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  • il y a 3 ans
Le procureur de la République de Rennes, Philippe Astruc, s’est exprimé ce mercredi 13 décembre, suite à la tentative d’attaque au couteau d’une adolescente de 12 ans sur sa professeure. 

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Transcription
00:00 intervenir auprès du Collège des Hautes-Urmes à Rennes.
00:04 Il s'agit donc...
00:05 La mise en cause est une jeune élève de 5e,
00:10 âgée de 12 ans.
00:11 Les faits se sont passés à l'occasion d'un cours d'anglais
00:15 qui avait lieu de 9h25 à 10h20.
00:19 Et c'est un cours d'anglais en demi-groupe, en demi-classe.
00:24 Et ce matin, le professeur avait choisi de diffuser
00:29 un film pédagogique.
00:30 Donc c'est à l'occasion, c'est dans ce contexte-là,
00:33 que les faits sont survenus.
00:35 Pendant la diffusion de ce film pédagogique,
00:39 le professeur a constaté que l'élève dont il s'agit était agité,
00:45 levait le bras, le doigt de manière inappropriée,
00:49 puisque les élèves étaient en train de regarder ce film.
00:53 Donc, constatant que cet élève était agité, peut-on dire,
00:59 elle est allée s'asseoir auprès d'elle, au fond de la classe.
01:02 Je précise que c'est une professeure expérimentée qui,
01:06 par ailleurs, se trouve enseigne auprès d'un collège situé
01:11 en milieu spécialisé.
01:12 Donc c'est quelqu'un, je veux dire,
01:14 qui est tout à fait en capacité d'analyser,
01:17 peut-être plus qu'un autre, ce type de situation.
01:20 Donc ce professeur d'anglais, cette dame,
01:23 a fait le choix d'aller s'asseoir auprès de cet élève et de lui
01:28 demander ce qu'elle souhaitait en levant le doigt.
01:33 À ce moment-là, d'après l'audition qui a pu être
01:37 faite de cette professeure, cet élève s'est confié à elle
01:42 dans les termes que je vous indique pour être tout à fait précis.
01:46 L'élève lui aurait dit, à ce moment-là, à voix basse,
01:49 "Je suis folle aujourd'hui, j'ai envie de tuer quelqu'un
01:54 aujourd'hui, j'ai envie de tuer les élèves qui ne m'aiment pas,
01:57 et la personne qui est en face de moi.
01:59 Ça s'est passé à Arras et je vais faire pareil."
02:03 Voilà les propos qu'aurait tenus cette jeune élève de 12 ans
02:08 à son professeur.
02:10 Elle a ajouté, selon ce que nous dit le professeur,
02:14 qu'elle avait une arme et a demandé au professeur si elle
02:18 souhaitait qu'elle la lui montre.
02:19 À ce moment-là, l'élève a sorti de son cartable un couteau
02:25 imposant dont voici la photographie.
02:28 Je vous précise que la dimension de la lame est de 17 centimètres.
02:35 L'élève a donc sorti de son sac, de son cartable, ce couteau.
02:44 Et à ce moment-là, d'autres élèves se sont rendus
02:47 compte, je dirais, de la situation.
02:49 Les élèves, d'après ce que nous dit le professeur,
02:51 n'ont pas entendu les propos que je viens de vous relater,
02:56 car l'élève s'était confié à elle à voix basse dès lors qu'elle
03:00 était assise à côté de son professeur.
03:02 Donc, à ce moment-là, la professeure d'anglais
03:06 décide l'évacuation de sa salle et fait sortir les élèves.
03:12 Elle reste, à ce moment-là, je dirais, avec l'élève qui,
03:17 à ce moment-là, se saisit du couteau et la menace.
03:21 Le professeur sort de la classe avec l'élève menaçante
03:27 derrière elle.
03:28 À ce moment-là, dans le couloir, les élèves sont devant,
03:33 le professeur suit derrière avec, dans son dos,
03:38 l'élève menaçante.
03:39 Une professeure d'espagnol qui faisait cours,
03:43 porte ouverte, de l'autre côté, comprend qu'il y a une situation
03:48 tout à fait anormale et se rend dans le couloir et agrippe
03:55 sa collègue, la fait rentrer dans sa propre classe et ferme
04:01 à clé la porte de sa classe.
