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  • il y a 3 ans
Un homme a été retrouvé mort à son domicile à Dunkerque dans la nuit de dimanche 17 au lundi 18 septembre. Les enquêteurs ont d'abord privilégié la piste d'un cambriolage qui aurait dégénéré. Mais la femme du professeur a été placée en garde à vue par la police après son hospitalisation.

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Transcription
00:00 [Musique]
00:04 Avec nous ce matin Jean-Pierre Colombiez, vous êtes ancien policier à la police judiciaire.
00:08 Merci d'être avec nous. Lionel Top, le correspondant de BFM TV dans le Nord, est en direct de Dunkerque.
00:14 Et Mélanie Bertrand du service police-justice de BFM TV est avec nous pour évoquer le rebondissement survenu hier dans cette affaire.
00:23 On avait parlé sur BFM TV de la mort de ce professeur tué à son domicile dans la nuit de dimanche à lundi à Dunkerque.
00:30 Père de famille qui vivait avec sa compagne de 37 ans, leur petite fille de 20 mois.
00:36 Il avait d'abord été question d'un cambriolage et puis hier, rebondissement, donc la compagne a été placée en garde à vue.
00:43 Quelles sont les dernières informations dont vous disposez ce matin Mélanie ?
00:46 Oui, c'est allé très vite effectivement. Elle passe de victime lundi matin auprès des policiers
00:51 à suspectes, en tout cas personne placée en garde à vue. On rappelle qu'elle est évidemment présumée innocente à ce stade.
00:56 Mais effectivement, il y a plusieurs choses qui ont troublé les enquêteurs. Ce sont des informations du service police-justice.
01:00 D'abord, il y a des incohérences dans son récit, peut-être à propos de l'heure à laquelle elle a pête la police.
01:06 Elle a aussi une petite entaille sur la main gauche et l'on sait que son mari a été retrouvé par les enquêteurs lardés de plusieurs coups de couteau.
01:12 Et puis, il y a quelque chose comme on apprend ce matin, l'existence de tensions au sein de ce couple
01:17 qui a été révélé, mis à jour par les enquêteurs avec l'exploitation des deux téléphones de ses deux conjoints.
01:23 Autant d'éléments qui ont poussé les enquêteurs à décider de la placer en garde à vue.
01:28 Le parquet précise que des constatations, des analyses de police technique et scientifique
01:32 et des éléments matériels justifient cette garde à vue et que maintenant, depuis hier et potentiellement jusqu'à demain,
01:38 elle doit s'expliquer. En fait, ils vont confronter son récit aux éléments recueillis par les enquêteurs.
01:44 Évidemment, je le rappelle, elle est toujours présumée innocente.
01:47 On est dans les fondements du fonctionnement de la police judiciaire de l'Empire colombien.
01:51 Une fois que ces éléments ont été établis, que va-t-il se passer ou que s'est-il passé, probablement, pour cette femme en garde à vue depuis hier ?
01:59 Que s'est-il passé ? Ça, on le saura au fur et à mesure du déroulement de la garde à vue et de l'enquête.
02:03 Juste une petite précision, mettre en garde à vue un proche, ce n'est pas quelque chose d'anormal.
02:08 Ce sont des protocoles qui arrivent souvent, y compris des compagnes ou des conjoints.
02:13 On le fait pour la garantie de l'enquête, pour figer les choses.
02:17 C'est une pratique courante, pour dire les choses simplement.
02:20 Après, effectivement, ce qui motive la garde à vue, c'est probablement une enquête psychosociale de l'environnement
02:25 qui, à un moment donné, resserre peut-être les soupçons, je dis bien peut-être, puisqu'on est bien sûr, bien sûr,
02:29 qui resserre les soupçons autour de cette personne, autour de cette femme.
02:34 Des éléments, bien évidemment, qui ne doivent rien avoir, parce que qui dit coup de couteau dit projection de sang.
02:38 On peut imaginer qu'il y ait eu des saisies de vêtements, de ce genre de choses, des recherches de traces d'ADN.
