00:00 D'abord pour répondre à la question du programme FARC.
00:02 Je pense qu'en effet, il a porté ses fruits et on voit une évolution
00:05 sur les deux dernières années.
00:06 C'est qu'on avait des élèves, des victimes de harcèlement scolaire
00:10 qui ne parlaient pas de leur harcèlement scolaire.
00:11 Et depuis ces deux dernières années, on voit, et d'ailleurs c'est le cas de Nicolas,
00:16 on voit des élèves qui en parlent.
00:17 Ils en parlent à un adulte.
00:19 Et je crois que c'est maintenant à nous, adultes et membres de la communauté éducative,
00:24 justement, de jouer notre part du contrat, si j'ose dire, de leur promesse.
00:27 C'est-à-dire qu'en leur demandant d'en parler, c'était derrière l'idée de les protéger
00:31 et de trouver des réponses, justement.
00:33 Maintenant, c'est de notre part à nous d'avancer, de faire ce chemin-là.
00:36 Alors, qu'est-ce qui manque aujourd'hui ?
00:38 Le trou dans la raquette, il se situe au niveau de l'accompagnement.
00:40 Comment est-ce qu'on vient mettre en place un accompagnement ?
00:43 Du côté du harcèleur aussi, parce qu'il ne faut pas le stigmatiser,
00:45 je vais y revenir juste après, mais aussi du côté de la victime.
00:48 Un accompagnement thérapeutique, un accompagnement sur le plan nutritionnel aussi,
00:51 parce qu'on voit que, dans la plupart des cas,
00:53 on a des troubles du comportement alimentaire qui surgissent un ou deux mois après
00:56 les premiers faits de harcèlement scolaire.
00:59 Donc, il y a un accompagnement global qui doit se mettre en place autour de la victime.
01:03 Mais c'est quelque chose qui ne peut pas rester au sein de l'éducation nationale.
01:05 Le métier premier de l'éducation nationale, c'est d'enseigner.
01:08 Donc, le plan, en tout cas les mesures annoncées fin septembre par la première ministre,
01:13 qui apportent une dimension interministérielle à la réponse,
01:17 semble en tout cas aller dans le bon sens,
01:18 parce qu'il faut vraiment élargir la mobilisation au-delà de l'éducation nationale.
01:23 - Et alors, pour le harceleur ? - Pour le harceleur, voilà.
01:26 Justement, on le sait, dans la plupart des cas,
01:28 l'enfant harceleur, il souffre autant qu'il fait de mal.
01:31 On est sur un enfant dans 9 cas sur 10 qui a un complexe,
01:34 en tout cas une fragilité physique, intellectuelle ou autre.
01:38 En tout cas, il a un complexe et plutôt que de s'exposer lui,
01:43 il va mettre en lumière quelqu'un d'autre.
01:44 Il arrive à l'idée d'une classe, finalement, dans cet objectif-là.
01:48 Il se dit que plutôt que d'être lui en lumière,
01:50 il met quelqu'un d'autre en lumière et donc reste plus discret.
01:52 Ce qu'il faut l'amener à comprendre, cet enfant harceleur,
01:54 c'est d'abord comprendre ce complexe,
01:56 comprendre ce qu'il a, ce qu'il a au fond de lui,
01:58 et surtout lui faire comprendre qu'il y a d'autres moyens
02:00 que la violence pour exprimer ce malaise.
02:03 Et donc, c'est l'accompagnement, on voit, qui est sur les deux plans,
02:05 qui est important.
02:06 Pourquoi on en vient à bout et pourquoi on en vient à ces gestes-là
02:09 quand on est victime d'harcèlement scolaire ?
02:11 C'est parce que notre confiance en soi, en fait,
02:14 qui est l'essence même de ce qu'on construit chez l'enfant,
02:18 finalement, cette estime de soi,
02:20 elle est abîmée avec le harcèlement scolaire.
02:22 Et il y a un moment quand, finalement,
02:25 les choses s'abîment, se détruisent petit à petit,
02:30 on a cette estime de soi qui est au plus bas niveau
02:32 et on vient à penser et à commettre cette acte de réparation.
02:35 [Musique]
02:39 [SILENCE]
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