00:00 Merci, mais non merci. Voilà en substance ce que François Bayrou a répondu à Emmanuel
00:04 Macron et Gabriel Attal qui voulaient en faire un ministre.
00:07 Le centriste, premier allié du président de la République, évoque deux points de
00:10 désaccord profond, la méthode du gouvernement sur l'éducation nationale et sa déconnexion
00:16 du peuple français. Rien de moins. Une petite leçon de morale made in Po, qui accompagne
00:20 donc un refus retentissant et peut entraîner de multiples conséquences.
00:25 La plus immédiate concerne bien sûr le remaniement. François Bayrou, dont le nom circulait pour
00:29 prendre la suite d'Amélie Oudéa Castera à l'éducation nationale, explique qu'il
00:33 a refusé le ministère des armées. Il se voyait bien également s'occuper d'aménagement
00:37 du territoire en vain. Cette fin de non-recevoir a encore compliqué
00:41 la tâche du couple exécutif. Il comptait sur le centriste pour apporter son expérience
00:46 aux dispositifs gouvernementaux menés par le plus jeune premier ministre de la Vème
00:50 République. Dans ce contexte, les déclarations du maire
00:52 de Po et l'étalage de ses discussions avec l'Elysée et Matignon ne peuvent qu'alimenter
00:57 les critiques en impréparation et en attentisme faits à ce gouvernement incomplet.
01:01 Pas sympa, alors que les tractations durent depuis maintenant un mois, d'autant que
01:05 ce mauvais coup ne se limite pas au remaniement. Car c'est là tout le paradoxe de l'affronte
01:09 du président du Modem. Il affirme que son parti va rester dans la majorité, alors que
01:13 son coup de sang va immanquablement l'affaiblir dans la durée. Pourquoi ? Il montre tout
01:17 d'abord de vrais désaccords entre le président de la République et son premier allié, des
01:22 lézardes encore plus inquiétantes, partant de majorités relatives. En somme, si quelques
01:27 députés Modem sur les 51 poursuivent cette logique réfractaire, Emmanuel Macron aura
01:32 encore plus de mal à faire voter ses textes. Mais ce n'est pas tout. Ce coup de sang offre
01:36 ensuite des flèches faciles aux adversaires d'Emmanuel Macron. De l'extrême droite
01:40 à la gauche, il relait tous les critiques de François Bayrou et l'appelle à rejoindre
01:44 les rangs de l'opposition.
01:45 "J'ai envie de vous dire bienvenue dans l'opposition, monsieur Bayrou."
01:48 D'ailleurs, des désaccords commencent même à poindre au sein du Modem. Jean-Louis
01:51 Bourlange, une figure respectée du parti, parle de la stratégie de son chef comme étant
01:56 "politiquement inef et moralement dégradante". Aïe.
02:00 Enfin, ses déclarations sont aussi à mettre en relation avec les ambitions du centriste
02:04 pour 2027. François Bayrou estime s'être sacrifié en 2017 pour permettre l'élection
02:09 d'Emmanuel Macron en faisant alliance avec lui. Depuis, il n'a jamais fermé la porte
02:14 à la course élisée.
02:15 "Qu'il y a un seul responsable politique qui ne pense pas à l'élection majeure,
02:20 et on se demande ce qu'il fait dans cet engagement."
02:23 Avec sa déclaration, le voilà de retour au centre du jeu et de l'attention. Surtout,
02:28 le maire de Pau prend soin de ménager son propre couloir, plus central que celui de
02:32 la politique présidentielle qu'il juge trop à droite. Une façon de prendre ses
02:35 distances avec l'exécutif est de ne pas être comptable de l'intégralité du bilan
02:39 macroniste le cas échéant. En somme, de mettre un petit coup d'accélérateur à
02:43 la pré-pré-campagne pour 2027.
02:46 Ses potentiels concurrents, Edouard Philippe ou Gabriel Attal, sont prévenus. Le Palois
02:51 ne fera pas de politesse.
02:52 Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org
02:55 "Musique de générique"
02:58 [SILENCE]