02:43 Un cambriolage, ça laisse des traces, surtout quelque chose qui devient à partir d'un moment très violent.
02:48 Donc, il y a eu un dialogue très probable entre les enquêteurs qui ont fait les constatations,
02:53 les médecins légistes et puis l'environnement de la rue aussi, tout simplement, l'enquête de voisinage
02:58 qui a pu révéler ou l'absence d'éléments ou au contraire des éléments contraires.
03:01 Et donc là, dans l'intimité de la garde à vue, on va lui opposer ces éléments à la thèse du cambriolage,
03:09 qui est défendue depuis le début, puisqu'on rappelle que c'est elle qui appelle la police en évoquant un cambriolage
03:15 qui apparemment, dit-elle, a mal tourné.
03:18 Je pense que l'enquête le dira très vite. On n'est pas face à des criminels professionnels,
03:23 on n'est pas face à des gens qui sont rompus à la mécanique de la garde à vue, donc c'est tout l'intérêt.
03:27 Lorsque vous êtes en garde à vue, il y a une pression morale qui existe, qui est là.
03:30 - Comment les policiers l'exercent ?
03:32 - Elle est mécanique. Je ne vous souhaite pas de l'être en garde à vue,
03:36 mais lorsque vous êtes confronté face à face avec un enquêteur qui a des éléments,
03:40 qui va les supposer, vous répétez.
03:43 - Il va les livrer progressivement ?
03:44 - Bien sûr. Il y a une progression. D'abord, on y va, je dirais, gentiment, entre guillemets.
03:48 On n'est pas là pour torturer les gens non plus, on va se détendre.
03:50 On est là pour faire comprendre à la personne, à un moment donné, qu'elle n'a pas trop le choix
03:55 et qu'il est dans son intérêt même de s'exprimer, de parler et d'avouer, tout simplement,
03:59 si la culpabilité est évidente.
04:00 Les affaires criminelles récentes le démontrent à un moment donné,
04:03 même d'ailleurs sur les conseils des avocats.
04:06 On peut amener un suspect ou une suspecte, en l'occurrence, à parler, tout simplement.
04:10 - Elle est seule, là, en l'occurrence ?
04:11 - Non, elle n'est pas seule, elle est avec son avocat.
04:12 - Elle est avec son avocat.
04:13 - Justement, on va rejoindre Lionel Top à Dunkerque.
04:16 Lionel, la garde à vue doit s'achever quand ? Elle peut durer combien de temps ?
04:20 - Alors, cette garde à vue peut durer 48 heures.
04:24 Elle a commencé hier matin et donc d'ici demain matin, cette garde à vue va se terminer
04:29 et à l'issue de ces 48 heures, la procureure de Dunkerque aura deux possibilités.
04:34 Soit présenter Justine Jotham devant un juge d'instruction qui la mettra en examen
04:41 ou alors la remettre en liberté.
04:43 Tout cela dépendra évidemment des auditions qui ont lieu en ce moment.
04:46 Cette garde à vue a commencé hier.
04:47 Dans un premier temps, Justine Jotham a été prise en charge après les faits
04:51 par une équipe médicale, a été hospitalisée en état de choc.
04:54 Et donc, c'est à la sortie de l'hôpital et après cette prise en charge médicale
04:56 que cette garde à vue a commencé.
04:58 - Vous pouvez nous donner deux ou trois éléments sur le profil à la fois d'elle et lui ?
05:02 - Oui, ce sont deux enseignants.
05:03 Lui s'appelait Patrice Charlemagne, deux enseignants à l'université de Dunkerque.
05:07 Lui, il était professeur d'allemand et de néerlandais.
05:09 Elle, elle était maître de conférences et docteur en littérature française.
05:12 Elle avait aussi écrit des livres pour enfants.
05:14 Elle était conseillère municipale chargée du patrimoine.
05:17 Et ils avaient tous les deux une petite fille âgée de 20 mois aujourd'hui.
05:20 Merci à tous les trois pour toutes ces précisions.
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