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  • il y a 3 ans
Depuis janvier dernier, 907 boulangeries ont été placées en liquidation ou redressement judicaire, soit une hausse de 32% cette année. Face à l'augmentation du prix de l'électricité et des matières premières, certains professionnels lancent des cagnottes pour sauver leur commerce. 

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Transcription
00:00 Il y a trois semaines, ce boulanger a affiché ce message à l'adresse de ses clients.
00:04 "Pour expliquer notre situation, qu'on était en danger."
00:06 Sa femme et lui ont donc lancé une cagnotte.
00:08 Les habitants du village ont fait preuve de solidarité,
00:10 puisque plus de 2000 euros ont déjà été récoltés.
00:13 "Je vais participer, bien sûr. J'espère vivement que la boulangerie ne fermera pas.
00:17 C'est sûr qu'ici, sans boulangerie, ça serait dommage de perdre le boulard."
00:22 Il leur faudrait 1000 euros supplémentaires pour éviter la fermeture.
00:26 Une bouffée d'oxygène qui leur permettrait de tenir jusqu'à la fin du remboursement de leur crédit, en mai prochain.
00:32 Car les temps sont très durs.
00:34 Leur facture d'électricité devrait augmenter de 50% cette année, malgré leurs efforts.
00:38 "Le poste qui nous coûte le plus d'électricité, c'est celui-là, le four.
00:41 Le matin, on travaille sur 4 sols, comme il y en a là.
00:44 Et là, à partir de 11h, 11h30, j'en coupe 3."
00:48 Et quant aux matières premières, leur prix abondit de 25 à 30%.
00:53 Avec ces factures qui s'empilent, ce boulanger a donc dû anticiper une possible fermeture.
00:58 "Notamment de passer ma femme en salarié.
01:01 En tant que gérant, on n'a pas gros salaire.
01:03 Donc du coup, on se retrouvait à être à la rue avec 3 enfants."
01:06 La commune, de son côté, a permis à la boulangerie de décrocher un prêt à taux zéro pour payer leur prochain loyer.
01:11 Nous retrouvons le maire, sur la place principale, juste devant un bar-tabac-restaurant qui a fermé ce mois-ci.
01:17 "Ce sont des commerces vitaux.
01:18 Si on n'arrive pas à les préserver, forcément que ce sera difficile.
01:21 Il y a d'autres communes qui n'ont perdu leurs commerces.
01:23 Nous, vraiment, on essaie de les préserver.
01:25 On fera tout ce qu'on peut pour les préserver."
01:27 En 2023, 62% des communes françaises ne disposent d'aucun commerce.
01:32 "Dominique, le boulanger, il va payer 50 000 euros d'électricité cette année contre 11 000 l'an dernier.
01:38 C'est impossible."
01:40 "Tout à fait.
01:41 Ça fait partie des choses qui, cette année, ont fait beaucoup de ravages au niveau de l'électricité.
01:46 Alors une bonne partie sont passées avec un plafonnement.
01:48 Seulement, certains sont passés entre les gouttes, c'est-à-dire notamment ceux qui avaient plus de 10 salariés.
01:54 Eux ont eu moins de chances que les moins de 10 plafonnements.
01:57 Donc là, c'est un compte qui arrive dans les charges, qui est important, en plus des matières premières, comme je disais, plus 30%, plus les salaires qui ont pris aussi.
02:07 Ce qui fait qu'aujourd'hui, si un boulanger n'arrive pas à augmenter tous ses prix, et par rapport à une concurrence qui est des supermarchés,
02:13 aussi des chaînes qui font de grosses promotions, ces entreprises se trouvent en difficulté."
02:17 "Ça veut dire que vous redoutez que ce mouvement se poursuive, cette année ?"
02:20 "Alors j'espère que non. J'espère que non, parce que là, l'électricité, maintenant, c'est quand même plafonné.
02:26 On attend aussi un bouclier tarifaire qui est en discussion, sur lequel toutes les entreprises de moins de 250 pourraient avoir ce plafonnement."
02:34 "Oui, ce sera étendu, mais pas avant 2026."
02:36 "Oui, mais là, par exemple, les contrats qui sont faits actuellement sont avec des tarifs tout à fait honnêtes.
02:41 Là, c'est ce qu'on avait demandé aux ministres, que ces anciens tarifs, notamment au monsieur, qu'on puisse casser ces contrats,
02:48 et qu'ils puissent repartir sur de l'électricité normale."
02:51 "Dominique, ce qui est très ennuyeux, c'est qu'en plus, ces boulangeries, en général, ferment dans des communes où il n'y a qu'un seul boulanger."
02:58 "Tout à fait."
02:59 "Et donc le village se retrouve privé de pain, en quelque sorte."
03:02 "Tout à fait, il est privé de pain, mais il est privé de lien social, c'est-à-dire que la boulangerie reste quelquefois le dernier commerce qu'on trouve dans ces villages.
03:09 Je rappelle, 33 000 boulangeries, 35 000 affaires, c'est presque une par commune, et quand une boulangerie comme ça ferme dans un village, c'est une catastrophe."
03:16 "Et donc l'ironie, c'est de devoir aller en dehors de la ville pour aller acheter du pain congelé dans des zones industrielles."
03:20 "Tout à fait."
03:21 "C'est un peu bizarre."
03:22 "Dominique Asca, aussi, peut-être une crise de vocation, c'est dur, le métier de boulanger."
03:27 "Alors écoutez, c'est dur, mais on trouve, on forme 29 000 apprentis par an, et ce qui fait que finalement, on a quand même des gens qui arrivent sur le circuit,
03:34 quand même les jeunes sont formés un peu plus longtemps, ils vont aussi partir à l'étranger, et aussi, il y a quand même un peu plus d'ouverture que de fermeture,
03:41 ce qui fait qu'on a besoin de gens compétents."
03:43 "Moi, j'ai le sentiment que la boulangerie n'arrive plus à vivre seulement du pain, elle s'ouvre maintenant vers le salé, les sandwiches, la pâtisserie, est-ce que c'est vraiment..."
03:52 "Oui, tout à fait, alors la boulangerie, c'est le modèle classique aujourd'hui, c'est le pain, la viennoiserie, la pâtisserie et le snacking.
03:57 Donc le snacking, c'est quand même beaucoup développé, parfois moins dans les petits villages, mais parce que là, il y a moins de gens, les gens vont déjeuner chez eux,
04:06 mais ce qui fait que c'est à peu près le modèle normal d'une boulangerie.
04:09 Et on peut arriver à vivre de tout ça, mais c'est vrai que le pain, par exemple, en 20 ans, a pris 23 centimes, la baguette.
04:16 Donc ce qui fait que le prix avait du mal à augmenter, et durant cette crise avec l'énergie et les matières premières, les boulangers avaient beaucoup, beaucoup de mal à augmenter leur prix,
04:23 parce que les clients, on les voit tous les jours."
04:25 - On les voit tous les jours. - Bien sûr.
04:26 Et on est plus tenté de continuer de l'inflation,
04:27 aller acheter son pain évidemment au supermarché.
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