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  • il y a 3 ans
Un "vendredi noir" est annoncé chez les médecins libéraux qui ferment aujourd'hui leur cabinet dans l'attente de nouvelles négociations tarifaires. Le point sur les revendications des médecins avec le docteur Jérôme Marty, président de l'Union française pour une médecine libérale.
Regardez Les trois questions de RTL Petit Matin du 13 octobre 2023 avec Jérôme Florin et Marina Giraudeau.

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Transcription
00:00 Vous êtes sur RTL.
00:02 RTL
00:05 Les trois questions du petit matin.
00:07 C'est une grève annoncée comme massive par les syndicats. Les médecins libéraux posent le stéthoscope à partir d'aujourd'hui.
00:13 Une fois encore, ils réclament une revalorisation de la consultation qui va passer en novembre de 25 à 26,50 euros.
00:21 Pour eux c'est insuffisant. Bonjour Jérôme Marty.
00:23 Bonjour.
00:24 Vous êtes le président de l'Union française pour une médecine libre. Merci d'être avec nous ce matin.
00:28 Est-ce bien raisonnable de faire peser vos problèmes internes sur le dos des patients, des malades ?
00:33 Vous savez bien que pour que les médecins arrivent
00:36 à cette extrémité là, il faut que le système aille mal. Et tous les français, sur tout le territoire de France,
00:41 savent que la médecine va mal.
00:43 Ils ont tous des difficultés pour trouver un médecin ou ils connaissent des gens qui ont des difficultés pour trouver un médecin.
00:48 Et nous de notre côté on peut plus cautionner ça. On peut plus cautionner une médecine qui s'effondre,
00:52 une médecine même qui est au sol.
00:54 Et donc nous demandons au gouvernement de prendre la mesure de cette crise et d'investir dans la médecine libérale.
00:58 Le ministre de la Santé Aurélien Rousseau, vous l'avez entendu, il a dit mercredi d'ailleurs que la sécurité sociale allait renouer très bientôt les négociations.
01:06 Donc vous êtes entendu.
01:08 Non mais c'est très facile de dire ça. Ce qu'on leur demande c'est des gages.
01:12 Ce qu'on leur demande, vous savez que les négociations elles dépendent d'une lettre de cadrage, c'est-à-dire d'une lettre du ministre.
01:17 Et dans cette lettre il va falloir qu'il apparaisse que le ministre veut investir dans la médecine libérale, ce qui n'a
01:22 globalement jamais été fait jusqu'à présent.
01:24 Vous demandez une revalorisation de la consultation à combien ?
01:27 Alors, soyons concrets.
01:30 On est une intersyndicale, on sait que cette revalorisation elle doit être entre 30 et 50 euros.
01:35 Mais ce qu'on demande surtout c'est la manifestation concrète de la volonté du gouvernement
01:41 d'investir dans la médecine qui prend en charge 95% des patients, qui est présente sur tout le territoire, et qui se doit de se
01:48 redévelopper. On ne peut plus cautionner encore une fois le fait qu'on soit devenu maltraitant, le fait que les patients
01:54 mettent parfois des mois pour avoir un rendez-vous, des mois pour obtenir un examen d'imagerie, passent des heures et des heures sur des brancards.
02:01 Cette médecine-là n'est plus digne d'un pays comme la France.
02:05 Mais concrètement, qu'est-ce que vous attendez du gouvernement concrètement là, dans les semaines qui viennent ?
02:11 Mais concrètement, on attend du gouvernement deux choses.
02:15 Un, effectivement, la reprise immédiate des négociations, dans de vraies négociations, un vrai partenariat, où l'on va écouter les médecins
02:21 qui sont quand même les seuls vrais experts de cette médecine libérale, et où l'on va construire celle-ci avec eux.
02:26 Et puis, la réécriture d'une loi qui nous fait, qui nous menace directement dans notre exercice, qui est la loi Valtho, pour en faire une loi
02:32 qui soit favorable à la médecine libérale.
02:34 Et c'est quoi cette loi ?
02:36 Cette loi Valtho, si vous voulez, c'est une loi qui va impacter directement notre liberté d'exercice, qui veut obliger par le biais de ce qu'on appelle
02:44 les communautés professionnelles, territoires de santé, l'installation des gens, qui va obliger les gens à déclarer, par exemple, un préavis de 6 mois
02:53 quand ils veulent quitter un territoire, ce qui est quand même fou quand vous êtes libéral.
02:57 Enfin, tout un tas d'articles de cette loi qui mettent en péril l'essence même de ce qu'est la médecine libérale,
03:02 qui est une médecine indépendante, une médecine où les gens s'installent parce qu'ils veulent s'installer, parce qu'ils veulent pratiquer cette médecine
03:09 avec une réactivité, avec une qualité de soin qu'aujourd'hui, ils ne peuvent plus être en capacité de mettre en oeuvre.
03:15 Et si vous n'obtenez pas satisfaction, qu'est-ce qui se passe ?
03:18 Si on n'obtient pas satisfaction, on va continuer. Cette grève, elle est reconductible. Donc la balle, elle est dans le camp du gouvernement.
03:23 On en est obligé de venir là. Ça fait des années qu'on lance l'alerte. Là, cette grève, elle est annoncée depuis début juin.
03:29 Ça fait donc des mois. On n'a pas eu de réponse. On en arrive maintenant à cette extrémité.
03:34 On espère que maintenant, quand même, les hommes politiques vont s'apercevoir de l'importance de la médecine libérale dans ce pays.
03:40 Et si ce n'est pas le cas ?
03:41 Si ce n'est pas le cas, on continuera ce mouvement.
03:44 Donc ça peut durer encore des semaines ?
03:46 Ça peut durer des jours, non ? Très clairement. Quand vous avez une médecine, 80% des actes chirurgicaux sont faits par la médecine libérale.
03:54 95% des patients vus par la médecine libérale. On sait très bien que ça ne va pas durer bien longtemps.
04:02 Ça ne va pas durer bien longtemps parce qu'on a quand même des politiques qui sont des gens raisonnables.
04:05 On a une profession aussi qui est une profession raisonnable. Et je pense qu'on se mettra autour de la table très vite.
04:10 Merde !
04:10 [SILENCE]

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