- il y a 3 ans
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00:00 Si vous nous prenez en marche, nous sommes toujours avec M. Serge Diomane,
00:03 avec qui nous parlons pétrole et des raisons de cette crise pétrolière dans le monde.
00:08 Alors avec vous, on parlait tout à l'heure des différents marchés de pétrole sur le continent africain.
00:13 Mais alors, pourquoi ces États africains producteurs de pétrole ne créent pas leur propre marché ?
00:18 Bon, déjà, on parle de place de marché.
00:21 Une place de marché suppose déjà qu'on a une monnaie commune qui sert de transaction, une devise.
00:30 Donc en Afrique, ce serait quoi ? On récupère le dollar comme monnaie de référence ou on se crée notre propre devise à nous.
00:39 C'est déjà le premier pas.
00:41 Ensuite, il faudrait qu'on ait une quantité de production qui soit une production continue.
00:49 Et quand on connaît les aléas conflictuels qui minent le continent, avec beaucoup d'aléas de piraterie que nous avons sur le continent,
01:00 sommes-nous réellement en capacité de garantir une continuité de production de pétrole sur notre place de marché ?
01:11 Parce qu'il ne suffit pas de produire pendant deux ans un million et puis l'autre année, on passe en guerre.
01:17 Voilà, voici des éléments.
01:21 Donc notre monnaie.
01:23 Ensuite, quel est le pétrole qu'on choisit comme référence ?
01:27 Nous avons plusieurs brutes de qualité sur le continent africain.
01:33 Je peux vous garantir que ce qu'on trouve dans le golfe de Guinée, c'est du nectar en termes de produits pétroliers.
01:41 Qu'est-ce qu'on prendrait comme référence ?
01:44 Et l'Afrique, on parlerait de quoi ?
01:46 On parlerait seulement de la place du marché africain subsaharienne ?
01:50 Ou est-ce qu'on inclut les Africains de l'Afrique du Nord, qui sont plus proches ?
01:57 Et en termes de business, c'est beaucoup plus avantageux pour eux de se rapprocher du marché de Londres,
02:03 ou du marché en termes de produits bruts de Londres et en termes de produits finis du marché de Rotterdam.
02:10 Donc voici autant d'éléments qui font que l'Afrique aujourd'hui est face à ce challenge.
02:16 C'est un challenge qui est truffé de défis qui ont leurs solutions en Afrique.
02:24 Ce ne sont pas des solutions extérieures.
02:26 Ça dépend des Africains eux-mêmes.
02:27 C'est-à-dire que si les Africains veulent avoir une place du marché, personne ne les empêche.
02:32 Ça serait le mieux pour tout le monde en termes de prix parce qu'on serait en proximité, mais qu'est-ce qui empêche ?
02:38 Donc l'Afrique a le problème et la solution au problème.
02:44 L'Afrique a le problème et la solution au problème.
02:48 Alors comment les pays africains pourraient donc réduire leur dépendance pétrolière dans ce cas ?
02:54 Pour réduire la dépendance pétrolière, d'abord il faut produire.
02:59 La première manière de réduire une dépendance pétrolière, c'est de viser l'autonomisation pétrolière.
03:08 L'autonomisation pétrolière, c'est-à-dire je produis moi-même d'abord, l'autonomisation pétrolière.
03:14 Ensuite, viser l'autosuffisance, c'est-à-dire que ce que je produis me permet de me suffire moi-même
03:22 et assurer une souveraineté pétrolière.
03:25 Donc les Africains doivent suivre.
03:26 C'est le même schéma, ce même schéma tripartite suivi par les autres.
03:32 Il faut suivre ce même schéma.
03:34 Donc si on veut avoir notre indépendance,
03:40 on n'est pas dépendance comme en termes de colonisation,
03:43 mais je veux dire, si on veut avoir cette aisance, je préfère le mot aisance, aisance pétrolière,
03:48 il faut quand même qu'on produise.
03:50 Il faut que les Africains s'intéressent à la filière pétrolière
03:54 et qu'ils ne se laissent pas gagner, entraîner dans certains discours qui disent que le pétrole va finir,
04:02 le pétrole va finir, le pétrole ne finira pas.
04:05 Le pétrole ne finira jamais.