04:06 Elle, à ce moment-là, ordonne un confinement de ses
04:09 élèves qui mettent des chaises, des tables,
04:13 le long de la porte pour, comme on le prévoit,
04:16 les procédures en ce cas d'espèce.
04:18 L'élève menaçante poursuit son cheminement.
04:22 À ce moment-là, il y a le conseiller principal
04:31 d'éducation et un médiateur du collège,
04:34 voilà, excusez-moi, je cherchais le terme précis,
04:36 un médiateur du collège, qui entendent,
04:40 je dirais, une agitation tout à fait anormale et des cris
04:45 des élèves.
04:46 Et donc, ils vont au devant de la situation et montent les étages
04:50 et se trouvent nez à nez avec l'élève menaçante,
04:55 toujours munie de son couteau.
04:56 À ce moment-là, il lui demande de lâcher son couteau,
05:01 ce qu'elle ne fait pas, et à un moment donné,
05:04 elle part en courant et donc ils la suivent.
05:08 Donc, ce médiateur du collège et ce conseiller principal
05:11 d'éducation poursuivent l'élève de façon,
05:14 évidemment, à tenter quelque chose.
05:16 Donc, ils arrivent tous les deux à neutraliser l'élève,
05:22 c'est-à-dire à lui enlever l'arme de la main et à la maîtriser.
05:27 Je tiens à rendre un hommage appuyé au courage,
05:35 au professionnalisme, au sang-froid de l'ensemble de
05:39 ces personnels de l'éducation nationale qui ont,
05:43 on peut le dire, particulièrement su gérer une
05:46 situation quelque peu extrême.
05:49 La police, je vous l'ai dit, a été appelée à 9h40 et est venue
05:56 interpeller cet élève de 12 ans qui avait été,
06:01 dans les termes que je vous ai indiqués,
06:03 neutralisé, maîtrisé par les personnels de l'éducation nationale.
06:09 Avec l'autorisation du magistrat du parquet de permanence,
06:12 cet élève de 12 ans a été placé en retenue judiciaire.
06:16 C'est une mesure assez exceptionnelle puisqu'il s'agit
06:19 d'une jeune enfant, une mesure qui peut durer 12 heures
06:24 et se prolonger de 12 heures supplémentaires.
06:27 Elle a été visitée par un médecin légiste qui a jugé son état
06:34 compatible avec la mesure de retenue que nous avions autorisée.
06:39 Nous avons ouvert une enquête criminelle pour ces faits,
06:45 sous la qualification de tentative d'homicide volontaire sur
06:49 personnes chargées d'une mission de service public.
06:52 Les investigations sont confiées à la Sûreté départementale de Rennes,
06:56 qui, depuis ce matin, poursuit les auditions de l'ensemble
07:02 des témoins et nous employons à, bien sûr,
07:07 comprendre le contexte de ce passage à l'acte,
07:11 ce qui est évidemment tout à fait important,
07:14 de comprendre pourquoi cet élève en est venu à ces menaces extrêmement graves.
07:21 Je vous précise que j'ai souhaité qu'un examen médical de nature
07:29 psychiatrique soit diligenté dès aujourd'hui et actuellement.
07:34 Cette mineure se trouve au service psychiatrique de l'hôpital
07:42 Pontchaillou pour faire cet examen psychiatrique qui nous permettra
07:47 de nous éclairer plus avant, je dirais, sur cette situation.
07:52 S'agissant de la personnalité de cette mineure,
07:56 cette mineure est une famille de quatre enfants.
08:05 Les parents sont d'origine mongole.
08:08 Ce sont des gens qui sont en France en situation régulière,
08:13 qui ne sont pas du tout connus des services de police.
08:17 Et je précise qu'il s'agit d'une famille athée et qui,
08:21 donc, a Rennes depuis 2012.
08:26 L'un des éléments qui me semble important de vous indiquer,
08:29 que nous avons d'ores et déjà pu recueillir,
08:33 c'est que cette mineure s'était déjà fait connaître,
08:37 je dirais, pour des troubles du comportement et de la communication.
08:41 Ainsi, entre janvier et juin de l'année dernière,
08:49 la dernière année scolaire, en janvier,
08:52 elle s'était déjà présentée à son collège,
08:55 le collège des Chalets, avec un couteau dans son cartable,
08:58 mais il n'y avait pas eu, je dirais, de suite dommageable.
