00:00 présenté beaucoup plus petit que je ne suis, beaucoup plus gros que je ne suis, beaucoup plus nerveux que je ne suis.
00:03 Ils avaient le projet de faire une bande dessinée sur ma sortie du Japon.
00:24 Quand j'étais dans la boîte, est-ce qu'il y a eu des incidents particuliers ?
00:27 Comment je me suis senti ? Comment ils pourraient décrire mes états d'âme pendant cette sortie ?
00:34 La situation dans l'avion ? Ils sont revenus sur tout un tas de détails.
00:38 Moi, ce qui me paraissait important, c'est que sur les faits eux-mêmes,
00:41 c'est-à-dire que j'étais sorti de ma maison au Japon, que j'avais été dans un hôtel,
00:48 combien de temps ça a pris, s'il y avait des gens qui m'ont suivi, si vraiment j'étais camouflé,
00:53 est-ce que c'était vraiment une boîte ? Comment je me suis senti dans la boîte ? Est-ce que j'étais couvert ou pas ?
00:58 J'ai répondu à toutes ces questions, mais évidemment, ils sont libres après de rajouter des choses
01:02 qui sont plutôt humoristiques que réelles.
01:20 Quand l'équipe qui a fait la production de Netflix s'était présentée pour me demander ma participation,
01:26 je leur ai demandé quels étaient leurs plans.
01:28 Je leur ai dit "écoutez, si vous ne me donnez même pas le plus petit élément d'information,
01:34 moi je ne participe pas". Alors que dans le cadre de la BD, ils m'ont dit dès le départ
01:38 que leur plan c'était de raconter l'évasion, qu'ils allaient le faire de manière humoristique,
01:43 qu'ils allaient me présenter de manière caricaturale et ils l'ont fait.
01:46 Ils m'ont présenté beaucoup plus petit que je ne suis, beaucoup plus gros que je ne suis, beaucoup plus nerveux que je ne suis.
01:50 Leur volonté de dire "nous, nous voulons respecter le déroulement des faits de manière très précise",
01:55 je trouvais que c'était un bon argument pour y contribuer, mais contribuer uniquement à ce niveau-là.
02:14 Malheureusement, les faits se sont révélés très différents de ce qu'ils avaient imaginé
02:19 parce qu'ils pensaient que, étant citoyens américains, s'ils rentraient aux États-Unis,
02:24 éventuellement ils feraient l'objet de plaintes japonaises auprès de la justice américaine,
02:32 mais ça ne s'est pas du tout déroulé comme ça.
02:34 C'est que les Américains ont fini par les déporter au Japon,
02:38 bien que les Américains savent exactement comment le système japonais fonctionne
02:43 et qu'ils savent exactement à quoi ils exposaient leurs citoyens.
02:46 Mais ça, c'est quelque chose qui me dépasse.
02:48 Évidemment, j'ai beaucoup d'empathie pour eux.
02:49 J'ai vu dans tous les cas Mike Taylor à sa sortie du Japon.
02:54 Il est venu au Liban, on s'est entretenu assez longuement.
02:57 Il poursuit sa vie maintenant et il a toute ma gratitude.
03:01 Mes combats légaux vont continuer.
03:20 Malheureusement, ça prend beaucoup de temps.
03:22 Comme vous le savez, ça fait quatre ans que ça dure et ce n'est pas près de terminer.
03:26 Donc, je me prépare à un combat de longue date.
03:31 Moi, je ne me vois pas d'avenir politique.
03:34 Pour une raison très simple, c'est que je n'ai pas beaucoup d'appétit pour ce genre de rôle.
03:39 J'ai fréquenté beaucoup de politiques dans ma carrière,
03:43 aussi bien en France qu'à l'extérieur de la France.
03:45 Et franchement, ça ne me tente absolument pas.
03:48 Le rôle qu'ils jouent, la façon dont ils le jouent,
03:51 les techniques et les méthodes qu'ils adoptent sont très éloignées de ma propre conception,
03:56 d'une contribution à la société.
03:58 Par contre, ce que j'ai dit, c'est que si mon expérience pouvait servir
04:02 des responsables politiques nommés par le peuple libanais
04:06 pour les aider à trouver des bonnes solutions pour le pays, j'étais prêt à le faire.
04:09 [Musique]