04:07 C'est une ressource multimillénaire d'âge qui existe depuis des milliers et des milliers d'années.
04:13 Ce sont des fossiles que tout le monde estrait, le pétrole ne finira pas.
04:17 Les gens parleront de consignes transitionnelles énergétiques.
04:24 L'Afrique pollue à moins de 4% ou tout le pays d'Afrique réunie produise à moins de 4%.
04:31 Donc, si quelqu'un doit faire une récession en production pétrolière, ce n'est pas l'Afrique.
04:36 Je veux dire qu'on écoute beaucoup de choses de l'extérieur.
04:39 On hérite de beaucoup de choses et finalement, ça finit par nous handicaper.
04:44 Donc la première des choses, on veut avoir une certaine aisance, je ne préfère pas le mot aisance pétrolière.
04:49 Il faut produire.
04:50 Et puis la deuxième chose, il faut produire, mais il faut avoir un marché stable.
04:56 Un marché stable, c'est-à-dire qu'il faut que les pays voisins puissent communiquer entre eux, vendre entre eux,
05:01 donc que cesse un peu cette tension géostratégique qui effraie le marché.
05:07 Parce que si l'Afrique devient une place des marchés, toute tension qui va naître en Afrique,
05:15 serait une tension de l'ordre de ce qui se passe en Russie, de l'ordre de ce qui se passe
05:22 dans des pays qui ne sont pas producteurs de pétrole comme l'Israël et la Palestine où se trouve le Hamas.
05:30 Eux ne sont pas producteurs de pétrole, mais juste le fait que le Canada de Suez
05:35 draine plus de 6 millions de barils par jour, on passe juste à côté d'eux.
05:43 Ils ne sont même pas producteurs.
05:44 Le fait qu'on passe juste à côté d'eux en termes de trafic, entre 5 et 6 millions,
05:48 je vais dire entre, c'est sûr, entre 5 et 6 millions de barils par jour, une tension là-bas influence le marché.
05:54 Donc il ne faut pas créer une place des marchés africaines et puis se taper là-dessus tous les jours.
06:00 Mais l'effet contraire va se faire sentir parce que ça va faire envoler les prix.
06:04 - Est-ce qu'il y a aussi une possibilité pour l'Afrique de passer à une autre forme d'énergie, par exemple ?
06:10 - L'Afrique est engagée aujourd'hui.
06:13 Il faut comprendre que l'Afrique n'est pas novice en termes d'énergie renouvelable,
06:18 si c'est sûr, quand vous faites allusion.
06:20 Parce que quand on prenait les barrages hydrauliques, c'est quoi ? C'est du renouvelable.
06:25 L'énergie électrique dans plusieurs pays d'Afrique a commencé par l'histoire énergétique,
06:31 a commencé par des barrages hydrauliques.
06:34 Donc on peut dire que l'Afrique est pionnière dans l'énergie renouvelable.
06:38 C'est suite pour se mettre à l'abri des contingences saisonnières, climatiques,
06:46 où éviter certaines conjonctures sécheresses et tout ça,
06:51 qu'on essaie de diversifier en passant sur du gaz, mais de façon originelle.
06:55 L'Afrique est bâtie sur des barrages hydrauliques.
07:00 Donc moi, je ne suis pas contre.
07:02 Tout ce qui peut apporter de l'énergie à l'Afrique,
07:05 parce que nous avons plus de 600 millions d'Africains qui n'ont pas accès à l'énergie.
07:12 Donc toute forme d'énergie qui peut être profitable au continent,
07:15 c'est une énergie qui va améliorer le facteur socio-économique, l'industrie,
07:22 et c'est bon pour tout le monde.
07:24 Donc c'est pour dire, en gros, qu'il s'agisse de nucléaires modulables,
07:29 moi je suis favorable à l'Afrique.
07:31 Qu'il s'agisse du solaire, je suis favorable.
07:34 Qu'il s'agisse de toutes les formes, mais il ne s'agit pas seulement du produit,
07:38 parce qu'il faut comprendre quelque chose.
07:40 Aujourd'hui l'énergie c'est une chose, pour le cas de l'énergie électrique.
