Cours légionnaire de la société qui demande que,
43:18 désormais, depuis 2019, que ce soit les élus locaux qui aient la responsabilité de juger l'opportunité
43:25 de décision à prendre sur les territoires pour les matières qui les consignent.
43:29 Donc, comment capitaliser le PNDP ?
43:33 Ce n'est qu'en faisant en sorte que les élus locaux, les régions, les communes,
43:38 transforment le PNDP pour en faire dans leurs entités des programmes territoriaux de développement participatif.
43:45 C'est ça l'enjeu, c'est de travailler à mettre en place des dispositifs qui tendent à accélérer la participation des populations
43:55 au-delà des processus électoraux relevant de l'ordre local, mais dans la conception, la mise en œuvre,
44:01 le suivi, l'évaluation et le contrôle des politiques publiques locales développées par les communes et les régions
44:07 pour transformer leur territoire.
44:09 Sur ce plateau, Professeur, vous venez d'écouter M. Daniel Mintia, qui est expert en décentralisation et développement local.
44:17 Des commentaires ?
44:19 Bon, des commentaires, j'ai écouté l'expert en décentralisation et développement local,
44:26 et je peux dire ici que l'essentiel de ces commentaires et de ces propos sont contenus dans l'ouvrage.
44:34 C'est ce que je peux avoir comme commentaire.
44:37 Alors, Professeur, on s'achemine vers la fin de cette édition des questions économiques.
44:43 Je voudrais, avant que nous nous séparions, que vous nous parliez de la collaboration entre les administrations locales
44:51 dans le processus de décentralisation.
44:55 Ce n'est pas gagné, c'est également un grand challenge.
45:01 Qu'est-ce que l'ouvrage recommande à ce niveau ?
45:04 Qu'a fait le PNDP pour, disons, rapprocher ces administrations-là ?
45:09 Et aujourd'hui, de votre point de vue, ou alors selon les co-auteurs, qu'est-ce qu'il faut faire ?
45:17 Aujourd'hui, la collaboration entre les administrations locales, cette collaboration est apaisée, il faut le dire.
45:26 Ah, c'est apaisé que ça ?
45:28 Mais elle est quand même en termes graduels. S'il faut prendre une échelle...
45:32 Vous voulez dire qu'on a connu pire ?
45:34 Voilà, pour éviter de regarder le verre à moitié vide, je le regarde à moitié plein.
45:38 Donc je vais dire que cette collaboration est apaisée.
45:41 Alors, elle n'a pas toujours été comme on peut le constater aujourd'hui, et vous faites bien de le préciser,
45:48 parce que vous imaginez que les services déconcentrés de l'État, qui étaient habitués,
45:55 je prends l'exemple des préfets, sous-préfets, gouverneurs, qui étaient habitués à exercer à eux seuls
46:02 l'action publique au niveau des régions, au niveau des départements et au niveau des arrondissements,
46:07 se retrouvent aujourd'hui avec d'autres acteurs qui sont appelés à prendre véritablement le pouvoir
46:14 de l'exercice de ces activités au niveau local.
46:17 Et face à cette nouvelle donne, il n'est pas toujours évident pour les premiers de céder comme ça leurs compétences aux secondes.
46:24 Et c'est justement à ce niveau que le PNDP a intervenu durant toutes ces années
46:30 pour faciliter cette collaboration entre les services déconcentrés de l'État et les collectivités territoriales décentralisées.
46:38 Il faut dire aujourd'hui qu'à travers des instances de consultation au niveau local, que cette collaboration est effective.
46:48 Vous avez par exemple le Comest qui facilite justement la mise en œuvre des infrastructures
46:55 en prenant en compte bien sûr les aspirations des populations à travers le PCD,
47:00 mais non seulement un débat, une discussion qui s'opère entre les services déconcentrés de l'État
47:06 et les collectivités territoriales décentralisées.
47:08 Aussi, il faut dire, et c'est important de le préciser, que le PNDP dans sa démarche facilite cette collaboration
47:14 notamment en se rassurant que les services déconcentrés de l'État,
47:19 qui ont la charge, la responsabilité de certains secteurs, ces sectoriels,
47:23 ne soient pas mis en marge lors de l'élaboration des micro-projets par des collectivités territoriales.
47:28 Vous avez par exemple le responsable de l'enseignement secondaire de base,
47:33 qui est généralement associé à la construction des écoles.
