00:00 Une tragédie sanitaire, voilà comment l'UNICEF décrit la situation à Gaza au 46e jour de guerre.
00:06 Les Nations Unies fustigent le manque d'eau et de nourriture.
00:09 Les Israéliens poursuivent leur opération militaire pour éradiquer le Hamas.
00:13 Selon ces derniers, l'hôpital indonésien est toujours assiégé par les chars israéliens.
00:18 50 personnes giseraient mortes sur le parvis de l'établissement.
00:22 Wassim Nasser, vous nous avez rejoint.
00:23 On va prendre le temps, carte à l'appui, pour faire un point sur l'avancée et la stratégie de l'armée israélienne.
00:28 Quelle est la situation sur le terrain ?
00:30 On va tout de suite regarder une carte sur laquelle on va voir les dernières évolutions de l'armée israélienne au sol,
00:36 au nord de la bande de Gaza. Là, on voit que le nord de la bande de Gaza, donc toutes les zones rouges,
00:40 sont les zones de contrôle de l'armée israélienne.
00:45 Et on voit particulièrement là où il y a des combats, c'est autour de l'hôpital Rantissi.
00:51 L'hôpital indonésien qu'on ne voit pas, malheureusement, sur la carte, mais c'est plus au nord.
00:56 Et on voit évidemment la route Salah al-Din.
00:59 Donc c'est la route que devraient prendre en tout cas les civils qui veulent quitter le nord vers le sud.
01:07 Donc il y a eu quelques évolutions qui ne sont pas très importantes, mais il y a un effort réel.
01:12 Là, on rentre dans le dur, dans les zones urbaines très denses.
01:15 L'armée israélienne a dit que plus de 250 objectifs du Hamas ont été visés dans les dernières 24 heures.
01:23 On parle de commandants, de combattants, de sites de tir de roquettes et d'infrastructures.
01:29 - Voilà, c'est une guerre contre les hôpitaux a dit hier le Hamas.
01:32 Vous le disiez, c'est aussi et surtout une guerre urbaine.
01:35 - C'est surtout une guerre urbaine, on va le voir à l'image, avec les images de l'armée israélienne et du Hamas.
01:40 On va commencer par les images de l'armée israélienne.
01:42 Donc là, c'est le mouvement d'enveloppement.
01:45 Il y a un mouvement d'enveloppement du camp de Jabalia.
01:47 Quand on dit camp de Jabalia, ce n'est pas des tentes, c'est un camp en dur qui existe depuis plus de 50 ans.
01:52 Donc c'est des déplacés palestiniens qui sont là depuis plus de 50 ans.
01:55 Et là, on voit que l'avancée se fait avec des fantassins.
01:59 Les chars ont leur utilité, mais beaucoup moindre que dans les zones ouvertes des premiers combats des premiers jours.
02:06 Parce que l'angle de tir d'un char est limité.
02:08 Dès que les immeubles commencent à être hauts, dès que les ruelles commencent à être plus étroites, c'est aux fantassins de passer.
02:13 On va voir aussi d'autres images du camp Al-Shati qu'on a pu voir sur la carte aussi.
02:18 C'est le dernier nœud urbain que les Israéliens ont laissé côté mer avant de l'investir.
02:23 Et on voit les ruelles, pareil, encore une fois, camp, c'est pas des tentes, c'est en dur, c'est des petites ruelles, grande densité.
02:29 La différence entre le camp Al-Shati et le camp de Jabalia, c'est qu'Al-Shati était déserté.
02:34 Sauf que Jabalia, il y a encore des milliers d'habitants qui ont décidé de rester à Jabalia.
02:38 Il y a une grosse charge symbolique de Jabalia de par les conflits, les opérations israéliennes passées.
02:46 Donc une partie de la population qui a décidé de rester.
02:49 On va voir dans des images du Hamas.
02:52 On parlait de guerre d'hôpitaux, on va voir les images du Hamas là.
02:55 Il y a trois combattants du Hamas qui vont s'attaquer à une position israélienne dans l'hôpital Rantissi, qui a été investi par l'armée israélienne.
03:02 Ils sont décrits comme des esthichadis, donc comme des kamikazes, par le Hamas lui-même.
03:08 Après, il faut savoir que le Hamas a abandonné son mode opératoire depuis 2008.
03:12 Donc, dernières attaques kamikazes du Hamas, c'était il y a 15 ans, février à Dimona, avril à Kerem Shalem,
03:19 donc un passage entre Gaza et Israël dans le sud de Gaza.
03:22 Et puis, dernière attaque du genre djihad islamique, c'était en mai 2008.
03:27 Donc, si effectivement, ce sont des kamikazes tels qu'on le sait, c'est un changement de paradigme pour le Hamas.