07:44 Mais pour l'envoyer au consommateur final, il faut des lignes de transport d'énergie,
07:49 il faut des réseaux de distribution d'énergie,
07:51 et il faut que le prix, les gens, ce soit une énergie attractive pour les gens.
07:58 Donc il ne s'agit pas de produit.
08:00 Vous produisez de l'énergie électrique,
08:02 si vous n'avez pas de lignes de transport,
08:05 vous n'avez pas de lignes de distribution,
08:10 comment est-ce que vous vendez ?
08:13 Comment est-ce que le produit arrive ?
08:14 Donc le problème c'est le taux d'accès,
08:18 et le taux de desserte électrique, c'est deux taux qui minent.
08:22 Par exemple le taux de desserte électrique par exemple,
08:26 c'est le fait que j'ai quand même l'énergie qui arrive dans ma région,
08:30 mais pour une raison ou une autre, je refuse d'aller prendre un compteur électrique.
08:35 Donc il y a d'abord la culture,
08:37 donc il faut bien comprendre, vous ne venez pas qu'en sorter un petit gémin,
08:40 qu'on comprenne que je suis favorable à cela,
08:42 mais il y a des défis structurels,
08:44 il faut mettre des réseaux de transport, de distribution,
08:48 pour que ça arrive aux gens,
08:49 mais il y a aussi des aléas conjoncturels
08:52 qui nous impactent comme des aléas saisonniers,
08:57 des sécheresses et tout ça, il faut faire avec.
08:59 Donc pour moi, le mix énergétique, l'Afrique y est déjà,
09:05 elle n'est pas novice, mais elle gagnerait à amplifier en diversifiant.
09:10 D'accord, M. Djemaa, nous sommes presque au terme de cette émission,
09:13 alors nous faisons face à cette hausse,
09:15 et finalement à quoi les consommateurs doivent-ils s'attendre dans les jours à venir,
09:20 toujours concernant les différents prix du carburant ?
09:23 D'abord, les consommateurs dans l'ensemble gagneraient à avoir une culture pétrolière,
09:30 parce que lorsqu'on a une culture pétrolière,
09:32 on est capable de faire sa propre lecture de ce qui se passe dans le marché pétrolier,
09:36 sans attendre d'être influencé par les réseaux sociaux.
09:39 C'est ça.
09:40 Lorsqu'on vous dit par exemple que le prix à la pompe
09:44 dépend du marché des produits finis,
09:48 mais quand vous voulez savoir ce qui va se passer à la fin du mois,
09:51 allez regarder le marché des produits finis pour savoir à quel coût il est,
09:55 quelles sont les tendances.
09:56 Ensuite, allez regarder le marché du brut,
09:59 ensuite allez regarder la parité dollars/euros.
10:03 Avant par exemple, à un certain moment,
10:06 vous donnez un euro, on vous donne deux dollars.
10:09 Aujourd'hui, vous donnez un euro, on vous donne un dollar.
10:13 Ça veut dire que l'euro est devenu fort.
10:14 Donc la comparaison du genre, à une certaine époque,
10:19 le baril valait cent et quelques dollars,
10:27 et puis on payait à tel prix le carburant,
10:30 et aujourd'hui il vaut moins et on paye à tel prix.
10:33 Ce ne sont pas des comparaisons fantaisistes.
10:36 Puisqu'à cette époque, il faut aller voir
10:39 quelle était la parité du dollar à cette époque.
10:43 En 2018 par exemple, la parité euros/dollars,
10:48 quand vous donnez par exemple un euro,
10:50 on vous donne 1,6 dollars.
10:54 On a dit qu'un euro d'avant, ce n'était pas le 1 euro d'aujourd'hui,
10:58 parce que le dollar est monté.
11:00 Donc aujourd'hui, quand vous donnez un euro,
11:02 on vous donne un dollar, quasiment un dollar.
11:05 Donc n'allez pas dire qu'en 2018 c'était comme ça.
11:09 Non, non, non.
11:09 Si vous voulez savoir ce qu'il vaut le dollar de 2018,
11:13 ce qu'il vaut aujourd'hui, vous le divisez par 1,6.
11:17 Et quand vous le divisez par 1,6,
11:20 vous revenez au 90 qu'on a aujourd'hui.
