00:00 J'étais en récré à 11 heures.
00:02 Ensuite, on m'a ordonné de remonter dans le bâtiment Gambetta, au lycée.
00:09 Je suis montée au quatrième étage.
00:11 Avec quelques gens, une quinzaine de personnes,
00:17 on a été dans la salle de permanence et nous avons vu une zone confinée.
00:22 On a fermé les fenêtres, éteint les lumières,
00:24 et on a mis des tables contre les portes.
00:26 On a mis une affiche pour ne pas qu'ils voient à travers les vitres.
00:30 Le prof de sport, M. Eberhag, tombe au loin.
00:48 Je le vois tomber.
00:49 Pour moi, c'est vague.
00:50 Je ne comprends pas que c'est M. Eberhag.
00:52 Au loin, je le vois tomber.
00:54 Je pense que c'est une bagarre.
00:58 Mais non, c'était un attentat.
01:02 Un attentat, même si ce n'est pas comme Charlie Hebdo ou aux États-Unis.
01:07 On s'attaque à des élèves, des lycéens, des profs,
01:12 pour essayer de les poignarder, les tuer,
01:14 surtout dans une petite ville comme ça.
01:15 Ce n'est pas Paris, ce n'est pas un million d'habitants,
01:17 c'est 42 000 habitants de Giroir.
01:19 Il y avait la personne qui était assaillante avec le couteau,
01:22 puis un concierge qui lui avait une chaise prête à se défendre.
01:26 Et ensuite, ça a continué, ils se sont battus un petit peu.
01:29 Et quand ils se sont battus,
01:31 il y a quelqu'un qui est venu à sa rescousse du concierge
01:34 et qui lui, après, a balancé la chaise.
01:36 Et du coup, il a repris les...
01:38 Il a pris des coups, c'est lui qui a été en sang.
01:40 Et après, il était à terre au sol, il s'est pris des coups.
01:43 Ça a duré combien de temps ?
01:46 Du coup, de 11 heures à environ 13 ou 14 heures,
01:52 on est resté dans la salle.
01:53 On était douce à pleurer, stressé.
01:57 On a essayé de se rassurer les uns les autres, comme on a pu.
02:00 D'accord.
02:02 Là, vous allez rentrer à la maison.
02:03 On s'en va à la cellule médico-psychologique
02:06 à l'hôpital d'Arras, qui a été mise en place
02:08 pour rassurer un suivi.
02:09 ♪ ♪ ♪