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00:02 RTL Matin
00:06 Il est 7h37, Langue Léco avec vous François Houllet.
00:08 Bonjour à tous.
00:09 Le groupe industriel français Safran s'est donc vu hier interdire le rachat d'une société italienne jugée stratégique.
00:15 Oui c'est la première ministre italienne Giorgia Meloni
00:17 qui a signé un décret indiquant que cette opération faisait peser, je cite, "une menace exceptionnelle pour les intérêts essentiels
00:24 de la défense et de la sécurité nationale".
00:28 Argument de souveraineté donc pour bloquer l'acquisition de Microtechnica, c'est une société fabriquant des commandes de vol pour l'aéronautique
00:35 avec trois usines en Italie.
00:38 Acquisition qui était projetée par le français, l'industriel français Safran qui fabrique notamment les moteurs des fameux Airbus.
00:45 Alors attendez là parce que l'Italie bloque un rachat pour une société française au nom de la souveraineté
00:49 alors que Paris et Rome sont alliés, que nous sommes européens me semble-t-il.
00:53 Incroyable en effet, ça en dit long sur le nationalisme industriel qui règne désormais en Europe.
00:58 Mais il faut dire que la France n'est pas en reste, le gouvernement a bloqué dans les dernières semaines le rachat de deux PME
01:04 faisant dans la robinetterie pour le nucléaire civil et militaire qui était la cible d'un groupe américain.
01:10 Auparavant il y avait eu, c'était d'ailleurs plus baroque, le veto au rachat du distributeur Carrefour par le canadien Couchetard.
01:17 Est-ce que ça veut dire que ces affaires se multiplient ?
01:19 Oui, la souveraineté est désormais invoquée par tous les gouvernements.
01:22 Quand c'est Paris qui bloque, bon ben on s'en félicite, le problème c'est qu'il y a aussi un effet boomerang
01:27 qui contrarie la croissance des groupes français à l'étranger.
01:31 Et je ne comprends pas, l'Europe autorise ces blocages ?
01:33 En principe non, c'est même pour ça qu'on a fait le marché unique,
01:36 constituer des champions européens au lieu et en lieu et place de champions nationaux.
01:41 Oui.
01:42 Mais tous les gouvernements ont adopté récemment des lois d'exception avec veto en cas de menace sur la sécurité.
01:48 La France dispose d'ailleurs d'un tel dispositif pour les secteurs suivants, la défense, l'énergie, l'alimentation,
01:55 l'eau, les transports, les télécoms, la santé, les médias, l'extraction minière.
01:59 Autant dire à peu près toute l'économie sauf les salons de beauté.
02:02 Mais il y avait un vrai risque pour les italiens ?
02:04 Aucun, aucun. En fait cette opération de blocage a été montée par Rome et Berlin
02:09 sous le prétexte que Microtechnica, devenue française,
02:12 aurait risqué de ne plus fournir les pièces détachées pour les avions Eurofighter
02:18 et Tornado, ce sont des avions utilisés par l'armée allemande.
02:20 Oui.
02:21 Bon, ça n'a pas de sens, la carrosse affronte de son côté, c'est déjà un fournisseur sur ses aéronefs.
02:26 Alors expliquez-nous, quel est en fait le véritable enjeu de cette histoire ?
02:29 La guerre. La guerre entre les industriels de la défense européen et particulièrement entre les allemands et les français.
02:34 L'avion Eurofighter, c'est le concurrent du Rafale, du français Dassault,
02:39 et les combats font rage entre les deux nations pour la maîtrise des programmes d'armement du futur.
02:45 Les français Dassault ont obtenu, heureusement, de haute lutte la supervision de l'avion du futur, s'il s'appelle le SCAF,
02:51 et les allemands voudraient bien avoir la haute main sur le futur système de combat terrestre.
02:55 Rivalités anciennes qui avaient déjà failli tuer Airbus et qui s'enveniment aujourd'hui dans un climat de nationalisme exacerbé.
03:04 L'Europe de la défense, c'est pas pour demain.
03:06 Merci beaucoup François Langley, il est 7h.
03:08 [SILENCE]
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