11:22 C'est comme ça qu'il faut raisonner.
11:24 Donc c'est un facteur très très important.
11:27 Donc ce que je dis, il faut que les gens aient la culture pétrolière,
11:30 qu'ils s'intéressent aux émissions, aux informations crédibles qui sont données,
11:36 et que les gens aient un comportement vraiment,
11:38 j'insiste, un comportement solidaire citoyen.
11:41 C'est-à-dire que lorsque un État décide par exemple de ne pas répercuter,
11:48 il faut que les gens comprennent.
11:49 On n'est pas dans...
11:50 Quand un pays n'est pas dans la répercution et qu'il est dans un ajustement,
11:54 il faut comprendre qu'il y a une grande part de subvention sociale qui est faite.
11:58 Donc à un moment donné, il faut comprendre ce genre de choses.
12:00 Bien sûr que ça a un tout gros impact.
12:05 Je ne dis pas non, je ne refuse pas, bien sûr.
12:07 Mais derrière, qu'est-ce qu'on va faire ?
12:11 Vous allez prendre tout le budget de l'État pour subventionner à 100% le carburant.
12:17 Ça s'est fait déjà, puisqu'il y a eu des mois où ça n'a pas bougé.
12:20 Mais quand à un moment donné, la tension est trop forte,
12:23 vous avez la Russie et il peut y avoir une guerre en Russie,
12:26 l'Ukraine, ok, on va dire ok.
12:28 Il peut y avoir la Palestine, enfin l'Amas,
12:32 ce n'est pas tout à fait la Palestine, Amas, Israël, on va dire ok.
12:35 Il peut y avoir la Zébaidjan, on va dire ok.
12:38 Il peut y avoir les assurances, on va dire ok.
12:41 Mais quand vous avez parmi les trois leaders mondiaux de production de pétrole brut,
12:49 premier producteur États-Unis, deuxième producteur Russie,
12:53 troisième producteur Arabie Saoudite,
12:56 donc quand vous avez le deuxième et le troisième qui retirent plus d'un million trois cent mille barils,
13:03 je vous ai parlé de flux de barils, voyez à quoi ça…
13:08 parce qu'un baril c'est 159 litres, voyez l'impact que ça a sur le marché.
13:15 Et ce n'est pas tout, vous avez par exemple l'hiver,
13:18 quand on a l'hiver qui approche en Europe,
13:20 dans les pays occidentaux ils ont besoin d'un apport d'énergie fossile pour se chauffer,
13:26 ça aussi ça impacte.
13:27 Et c'est ce qu'ils nous donnent, qu'est-ce que vous demandez aujourd'hui,
13:30 à quoi les consommateurs doivent s'attendre ?
13:32 Ils doivent s'attendre aujourd'hui au fait que la tension sur le marché du pétrole brut
13:40 et le marché des produits pétroliers, cette tension-là, elle est persistante.
13:44 Maintenant, quel sera l'effet à la pompe ?
13:48 Ça va dépendre des gouvernements.
13:51 Certains vont répercuter, d'autres vont ajuster.
13:54 Maintenant, concernant le cas de la Côte d'Ivoire,
13:57 ça reste de la discrétion du gouvernement,
13:59 mais nous sommes habitués à voir de l'ajustement,
14:03 et tant mieux pour le consommateur final.
14:06 Monsieur Dioumad, merci d'avoir répondu à toutes ces questions
14:09 et merci d'avoir éclairé la lanterne, surtout de nos téléspectateurs.
14:13 C'est moi qui vous remercie et j'aimerais aussi profiter de l'antenne
14:16 pour redire encore un petit coucou à toutes les familles des hommes de mer,
14:22 parce que c'est de longues semaines que nous sommes loin de nos familles,
14:27 de longs mois, donc c'est pour dire à toutes les familles, nous vous aimons,
14:32 et puis nous vous remercions pour votre soutien, vos prières, votre attention,
14:38 pas que les familles, tous les sympathisants du monde pétrolier,
14:42 mais aussi les consommateurs du pétrole.
14:44 Merci très cher téléspectateur de nous avoir suivis,
14:47 c'est la fin de cet entretien.
14:49 Restez sur 7info, l'actualité continue sur 7info et sur www.7info.ci.
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