47:36 Vous avez le responsable des travaux publics, qui est l'ingénieur de l'État
47:41 dans l'ensemble des micro-projets qui sont réalisés au niveau des collectivités territoriales décentralisées.
47:47 Donc cette dynamique de collaboration entre les collectivités territoriales et les services déconcentrés de l'État
47:54 a justement fait l'objet d'un renforcement par l'action du PNDP.
48:00 Et c'est à juste titre que l'on peut saluer cet accompagnement
48:04 qui aujourd'hui nous laisse un climat un peu plus apaisé,
48:08 le verre à moitié plein, Madame Lucrèce, un peu plus apaisé dans nos collectivités territoriales.
48:13 Alors professeur, pour finir, vous avez signé la conclusion de cet ouvrage collectif.
48:20 Dites-nous, quelles sont les perspectives pour le PNDP de votre point de vue ?
48:28 J'essaie de signer cette conclusion, mais pour un ouvrage collectif,
48:32 cette conclusion n'est rien d'autre que l'émanation des résultats qui ont été consignés dans l'ensemble des chapitres.
48:41 Et on peut, dès l'entame de cet ouvrage, au niveau de la préface scientifique du recteur de l'Université de Tchang,
48:48 le professeur Roger Tafaknafoso, se rendre à l'évidence qu'aujourd'hui,
48:54 lorsque un projet est mis sur pied, il est appelé à remplir une mission.
49:00 Et une fois que cette mission est atteinte, le projet est appelé à disparaître.
49:05 Alors le PNDP, c'est peut-être heureusement ou malheureusement le cas,
49:11 pour le paysage cameroonais, a laissé des acquis.
49:14 Des acquis qui aujourd'hui ont permis aux collectivités territoriales décentralisées
49:19 de faire un pas vers la décentralisation, de faire un pas vers le développement local.
49:24 Ces acquis aujourd'hui, qu'est-ce qu'on fait de tous ces résultats ?
49:29 C'est une sorte de testament.
49:30 De testament. Qu'est-ce que le gouvernement cameroonais fait de ces acquis ?
49:34 Comme je l'ai dit tantôt, les avancées économiques,
49:37 sur le plan de la fiscalité locale, sur le plan de l'entrepreneuriat, sont assez volatiles.
49:42 Il est dans l'urgence nécessaire d'y apporter une solution.
49:47 Il en est de même des acquis sociaux.
49:50 Quand vous avez des populations qui vous disent qu'on a comme l'impression avec le PNDP
49:55 que les gens d'en haut commencent à nous écouter...
49:59 Les gens de Yaoundé.
50:01 Si vous voulez, mais ce sont des gens d'en haut, d'en haut, qui commencent à nous écouter.
50:05 Alors, allons-nous laisser ces populations très vite penser que cette écoute n'était qu'une chimère ?
50:12 Je ne pense pas.
50:14 Lors du colloque de Chang, du colloque sur les regards croisés
50:18 sur le processus de décentralisation en Afrique, qui s'est tenu en octobre 2020,
50:23 il a été recommandé fortement la transformation du PNDP à une agence.
50:29 Ce n'est pas le professeur Miyamoto qui le dit.
50:31 Ce sont les conclusions d'un colloque international.
50:34 Cette agence devra reprendre, bien sûr, les acquis du PNDP.
50:40 Les pérenniser, les capitaliser.
50:42 Les pérenniser, les capitaliser.
50:44 Et dans la perspective d'accélérer et d'approfondir notre processus de décentralisation.
50:50 Merci, professeur Clovis Miyamoto.
50:54 Je rappelle que vous êtes le directeur scientifique de cet ouvrage
50:59 "Décentralisation et développement au Cameroun. Une analyse de la contribution du PNDP".
51:05 Vous êtes enseignant-chercheur à la faculté de sciences économiques à l'université de Chang.
51:10 Et vous êtes par ailleurs le chef du département d'analyse et politique économique.
51:15 Merci d'avoir fait le déplacement de Yaoundé pour participer à cette édition des questions économiques.
51:21 Surtout pour fêter avec nous les bonnes pages de cet ouvrage collectif
51:26 qui a été dédicacé il y a juste quelques jours.
51:32 Merci d'avoir fait ce déplacement une fois de plus.
51:35 Merci d'avoir été des nôtres.
51:37 Madame, Monsieur, c'est la fin de cette édition des questions économiques.
51:40 A très bientôt sur ces mêmes antennes. Merci.
51:43 [Musique]