03:34 Après, reste à savoir, est-ce qu'ils ont été avec des vestes explosives ?
03:38 Est-ce qu'ils ont investi avec des explosifs et ils sont restés ?
03:40 Ou est-ce qu'ils sont partis à la mort comme les fidayyines, comme on disait avant,
03:44 sachant qu'ils allaient mourir ?
03:45 Mais le mot choisi en tout cas par le Hamas, c'est "isteshadiyine".
03:48 Ce n'est pas un autre mot qu'ils ont choisi.
03:50 On va voir des photos de l'armée du Hamas encore.
03:54 Donc là, c'est des opératifs du Hamas avec ce qu'on a vu déjà.
03:57 Donc, des roquettes RPG tandem, deux têtes explosives pour percer les blindés des chars israéliens.
04:04 Donc là, on voit, pareil, combat de rue.
04:07 On va voir des tirs d'en haut, donc des tirs depuis les maisons, abandonnés évidemment.
04:12 Des tirs depuis le haut parce que ça, il y a une certaine vulnérabilité des chars
04:15 quand les tirs viennent d'en haut ou de derrière.
04:19 Et ce qui est intéressant, c'est ce qu'on va voir ici.
04:20 Donc, ce sont les mêmes charges, même fabrication sans charge de tir.
04:24 Et donc là, le combattant pose et active manuellement entre la tourelle et le châssis du blindé.
04:31 Là, c'est sûr, il y a eu des gros dégâts, voire des blessés et des morts du côté de l'armée israélienne.
04:36 On va voir d'autres images des premières heures du combat dans les zones ouvertes,
04:40 où il y a le même procédé.
04:42 Donc, une charge tandem posée à la main, activée à la main.
04:46 On va le voir.
04:47 Sauf que là, elle est mal posée.
04:52 Donc là, le souffle, il va sur le côté.
04:55 Donc là, certainement, le char n'a pas été endommagé.
04:58 Il n'y a pas eu de mort, il n'y a pas eu de blessés.
04:59 Donc, c'est une guerre de communication aussi.
05:01 C'est une guerre de communication parce que les images qui nous arrivent,
05:04 arrivent de l'armée israélienne ou du Hamas.
05:07 On va voir d'autres photos.
05:10 Là, on va voir sur une photo.
05:12 Ça veut dire que chaque tir du Hamas ne signifie pas que le véhicule est endommagé ou détruit.
05:17 D'ailleurs, le porte-parole du Hamas lui-même, il dit qu'on a détruit et endommagé tant de véhicules,
05:22 sans précision, sans dire combien de chars, combien de blindés, combien de transports de troupes, etc.
05:27 Et là, ce qu'on voit sur l'image, donc à gauche, c'est deux explosions à côté d'une tourelle de Merkava 4.
05:32 Et à droite, c'est le système Trophy.
05:34 Donc, le système Trophy, c'est un système de défense des chars israéliens.
05:37 Donc, ils ont deux systèmes.
05:38 Ce système Trophy qui active, on va dire, des projectiles pour empêcher un missile d'atteindre le char.
05:44 Il y a aussi le blindage réactif qui, lui aussi, explose à l'arrivée d'une charge.
05:48 Donc, on sait que les tandems qu'on a vus, ce n'est pas très développé.
05:50 Ils sont efficaces entre 50 et 150 mètres du char.
05:53 C'est pour ça que les combattants du Hamas avancent vers les chars pour tirer.
05:57 Mais on peut voir ici que chaque explosion sur le char ne veut pas dire que le char a été atteint
06:02 ou détruit.
06:02 Ça peut être le système de défense du char lui-même qui est activé et qui fait ce genre d'explosion.
06:08 Sur d'autres images de l'armée israélienne cette fois, avec une image de parade du Hamas.
06:13 Là, on voit à gauche l'armée israélienne qui a dit avoir capturé des roquettes Badr 3 du Hamas.
06:19 Sauf que ce sont des roquettes de parade qu'on a vues, l'image à droite.
06:22 Donc, dans plusieurs parades du Hamas avant le conflit.
06:26 Sur la photo à gauche, on voit bien que le missile n'a pas de système de tir.
06:30 Donc ce n'étaient pas des missiles ou des roquettes, pardon, plus précis,
06:34 qui étaient supposés à tirer sur Israël.
06:36 Ce sont des roquettes de parade qui ont été capturées par l'armée israélienne.
06:39 Sauf que l'armée israélienne ne précise pas.
06:40 Elle dit des roquettes, sans dire de parade ou qui étaient supposées à tirer.
06:44 Donc des deux côtés, on a ce brouillard de la guerre, ce brouillard de la communication.
06:48 Et en l'absence de journalistes, à nous d'essayer de faire le tri avec cela entre les mains.