09:03 Par contre, il y avait eu d'autres incidents et elle a fait l'objet
09:08 d'un passage en conseil de discipline au mois de juin,
09:12 à la suite de menaces verbales et d'injures contre un professeur.
09:20 Et donc, le conseil de discipline avait décidé de son exclusion,
09:23 au mois de juin, de l'établissement scolaire.
09:26 L'Education nationale, par ailleurs et en parallèle,
09:30 avait transmis ce que nous appelons des informations préoccupantes
09:35 au conseil départemental.
09:37 C'est les procédures tout à fait habituelles dans ce genre de
09:40 situation, c'est-à-dire l'Education nationale a transmis les
09:44 informations qui laissaient à penser qu'il y avait besoin d'une
09:48 évaluation, je dirais, plus globale de la situation de cette mineure.
09:52 Cela a été fait par le conseil départemental,
09:56 qui a conclu cet été aux besoins d'accompagnement,
09:59 dans un cadre administratif, de cette famille,
10:02 le père notamment étant désireux d'avoir de l'aide s'agissant de la
10:08 mise en place des soins et puis aussi du travail scolaire.
10:11 Cet élève a été rescolarisé dans un nouvel établissement de Rennes,
10:17 celui dans lequel se sont passés les faits ce matin,
10:19 à la rentrée de septembre.
10:22 Alors,
10:24 s'agissant des mesures prises, je vous précise que,
10:29 naturellement, j'ai eu plusieurs contacts dans la journée avec le
10:35 recteur ainsi que le directeur académique et que mes services ont
10:41 saisi l'association d'aide aux victimes,
10:44 bien sûr, pour accompagner cette professeure d'anglais en sa
10:49 qualité de victime, dans le cadre du processus judiciaire
10:54 qui est en cours.
10:55 Bien sûr, cela est un élément qui vient s'ajouter aux mesures très
11:00 complètes et très importantes déjà prises par l'Éducation nationale,
11:04 pour accompagner la communauté éducative.
11:07 Mais, naturellement, je laisse, M. le recteur,
11:10 vous instruire de ces éléments-là davantage que je ne puis le faire.
11:16 Je vous précise également que nous avons le parquet de Rennes à
11:20 informer le parquet national antiterroriste de ces faits.
11:23 Comme, je dirais, nous le faisons habituellement dès lors que la
11:30 gravité des faits, dès lors que les circonstances
11:33 nous invitent à le considérer,
11:38 le parquet national antiterroriste m'a indiqué qu'il,
11:40 en l'état des éléments que nous avions transmis,
11:42 ne souhaitait pas se saisir de ces faits.
11:45 S'agissant des suites judiciaires,
11:50 je vous précise que le Code de justice pénale des mineurs prévoit
11:55 une présomption de non-discernement pour les mineurs de moins de 13 ans.
12:01 Je vous redis la définition du discernement.
12:07 "Incapable de discernement, le mineur qui a compris et voulu
12:11 son acte et qui est apte à comprendre le sens de la procédure
12:14 pénale dont il fait l'objet."
12:16 Voilà la définition précise de la loi s'agissant de la notion de discernement.
12:22 Donc présomption de non-discernement s'agissant de cette mineure
12:29 donc qui a 12 ans.
12:30 Alors, les capacités de discernement du mineur peuvent être
12:36 établies notamment par ses déclarations,
12:38 celles de son entourage familial, l'entourage scolaire,
12:42 par des éléments de l'enquête, les circonstances de faits et par
12:45 une expertise, bien sûr, psychologique et psychiatrique.
12:48 En conclusion, avant de répondre à vos éventuelles questions,
12:52 je vous dirais que mon analyse, ce soit et que la dimension
12:57 psychologique, voire psychiatrique, de ces faits me paraît dominante
13:02 dans le passage à l'acte grave de cette mineure.
13:06 La question de son discernement est, vous l'avez compris,
13:10 également posée.
13:11 Je suis à 7 heures dans l'attente du résultat de l'examen psychiatrique
13:16 en cours avant de décider de la suite judiciaire à donner à ces faits.
13:20 Je vous remercie.
13:21 [Musique]
13:24 [Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org]

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