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00:05 Les trois questions du petit matin.
00:07 C'est une grève annoncée comme massive par les syndicats. Les médecins libéraux posent le stéthoscope à partir d'aujourd'hui.
00:13 Une fois encore, ils réclament une revalorisation de la consultation qui va passer en novembre de 25 à 26,50 euros.
00:21 Pour eux c'est insuffisant. Bonjour Jérôme Marty.
00:23 Bonjour.
00:24 Vous êtes le président de l'Union française pour une médecine libre. Merci d'être avec nous ce matin.
00:28 Est-ce bien raisonnable de faire peser vos problèmes internes sur le dos des patients, des malades ?
00:33 Vous savez bien que pour que les médecins arrivent
00:36 à cette extrémité là, il faut que le système aille mal. Et tous les français, sur tout le territoire de France,
00:41 savent que la médecine va mal.
00:43 Ils ont tous des difficultés pour trouver un médecin ou ils connaissent des gens qui ont des difficultés pour trouver un médecin.
00:48 Et nous de notre côté on peut plus cautionner ça. On peut plus cautionner une médecine qui s'effondre,
00:52 une médecine même qui est au sol.
00:54 Et donc nous demandons au gouvernement de prendre la mesure de cette crise et d'investir dans la médecine libérale.
00:58 Le ministre de la Santé Aurélien Rousseau, vous l'avez entendu, il a dit mercredi d'ailleurs que la sécurité sociale allait renouer très bientôt les négociations.
01:06 Donc vous êtes entendu.
01:08 Non mais c'est très facile de dire ça. Ce qu'on leur demande c'est des gages.
01:12 Ce qu'on leur demande, vous savez que les négociations elles dépendent d'une lettre de cadrage, c'est-à-dire d'une lettre du ministre.
01:17 Et dans cette lettre il va falloir qu'il apparaisse que le ministre veut investir dans la médecine libérale, ce qui n'a
01:22 globalement jamais été fait jusqu'à présent.
01:24 Vous demandez une revalorisation de la consultation à combien ?
01:27 Alors, soyons concrets.
01:30 On est une intersyndicale, on sait que cette revalorisation elle doit être entre 30 et 50 euros.
01:35 Mais ce qu'on demande surtout c'est la manifestation concrète de la volonté du gouvernement
01:41 d'investir dans la médecine qui prend en charge 95% des patients, qui est présente sur tout le territoire, et qui se doit de se
01:48 redévelopper. On ne peut plus cautionner encore une fois le fait qu'on soit devenu maltraitant, le fait que les patients
01:54 mettent parfois des mois pour avoir un rendez-vous, des mois pour obtenir un examen d'imagerie, passent des heures et des heures sur des brancards.
02:01 Cette médecine-là n'est plus digne d'un pays comme la France.
02:05 Mais concrètement, qu'est-ce que vous attendez du gouvernement concrètement là, dans les semaines qui viennent ?
02:11 Mais concrètement, on attend du gouvernement deux choses.
02:15 Un, effectivement, la reprise immédiate des négociations, dans de vraies négociations, un vrai partenariat, où l'on va écouter les médecins
02:21 qui sont quand même les seuls vrais experts de cette médecine libérale, et où l'on va construire celle-ci avec eux.
02:26 Et puis, la réécriture d'une loi qui nous fait, qui nous menace directement dans notre exercice, qui est la loi Valtho, pour en faire une loi
02:32 qui soit favorable à la médecine libérale.
02:34 Et c'est quoi cette loi ?
02:36 Cette loi Valtho, si vous voulez, c'est une loi qui va impacter directement notre liberté d'exercice, qui veut obliger par le biais de ce qu'on appelle
02:44 les communautés professionnelles, territoires de santé, l'installation des gens, qui va obliger les gens à déclarer, par exemple, un préavis de 6 mois
02:53 quand ils veulent quitter un territoire, ce qui est quand même fou quand vous êtes libéral.
02:57 Enfin, tout un tas d'articles de cette loi qui mettent en péril l'essence même de ce qu'est la médecine libérale,
03:02 qui est une médecine indépendante, une médecine où les gens s'installent parce qu'ils veulent s'installer, parce qu'ils veulent pratiquer cette médecine
03:09 avec une réactivité, avec une qualité de soin qu'aujourd'hui, ils ne peuvent plus être en capacité de mettre en oeuvre.
03:15 Et si vous n'obtenez pas satisfaction, qu'est-ce qui se passe ?
03:18 Si on n'obtient pas satisfaction, on va continuer. Cette grève, elle est reconductible. Donc la balle, elle est dans le camp du gouvernement.
03:23 On en est obligé de venir là. Ça fait des années qu'on lance l'alerte. Là, cette grève, elle est annoncée depuis début juin.
03:29 Ça fait donc des mois. On n'a pas eu de réponse. On en arrive maintenant à cette extrémité.
03:34 On espère que maintenant, quand même, les hommes politiques vont s'apercevoir de l'importance de la médecine libérale dans ce pays.
03:40 Et si ce n'est pas le cas ?
03:41 Si ce n'est pas le cas, on continuera ce mouvement.
03:44 Donc ça peut durer encore des semaines ?
03:46 Ça peut durer des jours, non ? Très clairement. Quand vous avez une médecine, 80% des actes chirurgicaux sont faits par la médecine libérale.
03:54 95% des patients vus par la médecine libérale. On sait très bien que ça ne va pas durer bien longtemps.
04:02 Ça ne va pas durer bien longtemps parce qu'on a quand même des politiques qui sont des gens raisonnables.
04:05 On a une profession aussi qui est une profession raisonnable. Et je pense qu'on se mettra autour de la table très vite.
04:10 Merde !
04:10 [SILENCE]